Catégorie : Actualités

  • Samuel Ekoé Galé : le contraste qui interpelle entre le Ghana et le Togo

    Samuel Ekoé Galé : le contraste qui interpelle entre le Ghana et le Togo

    Le Ghana semble avoir compris une chose essentielle dans la gestion moderne du football : bâtir sur ses propres ressources humaines. La récente nomination de Desmond Offei comme deuxième adjoint de Carlos Queiroz à la tête des Black Stars n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une logique de valorisation progressive des compétences locales, en les intégrant au plus haut niveau de la sélection nationale.

    Compétence locale

    La récente nomination de Desmond Offei au poste du second adjoint de Carlos Queiroz à la tête de la sélection nationale fanion du Ghana apparaît d’autant plus stratégique que le prochain départ de Carlos Queiroz pourrait ouvrir la voie à une transition naturelle. Dans ce scénario, le natif de Mampong-Akwapim, 38 ans, déjà immergé dans l’environnement des Black Stars, représenterait une option crédible pour prendre les rênes de l’équipe. Il connaît les joueurs, le système et les exigences du haut niveau international.

    Le Ghana ne se contente donc pas de recruter des techniciens étrangers. Il prépare l’avenir. En intégrant ses propres cadres dans l’encadrement technique, il crée une passerelle vers une autonomie durable. C’est une approche pragmatique, réfléchie, et surtout tournée vers le long terme.

    Contraste

    À quelques kilomètres de là, au Togo, la réalité est bien différente. Le cas de Samuel Ekoé Galé illustre parfaitement ce décalage. Titulaire de la prestigieuse licence UEFA Pro, le plus haut niveau de certification pour un entraîneur, il possède pourtant un profil similaire à celui de Desmond Offei. Mieux encore, les deux techniciens sont issus de la même promotion, preuve d’un niveau de formation équivalent.

    Mais là où le Ghanéen gravit les échelons au sein de sa sélection nationale, le Togolais semble relégué à l’arrière-plan. La Fédération togolaise de football ne lui offre ni visibilité, ni responsabilité à la hauteur de ses compétences. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des ressources humaines dans le football togolais.

    Pourquoi un entraîneur aussi qualifié est-il laissé de côté ? Pourquoi ne bénéficie-t-il pas d’opportunités similaires à celles de ses homologues dans la sous-région ? Ces questions traduisent un malaise plus profond dans la gouvernance du football au Togo.

    Poids des habitudes et choix conservateurs

    Le Togo semble encore prisonnier d’un modèle ancien, largement dépendant des entraîneurs étrangers. Ce choix, souvent justifié par la recherche d’expertise ou de résultats rapides, montre aujourd’hui ses limites. Les techniciens venus d’ailleurs, bien que parfois expérimentés, ne maîtrisent pas toujours les réalités locales, notamment la culture footballistique, la mentalité des joueurs, les contraintes structurelles.

    À l’inverse, les entraîneurs locaux comme Samuel Ekoé Galé disposent d’un avantage évident : une connaissance intime du terrain. Ils comprennent les dynamiques internes, les attentes des supporters, et les défis spécifiques du football togolais.

    Pourtant, cette richesse reste sous-exploitée. Le manque de confiance envers les techniciens locaux freine leur progression et, par extension, celle du football national. L’exemple de Nibombé Daré, un recruté et licencié aussi rapidement que possible, est un cas isolé.

    Nécessité

    Si le Togo aspire à faire évoluer son football, un changement de paradigme s’impose. Il ne s’agit pas de rejeter systématiquement les entraîneurs étrangers, mais de rééquilibrer les choix en valorisant les compétences nationales.

    Des profils comme Samuel Ekoé Galé représentent une opportunité précieuse. Sa formation UEFA Pro atteste de sa capacité à encadrer au plus haut niveau. Son parcours témoigne d’un engagement et d’une rigueur qui méritent reconnaissance.

    L’exemple du Ghana montre qu’il est possible de construire une élite technique locale tout en restant compétitif sur la scène internationale. En intégrant progressivement ses entraîneurs de haut niveau dans les staffs des équipes nationales, le pays crée une dynamique vertueuse.

