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  • Togo : la DMK saisit l’ONU et réclame l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO

    Togo : la DMK saisit l’ONU et réclame l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO

    La Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et plusieurs organisations de la diaspora togolaise ont adressé, le 25 septembre 2026 à New York, un mémorandum au secrétaire général des Nations unies. Elles demandent notamment que l’ONU se saisisse de la situation politique et des conditions carcérales au Togo et réclament l’application de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO.

    Dans un mémorandum daté du 25 septembre 2026 et présenté comme ayant été déposé à l’attention du secrétaire général des Nations unies, la DMK, le « Gouvernement légitime du Togo en exil », la Diaspora togolaise aux USA ainsi que plusieurs mouvements et organisations demandent une implication accrue des institutions internationales dans la situation togolaise.

    Le document, signé depuis New York, entend notamment attirer l’attention du Conseil de sécurité et du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme sur ce que ses auteurs présentent comme des « violations continues » des droits humains et une crise de l’ordre constitutionnel.

    L’arrêt de la CEDEAO au cœur de la démarche

    Le principal argument avancé par les signataires concerne l’arrêt ECW/CCJ/JUD/01/26, rendu le 29 janvier 2026 dans l’affaire opposant la Ligue togolaise des droits de l’homme et d’autres requérants à l’État togolais. La décision est bien répertoriée par les bases de jurisprudence de la Cour de justice de la CEDEAO. Son résumé juridique indique notamment que la juridiction communautaire a considéré qu’une réforme constitutionnelle adoptée par une législature arrivée à expiration constituait une violation de l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

    La DMK donne toutefois à cette décision une portée politique et institutionnelle beaucoup plus large. Dans son mémorandum, elle affirme que l’arrêt aurait établi l’« anticonstitutionnalité absolue » du changement de régime ayant conduit à la « 5e République » et demande aux Nations unies de prendre des mesures afin d’en assurer l’exécution.

    Cette interprétation fait cependant l’objet d’un débat au Togo. Des juristes et organisations de la société civile ont récemment souligné la nécessité de distinguer les motifs et le dispositif de l’arrêt, tandis que d’autres acteurs politiques lui attribuent une portée plus large.

    La DMK, pour sa part, invoque les principes de primauté du droit international et de pacta sunt servanda pour soutenir qu’un État ne peut opposer son droit interne à ses obligations internationales.

    Carburant, conditions de détention et droits humains

    Au-delà de la question constitutionnelle, le mémorandum met fortement l’accent sur la situation socio-économique et les droits humains.

    Les signataires dénoncent notamment la hausse du prix du carburant intervenue en septembre 2026, qu’ils présentent comme un facteur aggravant de la précarité des ménages, particulièrement en période de rentrée scolaire. Ils établissent un lien entre cette situation et le droit à un niveau de vie suffisant consacré par les instruments internationaux relatifs aux droits économiques et sociaux.

    Le document consacre également un important volet à la situation dans les prisons. La DMK affirme, sur la base d’un rapport de monitoring qu’elle dit avoir joint au mémorandum, faire état d’une mortalité carcérale préoccupante à Atakpamé, de problèmes d’accès à l’eau potable à Kara, de détentions prolongées sans jugement et d’une surpopulation dépassant, selon elle, 300 % dans certains établissements pénitentiaires de Mango, Sokodé et Dapaong.

    Ces chiffres et allégations sont présentés par les signataires comme des éléments constitutifs de violations continues des droits fondamentaux. Ils sont toutefois, dans le mémorandum, attribués au rapport de monitoring produit par les organisations elles-mêmes et nécessiteraient une vérification indépendante pour établir leur portée factuelle.

    De l’interpellation de l’ONU à la demande d’une transition

    La démarche ne s’arrête pas à une demande d’examen de la situation togolaise. Les organisations signataires demandent aux Nations unies de prendre plusieurs mesures, dont l’enregistrement officiel d’une « Note de rappel J+40 », la mise en œuvre de mesures destinées à assurer l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et la non-reconnaissance internationale des actes liés à la « 5e République ».

