Étiquette : Droits de l’homme

  • Manifestations de juin au Togo : dans la discrétion, la CNDH a mouillé le maillot

    Manifestations de juin au Togo : dans la discrétion, la CNDH a mouillé le maillot

    Lors des manifestations des 26, 27 et 28 juin au Togo, loin des micros et des caméras, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a joué sa partition, celle de s’employer à ce que l’essentiel soit sauvegardé.

    Rapport étape

    Attendu dans certains milieux de défense des droits de l’homme,  le rapport d’étape lié à la situation des droits de l’homme après qu’une partie des Togolais ont manifesté contre le pouvoir en place ces 26, 27 et 28 juin 2025 à Lomé et dans ses environs est prêt en partie. Le document à mi-parcours a été remis à Kodjo Adédzé, le président de l’Assemblée nationale.

    « Ce rapport d’étape élaboré conformément à son mandat de promotion, de protection des droits de l’homme et de prévention de torture et autres formes  de traitements cruels, inhumains et dégradants, présente les constats provisoires, les préoccupations relevées ainsi que  les recommandations formulées à l’endroit de tous les acteurs en vue de garantir le respect des droits fondamentaux de tous les  concitoyens », indique un communiqué officiel dont Reanouveau228 dispose d’une copie.

    Selon toujours ladite note signée par Me Kwa Ohini Sanvee, la Commission nationale des droits de l’homme rappelle que les droits de l’homme « ne peuvent prospérer dans un climat de violence généralisée mais plutôt avec une culture de respect mutuel et de tolérance ».

    Au moins sept morts

    Et la CNDH d’ajouter qu’elle reste déterminée  « à poursuivre avec professionnalisme la  documentation des allégations de violation des droits de l’homme afin que la (toute) lumière soit faite sur les cas avérés ».

    Si l’institution appelle les uns et les autres  à privilégier le dialogue, le respect de la loi, accorder une importance capitale à la préservation de la paix, il faut dire que les dernières manifestations des contestations du régime en place ont fait au moins officiellement sept (7) décès, dus à la répression des forces de l’ordre et de défense. Avec le soutien des milices, dit-on.

    Mission

    Sous le sceau de la discrétion – c’est l’impression que beaucoup ont -, la Commission a pu visiter les lieux de détention et de garde-à-vue lors des manifestations et identifier en concertation avec les familles et les proches des victimes. Des organisations de défense des droits de l’homme aussi l’ont saisie dans ce sens.

    En réalité, conformément à sa mission de promotion et de protection des droits de l’homme, ainsi que le mécanisme national de prévention de la torture, la CNDH a pu se rendre dans tous les lieux de privation de liberté, permettant ainsi aux familles et proches des gardés-à-vue de visités ces derniers.

    Limité ?

    Beaucoup des proches et familles des victimes, grâce à la Commission, ont vu leur conseil avoir également accès à ces lieux de privation de liberté.

    Grâce à la CNDH, certains qui ont sollicité leurs avocats en ont eu accès. Il se susurre que certains détenus ont dû voir leurs conditions de détention améliorées suite à la visite de l’institution.

    Si certains disent que la Commission aurait abattu un travail colossal, il faut dire qu’elle n’est pas à même de rendre publiques ses actions sur le terrain. Tout simplement parce que la loi ne le lui en permet pas bien qu’on la trouve indifférente ou absente quand les droits de l’homme sont violés ou bafoués. Le contraste reste que les plus virulentes critiques proviendraient de ceux qui la saisissent après tout. A suivre !!!

  • Au Togo, la Prison civile de Lomé est «un vrai mouroir»

    Au Togo, la Prison civile de Lomé est «un vrai mouroir»

    Série · Dans « Prisons et passé colonial », nous explorons les liens encore vivaces entre les réalités pénitentiaires sur le continent africain et la colonisation. Au Togo, la Prison civile de Lomé est un bâtiment inadapté qui date de l’époque coloniale. Dans des cellules vétustes et surpeuplées, où s’allonger est parfois impossible, des détenus meurent faute de soins. Cette enquête a été réalisée en partenariat avec le consortium Togo Reporting Post.

    « C’est l’enfer sur terre. Sortir vivant de cette prison est un miracle », se souvient avec douleur John (le prénom a été modifié), libéré il y a environ un an de la prison civile de Lomé. Surpopulation carcérale, chaleur suffocante, manque d’hygiène, de soins de santé et mauvaise nourriture : au Togo, être détenu dans l’une des quatorze maisons d’arrêt civiles relève du calvaire.