    Le Togo gagnerait à s’inspirer de cette approche. Donner leur chance aux entraîneurs locaux, c’est investir dans l’avenir. C’est aussi renforcer l’identité du football national, en s’appuyant sur des acteurs qui en comprennent les fondements.

    Tournant

    Le contraste entre Desmond Offei et Samuel Ekoé Galé dépasse les trajectoires individuelles. Il révèle deux visions du développement du football. L’une tournée vers la valorisation interne, l’autre encore hésitante.

    À l’heure où le football africain cherche à s’affirmer davantage sur la scène mondiale, la question de la formation et de la promotion des entraîneurs diplômés locaux devient centrale. Le Togo dispose des compétences nécessaires. Encore faut-il avoir la volonté de les utiliser.

    En somme faire confiance à des techniciens comme Samuel Ekoé Galé ne relève pas seulement d’un choix sportif. C’est une décision stratégique, capable d’influencer durablement la trajectoire du football togolais.

  • GÉNIE IMHOTEP : Plus de 200 lycées dans le top départ, 42 continuent la compétition

    GÉNIE IMHOTEP : Plus de 200 lycées dans le top départ, 42 continuent la compétition

    Le championnat national de culture générale en santé « Génie Imhotep » s’impose progressivement comme l’une des initiatives éducatives les plus ambitieuses au Togo.

    Porté par l’ONG AIMES-AFRIQUE en collaboration avec plusieurs ministères, ce concours inédit mobilise des centaines d’élèves autour du savoir, du civisme et des enjeux de santé publique. Après les phases interclasses et préfectorales ayant regroupé plus de 200 établissements à travers les 39 préfectures du pays, 42 lycées ont été retenus pour la phase inspectorale, marquant une étape décisive vers la finale nationale.

    Une compétition éducative d’envergure nationale

    Lancée en mars 2026, la compétition s’étend sur plusieurs mois et se structure en cinq phases, allant des éliminatoires internes jusqu’à la grande finale prévue après les examens du baccalauréat.
    Au-delà du jeu, « Génie Imhotep » vise à renforcer les connaissances des élèves en matière de santé, notamment sur les infections sexuellement transmissibles, la santé reproductive et les comportements à risque.

    Cette initiative est également saluée pour son approche innovante de l’apprentissage, fondée sur la compétition intellectuelle, le travail en équipe et le développement du leadership chez les jeunes.

    Les 42 établissements qualifiés

    À l’issue des phases préfectorales, les établissements suivants se sont qualifiés pour la phase inspectorale (liste complète reconstituée à partir des différentes inspections et zones éducatives) :

    Lycée Tokoin 1 ; Lycée Gbényédji ; Lycée de Noépé ; Lycée Dalavé ; Lycée Tsévié Ville 1 ; Lycée Tsévié Ville 2 ; Lycée d’Adétikopé ; Lycée Agoè Centre ; Lycée Agoè Nyivé 2 ; Lycée d’Attitogon ; Lycée Zébévi ; Lycée Aného Ville 1 ; Lycée Tabligbo ; Lycée Vogan ; Lycée Afagnan ; Lycée Kpalimé ; Lycée Agou ; Lycée Atakpamé ; Lycée Notse ; Lycée Elavagnon ; Lycée Blitta Gare ; Lycée Sotouboua ; Lycée Sokodé ; Lycée Tchamba ; Lycée Bafilo ; Lycée Kara 1 ; Lycée Kara 2 ; Lycée Niamtougou ; Lycée Kantè ; Lycée Mango ; Lycée Dapaong ; Lycée Tandjouaré ; Lycée Cinkassé ; Lycée Pagouda ; Lycée Bassar ; Lycée Dankpen ; Lycée Guérin-Kouka ; Lycée Kougnohou ; Lycée Kétao ; Lycée Kpendjal ; Lycée Oti ; Lycée Tone.

    (NB : la répartition tient compte des 39 préfectures avec ajustements dans certaines zones, expliquant le total de 42 équipes.)

