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  • Kofi Yamgnane : « Maire, au cœur de la République »

    Kofi Yamgnane : « Maire, au cœur de la République »

    À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, Kofi Yamgnane, ancien maire de Saint-Coulitz et ex-secrétaire d’État chargé de l’Intégration, livre un témoignage fort sur la fonction de maire en France et sur le racisme violent qu’il a subi après son élection en 1989. Il s’exprimait mardi 10 février 2026 sur Africa Radio.

    Pour Kofi Yamgnane, le maire demeure une figure centrale de la vie démocratique. « Le maire reste le dernier visage de la République », affirme-t-il, rappelant que l’élu local est celui qui « recueille tous les mots et les maux de ses habitants ». Une fonction de proximité, essentielle au lien entre l’État et les citoyens, mais aujourd’hui fragilisée.

    L’ancien édile observe une dégradation du respect accordé aux élus locaux. Alors que les agressions contre les maires se multiplient, il souligne un contraste avec les années 1990, période durant laquelle la fonction bénéficiait d’une forte autorité morale. « De mon temps, les gens respectaient beaucoup le maire », insiste-t-il, pointant une défiance croissante envers les responsables politiques.

    Son témoignage prend une dimension particulièrement forte lorsqu’il évoque son élection, le 20 mars 1989, comme l’un des premiers maires noirs de France. Très vite, il devient la cible d’une vague de courriers racistes venus de tout le pays. Insultes, menaces, déni de légitimité : la haine atteint un sommet lorsque ses enfants sont directement menacés de mort. « Là, j’ai eu peur », confie-t-il.

    Malgré cette violence, Kofi Yamgnane refuse de céder. Soutenu par son épouse, il poursuit son mandat durant douze ans, faisant de sa résistance un acte politique à part entière. En 2021, il publie Mémoires d’Outre-haine, pour témoigner et briser le silence autour du racisme vécu par les élus issus de la diversité.

    S’il reconnaît que le racisme n’a pas disparu, l’ancien ministre se montre plus optimiste pour l’avenir. Selon lui, un candidat noir élu en 2026 ne subirait plus une haine d’une telle intensité, signe d’une évolution, encore fragile certes, de la société française.

  • De femme de chambre à VTC indépendante : grâce à un microcrédit, Ayabavi donne un nouveau cap à sa vie

    De femme de chambre à VTC indépendante : grâce à un microcrédit, Ayabavi donne un nouveau cap à sa vie

    Ayabavi Blewoussi a pu acheter sa voiture et devenir chauffeuse VTC indépendante, grâce à un microcrédit accordé par l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) à Noisiel (Seine-et-Marne). Un tournant professionnel et personnel pour cette mère de quatre enfants devenue entrepreneuse.

    « Vous vous rendez compte ? Je suis passée de femme de chambre à chauffeuse VTC ! » Ayabavi Blewoussi, 49 ans, a du mal à y croire elle-même. Cette mère de quatre enfants, originaire du Togo, vit aujourd’hui sa passion : conduire. Elle est chauffeuse VTC indépendante, patronne de sa propre activité. Une reconversion inimaginable pour celle qui n’avait ni diplôme ni apport financier jusqu’à ce qu’elle pousse la porte de l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie). Grâce à un microcrédit de 10 000 euros, Ayabavi a pu investir dans une voiture, un SUV Lexus, et prendre ainsi un nouveau départ dans sa vie.

    Créée en 1989 par la militante Marie Nowak, l’Adie s’est donné pour mission de rendre le droit d’entreprendre accessible à tous. Son principe est simple : proposer des microcrédits à celles et ceux que les banques refusent de financer. Marie Nowak, surnommée « la banquière de l’espoir », s’est inspirée du modèle de la Grameen Bank au Bangladesh, qui accorde de petits prêts à des paysans sans ressources. Après avoir testé le concept en Afrique de l’Ouest, elle fonde l’Adie en France avec une conviction : tout le monde peut créer son activité.

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  • Entre la France et le Togo, une coopération sécuritaire controversée qui tourne au ralenti

    Entre la France et le Togo, une coopération sécuritaire controversée qui tourne au ralenti

    Alors que des manifestations contre le pouvoir de Faure Gnassingbé ont été réprimées en juin, des voix à Paris remettent en cause l’accord de défense signé en 2011. Le Quai d’Orsay dit suivre la situation.

    Le vote s’est finalement déroulé dans le calme. Jeudi 17 juillet, les élections municipales se sont tenues sans encombre au Togo, malgré de nouveaux appels à manifester lancé par le Mouvement du 6 juin (M66), un collectif d’activistes qui dénonce la hausse du coût de la vie et la récente réforme constitutionnelle qui permet à Faure Gnassingbé de rester à la tête du pays, qu’il dirige depuis 2005, sans limitation de mandats. Un solide dispositif de sécurité avait été déployé à Lomé et quelques meneurs supposés arrêtés préventivement.

    Les 5 et 6 juin, puis les 26, 27 et 28 juin, des manifestations avaient eu lieu dans la capitale. Elles avaient été durement réprimées par les forces de l’ordre. Bilan : sept morts, selon des organisations de la société civile, tandis que le gouvernement en a reconnu cinq, « par noyade ».

    A Paris, l’opposition – mais aussi certains officiels, sous le couvert de l’anonymat – s’indigne de cette répression menée par les autorités togolaises, qui avaient déjà fait couler le sang lors de précédents mouvements de contestation, en 2005 et 2017. Après avoir été la principale alliée de l’ancien président Gnassingbé Eyadéma, figure de la Françafrique qui a dirigé le Togo de 1967 à 2005, la France demeure en effet un partenaire important du pouvoir de son fils, Faure Gnassingbé, avec lequel elle a notamment signé un accord de partenariat de défense – toujours en vigueur – en 2011.

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  • Belfort : En fuite au Togo, un prêtre condamné pour l’agression sexuelle d’une paroissienne

    Belfort : En fuite au Togo, un prêtre condamné pour l’agression sexuelle d’une paroissienne

    Procès. Agé de 46 ans, un prêtre qui n’était pas présent à son procès a été condamné ce mardi par le tribunal correctionnel de Belfort à un an d’emprisonnement pour l’agression sexuelle d’une paroissienne en juillet 2023.

