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  • RDC- Michel Kuka, du stade au marché de l’attention

    RDC- Michel Kuka, du stade au marché de l’attention

    Il était d’abord un visage, une énergie brute captée par les caméras de la Coupe d’Afrique des Nations. Aujourd’hui, Michel Kuka devient un cas d’école. Celui qui s’est illustré dans les tribunes lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations franchit un cap décisif : il transforme la ferveur populaire en valeur économique.

    Après avoir reçu les honneurs et la reconnaissance symbolique des autorités congolaises, Michel Kuka vient de signer un contrat de partenariat avec Tecno, d’un montant annoncé de 50 000 dollars. Un chiffre qui marque un tournant. On n’est plus dans le simple supporterisme, ni même dans la notoriété éphémère née d’un buzz. On entre de plain-pied dans l’économie de l’attention, ce système où la visibilité, l’émotion et l’authenticité deviennent des actifs monétisables.

    Ce mouvement n’est pas isolé. Les marques cherchent désormais à s’adosser à des figures capables de capter l’attention collective, surtout en Afrique, où le football reste l’un des rares langages véritablement transnationaux. Michel Kuka incarne une narration : celle du fan passionné, spontané, enraciné dans la culture populaire. Pour Tecno, l’association est stratégique : elle permet de parler à la jeunesse, aux classes populaires et à l’écosystème numérique, sans passer par les canaux publicitaires traditionnels.

    Mais cette dynamique soulève une question centrale : les marques récupèrent-elles nos symboles ou offrent-elles une chance réelle à nos ambassadeurs ? D’un côté, le risque de folklorisation existe. Le supporter devient une image, parfois vidée de sa profondeur, utilisée pour vendre. De l’autre, ces partenariats ouvrent des opportunités inédites : reconnaissance financière, structuration de carrières hors des sentiers classiques, et affirmation d’une économie culturelle africaine qui se professionnalise.

    Dans le cas de Michel Kuka, la frontière semble pour l’instant maîtrisée. Il ne s’efface pas derrière la marque ; il capitalise sur ce qu’il est déjà. Son contrat n’achète pas une performance sportive, mais une présence, une histoire, une capacité à fédérer.

    Ce débat, au cœur des mutations médiatiques et culturelles du continent, est au menu du nouvel épisode de Hors Champ. Entre récupération commerciale et empowerment symbolique, une chose est sûre : le football africain ne se joue plus seulement sur la pelouse, mais aussi dans l’arène stratégique de l’attention.

  • Séwé Sport de San-Pédro : en Ligue 2 mais jamais seul face à l’adversité

    Séwé Sport de San-Pédro : en Ligue 2 mais jamais seul face à l’adversité

    Relégué en deuxième division du championnat ivoirien, Séwé Sport de San-Pédro traverse une période charnière de son histoire sportive. Malgré ce contexte compétitif moins favorable que par le passé, les supporters demeurent solidement attachés à leur club, incarnant une passion intacte pour ce symbole du football portuaire.

    Le club, qui a longtemps marqué l’élite du football ivoirien et brillé sur la scène continentale, a vu ses performances décliner au fil des dernières saisons après avoir connu de beaux succès au début de la décennie 2010. Autrefois multiple champion de Côte d’Ivoire et finaliste de la CAF Confederation Cup, Séwé Sport ne dispute plus actuellement l’élite.

    Pour la saison 2024-2025, le Séwé Sport évolue en Ligue 2, la deuxième division nationale, où il s’efforce de retrouver son lustre d’antan et une place de choix pour décrocher à nouveau la promotion en Ligue 1.

    Des supporters toujours au rendez-vous

    Ce qui distingue particulièrement le club ces dernières années, ce n’est pas seulement ses résultats ou ses ambitions sportives, mais surtout la fidélité inébranlable de ses supporters. Chaque sortie à domicile ou à l’extérieur rappelle l’attachement profond de la communauté portuaire au Séwé Sport : chants, drapeaux et encouragements rythment encore les stades, même dans l’antichambre du football ivoirien.

    Pour beaucoup de fans, la couleur du maillot reste un symbole d’identité locale, bien au-delà des aléas des classements. Cette loyauté populaire est souvent citée par les dirigeants comme l’un des principaux moteurs du club vers une remontée future.