    Les affiches de la phase inspectorale

    Plusieurs confrontations ont déjà été annoncées pour cette phase décisive. Parmi les principales combinaisons :

    • Lycée Dalavé vs Lycée de Noépé (Tsévié)
    • Lycée Attitogon vs Lycée Zébévi (Aného)
    • Lycée Sokodé vs Lycée Tchamba
    • Lycée Notre-Dame de la Paix (Sotouboua) vs Lycée Blitta Gare
    • Lycée d’Adétikopé vs Lycée Agoè Centre

    D’autres rencontres se déroulent simultanément dans les différentes inspections du pays, selon un format éliminatoire visant à retenir 18 établissements pour la phase régionale.

    Un enjeu au-delà de la compétition

    « Génie Imhotep » ne se limite pas à une simple joute intellectuelle. Il s’inscrit dans une dynamique de transformation du système éducatif togolais, en mettant l’accent sur les compétences pratiques, la responsabilité citoyenne et la culture sanitaire.

    Les élèves sont évalués sur une base de milliers de questions couvrant divers domaines liés à la santé et au développement personnel. Cette exigence contribue à élever le niveau académique tout en préparant une jeunesse plus consciente des défis sociaux.

    Vers une finale très attendue

    Avec l’entrée en lice des 42 meilleurs établissements du pays, la compétition gagne en intensité. Chaque inspection devra désigner ses champions avant les phases régionales puis la grande finale nationale, prévue durant les vacances scolaires.

    L’engouement suscité par cette première édition laisse entrevoir un avenir prometteur pour « Génie Imhotep », appelé à devenir un rendez-vous majeur du calendrier éducatif togolais. Entre excellence académique et sensibilisation sanitaire, le championnat trace ainsi les contours d’une école tournée vers la performance et la responsabilité.

  • Lomé affine sa stratégie de financement contre les grandes pandémies

    Lomé affine sa stratégie de financement contre les grandes pandémies

    Le Togo a engagé les préparatifs de sa demande de financement dans le cadre du huitième cycle du Fonds mondial de lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme, pour la période 2027-2029.

    Ladite démarche vise à mobiliser des ressources essentielles pour poursuivre les efforts engagés dans la lutte contre ces trois maladies majeures de santé publique.

    À Lomé, un cadre de dialogue national a été ouvert afin de définir les priorités sanitaires du pays et de structurer une requête unique. Cette concertation réunit les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les représentants de la société civile. L’objectif est de garantir une approche inclusive et concertée dans l’élaboration du dossier.

    Les discussions portent notamment sur l’évaluation des besoins actuels du système de santé, dans un contexte marqué par des défis persistants en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge des patients. Une attention particulière est également accordée à la coordination des interventions, afin d’assurer une meilleure efficacité des programmes et d’éviter les duplications d’actions.

    À travers ce processus, les acteurs impliqués entendent renforcer la cohérence des stratégies mises en œuvre, tout en optimisant l’utilisation des ressources disponibles. La préparation de cette demande constitue ainsi une étape clé pour consolider les acquis et améliorer les performances du système de santé togolais.

    Partenaire du Togo depuis 2002, le Fonds mondial joue un rôle central dans le financement des programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Son appui a permis des avancées significatives dans la prévention et la prise en charge, tout en contribuant au renforcement global des capacités du système de santé national.

  • Italie : la Serie A rattrapée par un réseau sulfureux

    Italie : la Serie A rattrapée par un réseau sulfureux

    Une nouvelle affaire judiciaire secoue le football italien et jette une lumière crue sur les coulisses de la Serie A. À Milan, une enquête ouverte par les autorités met en cause l’environnement de plusieurs dizaines de joueurs évoluant dans l’élite du championnat.

    Selon l’agence de presse ANSA, près de 70 footballeurs, appartenant notamment à des clubs prestigieux comme l’Inter Milan, l’AC Milan, la Juventus, mais aussi AC Monza et le Torino FC, auraient participé à des soirées privées organisées par une agence aujourd’hui dans le viseur de la justice.