    Un mandat d’arrêt a été délivré à l’encontre d’un religieux de nationalité togolaise, qui était absent de son procès à Belfort car reparti au Togo, pour « agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ». Agé de 46 ans, il a été condamné ce mardi par le tribunal correctionnel à un an d’emprisonnement pour l’agression sexuelle d’une paroissienne en juillet 2023.

    La plaignante, une femme « en quête de sens » qui s’était récemment tournée vers l’Église après un « burn-out », avait rapporté avoir été agressée sexuellement au domicile du prêtre dans un presbytère belfortain, le 4 juillet 2023. L’homme, alcoolisé après une réception organisée à l’issue d’une messe, l’a contrainte à des attouchements malgré ses refus explicites, a-t-elle témoigné lors du procès.

    Des faits qu’il conteste

    Ce prêtre du diocèse de Belfort a catégoriquement contesté ces accusations lors de l’enquête. Absent lors de l’audience, il a fait savoir par la voix de son avocate, Stéphanie Quenot, qu’il avait quitté la France en août 2024 pour assister au Togo à des cérémonies de deuil après la mort de sa mère, pourtant décédée deux ans plus tôt. Un servant de l’Église a conforté la version de la victime en indiquant aux enquêteurs que le religieux lui avait confié avoir eu des « gestes déplacés » envers elle. Cette fidèle, qui selon le prêtre n’avait pas été invitée chez lui, a été capable de décrire précisément les lieux, dont la chambre à coucher.

    L’avocat de la plaignante, Leandro Giagnolini, a souligné que sa cliente « ne cherch (ait) pas vengeance, elle est dans une demande de réparation mais surtout espère que la justice contribue à prévenir de tels comportements, notamment au sein de l’Église ». Il a également rappelé que l’alcoolisation ainsi que le fait d’inviter une fidèle à son domicile étaient des pratiques interdites au sein de l’Église.

    Notre dossier sur les violences sexuelles

    Le ministère public a estimé que « la culpabilité ne faisait aucun doute », soulignant la gravité des faits. Le prévenu a été inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais) et le tribunal a assorti sa condamnation d’une interdiction définitive de séjourner sur le territoire français et d’exercer toute fonction de prêtre en France. L’Église l’a quant à elle suspendu de ses fonctions.

    Source: 20minutes.fr

  • Les convaincre tous ou plaire à quelques-uns

    Les convaincre tous ou plaire à quelques-uns

    Pour espérer inspirer durablement confiance à des peuples africains héréditairement dans le doute quant à sa sincérité, la France devrait, aux courages parcellaires, substituer une politique claire, qui ne varie pas au gré des rapports que le chef de l’État français peut entretenir avec tel ou tel de ses homologues africains. Une politique qui survive au temps et aux hommes.

    À son tour, Paul Biya s’est vu remettre, cette semaine, le rapport des chercheurs sur le rôle et l’engagement de la France contre les mouvements indépendantistes et d’opposition du Cameroun, de 1945 à 1971. Emmanuel Macron pourrait-il, avec cette quête historique qu’il a initiée, espérer se rallier les opinions africaines ?

    Cette initiative dénote un courage politique, qui aurait pu lui valoir, en effet, l’indulgence d’une Afrique scrupuleuse sur les crimes et violences de l’ère coloniale. Mais, certains héritiers politiques de Ruben Um Nyobe contestent à la France le droit d’initier un tel projet. Car, pour eux, elle est le bourreau. Au-delà des réserves de certains Camerounais, c’est Emmanuel Macron lui-même qui altère l’impact de son initiative. Comme avec l’Algérie, avec le Rwanda, ou même le massacre de Thiaroye. Chaque fois, sans recevoir en retour la gratitude espérée. Probablement parce que nul ne comprend pourquoi certains, et par exemple pas Madagascar, où l’on a chiffré à près de 90 000 morts la répression de la révolte de 1947. Les courages parcellaires n’ont jamais remplacé une politique. Alors qu’il s’achemine vers la fin de son second mandat, rien ne laisse espérer qu’Emmanuel Macron aura les moyens d’engager et de faire aboutir d’autres initiatives similaires, partout où la violence coloniale a laissé de vives rancœurs. Il s’est parfois contenté de faire plaisir à tel ou tel pouvoir, dans quelques pays, oubliant de marquer son temps avec une politique valable pour tous. Il peut donc difficilement espérer voir l’Histoire le retenir comme le président qui aura vidé les contentieux coloniaux de la France.

    Il ne manquait pourtant pas de volonté vis-à-vis de l’Afrique…

    Entre Emmanuel Macron et l’Afrique, ç’aura été un perpétuel malentendu. Avec, certes, quelques initiatives dont aucun de ses prédécesseurs n’avait eu le courage. Mais, par les insuffisances de sa méthode, lui-même anéantissait l’impact de ses mesures. Ainsi de la restitution des œuvres d’art pillées à certains peuples durant la colonisation, et dont quelques-uns attendent toujours leur part. Ainsi du démantèlement, de gré ou de force, des bases militaires. De la suppression du compte d’opération des banques centrales de la zone Franc auprès du Trésor français, et de bien d’autres mesures courageuses, inédites depuis la fin de la colonisation. Ces audaces éparses ne lui vaudront pas la sympathie des peuples africains, tant qu’elles ne seront pas scellées par une politique claire et durable.

    En somme, la France ne peut espérer la compréhension de la jeunesse africaine en traitant séparément la violence coloniale…

    Tous les cas particuliers s’inscrivaient dans une politique globale. D’ailleurs, certains acteurs coloniaux, pour avoir fait la preuve de leur brutalité dans une colonie, étaient souvent envoyés sévir dans d’autres. L’histoire des peuples africains est bien trop imbriquée pour espérer la traiter efficacement en… pièces détachées ! Savez-vous, par exemple, que l’officier français qui orchestra le coup d’État qui a coûté la vie à Sylvanus Olympio, en 1963 au Togo, était, auparavant, un acteur central de la répression des maquis de l’UPC au Cameroun ? Se rappelle-t-on que les soldats à l’origine de ce putsch sanglant revenaient d’Algérie, après les Accords d’Evian ? Sait-on seulement que la rancœur de ces soldats venait du refus de Sylvanus Olympio de les intégrer dans l’embryon d’armée du Togo, sous prétexte qu’ils étaient partis d’eux-mêmes s’enrôler volontairement dans l’armée française à Ouidah (au Bénin), pour combattre les Algériens qui se battaient alors pour leur indépendance, pendant que les Togolais, eux, luttaient pour leur propre indépendance ? Chaque peuple aspire à comprendre les conditions déterminantes dans lesquelles s’est noué son destin. L’enjeu, pour la France, est d’inspirer durablement confiance à des peuples héréditairement dans le doute, quant à sa sincérité. Cela suppose une politique qui ne varie pas au gré des circonstances et des rapports que le chef de l’État français peut entretenir avec tel ou tel de ses homologues. Bref, une politique qui survive au temps et aux hommes.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 1er février 2025 sur RFI

