Catégorie : Actualités

  • Daniel Kolani, du Togo à Paris : « Un jour au parc de Belleville, j’ai fait la rencontre qui a changé ma vie »

    Daniel Kolani, du Togo à Paris : « Un jour au parc de Belleville, j’ai fait la rencontre qui a changé ma vie »

    Arrivé en France en 2016 après avoir traversé le désert et la Méditerranée, le jeune homme se forme au métier de tapissier tout en menant des projets de développement dans son village natal.

      « Je m’appelle Daniel Kolani, j’ai 23 ans et je suis apprenti tapissier au centre de formation La Bonne Graine, à Paris. Je suis né à Liek, près de Dapaong, dans le nord du Togo. Je suis parti de chez moi pour la première fois quand j’avais 13 ans. Mon père est mort dans un accident en 2011, alors pour aider ma mère, j’ai travaillé dans les mines d’or au Ghana puis au Burkina Faso.

    En 2016, j’ai rencontré Mohamed, un Burkinabé dont le frère travaillait en Libye sur des chantiers de construction. Il m’a proposé de partir avec lui pour gagner de l’argent. Nous avons rejoint Niamey, au Niger, puis Agadez, dans un ghetto [un lieu où les migrants sont rassemblés en attendant de pouvoir continuer leur route]. Il faisait sec, nous manquions d’eau potable.

    « Les pick-up sont arrivés au bout d’une semaine, de nuit. On était 39 dans le nôtre, assis sur des bidons d’eau. On a passé neuf jours dans le désert. La nuit il faisait froid, nous creusions dans le sable pour nous réchauffer. On a croisé une camionnette qui avait eu un accident. Les passagers avaient survécu, mais on n’avait plus d’eau à leur donner et pas de place pour les prendre. Ils nous suppliaient. Ces gens que nous avons laissés, nous savions qu’ils allaient mourir. C’est un endroit horrible, le désert. Partout, il y a des corps dans le sable, des femmes, des jeunes… Le dernier jour, j’ai dû boire mon urine pour survivre car nous n’avions plus d’eau.

    « En Libye, j’ai passé un mois et demi en prison à Gatrone. J’ai réussi à m’échapper des camions quand ils ont voulu nous rapatrier. J’ai passé encore deux semaines dans un ghetto à Sebah, puis à Tripoli. Mohamed et moi, on a retrouvé son frère Ali sur le chantier de la maison d’un Libyen. On a travaillé avec lui et au bout de deux mois et demi, on avait gagné suffisamment d’argent pour lui rembourser le prix du trajet, qu’il nous avait avancé.

    Bateau gonflable

    « Mais le soir où on a fini le chantier, des voleurs nous ont tabassés et ont pris tout ce qu’il y avait dans la maison. On a eu peur d’être accusés de vol, il fallait fuir. Une connaissance d’Ali, policier, nous a emmenés sur la côte. Des hommes armés ont posé un bateau gonflable devant nous puis ont fait monter les passagers : nous étions 91. Au bout de deux jours, on était toujours en mer, perdus, et le bateau n’avait plus de carburant. On a été repérés par un hélicoptère, puis récupérés par un bateau de marchandises. Une dizaine de minutes après le sauvetage, la pluie et le vent se sont levés. On a vraiment eu chaud ! Nous sommes arrivés à Lampedusa, en Italie, un mercredi soir, après quatre jours de mer.

    « C’est là que j’ai été séparé de Mohamed. Je ne l’ai jamais revu. Je suis passé par la Sicile, puis dans un hôtel à Milan. De là, j’ai suivi deux Marocains jusqu’à Nice, en train puis à pied, pour éviter les contrôles. A Nice, j’ai pris un train pour m’éloigner le plus vite possible de la ville, où les contrôles sont très nombreux. Je suis arrivé à Paris, gare de Lyon, de nuit, en septembre 2016. Il fallait que je trouve un endroit où dormir. Un Sénégalais m’a donné l’adresse d’un foyer porte de Clignancourt et deux tickets de métro.

    « Elizabeth et sa famille ont décidé de m’héberger le temps de mes démarches. Six ans plus tard, je vis toujours chez elle »

    « On m’a conseillé d’aller voir la Croix-Rouge à Couronnes. J’ai été hébergé une semaine dans un hôtel, après j’étais à la rue, je dormais dans le métro. Régulièrement, je retournais les voir à Couronnes. Un jour au parc de Belleville, juste à côté, j’ai fait la rencontre qui a changé ma vie. Elizabeth, une Américaine qui vit à Paris, jouait avec sa fille dans le parc. Elle s’est assise près de moi sur un banc et on a discuté un peu.

    Quand elle a compris que j’étais seul, sans toit, elle m’a invité à boire un thé, elle m’a acheté un téléphone et une carte SIM. J’ai pu appeler ma mère pour la première fois depuis près d’un an. Elizabeth et sa famille ont décidé de m’héberger le temps de mes démarches. Six ans plus tard, je vis toujours chez elle.

     « Avec l’aide d’une association, j’ai passé le test du Casnav [Centre académique pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs] trois jours avant mes 18 ans ! Ça m’a permis d’être scolarisé au lycée Léonard-de-Vinci [15e arrondissement]. A la rentrée 2017, j’ai débuté un CAP menuiserie, que j’ai obtenu en 2019. Parallèlement, j’allais à l’association Savoir pour réussir, qui donne des cours de français. J’y ai rencontré plein de gens, des amis, ma vie a commencé à reprendre une énergie positive.

    Pompe à eau

    « Pendant mon CAP, j’ai fait un stage à l’opéra Bastille, dans la fabrication de décor. J’ai découvert la tapisserie. Quand j’ai vu que le CFA La Bonne Graine préparait à ce métier, je suis allé aux portes ouvertes. J’ai rencontré un enseignant incroyable, qui a été très ému par mon histoire et m’a beaucoup soutenu pendant ma scolarité. Je serai diplômé à la fin de l’année scolaire !

     « En décembre 2019, avec ma carte de séjour, j’ai pu pour la première fois retourner voir ma mère au Togo. Ces retrouvailles étaient très émouvantes. Mon retour a changé beaucoup de choses pour elle, car être une femme seule au Togo est compliqué. Mes oncles voulaient la remarier, mais aussi marier ma sœur. Je leur ai dit qu’elles feraient comme elles voulaient. Ma sœur, Meri, a continué sa formation de couturière et a eu son diplôme. Aujourd’hui, elle a son entreprise et embauche des apprenties.