    Elles sollicitent également une coordination entre les Nations unies, l’Union africaine et la CEDEAO en vue, selon leurs propres termes, du déploiement d’une « Transition Souveraine vers SITO », présentée comme devant restaurer « l’ordre constitutionnel légitime ».

    Le mémorandum revendique ainsi une portée à la fois juridique, politique et diplomatique. Il intervient dans un contexte où la réforme constitutionnelle togolaise continue de susciter des interprétations fortement divergentes. L’existence de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO est établie ; son interprétation et surtout ses effets politiques au Togo demeurent, eux, au cœur d’une controverse entre différents acteurs.

    Avec cette saisine depuis New York, la DMK entend désormais déplacer une partie de cette bataille sur le terrain international, en sollicitant directement les Nations unies, le Conseil de sécurité et les mécanismes internationaux de défense des droits humains.

  • ONU : l’Afrique se tire encore une balle dans le pied

    ONU : l’Afrique se tire encore une balle dans le pied

    À la faveur d’une candidature aussi inattendue que symbolique, l’Ougandais Olara Otunnu relance le débat sur l’incapacité persistante de l’Afrique à s’unir derrière un candidat unique pour diriger les Nations unies.

    L’entrée en lice de l’Ougandais Olara Otunnu dans la course au poste de secrétaire général des Nations unies constitue l’une des grandes surprises de cette élection. Alors que les tractations diplomatiques s’intensifient pour désigner le successeur d’António Guterres, Kampala a créé l’effet de surprise en présentant la candidature de ce vétéran de la diplomatie internationale, âgé de 75 ans, alors que beaucoup pensaient que le Sénégalais Macky Sall resterait l’unique visage africain de cette compétition.

    Ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, Olara Otunnu n’est pourtant pas un inconnu dans les couloirs de l’organisation. Diplomate chevronné, il fut représentant permanent de l’Ouganda auprès des Nations unies avant de devenir le premier Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés entre 1998 et 2005. Durant son mandat, il a contribué à faire de la protection des enfants victimes des guerres une priorité du Conseil de sécurité. Son parcours est également marqué par des engagements dans le monde universitaire, la société civile et la défense des droits humains.

    Dans sa vision pour l’ONU, Olara Otunnu promet d’accélérer les réformes institutionnelles, de renforcer les efforts de médiation dans les conflits internationaux, de mettre en place un mécanisme de gouvernance de l’intelligence artificielle et de concilier action climatique et développement économique. Des propositions qui témoignent d’une connaissance approfondie des défis auxquels l’organisation est confrontée.

    Mais au-delà du profil du candidat ougandais, cette candidature met surtout en lumière une faiblesse chronique du continent africain : son incapacité à parler d’une seule voix sur les grandes échéances internationales. Une nouvelle fois, l’Afrique se présente divisée dans une bataille diplomatique où l’unité aurait pu renforcer son poids politique.

    Il est difficile de ne pas y voir un paradoxe. Depuis des décennies, les dirigeants africains réclament une représentation plus équitable dans la gouvernance mondiale. Pourtant, lorsque s’ouvre l’une des compétitions les plus stratégiques du système multilatéral, le continent peine à dégager un consensus autour d’un seul candidat.

    Rien ne dit qu’une candidature unique aurait garanti la victoire, le choix final dépendant notamment des membres permanents du Conseil de sécurité et de leur droit de veto. Mais une position africaine unifiée aurait envoyé un signal fort de cohésion politique et renforcé la capacité de négociation du continent.

  • ONU : quatre visages, un seul élu pour l’après-Guterres

    ONU : quatre visages, un seul élu pour l’après-Guterres

    Quatre candidats sont dans le starting-block pour succéder au portugais Antonio Guterres. Les auditions ont démarré à l’issue desquelles un seul profit sera retenu.

    Ce mardi 21 avril marque l’ouverture d’une séquence décisive pour l’avenir des Nations unies. Les auditions des quatre candidats à la succession de António Guterres ont débuté dans un contexte de crises multiples, entre tensions géopolitiques, urgence climatique et remise en cause du multilatéralisme. À l’horizon 2027, un nouveau visage devra incarner une organisation en quête de souffle. À l’issue de ce processus, un seul candidat sera élu pour occuper le poste de secrétaire général.