  • L’universitaire togolais Kossigan Kokou-Kpolou porte un regard critique sur le discours de Macron aux ambassadeurs

    L’universitaire togolais Kossigan Kokou-Kpolou porte un regard critique sur le discours de Macron aux ambassadeurs

    Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, un universitaire togolais établi dans la diaspora, analyse le discours d’Emmanuel Macron, le président français, aux diplomates de son pays. Le chercheur fait un commentaire sans concession de la partie de l’intervention du chef de l’Elysée destinée à l’Afrique.

    Analyse critique du discours du Président Français, M. Emmanuel Macron, lors de la 30e conférence annuelle aux ambassadrices et ambassadeurs de France.

    Par le Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, universitaire togolais vivant dans la diaspora

    Bien chers amis, vous qui lisez ce texte depuis le continent africain et dans la diaspora, vous toutes et tous chers amis d’autres continents, je vous salue chaleureusement!

    En début de cette nouvelle année, j’espère que vous vous portez à merveille. Je saisis l’occasion pour vous souhaiter les meilleurs d’une heureuse année. Que mes vœux de paix et de santé rejoignent vos aspirations les plus ardentes tout au long de l’année.

    Chers amis, comme je l’ai annoncé sur certaines de mes pages RS, je prends la parole pour produire un commentaire sur les propos du Président de la R-Française, M. EM, lors de la 30e conférence annuelle aux ambassadrices et ambassadeurs de France – Traditionnelle conférence qui se tient généralement au palais de l’Élisée en fin août ou en septembre. Cette fois-ci elle a été reportée au 6 janvier dernier en raison des JO et paralympiques qui se sont déroulés en France durant l’été dernier. Enfin ! ça c’est la raison officielle. Mais la dissolution du parlement FF est une raison importante à ne pas exclure.

    Je prends la parole pour analyser plus spécifiquement les parties du propos du Président EM qui touchent à l’Afrique, qui touchent à la mémoire historique de l’Afrique, à l’intelligence collective de sa jeunesse, les parties de son propos qui touchent au combat panafricaniste porté par les intellectuels et les activistes panafricains.

    Je prends la parole parce que ma conscience d’universitaire africain vivant dans la diaspora m’interpelle à le faire. Je prends la parole en tant qu’intellectuel formé en Afrique, puis en Europe en France, ensuite en Amérique du Nord. Si cela est utile, je rappelle que je suis Docteur d’une université française, j’ai reçu la qualification au grade de MCU dans le système franco-français, grade délivré par le CNU.

    J’ai décidé de prendre la parole parce qu’indubitablement le sang des pères fondateurs du panafricanisme coule dans les veines et les artères de leurs petites-filles et de leurs petits-fils dont je fais partie. Je rappelle par ailleurs que les pères fondateurs du panafricanisme résidaient pour la plupart d’entre eux, à l’époque, en Amérique du Nord.

    Aujourd’hui intellectuel universitaire vivant en Amérique du Nord, cela presse ma conscience individuelle et historique à prendre la parole et à réagir vigoureusement à ce discours, discours que je trouve insultant, révoltant, discours que je trouve dangereux parce qu’il n’est pas de nature à apaiser la mémoire des peuples; bien au contraire, il est de nature à aggraver ce que le Pr EM appelle lui-même le chaos, le désordre, le triple dérèglement dans les rapports géopolitiques internationaux, ici notamment dans les rapports entre l’Afrique et la France.

    Quel est l’objectif que je poursuis à travers cette analyse? Mon objectif vise à déconstruire intellectuellement le discours du Pr EM, à montrer que sa vision du monde et des rapports géopolitiques, géostratégiques, économiques et culturels avec l’Afrique est fondamentalement erronée voire potentiellement dangereuse parce que ravivant les blessures mémorielles des peuples africains.

    Quelle est ma posture? Quelle est la posture que je prends à travers mon analyse? Ma posture est de favoriser un dialogue interculturel apaisé entre les peuples et les Nations, entre les peuples Africains et les peuples Français.

    Commençons par rappeler que le discours du Pr FR a duré au total presque 1h45 minutes. Rappelons aussi rapidement la structure du discours dans son ensemble. Après les salutations d’usage, il a consacré la première partie de son discours à décrire sa vision du monde et de l’évolution de l’ordre mondial. Ensuite, dans la deuxième partie le Pr répond à trois questions ambiantes de l’heure. Dans cette deuxième partie, il répond aux questions touchant aux atouts de la FR à faire face aux enjeux actuels du monde; dans cette partie il répond également aux questions touchant aux rapports de la FR avec le reste de l’Union Européenne et aux rapports de force avec les USA, surtout avec l’élection et bientôt l’investiture du Pr américain, Donald Trump. Enfin, dans la troisième partie, le Pr EM décrit les priorités de son agenda à l’endroit du peuple français. 

    Mon analyse va se concentrer, par position prise, essentiellement sur les parties du discours qui touchent directement à l’Afrique. Je considère néanmoins qu’il est important de s’attarder sur la première partie de son discours qui dresse le portrait de sa vision du monde et des rapports géopolitiques actuels. C’est absolument important, parce que c’est dans cette partie que nous voyons les lunettes avec lesquelles le Président EM voit, analyse et interprète le monde et l’Afrique contemporaine notamment. D’ailleurs, il dira plus tard dans son discours – je cite – « les lunettes avec lesquelles nous voyons l’Afrique ne sont plus les bonnes ».

    La première partie a duré légèrement plus de 9 min. Dans cette partie, M. EM pose le constat que nous sommes à un tournant du monde qui n’est pas celui auquel la France et le monde occidental s’attendaient. Plusieurs fois, il évoque le désordre du monde, le fracas du monde, un triple dérèglement : stratégique, technologique et politico-philosophique. À 6’30 de son discours il dit – je cite – « Au fond, ce monde que je décris est bouleversé par le retour des pulsions impériales, une remise en question très violente de l’humanisme ».

