Catégorie : Actualités

  • Diplomatie en Afrique : quand certains représentants de l’État se croient tout permis

    Diplomatie en Afrique : quand certains représentants de l’État se croient tout permis

    De Bangui à Abidjan, plusieurs affaires ont, ces dernières années, écorné l’image de la diplomatie étrangère en Afrique, entre accusations de comportements sexuels déplacés, abus d’autorité et soupçons d’utilisation abusive des privilèges diplomatiques.

    L’affaire fait déjà grand bruit dans les couloirs du Quai d’Orsay. Selon une information révélée par Le Canard enchaîné, l’ambassadeur de France en République centrafricaine, Bruno Foucher, est visé par une procédure disciplinaire. Le diplomate aurait fait venir une trentaine de jeunes femmes dans les appartements privés de la résidence diplomatique, entre janvier 2024 et mars 2026, et aurait eu des relations sexuelles avec certaines d’entre elles. Des comportements qui auraient fini par inquiéter les services chargés de la protection de la résidence, au point de faire apparaître une faille de sécurité.

    Il convient toutefois de rappeler que ces faits sont, à ce stade, rapportés dans le cadre d’une procédure disciplinaire et ne sauraient être présentés comme judiciairement établis.

    Au-delà du cas Foucher, cette affaire remet sur la table une question plus large : que deviennent les exigences d’exemplarité lorsque certains diplomates, protégés par leur statut et installés dans des résidences fastueuses, finissent par se comporter comme des privilégiés hors sol ?

    Des ambassades parfois transformées en espaces de dérive

    L’Afrique n’est malheureusement pas étrangère à ce type de controverses. En 2020, l’ancien ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Gilles Huberson, avait été rappelé à Paris alors qu’il faisait l’objet d’accusations de comportements sexistes et sexuels. Plusieurs femmes avaient témoigné dans le cadre d’une enquête interne du ministère français des Affaires étrangères. L’intéressé avait contesté les accusations et dénoncé de « faux témoignages » et des « cabales ».

    Deux ans auparavant, une autre affaire avait éclaboussé la représentation diplomatique algérienne en Afrique du Sud. L’ambassadeur algérien à Pretoria, Abd El Naceur Belaid, avait été convoqué par les autorités sud-africaines à la suite d’accusations de harcèlement sexuel.

    Ces épisodes ne permettent évidemment pas de jeter l’opprobre sur l’ensemble des diplomates étrangers présents sur le continent. Ils montrent cependant que le statut diplomatique, lorsqu’il est mal compris ou mal encadré, peut nourrir un sentiment d’impunité particulièrement choquant.

    Le privilège diplomatique n’est pas un permis de tout faire

    La fonction d’ambassadeur impose pourtant une obligation particulière d’exemplarité. Un diplomate ne représente pas seulement sa personne : il incarne son État auprès du pays d’accueil. Ses comportements privés peuvent donc avoir des conséquences publiques, surtout lorsqu’ils impliquent les locaux de la représentation officielle, des membres du personnel ou des personnes vulnérables.

    Les dérives peuvent d’ailleurs dépasser la seule question des mœurs. Une enquête consacrée aux diplomates et réseaux consulaires en Afrique a également documenté des cas dans lesquels des accréditations auraient servi de couverture à des activités criminelles ou à des trafics.

    Dans un autre registre, l’affaire du diplomate vénézuélien Dwight Sagaray au Kenya rappelle brutalement que l’immunité diplomatique n’est pas synonyme d’impunité absolue. Ancien premier secrétaire de l’ambassade du Venezuela à Nairobi, Sagaray a été condamné en 2023 à vingt ans de prison pour le meurtre de l’ambassadrice par intérim Olga Fonseca, après la levée de son immunité.

    L’Afrique ne doit pas devenir le terrain de jeu des « intouchables »

    Le problème dépasse donc Bruno Foucher. Il interroge une certaine conception de la présence diplomatique en Afrique, où des représentants étrangers peuvent parfois donner le sentiment de vivre dans un monde parallèle, à distance des réalités sociales du pays qui les accueille.