     « J’ai voulu améliorer la vie du village, qui n’avait pas l’eau potable. Les enfants se levaient à 4 h 30 et marchaient sept kilomètres pour aller chercher de l’eau avant de partir à l’école. Mon projet était de financer un forage pour installer une pompe à eau. Avec une amie en France, nous avons récolté 6 000 euros grâce à une cagnotte en ligne. Quand les gens du village ont su ce qu’on essayait de faire, ils ont construit la route qui a permis au camion de forage de parcourir la distance qui le séparait de la route principale. C’était fou ! L’entreprise est venue forer en avril 2022 et depuis, le village a de l’eau potable. Ça a changé leur vie. Mon prochain objectif serait d’arriver à créer une école.

    « Avec ma mère, on se donne très souvent des nouvelles. Et en France, je ne suis plus seul grâce à Elizabeth, sa famille et mes amis. Mais je suis toujours tiraillé entre les deux pays. J’aime la France, mais je ne suis pas à l’aise comme si j’étais chez moi. Quand je suis au Togo, j’essaie de dire aux jeunes de ne pas partir. Certains dépensent des milliers d’euros pour la route ! Si j’avais eu cet argent au Togo, je n’aurais jamais fait le voyage. On peut créer des choses sur place, des entreprises qui ensuite prennent des jeunes pour les former, comme le fait ma sœur. »

    mondeafrique.fr

  • Togo : comment Faure Essozimna Gnassingbé soigne sa stature de médiateur régional

    Togo : comment Faure Essozimna Gnassingbé soigne sa stature de médiateur régional

    Le président, au pouvoir depuis 2005, n’hésite pas à réprimer toute opposition intérieure tandis qu’il se déploie en « médiation et tolérance » sur la scène continentale.

     « Lomé, capitale de la paix, de la médiation, du dialogue et de la tolérance. » Le slogan choisi par le gouvernement togolais à l’occasion du Forum sur la paix et la sécurité qui s’est tenu à Lomé du vendredi 20 au dimanche 22 octobre était programmatique. A l’Hôtel du 2 Février, au milieu d’un parterre de diplomates, d’intellectuels et de représentants d’instances internationales, certains des invités étaient scrutés : les représentants des trois juntes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Des régimes mis au ban de la communauté internationale depuis qu’ils ont commis un coup d’Etat, mais dont les relations avec le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé sont au beau fixe.

    « Médiation et tolérance », s’est plu à répéter le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, sur la scène du forum. Pourtant, sitôt le marbre de l’hôtel débarrassé de ses prestigieux invités, c’est un tout autre visage qu’ont montré les autorités de Lomé. Dans le hall du palace, les forces de sécurité ont débarqué le 25 octobre pour signifier à Joseph Breham et Matilda Ferey, deux avocats français représentant Abgéyomé Kodjo, qui a perdu la présidentielle de 2020 lors de laquelle Faure Essozimna Gnassingbé a été réélu pour un quatrième mandat, qu’ils n’étaient plus libres de leurs mouvements. « Ils nous ont très fermement empêchés de sortir de l’hôtel, en nous disant qu’ils étaient là pour assurer notre sécurité. En réalité, ils voulaient nous empêcher de participer à la conférence de presse que nous avions organisée juste avant notre retour à Paris », explique Me Breham. Les avocats d’Agbéyomé Kodjo, qui vit en exil, comptaient notamment « communiquer sur les méthodes de traitement inhumain et dégradant subis » par certains de ses militants, emprisonnés après l’élection. En vain. Ils ont été raccompagnés dans la soirée du 25 octobre à l’aéroport par les forces de l’ordre.

    « Trompe-l’œil »

    La séquence illustre le paradoxe qui fait la politique de Faure Essozimna Gnassingbé : une diplomatie axée sur la médiation dans les conflits régionaux, conjuguée, en interne, à l’autoritarisme. « Le Togo est un pays en trompe-l’œil », estime le professeur Michel Goeh-Akue, historien. Pour l’ancien dirigeant syndicaliste proche de l’opposition, « la diplomatie tous azimuts de M. Gnassingbé est un moyen pour lui de s’offrir une légitimité. Il se polit une image d’homme de paix dehors pour faire oublier ce qui se passe au Togo, où il dirige un régime militaire ».

    Ce grand écart a jusqu’ici permis au régime d’assurer sa longévité. Faure Gnassingbé est l’homme de tous les podiums. Premier fils de président africain à accéder au pouvoir à la mort de son père, en 2005 – au prix d’une répression qui a fait plus de 400 morts selon l’ONU, avant Ali Bongo Ondimba au Gabon, Uhurru Kenyata au Kenya ou encore Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDC), il est aussi le dernier d’entre eux encore en fonction. A 57 ans, il figure parmi les plus jeunes chefs d’Etat du continent tout en étant celui qui a le plus d’années de pouvoir au compteur (dix-huit) en Afrique de l’Ouest. Au point de se faire appeler par ses pairs le « jeune doyen ». L’homme timide mais têtu n’aime pas l’expression : elle rappelle qu’il doit sa fonction à son père, Etienne Eyadema Gnassingbé. Médiateur au Biafra, au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée-Bissau, au Tchad, en Côte d’Ivoire… le général a enseigné à son fils le talent de la médiation au fur et à mesure des fonctions qu’il lui a confiées : conseiller du président, ministre et député, puis dauphin. Un héritage encombrant mais qui fait de lui un homme moins regardant sur les principes démocratiques que la communauté internationale.

    Dès le coup d’Etat d’août 2020 au Mali, M. Gnassingbé a affiché sa singularité. En même temps qu’il siégeait au sein de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui a imposé un embargo économique et territorial à la nouvelle junte, il a reçu à Lomé le colonel Assimi Goïta en décembre, alors vice-président, qui est devenu président en mai 2021. Plusieurs fois, ces trois dernières années, M. Gnassingbé s’est rendu à Bamako, capitale devenue infréquentable pour de nombreux chefs d’Etat. En 2022, c’est encore lui qui est nommé médiateur pour faire libérer 49 soldats ivoiriens retenus prisonniers à Bamako qui les accuse d’être des mercenaires. Dans ce dossier, la visite du président togolais dans la capitale malienne le 4 janvier 2023 a été décisive : trois jours plus tard, les soldats étaient libérés.