    Ce que je veux d’abord mettre ici en exergue c’est que à chaque fois qu’il décrit ce désordre imprévisible, qui surgit hors de leurs prévisions – il prend un accent poétique – « Qui pourrait l’imaginer aujourd’hui? Qui pouvait l’imaginer ?» Entre 4’30 et 5’30, il scande par 4 fois son discours par cette tournure poétique. On ne peut pas refuser au Pr EM sa passion pour la poésie. C’est correct. Ce qui moi personnellement m’interpelle c’est le fait qu’il place l’imagination au-dessus de la raison. Lorsqu’on est dans la fonction de président – d’un président de la République, on n’imagine pas le monde on pense le monde, on n’imagine pas les faits sociologiques et politiques, on pense les faits sociologiques et politiques. On place la raison et l’intelligence de la raison au-dessus des fantaisies de l’imagination et de l’idéologie.

    Ce qui m’amène à dire que l’ordre mondial et international actuel tel que M. EM le conçoit est un produit de son imagination, parce que sans doute sa raison est dépassée par les bouleversements actuels. Cette conception, cette vision du monde et de l’évolution de l’ordre mondial est désincarnée de la réalité, plus grave elle falsifie la réalité, elle distord la réalité. Et comme sa raison est dépassée, comme ils ne s’attendaient pas à cet ordre mondial où – je cite – d’autres puissances ne jouent plus le jeu – EM se pose la question suivante : « Face à ce désordre, quelles sont les puissances qui s’en sortent ? » Je résume en quelque sorte sa réponse : les puissances qui s’en sortent, sont les puissances qui refusent de se laisser dévorer. Et là il reprend la métaphore du monde animal qu’il a souvent utilisée : la métaphore des herbivores face aux carnivores. Il insistera qu’il faille à France la force morale – la force tout court. Chers amis, vous qui me suivez, vous comprenez?

    La vision du monde et des rapports géopolitiques actuels que nous décrit M. EM ressemble à la situation d’un enfant qui ne supporte la frustration et à qui ses camarades d’école arrachent son jouet favori dans la cour de récréation. Comme cet enfant ne supporte pas la frustration, le seul moyen qui lui reste pour se défendre c’est la violence, c’est la prédation, c’est la brutalité, bref c’est la force, c’est la force tout court.

    M. ÉM nous dit que la France et le monde occidental en général n’étaient pas préparés au nouveau monde multipolaire actuel. Comme ils doivent quand même se défendre, la survie oblige, M. EM s’auto-convainc que la France a des armes, des atouts pour faire face aux enjeux géopolitiques, stratégiques, économiques et culturels du monde multipolaire actuel. Dans une glorification et idéalisation personnelle et de sa politique d’investissements – et je laisse le peuple français en juger – il dit « Le pays est solide. L’engagement international, diplomatique et militaire de la France est solide ». Il tient ses propos dans la deuxième partie de son discours. Partie qui est hors du périmètre de l’analyse que je vous présente.

    Dans la troisième partie de son discours, le Pr EM déroule les trois agendas prioritaires de sa politique :

    1. La sécurité et la défense du peuple français,

    2. La croissance et la prospérité économique de la FR et de l’Europe – un combat existentiel précise-t-il, et

    3. La défense de l’ordre international et des valeurs de la FR.

    Et suivez-moi bien chers amis svp, en détaillant le deuxième agenda prioritaire Pr EM va dire quelque chose de crucial. Nous sommes à environ 1h4min de son discours. Écoutons ce qu’il dit. Écoutons-le SVP.

    « Stratégie de sécurisation de nos approvisionnements. Nous avons bâti une stratégie sur les minerais rares (élaborée il y a deux ans), pour sécuriser nos filières ».

    Chers amis, vous qui me suivez, je vous encourage à faire un exercice : écoutez le discours du Pr FR au moins de 1h04 jusqu’à 1h20. Même plus tard dans son discours, le Pr EM révèle le fond de sa pensée inconsciente. Il dira – je cite : « Nous sommes dans une ère d’argent rare ». En d’autres termes, la FR tend de plus en plus vers une récession économique et financière et cela risque de s’aggraver de plus en plus. Cela n’est plus un secret caché pour personne. C’est alors qu’en détaillant cet agenda que le M. EM parle de l’Afrique. Nous sommes là à environ 1h12 min de son discours.

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    Alors quelles sont les lunettes de M. EM ici? Quel est son premier regard sur l’Afrique? L’Afrique c’est un marché, comme toujours, où il faudra d’avantage s’organiser pour mieux exercer la force, la violence. L’Afrique, la sempiternelle vache à lait, dont l’exploitation prédatrice des ressources depuis des siècles doit contribuer à renforcer la croissance et la prospérité française et européenne à l’heure où la France et plusieurs pays européens ne sont pas préparés à faire face aux enjeux du monde multipolaire. Nous voyons donc que le Pr EM voit l’Afrique comme une plantation d’espèces d’arbres de rente dans laquelle les esclaves moissonnent pour le colon esclavagiste; comme un banquier, il voit en l’Afrique un marché d’opportunités, une braderie à ciel ouvert où les matières premières stratégiques sont à acheter à vil prix pour sécuriser les approvisionnements des filières industrielles françaises.

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    Deuxième regard que M. EM porte sur l’Afrique. En ses propres mots, l’agenda de prospérité et du nouveau partenariat avec l’Afrique doit sortir des obsessions du passé. Conformément à son discours de Ouagadougou en novembre 2017, il dit avoir entrepris un programme culturel, historique et mémoriel pour réparer les contentieux du passé colonial de la France. Sur ce plan, il souligne avoir profondément changé ce logiciel – d’après ces propres termes.