    Le scandale est d’autant plus sensible lorsque les résidences diplomatiques, financées et protégées au nom de l’État, deviennent le théâtre de comportements susceptibles de compromettre la sécurité, la dignité ou la réputation de la représentation.

    Il serait toutefois injuste d’en faire une caractéristique de la diplomatie en Afrique ou des diplomates étrangers en général. La majorité exerce sa mission dans le respect des règles et des populations. Mais les cas de dérives doivent être examinés avec rigueur, sans complaisance ni traitement de faveur.

    Une ambassade n’est ni un royaume privé, ni une zone de non-droit. Et le passeport diplomatique ne devrait jamais être confondu avec un permis de se croire au-dessus des autres.

  • Nigeria : le faux Conseil présidentiel qui met à nu les failles du pouvoir Tinubu

    Nigeria : le faux Conseil présidentiel qui met à nu les failles du pouvoir Tinubu

    Un mystérieux organisme, doté d’un budget public de 1,3 milliard de nairas, a été démasqué comme une structure fictive, révélant de graves failles dans le contrôle administratif nigérian.

    Le scandale fait grand bruit au Nigeria. Le Presidential Foreign Intervention Promotion Council (PFIPC), présenté comme une structure chargée d’attirer les investissements étrangers, n’aurait jamais existé légalement. Pourtant, l’organisme disposait d’un directeur général autoproclamé, d’un site internet et surtout d’une enveloppe de 1,3 milliard de nairas inscrite dans le budget national 2026.

    Alerté, le président Bola Tinubu a saisi la Commission indépendante sur les pratiques de corruption et autres infractions connexes (ICPC). Après plusieurs semaines d’investigations, l’agence anticorruption a conclu à une vaste supercherie. Son président, Musa Adamu Aliyu, affirme que Prince Adeniyi Adeyemi Matthew, présenté comme le patron du Conseil, « n’a jamais été nommé » par les autorités fédérales.

    Plus troublant encore, le faux organisme aurait occupé d’anciens locaux administratifs et entretenu des contacts avec des responsables politiques, fonctionnaires et diplomates. Des documents portant des signatures et sceaux officiels auraient également été falsifiés.

    Même si aucun fonds public n’aurait finalement été versé, l’affaire soulève une question explosive : comment une structure fictive a-t-elle pu atteindre le cœur du processus budgétaire de l’État ?

    Interpellé, Adeyemi devra répondre aux enquêteurs. L’ICPC recommande également des poursuites et de profondes réformes administratives.

  • Bassar 1 : les VEC 2026 à l’heure du bilan à mi-parcours

    Bassar 1 : les VEC 2026 à l’heure du bilan à mi-parcours

    À Bassar 1, l’heure est à l’évaluation pour mieux renforcer l’impact de l’engagement citoyen. Les acteurs communaux ont passé au crible, vendredi 7 août 2026, les premiers résultats de la mission des Volontaires d’Engagement Citoyen (VEC).

    La salle de réunion de la mairie de Bassar 1 a servi de cadre, vendredi 7 août, à une rencontre consacrée à l’évaluation à mi-parcours de la mission des Volontaires d’Engagement Citoyen, VEC 2026. Réunis à l’initiative du maire, les différents acteurs communaux ont fait le point sur la mise en œuvre des activités et les résultats enregistrés depuis le démarrage de la mission.

    Cette étape se veut avant tout un exercice de suivi et d’ajustement. Il s’est agi pour les participants d’apprécier le niveau d’atteinte des indicateurs fixés, tout en identifiant les difficultés rencontrées et les aspects nécessitant des améliorations.