    Cette « diplomatie agissante, discrète et efficace », selon les mots de la présidence, est favorisée par les relations personnelles de longue date Robert Dussey avec son homologue Abdoulaye Diop – un ami du temps où ce dernier officiait au sein de l’Union africaine (UA) quand le premier jouait déjà au médiateur au sein de la communauté vaticane Sant’Egidio. Le chef de la diplomatie togolaise est aussi très proche du président Goïta, qui l’a d’ailleurs élevé au rang de commandeur de l’Ordre national du Mali en mai 2023. Le modèle se reproduit après les coups d’Etat au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023). « Comme les Maliens font confiance à Faure, ils ont conseillé aux autres putschistes de se tourner vers lui », raconte un conseiller du gouvernement togolais.

    « En même temps »

    Depuis, les liens se sont renforcés entre Lomé et le trio putschiste, uni depuis septembre au sein de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). La base aérienne de Niamtougou, plantée dans le nord du Togo, à une dizaine de kilomètres de Pya, le village d’origine des Gnassingbé, fait office de hub de la diplomatie discrète mise en œuvre par le président. Encore début août, « Faure Gnassingbé y a rencontré des représentants des trois régimes militaires (du Mali, du Burkina Faso et du Niger) », glisse le même conseiller. Selon nos informations, le président togolais s’est aussi discrètement envolé pour Niamey début octobre, avant que le premier ministre nigérien Lamine Zeine ne vienne tout aussi discrètement à Lomé. Interrogé par Le Monde sur ces séjours et leurs objectifs, Robert Dussey sourit mais ne dit mot. Et qu’importe si le « en même temps » togolais agace certains pays d’Afrique de l’Ouest.

    « Faure Essozimna Gnassingbé a conscience qu’il va falloir composer avec les juntes pendant un certain temps », souligne un de ses proches, qui revendique une diplomatie « réaliste », dans les intérêts de « l’avenir » du Togo. La prospérité de ce dernier dépend largement de l’état de sa coopération économique avec les pays du Sahel. Ne surnomme-t-on pas le port autonome de Lomé, seul port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest, représentant plus de 60 % des revenus de l’Etat, « terminal du Sahel », tant il sert de voie de transit pour les marchandises ?

    Depuis son entrée en activité en juin 2022 et malgré les embargos sur les marchandises officiellement imposés par la Cedeao aux putschistes maliens et burkinabés, plus de 15 000 conteneurs de 20 pieds en provenance de Bamako, Ouagadougou et Niamey y ont transité, selon la direction du port sec, et 30 000 tonnes de marchandises y ont été exportées à destination du Sahel.

    Pour Lomé, la coopération est aussi nécessaire sur un plan sécuritaire, alors que le nord du Togo est désormais la cible des groupes terroristes implantés au Sahel. Depuis 2021, plus de 140 Togolais y ont déjà été tués dans des attaques selon les autorités. « On ne peut pas se payer le luxe de lutter contre le terrorisme chez nous sans la coopération des Etats voisins d’où part le problème, quelle que soit la nature des régimes en place », précise le proche du président cité plus haut. « Lorsque la case de ton voisin brûle et que tu ne fais rien, bientôt les flammes atteindront la tienne », aimait enseigner Gnassingbé père à son fils, lui recommandant aussi de « ne jamais lâcher le pouvoir ».

    « Le principal complice du régime »

    Pour ce faire, Faure Essozimna Gnassingbé a verrouillé le régime et l’armée – le coup d’Etat au Gabon où Ali Bongo Ondimba a été renversé en août après cinquante-cinq ans de pouvoir familial lui en a encore rappelé la nécessité –, n’hésitant pas à réprimer des manifestations massives comme en 2017 et 2018. Selon Aimé Adi, directeur d’Amnesty International au Togo, « il est devenu quasiment impossible pour l’opposition comme pour la société civile de manifester. Des opposants sont toujours en prison, sans que l’on connaisse leur nombre ». Même le lancement d’un projet de l’Union européenne pour promouvoir la liberté d’association a été interdit, mi-octobre.

    De nouvelles élections, régionales et législatives, sont censées se tenir d’ici à fin 2023 mais aucune date n’a été donnée par les autorités. Les adversaires de M. Gnassingbé, qui conduit aujourd’hui son quatrième mandat, ne se font plus d’illusion. « De toute façon, les résultats réels des urnes ne sont jamais proclamés », dénonce maître Paul Dodji Apevon, le président des Forces démocratiques pour la République (FDR). « Même quand les scrutins sont volés, la communauté internationale ne dit rien publiquement. Elle est le principal complice du régime », tempête Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC). Un mutisme qui alimente la déception de la jeunesse togolaise vis-à-vis de l’Occident et qui est habilement utilisé par les autorités.

    A la tribune de l’ONU, fin septembre, Robert Dussey a dit s’exprimer « pour la jeunesse africaine ». « Nous sommes fatigués de votre paternalisme, fatigués par votre mépris de nos opinions publiques, populations et dirigeants », a dénoncé le chef de la diplomatie togolaise. Face aux Occidentaux, le Togo joue la carte de l’unité africaine. En mai, Lomé a lancé l’Alliance politique africaine (APA) réunissant l’Angola, le Burkina Faso, la République centrafricaine, le Gabon, la Guinée, la Libye, le Mali, la Namibie, la Tanzanie. Lomé, où avait été signé l’acte constitutif de l’Union africaine (UA) en 2000, cherche à refondre l’unité continentale dans « un cadre moins formel, réunissant des Etats vraiment d’accord entre eux, pour peser plus lourd » sur la scène internationale, résume-t-on dans l’entourage du président.

    Pragmatisme

    Fin 2024, Lomé devrait accueillir le 9e congrès panafricain dont le « haut comité de la décennie des racines africaines » réunit quinze pays des cinq régions d’Afrique. « Le régime veut montrer à sa jeunesse, qui représente plus de 60 % de sa population, qu’elle soutient ses idéaux afin de ne pas donner prise à un renversement du pouvoir, comme ce fut le cas au Sahel. C’est de l’opportunisme », estime le journaliste et écrivain Zeus Aziadouvo, ancien membre de la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), qu’il a quittée début 2023, estimant qu’« elle était devenue un instrument de musellement des médias ».

    Chassé par les juntes du Sahel et confronté à une montée du sentiment antifrançais en Afrique de l’Ouest, Paris suit avec attention les choix singuliers du Togo. « Ce qui compte, c’est l’intérêt des Togolais », expliquait Faure Essozimna Gnassingbé en avril, avant de préciser être prêt à prendre « certains choix, même difficiles » pour les défendre. « Ce que nous voulons, nous allons le chercher où nous le trouvons. Avec la France, les Anglais (…), certains pays africains. C’est cette philosophie qui guide mon action. Et le souci d’être indépendant, de ne pas être perçu comme étant irrémédiablement lié à quelqu’un », ajoutait-il alors, un mois avant d’être reçu à l’Elysée par Emmanuel Macron avec qui il partage le goût du « en même temps ». Un jeu d’équilibriste qui a pour l’instant fait ses preuves, et que le président togolais devrait entretenir « jusqu’à ce qu’il sente le vent tourner », résume un homme politique à Lomé. Une affaire de pragmatisme.