    Les lunettes avec lesquelles M. EM voit les contentieux du passé colonial et postcolonial entre la FR et l’Afrique sont dangereuses. Pourquoi je vous dis cela ? Parce que M. EM se convainc que le fait qu’il soit né après la période postcoloniale suffit pour avoir un regard décomplexé et dépassionné sur ces contentieux. On voit ici M. EM utiliser une double attitude psychologique : 1. Il utilise le mécanisme de la toute-puissance de la pensée – un mécanisme infantile consistant souvent à ignorer la complexité de la réalité ; il suffit de dire ou de penser les choses pour qu’elles soient; il suffit de restituer quelques œuvres d’art et d’objets sacrés pour que les contentieux soient réglés. Il suffit d’entreprendre la création de la maison des mondes africains dont la fondation sera posée en 2025 pour que l’ardoise des contentieux de plusieurs siècles soit effacée. Il suffit de dire à la jeunesse africaine, regardez je suis comme vous car je suis né après les indépendances de vos pays, donc le passé esclavagiste et colonial de la FR en Afrique est derrière nous. 2. Il utilise le mécanisme de la minimisation – par ailleurs intrinsèquement lié au premier. Pour lui, le fait que 75% de la population africaine est âgée de moins de 25 ans signifie que la jeunesse africaine n’est pas trop concerné par les dettes du passé colonial. Et M. M, comme à son habitude, se persuade dans cette double attitude que sa politique est la bonne parce que basée d’une part sur une approche scientifique et historiographique et d’autre part sur des efforts de sincérité et de volonté de la FR de regarder son histoire coloniale dans sa complétude et de nommer les blessures historiques et mémorielles. Le Pr qualifie ce travail d’inédit.

    Désolé de le dire, l’agenda de prospérité et du nouveau partenariat porté par M. EM avec l’Afrique n’est pas sorti des obsessions du passé colonial. Les lunettes que porte EM ne sont pas les bonnes.

    Par ailleurs, il est étrangement curieux de remarquer qu’en abordant son agenda de prospérité et de croissance économique pour la FR, M. EM parle de sa politique du dialogue culturel avec l’Afrique. Je refuse de croire que dans son esprit les deux choses ne sont pas liées. Mais au fond, pourquoi rattache-t-il le dialogue culturel avec l’Afrique, dialogue devant viser à reconnaître les crimes de la colonisation et à cicatriser les blessures mémorielles, pourquoi le rattache-t-il à une question économique? Je fais l’hypothèse que M. EM voit dans la politique de ce dialogue un moyen pour poser le sparadrap sur les revendications des peuples africains et leur combat légitime à reconquérir leur histoire et leur souveraineté. Cette politique est pour refroidir voire briser les résistances africaines afin de resoumettre l’Afrique à un nouvel agenda de la recolonisation. « Ils ne font rien pour rien » (a chanté Tiken Jah Fakoly dans ses grands jours). « Ils sont venus d’abord en explorateurs, ensuite en missionnaires, après en colonisateurs, puis en coopérants… Non, il n’est pas là pour rien. » Nous aussi, nous disons haut et fort NON, la jeunesse et les intellectuels africains de notre génération n’accepteront pas que la coopération culturelle – le dialogue culturel – entre la FR et l’Afrique soit une affaire mercantile, une affaire d’exploitation économique déguisée. Cet agenda ne passera pas; cet agenda ne doit pas prospérer. Nous refusons de transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants des traumas historiques plus lourds que ceux que porte les générations actuelles.

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    Troisième regard qu’il porte sur l’Afrique dans son discours. Si le dialogue et le nouveau partenariat avec l’Afrique n’avancent pas c’est la faute des faux intellectuels africains, à la solde de la Russie. Donnons-lui la parole. Qu’est-ce qu’il dit?

    Le Pr EM aborde ce point, observez bien son attitude corporelle, il aborde ce point avec un air presque perdu, un regard désabusé et indigné. Il semble ne pas comprendre pourquoi sa politique de dialogue avec l’Afrique ne fonctionne pas. Je présume qu’il ne comprend pas tout court. Alors comme il ne comprend pas, il cherche des coupables. Il jette la faute au dehors sur d’autres acteurs à savoir ceux qu’il qualifie de faux intellectuels et activistes panafricains qui ravivent le discours colonial et seraient, selon, lui, à la solde des impérialistes d’aujourd’hui. Il cible en première ligne la Russie.

    Beh, écoutez, posons-nous quand même quelques questions. Si les contentieux du passé colonial et postcolonial de la FR avec l’Afrique étaient déjà réglés grâce à la politique du dialogue historique et culturel inédit menée par M. EM, si cette politique était la bonne comme il le prétend, comment les intellectuels et activistes panafricains pourront-ils continuer à raviver ces contentieux contre la France?

    D’autres questions encore relatives aux intellectuels et activistes qui défendent un panafricanisme de bon aloi contemporain – selon lui. Qu’est-ce qui fait qu’ils sont de faux intellectuels? Sur quels critères M. EM se base-t-il pour sérier et catégoriser les intellectuels Africains? Parce qu’ils sont panafricains? Ou parce qu’ils seraient, comme le prétend-il, à la solde de la Russie ? Les intellectuels panafricanistes ont-ils attendu le tournant géopolitique et international récent avant de défendre les causes du panafricanisme ? M. EM dit qu’avec lui la FR regarde son passé colonial dans sa complétude, assume les contentieux et factualise les choses. Si la France en fait autant, qu’est-ce empêcherait les intellectuels et activistes panafricanistes de factualiser les causes du panafricanisme contemporain ?

    Posons-nous encore la question : pourquoi sonne-t-il la charge contre les intellectuels et activistes panafricanistes alors que le sujet principal qu’il aborde c’est l’agenda de prospérité et de croissance économique de la FR? La réponse logique est que ces derniers, en éveillant la conscience des peuples africains, de la jeunesse africaine notamment, mettent en difficulté l’agenda de prospérité et de croissance économique porté par M. EM et ses parrains, cet agenda qui n’est autre qu’un agenda de pillage sans discontinuer des ressources stratégique de l’Afrique. D’où sa fureur contre eux, sa logique méprisante de les rabaisser. M. EM se prend pour un recteur d’académie, s’estimant le droit de juger qui est un vrai intellectuel africain et qui ne l’est pas. Il n’est pas à sa première tentative de sérier et de classer les intellectuels africains : il y a ceux qu’il convie au Sommet Afrique-France et ceux qu’il ne convie pas, et les critères de sélection ne sont jamais portés à la connaissance des autorités universitaires des pays africains respectifs. Ce faisant, M. M reproduit la logique du système colonial du racisme scientifique : les intellectuels africains qui pensent comme les colons sont de vrais intellectuels, les intellectuels africains qui ne pensent pas comme les colons sont de faux intellectuels; les intellectuels d’ailleurs qui se conforment au système de pensée et aux agendas du colon reçoivent la palme d’or de vrais intellectuels, les intellectuels d’ailleurs qui incarnent les causes et les combats de leur génération reçoivent le label de faux intellectuels. M. EM doit se rendre à l’évidence que l’Afrique contemporaine compte plus d’intellectuels et de diplômés universitaires que la France et l’UE, que la génération actuelle d’intellectuels africains et celles qui viendront sont intellectuellement affûtées, culturellement et spirituellement armées et qu’elles ne seront pas naïves face à un nouvel agenda de recolonisation de l’Afrique.