     En 2019, le Comité contre de la torture des Nations Unies demandait aux autorités togolaises de « fermer définitivement et sans délai la prison de Lomé et de concevoir un plan général sur la situation des établissements pénitentiaires au Togo. » Pour l’ONU, les conditions de détention en prison et dans les lieux de garde à vue au Togo ne sont pas conformes à « l’ensemble de règles minima pour le traitement des détenus. »

    En novembre 2024, un jeune homme emprisonné pour une dette meurt à Lomé deux semaines seulement après son incarcération, selon Kao Atcholi, président de l’Association des victimes de torture (Asvitto), joint par Afrique XXI. En février, Karrou Wawim, arrêté lors des manifestations de l’opposition en 2018 et considéré comme un prisonnier politique par des organisations de la société civile, est décédé suite à un mauvais suivi médical. Ses avocats affirment qu’il a été torturé lors de sa garde à vue. Pour l’Asvitto, « entre 2020 et 2025, onze personnes victimes de la torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants » ont trouvé la mort en prison.

    Les personnes enfermées sont par ailleurs exposées quotidiennement à des maladies de la peau, de l’estomac, à des bronchites, des hépatites, ou même à des épidémies comme la gale. Dans la prison de Lomé, une infirmerie est tout de même ouverte en journée. Un détenu malade doit alerter ses « chefs bâtiments », qui à leur tour préviennent les gardiens. Si besoin, il peut être évacué dans un hôpital de la ville pour d’autres soins.

    L’eau du forage est polluée

    En revanche, la plupart des centres de détention du Togo n’ont tout simplement pas de centre de santé. Dans ce cas, les seuls soins apportés sont le fait du personnel médical qui se déplace certains jours pour venir voir les détenus, ou de gardes pénitentiaires qui ont reçu une formation basique au métier d’infirmier. Dans tous les cas, une majeure partie des coûts est prise en charge par les détenus.

    Certaines associations financent des médicaments et des traitements, ou aident les centres de détention à éliminer des épidémies comme la gale. C’est le cas du Collectif des associations contre l’impunité au Togo (Cacit), qui plaide auprès d’Afrique XXI pour que « chaque prison possède des infrastructures en termes de soins et que les détenus soient totalement pris en charge ». 

    Jusqu’à l’épidémie de Covid-19, les détenus ne bénéficiaient que d’un repas par jour. Les prisonniers avec de la famille à l’extérieur ou un peu d’argent pouvaient améliorer leur quotidien. Depuis la crise sanitaire, alors que les familles étaient dans l’impossibilité de se rendre à la prison, les autorités ont consenti à servir deux repas par jour. En revanche, selon les anciens détenus, la qualité reste mauvaise et le contenu « bourratif ».

    S’hydrater est un autre défi : l’eau courante, fournie par la Société togolaise des eaux (TDE), ne fonctionne pas dans la prison de Lomé. Il faut payer pour se désaltérer, ou s’approvisionner à un forage directement connecté à la nappe phréatique. La pollution de Lomé s’y infiltre et la qualité de l’eau n’est pas contrôlée.

    Un taux d’occupation de 368 %

    Ces conditions d’hygiène s’ajoutent à la fatigue cumulée à cause des mauvaises conditions de repos. « Il n’y a pas de place pour dormir, témoigne à nouveau John. On est entassés comme des sardines, dans des cellules exiguës. Cela crée un sentiment d’étouffement et de mal-être constant. » La prison civile de Lomé, un bâtiment colonial civil transformé en 1969 en centre pénitentiaire, jouxte le tribunal et l’ambassade de France, en plein centre historique de la capitale togolaise. Ce centre de détention devrait accueillir 666 personnes maximum. Pourtant, à la date du 1er mars, il comptait 2 448 détenus, soit une surpopulation de 368 %, selon le Cacit. Le bâtiment des femmes est moins surpeuplé, avec un peu plus de 100 personnes pour 80 places d’après les données de mars 2025.

    Un ancien pensionnaire de l’établissement explique que sa cellule d’environ 6 mètres sur 4,5 mètres accueillait plus ou moins 70 détenus. Pendant la période de « nuit », qui débute à 17 heures et se termine à 6 heures, les prisonniers se relaient pour dormir : certains allongés, d’autres debout. « Ce n’est pas un lieu correctionnel mais un vrai mouroir », conclut John.

    Les détenus de la prison de Lomé ne peuvent pas s’allonger.

    Cette situation est nationale. Le taux moyen de surpopulation dans les prisons togolaises est de 222 %, explique le Cacit. Un chiffre qui prend pourtant en compte le nouveau centre de détention de Kpalimé, construit en 2017.

    « Ce n’est pas fait pour les humains. Quand j’y repense, ça me fait trop mal… », déplore un autre ex-détenu qui a demandé l’anonymat, tout juste sorti de la prison de Dapaong, dans le nord du Togo. « J’étais dans une cellule faite pour environ 45 personnes alors qu’on était 174 ! Toute la nuit, on était assis l’un en face de l’autre. Ceux qui n’avaient pas trouvé de place étaient debout. À cause de cela, beaucoup avaient des membres de leurs corps enflés… D’autres avaient des maladies dermatologiques… Et j’ai vu deux personnes mourir, dans mon bâtiment, visiblement par suffocation. Dans la nuit, quand la chaleur était insupportable, ou si un détenu tombait dans le coma, on faisait appel aux agents mais ils ne venaient à notre secours que quand on criait qu’il y avait un mort ! »

    « Le bâtiment de la mort »

    Au Togo, les températures oscillent quotidiennement autour des 30°C à l’extérieur, et atteignent presque les 40°C dans le nord du pays. Malheureusement, les prisons sont souvent conçues sans ventilation et avec des tôles, voire des dalles en guise de plafond. À tel point qu’à Dapaong, le bâtiment A, sous dalle, est surnommé « le bâtiment de la mort »… Les pensionnaires doivent se cotiser pour acquérir des ventilateurs – de même pour des télévisions ou tout autre produit du quotidien.