    Mondeafrique.fr

  • Le diabète se guérit selon Togbui Dagban

    Le diabète se guérit selon Togbui Dagban

    Le diabète est-il incurable? Cette maladie présentée comme chronique “se guérit” rassure Togbui Dagban, le chef traditionnel du quartier Adakpamé.

    Nous y reviendrons.

  • Au Togo, le nombre de détenus politiques dépasse 90

    Au Togo, le nombre de détenus politiques dépasse 90

    Ils sont exactement (actuellement) 92 personnes recensées comme détenus politiques au Togo par des organisations de défense des droits de l’homme.

    LISTE DES DETENUS POLITIQUES

    1- GOMA ABDOUL-AZIZ arrêté le 21 Décembre 2018

    2- ALLES ATTI arrêté le 21 Décembre 2018

    3- KARROU WAWIM arrêté le 21 Décembre 2018

    4- ISSA SALIOU arrêté le 21 Décembre 2018

    5- ISSA ISSIFOU arrêté le 21 Décembre 2018

    6- KONDOOUFIA TCHA-SAMA arrêté le 19 Décembre 2018

    7- DJERI NOURIDINE arrêté le 21 Décembre 2018

    8- FOFANA NAFIOU arrêté le 21 Décembre 1018

    9- ADAM LATIF arrêté le 21 Décembre 2018

    10- ALI AGBO MARZOUK arrêté le 21 Décembre 2018

    11- YOUSSIF ALI arrêté le 21 Décembre 2018

    12- YACOUBOU BILALI arrêté le 21 Décembre 2018

    13- BOUKARI DJOBO arrêté le 21 Décembre 2018

    14- MOHAMED SOULEMANE arrêté le 21 Décembre 2018

    15- YAYA SOULEMANI arrêté le 21 Décembre 2018

    16- BANAVEI BALA arrêté le 19 Décembre 2018

    17- OUATTARA ABDOU-FADEL arrêté le 25 Novembre 2019

    18- TCHAWISSI RAFIOU arrêté le 24 novembre 2019

    19- TCHATIKPI ABOUBAKAR

    20- ZAKARIYAO ABDEL-HAMID,

    21- OURO-GOUNI MOUTALA,

    22- TRAORÉ FOUSSENI, arrêté le 23 Novembre 2019

    23- ADAM ABDOUL-MANAF, arrêté le 2 Février 2020

    24- KONGOYOU ROUFAÏ, arrêté le 1er Décembre 2019

    25- ABRANGAO YOUSSAOU,

    26- KORIKO NOURIDINI, arrêté le 31 Décembre 2019

    27- TAGBA DJANFAROU, arrêté le 23 Novembre 2019

    28- TCHABANA MOUNIROU, arrêté le 18 Décembre 2019

    29- KPADJA MOUTADIOU,

    30- KERIME GAFAROU, arrêté le 29 Novembre 2019

    31- SEBABE ESSO BABA-DARO, arrêté le 30 Novembre 2019

    32- FOUSSENI MOUSSA

    33- DJOKOTO KOMLAN VICTOR, arrêté le 6 Décembre 2019

    34- DOUMASSI YAO, arrêté le 28 Décembre 2019

    35- TCHATACORA ABOUDOU BAKI, arrêté le 5 Janvier 2020

    36- SALIFOU MOUSTAFA, arrêté le 28 Novembre 2019

    37- FOFANA BABA-SANI

    38- OURO-ATCHOUNOU ASSOUMANOU, arrêté le 23 Novembre 2019

    39- KALAMBANI AFISSOU, arrêté le 26 Novembre 2019

    40- ABEVI ABDOULRAZAK, arrêté le 5 Décembre 2019

    41- AGOKPA EZO, arrêté le 4 Décembre 2019

    42- OURO-GNAO BASSIROU, arrêté le 3 Décembre 2019

    43- AGRIGNA RACHID, arrêté le 10 Décembre 2019

    44- ALIDOU ALASSANI, arrêté le 25 Décembre 2019

    45- AZOUMA FOUDOU, arrêté le 5 Décembre 2019

    46- ATTI RAZAK, arrêté le 2 Décembre 2019

    47- ALASSANI AWALI, arrêté le 25 Novembre 2019

    48- SIDI TOURÉ ABDOULAYE, arrêté le 7 Décembre 2019

    49- TCHAGNAOU ABOUBAKAR, arrêté le 4 Décembre 2019

    50- BOUKARI GAWILOU, arrêté le 6 Décembre 2019

    51- SEKOU KOSSI, arrêté le 11 Décembre 2019

    52- DIMA MASSAOUDOU, arrêté le 3 Décembre 2019

    53- OURO-MO ABDOUL-RAHIM,

    54- BOURAIMA KAMILOU, arrêté le 16 Janvier 2020

    55- AMIDOU IDRISSOU,

    56- OURO LONGA ABDEL, arrêté le 25 Novembre 2019

    57- ISSAKA GANIOU, arrêté le 25 Novembre 2019

    58- ALI AMEDJOA ABOUDOUKERIM, arrêté le 28 Novembre 2019

    59- INOUSSA FOUSSENI,  arrêté le 10 Décembre 2019

    60- MOUSSA ISSA, arrêté le 10 Février 2020

    61- ALASSANI SALIOU, arrêté le 26 Février 2020

    62- OURO-GNAOU NAZIF, arrêté le 4 Mars 2020

    63- OURO-MEDJI SADIKOU, arrêté le 4 Mars 2020

    64- ZAYINI KASSIMOU, arrêté le 24 Novembre 2019

    65- ADAM MOUNIROU, arrêté le 10 Janvier 2020

    66- BAGNA AWALI, arrêté le 16 Janvier 2020

    67- AMADOU MOUSBAOU, arrêté le 20 Janvier 2020

    68- TANKO TOURÉ MOUSTAPHA, arrêté le 26 Janvier 2020

    69- NAMBOU MOUNIROU, arrêté le 26 Janvier 2020

    70-ASSOUMANOU SOULEYMANE, arrêté le 26 Janvier 2020

    71- YACOUBOU AKILILOU, arrêté le 26 Janvier 2020

    72- MOUMOUNI ALI, arrêté le 26 Janvier 2020

    73- BATCHA AWALI, arrêté le 26 Janvier 2020

    74- DERMANE SANI ZAKARI, arrêté le 26 Janvier 2020

    75- BETEOU FAZAZI, arrêté le 26 Janvier 2020

    76- ISSAKA RABIOU, arrêté le 26 Janvier 2020

    77- MOUKAILA WALIOU, arrêté le 26 Janvier 2020

    78- NYKA FINIBILÉ GADO, arrêté le 26 Janvier 2020

    79- YAYA TADJOU, arrêté le 26 Janvier 2020

    80- ASSOUMANOU AMZA, arrêté le 26 Janvier 2020

    81- NARA RAIMOND, arrêté le 26 Janvier 2020

    82- YAYI DAKPANOU GUY, arrêté le 26 Janvier 2020

    83- SARIKI WAKILOU, arrêté le 26 Janvier 2020

    84- AFFOUDA JULIEN, arrêté le 26 Janvier 2020

    85- BODÉ TCHABOUDJO, arrêté le 26 Janvier 2020

    86- TCHABORI DOUDOU, arrêté le 26 Janvier 2020

    87- OURO TAGBA RABIOU, arrêté le 29 Janvier 2020