    Abordons la dernière partie de mon analyse qui touche à la relation sécuritaire abordée par le Pr français. Il précise que cette relation sécuritaire a deux volets : l’engagement contre le terrorisme et la réorganisation de la présence militaire en Afrique. Que je sois bien compris, je ne suis pas un homme politique; je laisse le soin aux dirigeants politiques africains d’apporter avec audace les réponses de fond aux propos tenus par M. M sur la relation sécuritaire entre la France et les pays africains concernés. Je me résous ici à cibler une fois encore les attitudes et stratégies cognitives qui sont derrière les propos du Pr français.

    Premièrement, M. M considère que la FR dans son rôle de gendarme, de sauveur et de protecteur de l’Afrique n’a pas reçu la reconnaissance et la gratitude de la part des peuples africains.  M. M utilise ici la victimisation – la victimisation perverse. Cette stratégie est doublement perverse parce qu’il utilise cette stratégie pour restaurer son image narcissique auprès du peuple français. « Je crois qu’on a oublié de nous dire merci. Ce n’est pas grave, ça viendra avec le temps. L’ingratitude, je suis bien placé pour le savoir. C’est une maladie non transmissible à l’homme ».

    Deuxièmement, M. M utilise le déni et le révisionnisme. « La France n’est pas en recul en Afrique (…). » Ce qui n’est pas vrai. « On a choisi de bouger en Afrique, parce qu’il fallait bouger (…) » Ce qui est faux. « On est parti parce qu’il y avait des coups d’État. » Ce qui est totalement un mensonge. Prenons le cas du Tchad. C’est un exemple plus frais. Il n’y a pas eu de coup d’État, mais l’armée française est sommée de plier bagage. Sous nos yeux, M. M déforme et falsifie la narration des faits historiques récents et objectifs. Et à croire que quelques secondes à peine auparavant il dit : « On assume notre passé. On se dit la vérité. » Quelle vérité ?

    Troisièmement, M. M recourt à l’infantilisation des chefs d’États africains. « Nous avons proposé aux chefs d’États africains de réorganiser notre présence. Comme on est très poli, on leur a laissé la primauté de l’annonce. Et parfois, il a fallu les pousser… » Ce ton hautain et dédaigneux ne vous rappelle-t-il pas les antécédents envers les chefs d’États africains dont le cas le plus emblématique est le cas de Ouagadougou avec l’ex-président Roch Kaboré? Pause.

    Tout au long de son discours, M. M a évoqué plusieurs pays et leurs situations politiques et sécuritaires (l’Allemagne, les USA, la Chine, l’Inde, l’Israël, l’Arabie Saoudite, l’Égypte, le Qatar, la Roumanie, l’Arménie, et bien d’autres pays, le Brésil, l’Argentine. En aucun cas, M. M. n’a adopté ce ton, cette attitude d’infantilisation à l’égard des chefs d’États de ces pays.

    Chers amis, cela fait déjà un moment que je vous entretiens. Au début de mes propos, je vous ai indiqué quel était l’objectif de mon analyse.Je pense avoir démontré méthodiquement que la vision du monde et des rapports géopolitiques, économiques et culturels portée par M. M envers l’Afrique est fondamentalement erronée. Cette vision est décalée par rapport à la réalité sous nos yeux. Elle est truffée de demi-vérités voire de contre-vérités. Elle est construite par le prisme d’un déni de la réalité historique; elle est basée sur l’inversion des faits. La narration de cette vision manipule et réactive les blessures historiques et mémorielles des peuples africains. L’agenda de M.M et de ses parrains est potentiellement dangereux car il s’agit d’un agenda à peine déguisé visant une recolonisation de l’Afrique, une prédation continue et accélérée de ses ressources stratégiques. Au lieu de favoriser un dialogue interculturel apaisé entre le Sud et le Nord, entre les peuples Africains et Français, Européens, cet agenda risque à terme de provoquer de pires convulsions entre les Nations. Pire encore, enivré par son hubris, M.M s’y prend mal avec une diplomatie d’insultes et d’infantilisation à l’égard des intellectuels et des activistes panafricains ainsi que des chefs d’États africains.

    Presqu’au terme de mon analyse, je voudrais faire quatre suggestions :

    D’abord, à l’adresse du peuple français, je dis ceci. Tous les peuples, historiquement, ont la même origine. Toutes les civilisations, historiquement, viennent du même berceau. Cette conscience historique doit nous amener à transcender les blessures mémorielles liées au passé colonial et néocolonial de la FR en Afrique et dans bien d’autres parties du monde. Les peuples africains n’ont aucune haine contre les peuples français. À cet égard, vous devez rester vigilants et rejeter tout amalgame que sèment vos dirigeants qui poursuivent d’autres agendas bien souvent en défaveur de vos propres intérêts vitaux. Vous êtes un grand peuple; renouez avec votre grandeur historique en cherchant la vérité sur les violences traumatiques liées au passé colonial et néocolonial de la FR en Afrique, et engagez-vous avec nous dans le processus de dialogue interculturel apaisé entre les peuples.

    Ensuite ma deuxième suggestion est à l’adresse des dirigeants africains. Faites-vous respecter et on vous respectera. Faites-vous respecter et on nous respectera. Respectez les peuples que vous dirigez, respectez leurs intellectuels et leurs penseurs, et ceux-ci vous respecteront. Cela nous déshonore sur le continent et dans la diaspora que l’on vous traite comme des sous-préfets, des régents administratifs de cantons. Face aux attitudes méprisantes d’un chef d’État comme M. EM, on ne se tait pas, on ne reste pas passif, on n’avale pas la pilule. C’est pour ça que je suis convaincu que c’est la diplomatie malienne – aujourd’hui dans l’AES – est celle qui a trouvé le ton juste et la posture assertive juste pour répondre aux comportements de provocations récidivistes de M. M et sa troupe. Faites-vous respecter SVP et faites respecter les codes des bonnes mœurs africaines.