    Mesurer les résultats, corriger les insuffisances

    Au-delà du simple bilan, cette évaluation à mi-parcours entend favoriser une meilleure compréhension des acquis et des défis liés à l’engagement des VEC. Les échanges ont ainsi permis de mettre en lumière les enseignements tirés de la première partie de la mission, afin de mieux orienter la suite des activités.

    Pour les responsables communaux, cette démarche constitue un levier important pour renforcer l’efficacité des interventions des volontaires sur le terrain. Elle permet également de disposer d’éléments concrets pour ajuster les actions et améliorer le suivi des engagements pris.

    Une seconde partie sous le signe de l’optimisation

    L’objectif affiché est désormais de capitaliser les expériences acquises et de corriger les éventuelles insuffisances avant la poursuite de la mission. La commune entend ainsi optimiser la contribution des VEC au développement local et à la promotion de la participation citoyenne.

    À Bassar 1, cette évaluation traduit donc une volonté de ne pas attendre la fin de la mission pour mesurer ses effets. Le suivi à mi-parcours apparaît comme un outil de pilotage permettant aux acteurs communaux de maintenir le cap, d’améliorer les pratiques et de donner davantage de portée à l’engagement citoyen des VEC 2026.

  • Investissements et industrie : le modèle togolais séduit Madagascar

    Investissements et industrie : le modèle togolais séduit Madagascar

    De l’industrialisation à l’attraction des capitaux privés, Madagascar vient au Togo chercher des clés d’expérience : une délégation malgache explore, du 6 au 12 août, les mécanismes togolais et le modèle de la PIA pour accélérer la transformation économique.

    Une nouvelle étape dans le rapprochement économique entre le Togo et Madagascar. Depuis le 6 août 2026, une délégation du ministère malgache de l’Industrialisation et du Développement du Secteur Privé effectue une mission de travail au Togo. Accueillie par le ministère délégué chargé de la Promotion des Investissements, de l’Industrie et de la Souveraineté économique, elle séjournera dans le pays jusqu’au 12 août.

    Cette mission est essentiellement consacrée au partage d’expériences dans des secteurs considérés comme stratégiques pour la transformation économique des deux pays. Les échanges portent notamment sur le développement des écosystèmes agricoles, la mise en place de zones dédiées à la transformation industrielle et les dispositifs destinés à stimuler l’investissement privé.

    Le modèle togolais au cœur des échanges

    À travers cette visite, Madagascar cherche notamment à mieux comprendre les mécanismes développés par le Togo pour favoriser l’implantation et l’accompagnement des investisseurs. L’enjeu est de tirer des enseignements d’une expérience nationale en matière d’aménagement de pôles économiques, de transformation des productions agricoles et de création d’un environnement propice au secteur privé.

    Au-delà des présentations institutionnelles, la mission privilégie les échanges directs et l’observation des infrastructures. Cette approche doit permettre à la délégation malgache d’apprécier concrètement les dispositifs mis en place par le Togo et d’identifier d’éventuelles pistes d’adaptation au contexte de Madagascar.

    La PIA, vitrine de la transformation industrielle

    La visite de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) constitue l’un des temps forts de cette mission. La délégation pourra y découvrir les infrastructures de cette zone industrielle et échanger sur les mécanismes ayant contribué à son développement.

    Une attention particulière devrait être accordée aux modèles de partenariat public-privé, présentés comme un levier important dans la réalisation et la gestion d’infrastructures industrielles. La PIA offre ainsi un terrain concret pour discuter des conditions permettant de mobiliser les capitaux privés au service de la transformation économique.

    Cette immersion permet également de mettre en lumière l’importance croissante des zones industrielles dans les stratégies africaines de développement. Pour les États confrontés au défi de transformer localement leurs matières premières, ces espaces peuvent constituer des instruments de création de valeur, d’attraction des investissements et de développement des chaînes de production.

    Vers une coopération Sud-Sud renforcée

    Au-delà des seuls enjeux industriels, cette mission traduit une volonté de renforcer les échanges entre deux pays africains confrontés à des problématiques similaires : transformation des matières premières, développement du secteur privé, création d’emplois et attraction des investissements.