    88- OURO-ADJANA ARIMIYAOU, arrêté le 26 Janvier 2020

    89- OURO-AGORO AWALI, arrêté le 26 Janvier 2020

    90- AKHOSSI SOULEMANE SAKIBOU, arrêté le 26 Janvier 2020

    91- OURO-GNAOU ALIKOU, arrêté le 26 Janvier 2020

    92- TRAORÉ LEYLA (Une dame)

  • Football : la CAN, objet de tensions entre les clubs européens et les sélections africaines

    Football : la CAN, objet de tensions entre les clubs européens et les sélections africaines

    Certains joueurs, soumis aux pressions de leurs employeurs, pourraient renoncer à participer à la Coupe d’Afrique des nations, dont la prochaine édition aura lieu en janvier et février en Côte d’Ivoire.

    L’international malien Abdoulaye Doucouré, milieu de terrain du club anglais d’Everton, s’exprime rarement dans la presse. Son interview publiée le 5 novembre par 90 Football, une application spécialisée, n’est cependant pas passée inaperçue. L’ancien joueur du Stade rennais a annoncé qu’il ne participera pas à la prochaine Coupe d’Afrique des nations de football (CAN), qui se déroulera en Côte d’Ivoire du 13 janvier au 11 février, pour se concentrer sur sa carrière en club.

    L’histoire ne dit pas si Abdoulaye Doucouré a subi des pressions de son club, lequel a prolongé son contrat d’un an en mai. Mais à l’approche de la phase finale, il est fort probable que d’autres internationaux africains décideront de s’épargner le voyage en Côte d’Ivoire, volontairement ou sur l’insistance de leurs employeurs. Ainsi, le Camerounais André Onana, gardien de Manchester United et des Lions indomptables, hésiterait, selon une information du média américain ESPN, à disputer la compétition, alors que son club est en difficulté en Premier League anglaise et en Ligue des champions.

    « Les pressions des clubs sur les joueurs peuvent exister, ce n’est pas nouveau. Cela ne concerne pas tous les clubs, bien sûr, et dans la très grande majorité des cas, les joueurs ont très envie de disputer la CAN et ils y participent, même si cela peut ne pas plaire à leurs employeurs », relativise Sébastien Desabre, le sélectionneur français de la République démocratique du Congo (RDC). Reste que des clubs peuvent effectivement influencer leurs joueurs, notamment s’ils sont en lutte pour le maintien ou, au contraire, dans la course pour une qualification européenne. « On va lui dire qu’on a besoin de lui, qu’il est important », ajoute Sébastien Desabre.

    Mercato hivernal

    D’autres vont plus loin, faisant comprendre aux internationaux africains que leur présence en phase finale avec leur sélection pourrait leur coûter leur place de titulaire à leur retour d’Afrique ou freiner leur progression en club. Ainsi, quelques semaines avant la CAN 2022 au Cameroun, l’Algérien Andy Delort, le Ghanéen Felix Afena-Gyan et le Burkinabé Yacouba Nasser Djiga, alors respectivement sous contrat avec l’OGC Nice, l’AS Roma et le FC Bâle, avaient renoncé à disputer la compétition.

    « La situation sportive d’un joueur peut également l’inciter à décliner la sélection, explique un agent de joueurs sous couvert d’anonymat. Prenez le cas d’Hugo Ekitike, l’attaquant du Paris-Saint-Germain. Il a des origines camerounaises et Samuel Eto’o, le président de la Fédération camerounaise de football, tente de le convaincre de jouer pour les Lions indomptables. Mais comme il n’a pas joué cette saison avec son club, il va chercher à partir lors du mercato hivernal [du 1er au 31 janvier] et ce ne sera pas le moment pour lui d’aller disputer la CAN. »

    Les clubs européens sont de plus en plus réticents à libérer leurs internationaux africains en cours de saison. Les tensions avant la CAN 2022 entre, d’un côté, l’Association européenne des clubs (ECA) et le Forum des ligues mondiales (WLF), de l’autre la Confédération africaine de football (CAF), en avaient été la meilleure démonstration. Les clubs avaient tenté de faire reporter la phase finale, prévue du 9 janvier au 6 février. En vain. Mais ils avaient tout de même obtenu que les joueurs ne soient libérés que le 4 janvier au lieu du 27 décembre. En 2024, les footballeurs devront rejoindre leur sélection le 2 janvier, soit onze jours avant le début des matchs.

    « Il y aura des pressions »

    Pour cette édition, Tom Saintfiet, le sélectionneur belge de la Gambie, s’attend à ce que des clubs européens tentent une nouvelle fois de retenir le plus longtemps possible les internationaux africains dans les championnats. « Les clubs européens sont puissants, il y aura des pressions, comme en 2022, car une CAN en janvier et février, cela ne les arrange pas », rappelle-t-il. Le sujet est à ce point sensible qu’Aurelio De Laurentiis, le président du club de Naples, avait déclaré en août 2022 qu’il ne recruterait plus de joueurs africains, « sauf s’ils acceptent de renoncer à disputer la CAN ». Le dirigeant s’est conformé à son engagement, aucun Africain n’ayant signé depuis cette date avec le champion d’Italie en titre.

