Étiquette : Droits de l’homme

  • Droits de l’Homme : la CNDH ouvre ses portes à la jeunesse politique

    Droits de l’Homme : la CNDH ouvre ses portes à la jeunesse politique

    La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a accueilli, mercredi 2 septembre 2026, des étudiants de l’École des Jeunes Politiques (EJP), dans le cadre d’une visite d’études organisée par l’association Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF). Au-delà d’une simple rencontre institutionnelle, cette initiative pose la question de la place de la jeunesse dans la compréhension et la défense des droits fondamentaux.

    Présidée par le président de la CNDH, la rencontre a permis aux étudiants d’échanger sur le rôle, les missions et les actions de l’institution en matière de promotion et de protection des droits de l’Homme au Togo. Une démarche qui permet de dépasser l’enseignement théorique pour confronter les futurs acteurs de la vie publique aux mécanismes institutionnels chargés de défendre les droits fondamentaux.

    Comprendre les institutions pour mieux agir

    Pour les étudiants de l’EJP, cette immersion constitue d’abord une occasion de mieux comprendre le fonctionnement de la CNDH et les mécanismes qu’elle met en œuvre pour contribuer à la protection des citoyens. Elle offre également un espace de dialogue direct avec les responsables de l’institution, favorisant le partage d’expériences.

    L’enjeu est particulièrement important pour une école consacrée à la formation de jeunes politiques. La connaissance des droits de l’Homme, de la citoyenneté et de la gouvernance ne peut en effet se limiter aux textes et aux enseignements académiques. Elle suppose également une compréhension concrète du rôle des institutions et de leurs responsabilités.

    Une passerelle entre jeunesse et institutions

    Cette visite traduit ainsi une volonté de rapprocher les jeunes des institutions qui participent à la construction de la vie démocratique. Pour la CNDH, elle constitue aussi un moyen de sensibiliser une nouvelle génération aux questions liées aux droits humains et à la citoyenneté.

    À travers ce type d’initiative, le dialogue institutionnel avec la jeunesse apparaît comme un levier de formation citoyenne. Il permet aux étudiants de mieux appréhender les enjeux auxquels ils pourraient être confrontés demain en tant qu’acteurs de la vie publique et du développement du pays.

    La visite de l’EJP à la CNDH rappelle finalement qu’une jeunesse appelée à jouer un rôle dans la gouvernance doit aussi connaître les institutions, comprendre les droits fondamentaux et être capable de les intégrer dans sa réflexion sur le développement durable.

  • Traite des Togolais vers le Moyen-Orient : une enquête révèle les rouages d’un réseau d’exploitation

    Traite des Togolais vers le Moyen-Orient : une enquête révèle les rouages d’un réseau d’exploitation

    Des promesses d’emploi se transforment, pour de nombreux Togolais, en un véritable cauchemar au Moyen-Orient.

    Une enquête publiée par Afrique XXI met en lumière les mécanismes d’un réseau de traite d’êtres humains qui envoie des jeunes Togolais, principalement des femmes, vers des pays du Moyen-Orient où ils sont confrontés à des conditions de travail assimilées à de l’exploitation.

    Le reportage retrace notamment le parcours de « Christelle », une jeune Togolaise partie à Oman avec l’espoir d’améliorer sa situation financière. Une fois arrivée, son passeport lui est confisqué et elle est soumise à des journées de travail particulièrement longues, sans réelle possibilité de quitter son employeur. Son témoignage illustre les pratiques dénoncées par plusieurs victimes ayant travaillé dans des pays du Golfe.

    L’enquête décrit un système organisé faisant intervenir des intermédiaires chargés de recruter les candidats au départ, de faciliter les formalités administratives et de les mettre en relation avec des familles d’accueil ou des agences étrangères. Selon les auteurs, certains acteurs disposeraient de relais influents, ce qui contribuerait à la pérennité de ces réseaux malgré les alertes répétées d’organisations de défense des droits humains.

    Face à cette situation, des associations togolaises, dont le Mouvement Martin Luther King (MMLK), poursuivent leurs actions pour secourir les victimes et sensibiliser les candidats à l’émigration aux risques liés aux filières clandestines. L’enquête relance ainsi le débat sur le renforcement des mécanismes de protection des travailleurs migrants et sur la lutte contre la traite des êtres humains.