    Le déplacement de la délégation malgache illustre ainsi l’intérêt croissant des coopérations Sud-Sud. Les expériences développées sur le continent peuvent constituer des sources d’inspiration, à condition d’être adaptées aux réalités économiques et institutionnelles propres à chaque pays.

    En accueillant cette délégation, le Togo entend également valoriser son expérience et consolider son positionnement comme espace d’échanges autour des politiques d’investissement et d’industrialisation.

    Jusqu’au 12 août, les discussions entre les deux parties devraient donc permettre d’approfondir le partage d’expériences et d’identifier de nouvelles pistes de collaboration. Une démarche qui pourrait contribuer, à terme, à renforcer les relations économiques entre Lomé et Antananarivo et à promouvoir une coopération africaine davantage fondée sur le transfert de savoir-faire et les expériences concrètes.

  • Tupac : 30 ans après, le procès qui pourrait lever le voile sur un meurtre mythique

    Tupac : 30 ans après, le procès qui pourrait lever le voile sur un meurtre mythique

    Trente ans après l’assassinat de Tupac Shakur, le procès de Duane « Keffe D » Davis pourrait enfin apporter des réponses à l’un des plus célèbres « cold cases » des États-Unis.

    L’un des crimes les plus célèbres de l’histoire du rap américain revient devant la justice trente ans après la mort de Tupac Shakur. Le procès de Duane « Keffe D » Davis, ancien chef de gang accusé d’avoir orchestré le meurtre du célèbre rappeur, s’ouvre lundi à Las Vegas, dans l’État du Nevada. Les débats devraient s’étaler sur près d’un mois.

    Tué par balles le 7 septembre 1996 à Las Vegas, Tupac Shakur, alors âgé de 25 ans, est devenu depuis une figure emblématique de la musique américaine. Son assassinat, longtemps resté sans réponse judiciaire, constitue l’un des « cold cases » les plus médiatisés des États-Unis.

    Pendant trois décennies, aucune condamnation n’est venue établir les responsabilités dans cette affaire, faute de preuves suffisantes. L’arrestation de Duane Davis, en 2023, avait ainsi marqué un tournant majeur dans l’enquête.

    L’accusé, qui a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés, a plaidé non coupable. Le procès devra notamment déterminer son éventuel rôle dans la préparation et l’exécution du meurtre.

    Au-delà du destin tragique de Tupac, cette audience pourrait enfin apporter des réponses à une affaire qui nourrit depuis trois décennies spéculations et théories.


  • Espoir Fadu mise sur la peinture pour libérer la créativité des enfants

    Espoir Fadu mise sur la peinture pour libérer la créativité des enfants

    Dans un contexte où les activités artistiques restent encore peu accessibles à de nombreux enfants, l’artiste plasticien Espoir Fadu multiplie les ateliers pour faire de la peinture un véritable outil d’expression et d’éveil.

    La peinture ne sert pas uniquement à produire de belles images. Elle peut aussi devenir un langage. C’est le pari fait par l’artiste plasticien Espoir Fadu, qui poursuit ses ateliers de formation destinés aux enfants. La troisième vague de son programme consacré à la peinture et à l’harmonie des couleurs a débuté ce lundi 10 août 2026.

    Sur sa page Facebook, l’artiste appelle déjà les parents à anticiper les inscriptions pour la quatrième vague, annoncée du 26 au 28 août. « La place est limitée », prévient-il, alors que l’initiative entend familiariser les plus jeunes avec les fondamentaux de la création picturale.

    Donner aux enfants un autre langage

    Derrière l’apprentissage des couleurs, des formes et des techniques de peinture, Espoir Fadu défend une conception plus large de l’art. Pour lui, l’enfant doit pouvoir disposer d’espaces où il peut expérimenter, imaginer et traduire autrement ce qu’il ressent.