    Bernard Serin, son homologue du FC Metz, ne cache pas non plus son exaspération alors que son club, qui joue le maintien en Ligue 1, devra probablement se passer d’au moins quatre joueurs lors de la CAN. « En 2017, la CAF nous avait vendu l’idée que la CAN aura désormais lieu en juin et juillet. Mais cela ne s’est produit qu’une seule fois, en 2019 en Egypte, car au Cameroun en 2022 et en Côte d’Ivoire en 2024, c’est la saison des pluies. Il faut aussi nous comprendre : les joueurs partent début janvier, et pour ceux qui vont loin dans la compétition, ils ne rentrent qu’un mois et demi plus tard », expose le dirigeant français, agacé que les joueurs dont il continue de verser les salaires pendant la CAN reviennent « fatigués, parfois blessés ».

    Ces polémiques récurrentes devraient s’éteindre au moins pendant quatre ans, puisque les CAN 2025 au Maroc et 2027 en Tanzanie, en Ouganda et au Kenya, devraient se dérouler aux mois de juin et juillet grâce aux conditions climatiques favorables dans ces régions à cette période de l’année.

    www.lemonde.fr/afrique

  • Présidentielle au Liberia: entre George Weah et Joseph Boakai, le second tour s’annonce serré

    Présidentielle au Liberia: entre George Weah et Joseph Boakai, le second tour s’annonce serré

    Près de 2,4 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce mardi, pour le second tour de la présidentielle. Le président sortant, Georges Weah, brigue un second mandat. Face à lui, un routier de la politique libérienne : Joseph Boakai. Même scénario qu’au second tour de la présidentielle de 2017. Mais depuis, le contexte et les deux personnages ont changé. Et les résultats du premier tour du 10 octobre dernier étaient serrés. 

    Au premier tour, Georges Weah était en tête du scrutin avec 7 000 voix de plus que son challenger. À 57 ans, l’ancien Ballon d’or promet de poursuivre sa politique : gratuité de l’enseignement, développer les infrastructures, améliorer le système de santé… Au premier tour, Weah a notamment bénéficié d’un soutien important des électeurs dans les comtés du sud du pays. Pour le second tour, il mise entre autres sur l’influence de plusieurs sénateurs élus le 10 octobre dernier.

    De son côté, Joseph Boakai, 78 ans, joue sa dernière carte. Il connaît bien l’appareil d’État car il a été vice-président pendant 12 ans. Son alliance avec l’ancien chef de guerre Prince Johnson, une personnalité controversée et redoutée, lui a permis de cumuler de nombreuses voix dans le comté de Nimba, une zone fortement peuplée, dans le nord.

    Sur le fond, Joseph Boakai promet de « sauver le pays », en mettant fin, assure-t-il, à la mauvaise gouvernance. « Joseph Boakai a surtout bénéficié du vote des électeurs frustrés et en colère contre le système actuel », estime un connaisseur de la vie politique libérienne.

    Deux facteurs pourraient avoir une incidence sur ce scrutin : la participation des électeurs. Et le choix des quelque 114 000 voix invalidées au premier tour, en raison d’une erreur sur leur bulletin de vote.

    Un défi logistique pour la Commission nationale des élections

    Ces élections sont les premières que le pays organise seul, suite au départ, en 2018, des forces de maintien de la paix des Nations unies (la Minul). Ainsi, lors de la dernière présidentielle, en 2017, la Commission nationale des élections avait bénéficié du soutien logistique et financier de la Minul dans l’organisation du scrutin ce qui n’est pas le cas de cette année.

    Pour la NEC, la Commission nationale des élections, l’enjeu est d’abord logistique. Au premier tour, aucun dysfonctionnement majeur n’avait été décelé le jour du vote. Les pluies étant moins fréquentes, l’acheminement du matériel électoral a pu être mené dans de meilleures conditions.

    Les partis politiques ont ces derniers jours, ponctuellement exprimé leurs doutes concernant la transparence du scrutin. Samedi, un informaticien ghanéen, soupçonné de monter une application parallèle de collecte des résultats, a été expulsé par les autorités. Lors de la compilation des résultats au premier tour, la Commission nationale des élections avait annoncé l’arrestation de cinq agents électoraux accusés de tentative de fraudes. Ces personnes ont été remplacées et sont poursuivies par la justice, assure la présidente de la NEC, qui affirme que des dispositions ont été prises pour éviter que cet incident ne se reproduise. 

    Cette élection est suivie de près par les observateurs internationaux, présent en nombre dans le pays. Dans un contexte sous-régional marqué par une succession de coups d’État, tout l’enjeu, est de « s’assurer que le scrutin est transparent, accepté de tous, politiques et citoyens », indique un observateur de la Cédéao.

    rfi.fr

  • L’aire marine protégée de Joal-Fadiouth : exemple d’une économie verte à soutenir

    L’aire marine protégée de Joal-Fadiouth : exemple d’une économie verte à soutenir

    L’aire marine sénégalaise renferme un écosystème marin et côtier des plus riches. Cet environnement fragile se doit d’être protégé. C’est la mission d’organismes nationaux que soutient la Fondation OCP.

    Le Sénégal dispose de ressources halieutiques et piscicoles abondantes. Située à environ 130 km de Dakar, l’Aire Marine Protégée (AMP) de Joal-Fadiouth s’étend sur une superficie de 174 km2. Son lagon abrite des zones humides jouant un rôle vital dans la préservation de la faune aquatique, telle que la tortue marine ou la mangrove qui contribue à la protection des côtes. Cette richesse est fragile car surexploitée depuis plus de deux décennies. Le Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Transition Écologique du Sénégal déploie d’importants efforts pour préserver ce patrimoine naturel national. Il a su répondre aux recommandations du Cinquième Congrès Mondial des Parcs de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), émises en septembre 2003. La Direction des Aires Marines Communautaires Protégées(DAMCP) a donc été créée.

    Consciente des risques pesants sur les écosystèmes côtiers, la Fondation OCP a choisi d’offrir son soutien actif à la DAMCP.

    Cette collaboration a donné naissance au projet de Joal-Fadiouth, une initiative spécifiquement adaptée aux besoins de la zone marine protégée. Depuis octobre 2021, et durant trois ans, un développement économique, social et inclusif est promu, ainsi que l’amélioration de la conservation de la biodiversité marine et côtière dans et autour de l’aire marine protégée. À travers ce projet, les partenaires visent également à améliorer les rendements de pêche, en ayant à cœur de renforcer les perspectives socio-économiques et la qualité de vie des communautés locales.