    Ancien président du Sénégal, Macky Sall mise sur son expérience politique et diplomatique. À la tête de son pays pendant douze ans, il s’est imposé comme un acteur influent sur la scène africaine et internationale, notamment en tant que président en exercice de l’Union africaine en 2022. Défenseur du développement et du financement des économies du Sud, il pourrait incarner une voix du continent africain, souvent sous-représenté à ce niveau de responsabilité.

    Figure bien connue des institutions internationales, Michelle Bachelet apparaît comme une candidate de poids. Deux fois présidente du Chili et ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, elle dispose d’une solide expérience du système onusien. Son profil, axé sur les droits humains, l’égalité des genres et la justice sociale, pourrait séduire les États membres désireux de renforcer la dimension normative de l’ONU.

    Moins médiatisée mais tout aussi expérimentée, Rebeca Grynspan incarne une candidature technocratique. Ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle secrétaire générale de la CNUCED, elle est reconnue pour son expertise en matière de développement économique et de coopération internationale. Dans un contexte de fragilité économique mondiale, son profil pourrait rassurer les États en quête de solutions concrètes.

    Enfin, Rafael Grossi apporte une dimension sécuritaire à cette course. Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), il est au cœur des dossiers sensibles liés à la prolifération nucléaire. Son expérience dans la gestion des crises et des négociations complexes constitue un atout dans un monde marqué par des tensions croissantes.

    Quatre profils, quatre visions, mais une seule place à pourvoir. Entre équilibres géopolitiques et priorités stratégiques, le choix final déterminera l’orientation de l’ONU pour les années à venir.

  • A New York, le Togo porte la voix des femmes

    A New York, le Togo porte la voix des femmes

    À New York, au siège de l’Organisation des Nations unies, les travaux de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme se poursuivent, réunissant gouvernements, organisations internationales et acteurs de la société civile autour des grands défis liés aux droits des femmes.

    Dans ce cadre, la délégation togolaise, conduite par la ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance, Moni SANKAREDJA-SINANDJA, a pris part à une réunion de haut niveau consacrée à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Cette rencontre a mis en lumière la nécessité d’intensifier les actions de prévention, de protection et de prise en charge des victimes, dans un contexte mondial où les violences basées sur le genre restent un phénomène préoccupant.

    En marge des travaux de la Commission, la ministre a également participé à une conférence ministérielle organisée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, axée sur un enjeu crucial : la levée des obstacles financiers à la participation politique des femmes et la promotion de leur leadership en Afrique de l’Ouest. Les discussions ont porté sur l’évaluation du coût réel de l’engagement politique féminin, un facteur souvent sous-estimé mais déterminant dans l’accès des femmes aux sphères de décision.

    Dans la sous-région ouest-africaine, les femmes représentent pourtant plus de la moitié de la population. Cependant, leur présence dans les institutions politiques reste largement insuffisante, en dépit des ambitions démocratiques affichées par les États. Les participants ont reconnu que, malgré les progrès réalisés grâce à des réformes juridiques et à des mécanismes innovants favorisant la participation féminine, les barrières économiques continuent de freiner l’émergence des femmes leaders.

    Le coût élevé des campagnes électorales, l’accès limité au financement et les inégalités structurelles constituent encore des obstacles majeurs. Ces défis rendent difficile la compétition politique pour de nombreuses femmes, même lorsqu’elles disposent de compétences et d’un fort ancrage communautaire. Les échanges ont insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de financement plus équitables et des politiques publiques inclusives.

    Dans ce débat régional, l’expérience du Togo, partagée par la ministre, a été particulièrement saluée. Le pays a mis en œuvre plusieurs initiatives visant à renforcer la participation des femmes à la vie publique, notamment à travers des réformes institutionnelles et des programmes d’accompagnement. Cette dynamique a été perçue comme un exemple encourageant au sein de l’espace CEDEAO.

    Par ailleurs, Moni SANKAREDJA-SINANDJA a co-présidé une session interactive consacrée au baromètre de genre de la CEDEAO, un indice régional permettant d’évaluer les progrès en matière d’égalité entre les sexes. Cet outil est considéré comme un levier important pour orienter les politiques publiques et mesurer les avancées concrètes dans les pays membres.