  • Droits humains : l’ASVITTO dénonce un recul malgré les réformes

    Droits humains : l’ASVITTO dénonce un recul malgré les réformes

    À quelques mois du quatrième cycle de l’Examen périodique universel (EPU), l’ASVITTO et des journalistes ont passé en revue les engagements du Togo en matière de lutte contre la torture, soulignant des avancées juridiques mais aussi des préoccupations persistantes quant à leur application effective.

    À la veille de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, célébrée chaque 26 juin, l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO), avec l’appui d’Amnesty International, a réuni ce 25 juin à Lomé des défenseurs des droits humains et des journalistes pour faire le point sur la mise en œuvre des engagements du Togo en matière de lutte contre la torture. Une rencontre marquée par une évaluation critique des recommandations formulées lors du troisième cycle de l’Examen périodique universel (EPU) en 2022.

    L’initiative intervient dans un contexte où les organisations de la société civile préparent déjà leurs contributions pour le quatrième cycle de l’EPU, prévu en janvier 2027. Pour l’ASVITTO, il était important d’associer les professionnels des médias à cette réflexion afin de recueillir leurs observations sur le respect des engagements internationaux du pays.

    « En tant qu’organisation de la société civile, nous avons commencé le processus d’élaboration des rapports alternatifs et voulu partager, avec les journalistes, nos préoccupations par rapport à la mise en œuvre de ces recommandations », a expliqué Kao Atcholi, ancien président du Conseil d’administration de l’ASVITTO, récemment nommé directeur exécutif de l’organisation.

    Les recommandations adressées au Togo en matière de prévention de la torture et d’amélioration des conditions de détention étaient au nombre de vingt-quatre. Selon l’ASVITTO, plusieurs avancées ont été enregistrées sur le plan juridique. L’organisation cite notamment la nouvelle loi organique relative à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), l’intégration du Mécanisme national de prévention de la torture ainsi que la criminalisation formelle de la torture dans le nouveau Code pénal, qui en consacre également l’imprescriptibilité.

    Cependant, ces progrès législatifs ne se traduiraient pas suffisamment dans la pratique. « Depuis que le cadre juridique a été institué, on a eu un semblant de mise en œuvre ; mais il y a eu un grand recul dans la mise en pratique des engagements pris pour la prévention de la torture », a regretté Kao Atcholi. Il évoque notamment les événements survenus en 2025, au cours desquels des allégations d’actes de torture sur des manifestants, y compris des femmes et des enfants, ont été rapportées par plusieurs organisations de défense des droits humains.

    Au-delà de l’évaluation des engagements du Togo, la rencontre a également permis de renforcer les capacités des participants sur les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux de protection des droits humains. Les organisateurs ont insisté sur les principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance qui guident les actions de plaidoyer en faveur des victimes.

    À quelques mois du prochain examen du Togo devant les instances onusiennes, l’ASVITTO entend poursuivre son travail de veille afin que les engagements pris sur la scène internationale se traduisent davantage par des résultats concrets pour les citoyens

  • CNDH : hommage appuyé à Koffi Alikizang après 22 années de service

    CNDH : hommage appuyé à Koffi Alikizang après 22 années de service

    Après plus de 22 années de service à la CNDH, Koffi Alikizang a reçu un hommage empreint d’émotion et de reconnaissance à l’occasion de son départ à la retraite.

    À l’occasion du départ à la retraite de Monsieur Koffi Alikizang, Directeur de la planification et du suivi-évaluation, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) lui a rendu un hommage solennel pour plus de vingt-deux années de loyaux et précieux services au sein de l’institution.

    La cérémonie, présidée par Me Kwao Ohini Sanvee, président de la CNDH, s’est déroulée dans une atmosphère chargée d’émotion et de reconnaissance. Elle a réuni les vice-présidents, les commissaires ainsi que l’ensemble du personnel de l’institution, venus saluer le parcours remarquable d’un collaborateur dont l’engagement a contribué au rayonnement et à l’efficacité de la Commission.