    « Même si l’équipe n’est plus en Ligue 1, nous continuons à la soutenir avec la même ferveur. Le maillot représente notre ville, notre histoire », confiait récemment un supporter présent lors d’un match à Ebimpé en mai dernier.

    Un cap à franchir pour le futur

    Sur le plan institutionnel, le club connaît aussi des évolutions importantes. En août 2025, une nouvelle direction a été élue, avec pour priorités affichées la reconstruction sportive, une gestion transparente et la mobilisation accrue des fans dans le projet de retour en Ligue 1.

    Si le chemin vers l’élite est encore long et semé d’embûches, l’esprit de San-Pédro reste intact : un club historique qui, malgré les divisions sur le terrain, ne divise pas dans les cœurs.

    Dans un football ivoirien toujours plus compétitif, c’est peut-être cette passion populaire qui fera, à terme, la différence pour un retour triomphant du Séwé Sport de San-Pédro au sommet.

  • FTF : et si l’option Samuel Ekoé Galé devenait une évidence ?

    FTF : et si l’option Samuel Ekoé Galé devenait une évidence ?

    La question revient avec insistance dans les débats autour de l’avenir de la sélection nationale togolaise : et si, pour une nouvelle fois, la Fédération togolaise de football (FTF) faisait le choix audacieux mais assumé d’un sélectionneur local pour diriger les Éperviers ? Alors que plusieurs noms sont cités pour succéder à Nibombé Daré, une autre option, plus discrète mais non moins crédible, mérite aujourd’hui une attention particulière : celle de Samuel Ekoé Galé.

    Ce débat n’est pas nouveau, mais il prend une résonance particulière dans un contexte où les résultats sportifs tardent à convaincre et où la construction d’un projet durable pour les Éperviers du Togo demeure un chantier inachevé. À travers le profil de Samuel Ekoé Galé, c’est toute la problématique de la confiance accordée – ou non – aux compétences locales qui se trouve posée de nouveau.

    Un technicien formé, diplômé et ancré dans les réalités locales

    Samuel Ekoé Galé n’est pas un inconnu du paysage footballistique togolais. Ancien joueur professionnel, il a progressivement construit sa reconversion dans le métier d’entraîneur, en misant sur la formation et la rigueur. Titulaire de la prestigieuse Licence UEFA Pro, le plus haut diplôme d’entraîneur reconnu au niveau international, il répond d’emblée à l’un des arguments souvent opposés aux techniciens locaux : celui du manque de qualification.

    Au-delà du diplôme, M. Galé a dirigé plusieurs clubs emblématiques du championnat national, dont AS OTR et Étoile Filante de Lomé. Il a également marqué les esprits lors de son passage à Kotoko de Lavié, où son travail méthodique et son approche pédagogique ont été salués. Autant d’expériences qui lui confèrent une connaissance intime des réalités du football togolais : contraintes financières, infrastructures limitées, gestion des jeunes talents, pression populaire et exigences institutionnelles.

    L’argument de l’inexpérience : un faux débat ?

    Les détracteurs de l’option Samuel Ekoé Galé vont avancer un argument récurrent : son manque d’expérience au plus haut niveau international. Un reproche qui, à bien y regarder, interroge davantage le système que l’homme lui-même. Comment acquérir de l’expérience si aucune opportunité n’est offerte ? Tous les entraîneurs aujourd’hui cités comme références, qu’ils soient africains ou européens, ont commencé quelque part. Aucun n’est né sélectionneur national.

    D’ailleurs, plusieurs techniciens étrangers passés par le banc des Éperviers découvraient eux aussi, parfois, le football africain ou les réalités spécifiques du Togo. Pourtant, la FTF n’a pas hésité à leur confier les rênes de la sélection. Pourquoi ce qui est toléré, voire encouragé, chez un expatrié devient-il rédhibitoire lorsqu’il s’agit d’un Togolais formé, diplômé et expérimenté localement ?

    Une opportunité provisoire, mais stratégique

    Certains observateurs avancent une proposition intermédiaire, empreinte de pragmatisme : accorder à Samuel Ekoé Galé une chance à titre provisoire, au moins jusqu’à l’issue de la prochaine fenêtre FIFA, prévue les 23 et 31 mars 2026. Cette période pourrait servir de test grandeur nature, permettant à la FTF d’évaluer concrètement ses capacités à gérer un groupe international, à préparer des matches officiels et à imposer une identité de jeu.