    Au cœur du dossier, les organisateurs sont soupçonnés de proxénétisme et d’exploitation de la prostitution. Les enquêteurs évoquent des flux financiers particulièrement élevés, dépassant le million d’euros, ce qui laisse entrevoir un système structuré et lucratif. Malgré l’ampleur de l’affaire, les noms des joueurs cités ont été anonymisés dans la procédure judiciaire, et aucun d’entre eux n’est, à ce stade, directement poursuivi.

    Les investigations décrivent un réseau fréquenté par des personnalités issues de milieux variés. Outre les footballeurs, des entrepreneurs et des figures publiques auraient également participé à ces événements organisés dans des restaurants et hôtels de luxe de la région lombarde. Un pilote de Formule 1 est même mentionné dans certaines écoutes, soulignant l’ampleur et l’attractivité de ces soirées exclusives.

    Si l’affaire n’en est qu’à ses débuts, elle soulève déjà des questions sur les relations entre célébrité, argent et dérives dans le sport professionnel. Pour les clubs concernés, l’enjeu est désormais d’éviter une atteinte durable à leur image, alors même qu’aucune responsabilité directe n’a été établie contre leurs joueurs.

    Dans un pays où le football occupe une place centrale, ce scandale naissant pourrait rapidement prendre une dimension nationale, voire internationale, à mesure que l’enquête progresse et que de nouveaux éléments émergent.

  • ONU : quatre visages, un seul élu pour l’après-Guterres

    ONU : quatre visages, un seul élu pour l’après-Guterres

    Quatre candidats sont dans le starting-block pour succéder au portugais Antonio Guterres. Les auditions ont démarré à l’issue desquelles un seul profit sera retenu.

    Ce mardi 21 avril marque l’ouverture d’une séquence décisive pour l’avenir des Nations unies. Les auditions des quatre candidats à la succession de António Guterres ont débuté dans un contexte de crises multiples, entre tensions géopolitiques, urgence climatique et remise en cause du multilatéralisme. À l’horizon 2027, un nouveau visage devra incarner une organisation en quête de souffle. À l’issue de ce processus, un seul candidat sera élu pour occuper le poste de secrétaire général.

    Ancien président du Sénégal, Macky Sall mise sur son expérience politique et diplomatique. À la tête de son pays pendant douze ans, il s’est imposé comme un acteur influent sur la scène africaine et internationale, notamment en tant que président en exercice de l’Union africaine en 2022. Défenseur du développement et du financement des économies du Sud, il pourrait incarner une voix du continent africain, souvent sous-représenté à ce niveau de responsabilité.

    Figure bien connue des institutions internationales, Michelle Bachelet apparaît comme une candidate de poids. Deux fois présidente du Chili et ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, elle dispose d’une solide expérience du système onusien. Son profil, axé sur les droits humains, l’égalité des genres et la justice sociale, pourrait séduire les États membres désireux de renforcer la dimension normative de l’ONU.

    Moins médiatisée mais tout aussi expérimentée, Rebeca Grynspan incarne une candidature technocratique. Ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle secrétaire générale de la CNUCED, elle est reconnue pour son expertise en matière de développement économique et de coopération internationale. Dans un contexte de fragilité économique mondiale, son profil pourrait rassurer les États en quête de solutions concrètes.

    Enfin, Rafael Grossi apporte une dimension sécuritaire à cette course. Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), il est au cœur des dossiers sensibles liés à la prolifération nucléaire. Son expérience dans la gestion des crises et des négociations complexes constitue un atout dans un monde marqué par des tensions croissantes.

    Quatre profils, quatre visions, mais une seule place à pourvoir. Entre équilibres géopolitiques et priorités stratégiques, le choix final déterminera l’orientation de l’ONU pour les années à venir.

  • Grève inédite des conseillers municipaux Zio 1

    Grève inédite des conseillers municipaux Zio 1

    Pour la première fois depuis la mise en œuvre du processus en 2019, des conseillers municipaux ont décidé d’entrer en grève pour réclamer le paiement de leurs indemnités.

