Étiquette : Diplomatie

  • Francophonie : Kinshasa courtise Lomé

    Francophonie : Kinshasa courtise Lomé

    En se tournant vers le Togo pour obtenir son appui, la RDC franchit une étape déterminante dans sa campagne diplomatique pour le poste de Secrétaire général de la Francophonie.

    La diplomatie francophone était au cœur des échanges ce mardi 7 avril 2026 à Lomé. Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a reçu en audience une importante délégation de la République démocratique du Congo conduite par Crispin Mbadu Phanzu, ministre délégué en charge des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie. Une visite à forte portée politique qui illustre le rapprochement stratégique entre Lomé et Kinshasa autour des grands enjeux de la Francophonie.

    Envoyé spécial du président congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Crispin Mbadu Phanzu était porteur d’un message personnel adressé à Faure Gnassingbé par celui qu’il a présenté comme un « ami et frère ». Au centre de cette mission diplomatique : la candidature de la République démocratique du Congo au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), un enjeu majeur dans les équilibres politiques de l’espace francophone.

    Kinshasa a en effet officiellement désigné Juliana Amato Lumumba comme candidate à cette prestigieuse fonction. Présente au sein de la délégation reçue à Lomé, la candidate congolaise est venue défendre sa vision et solliciter le soutien des autorités togolaises dans la course à la succession à la tête de l’organisation.

    À l’issue de l’audience, Crispin Mbadu Phanzu n’a pas caché les attentes de son pays. « Nous sollicitons à cet effet le soutien du Togo, un pays frère avec des liens historiques », a-t-il déclaré, soulignant l’importance que revêt pour Kinshasa l’appui diplomatique de Lomé dans cette bataille où chaque soutien compte.

    Une candidature stratégique pour la RDC

    Pour la République démocratique du Congo, cette candidature dépasse le simple cadre institutionnel. Elle s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer son influence sur la scène internationale et de jouer un rôle accru dans les grandes instances multilatérales francophones. À travers Juliana Amato Lumumba, Kinshasa entend porter une nouvelle dynamique pour l’OIF, avec l’ambition de promouvoir une Francophonie davantage inclusive, moderne et influente.

    Devant Faure Gnassingbé, la candidate a exposé les grandes lignes de sa vision pour l’organisation, plaidant pour une institution plus forte, plus proche des préoccupations des peuples francophones et davantage tournée vers les défis contemporains de développement, de jeunesse et de coopération internationale.

    Rapprochement bilatéral

    Mais cette rencontre ne s’est pas limitée à la seule question de l’OIF. Les discussions ont également permis aux deux parties de faire un tour d’horizon de la coopération bilatérale entre le Togo et la RDC. Les deux pays ont réaffirmé leur volonté commune de consolider leurs relations diplomatiques, économiques et politiques, dans un contexte africain marqué par de nouveaux enjeux de partenariat et d’intégration.

    Cette audience traduit ainsi un renforcement progressif de l’axe Lomé-Kinshasa, fondé sur des convergences diplomatiques croissantes et une volonté partagée de peser davantage dans les débats continentaux et internationaux.

    Un poste à forte influence

    Le poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie constitue l’une des fonctions les plus stratégiques de l’espace francophone. Son titulaire assure la direction du secrétariat des instances de la Francophonie, préside le Conseil permanent de la Francophonie, conduit l’action politique de l’organisation et participe de droit à la Conférence ministérielle de la Francophonie.

    Élu pour un mandat de quatre ans par les chefs d’État et de gouvernement membres, le secrétaire général fixe les grandes orientations de l’institution et incarne sa voix sur la scène internationale.

    En se tournant vers le Togo pour obtenir son appui, la RDC franchit une étape déterminante dans sa campagne diplomatique. Reste désormais à savoir quelle position adoptera Lomé dans cette bataille de leadership qui s’annonce décisive pour l’avenir de la Francophonie.

  • Faure Gnassingbé et l’AES : si proche et si loin à la fois

    Faure Gnassingbé et l’AES : si proche et si loin à la fois

    Faure Gnassingbé cultive une diplomatie d’équilibre entre l’Occident et les régimes militaires sahéliens. Derrière la realpolitik, c’est une ambition de médiateur régional qui se dessine. L’analyse de François Soudan, au micro de Catherine Potet pour RFI.