    L’un des moyens de supporter ce quotidien est de recourir aux drogues, qui circulent facilement entre les murs. « La prison a l’effet inverse du but recherché : elle n’est plus un centre de redressement mais de fabrication des délinquants », estime Kao Atcholi, le président d’Asvitto.

    Aujourd’hui réfugié en France, le journaliste Ferdinand Ayité, évoque des souvenirs douloureux de son passage à la maison d’arrêt de Lomé. Après dix jours de garde à vue puis une détention du 20 au 31 décembre 2021, son collègue Joël Egah et lui ont obtenu une liberté provisoire. Trois mois après sa sortie, Joël Egah a perdu la vie.

    « On était encore dans les mesures Covid, donc nous avons été placés dans une cellule annexe, comme en quarantaine. L’espace était de 40 m2 environ, mais on était en tout 76 personnes. On devait rester H24 accroupis, même pour dormir ! Toute la journée, sauf pour se doucher le matin ! Les prisonniers étaient mélangés : il y avait des assassins, des braqueurs, des délinquants, des récidivistes… Et nous deux, des journalistes ! On était totalement isolés, fermés à double tour, et seuls des petits trous servaient de lumière et d’aération… »

    « On était nus dans la cour »

    « Dans la cellule, il y avait juste un WC qui n’avait pas d’eau pour chasser les besoins. Le matin, à 5 heures, les gardiens ouvraient et sortaient les gens par vague de dix, pour prendre une douche de deux minutes chacun. On était nus, tous, dans la cour, les gardes étaient munis d’armes et nous entouraient, assistés de prisonniers “chefs bâtiments”, avec des gourdins… Ils vous criaient dessus, ils vous insultaient pour faire vite. Puis on vous remettait dans la cellule, et c’était la seule sortie de la journée. J’y suis resté en tout six jours avant d’être testé non positif à la Covid, suite à quoi j’ai été envoyé dans une autre cellule de la prison, moins peuplée. »

    Pour expliquer la situation carcérale précaire et surtout la surpopulation, les défenseurs des droits humains, comme la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) en mai, dénoncent notamment le recours abusif aux détentions préventives. Au Togo, entre 50 % et 60 % des détenus sont en attente d’être jugés, d’après le Cacit et la CNDH. Selon le Code pénal togolais, un prisonnier peut passer jusqu’à la moitié d’une peine encourue en détention préventive, sans procès, que ce soit pour un délit ou un crime. Et il arrive que des mandats de dépôt dépassent leur durée légale. Dans ces cas, les prisonniers devraient être automatiquement libérés mais cette disposition est rarement appliquée.

    Plusieurs associations comme le Cacit ou Asvitto ont donc développé une assistance juridique pour retrouver et accélérer des dossiers en justice, libérant ainsi des pensionnaires retenues abusivement. Une des causes du retard dans le traitement des dossiers est le manque de magistrats au Togo, en comparaison avec le nombre de prisonniers. Qui plus est, les assises criminelles ont lieu seulement deux fois par an. Même en matière civile, les juges sont souvent débordés.

    Des conditions de détention « inhumaines »

    « Personne ne devrait être enfermé dans de telles conditions, car cela ne fait qu’aggraver la situation au lieu de favoriser la réinsertion », estime John. Face à la misère des maisons d’arrêt togolaises, les défenseurs des droits humains s’alarment et listent des recommandations. « Il faut mettre en œuvre les injonctions du Comité contre la torture : fermer la prison de Lomé et mettre en place le plan de gestion des prisons demandé par le l’ONU », souligne Ghislain Nyaku, le directeur exécutif du Cacit. Il insiste : les conditions de détention au Togo sont « inhumaines ».

    L’ONU a aussi enjoint le Togo à « doter les établissements pénitentiaires de personnel qualifié et formé en suffisance, y compris médical et à « réduire la surpopulation carcérale en privilégiant les mesures alternatives à la détention ».

    Le Cacit pousse également pour l’adoption du nouveau code de procédure pénale, qui prévoit notamment des peines alternatives. Le Cacit ou Asvitto préconisent par exemple des travaux d’intérêt général pour les délits mineurs, ce qui réduirait la surpopulation. Asvitto plaide aussi pour que toute personne qui entre en prison connaisse la date de sa prochaine comparution. Enfin, la société civile organise régulièrement des formations sur la prévention de la torture et sur les conventions internationales à destination des acteurs de la justice et des services pénitentiaires.