    Une telle démarche aurait le mérite de limiter les risques tout en envoyant un nouveau signal fort aux techniciens locaux : le mérite et la compétence peuvent ouvrir des portes. Dans un football togolais en quête de repères et de stabilité, ce pari mesuré pourrait aussi renforcer le sentiment d’appropriation nationale autour de la sélection.

    Et si le salut passait par un staff hybride ?

    À défaut de lui confier immédiatement les clés des Éperviers, d’autres voix plaident pour une solution tout aussi constructive : intégrer Samuel Ekoé Galé dans le staff technique du futur sélectionneur, quel qu’il soit. Cette approche permettrait à l’ancien entraîneur de Kotoko de Lavié de s’imprégner du fonctionnement d’une sélection nationale A, d’apprendre aux côtés d’un technicien plus expérimenté et de se préparer, à moyen terme, à prendre la relève.

    Une telle vision s’inscrirait dans une logique de continuité et de transmission, souvent absente dans la gestion des équipes nationales africaines. Former aujourd’hui le sélectionneur de demain, plutôt que de repartir à zéro à chaque changement, serait un signe de maturité institutionnelle pour la FTF.

    Au-delà d’un homme, une philosophie à assumer

    Le débat autour de Samuel Ekoé Galé dépasse largement sa personne. Il pose une question fondamentale : quelle place la FTF souhaite-t-elle accorder à l’expertise locale dans son projet sportif ? C’est vrai que le passage de Nibombé Daré, un local,  à la tête des Eperviers n’a pas donné les résultats escomptés. Mais miser sur un entraîneur togolais, c’est aussi parier sur une meilleure compréhension du championnat national, une relation plus naturelle avec les joueurs locaux et une communication plus fluide avec les acteurs du football national.

    Certes, le risque existe. Mais le risque n’est-il pas inhérent à toute décision sportive ? Continuer à chercher systématiquement la solution à l’extérieur n’a pas toujours garanti le succès. Peut-être est-il temps d’oser une autre voie

    Une chance à saisir, ou à regretter plus tard

    En définitive, la question mérite d’être posée sans passion mais avec lucidité : et si la Fédération togolaise de football faisait enfin de nouveau confiance à un sélectionneur local comme Samuel Ekoé Galé ? Qu’il s’agisse d’un intérim, d’une intégration dans le staff ou d’une nomination pleine et entière, les options existent.

    Ne pas tenter l’expérience, c’est aussi prendre le risque de freiner l’émergence d’une génération d’entraîneurs togolais pourtant formés, compétents et ambitieux. Donner une chance, en revanche, pourrait ouvrir une nouvelle page du football togolais, fondée sur la confiance, la transmission et la responsabilité. Et si le véritable tournant des Éperviers commençait justement par ce choix-là ?

  • « Moi, le foot, l’Afrique » : Hervé Renard, confessions d’un entraîneur façonné par le continent

    « Moi, le foot, l’Afrique » : Hervé Renard, confessions d’un entraîneur façonné par le continent

    Avec ”Moi, le foot, l’Afrique”, Hervé Renard signe bien plus qu’un simple livre de souvenirs sportifs. Le technicien français, double vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations, en 2012 avec la Zambie et en 2015 avec la Côte d’Ivoire, livre un témoignage sincère, humain et profondément respectueux d’un continent qui a façonné sa carrière et son regard sur le football… et sur la vie.

    Dans cet ouvrage, Hervé Renard raconte une histoire peu commune : celle d’un entraîneur européen devenu une figure emblématique du football africain. Loin des clichés, il décrit l’Afrique telle qu’il l’a vécue de l’intérieur, sur les terrains poussiéreux comme dans les grands stades, dans l’intimité des vestiaires et au cœur des émotions collectives. Le livre se lit comme un voyage initiatique, marqué par les défis, les doutes, mais surtout par des victoires humaines avant d’être sportives.

    La CAN 2012 avec la Zambie occupe une place centrale. Renard y retrace l’exploit historique des Chipolopolo, sacrés champions un an jour pour jour après la disparition tragique de l’équipe nationale dans un crash aérien. Le technicien français revient sur la charge émotionnelle immense de cette victoire, symbole de résilience et de mémoire. Plus qu’un titre, ce sacre apparaît comme un moment de communion entre un peuple et son histoire.