    À travers sa participation active, le Togo réaffirme son engagement en faveur de l’égalité de genre et de l’autonomisation des femmes. Les travaux de New York soulignent ainsi une conviction partagée : sans inclusion politique et économique des femmes, aucun développement durable ni aucune démocratie solide ne peut pleinement s’épanouir en Afrique de l’Ouest.

  • Le témoignage d’Aziz Goma au Conseil des droits de l’homme

    Le témoignage d’Aziz Goma au Conseil des droits de l’homme

    Genève, Suisse – Après avoir passé huit années en prison au Togo, Abdoul Aziz Goma a été reçu au Palais des Nations à Genève le 2 mars 2026, où il a pris la parole devant des représentants de gouvernements, d’organisations de la société civile et de diverses délégations lors de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

    Un homme libre, une voix retrouvée

    Goma, citoyen togolais et irlandais, avait été arrêté à Lomé en décembre 2018 dans le cadre d’une affaire qui avait attiré l’attention internationale. Il avait été détenu pendant presque huit ans, notamment à la prison civile de Lomé, avant d’être libéré en janvier 2026, selon son propre témoignage à Genève.

    À Genève, il a tenu à partager son expérience personnelle, expliquant que sa détention n’était pas, selon lui, basée sur des actes commis mais plutôt sur ce qu’il représentait. « Je n’ai pas été détenu pour ce que j’avais fait, mais pour ce que je représentais », a-t-il déclaré, faisant allusion à son rôle perçu comme défenseur des droits humains.

    Un récit des conditions en détention

    Devant l’assemblée, Goma a évoqué les conditions de détention difficiles qu’il a vécues à Lomé, qualifiant certains aspects de « inhumains ». Il a mentionné :

    • Un isolement prolongé dans des périodes successives de détention ;
    • Un accès limité aux soins médicaux adéquats, ce qui, selon lui, a eu un impact sérieux sur sa santé physique au fil des années.

    Ce témoignage s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupation exprimée par certains acteurs internationaux sur les conditions de détention et le traitement de prisonniers politiques ou de personnes inculpées pour des motifs liés à des mouvements de protestation.

    Reconnaissance du rôle des institutionnels

    Lors de cet événement parallèle à la session du Conseil, d’autres orateurs, dont Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, ont présenté des éléments plus larges sur les risques, intimidations et poursuites auxquels font face des défenseurs dans diverses régions du monde. Goma a salué, dans son intervention, l’effet de la pression internationale comme un facteur déterminant dans l’obtention de sa libération.

    Un moment symbolique

    La prise de parole de Goma à Genève ne se limite pas à un simple récit personnel : elle s’inscrit dans un débat international sur les droits humains, la liberté d’expression et la justice. Elle constitue un exemple de la manière dont les plateformes internationales peuvent être utilisées pour partager des expériences individuelles de détention, ainsi que pour attirer l’attention sur des situations de longue incarcération qui ont mobilisé l’opinion publique en dehors du pays concerné.

  • SG de l’ONU : Macky Sall motive sa candidature

    SG de l’ONU : Macky Sall motive sa candidature

    L’ancien président sénégalais Macky Sall franchit une nouvelle étape sur la scène internationale. Dans une lettre de motivation adressée aux États membres de Organisation des Nations unies, il officialise sa candidature au poste de Secrétaire général. Un document dense, structuré et résolument tourné vers les grands défis contemporains : paix, climat, justice sociale et réforme de la gouvernance mondiale.

    Une expérience mise en avant

    Dans sa lettre, Macky Sall insiste d’abord sur son parcours à la tête du Sénégal entre 2012 et 2024. Il rappelle les réformes économiques engagées, les investissements dans les infrastructures et les politiques de stabilité macroéconomique qui ont marqué ses deux mandats. Il souligne également son rôle de médiateur régional en Afrique de l’Ouest, mettant en avant une diplomatie active et pragmatique.

    L’ancien chef d’État évoque aussi son passage à la présidence de Union africaine, qu’il présente comme une expérience déterminante dans la gestion des crises continentales, qu’il s’agisse de conflits politiques, de transitions institutionnelles ou de coordination sanitaire face aux pandémies. Pour lui, cette dimension multilatérale constitue un atout majeur pour diriger l’ONU.