    Depuis quelques années, Faure Essozimna Gnassingbé mène une diplomatie de l’équilibre, marquée par un pragmatisme assumé dans ses relations internationales. La récente visite en mars du ministre russe de la Défense, dans le sillage d’un accord de coopération militaire conclu en octobre 2025, en est une illustration concrète.

    Si Moscou voit dans le Togo un « tremplin logistique » pour soutenir les contingents d’Africa Corps dans le Sahel, les autorités togolaises présentent ce rapprochement comme un simple « acte de diversification des partenaires et de souveraineté sans plus », d’après François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, au micro de Catherine Potet, pour RFI. Une lecture qui contraste avec celle des Occidentaux, et notamment de la France, pour qui cette évolution suscite une réelle inquiétude.

    Pour de nombreux observateurs, cette diplomatie d’équilibre semble toutefois s’incliner vers les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). La posture adoptée lors du coup d’État de 2023 au Niger en est un exemple révélateur : le choix d’une non-intervention pragmatique a tranché avec une ligne plus ferme adoptée par certains dirigeants de la sous-région.

    « Il fait de la realpolitik »

    D’autres éléments viennent nourrir cette perception, comme la présence supposée à Lomé de Pascal Tigri, impliqué dans une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025 et proche des putschistes sahéliens, ou encore l’extradition en janvier 2026 de l’ex-putschiste burkinabé Paul-Henri Damiba vers son pays, à la demande de la junte.

    « Lomé est aussi une capitale où se rendent régulièrement les ministres, les propagandistes des pays de l’AES, souvent à l’invitation du ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, dont les convictions souverainistes et panafricanistes sont affichées. » Cette orientation, parfois perçue comme pro-junte, tranche avec la posture plus nuancée de Faure Gnassingbé, qui multiplie les gestes en direction de l’AES, sans pour autant franchir un point de rupture.

    « Il n’est ni anti-occidental, ni néo-sankariste, ni admirateur des régimes militaires. Il fait de la realpolitik », souligne François Soudan. Car les ambitions du dirigeant togolais semblent se situer ailleurs. Doyen en longévité parmi les chefs d’État de la Cedeao, il chercherait à s’imposer comme un médiateur régional, comme il a pu le faire dans l’est de la RDC, comme l’écrit Matthieu Millecamps dans son article « Faure Gnassingbé : entre la Russie, la Cedeao et l’AES, l’équilibrisme comme levier de pouvoir« . Une trajectoire qui rappelle celle de son père, Gnassingbé Eyadéma, et qui suppose le maintien d’un certain non-alignement.

    La Semaine de JA est à retrouver chaque samedi sur RFI, et en intégralité sur Jeune Afrique.

    Source: jeuneafrique.com

  • Sécurité au Sahel : le Togo, première étape de la mission de João Cravinho

    Sécurité au Sahel : le Togo, première étape de la mission de João Cravinho

    Le représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, João Cravinho, amorce une nouvelle séquence diplomatique en Afrique de l’Ouest. Surnommé le « Monsieur Sahel » à Bruxelles, il prépare une tournée régionale qui le conduira notamment au Togo, au Sénégal et en Gambie, dans un contexte de recomposition sécuritaire et géopolitique dans la région.

    Lomé, point de départ stratégique

    Selon plusieurs sources concordantes, João Cravinho est attendu à Lomé le 18 avril prochain pour prendre part à une conférence dédiée aux enjeux sécuritaires. Cette étape togolaise n’a rien d’anodin. Le pays s’impose depuis plusieurs mois comme un acteur discret mais actif dans les médiations régionales, notamment entre partenaires occidentaux et États sahéliens.

    La tenue de cette rencontre à Lomé illustre également le rôle croissant du Golfe de Guinée dans les stratégies de lutte contre l’expansion des groupes armés venus du Sahel. Le Togo, à l’instar de ses voisins côtiers, fait face à une pression sécuritaire accrue au nord de son territoire, ce qui renforce l’importance des initiatives diplomatiques et militaires coordonnées.

    Tournée à forte portée régionale

    Après son escale togolaise, João Cravinho poursuivra sa tournée au Sénégal, où il doit participer au Forum de Dakar prévu les 20 et 21 avril, avant de se rendre en Gambie. Cette séquence traduit la volonté de l’Union européenne de consolider ses partenariats avec les pays d’Afrique de l’Ouest, au moment où son influence est mise à l’épreuve.