    « S’exprimer autrement à travers la peinture », écrit-il pour résumer la philosophie de ces ateliers. Une formule qui place l’expression personnelle au cœur de la démarche.

    L’art comme outil d’éveil

    L’initiative intervient également dans un contexte où les disciplines artistiques peinent encore à occuper une place centrale dans les parcours éducatifs. En initiant les enfants à la peinture, Espoir Fadu entend contribuer au développement de leur imagination, de leur sensibilité et de leur capacité à créer.

    La prochaine session, prévue du 26 au 28 août, constituera donc une nouvelle occasion pour les jeunes participants de découvrir l’univers pictural. À travers cette démarche, l’artiste défend une conviction simple : apprendre à peindre, c’est aussi apprendre à regarder, à ressentir et à s’exprimer.

  • Congrès de l’UFC : l’Ablodé face au défi d’un nouveau départ

    Congrès de l’UFC : l’Ablodé face au défi d’un nouveau départ

    À l’ouverture de son congrès de ce 8 juillet à Lomé, l’UFC entend conjuguer fidélité à l’héritage de l’Ablodé, engagement dans la Ve République et renouvellement de ses forces pour renforcer son influence politique.

    Réunis en congrès à Lomé, les militants de l’Union des forces de changement (UFC) entendent tourner une nouvelle page de leur histoire politique. Placés sous le thème « De l’Ablodé à développement harmonieux », les travaux s’inscrivent à la croisée de l’héritage historique du parti, de son positionnement dans la Ve République et de la nécessité affichée de préparer la relève. Dans son discours d’ouverture, la direction de l’UFC a appelé à l’unité, à la paix et à une participation active à la transformation du pays.

    De l’Ablodé à une opposition revendiquée comme constructive

    Le discours d’ouverture a d’abord replacé l’UFC dans une histoire politique dont le parti revendique la continuité. L’Ablodé, présenté comme l’héritage fondateur, est défini comme une aspiration à la « libération politique, libération économique, libération sociale et culturelle ». Une référence qui renvoie directement à l’indépendance du Togo et à la figure de Sylvanus Olympio, présenté dans le discours comme l’un des pères de cette ambition nationale.

    Créée le 1er février 1992, dans le contexte de la transition du parti unique vers le multipartisme, l’UFC affirme avoir été portée sur les fonts baptismaux avec l’objectif de faire souffler « un vent de liberté dans tous les aspects de la vie des Togolais ». Sous le leadership de Gilchrist Olympio, le parti a ensuite participé aux différentes séquences de la vie politique nationale, jusqu’à la signature, le 26 mai 2010, d’un accord de paix avec le pouvoir d’alors. Le discours présente cet épisode comme ayant contribué à permettre au Togo de se concentrer davantage sur les enjeux de développement.

    Cette orientation vers une politique moins frontale semble demeurer au cœur du positionnement revendiqué par l’UFC. Le parti se présente désormais comme une « opposition constructive », appelée à formuler des propositions et à participer, selon ses moyens, à la réalisation des politiques publiques. Eau, emploi, éducation, électricité, santé, sécurité et salubrité sont identifiés comme les principaux axes sur lesquels l’UFC entend continuer à agir en faveur des populations.

    Le changement institutionnel intervenu avec la Ve République constitue, dans cette perspective, un autre enjeu majeur. L’UFC rappelle avoir choisi de soutenir le régime parlementaire après les débats internes suscités par la réforme constitutionnelle. Pour le parti, ce nouveau système constitue une occasion de renforcer son implantation territoriale et d’améliorer ses performances électorales. Le discours revendique d’ailleurs le statut de troisième force politique du pays à l’issue des premières élections organisées dans le cadre de la Ve République, derrière l’UNIR et l’ANC.