    Une vision pour un multilatéralisme rénové

    Au cœur de sa lettre figure un plaidoyer pour un multilatéralisme plus inclusif. Macky Sall y appelle à une réforme du Conseil de sécurité afin de mieux refléter les réalités géopolitiques actuelles, notamment en donnant une place accrue à l’Afrique. Il défend une ONU « plus représentative, plus efficace et plus proche des peuples ».

    Il met également l’accent sur la lutte contre le changement climatique, sujet qu’il qualifie d’« urgence existentielle ». Soulignant l’injustice climatique dont sont victimes les pays en développement, il propose un renforcement des mécanismes de financement et une solidarité internationale accrue.

    Priorité à la paix et au développement

    La lettre insiste sur la nécessité de prévenir les conflits plutôt que de simplement les gérer. Macky Sall défend une diplomatie préventive fondée sur le dialogue, la médiation et l’investissement dans l’éducation et l’emploi des jeunes. Il estime que le développement durable constitue le socle de la stabilité mondiale.

    Il plaide également pour un engagement fort en faveur de l’égalité des genres et de la jeunesse, qu’il considère comme des leviers essentiels pour transformer les sociétés. « Aucune paix durable ne peut se construire sans justice sociale », affirme-t-il en substance.

    Une candidature africaine aux ambitions globales

    La candidature de Macky Sall intervient dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les crises multiformes. En mettant en avant son ancrage africain et son expérience internationale, l’ancien président sénégalais entend incarner une voix du Sud capable de rassembler au-delà des clivages.

    Sa lettre de motivation se veut à la fois un bilan et un projet. Bilan d’un dirigeant qui revendique une expérience solide au sommet de l’État et dans les arènes multilatérales. Projet d’un homme politique qui aspire à repositionner l’ONU comme moteur central de la coopération internationale.

    Reste désormais aux États membres à trancher. Mais une chose est certaine : avec cette candidature, Macky Sall inscrit son nom dans la course à l’un des postes les plus stratégiques de la gouvernance mondiale.

  • Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Ce qui suit est basé sur une communication écrite par la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains et d’autres experts des Nations Unies et transmise au Gouvernement du Togo le 18 novembre 2025. La communication est restée confidentielle pendant 60 jours afin de permettre au Gouvernement de répondre. Malheureusement, le Gouvernement n’a pas répondu dans ce délai. Si une réponse est reçue, elle sera publiée dans la base de données des procédures spéciales des Nations Unies .

    Depuis l’envoi de la communication, dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, les autorités togolaises ont libéré dix défenseurs des droits humains, parmi lesquels Yawo ATITSO, Abdoul Zoulkaneini LAMBONI, Armand AGBLEZE, Oséi AGBAGNO, Junior Yao Mario ZODJI, Chimène Akou APEVON et Julien Komandéga KATAKA, dont les cas avaient été traités dans cette communication. Tous les défenseurs des droits humains libérés demeurent sous contrôle judiciaire et sont soumis à une interdiction de voyager.

    CONTEXTE

    Sujet  : l’arrestation de responsables étudiants, d’activistes et de défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025, notamment M. Armand Agbleze , M. Osei Agbagno , M. Yawo Atitso , M. Julien Komandéga Kataka , M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni , Mme Chimène Akou Apevon , M. Mario Junior Zodji et M. Bertin Bandiangou .

    ALLÉGATIONS

    M. Armand Agbleze et M. Osei Agbagno sont des militants étudiants et membres de la Synergie des Élèves et Étudiants du Togo (SEET), une organisation de défense des droits des étudiants, et de Tournons La Page Togo (TLP–Togo), une organisation promouvant la démocratie et les droits humains. Tous deux ont publiquement appelé à la libération d’un défenseur des droits humains et poète détenu arbitrairement depuis janvier 2025. Le 22 août 2025 vers 21 h 00, M. Agbleze et M. Agbagno ont été interpellés par des personnes en civil et utilisés de force dans un local du Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC), une unité de la Gendarmerie nationale placée sous l’autorité du Ministère de la Sécurité. Ils ont été poursuivis pour troubles aggravés à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République. Sur la base de ces charges, M. Agbleze et M. Agbagno ont été transférés à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025, où ils sont détenus depuis.