    En effet, ces dernières années ont été marquées par une dégradation des relations entre l’UE et plusieurs pays du Sahel central, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel. Face à cette situation, Bruxelles tente de redéfinir sa stratégie en misant davantage sur les États côtiers et les cadres de coopération régionale.

    Nouvelle approche européenne

    La mission confiée à João Cravinho s’inscrit dans cette volonté de « nouvelle approche » prônée par l’Union européenne dans la région. Celle-ci repose sur un équilibre entre dialogue politique, soutien sécuritaire et accompagnement au développement, avec une attention accrue aux dynamiques locales.

    L’objectif est double : maintenir un canal de discussion avec les régimes sahéliens tout en renforçant les capacités des pays voisins pour contenir la menace djihadiste. Dans ce schéma, des pays comme le Togo, le Sénégal ou encore le Ghana deviennent des partenaires clés.

    Contexte géopolitique sous tension

    Cette tournée intervient dans un environnement marqué par une recomposition des alliances internationales en Afrique de l’Ouest. Le recul de certaines puissances occidentales, conjugué à la montée en puissance de nouveaux acteurs, oblige l’Union européenne à revoir son positionnement.

    En multipliant les déplacements et les rencontres, João Cravinho cherche ainsi à réaffirmer la présence européenne dans une région stratégique, tout en adaptant son discours aux nouvelles réalités politiques.

    Au-delà des symboles, cette tournée pourrait permettre de poser les bases d’une coopération renouvelée entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Reste à savoir si cette diplomatie de terrain suffira à restaurer la confiance et à répondre aux défis sécuritaires persistants dans le Sahel.

  • Togo : l’équilibrisme risqué de Lomé?

    Togo : l’équilibrisme risqué de Lomé?

    L’épisode récent de la visite discrète à Lomé du ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, illustre cette approche feutrée.

    Dans un contexte géopolitique ouest-africain de plus en plus fragmenté, le Togo de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil, tente de se positionner comme un acteur pivot entre blocs rivaux. Entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Alliance des États du Sahel (AES), les puissances occidentales et une Russie de plus en plus présente en Afrique, Lomé joue une partition diplomatique complexe. Une stratégie d’équilibriste qui, si elle offre des marges de manœuvre à court terme, pose la question de sa viabilité à long terme.

    Une diplomatie du silence et du calcul

    L’épisode récent de la visite discrète à Lomé du ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, illustre cette approche feutrée. Reçu par le président du Conseil togolais, sans communication officielle, cet échange en dit long sur la prudence stratégique de Lomé. Le Togo ne veut froisser aucun partenaire, mais entend multiplier les canaux d’influence.

    Ce choix s’inscrit dans une dynamique plus large. Alors que plusieurs pays sahéliens ont pris leurs distances avec les partenaires occidentaux pour se rapprocher de Moscou, Lomé préfère maintenir une posture d’ouverture tous azimuts. Le pays coopère avec les États-Unis en matière sécuritaire, reste engagé au sein de la Cedeao, tout en entretenant des relations plus ou moins discrètes avec la Russie.

    Rôle d’intermédiaire

    Depuis la rupture entre la Cedeao et les pays de l’AES, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le Togo tente de se positionner comme un pont diplomatique. Faure Essozimna Gnassingbé a multiplié les initiatives de médiation, cherchant à éviter une fracture durable dans la sous-région.

    Cette posture d’arbitre est stratégique. Elle permet à Lomé de renforcer son poids diplomatique tout en se présentant comme un acteur de stabilité. Dans une région marquée par les coups d’État et les tensions politiques, le Togo mise sur la continuité institutionnelle pour asseoir sa crédibilité.

    Cependant, ce positionnement n’est pas sans risques. La Cedeao, fragilisée, observe avec attention les initiatives togolaises, tandis que les pays de l’AES pourraient voir dans cette médiation une tentative d’influence déguisée.

    Jeu des puissances

    Au-delà des dynamiques régionales, le Togo évolue dans un contexte de rivalité accrue entre grandes puissances. Les États-Unis, engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, considèrent Lomé comme un partenaire stable. Des coopérations sécuritaires et économiques se poursuivent, renforçant les liens entre les deux pays.

    Dans le même temps, la Russie intensifie ses efforts pour s’ancrer en Afrique de l’Ouest. Si le Togo ne s’affiche pas ouvertement dans ce rapprochement, les contacts existent. Lomé semble vouloir tirer profit de cette concurrence, obtenant des soutiens variés sans s’aligner pleinement sur un camp.