    De leur côté, les pouvoirs publics prévoient avant tout la construction de nouveaux bâtiments. En 2017 a été inaugurée la nouvelle prison à Kpalimé. Elle atteindrait les normes pénitentiaires internationales, si elle n’était pas, elle aussi, surpeuplée. Le Togo a également ouvert un Centre d’accès au droit et à la justice pour les enfants et pour les jeunes soumis à une procédure judiciaire. D’ici 2026, les autorités souhaitent réhabiliter trois centres de détention (Dapaong, Notse et Aného).

    Autre mesure palliative : de plus en plus de grâces présidentielles ont pu désengorger les prisons ces dernières années. Afrique XXI a contacté le ministère de la Justice du Togo qui n’a pas réagi aux demandes d’interview.

    Une prison secrète pour djihadistes…

    Au Togo, certaines personnes ne sont pas retenues dans les quatorze prisons connues du pays. Il existe des lieux non conventionnels, comme le service de gendarmerie du Service central de recherches et d’investigations criminelles (Scric) qui détient l’activiste Jean-Paul Omolou, arrêté en 2021. S’y trouvent aussi, depuis août 2024, des membres de la famille de l’homme d’affaires décédé, Bertin Agba. Le 3 avril, la femme de ce dernier a été libérée et placée sous contrôle. Les sources proches des détenus au Scric expliquent que ces derniers n’ont pas le droit de sortir de leur cellule, sauf pour manger ou pour aller aux toilettes. « Ces conditions sont contraires aux droits des prisonniers », explique l’avocat de Jean-Paul Omolou, Me Darius Atsoo, tout en dénonçant ses difficultés à rendre visite à son client « malgré un arrêt de la Cedeao [Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest] demandant aux autorités d’autoriser les avocats de M. Omolou d’avoir accès à sa cellule ». D’autres détenus font l’objet d’un traitement particulier, comme le général Abalo Kadangha, condamné en mai 2023 à vingt ans de réclusion criminelle pour complot contre la sûreté intérieure de l’État. Il serait quant à lui dans une résidence surveillée, a appris Afrique XXI de sources proches du militaire. Enfin, selon plusieurs sources concordantes interrogées par Afrique XXI, une prison spéciale, dite « Kazaboua », proche de la ville de Sotouboua (région Centrale), accueille depuis plus de deux ans déjà les personnes considérées comme « terroristes », arrêtées dans le cadre de l’opération militaire Koundjoaré dans le nord du pays. Problème : cette maison d’arrêt pour « jihadistes » reste peu connue des acteurs judiciaires, les avocats n’y auraient pas accès et ces captifs n’auraient donc pas encore été jugés.

    Source: afriquexxi.info

  • Au Togo, Affectio, poète détenu et devenu un symbole pour l’opposition

    Au Togo, Affectio, poète détenu et devenu un symbole pour l’opposition

    Celui qui est surnommé « Affectio » a été arrêté le 12 janvier dernier après la publication d’un de ses poèmes sur les réseaux sociaux. D’après son conseil, la justice togolaise lui reproche d’avoir voulu appeler à la révolte.

    « Fais ta part ». C’est le nom du poème qui aurait entraîné l’incarcération du militant togolais Honoré Sitsopé Sokpor, aussi connu sous le nom d’ « Affectio ». Jeudi 24 avril, un collectif de partis politiques de l’opposition et de la société civile au Togo, le Front « Touche pas à ma Constitution », a demandé sa libération « immédiate ». Le 26 février dernier, la cour d’appel de Lomé avait rejeté la demande de mise en liberté provisoire de l’activiste.

    « Quand j’ai lu plusieurs fois le poème, je n’ai pas trouvé une seule ligne qui puisse justifier qu’on le jette en prison », a affirmé le porte-parole du Front, Nathaniel Olympio, à l’issue d’une conférence-débat sur le bilan des 20 ans de gestion du président Faure Essozimna Gnassingbé. « Nous demandons avec force sa libération immédiate et sans condition. »

    « C’est un cas révoltant. Il n’a pas sa place en prison. Il doit être libéré comme tous les détenus politiques. Il y en a une centaine au Togo », a ajouté le porte-parole. Le régime togolais a pourtant toujours nié la présence de détenus politiques dans les prisons du pays.

    Une incitation à la révolte ?

    « On reproche à Affectio d’avoir publié sur les réseaux sociaux le poème et d’inciter les Togolais à la révolte. Mais où se trouve l’incitation à la révolte dans le poème ? Ce n’est pas sérieux ce qui se passe dans notre pays », avait déclaré l’un des avocats d’Affectio en février dernier, Me Dodji Apévon.

    L’ONU s’inquiète également de la situation d’Honoré Sitsopé Sokpor : le 16 avril, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, Mary Lawlor, a demandé sa libération.