    Le défi de la relève et d’un nouveau souffle

    Au-delà des considérations institutionnelles, le congrès apparaît surtout comme un moment de réflexion sur l’avenir de l’UFC. Les élections désormais derrière elle, la formation politique doit déterminer le rôle qu’elle entend jouer dans la nouvelle architecture institutionnelle. « Les élections étant passées, quel rôle jouera le parti de l’Ablodé dans un contexte de 5e République ? Ce sera l’objet des débats de notre congrès », souligne le discours d’ouverture.

    L’appel à l’unité est ainsi omniprésent. « Nous devons être Unis pour bâtir un Togo de Paix et de Solidarité », affirme le discours, avant d’insister sur la nécessité de « protéger et transformer » le pays. Cette ligne traduit la volonté de l’UFC de conserver son identité tout en participant davantage aux politiques publiques destinées à améliorer les conditions de vie des Togolais.

    Mais le véritable enjeu pourrait se situer dans la succession et le renouvellement générationnel. Le discours reconnaît que « les défis auxquels nous sommes confrontés restent énormes » et que l’heure de la relève approche. Après deux mandats, le responsable qui s’exprime annonce qu’il mérite « une retraite paisible » et appelle à l’émergence de « nouveaux talents, plus de jeunes, plus de femmes, plus cadres ». Le congrès est donc invité à réfléchir à une nouvelle configuration de la direction et à renforcer l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire.

    L’enjeu est désormais de traduire cette volonté de renouvellement en actes. En affirmant que « la discipline du parti oblige » et qu’il se pliera à la décision du congrès, la direction laisse aux instances du parti la responsabilité de trancher sur la suite à donner à cette transition. Le congrès doit ainsi déboucher sur une « feuille de route claire » destinée à optimiser l’action politique de l’UFC.

    Entre fidélité à l’Ablodé, ancrage dans l’opposition constructive et volonté de renouvellement, l’UFC cherche donc à écrire une nouvelle séquence de son histoire. Reste à savoir si cette nouvelle étape permettra au parti de convertir son héritage historique et ses ambitions de transformation en une influence politique durable dans le Togo de la Ve République.

  • Vogan : AIMES-AFRIQUE met la chirurgie spécialisée à la portée des populations rurales

    Vogan : AIMES-AFRIQUE met la chirurgie spécialisée à la portée des populations rurales

    À Vogan, une campagne médico-chirurgicale portée par l’ONG AIMES-AFRIQUE permet à des centaines de personnes vulnérables d’accéder gratuitement à des soins spécialisés, confirmant la volonté de l’organisation de réduire les inégalités d’accès à la santé au Togo.

    Au Centre hospitalier préfectoral (CHP) de Vogan, la solidarité médicale prend une dimension concrète. Depuis le 7 août 2026, les équipes de la mission médico-chirurgicale AMSA de l’Association Internationale des Médecins pour la Promotion de l’Éducation et de la Santé en Afrique (AIMES-AFRIQUE) sont à pied d’œuvre pour prendre en charge gratuitement des patients issus principalement des populations rurales et vulnérables.

    Validée par le ministère de la Santé et menée avec l’accompagnement des autorités sanitaires locales, cette campagne s’inscrit dans une démarche visant à rapprocher les soins spécialisés des populations qui, en raison de l’éloignement géographique ou de leurs moyens financiers limités, éprouvent des difficultés à accéder à certaines prestations médicales.

    Après une phase de consultations organisée du 3 au 6 août, les interventions chirurgicales ont débuté le 7 août et se poursuivent jusqu’au 9 août. Plusieurs spécialités sont concernées, notamment la chirurgie générale, l’ophtalmologie et la gynécologie.

    Réponse aux besoins médicaux des populations

    Pour de nombreux patients, la présence temporaire d’équipes spécialisées au CHP de Vogan constitue une véritable opportunité. Certaines pathologies nécessitant une intervention chirurgicale ne peuvent en effet pas toujours être prises en charge localement, obligeant les malades à envisager un déplacement vers des structures hospitalières disposant des compétences et équipements nécessaires.