    Cette stratégie rappelle celle de certains États non-alignés durant la guerre froide : diversifier les partenaires pour maximiser les gains tout en limitant les dépendances.

    Une stratégie payante à court terme?

    À court terme, l’équilibrisme togolais présente des avantages évidents. Il permet au pays de bénéficier d’appuis multiples, de renforcer son rôle diplomatique et de préserver une certaine autonomie stratégique.

    Sur le plan intérieur, cette posture consolide également le pouvoir de Faure Essozimna Gnassingbé. En apparaissant comme un interlocuteur incontournable sur la scène régionale, le président du Conseil renforce sa légitimité et son influence. De plus, dans un environnement régional instable, le Togo capitalise sur son image de havre relatif de stabilité, attirant les partenaires et les investissements.

    Fragilité

    Mais cet équilibre reste précaire, selon les observateurs avisés. En effet, à long terme, soutiennent-ils, les tensions entre blocs pourraient rendre cette position intenable. La polarisation croissante entre la Cedeao et l’AES ainsi qu’entre les puissances occidentales et la Russie pourrait contraindre Lomé à faire des choix plus clairs.

    Le risque principal est celui de la méfiance, murmure un analyste. À vouloir ménager tous les camps, le Togo pourrait être perçu comme un partenaire peu fiable. Une telle perception pourrait affaiblir sa crédibilité diplomatique et limiter ses marges de manœuvre.

    Par ailleurs, les pressions extérieures pourraient s’intensifier. Les grandes puissances, en quête d’alliés stratégiques, pourraient exiger des positions plus tranchées, réduisant l’espace de neutralité dont bénéficie actuellement Lomé.

    Un pari sur l’avenir

    L’équilibrisme diplomatique du Togo apparaît ainsi comme un pari. Un pari sur sa capacité à naviguer dans un environnement international incertain, à maintenir des relations diversifiées sans se compromettre. Mais ce pari dépendra de plusieurs facteurs : l’évolution des rapports de force régionaux, la capacité de la Cedeao à se réinventer, la solidité de l’AES et l’intensité de la rivalité entre puissances globales.

    In fine, si cette stratégie confère aujourd’hui au Togo un rôle singulier en Afrique de l’Ouest, rien ne garantit qu’elle pourra être maintenue indéfiniment. L’équilibriste peut avancer tant que le fil tient. Mais dans un monde de plus en plus polarisé, la moindre secousse pourrait suffire à rompre cet équilibre fragile.

  • Lomé, hub stratégique pour le Niger

    Lomé, hub stratégique pour le Niger

    Le Togo confirme son rôle de plateforme logistique majeure en Afrique de l’Ouest. À travers un message publié à l’issue d’une rencontre à Lomé, le ministre togolais de l’Économie maritime et de la Protection côtière, Kokou Edem Tengue, a annoncé une avancée significative dans la coopération entre Lomé et Niamey.

    En entretien avec le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, ministre de l’Agriculture du Niger, les discussions ont porté sur un enjeu crucial : la sécurisation logistique de l’approvisionnement du Niger en engrais. Une question hautement stratégique pour ce pays sahélien enclavé, confronté à des défis sécuritaires et climatiques qui pèsent lourdement sur sa production agricole.

    20 000 tonnes d’engrais en transit

    Selon le ministre Tengue, le Togo a décidé de mobiliser ses infrastructures portuaires afin de faciliter le transit de 20 000 tonnes d’engrais destinées au Niger.

    Le Port autonome de Lomé, reconnu comme l’un des ports les plus performants du Golfe de Guinée, jouera un rôle central dans cette opération. Grâce à ses capacités modernes de manutention et à sa position stratégique, Lomé s’impose comme une porte d’entrée privilégiée pour les pays de l’hinterland, notamment le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

    Cette initiative vise à garantir un acheminement fluide et sécurisé des intrants agricoles, indispensables à la campagne agricole nigérienne. Dans un contexte mondial marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et la flambée des prix des fertilisants, cette coopération apparaît comme un signal fort de solidarité régionale.

    Une diplomatie économique assumée

    Au-delà de l’aspect logistique, cette opération traduit une diplomatie économique active de Lomé. Le Togo capitalise sur ses infrastructures portuaires et routières pour renforcer son intégration régionale et soutenir ses partenaires sahéliens.