    « J’ai reçu des informations inquiétantes sur la détention prolongée du DDH [défenseur des droits de l’Homme] et poète togolais Honoré Sitsopé Sokpor, alias Affectio, depuis sa violente arrestation le 12 janvier 2025 pour avoir exercé son droit légitime à la liberté d’expression », a-t-elle écrit sur X, interpellant la diplomatie togolaise.

    Avec AFP

  • Togo-La CNDH réaccréditée au statut « A » de l’ONU

    Togo-La CNDH réaccréditée au statut « A » de l’ONU

    Le sous-comité d’accréditation des Nations Unies réaccrédite au statut « A » des institutions nationales des droits de l’homme la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Togo.

    C’est via un communiqué signé de son président, Me Kwao Ohini Sanvee, en date de ce vendredi 28 mars, que l’information est portée à la connaissance de l’opinion : la Commission nationale des droits de l’homme est réaccréditée au statut « A » des institutions nationales des droits de l’homme par le sous-comité de l’ONU.

    La décision a été prise après son examen le 18 mars 2O25 à Genève par le sous-comité d’accréditation.

    « …haute distinction »

    Si l’information réjouit dans les milieux des défenseurs des droits humains, c’est parce que, comme le souligne un communiqué officiel, « Le statut « A » est la plus haute distinction accordée à une institution nationale des droits de l’homme (INDH) ».

    En effet, la CNDH a été honorée parce qu’elle se conforme aux « principes de Paris qui régissent le fonctionnement des INDH », notamment « l’indépendance, l’impartialité, l’efficacité, dans la protection des droits fondamentaux ».

    Portée

    Créée en 1987, cette distinction est l’aboutissement de tout ce qu’elle a entrepris depuis sa naissance jusqu’aujourd’hui.

    « L’accréditation a ce statut permet à la CNDH de disposer d’une voix prépondérante au sein de l’alliance globale des INDH et de participer aux travaux des différents mécanismes internationaux et régionaux de protection des droits de l’homme. Ce statut intervient également dans les conditionnalités des partenaires techniques et financiers et des bailleurs de fonds », souligne le communiqué.

    Le document signé par Me Sanvee indique que « cette distinction acquise en l’an 2000 et conservée depuis lors, rappelle à la CNDH son devoir d’être aux côtés des populations et des autorités afin de mobiliser davantage d’efforts en faveur des droits humains ».

  • Togo: dans un rapport à l’ONU, la société civile dénonce les disparitions forcées et arrestations dans le Nord

    Togo: dans un rapport à l’ONU, la société civile dénonce les disparitions forcées et arrestations dans le Nord

    Le Comité des disparitions forcées des Nations unies tient actuellement sa 28ème session à Genève, du 17 mars au 4 avril 2025. À cette occasion, le Togo, ayant ratifié la convention en juillet 2014, soumet un rapport périodique sur la mise en œuvre de ses engagements en la matière. Plusieurs organisations de la société civile togolaise ont également envoyé leur propre rapport, complétant la version officielle. Celles-ci pointent notamment la situation dans le nord du pays, sous état d’urgence, les interpellations hors cadre légal et les disparitions forcées dénoncées à la suite des crises politiques qu’a traversées le pays.

    La société civile togolaise a remis son rapport au Comité des disparitions forcées de l’ONU. Elle y dénonce l’état d’urgence dans le nord, les interpellations arbitraires et les disparitions liées aux crises politiques.

    Plusieurs organisations, dont le Collectif des associations contre l’impunité au Togo (CACIT), s’intéressent particulièrement à la région des Savanes, dans l’extrême nord, placée sous état d’urgence sécuritaire depuis 2022 en raison de la menace terroriste. Elles évoquent quelques cas d’enlèvements de civils par des groupes armés non identifiés entre 2022 et 2023. Mais aussi des arrestations, notamment à Mandouri, où les proches des personnes interpellées restent sans nouvelles pendant de longues périodes.

    De plus, l’accès très restreint à la prison civile de Sotouboua, aménagée pour accueillir des personnes arrêtées dans le cadre d’enquêtes liées au terrorisme, constitue également une source d’inquiétude. Les visites des proches et des organisations y sont quasi impossibles.

    Des interpellations hors cadre légal

    Par ailleurs, la société civile mentionne les crises socio-politiques qu’a traversées le Togo. La Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJRR) aurait reçu une centaine de dépositions pour disparitions forcées. Or, à ce jour, soulignent les organisations togolaises, aucune information publique ne permet de savoir si des investigations ont été menées sur ces dossiers.

    Les organisations soulignent également certains cas d’interpellations qui s’apparenteraient à des disparitions forcées, car ne respectant pas le cadre légal. L’Association des victimes de la torture au Togo (Asvitto) cite notamment un cas précis : celui d’un fonctionnaire de la gendarmerie de Kara, disparu en août 2020 pendant son service. Sa famille demeure, jusqu’à ce jour, sans réponse.

    Contactées par RFI, les autorités togolaises n’ont pas donné suite.