    C’est un fait inédit dans le paysage de la décentralisation au Togo. Pour la première fois depuis la mise en œuvre du processus en 2019, des conseillers municipaux ont décidé d’entrer en grève pour réclamer le paiement de leurs indemnités. À Zio 1, huit élus locaux ont suspendu leur participation aux travaux du Conseil municipal, dénonçant trois mois d’arriérés. Une situation qui met en lumière des tensions de gouvernance au sein de cette collectivité territoriale.

    Les conseillers concernés, issus majoritairement de partis de l’opposition tels que l’ANC, l’UFC, le MPDD, NET, l’EPD et BATIR, ont officialisé leur position à travers une motion référencée N°001/GEL-ZIO1/2026. Dans ce document, ils évoquent un « blocage illégal et arbitraire » du paiement de leurs indemnités de fonction. Selon eux, ces ressources sont pourtant prévues par l’article 111 de la loi relative aux collectivités territoriales et inscrites au budget primitif 2026 de la commune, adopté et rendu exécutoire.

    Les élus grévistes estiment que cette situation constitue une entrave sérieuse au bon fonctionnement de la commune. Ils rappellent que les indemnités leur permettent de remplir leurs missions de proximité, notamment les déplacements dans les quartiers, les enquêtes de terrain, les échanges avec les populations et la restitution des décisions prises en conseil. À leurs yeux, le non-paiement compromet directement leur capacité à exercer efficacement leur mandat.

    Dans leur motion, les conseillers pointent la responsabilité du maire, qu’ils tiennent pour principal acteur du blocage. Ils insistent sur le caractère indispensable de ces indemnités, dans un contexte où les conseillers municipaux ne bénéficient pas de salaire mensuel, contrairement aux maires et à leurs adjoints. En effet, les élus locaux perçoivent uniquement des indemnités de session, généralement comprises entre 10 000 et 20 000 FCFA par jour, ainsi qu’une indemnité de déplacement plafonnée à 5 000 FCFA par session.

    Face à la montée de la contestation, une tentative de médiation a été engagée. Le préfet de Zio a reçu, à la mi-journée de ce mardi, une délégation des conseillers frondeurs. Selon les informations disponibles, l’autorité préfectorale les a invités à suspendre leur mouvement, tout en les rassurant sur des démarches en cours avec le Trésorier général pour régulariser la situation dans les meilleurs délais.

    La commune de Zio 1, dirigée par le maire Dr Atatsi Ayawo, compte 23 conseillers municipaux. L’absence de huit d’entre eux, soit plus du tiers de l’effectif, pourrait affecter significativement le fonctionnement du conseil municipal. Les décisions pourraient être retardées, voire compromises, en raison du manque de quorum ou de la fragilisation des équilibres internes.

    Les conseillers grévistes conditionnent leur retour à une régularisation complète des indemnités dues. Ils demandent également la tenue d’une session extraordinaire sous l’égide du préfet, afin de trouver une issue durable à la crise.

    Au-delà du cas de Zio 1, cette situation relance le débat sur les conditions d’exercice du mandat local au Togo. Elle met en évidence les défis persistants liés à la mise en œuvre de la décentralisation, présentée comme un levier essentiel de gouvernance de proximité et de renforcement de la démocratie locale.

  • Données personnelles : l’État civil sous haute vigilance

    Données personnelles : l’État civil sous haute vigilance

    À Blitta, la protection des données à caractère personnel s’impose désormais comme un enjeu central de la modernisation administrative.

    Du 20 au 24 avril, des agents venus de tout le pays prennent part à une série de sessions de sensibilisation organisées par Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP), en collaboration avec Agence Nationale de Formation des Collectivités Territoriales (ANFCT). Objectif : renforcer les compétences des acteurs de l’état civil face aux défis liés à la gestion et à la sécurisation des données des citoyens.

    Dans un contexte marqué par la digitalisation progressive des services publics au Togo, la question de la protection des informations personnelles devient incontournable. Les registres d’état civil, qui concentrent des données sensibles telles que les actes de naissance, de mariage ou de décès, sont au cœur de cette transformation. Leur gestion exige désormais des standards élevés en matière de sécurité, de conformité juridique et de responsabilité administrative.