    Ma troisième suggestion va aux activistes panafricains. Votre engagement, manifestement, met en difficulté l’agenda de la recolonisation économique de la FR en Afrique. Votre engagement est utile et sera encore utile pour infliger échec et mat à cet agenda néocolonial. Dans votre engagement panafricaniste, SVP, faites une différence entre les intellectuels et les diplômés universitaires africains. Nous avons tendance, en Afrique, à entretenir une méfiance vis-à-vis de nos intellectuels et de nos diplômés universitaires. Cette tendance vient en partie du fait que dans le passé, plusieurs vagues de révolution ont été trahies pas par des diplômés universitaires qui à vrai dire n’étaient tous des intellectuels. Il n’y a pas de révolutions qui prospèrent dans temps long sans des intellectuels et des penseurs. Redoublez de vigilance à ce niveau.

    Enfin, ma quatrième suggestion s’adresse aux étudiants universitaires africains. Rejetez toute forme de paresse intellectuelle. Le monde de notre temps et le monde qui vient, sont des époques de grands bouleversements contre lesquels nous devons, vous devez être armés intellectuellement. Cherchez les diplômes, mais plus encore cherchez les savoirs scientifiques et les savoirs expérientiels; cherchez les savoirs mais aspirez davantage à la connaissance. Un peuple intellectuellement aguerri, culturellement enraciné, spirituellement et moralement armé, est un peuple qui résiste à tout agenda de domination quel qu’il soit. Vous savez maintenant ce que vous devez faire.

    Enfin, chers amis, il me reste une seule doléance à vous faire : faîtes connaître le contenu de ce texte. Vous aussi vous savez ce que vous devez faire.

    Que le Maitre des Temps et de l’Univers par l’intermédiaire de nos glorieux Ancêtres veille sur l’Afrique d’aujourd’hui et de demain!

    Je vous remercie.

    C’était le Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou.

  • Thiaroye, un contentieux historique parmi d’autres…

    Thiaroye, un contentieux historique parmi d’autres…

    François Hollande avait fait un petit pas. Emmanuel Macron en fait un autre. Trop peu ? Trop tard ? Les pays et les familles des tirailleurs sénégalais et autres en attendent davantage. Peut-être une politique lisible, valable pour tous ?

    Dans une lettre à son homologue sénégalais, le chef de l’État français annonce que « la France se doit de reconnaître que la confrontation de militaires et de tirailleurs qui exigeaient l’entièreté de leur solde légitime a déclenché un enchaînement de faits ayant abouti à un massacre, le 1ᵉʳ décembre 1944, au Camp de Thiaroye ». Ne devrait-on pas se féliciter pour une telle reconnaissance ?

    Quatre-vingts ans après cet événement douloureux, l’amertume des peuples et des familles demeure. Sans doute parce que l’on a trop longtemps ignoré leurs souffrances, pratiquement incurables, désormais. Il ne faut pas s’étonner qu’une indifférence aussi longue ait des conséquences. Très peu font le rapprochement entre ces meurtrissures aggravées par le temps et le fait que la France, en Afrique, va de déconvenue en déconvenue. Ce sont de tels contentieux qui, insidieusement, alimentent les rancœurs que d’aucuns qualifient de sentiments anti-français.

    Et Paris ne peut espérer enrayer une certaine perte de vitesse dans ce qui était jadis son pré-carré en Afrique, uniquement avec des gestes ponctuels, en direction d’un pays donné, par rapport à un contentieux précis. Pour reconquérir la bienveillance des peuples africains, la France devra s’inventer une politique claire, transparente, qui ne fluctue pas à la tête des dirigeants.

    Thiaroye est tout de même un symbole important…

    Que de symboles importants, dans le flot des contentieux historiques de la France en Afrique ! Chaque ancienne colonie a les siens. Certes, Thiaroye a donné lieu, en 1988, à un film magnifique (de Sembène Ousmane, NDLR), qui aurait dû constituer un déclic. Ceux des jeunes Africains d’aujourd’hui qui ont vu ce film y découvrent des propos, des comportements qui font écho à ce qui nourrit, chez eux, les sentiments que déplorent certains. Quelques dialogues du film leur rappellent que la mentalité qui prévalait à l’époque du massacre de Thiaroye n’a pas totalement disparu.

    Le film est-il si donc si réaliste ?

    Il vaut le détour ! Ainsi, lorsque le général rassemble les officiers supérieurs pour trancher la question du paiement aux tirailleurs de ce qui leur avait été promis, on découvre deux profils dissemblables, le meilleur, juste en face du pire.

    • Mais, qu’est-ce qu’ils vont faire de tout cet argent, au fond de leurs cases ? s’interroge un officier, qui suggère de le leur changer à la moitié de sa valeur. Mais, ironise-t-il, le capitaine Raymond n’est pas de cet avis. Seulement, capitaine, vous ne connaissez pas les indigènes ! Et vous ne connaissez pas les colonies !
    • Il ne s’agit pas de connaître les colonies ou les indigènes, comme vous dites. Il s’agit de simplement respecter nos engagements, répond le capitaine. À Morlaix, une avance leur a été donnée. Avec la promesse absolue qu’ils seraient intégralement payés, dès leur arrivée à Dakar. Les combattants français blancs, eux, ont été payés !
    • Mais, chaque guerre demande une période d’austérité, lance un autre.
    • Vous n’allez pas me dire que c’est en escroquant un millier d’indigènes que la France pourra se reconstruire, réagit Raymond.
    • Escroquer, escroquer ! Nous nous sommes montrés très généreux avec eux ! La France est généreuse avec ses indigènes. D’ailleurs, nous les avons sortis de la barbarie…
    • Il ne s’agit pas de générosité, rétorque Raymond, mais de justice. Quant à la barbarie, je ne sais pas si elle est chez eux ou chez nous.
    • Et l’autre de contre-attaquer : Quant à moi, je dis que ces gens, qui sont d’un naturel primitif, ont été manipulés, voire achetés par les nazis ! Ou par les bolchéviks, pour déstabiliser l’empire ! D’ailleurs, comment auraient-ils pu revenir des camps, sinon ?