    Dans leurs différentes interventions, les responsables de la CNDH ont souligné le professionnalisme, la rigueur et le sens du devoir qui ont caractérisé le parcours de M. Alikizang. Son expertise en matière de planification et de suivi-évaluation a été unanimement reconnue comme un atout majeur dans la mise en œuvre des missions de promotion et de protection des droits de l’homme au Togo.

    Très ému, le désormais retraité a exprimé sa gratitude envers la Commission et ses collègues pour les années de collaboration et de confiance partagée. Cette cérémonie a ainsi marqué la fin d’une carrière exemplaire et l’ouverture d’un nouveau chapitre de vie pour ce serviteur dévoué de la CNDH

  • Handicap : un vote historique à l’Assemblée

    Handicap : un vote historique à l’Assemblée

    Le Togo renforce son engagement en faveur de l’inclusion avec la ratification d’un protocole africain protégeant davantage les droits des personnes handicapées.

    Une nouvelle étape est franchie dans la promotion des droits humains des personnes vivants avec un handicap à travers l’adoption définitive du projet de loi autorisant la ratification du protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique. À travers ce vote, le Togo affiche sa volonté de renforcer l’inclusion sociale et juridique des personnes vivant avec un handicap.

    La décision a été prise vendredi au cours de la deuxième séance plénière de la première session ordinaire de l’année 2026, sous la présidence de Komi Selom Klassou. La séance s’est tenue en présence du ministre chargé des Relations avec le Parlement, Gilbert Bawara, ainsi que de la ministre de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la Femme, Martine Moni Sankaredja-Sinandja.

    Déjà validé par les deux chambres du Parlement dans le cadre de la procédure de navette parlementaire, ce texte vient consolider les engagements du Togo en faveur des droits des personnes handicapées. Le protocole africain vise à adapter la protection juridique des personnes vivant avec un handicap aux réalités sociales, économiques et culturelles du continent africain, où les défis liés à l’inclusion demeurent importants.

    Pour les autorités togolaises, cette ratification représente bien plus qu’une formalité diplomatique. Elle constitue un signal politique fort en faveur d’une société plus équitable. Selon la ministre Martine Moni Sankaredja-Sinandja, ce protocole complète les instruments internationaux déjà ratifiés par le Togo et reconnaît pleinement les personnes handicapées comme des sujets de droits à part entière, capables de participer pleinement à la vie sociale, économique et politique.

    Le document prévoit plusieurs avancées majeures. Il met l’accent sur le droit à une éducation inclusive et accessible, l’accès équitable aux soins de santé, l’intégration dans le monde du travail ainsi que l’accès à la justice. Il insiste également sur la nécessité de protéger les personnes handicapées contre toutes formes de violences, de marginalisation et de discriminations.

    Cette ratification intervient dans un contexte où les organisations de défense des droits humains plaident pour des politiques publiques plus inclusives sur le continent. Au Togo, plusieurs associations œuvrant dans le domaine du handicap réclament depuis des années un meilleur accès aux infrastructures publiques, aux services sociaux et aux opportunités professionnelles.

    Avec cette adoption, le Parlement togolais envoie un message clair : la question du handicap doit désormais être pleinement intégrée dans les politiques de développement et dans la construction d’une société plus inclusive.


  • Togo–Sahel : ces critiques qui jettent une ombre sur l’ambition diplomatique

    Togo–Sahel : ces critiques qui jettent une ombre sur l’ambition diplomatique

    Les critiques d’Alioune Tine rappellent que la crédibilité d’un rôle de médiateur ou de facilitateur peut aussi être scrutée à l’aune de la situation interne du pays.

    Alors que le Togo affiche sa volonté de « servir de pont » entre les pays du Sahel et la communauté internationale, cette posture suscite des réactions critiques dans certains cercles de la société civile africaine. Parmi les voix les plus remarquées figure celle d’Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center, qui a exprimé ses réserves sur les réseaux sociaux.