    Trois ans plus tard, la CAN 2015 avec la Côte d’Ivoire confirme la relation singulière entre Hervé Renard et le football africain. Dans un contexte de forte pression et d’attentes immenses, il raconte comment il a su rassembler une génération de stars, apaiser les egos et bâtir un collectif solide. Là encore, le livre met en lumière l’importance du facteur humain, de la confiance et du respect des cultures locales.

    Moi, le foot, l’Afrique est aussi une réflexion sur le management, l’adaptation et l’humilité. Renard y explique combien l’Afrique l’a transformé, lui apprenant à écouter, à observer et à comprendre avant d’imposer. Il rend hommage aux joueurs, aux staffs locaux et aux supporters, dont la passion déborde largement le cadre du sport.

    Accessible, inspirant et sans arrogance, cet ouvrage s’adresse autant aux amoureux du football qu’à ceux qui s’intéressent à l’Afrique contemporaine. Hervé Renard y défend une conviction forte : le football africain est une richesse mondiale, portée par des talents, des valeurs et une ferveur incomparables.

    Avec ce livre, Hervé Renard ne parle pas seulement de trophées. Il raconte une histoire d’hommes, de cultures et de destin partagé entre un entraîneur et un continent qui, manifestement, ne l’a jamais quitté.

  • Disparition de Toko, pionnier du PSG

    Disparition de Toko, pionnier du PSG

    Le football africain et le Paris Saint-Germain sont en deuil. Nambatingue Tokomon, plus connu sous le surnom de « Toko », est décédé ce mardi à l’âge de 73 ans.

    L’annonce a été faite par le PSG lui-même, via ses réseaux sociaux, saluant la mémoire d’un joueur qui a marqué les premières grandes pages européennes du club parisien.

    Arrivé au Paris Saint-Germain en 1980, à une époque où le club francilien construisait encore son identité, l’attaquant tchadien va rapidement s’inscrire dans l’histoire. En 1982, il devient le tout premier buteur du PSG en Coupe d’Europe, un fait symbolique qui fait de lui un pionnier de l’aventure européenne du club aujourd’hui parmi les plus prestigieux du continent. Ce but, inscrit dans un contexte où le PSG cherchait encore sa place parmi les grands, reste un repère fondateur.

    Pendant cinq saisons (1980-1985), Nambatingue Tokomon défend les couleurs parisiennes avec engagement et sobriété. Attaquant travailleur, respecté dans le vestiaire, il incarne une génération de joueurs moins médiatisés mais essentiels à la construction sportive du club. À cette époque, le PSG n’est pas encore la machine internationale qu’il est devenu, et ce sont des hommes comme « Toko » qui ont posé les bases.

    Avant et après son passage à Paris, le joueur tchadien a connu un parcours riche dans le football français. Il a notamment évolué sous les couleurs d’Albi, de Nice, de Bordeaux, de Strasbourg, de Valenciennes et du RC Paris, laissant partout l’image d’un professionnel sérieux et d’un attaquant généreux dans l’effort. Son itinéraire témoigne aussi de la place, souvent discrète mais réelle, qu’ont occupée les joueurs africains dans le football hexagonal des années 1970 et 1980.

    Au-delà des statistiques, la disparition de Nambatingue Tokomon rappelle l’importance de la mémoire sportive. Celle des pionniers, de ceux qui ont écrit l’histoire avant l’ère des projecteurs permanents et des contrats mirobolants. En rendant hommage à « Toko », le Paris Saint-Germain honore non seulement un ancien joueur, mais aussi une part de son héritage.

    Le football tchadien perd l’un de ses ambassadeurs les plus emblématiques, et le PSG, l’un de ses premiers héros européens. Sa mémoire restera attachée à ces débuts courageux, quand Paris apprenait encore à rêver d’Europe.

  • Rennes: Habib Beye, la chute brutale

    Rennes: Habib Beye, la chute brutale

    L’aventure d’Habib Beye sur le banc du Stade Rennais aura été aussi intense que brève. Arrivé avec l’étiquette d’un jeune entraîneur prometteur, charismatique et porteur d’idées modernes, l’ancien international sénégalais n’aura finalement pas résisté à la spirale négative des résultats.

    Ce lundi, le club breton a officiellement mis fin à sa collaboration avec son entraîneur, tournant ainsi une page ouverte avec beaucoup d’espoirs… et refermée dans la douleur.