    Source : rfi.fr/fr

  • Togo: poursuivi pour ses textes, le poète et activiste «Affectio» maintenu en détention

    Togo: poursuivi pour ses textes, le poète et activiste «Affectio» maintenu en détention

    La cour d’appel de Lomé a rejeté le 26 février la demande de mise en liberté provisoire du poète et activiste togolais « Affectio ». Il restera donc en détention jusqu’à son procès, une décision qui suscite de nombreuses réactions.

    « Affectio » a été interpellé et incarcéré à la prison civile de Lomé après la publication sur les réseaux sociaux d’un poème intitulé Fais ta part. Ce texte, dans lequel il dénonce l’arbitraire et l’oppression, est aujourd’hui au cœur des poursuites judiciaires à son encontre. 

    L’un de ses avocats, Me Paul Dodzi Apévon, explique.

    Oui, nous avons relevé appel du rejet de notre demande de liberté provisoire pour Affectio. Le dossier a été plaidé devant la chambre d’instruction et mis en délibéré. Mais lorsque nous sommes arrivés, contre toute attente, la Cour nous a dit que notre appel est recevable dans la forme, mais au fond, ils le rejettent. C’est quelque chose d’indescriptible, parce que qu’est-ce qu’Affectio a fait ? Il a publié sur les réseaux sociaux sa position, son sentiment par rapport à ce qu’il ressent pour le pays. Il y a un poème qu’il a sorti pour demander aux Togolais « Fais ta part ». Mais qu’est-ce qu’il a dit de mal pour qu’on l’arrête ? Si le magistrat ne peut plus faire son devoir de magistrat par rapport à l’arbitraire et parce que quelqu’un lui a donné l’instruction « arrête » mais détient quelqu’un en détention, ça devient un problème, ça devient un problème dans notre pays. On apprend qu’ils veulent envoyer le dossier en jugement. C’est ce que nous apprenons dans les couloirs. Ils ont rejeté la demande de liberté provisoire parce qu’ils veulent organiser un procès. Mais nous serons présents au procès. On dira ce qu’on a à dire.

    Accusé d’appel à l’insurrection

    Selon les autorités, la phrase « Indignez-vous », présente dans le poème, constitue un appel à l’insurrection et à la révolte contre les institutions du pays. 

    L’incarcération d’ « Affectio» a provoqué une vague d’indignation parmi les défenseurs des droits de l’homme et les acteurs politiques togolais. Beaucoup dénoncent une menace grandissante sur la liberté d’expression au Togo et s’interrogent sur l’ampleur des restrictions imposées aux voix dissidentes dans le pays.

    Source: rfi.fr/fr

  • Le Président de l’Assemblée nationale s’est entretenu avec Me Ohini Kwao Sanvee, Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH)

    Le Président de l’Assemblée nationale s’est entretenu avec Me Ohini Kwao Sanvee, Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH)

    Le Président de l’Assemblée nationale, Sevon-Tépé Kodjo Adédzé a reçu ce lundi 14 octobre 2024 au siège de la Représentation nationale, une délégation de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) conduite par son président Me Ohini Kwao Sanvee.

    Les échanges ont porté sur le renforcement du cadre de partenariat, les possibilités de collaboration entre son institution et la Représentation nationale, conformément aux dispositions de l’article 83, alinéa 1 et 2 de la loi N° 2024-005 du 06 mai 2024 portant Constitution de la République togolaise.

    « Nous avons été reçus ce matin par Son Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, nous avons échangé sur le cadre de partenariat de collaboration que la loi a offert à nos deux institutions. En effet, la Constitution du 06 mai 2024 a donné comme nouvelle mission à la CNDH de conseiller le Gouvernement et le Parlement sur les questions des droits de l’homme, du droit, de l’action humanitaire et du respect des garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques. Et bien avant cette disposition nouvelle, il y’avait la loi organique sur la CNDH qui prévoit que chaque année, à la publication de son rapport, de soumettre le rapport à la Commission des droits de l’homme de l’Assemblée nationale. Vous voyez donc que le parlement de notre pays est au cœur de la thématique des droits de l’homme, donc ce matin, nous avons rendu cette visite au Président de l’Assemblée nationale pour parler de ce cadre de collaboration, comment allons-nous travailler ensemble pour accompagner le parlement, pour le conseiller pour que la thématique des droits de l’homme qui est au cœur de toutes les actions de développement puisse être mieux portée. Donc voilà l’essentiel de ce dont nous avons discuté et nous avons parlé des interactions, des activités qu’on peut faire ensemble notamment faire découvrir la CNDH aux députés. Prochainement, au cours d’une activité d’une session, que la CNDH vienne, qu’on lui donne la parole, qu’elle présente les activités qu’elle fait pour voir les échanges, les intérêts que nous pouvons porter ensemble parce que c’est la loi qui porte les droits de l’homme. Un droit doit être reconnu et protégé et l’instrument qui le fait c’est la loi et la loi elle-même est faite par le parlement. Donc ces deux institutions sont condamnées à travailler ensemble. Donc voilà l’essentiel de nos discussions que nous avons eues ce matin », a indiqué Me Ohini Kwao Sanvee, Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH)

    Copyright Lee Eccles

    Elu Président de cette institution de promotion, de protection et de défense des droits de l’homme, conformément à l’article 55 de la loi organique relative à la composition, à l’organisation et au fonctionnement de la CNDH, Me Ohini Kwao Sanvee remplace Me Yawovi Sronvi qui assurait l’intérim après le décès de Nakpa Polo.