    Au total, 177 participants, répartis en cinq groupes, prennent part à cette initiative. Ils représentent un large éventail d’acteurs : agents d’état civil issus des 117 communes, personnels en charge du contrôle de légalité dans les préfectures, assistants des secrétaires généraux des gouvernorats, ainsi que des représentants de ministères sectoriels. Cette diversité témoigne de la transversalité de la problématique et de la nécessité d’une approche coordonnée.

    Les travaux s’articulent autour de quatre axes majeurs : la politique nationale de l’état civil, la gestion et la conservation des archives, le cadre juridique et institutionnel de la protection des données, ainsi que les techniques de traitement des informations et de gestion des risques. L’ambition est claire : doter les participants d’outils concrets pour améliorer leurs pratiques au quotidien.

    La formation privilégie une méthode participative, mêlant exposés techniques, échanges interactifs et partages d’expériences. Cette approche permet non seulement de renforcer les connaissances, mais aussi de créer une dynamique d’apprentissage collectif, essentielle pour harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire.

    À l’ouverture des travaux, le préfet de Blitta, Batossa Boukari, représentant le ministre de l’Administration territoriale, a insisté sur l’importance stratégique de cette initiative. Selon lui, il s’agit de garantir une gestion « responsable, sécurisée et conforme » des données personnelles dans les centres d’état civil.

    De son côté, le président de l’IPDCP, Bédiani Belei, a rappelé le rôle clé des agents d’état civil. En première ligne, ils sont les garants de la confidentialité et de l’intégrité des informations des administrés, dans un contexte où les risques de fuite ou d’usage abusif des données se multiplient.

    Enfin, le directeur général de l’ANFCT, Komi Dodzi Denyo, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les collectivités territoriales. Il a notamment souligné la volonté de l’agence de fournir un appui technique durable pour renforcer les capacités locales.

    À travers cette initiative, le Togo confirme son ambition de moderniser son administration tout en plaçant la protection des données personnelles au cœur de sa gouvernance publique. Un défi majeur, à l’heure où la confiance des citoyens repose de plus en plus sur la sécurité de leurs informations.

  • Jean-Noël Barrot au Togo : Lomé au centre des enjeux diplomatiques

    Jean-Noël Barrot au Togo : Lomé au centre des enjeux diplomatiques

    À quelques jours de l’arrivée de Jean-Noël Barrot à Lomé, les enjeux dépassent largement le cadre d’une simple visite officielle. Entre rivalités d’influence, repositionnement stratégique de la France et montée en puissance diplomatique du Togo de Faure Gnassingbé, ce déplacement s’annonce comme un moment clé dans un contexte régional sous haute tension.

    Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’apprête à effectuer ces 23 et 24 avril une visite très attendue à Lomé. Un déplacement qui, au-delà de son caractère protocolaire, révèle les recompositions en cours sur l’échiquier diplomatique ouest-africain, où le Togo s’impose de plus en plus comme un acteur pivot.

    Ce premier séjour du chef de la diplomatie française intervient dans un contexte géopolitique particulièrement sensible. Il survient notamment quelques semaines après une série d’initiatives diplomatiques menées depuis Lomé autour de la crise dans la région des Grands Lacs, où Faure Gnassingbé joue un rôle de médiateur au nom de l’Union africaine. La France a d’ailleurs affiché son soutien à ces efforts, soulignant l’importance d’une solution politique et coordonnée à cette crise régionale .

    Mais cette visite ne peut être dissociée d’un autre élément clé : la concurrence d’influence entre puissances étrangères sur le continent africain. La récente présence à Lomé de responsables russes, dont le ministre de la Défense Andreï Belousov, illustre cette dynamique. Comme Paris, Moscou cherche à maintenir des relations solides avec les autorités togolaises, dans un contexte où plusieurs pays du Sahel ont déjà réorienté leurs alliances stratégiques.

    Face à cette nouvelle donne, la diplomatie française tente de réaffirmer ses positions sans rompre les équilibres. Les échanges récents entre Jean-Noël Barrot et son homologue togolais Robert Dussey témoignent d’une volonté de maintenir un dialogue constant, notamment sur les questions sécuritaires et régionales . Au cœur des discussions : la stabilité en Afrique de l’Ouest, la crise dans l’Est de la RDC, mais aussi les enjeux globaux comme le climat ou la gouvernance internationale .