    La presse nigérienne n’a pas manqué de saluer cette initiative, y voyant une preuve tangible de fraternité entre États membres de la sous-région. Pour Niamey, la sécurisation des engrais est directement liée à la sécurité alimentaire, dans un pays où l’agriculture fait vivre une large majorité de la population.

    En facilitant le transit de ces 20 000 tonnes d’intrants, Lomé ne se contente pas d’offrir un service logistique : elle participe activement à la stabilité alimentaire d’un pays frère. Une démarche qui illustre, une fois de plus, le positionnement du Togo comme hub régional et acteur clé de la solidarité ouest-africaine.

  • Est de la RDC : à Lomé, l’Union africaine parviendra-t-elle enfin à peser dans le conflit ?

    Est de la RDC : à Lomé, l’Union africaine parviendra-t-elle enfin à peser dans le conflit ?

    Le 17 janvier, le Togolais Faure Gnassingbé accueille une réunion sur la crise dans l’est de la RDC. Avec l’espoir de relancer l’Union africaine dans un dossier où elle peine à se faire entendre.

    Au sein du casting déjà pléthorique des médiateurs dans le conflit dans l’est de la RDC, l’Union africaine (UA) peut-elle vraiment prétendre jouer plus qu’un second rôle ? En charge du dossier pour le compte de l’organisation continentale depuis le retrait de l’Angolais João Lourenço en mars 2025, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil du Togo, accueille ce 17 janvier une réunion de haut…

    La suite de cet article sur jeuneafrique.com

  • A Lomé, au Togo, la marine militaire russe a désormais un accès privilégié au port

    A Lomé, au Togo, la marine militaire russe a désormais un accès privilégié au port

    Un nouvel accord bilatéral entre la Russie et le Togo, ratifié le 25 octobre, prévoit la formation de l’armée togolaise par le ministère russe de la défense, le partage de renseignements et la tenue d’exercices militaires conjoints.

    Il ne l’avait pas accueilli en Russie depuis 2019. C’est tout sourire que Vladimir Poutine a reçu, mercredi 19 novembre, Faure Gnassingbé, le président du conseil togolais, sous les ors du Kremlin. Symbole de leur bonne entente et du rapprochement entre leurs deux pays : l’annonce de la réouverture prochaine de leurs ambassades à Lomé et Moscou, respectivement fermées depuis 1992 et 1999.

    Durant leur entretien, le président russe et son hôte togolais ont évoqué leur partenariat en matière commerciale, énergétique ou encore agricole. Mais c’est surtout sur le plan militaire qu’ils ont fait avancer leur relation. Vladimir Poutine et Faure Gnassingbé ont en effet validé un nouvel accord bilatéral en la matière, annoncé au printemps et ratifié, le 25 octobre, par la Douma, le Parlement russe.

    Ce texte, qui prévoit la formation de l’armée togolaise par le ministère russe de la défense, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d’exercices militaires conjoints, indique que les deux pays pourront utiliser leurs ports militaires respectifs. Un joli coup pour la Russie qui obtient de cette façon un nouvel ancrage dans le golfe de Guinée, où ses navires de guerre et ses avions militaires pourront désormais faire escale et donc se positionner à l’intersection des principales routes maritimes reliant…

    La suite de l’article sur lemonde.fr/afrique


  • Togo: Faure Gnassingbé en visite officielle en Russie, une première depuis six ans

    Togo: Faure Gnassingbé en visite officielle en Russie, une première depuis six ans

    Le président du Conseil togolais doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine à Moscou, ce mercredi 19 novembre. Au programme des discussions entre les deux dirigeants qui entretiennent de bonnes relations depuis longtemps : la « paix et de la sécurité régionales », mais aussi des questions très diverses qui vont de la sécurité alimentaire à l’énergie en passant par le commerce et l’agriculture.

    Ce sera leur premier entretien en tête-à-tête depuis 2019 : le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, doit rencontrer le président russe à Moscou, mercredi 19 novembre. Une visite officielle à l’invitation de Vladimir Poutine qui s’inscrit « dans la continuité des consultations menées ces derniers mois avec plusieurs partenaires internationaux », selon le communiqué publié à Lomé.