    La décision des dirigeants rennais intervient après une série de contre-performances préoccupantes. Quatre défaites consécutives en championnat, une élimination prématurée en Coupe de France et surtout un contenu de jeu jugé insuffisant ont fini par fragiliser une position devenue intenable. À Rennes, club ambitieux habitué à jouer les premiers rôles en Ligue 1 et à viser l’Europe, la patience a des limites. Et celles-ci ont été atteintes.

    Pourtant, le pari Habib Beye n’était pas dénué de sens. Après des débuts remarqués dans le monde des médias et une reconversion rapide sur les bancs, il incarnait une nouvelle génération d’entraîneurs africains, audacieux, pédagogues et proches de leurs joueurs. Son arrivée avait suscité curiosité et enthousiasme, tant chez les supporters que chez les observateurs du football français. Mais entre la théorie et la réalité du terrain, l’écart s’est révélé cruel.

    Les difficultés tactiques, le manque de constance de l’équipe et une gestion d’effectif parfois critiquée ont alimenté les doutes. À mesure que les défaites s’accumulaient, la pression est devenue écrasante. Beye, malgré sa détermination et son discours combatif, n’a pas réussi à inverser la tendance. Dans un football professionnel où le résultat immédiat prime, le projet a fini par voler en éclats.

    Ce départ pose aussi une question plus large : celle du temps accordé aux entraîneurs, surtout lorsqu’ils sont en phase d’apprentissage à ce niveau. Habib Beye paie sans doute le prix d’un contexte exigeant et d’un club en quête de stabilité sportive. Mais son échec à Rennes ne saurait résumer son potentiel. À 48 ans, il reste un technicien en construction, dont le parcours ne fait que commencer.

    Pour Rennes, l’urgence est désormais ailleurs : trouver un successeur capable de redresser la barre et de sauver une saison compromise. Pour Habib Beye, l’heure est au recul et à la réflexion. La chute est rude, mais elle pourrait aussi être formatrice. Dans le football comme dans la vie, les défaites forgent parfois les plus solides renaissances

  • Atikpame: racines du football

    Atikpame: racines du football

    Le football à la base n’est pas simplement l’étape initiale d’une pyramide vers le haut niveau : c’est le cœur même du sport, l’endroit où se forgent les compétences techniques, les valeurs humaines et les communautés durables. À travers le 11ᵉ acte du Tournoi de la Révélation d’Atikpame, c’est cette réalité que l’on a pu constater : un moment sportif, social et éducatif qui va bien au-delà d’un simple match.

    Le football de base désigne le football joué au niveau non professionnel et non élite, incluant le football d’enfants, scolaire ou amateur — où la participation, l’apprentissage et l’amour du jeu priment avant tout. C’est une philosophie que promeuvent les fédérations du monde entier, conscientes que c’est à ce niveau que se construit l’avenir du sport.

    Une école de vie et de valeurs

    Sur le terrain d’Atikpame, Lionceaux FC et Union Sportive de Tokoindji n’ont pas seulement disputé un match : ils ont rappelé que le football à la base est une école de vie. Les valeurs qu’il inculque — esprit d’équipe, solidarité, discipline et respect — ne sont pas que des mots, mais des leçons quotidiennes pour chaque jeune joueur qui foule la pelouse.

    Dans les clubs communautaires, ces valeurs ne sont pas enseignées dans un manuel, elles se vivent. Elles façonnent le caractère, renforcent la confiance et préparent les jeunes à affronter les défis, tant dans le sport que dans la vie. Plusieurs études démontrent que les enfants engagés dans le football présentent une amélioration de leur condition physique et mentale ainsi qu’un sens accru de la coopération et de la discipline.

    Des terrains qui rapprochent les communautés

    Le football à la base crée des liens sociaux forts. Au-delà de l’effort collectif sur le terrain, ce sont les familles, les bénévoles, les éducateurs et les supporters qui tissent un réseau de soutien mutuel. Les clubs développent un sentiment d’appartenance ; ils deviennent des espaces où les différences sociales, économiques ou culturelles s’effacent derrière la passion partagée pour le ballon rond.

    Cette dynamique communautaire est essentielle, particulièrement dans des régions où le sport peut être un vecteur d’unité et d’intégration sociale. Les parents et les volontaires jouent un rôle central dans l’encadrement, l’organisation des événements et la motivation des jeunes, donnant au football une fonction sociale aussi importante que sportive.