    En effet, dans un message publié sur son compte X (ex-Twitter), le défenseur des droits de l’homme décrit le Togo comme un pays où s’installerait une forme de « monarchie » de fait. Il évoque un « pouvoir à vie qui ne dit pas son nom » et critique l’absence d’alternance politique depuis plusieurs décennies. Selon lui, cette situation s’accompagnerait d’une « érosion continue de l’État de droit, des libertés fondamentales et des droits humains ». Des propos particulièrement sévères, qui traduisent une lecture critique de la gouvernance togolaise.

    Alioune Tine met également en doute la portée des initiatives diplomatiques du pays, notamment l’organisation d’événements internationaux. Il estime que ces rencontres pourraient contribuer à « distraire l’opinion », sans nécessairement répondre aux enjeux structurels liés à la gouvernance et aux droits humains. Ces affirmations, qui relèvent de son analyse personnelle, n’ont pas fait l’objet de réaction officielle publique au moment de la rédaction de cet article.

    Du côté des autorités togolaises, la stratégie visant à rapprocher le Sahel du reste du monde s’inscrit dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, politiques et économiques majeurs. Lomé multiplie les initiatives diplomatiques et les rencontres de haut niveau pour encourager le dialogue et la coopération. Cette ambition est présentée comme une contribution à la stabilité régionale et à la relance des partenariats internationaux.

    Toutefois, les critiques d’acteurs de la société civile, à l’image d’Alioune Tine, rappellent que la crédibilité d’un rôle de médiateur ou de facilitateur peut aussi être scrutée à l’aune de la situation interne du pays. Entre ambition diplomatique et exigences en matière de gouvernance, le débat reste ouvert.

    Dans ce contexte, les positions exprimées illustrent la diversité des perceptions autour du rôle que le Togo entend jouer sur la scène régionale. Elles soulignent également l’importance du dialogue entre institutions, société civile et partenaires internationaux pour renforcer la confiance et la cohérence des initiatives engagées.

  • CNDH : un rapport pour interpeller

    CNDH : un rapport pour interpeller

    Le rapport de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) n’élude pas les défis persistants, parmi lesquels figurent certaines insuffisances structurelles et des préoccupations liées à l’effectivité de certains droits.

    La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a franchi une étape clé dans son calendrier institutionnel. Ce lundi 20 avril 2026, son président, Me Kwao Ohini Sanvee, a remis officiellement le rapport d’activités 2025 au président de l’Assemblée nationale, le Professeur Komi Selom Klassou, lors d’une audience tenue au siège du Parlement.

    Cette démarche s’inscrit dans le strict respect des obligations légales qui régissent le fonctionnement de la CNDH. En effet, la loi impose à l’institution de présenter annuellement le bilan de ses activités devant les représentants de la Nation, à travers la commission des droits de l’homme de l’Assemblée nationale.

    « Nous avons posé ce matin un acte qui relève de notre devoir légal », a déclaré Me Sanvee à l’issue de la rencontre. Selon lui, ce rapport constitue une synthèse complète des actions menées par la Commission au cours de l’année écoulée, dans le cadre de ses missions de protection et de promotion des droits humains.

    Le document met en exergue les progrès réalisés au Togo en matière de droits fondamentaux. Il souligne notamment les efforts consentis dans la sensibilisation, le traitement des plaintes et la collaboration avec les institutions publiques. Toutefois, il n’élude pas les défis persistants, parmi lesquels figurent certaines insuffisances structurelles et des préoccupations liées à l’effectivité de certains droits.

    Au-delà du constat, la CNDH formule également une série de recommandations destinées à améliorer le cadre national de protection des droits de l’homme. Ces propositions visent à renforcer les mécanismes existants et à encourager une meilleure appropriation des normes par les différents acteurs.

    La prochaine étape consistera en une présentation détaillée du rapport devant la commission parlementaire compétente. Ce passage permettra un examen approfondi du document et ouvrira la voie à d’éventuelles discussions sur les réformes à envisager.

    À travers cette remise officielle, la CNDH et l’Assemblée nationale réaffirment leur volonté commune de consolider l’État de droit et de promouvoir une culture durable des droits de l’homme au Togo.

  • Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Togo : arrestation de responsables étudiants, activistes et défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025

    Ce qui suit est basé sur une communication écrite par la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains et d’autres experts des Nations Unies et transmise au Gouvernement du Togo le 18 novembre 2025. La communication est restée confidentielle pendant 60 jours afin de permettre au Gouvernement de répondre. Malheureusement, le Gouvernement n’a pas répondu dans ce délai. Si une réponse est reçue, elle sera publiée dans la base de données des procédures spéciales des Nations Unies .