    Source: https://assemblee-nationale.tg

  • Les doux rêves d’avenir de la Francophonie

    Les doux rêves d’avenir de la Francophonie

    Il est vrai que l’on se comprend mieux, en général, lorsque l’on parle la même langue. Mais où donc se formeront les génies que l’on comptabilise déjà comme l’élite, censée faire rayonner le monde francophone de demain ?

    « La Francophonie n’est pas un repli sur soi, par rapport à la langue anglaise ; elle n’est pas non plus la Françafrique », affirmait, hier, Louise Mushikiwabo à la cérémonie d’ouverture du XIXème sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Comment comprendre que, 54 ans après sa création, cette organisation en soit encore à traîner ce que sa Secrétaire générale qualifie d’« idées reçues tenaces » ?

    En général, c’est lorsqu’une institution peine à s’imposer par ses valeurs réelles qu’elle se retrouve à devoir se défaire d’une image négative répandue dans l’opinion.  La Francophonie a souvent eu, ces deux dernières décennies, à transiger avec les principes qu’elle professe. D’où les idées reçues, qui germent facilement dans une opinion d’autant plus suspicieuse qu’elle a cru, avec la Déclaration de Bamako, en l’an 2000, que cette institution pouvait aider à consolider l’État de droit et la démocratie sur ce continent. D’élections truquées, validées envers et contre les évidences, en rapports timides, sinon complaisants, sur des scrutins ouvertement contestables, les peuples, désabusés, en sont venus à faire à l’OIF une réputation parfois injuste, ou totalement infondée.

    Trois mois après sa prise de fonctions, La secrétaire-générale Mushikiwabo avait, elle aussi, dressé, en mars 2019, un tableau accablant des insuffisances de cette organisation. Celle-ci manquait de visibilité et de pertinence, selon elle, et devait s’interroger sur ses objectifs, son orientation et même sur son positionnement sur la scène internationale.

    À trop vouloir ménager les seuls dirigeants, la francophonie a peut-être oublié d’épouser les attentes réelles des populations. Et cela au-delà des jeunes entrepreneurs, dont le génie, fatalement, serait éteint, s’il ne prévalait pas, dans l’espace dans lequel ils évoluent, un État de droit, la démocratie.

    « Créer, innover et entreprendre en français », n’est-ce pas un thème plutôt fédérateur pour ce sommet ?

    Autant l’épanouissement d’une jeunesse ingénieuse est fondamental, autant la langue que parlent ces génies demeure suspendue aux centres de recherches et autres viviers dans lesquels ils se forment et évoluent. Peut-être que la Francophonie devrait-elle mener une enquête sérieuse sur les jeunes francophones, Africains notamment, qui, faute de pouvoir se former en France ou au Canada, abandonnent leur formation ou vont en Inde, en Chine, dans le Golfe, en Turquie, au Japon ou dans quelque pays improbable.

    Certains se souviennent sans doute de cet astrophysicien qui avait piloté, en 1997, le robot Sojourner de la Nasa, envoyé à la surface de Mars. L’on a découvert qu’il était Malien. Parlant très bien français, certes, mais américain, dans l’équipe de JPL (le laboratoire de propulsion de la Nasa) qui l’a formé et le faisait travailler.

    Les États font une distinction entre migrants et étudiants

    Il est des étudiants, parfois brillants, qui ne peuvent accéder au savoir que par le chemin des migrants. Mais, lorsque, pour des raisons politiciennes ou autres, on tient tout le monde à distance, on peut risquer de priver la francophonie de purs génies, chercheurs et créateurs de certaines origines francophones. Parmi les rejetés, certains iront aux quatre coins du monde préparer l’avenir dans des laboratoires et temples du savoir où les technologies de pointe se traitent en mandarin, en anglais, en japonais ou en allemand.

    Que d’étudiants, d’écrivains, de chercheurs et de cerveaux féconds, déjà discriminés dans leur propre pays, sont ainsi privés de ce qui a été décrit dans les documents de ce XIXème sommet de la Francophonie comme la « bienveillante hospitalité fédératrice de la langue française » ! Exclus de la fameuse diversité et de la richesse de l’espace francophone, ils manqueront, et ne contribueront pas à faire vivre la langue française à l’échelle mondiale.

    Tout comme certains excellents footballeurs d’origine africaine et autres qui font la gloire de l’équipe de France sortent de centres de formation en France, l’on ne peut espérer voir ces talents venir renforcer un jour un univers francophone qui ne les aura pas formés.