    Comment on peut dire, penser des choses pareilles ? s’emporte Raymond. Pour Hitler, les Juifs, les communistes, les francs-maçons, les Tziganes, les Noirs, tout ça, c’est à éliminer. Quant à nous, nous sommes allés chercher ces Noirs dans leurs villages, pour leur faire faire la guerre. À votre place, messieurs !

    Mais Raymond perdra son combat. Et le massacre aura bien lieu…

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 30 novembre 2024

  • La France renoue le dialogue avec Laurent Gbagbo

    La France renoue le dialogue avec Laurent Gbagbo

    Dans l’après-midi de ce dimanche 10 novembre à Abidjan, l’ambassadeur de France a rencontré Laurent Gbagbo, l’ex-président ivoirien. Une première depuis décembre 2010.

    Cette entrevue d’une durée de deux heures entre Laurent Gbagbo et le diplomate Jean-Christophe Belliard s’origine dans une volonté de dialogue de la France avec les différents acteurs politique ivoiriens. En prélude à l’élection présidentielle qui aura lieu dans un an.

    La rencontre est inédite. En effet, le dernier échange entre un officiel français et l’ancien président remonte à décembre 2020.

    Les deux personnalités ont eu, dit-on, « des échanges riches, sans tabou, de manière directe et spontanée, dans une atmosphère chaleureuse ».

     Laurent Gbagbo de nouveau fréquentable pour les Européens ? Toujours est-il que l’ancien prisonnier et le diplomate français ont discuté sur des économiques et politiques de la Côte d’Ivoire. Ils ont également abordé  d’autres problématiques, notamment les enjeux régionaux, etc.

    Selon Habiba Touré, la porte-parole du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), la formation de Laurent Gbagbo, « La rencontre a été cordiale et s’est bien passée ». Sans plus de précision.

    Pour la présidentielle d’octobre 2025, Laurent Gbagbo, 79 ans, a été désigné candidat de son parti alors qu’il a été radié des listes électorale. Conséquence d’une décision de justice.

  • Arrestation de Kemi Seba en France, ce que j’en pense

    Arrestation de Kemi Seba en France, ce que j’en pense

    Le vrai problème, et c’est ce qui est dommage, c’est que beaucoup de panafricains autoproclamés qui se gargarisent de la rupture avec l’occident, biberonnent à fond la culture occidentale. Bref.

    J’aimais bien l’ex-président Tanzanien John Magufuli, qui nous a quittés trop tôt en 2021.

    C’est pour moi le plus grand héros nationaliste de l’Afrique contemporaine et peu de jeunes africains connaissent son histoire. En six ans de règne, il a métamorphosé son pays, le faisant sortir du cercle des pays sous développés. Et John a fait tous ces miracles en ne sortant presque jamais de son pays. Sa règle était simple, si nous avons besoin de quelque chose, amenons le en Tanzanie.

    Tout ceci pour dire, comme Franklin Nyamsi, que par les temps qui courent, ce n’était pas une bonne idée d’aller becter dans un restaurant parisien, peu importe les motifs de son déplacement en France. Le vrai problème, et c’est ce qui est dommage, c’est que beaucoup de panafricains autoproclamés qui se gargarisent de la rupture avec l’occident, biberonnent à fond la culture occidentale. Bref.

    Se rendre en France, même avec un passeport diplomatique Nigérien, après avoir publiquement déchiré son passeport français, offrait aux français une trop belle occasion pour non seulement lui faire un pied de nez, mais d’en faire surtout au Niger, en lançant un incident diplomatique pour lequel je serai étonné que le général Tiani décide de se mouiller, d’autant plus que le panafricaniste aurait voyagé sans l’aval des services Nigériens. Bref.

    La France sur ce plan fait d’une pierre deux coups: d’une part elle réduit un moment en silence quelqu’un qui lui a fait assez de torts, mais elle dissuade beaucoup d’autres personnes qui sont dans le sillage de Kemi.

    Qu’est-ce qui va ce passer à mon avis? Si c’est la Dgsi qui l’a interpellé, ce n’est pas bon. Les charges doivent être suffisamment importantes pour qu’on risque de faire sauter l’immunité conférée par le passeport diplomatique. Mais je vole pour vous dire, selon les infractions, le passeport diplomatique ne vous protège pas de tout. Il faut le savoir.

    Mon avis personnel rejoint celui de Franklin, par les temps qui courent il ne faut pas tenter le diable. Même les pays occidentaux ne respectent plus l’état de droit.

    Il faut bien entendu demander sa libération immédiate. Mais pardon, il y’a de bonnes choses dans nos pays. Faisons en sorte que si on a besoin de quelque chose, qu’on le réalise chez nous. Comme le domaine kadjika. Wa.me/22871590319

    Dites-moi ce que vous pensez de cette arrestation. Ça fait longtemps que je ne parle plus de ces sujets.

    Allons à Kadjika, vivants.

    Gerry Taama, ancien député togolais

    Kemi Seba a été depuis libéré après avoir passé deux jours en garde à vue. 

  • La santé, au cœur de la relation Togo-France

    La santé, au cœur de la relation Togo-France

    C’est ce qu’a constaté la Cheffe du Gouvernement togolais, Victoire Tomegah-Dogbé, lors de sa visite du chantier de renforcement et de réhabilitation du Centre Hospitalier Universitaire de Lomé-Campus le 8 avril, en présence du Professeur Tchin Darré, Ministre de la santé et de l’hygiène publique, de l’Ambassadeur de France au Togo, Augustin Favereau, et du PDG d’Ellipse Projects, Stéphane Terranova.

    A ces travaux s’ajoute la rénovation du CHU de Kara, au centre du pays.

    Offrir, dès 2026, de meilleurs services de santé aux populations sur l’ensemble du territoire togolais, tel est l’engagement des autorités au travers de ce double investissement hospitalier, de plus de 103 M€.

    Forte mobilisation de l’équipe France pour accompagner sa réalisation, avec une solution complète : technique grâce à l’expertise de la société Ellipse Project, et financière avec un prêt direct du Trésor (40 M€) mixé à un crédit acheteur garanti par BpiFrance (40 M€).

    L’occasion de saluer l’excellent partenariat avec le Ministère togolais de l’économie et des finances qui a permis de mettre en place ces financements massifs en un temps record.

    Une nouvelle et belle histoire franco-togolaise au service du bien-être de millions de Togolais.

    source: Ambassade de France au Togo

Radio Renouveau228

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