    À la suite de leur arrestation, des personnes associées à M. Agbleze et M. Agbagno ont également été visées. Parmi elles figurent une avocate togolaise, Mme Chimène Akou Apevon, le secrétaire général de la SEET, M. Yawo Atitso, M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni, membre actif de la SEET, et M. Julien Komandéga Kataka, membre du Mouvement Martin Luther King. Mme Apevon a été arrêtée le 28 août 2025 et transférée à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025. M. Atitso et M. Lamboni ont été arrêtés le 3 septembre 2025, et M. Kataka le 8 septembre 2025. Mme Apevon, M. Atitso, M. Lamboni et M. Kataka font l’objet des mêmes accusations que M. Agbleze et M. Agbagno : trouble aggravé à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République.

    M. Bertin Bandiangou, président de la SEET, est un défenseur de longue date des droits des étudiants et des droits civiques. Le 19 avril 2024, à la suite de déclarations publiques critiquant le gouvernement, l’Université de Lomé l’a convoqué en vue de son expulsion. Des manifestations d’étudiants ont empêché son expulsion. Le 30 juin 2024, M. Bandiangou a tenu des propositions publiques dénonçant les mauvaises conditions de vie et d’étude des étudiants togolais lors d’une manifestation à Lomé. La nuit suivante, une trentaine d’hommes armés et masqués sont entrés de force dans la maison de son père dans le nord du pays. Son père a été arrêté et détenu pendant dix jours. Le 6 juin 2025, M. Bandiangou et un camarade étudiant, M. Mario Junior Zodji, ont été arrêtés lors de manifestations contre la répression gouvernementale à l’encontre de dissidents, la crise du coût de la vie et des modifications de la Constitution qui pourraient permettre au président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé, de demeurer au pouvoir indéfiniment. M. Bandiangou a été libéré le 9 juin 2025, tandis que M. Zodji reste détenu. Lorsque M. Agbleze et M. Agbagno ont été arrêtés le 22 août 2025, M. Bandiangou s’est retrouvé à Ouagadougou pour le 32e congrès ordinaire de l’Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB). Depuis lors, il est porté disparu et se cache par crainte d’être arrêté et détenu par les autorités togolaises.

    PRÉOCCUPATIONS

    Dans cette communication, nous exprimons notre vive inquiétude concernant l’arrestation d’étudiants, de syndicalistes, d’activistes et de défenseurs des droits humains en représailles de leur protection et promotion pacifiques et légitimes des droits humains, en particulier leur défense des droits des étudiants. Les violations signalées à la rencontre des membres de la société civile constatées pourraient également constituer des atteintes aux droits à la liberté, à un procès équitable et à la liberté d’expression et d’association.

    Nous sommes également préoccupés par le fait que la persécution systématique, les arrestations et la détention de responsables étudiants et de défenseurs des droits humains, ainsi que les représailles signalées à la rencontre de leurs proches et des personnes associées aux défenseurs des droits humains, ont un effet dissuasif sur la liberté de la société civile au Togo et contraignent les activistes à se cacher ou à s’exiler.

    Source: https://srdefenders.org

  • Togo-La CNDH réaccréditée au statut « A » de l’ONU

    Togo-La CNDH réaccréditée au statut « A » de l’ONU

    Le sous-comité d’accréditation des Nations Unies réaccrédite au statut « A » des institutions nationales des droits de l’homme la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Togo.

    C’est via un communiqué signé de son président, Me Kwao Ohini Sanvee, en date de ce vendredi 28 mars, que l’information est portée à la connaissance de l’opinion : la Commission nationale des droits de l’homme est réaccréditée au statut « A » des institutions nationales des droits de l’homme par le sous-comité de l’ONU.

    La décision a été prise après son examen le 18 mars 2O25 à Genève par le sous-comité d’accréditation.

    « …haute distinction »

    Si l’information réjouit dans les milieux des défenseurs des droits humains, c’est parce que, comme le souligne un communiqué officiel, « Le statut « A » est la plus haute distinction accordée à une institution nationale des droits de l’homme (INDH) ».