    Détecter, former et accompagner

    L’un des atouts majeurs du football à la base est sa capacité à détecter les talents qui pourront un jour jouer à un niveau supérieur. Les jeunes qui brillent dans ces tournois sont repérés, conseillés, parfois intégrés dans des structures de formation. Au Burkina Faso, par exemple, la FIFA a lancé un programme dédié au développement des talents dès le plus jeune âge, conscient que des fondations solides permettent de faire éclore une élite capable de rivaliser sur la scène internationale.

    Cependant, ce rôle de formation ne se limite pas à la « technique ». Il inclut une véritable réflexion sur la reconversion des joueurs, un thème central du tournoi d’Atikpame. Trop souvent, les jeunes ne préparent pas leur avenir en dehors du terrain. Ce tournant éducatif vise à responsabiliser les joueurs, les dirigeants et les encadreurs à la gestion de carrière, à la santé et à l’intégration dans la société au-delà du sport.

    Un tremplin pour l’avenir

    Les bénéfices du football à la base s’étendent bien au-delà du terrain : développement personnel des jeunes, tant sur le plan physique que psychologique; renforcement du tissu social et cohésion des communautés; repérage des talents et formation structurée, avec des programmes fédéraux et internationaux; transmission de valeurs durables comme le respect, la solidarité et le travail d’équipe.

    À Atikpame, le Tournoi de la Révélation n’est donc pas seulement un spectacle sportif : il est une manifestation vivante du rôle fondamental du football à la base, un socle indispensable pour l’avenir du football et de la société tout entière.

  • Qui est José Altafini, champion du monde 1958 sous un faux nom ?

    Qui est José Altafini, champion du monde 1958 sous un faux nom ?

    À 87 ans, José Altafini reste l’un des derniers témoins vivants de la Coupe du monde 1958, remportée par le Brésil en Suède. Membre de cette génération légendaire aux côtés de Pelé et Garrincha, l’ancien attaquant conserve un regard étonnamment léger sur une carrière pourtant exceptionnelle, marquée par une singularité rare : avoir brillé sous deux identités et deux nationalités.

    Feuilletant un ancien numéro de France Football, Altafini découvre presque par surprise sa onzième place au Ballon d’Or 1963. « Je ne savais même pas que j’étais classé », s’amuse-t-il en parcourant les noms du palmarès. Lev Yachine, Gianni Rivera, Jimmy Greaves… Autant de monuments du football mondial. Mais un détail le fait sourire davantage : Giovanni Trapattoni, son coéquipier à l’AC Milan cette année-là, est classé devant lui. « Mince alors ! » lance-t-il, hilare.

    Cette distinction, il l’obtient sous la nationalité italienne. Car après son sacre mondial avec le Brésil, Altafini s’installe en Europe et devient une figure majeure du calcio. Naturalisé italien, il évolue sous le surnom de « Mazzola », choisi pour répondre aux contraintes réglementaires de l’époque et faciliter son intégration. Un choix qui symbolise une époque où le football se jouait aussi dans les bureaux.

    Son histoire personnelle reflète cette complexité. « J’ai gagné la Coupe du monde 1958 sous un faux nom », confie-t-il aujourd’hui sans détour. À 19 ans, il inscrit deux buts durant le tournoi et participe à l’éclosion d’un Brésil flamboyant, destiné à dominer durablement la planète football.

    Avec l’AC Milan, Altafini atteint son apogée européenne. Buteur décisif en Coupe d’Europe, notamment lors de la campagne 1962-1963, il s’impose comme l’un des attaquants les plus efficaces de son temps. Sa place au Ballon d’Or, même lointaine, confirme son statut parmi l’élite mondiale.

    Aujourd’hui, José Altafini regarde son parcours avec sérénité. Champion du monde, star du Milan, international brésilien puis italien, il incarne une époque révolue où le football forgeait des destins hors normes. Une légende à la croisée de deux histoires, qui continue de fasciner.

  • L’entraîneur de football Samuel Gale espère un nouveau défi

    L’entraîneur de football Samuel Gale espère un nouveau défi

    Jusqu’à récemment, Samuel Ekoe Gale occupait le poste d’entraîneur adjoint au FC Kosova Düsseldorf. Cependant, le technicien togolais souhaite se réorienter en ce début d’année et arrive avec une qualification extrêmement rare dans le football amateur : sa licence UEFA Pro, récemment obtenue.