    La sagesse populaire, en Afrique, dit que celui qui parle votre langue et l’adopte est, a priori, un ami. Car, en général, l’on se comprend toujours mieux, lorsque l’on parle la même langue.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du samedi 5 octobre 2024

  • Togo: la société civile indignée après l’arrestation et l’extradition d’un activiste béninois

    Togo: la société civile indignée après l’arrestation et l’extradition d’un activiste béninois

    Les organisations de la société civile togolaises se sont indignées de l’arrestation du militant béninois Steve Amoussou, à Lomé, début août puis extradé au Bénin, dans un communiqué diffusé, samedi 24 août. Le cyber-activiste, surnommé « Frère Hounvi », qui critiquait les autorités béninoises tous les vendredis via des audios diffusés sur les réseaux sociaux, sera jugé le 7 octobre prochain, à Cotonou.

    Steve Amoussou est poursuivi pour « provocation directe à la rébellion, initiation et publication de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux et harcèlement par voie électronique ».

    Joint par RFI, Monzolouwè Atcholi Kao, défenseur des droits de l’homme au Togo, mais aussi président de l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO) et membre du groupe des onze organisations signataires du communiqué, s’indigne face à cette façon de faire des autorités togolaises.

    « Grave violation des règles »

    « Nous avons, dit-il, d’abord été surpris d’apprendre, sur les réseaux sociaux, l’arrestation de l’activiste béninois qui était en exil dans notre pays, au Togo. Il a été interpellé manu militari par des individus inconnus. Il a été ensuite rendu à la police béninoise et nous pensons que cette façon de faire est une grave violation des règles qui régissent les conditions d’interpellation dans notre pays. Cela viole tout ce qu’il y a comme convention internationale pour la protection des exilés politiques. Et donc nous demandons aux autorités togolaises de donner des explications. Nous attendons véritablement des explications.

    « Aujourd’hui, le Togo compte plus de 93 prisonniers politiques. Toutes ces personnes ont été interpellées dans des conditions qui ne respectent pas les règles de droit. C’est très inquiétant et nous ne pouvons pas nous taire devant cette situation », conclut-il.

    Source: RFI

  • Au Togo, le Mécanisme national de prévention de la torture a 5 ans :  succès, défis et perspectives

    Au Togo, le Mécanisme national de prévention de la torture a 5 ans : succès, défis et perspectives

    C’est donc pour tenter de l’interdire de façon absolue que le Mécanisme national de prévention de la torture (MNP) a été créé, il y a une demi-dizaine d’années, et arrimé à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).

    Textes

    Tout part de l’adhésion du Togo à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants en 1987. La Constitution de 1992 vient la consacrer. Un peu plus tard, l’article 198 et les suivants du Code pénal réaffirment le principe de l’interdiction de la torture.

    « Cette prohibition a été renforcée par la ratification le 20 juillet 2010, du protocole facultatif à la convention contre la torture (OPCAT) qui, pour sa part, lui fait obligation de mettre en place un Mécanisme national de prévention de la torture (MNP). Le respect de cette obligation énoncée par l’OPCAT, s’est traduit par l’adoption de la loi organique n° 2018-006 du 20 juin 2018 relative à la composition, à l’organisation et au fonctionnement de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) qui met en place le MNP et l’arrime à la CNDH. Cette loi a été modifiée par la loi n°2021-015 du 03 août 2021 », rappelle un communiqué de presse.

    Dans le nouveau format, les membres de la CNDH ont été élus le 22 mars 2019, prêtant serment à l’Assemblée nationale le 16 avril. Et ont pris fonction le 25 avril 2019 en mettant en place les sous-commissions notamment celle de l’opérationnalisation du MNP.

    Activités

    Selon la loi, la mission du Mécanisme national de prévention de la torture consiste, principalement, à  visiter régulièrement et inopinément tous les lieux de privation de liberté.

    « Cinq (05) ans après cette opérationnalisation, il s’avère important de faire le bilan du MNP en termes d’acquis, de défis et perspectives dans la prévention et la lutte contre la torture au Togo », de sorte à permettre au « MNP de célébrer ses réussites, de mieux appréhender ses éventuelles difficultés, afin de relever les défis en matière de prévention de la torture au Togo ».

    Pour marquer l’évènement, qui s’origine dans l’axe 3 de son plan stratégique 2021-2025, la CNDH non seulement fait le bilan des 5 ans d’opérationnalisation du MNP, distingue les principaux acteurs nationaux et internationaux partenaires du MNP et accroit la visibilité du MNP, etc.

    En plus de cela, l’institution fait don de médicaments à deux (02) prisons civiles et de désinfectants aux unités d’enquêtes préliminaires  et organise également un atelier-bilan des cinq (5) ans du MNP du Togo, etc.

    « Cet atelier d’échanges regroupera (à Lomé) des représentants des ministères et institutions, les organisations de défense des droits de l’homme (ODDH) et les médias afin de mener des réflexions sur le thème : «Cinq ans d’opérationnalisation du MNP : succès, défis et perspectives », complète le communiqué de presse.

Radio Renouveau228

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