    Au programme des discussions : des échanges autour de la « paix et de la sécurité régionales », mais aussi sur des questions très diverses : sécurité alimentaire, commerce, agriculture ou encore énergie. « Le Togo est dans une logique de diversification de ses partenariats, il faut banaliser » cette visite, estime une source proche du pouvoir togolais qui poursuit : « Il est nécessaire de discuter avec tous les grands acteurs mondiaux, comme par exemple Washington, Paris, et Moscou ».

    Alors que, de son côté, l’agence russe Tass cite le Togo parmi les pays où la Russie prévoit d’ouvrir une ambassade, « la proximité entre Lomé et Moscou n’est pas nouvelle », rappelle un spécialiste des relations Russie-Afrique. En témoigne également un accord de coopération militaire signé cette année entre les deux pays qui prévoit notamment formation et exercices militaires, ce qui conduit ce dernier à s’interroger sur la possibilité d’un rapprochement encore plus fort entre les deux pays. Un rapprochement qui passerait, notamment, par une présence de l’Africa Corps au Togo… Mais à l’évocation de cette idée, la source proche du pouvoir à Lomé contactée par RFI affirme sans équivoque que le pays n’a pas besoin de cela.

    Source: rfi.fr/fr

  • Conflit dans l’est de la RDC: première visite à Kinshasa du nouveau médiateur de l’UA, Faure Gnassingbé

    Conflit dans l’est de la RDC: première visite à Kinshasa du nouveau médiateur de l’UA, Faure Gnassingbé

    Désigné nouveau médiateur de l’Union africaine dans le conflit qui déchire l’est de la RDC en remplacement du président angolais João Lourenço le 11 avril dernier, le chef de l’État togolais a effectué sa première visite sur le terrain à Kinshasa, mercredi 16 avril. Dans la capitale congolaise, Faure Gnassingbé a notamment rencontré son homologue, Félix Tshisekedi. 

    Accompagné de son ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, le président togolais est arrivé à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), avec un peu de retard sur l’heure initialement prévue. Alors que son avion y était attendu pour 15 heures, l’appareil s’est finalement posé vers 16h30 sur le tarmac de l’aéroport de Ndjili.

    Faure Gnassingbé a ensuite directement pris la route de la cité de l’OUA, sur les hauteurs de Ngaliema, où se trouvent les bureaux du président congolais Félix Tshisekedi. C’est là que les deux dirigeants ont tenu leur première réunion depuis la nomination officielle de Faure Gnassingbé au poste de médiateur de l’Union africaine (UA) dans la crise qui secoue depuis près de trois ans l’est de la RDC.

    Selon une source à la présidence congolaise, leur tête-à-tête – dont rien n’a filtré – a duré environ deux heures, sans qu’il ne donne lieu à aucune déclaration à la sortie. « La RDC prend acte de cette désignation et nous espérons qu’elle va rapidement mettre fin au cycle de violences [dans l’est du pays] », s’est-on simplement contenté de faire savoir à Kinshasa.

    Un déplacement en forme de prise de contact

    Faure Gnassingbé a ensuite quitté la capitale congolaise dans la soirée, à l’issue d’un déplacement en forme de prise de contact avec un dossier complexe dans lequel il n’est, par ailleurs, plus le seul à offrir ses bons offices. Depuis le mois dernier, en effet, le Qatar mais aussi la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) sont entrés dans la danse.

    Alors que les deux dernières ont nommé quatre co-facilitateurs pour suivre ce dossier, Doha, qui a réussi à organiser le 18 mars dernier la première rencontre entre les présidents congolais et rwandais depuis plus d’un an, anime désormais aussi des discussions entre le M23 et le gouvernement congolais.

    Avant de se rendre en RDC pour inaugurer sa mission, Faure Gnassingbé s’était rendu dans la matinée à Luanda pour y rencontrer son prédécesseur, le président angolais João Lourenço, pour une sorte de passation de témoin entre les deux hommes. Si, là encore, leur rencontre s’est achevée sans aucune prise de parole, on sait toutefois que la situation dans l’est de la RDC a, logiquement, été au cœur de leur discussion.

    Source: RFI

  • Discrétion, distinction et humilité: hommage à Essy Amara

    Discrétion, distinction et humilité: hommage à Essy Amara

    Par la classe et l’exemplarité qu’ils affichaient dans l’exercice de leur métier, les diplomates de sa trempe ne pouvaient que susciter des vocations.