    Cette visite intervient également dans un climat plus nuancé sur le plan bilatéral. La coopération sécuritaire entre Paris et Lomé, bien qu’ancienne, connaît un certain ralentissement, sur fond de critiques et d’interrogations en France comme au Togo . Dans ce contexte, le déplacement du chef de la diplomatie française pourrait servir à redéfinir les contours de cette relation, en l’adaptant aux réalités actuelles.

    Pour Lomé, l’enjeu est clair : consolider son statut de plateforme diplomatique crédible et incontournable. En accueillant des initiatives internationales et en multipliant les partenariats, le Togo confirme sa stratégie d’ouverture et de diversification. Pour Paris, il s’agit de rester un partenaire influent dans un pays qui, sans rompre avec ses alliés traditionnels, élargit progressivement son champ de coopération.

    In fine, cette visite de Jean-Noël Barrot pourrait bien marquer une étape importante dans la redéfinition des relations franco-togolaises. Entre coopération, concurrence et diplomatie d’équilibre, Lomé s’affirme plus que jamais comme un carrefour stratégique où se croisent les intérêts des grandes puissances.

  • Bassolma Bazié : la voix sans filtre du Sahel

    Bassolma Bazié : la voix sans filtre du Sahel

    Figure montante du discours souverainiste ouest-africain, Bassolma Bazié s’impose aujourd’hui comme l’un des visages les plus tranchés de la nouvelle ligne politique portée par l’Alliance des États du Sahel (AES).

    Président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), Bassolma Bazié, ancien syndicaliste burkinabè s’est construit une réputation solide : celle d’un homme au verbe direct, parfois dérangeant, mais toujours assumé.

    Parcours forgé dans le syndicalisme

    Avant d’entrer dans les sphères étatiques, Bassolma Bazié s’est illustré au sein du mouvement syndical du Burkina Faso, notamment comme leader de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B). Ce passage a façonné son style : combatif, ancré dans les luttes sociales, et profondément méfiant vis-à-vis des influences extérieures. Déjà à cette époque, il dénonçait avec vigueur les politiques économiques jugées dictées de l’extérieur.

    Franc-parler devenu marque de fabrique

    C’est toutefois sur la scène politique récente qu’il s’est imposé au grand public. Ses interventions, largement relayées sur les réseaux sociaux, cumulent des millions de vues. Dans ces vidéos virales, on le voit dénoncer sans détour « les injonctions extérieures », remettre en cause certains rapports d’ONG internationales, ou encore critiquer ce qu’il appelle une « démocratie importée ».

    Son ton, souvent incisif, tranche avec celui de nombreux responsables politiques. Là où d’autres privilégient la diplomatie, Bazié choisit la confrontation verbale. Cette posture lui vaut autant d’admirateurs — qui saluent son courage et sa cohérence — que de critiques, qui pointent des déclarations parfois difficiles à étayer, notamment lorsqu’il évoque des complots ou des menaces contre des dirigeants sahéliens.

    Porte-voix de la ligne souverainiste

    Dans le contexte actuel marqué par les recompositions géopolitiques au Sahel, Bassolma Bazié s’inscrit clairement dans la dynamique impulsée par des dirigeants comme Ibrahim Traoré. Il défend une rupture avec les partenariats traditionnels et plaide pour une autonomie stratégique accrue, notamment en matière de défense.

    Lors de sa récente intervention depuis le Togo, il a insisté sur la nécessité pour les pays de l’AES de « conquérir » leur souveraineté, tout en saluant certains appuis régionaux facilitant la continuité logistique et militaire. Il met également en avant les efforts internes, qu’il s’agisse de mobilisation financière nationale ou de réformes sociales.

    Figure clivante mais influente

    Bassolma Bazié incarne une tendance plus large qui gagne du terrain en Afrique de l’Ouest : celle d’un discours décomplexé sur la souveraineté, la sécurité et l’indépendance politique. Sa capacité à capter l’attention, notamment grâce aux réseaux sociaux, en fait un acteur incontournable du débat public.