    Depuis l’envoi de la communication, dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, les autorités togolaises ont libéré dix défenseurs des droits humains, parmi lesquels Yawo ATITSO, Abdoul Zoulkaneini LAMBONI, Armand AGBLEZE, Oséi AGBAGNO, Junior Yao Mario ZODJI, Chimène Akou APEVON et Julien Komandéga KATAKA, dont les cas avaient été traités dans cette communication. Tous les défenseurs des droits humains libérés demeurent sous contrôle judiciaire et sont soumis à une interdiction de voyager.

    CONTEXTE

    Sujet  : l’arrestation de responsables étudiants, d’activistes et de défenseurs des droits humains entre juin et septembre 2025, notamment M. Armand Agbleze , M. Osei Agbagno , M. Yawo Atitso , M. Julien Komandéga Kataka , M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni , Mme Chimène Akou Apevon , M. Mario Junior Zodji et M. Bertin Bandiangou .

    ALLÉGATIONS

    M. Armand Agbleze et M. Osei Agbagno sont des militants étudiants et membres de la Synergie des Élèves et Étudiants du Togo (SEET), une organisation de défense des droits des étudiants, et de Tournons La Page Togo (TLP–Togo), une organisation promouvant la démocratie et les droits humains. Tous deux ont publiquement appelé à la libération d’un défenseur des droits humains et poète détenu arbitrairement depuis janvier 2025. Le 22 août 2025 vers 21 h 00, M. Agbleze et M. Agbagno ont été interpellés par des personnes en civil et utilisés de force dans un local du Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC), une unité de la Gendarmerie nationale placée sous l’autorité du Ministère de la Sécurité. Ils ont été poursuivis pour troubles aggravés à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République. Sur la base de ces charges, M. Agbleze et M. Agbagno ont été transférés à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025, où ils sont détenus depuis.

    À la suite de leur arrestation, des personnes associées à M. Agbleze et M. Agbagno ont également été visées. Parmi elles figurent une avocate togolaise, Mme Chimène Akou Apevon, le secrétaire général de la SEET, M. Yawo Atitso, M. Abdoul Zoulkaneini Lamboni, membre actif de la SEET, et M. Julien Komandéga Kataka, membre du Mouvement Martin Luther King. Mme Apevon a été arrêtée le 28 août 2025 et transférée à la Maison d’Arrêt Civile de Lomé le 2 septembre 2025. M. Atitso et M. Lamboni ont été arrêtés le 3 septembre 2025, et M. Kataka le 8 septembre 2025. Mme Apevon, M. Atitso, M. Lamboni et M. Kataka font l’objet des mêmes accusations que M. Agbleze et M. Agbagno : trouble aggravé à l’ordre public, incitation à la révolte, atteinte à la sécurité intérieure de l’État et déstabilisation des institutions de la République.

    M. Bertin Bandiangou, président de la SEET, est un défenseur de longue date des droits des étudiants et des droits civiques. Le 19 avril 2024, à la suite de déclarations publiques critiquant le gouvernement, l’Université de Lomé l’a convoqué en vue de son expulsion. Des manifestations d’étudiants ont empêché son expulsion. Le 30 juin 2024, M. Bandiangou a tenu des propositions publiques dénonçant les mauvaises conditions de vie et d’étude des étudiants togolais lors d’une manifestation à Lomé. La nuit suivante, une trentaine d’hommes armés et masqués sont entrés de force dans la maison de son père dans le nord du pays. Son père a été arrêté et détenu pendant dix jours. Le 6 juin 2025, M. Bandiangou et un camarade étudiant, M. Mario Junior Zodji, ont été arrêtés lors de manifestations contre la répression gouvernementale à l’encontre de dissidents, la crise du coût de la vie et des modifications de la Constitution qui pourraient permettre au président du Conseil des ministres, Faure Gnassingbé, de demeurer au pouvoir indéfiniment. M. Bandiangou a été libéré le 9 juin 2025, tandis que M. Zodji reste détenu. Lorsque M. Agbleze et M. Agbagno ont été arrêtés le 22 août 2025, M. Bandiangou s’est retrouvé à Ouagadougou pour le 32e congrès ordinaire de l’Union Générale des Étudiants Burkinabè (UGEB). Depuis lors, il est porté disparu et se cache par crainte d’être arrêté et détenu par les autorités togolaises.