    Diplomate de carrière, Essy Amara, dernier ministre des Affaires étrangères de Félix Houphouët-Boigny, s’en est allé cette semaine, à 82 ans. En quoi les hommages qui lui sont rendus se distinguent-ils des convenances habituelles, souvent teintées d’hypocrisie, qui saluent chaque disparition de personnalité publique ?

    Nul ne peut exclure que certains de ces hommages manquent de sincérité. Mais Essy Amara était un diplomate d’envergure, d’une redoutable efficacité. Et surtout, d’une discrétion et d’une humilité rares à un tel niveau. Sous toutes les latitudes, il a su brillamment représenter son pays. Il a même signé quelques-unes des plus belles pages de l’histoire du continent, notamment en pilotant, de 2001 à 2003, la mutation de l’Organisation de l’Unité Africaine en Union africaine. Les colonnes d’apothéose dressées en sa mémoire sont donc méritées. Particulièrement dans le contexte actuel d’incertitude généralisée, où des dirigeants piaffent et vocifèrent, persuadés de faire preuve de force ou de puissance en détraquant l’économie mondiale ou en détruisant le fragile équilibre du monde.

    Où sont donc, dans la diplomatie africaine, les « Essy Amara » d’aujourd’hui ? Si tant est qu’il y ait encore une diplomatie africaine… Aucun pays ne peut exister aux yeux du reste du monde sans une diplomatie solide, avec un vivier de diplomates de qualité, comme celui qu’avait constitué Félix Houphouët-Boigny, même si, en plus de trente ans de pouvoir, il n’a eu que trois ministres des Affaires étrangères.

    À quoi tenait donc cette longévité relativement exceptionnelle ?

    La diplomatie est un métier complexe, dans lequel la stabilité peut être gage d’efficacité. Durant les cinq premières années d’indépendance, le président assumait lui-même cette fonction, ensuite confiée à Arsène Usher Assouan, brillant avocat, qui avait été son attaché de cabinet lorsqu’il était ministre d’État dans le gouvernement français. En 1977, Usher Assouan est remplacé par l’ambassadeur à Londres, Siméon Aké, à qui succèdera Essy Amara en 1990. À la mort du « Vieux », en décembre 1993, il sera reconduit par Henri Konan Bédié, jusqu’au coup d’État de 1999.

    En Côte d’Ivoire, la diplomatie était un corps d’élite. Même lorsqu’ils ont, par la suite, assumé d’importantes fonctions, les grands diplomates ont toujours revendiqué leur rang d’ambassadeur, comme un titre de noblesse. Dans l’administration de nombreux pays d’Afrique, le ministère des Affaires étrangères était de ces départements qui passaient, autrefois, pour des sanctuaires de compétences. Au même titre que l’Économie, les Finances, le Plan… Il fallait, pour y officier, justifier de compétences qui ne s’improvisaient pas. Certains postes importants n’étaient confiés qu’à des fonctionnaires ayant brillamment gravi tous les échelons. Mais avec le népotisme, le régionalisme, le favoritisme politique et l’incompétence qui va avec, ces administrations, presque partout, ont été peu à peu dépréciées.

    Les cadres valables ont-ils, pour autant, disparu partout ?

    Non, heureusement ! Mais, à force d’arbitraire et de complaisance, bien des carrières ont pu être contrariées, poussant plus d’un au découragement, à la démotivation. L’excellence a fini par sombrer. Les pistonnés et autres imposteurs ont éclipsé les meilleurs. Voilà comment un métier exigeant, sérieux et demandant rigueur et correction en permanence, en est venu à être livré aux champions de la facilité et de la gloire à bon marché, se délectant de l’illusion de grands voyages, de réceptions, de paillettes et autres projecteurs éclatants. Et les diplomates, dans bien des pays, sont devenus des monstres de maladresse, bafouant au quotidien les convenances diplomatiques les plus élémentaires.

    Par la distinction et l’exemplarité qu’ils affichaient en toute circonstance dans l’exercice de leur métier, les diplomates de la trempe d’Essy Amara suscitaient bien des vocations. On regrettera que la plupart n’aient pas laissé d’écrits sur les grands moments de l’Afrique indépendante dont ils ont été témoins ou acteurs. Pour reprendre l’image d’Amadou Hampâté Bâ qui comparait à une bibliothèque qui brûle tout vieillard qui meurt, il faut juste rappeler que les modèles africains de sérieux et de rigueur doivent être gravés. Avant que la superficialité ne vienne tout submerger.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 12 avril 2024 sur RFI

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