    Les entraîneurs titulaires de la licence UEFA Pro (anciennement appelée licence d’entraîneur de football) sont rares dans les ligues amateurs. En novembre dernier, Samuel Ekoe Gale a obtenu ce précieux certificat, mais il était alors entraîneur adjoint au FC Kosova Düsseldorf . Désormais, en ce début d’année, cette période touche à sa fin, car le quadragénaire ambitionne de franchir une nouvelle étape dans sa carrière.

    Considéré comme l’entraîneur national du Togo

    Au Togo, son pays natal, Gale s’est déjà fait un nom. Son expérience de joueur et d’entraîneur de haut niveau lui a permis d’obtenir la licence professionnelle d’entraîneur. En 2021, il était même pressenti pour succéder à Claude Le Roy à la tête de l’équipe nationale du Togo. Finalement, Gale a entraîné différents clubs de première division togolaise, dont l’AS OTR Lomé.

    En début de saison, Gale a enfin franchi une nouvelle étape en rejoignant le football européen. L’Allemagne lui est familière : il y a déjà évolué comme joueur dans les années 1990, notamment au Borussia Wuppertal. Après sa carrière de joueur, il a travaillé dans le football de jeunes en Belgique. Gale espérait finalement accéder au football professionnel grâce à son retour en Allemagne, au FC Kosovo.

    Il a d’abord intégré l’équipe technique d’ Alfonso del Cueto . Après le limogeage de ce dernier, Gale espérait avoir l’opportunité de devenir entraîneur principal, mais Düsseldorf a finalement opté pour Ibo Cöl.

    « J’espérais que le club me confierait peut-être quatre matchs comme entraîneur adjoint après le départ de del Cueto », confie Gale, qui souhaite désormais trouver un nouveau poste. Le niveau du club importe peu pour l’instant, mais grâce à son excellente licence Pro, il devrait privilégier un club ambitieux où il pourrait mettre son expertise à profit. « En Allemagne, il faut bien commencer quelque part. Que ce soit en Landesliga ou en Oberliga, peu importe. Mais si un club a une bonne structure et un projet ou une vision, nous sommes ouverts à la discussion », explique Gale.

    À long terme, l’entraîneur de football a des objectifs clairs : « Je veux évoluer dans des divisions supérieures, mettre en œuvre ma philosophie sportive et développer une identité avec mon équipe. »

    Pour toute question, vous pouvez contacter Gale au numéro de téléphone

    01637977152. https://www.fupa.net/news/fussballehrer-samuel-gale-hofft-auf-eine-neue-herausforderung-3155691?debug=preview,nocache

    Source: https://www.fupa.net/news

  • Foot : Samuel Ekoé Galé obtient la prestigieuse licence UEFA Pro

    Foot : Samuel Ekoé Galé obtient la prestigieuse licence UEFA Pro

    Avec ce diplôme, le technicien germano-togolais obtient le précieux sésame qui pourrait lui ouvrir les portes des grands clubs

    La licence UEFA Pro est le plus haut degré pour les entraîneurs de football. C’est une certification requise pour diriger une grande équipe non seulement au plan national mais aussi, et surtout, diriger des clubs qui jouent des compétitions européennes comme la Ligue des champions, pour ne citer que celle-là.

    Le Germano-togolais Samuel Ekoé Galé (SEG) est titulaire de la Licence UEFA A obtenue en 2016 en France. Avec le nouveau diplôme licence UEFA Pro, il étoffe ses connaissances et peut donc désormais entrer dans la cour des grands. Cette licence, faut-il le souligner, est selon les experts, un diplôme d’entraîneur le plus prestigieux sur le vieux continent européen et ailleurs.

    Passé par plusieurs clubs togolais, l’ancien international togolais reconverti entraîneur depuis une douzaine d’années complète ainsi son parcours dans le monde du coaching en football.

    Nul doute que l’impétrant fera partie des meilleurs au classement, selon son entourage. D’ailleurs sa référence, sinon son idole, est l’entraîneur qui n’est plus à présenter, Marcelo Bielsa, surnommé « El Loco ». Le manager argentin est connu pour son football ultra-offensif.

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