    PRÉOCCUPATIONS

    Dans cette communication, nous exprimons notre vive inquiétude concernant l’arrestation d’étudiants, de syndicalistes, d’activistes et de défenseurs des droits humains en représailles de leur protection et promotion pacifiques et légitimes des droits humains, en particulier leur défense des droits des étudiants. Les violations signalées à la rencontre des membres de la société civile constatées pourraient également constituer des atteintes aux droits à la liberté, à un procès équitable et à la liberté d’expression et d’association.

    Nous sommes également préoccupés par le fait que la persécution systématique, les arrestations et la détention de responsables étudiants et de défenseurs des droits humains, ainsi que les représailles signalées à la rencontre de leurs proches et des personnes associées aux défenseurs des droits humains, ont un effet dissuasif sur la liberté de la société civile au Togo et contraignent les activistes à se cacher ou à s’exiler.

    Source: https://srdefenders.org

  • Amélioration des conditions de détention au Togo : La CNDH procède à la remise officielle d’un guide pratique destiné aux surveillants de l’administration pénitentiaire

    Amélioration des conditions de détention au Togo : La CNDH procède à la remise officielle d’un guide pratique destiné aux surveillants de l’administration pénitentiaire

    Les locaux du ministère des droits de l’homme ont servi de cadre ce 11 décembre 2025 à une cérémonie solennelle de remise d’un guide à l’usage des surveillants de l’administration pénitentiaire(SAP) du Togo.

    Elaboré par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), agissant au titre du Mécanisme National de Prévention de la torture (MNP), avec le soutien  du fonds spécial OPCAT, ce guide vise à outiller les surveillants pénitentiaires (SAP) du Togo pour :

    • garantir le respect des droits humains en détention ;
    • prévenir la torture, les abus et les mauvais traitements ;
    • améliorer la gestion humaine, sécurisée et efficace des établissements pénitentiaires.

    Présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des droits humains en présence du Président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la cérémonie a rassemblé des responsables du ministère de la justice et de droits humains, de la CNDH, de l’administration pénitentiaire, du commandement du corps des SAP ainsi que plusieurs surveillants de l’administration pénitenatiaire.

    Dans son allocution, le Ministre de la Justice Me ADJOUROUVI Pacôme a salué « un outil essentiel qui contribuera à l’amélioration de la gouvernance pénitentiaire, au renforcement des capacités des surveillants et à la promotion du respect de la dignité humaine au sein des lieux de privation de liberté ». Il a rappelé l’engagement du Togo à poursuivre les réformes engagées dans le secteur de la justice et à mettre en œuvre les standards internationaux en matière de détention.3

    Le Président de la CNDH Monsieur SANVEE Ohini Kwao a, pour sa part remercié le ministre pour sa disponibilité et sa sollicitude habituelle à l’endroit de la CNDH. Il a invité tous les responsables des lieux de privation de liberté à s’approprier le guide qui leur est destiné afin de renforcer l’image du Togo en matière des droits de l’homme en général et des droits des détenus en particulier.

    Le nouveau guide, élaboré avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux, fournit des orientations pratiques sur :

    • la gestion humaine et sécuritaire des personnes détenues ;
    • les procédures disciplinaires ;
    • la prévention de la torture et des traitements inhumains ;
    • les droits fondamentaux des personnes privées de liberté ;
    • la gestion des situations d’urgence et des incidents en milieu carcéral ;
    • l’éthique professionnelle et la déontologie du surveillant.

    Pour leur part, le commandant du corps des SAP et le Directeur de l’administration pénitentiaire ont tour à tour souligné que « ce guide vient répondre à un besoin de formation continue et d’unification des pratiques ». Ils ont également salué le dévouement des surveillants et les ont exhortés à s’approprier pleinement le document.