    En effet, la CNDH a été honorée parce qu’elle se conforme aux « principes de Paris qui régissent le fonctionnement des INDH », notamment « l’indépendance, l’impartialité, l’efficacité, dans la protection des droits fondamentaux ».

    Portée

    Créée en 1987, cette distinction est l’aboutissement de tout ce qu’elle a entrepris depuis sa naissance jusqu’aujourd’hui.

    « L’accréditation a ce statut permet à la CNDH de disposer d’une voix prépondérante au sein de l’alliance globale des INDH et de participer aux travaux des différents mécanismes internationaux et régionaux de protection des droits de l’homme. Ce statut intervient également dans les conditionnalités des partenaires techniques et financiers et des bailleurs de fonds », souligne le communiqué.

    Le document signé par Me Sanvee indique que « cette distinction acquise en l’an 2000 et conservée depuis lors, rappelle à la CNDH son devoir d’être aux côtés des populations et des autorités afin de mobiliser davantage d’efforts en faveur des droits humains ».

  • Togo: dans un rapport à l’ONU, la société civile dénonce les disparitions forcées et arrestations dans le Nord

    Togo: dans un rapport à l’ONU, la société civile dénonce les disparitions forcées et arrestations dans le Nord

    Le Comité des disparitions forcées des Nations unies tient actuellement sa 28ème session à Genève, du 17 mars au 4 avril 2025. À cette occasion, le Togo, ayant ratifié la convention en juillet 2014, soumet un rapport périodique sur la mise en œuvre de ses engagements en la matière. Plusieurs organisations de la société civile togolaise ont également envoyé leur propre rapport, complétant la version officielle. Celles-ci pointent notamment la situation dans le nord du pays, sous état d’urgence, les interpellations hors cadre légal et les disparitions forcées dénoncées à la suite des crises politiques qu’a traversées le pays.

    La société civile togolaise a remis son rapport au Comité des disparitions forcées de l’ONU. Elle y dénonce l’état d’urgence dans le nord, les interpellations arbitraires et les disparitions liées aux crises politiques.

    Plusieurs organisations, dont le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT), s’intéressent particulièrement à la région des Savanes, dans l’extrême nord, placée sous état d’urgence sécuritaire depuis 2022 en raison de la menace terroriste. Elles évoquent quelques cas d’enlèvements de civils par des groupes armés non identifiés entre 2022 et 2023. Mais aussi des arrestations, notamment à Mandouri, où les proches des personnes interpellées restent sans nouvelles pendant de longues périodes.

    De plus, l’accès très restreint à la prison civile de Sotouboua, aménagée pour accueillir des personnes arrêtées dans le cadre d’enquêtes liées au terrorisme, constitue également une source d’inquiétude. Les visites des proches et des organisations y sont quasi impossibles.

    Des interpellations hors cadre légal

    Par ailleurs, la société civile mentionne les crises socio-politiques qu’a traversées le Togo. La Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJRR) aurait reçu une centaine de dépositions pour disparitions forcées. Or, à ce jour, soulignent les organisations togolaises, aucune information publique ne permet de savoir si des investigations ont été menées sur ces dossiers.

    Les organisations soulignent également certains cas d’interpellations qui s’apparenteraient à des disparitions forcées, car ne respectant pas le cadre légal. L’Association des victimes de la torture au Togo (Asvitto) cite notamment un cas précis : celui d’un fonctionnaire de la gendarmerie de Kara, disparu en août 2020 pendant son service. Sa famille demeure, jusqu’à ce jour, sans réponse.

    Contactées par RFI, les autorités togolaises n’ont pas donné suite.

    Source : rfi.fr/fr

  • Joe Biden: un honnête homme s’en va

    Joe Biden: un honnête homme s’en va

    Après le départ du président américain Joe Biden, pour espérer quelque chance de succès comme grande puissance, les États-Unis devront davantage faire preuve d’une certaine décence, de sobriété, sinon d’humilité, que de la morgue et de l’arrogance qu’affichent certaines voix dans la campagne présidentielle.