    LES ACTIONS DE LA FONDATION OCP ONT POUR AMBITION DE CULTIVER LES FONDEMENTS D’UN AVENIR PLUS DURABLE, PLUS POSITIF ET PLUS ÉQUITABLE.

    Inclusion sociale et protection de la biodiversité : mêmes combats

    La réussite du projet tel que conçu par la Fondation OCP ne peut se faire sans l’engagement actif des communautés locales. En effet, sa mise en place est issue de plusieurs ateliers de diagnostic, en co-construction avec les représentants de toutes les parties prenantes et les communautés locales.

    L’appui à l’AMP de Joal-Fadiouth a été principalement assuré par le biais d’un programme de transfert de technologie et de renforcement de capacités en faveur des femmes membres des coopératives locales. Articulé autour du reboisement de la mangrove, il bénéficie aux représentants des membres d’une association locale et de cinq groupements de Joal-Fadiouth ainsi qu’aux agents de la DAMCP.

    Avec l’objectif d’améliorer l’état de conservation de la biodiversité marine et côtière de l’AMP, le soutien de la Fondation se concentre essentiellement sur la promotion de la reforestation et de la restauration de la mangrove. Cela implique la mise à disposition d’équipements de supervision et de suivi pour les agents de l’AMP et la mise en œuvre d’un programme d’éducation et de sensibilisation à l’environnement, au profit des élèves des écoles de Joal Fadiouth. Les partenaires ont également expérimenté, à travers toutes les étapes du projet, l‘approche “One Health”, qui vise à atteindre des résultats optimaux en matière de santé, en tenant compte de l’interconnexion entre les êtres humains, les animaux, les végétaux et leur environnement partagé.

     Femmes, numérisation et innovation pour la biodiversité

    À travers le renforcement de capacités de plus de 600 membres des Groupements de Promotion Féminine, la Fondation OCP veille à ce qu’elles acquièrent les compétences et les outils nécessaires pour optimiser l’utilisation des ressources de la mangrove et gérer efficacement les finances de leurs projets. La contribution de la Fondation consiste principalement à mettre en avant leur rôle en tant que catalyseurs du changement. Il s’agit essentiellement d’accroître leur résilience face aux défis du changement climatique.

    La digitalisation et l’introduction de nouvelles technologies sont adoptées telles des remparts pour appuyer l’ensemble des activités prévues et accélérer le transfert de technologie opéré. Des équipements informatiques de pointe ont été mis à la disposition des partenaires pour garantir une innovation optimale tout au long du déploiement du projet.

    Le projet de l’Aire Marine Protégée de Joal-Fadiouth fonctionne tel un passeur entre la conservation marine, l’autonomisation communautaire et le développement durable. Les forces déployées autour de cette cause témoignent d’une collaboration Sud-Sud basée sur une vision partagée pour un développement durable et respectueux de l’environnement.

    LE PROJET DE L’AIRE MARINE PROTÉGÉE DE JOAL-FADIOUTH

    Le projet de l’Aire marine protégée (AMP) de Joal-Fadiouth fait partie de plusieurs initiatives entreprises par la Fondation OCP, visant à promouvoir un changement tangible à travers le Continent. Il s’intègre dans sa démarche conciliant la préservation de l’environnement et une action positive en faveur d’enjeux humains. Cette action est l’une des collaborations phares du partenariat entre le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et de la Transition Écologique du Sénégal et la Fondation OCP. D’autres initiatives similaires sont en cours au Parc National du Niokolo Koba, ainsi que dans la partie sénégalaise du tracé de la Grande Muraille Verte.

    Fondation OCP

  • Tout sur la Journée Mondiale du Diabète 2023

    Tout sur la Journée Mondiale du Diabète 2023

    Chaque 14 novembre, la Journée mondiale du diabète est commémorée. C’est l’occasion de sensibiliser à l’impact du diabète sur la santé des personnes et de souligner les possibilités de renforcer la prévention, le diagnostic et le traitement du diabète.

    À l’occasion de la Journée mondiale du diabète, l’OPS soulignera la nécessité d’un accès équitable aux soins essentiels, notamment en sensibilisant les personnes atteintes de diabète aux moyens de minimiser le risque de complications. Les activités célébreront également les expériences des personnes atteintes de toutes les formes de diabète afin d’aider celles qui sont touchées à agir, notamment en recherchant et en obtenant des soins essentiels.

    Faits marquants sur le diabète

    Le diabète de type 1 n’est pas évitable. Le diabète de type 2 est souvent évitable grâce à une alimentation saine, une activité physique régulière, le maintien d’un poids corporel normal et l’absence de tabagisme.

    Le diabète est une cause majeure de cécité, d’insuffisance rénale, de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et d’amputation des membres inférieurs.

    Le diabète peut être traité et ses complications évitées ou retardées grâce à un dépistage et à un traitement régulier.

    Les personnes atteintes de diabète doivent se soumettre à un dépistage régulier des complications afin de faciliter la détection précoce. Cela comprend le dépistage des maladies rénales, des examens réguliers de la vue et l’évaluation des pieds.

    L’arrêt du tabac réduit de 30 à 40 % le risque de développer un diabète de type 2.

    Le diabète est associé à un risque environ deux fois plus élevé de tuberculose et à un risque plus élevé de tuberculose multirésistante.

    Les personnes souffrant à la fois de tuberculose et de diabète sont deux fois plus susceptibles de mourir pendant le traitement de la tuberculose et ont deux fois plus de risques de rechute de la tuberculose après la fin du traitement.

    Seulement 50 % des personnes atteintes de diabète de type 2 reçoivent l’insuline dont elles ont besoin, souvent parce que les systèmes de santé de leur pays n’en ont pas les moyens.

  • Elim CAN (F) Maroc 2024 | 2ème tour : La liste de Kaï Tomety pour la double confrontation face à la Tanzanie

    Elim CAN (F) Maroc 2024 | 2ème tour : La liste de Kaï Tomety pour la double confrontation face à la Tanzanie

    Dans le cadre de la double confrontation entre le TOGO et la TANZANIE comptant pour le deuxième tour des éliminatoires de la prochaine CAN féminine, Kaï Tomety, la  sélectionneure des Eperviers Dames, a convoqué une vingtaine de joueuses  pour un dernier stage qui se déroule du 20 novembre  au 6 décembre 2023.

    Qualifiée pour le deuxième tour des éliminatoires de la CAN Maroc 2024 après avoir éliminé Djibouti, la sélection nationale féminine  se prépare activement pour s’offrir une deuxième qualification consécutive après celle de 2022.