    Mais cette influence s’accompagne de zones de controverse. Ses critiques virulentes envers certaines organisations internationales, ainsi que ses prises de position sur la gouvernance démocratique, interrogent autant qu’elles mobilisent.

    Entre conviction et stratégie

    Au final, Bassolma Bazié apparaît comme un homme de convictions, fidèle à une ligne idéologique construite au fil de son parcours. Son franc-parler n’est pas seulement un trait de caractère : il est devenu un outil politique, au service d’un projet plus large de redéfinition des rapports entre les États du Sahel et le reste du monde.

    Qu’on l’approuve ou qu’on le conteste, une chose est certaine : dans le paysage politique sahélien actuel, sa voix porte. Et elle ne semble pas prête de s’atténuer.

  • Savanes : un coup de pouce décisif aux femmes rurales

    Savanes : un coup de pouce décisif aux femmes rurales

    À Dapaong, la dynamique de renforcement de la résilience des communautés prend un nouveau tournant avec la remise d’équipements agricoles au profit de 46 coopératives, majoritairement féminines.

    Le gouvernement togolais, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement, a procédé à la remise d’équipements agricoles au profit de 46 coopératives, majoritairement féminines. Une initiative qui s’inscrit dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et socio-économiques persistants, et qui vise à renforcer l’autonomie économique des femmes.

    Les bénéficiaires, en grande partie des femmes réfugiées et vulnérables, évoluent principalement dans la chaîne de valeur de la tomate. Pour ces actrices essentielles du secteur agricole, ces équipements constituent une réponse concrète aux difficultés quotidiennes, notamment le manque de mécanisation et l’accès limité aux ressources productives. À travers ce geste, les autorités togolaises entendent leur offrir des moyens supplémentaires pour améliorer leur productivité et, à terme, leurs conditions de vie.

    La cérémonie de remise s’est tenue en marge de l’inauguration du bureau conjoint des Nations Unies dans la ville, en présence des autorités administratives, des partenaires techniques et financiers ainsi que des bénéficiaires. Prenant la parole, la ministre des Solidarités, Moni Sankaredja-Sinandja, a salué une action « concrète et porteuse d’espoir » pour les femmes rurales. Elle a rappelé leur rôle central dans le développement agricole au Togo, soulignant qu’elles représentent une part importante de la main-d’œuvre et assurent plus de la moitié des activités du secteur.

    Cette remise d’équipements s’inscrit dans le cadre du Programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés, mis en œuvre sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Ce programme ambitionne d’améliorer les conditions de vie dans les régions septentrionales du pays, en misant sur des actions concrètes telles que le soutien aux activités génératrices de revenus.

    Au nom des bénéficiaires, la coordinatrice du Réseau des femmes et développement (REFED) a exprimé sa gratitude envers le gouvernement et le PNUD. Elle a salué le leadership des autorités togolaises ainsi que l’accompagnement constant du PNUD dans la lutte contre la pauvreté, l’exclusion sociale et l’extrémisme violent. Elle a également mis en avant la proximité des équipes du PNUD, illustrée par la présence de sa représentante résidente, Binta Sanneh, lors de la cérémonie.

    Pour le PNUD, l’objectif est clair : accompagner durablement les coopératives vers une meilleure performance. Cela passe par le renforcement des capacités techniques et entrepreneuriales, l’amélioration de la gouvernance interne et la promotion de pratiques agricoles durables, adaptées aux changements climatiques.

    Sur le terrain, l’impact attendu est considérable. Pour les bénéficiaires, ces équipements ne sont pas de simples outils, mais un véritable levier de transformation. Ils permettront d’accroître la production, d’améliorer les revenus et de consolider l’autonomie économique des femmes.

    Clôturant la cérémonie, la ministre a rendu hommage au courage et à la résilience des femmes des Savanes. Elle les a invitées à faire de ces équipements un patrimoine collectif, géré avec rigueur et responsabilité, afin d’en garantir la pérennité et de transmettre les bénéfices aux générations futures.

Radio Renouveau228

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