    Pour ses adieux à la communauté internationale, le président des États-Unis Joe Biden a tenu cette semaine un discours poignant devant l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York. Notamment sur sa renonciation à briguer un second mandat. Doit-on, pour autant, assimiler cette sortie à un grand moment d’Histoire ?

    Lorsque l’homme le plus puissant de la planète prend congés de l’instance qui rassemble les peuples et les nations de ladite planète, l’Histoire est en marche, quoi que l’on dise. Il se trouve que la densité et la sincérité son discours étaient de celles que l’Histoire retient. Et ces adieux contenaient quelques leçons essentielles, valables pour l’univers entier, donc pour l’Afrique, quand il rappelle à leurs devoirs ceux qui ont en main le destin des peuples.

    « Être président [des États-Unis] a été le plus grand honneur de ma vie. J’aime ce travail, mais j’aime encore plus mon pays », a-t-il dit, avant d’affirmer que le temps était venu, pour lui, de laisser le leadership à une nouvelle génération. Et d’inviter ses pairs à ne jamais oublier qu’il est des choses bien plus importantes que rester au pouvoir : « C’est votre peuple. Qui compte plus que tout le reste », a-t-il insisté les priant « tous de ne jamais oublier qu’ils sont là pour les représenter, aux Nations unies ».

    Il n’empêche, l’état actuel du monde qu’il lègue n’est pas très rassurant

    Joe Biden l’admet, au point d’emprunter, pour dresser l’état des lieux, un extrait du poème du prix Nobel de littérature irlandais William Butler Yeats, La Seconde venue : « Tout se disloque. Le centre ne peut tenir. L’anarchie se déchaîne sur le monde, comme une mer noircie de sang… Les meilleurs ne croient plus à rien, les pires se gonflent de l’ardeur des passions mauvaises ». Bien que centenaire, cette œuvre de la poésie moderniste, datant de 1919, dépeint un monde inquiétant, qui pourrait bien être celui d’aujourd’hui. 

    En dépit de ce tableau désespérant, le président sortant des États-Unis reste persuadé que le centre, ici, tient, et que l’apparent chaos actuel peut encore être surmonté. Voilà pourquoi, à la suite de William Butler Yeats, il a cité Nelson Mandela, dans une de ses plus vibrantes invites à la persévérance : « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse », disait le leader sud-africain prix Nobel de la Paix, pour qui bien des situations peuvent paraître insurmontables, jusqu’à ce qu’elles soient surmontées. Vaincre l’adversité, pour parachever ses rêves, tel est le message emprunté par Biden à Mandela, pour son testament diplomatique, en ces temps incertains. « Chaque génération a ses défis à relever, et nous serons toujours plus solides, ensemble, que seuls, dans ce monde », conclut le dirigeant américain.

    N’est-ce pas un peu insolite d’entendre ainsi Joe Biden parler de démocratie au reste du monde ?

    Celle-ci a certes été quelque peu malmenée, aux États-Unis, notamment en raison de la conception toute particulière qu’en avait son prédécesseur, qui se trouve être encore un des deux prétendants à sa succession. Peut-être est-ce pour cela que Joe Biden a eu l’humilité de préciser que la démocratie n’appartient en exclusivité à aucun pays, à aucun peuple.

    Si ce discours d’adieux dans le cénacle du Palais de verre de Manhattan, a quelque chance de trouver sa petite place dans l’Histoire, c’est parce qu’il était celui d’un honnête homme, dont les dirigeants et peuples du monde, globalement, saluent la décence. Et, dans les relations internationales, jamais l’on n’a eu autant besoin de décence, sur cet échiquier guetté par l’anarchie, l’isolationnisme, l’outrance et même une certaine tentation du mépris.

    Autant la sobriété et l’humilité de Biden, dans ce dernier discours à l’ONU, pèseront de leur poids dans la place que lui fera l’Histoire, autant, après lui, l’influence des États-Unis, comme grande puissance, dépendra de l’aptitude du leader de ce pays à une certaine décence, à des rapports de simplicité aux autres. Encore faudrait-il, à quelques voix véhémentes que l’on entend, ici et là dans la campagne présidentielle, comprendre que miser sur l’arrogance et une certaine morgue offre de moins en moins de chances de succès.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 28 septembre 2024

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