    Les Eperviers Dames seront en déplacement en Tanzanie le jeudi 30 novembre prochain  pour le compte du match aller avant de recevoir leurs adversaires au stade de Kégué à Lomé, le mardi 5 décembre dans le cadre du match retour.

    Voici la liste des joueuses sélectionnées pour le stage des Éperviers Dames, tel qu’annoncé dans le communiqué du Secrétariat Général de la FTF :

    Gardiennes :

    AMOUKLOU Amé Lila (AMIS DU MONDE-TOGO)

    KANDA Bilansama (AL-AIN FC – ARABIE SAOUDITE)

    HATTO Adjo Sophie (AHE FC-TOGO)

    Défenseuses :

    KAGLAN Ayawoa (TEMPETE FC-TOGO)

    KONOU Yawa (AUSFAZ-MAROC)

    ASSIGNON Eya Akoko (TP MAZEMBE- RDC)

    AMEMADO Ayélé (BELIEVER FC-TOGO)

    SOSSA Pélagie (AMIS DU MONDE-TOGO)

    ZOUTEPE Adjovi Sonia (TEMPETE FC-TOGO)

    KOUGLO Bénédite (TEMPETE FC-TOGO)

    ZIORKLUI Happy (ATHLETA FC-TOGO)

    DJANKALE Omolatcho Ella (RCA ZEMAMRA- MAROC)

    FOLLY-ABLA (AMIS DU MONDE-TOGO)

    Milieux :

    BADATE Nathalie (FF YZEURE-France)

    GAKE Ami Reine (TP MAZEMBE-RDC)

    DOGLI Afi Rifela (BOURGES FOOT 18-FRANCE)

    SAMA Koudjoukalo (BOURGES FOOT 18-FRANCE)

    N’DJAMBARA Amiratou (FUS-MAROC)

    GNINGTEMA Odette (FUS-MAROC)

    AKITI Yawa Akofa (TEMPETE FC)

    GBATI Kpandjapou Alice (ASKO FC-TOGO)

    YAYA Takyatou (AL-AIN FC-ARABIE SAOUDITE)

    Attaquantes :

    WOEDIKOU Afi Apeafa (NANTES FC-France)

    KAYABA Tatiana Magnoudewa (ASKO FC-TOGO)

    ADINDA-AKPO Moussirietou (AMIS DU MONDE-TOGO)

    GANTIM Ikpindi Lucie (ENTENTE SPORTIVE DES TROIS CITES POITIERS-FRANCE)

    Source: Fédération togolaise de football (FTF)

  • Jadis puissant au Togo, le général Kadangha est condamné à 20 ans de prison

    Jadis puissant au Togo, le général Kadangha est condamné à 20 ans de prison

    L’ancien chef d’état-major de l’armée togolaise a été condamné pour complicité d’assassinat dans la mort du colonel Bitala Madjoulba, tué en mai 2020. C’est lui qui écope de la plus lourde peine.

    C’est au bout de huit heures de délibération que la chambre criminelle du tribunal militaire a rendu, tard dans la nuit du 7 au 8 novembre, son verdict dans le procès de l’assassinat du colonel Bitala Toussaint Madjoulba.

    Condamnés et radiés de l’armée

    Le général de division Abalo Kadangha – qui devait partir à la retraite le 20 novembre prochain – a été reconnu coupable de complot contre la sûreté intérieure de l’État, d’entrave au bon fonctionnement de la justice et de complicité d’assassinat. Il a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle.

    Également accusé, le colonel Kodjo Ali, commandant du Groupement d’achat des Forces armées togolaises au moment des faits, et le caporal-chef Songuine Yendoukoa, chauffeur du défunt, écopent pour leur part de 15 années de prison. Enfin, Balakyème Bouwè, ex-commandant de l’unité de sécurité militaire, et la soldate Laletou Akouna, secrétaire de permanence la nuit des faits, ont chacun été condamnés à cinq ans de réclusion.

    Tous les cinq sont en outre exclus de l’armée et devront payer, au titre des dommages et intérêts, un milliard de francs CFA à l’État togolais et 1 franc symbolique à la famille du défunt – son frère aîné, Calixte Madjoulba, ancien ambassadeur du Togo en France, a été nommé le 8 septembre dernier ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

    Deux autres officiers, le lieutenant-colonel Senam Agbonkou, ancien commandant en second du colonel Bitala Madjoulba, et le commandant Kpatcha Atèkpè, adjoint au commandant de l’unité de sécurité militaire, ont en revanche été acquittés. Ils pourront réintégrer leurs fonctions dans les jours à venir.

    Assassiné dans son bureau

    La victime commandait le premier bataillon d’intervention rapide (BIR) et avait été assassiné dans son bureau dans la nuit du 3 au 4 mai 2020, quelques heures seulement après l’investiture de Faure Essozimna Gnassingbé – cérémonie à laquelle Bitala Madjoulba venait d’assister.

    À la barre le 26 octobre dernier, le général Kadangha, autrefois très puissant, avait rejeté les accusations portées contre lui, affirmant que le colonel Madjoulba était « comme [son] fils ». Il avait répété n’être mêlé ni de près ni de loin à son assassinat. Il avait une dernière fois protesté de son innocence, ce mardi 7 novembre, avant que le jury ne se retire pour délibérer, plaidant aussi pour son maintien dans l’armée.

    Ce procès, aussi sensible qu’attendu, s’était ouvert le 23 octobre dernier à Lomé. Dix-neuf témoins à charge se sont succédé à la barre. Parmi eux, le colonel Tchakbéra. Il avait passé une partie de la soirée du 3 mai 2020 avec le colonel Madjoulba, de 18h30 à 21h30. Face à la cour, il a affirmé que quelques heures avant sa mort, la victime lui avait conseillé de se méfier de tout le monde avec cette phrase : « le ver est dans le fruit ».  « Le ver ici, a insisté le colonel Tchakbéra, c’est le général Abalo Kadangha, et le fruit ce sont les forces armées togolaises. »

    Autrefois proche du président togolais Faure Gnassingbé dont il a épousé une sœur, Félix Abalo Kadangha fut, de 2013 à 2020, le chef d’état-major général de l’armée togolaise. Il avait été arrêté le 12 janvier dernier. Reste à savoir si le général – qui n’a pour l’heure pas fait appel de sa condamnation – purgera sa peine à la prison civile de Lomé ou de Kara.

    jeuneafrique.com

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