    La cérémonie s’est achevée par la remise symbolique du guide au commandant du corps des surveillants de l’administration pénitentiaire.

    Des sessions de formation et de vulgarisation sont annoncées dans les prochaines semaines afin d’assurer une mise en œuvre harmonieuse du document.

    Avec ce nouvel outil, l’administration pénitentiaire togolaise renforce son professionnalisme et confirme sa volonté d’inscrire la gestion carcérale dans une approche centrée sur la dignité humaine et la réinsertion.

  • Jugements coutumiers: les têtes couronnées adoptent la Déclaration de Sokodé

    Jugements coutumiers: les têtes couronnées adoptent la Déclaration de Sokodé

    Les chefs traditionnels ont pris une décision importante en matière de règlement ou de résolution de conflits. Elle a pour nom la Déclaration de Sokodé.

    Dans le tableau de la protection des droits de l’homme en terre togolaise, les chefs traditionnels devront désormais prendre en compte les droits de l’homme dans les jugements coutumiers.

    Il s’agit de la conclusion d’une rencontre d’échanges sur la prise en  compte des droits de l’homme dans les pratiques traditionnelles, organisée à Sokodé, sous la supervision de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).

    Cette rencontre a permis aux participants – têtes couronnées – d’adopter une approche basée sur la protection et la promotion des droits de l’homme dans le règlement des heurts dans leur communauté.

    De ce rendez-vous est né ce qui est désormais appelé la Déclaration de Sokodé dont voici la teneur.

    DECLARATION SOLENNELLE DES CHEFS TRADITIONNELS DU TOGO SUR LEUR ENGAGEMENT EN FAVEUR DES DROITS DE L’HOMME AU TOGO

    dite, « Déclaration de SOKODE »

    Nous, Chefs traditionnels du Togo, garants des us et coutumes, réunis en atelier d’échange organisé par la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) à Sokodé le 24 octobre 2025, sur la prise en compte des Droits de l’homme dans les jugements et pratiques traditionnels et culturels ;

    • Considérant que les droits de l’homme sont universels, inaliénables et inhérents à toute personne, sans distinction d’origine, de sexe, de religion, d’ethnie ou de condition sociale ;
    • Reconnaissant que nos traditions et nos valeurs culturelles placent l’être humain, la dignité et la solidarité au cœur de la vie communautaire ;
    • Rappelant notre rôle de veille à l’harmonie, à la cohésion sociale, à la justice coutumière, à la paix et au vivre ensemble au sein de nos communautés ;
    • Considérant la déclaration des chefs traditionnels à Notsè et à Togblékopé sur les pratiques sociales et culturelles néfastes affectant les enfants au Togo ;
    • Conscients que le respect des droits de l’homme contribue au développement harmonieux, à la stabilité et l’épanouissement des populations ;

    Déclarons solennellement ce qui suit :

    1. Nous nous engageons à promouvoir, dans l’exercice de nos responsabilités traditionnelles, le respect de la dignité humaine, l’égalité entre tous et la justice ;
    • Nous condamnons toute forme de discrimination, de violence, d’exclusion sociale, de pratiques néfastes aux droits fondamentaux, et nous travaillerons à leur élimination progressive dans nos communautés ;
    • Nous nous engageons à protéger les personnes vulnérables, en particulier les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap ;
    • Nous nous engageons à contribuer à la prévention et au règlement pacifique des conflits, dans le respect des droits de chaque individu ;
    • Nous soutenons les actions de la Commission nationale des droits de l’homme, de l’Etat et de la Société civile en faveur de la promotion et de la protection des droits humains ;
    • Nous nous engageons fermement à sensibiliser nos populations afin que les droits de l’homme deviennent une réalité vécue au quotidien dans  nos unités administratives respectives.

    A cet effet, nous, chefs traditionnels du Togo, adoptons et signons la présente Déclaration, comme témoignage de notre ferme engagement en faveur du respect et de la promotion des Droits de l’homme.

                                                               Fait à Sokodé, le 24 octobre 2025

                                                                 Les Chefs traditionnels du Togo ;

                                                                 Le Président du Conseil National de

                                                               la Chefferie Traditionnelle

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