    La mission d’AIMES-AFRIQUE permet ainsi de réduire cette contrainte. Les bénéficiaires peuvent recevoir des soins spécialisés sans avoir à supporter les frais liés à une prise en charge médicale classique.

    Le directeur du CHP de Vogan, Komla Donou, ne cache pas sa satisfaction face à cette initiative. « Je suis pleinement satisfait de cette opération foraine menée par l’ONG AIMES-Afrique et le Dr Kodom. Elle apporte une solution médicale immédiate à des cas chirurgicaux que nous ne pouvions pas prendre en charge sur place », souligne-t-il.

    Pour les responsables sanitaires locaux, l’intérêt de cette campagne dépasse donc la seule dimension chirurgicale. Elle constitue également un appui ponctuel aux structures sanitaires locales et permet de répondre à des besoins qui, faute de spécialistes disponibles en permanence, peuvent rester en attente.

    La campagne cible en particulier les enfants, les femmes et les personnes âgées, des catégories qui peuvent être davantage exposées aux difficultés financières ou géographiques liées à l’accès aux soins spécialisés.

    Signe de l’équité sanitaire

    L’action menée à Vogan bénéficie de l’accompagnement des autorités sanitaires. Le Dr Mawuko K. Klevo voit dans cette initiative une contribution concrète à l’objectif d’un accès plus équitable aux soins de santé.

    « Je remercie chaleureusement AIMES-Afrique, le Dr Michel Kodom et le gouvernement pour cette campagne foraine dans la préfecture de Vo », déclare-t-il, estimant que l’initiative permet d’offrir « des soins de qualité aux cas sociaux les plus démunis ».

    La présence des équipes médico-chirurgicales apparaît ainsi comme un moyen de réduire deux obstacles majeurs à l’accès aux soins : le coût des prestations et la distance séparant certaines populations des centres spécialisés.

    Au CHP de Vogan, la phase opératoire a été suivie par le Prof. Dr. Serge Michel Kodom, président d’AIMES-AFRIQUE, aux côtés du directeur de l’établissement et du directeur préfectoral de la Santé. Cette présence témoigne de l’importance accordée au suivi de terrain et à la qualité de la prise en charge.

    Au-delà des interventions elles-mêmes, la visite des patients déjà opérés permet également aux équipes de s’assurer de leur état de santé et de suivre l’évolution des personnes prises en charge.

    L’opération bénéficie par ailleurs d’une couverture médiatique destinée à mettre en lumière le travail des professionnels de santé, mais aussi les réalités vécues par les bénéficiaires.

    Pari d’AIMES-AFRIQUE

    La campagne de Vogan s’inscrit dans une opération plus vaste conduite par AIMES-AFRIQUE dans la région Maritime. Selon le président de l’ONG, près de 800 patients ont déjà été opérés dans le cadre de cette mission, un bilan qui dépasse les objectifs initialement fixés.

    « Avec près de 800 patients opérés dans la région Maritime, les objectifs ont été largement dépassés », affirme le Prof. Dr. Serge Michel Kodom. Pour lui, cette performance traduit surtout la nécessité de maintenir des actions de proximité en direction des populations rurales vulnérables.

    « Cette initiative réaffirme la volonté de soulager les démunis des zones reculées afin que personne ne soit laissé de côté », insiste-t-il.

    Près de 800 personnes opérés dans la Région maritime, notamment à Agomé Glouzou (Bas Mono) en juin dernier et cette semaine à Vogan. La prochaine étape Région Centrale avec pour objectif, atteindre 250 à 300 personnes.

    Derrière ces chiffres se trouve donc une ambition plus large : faire de la santé un droit réellement accessible, y compris pour les populations éloignées des grands centres urbains. À travers ses missions médico-chirurgicales, AIMES-AFRIQUE cherche précisément à réduire la fracture sanitaire entre les zones urbaines et rurales.

    Créée autour de la promotion de l’éducation et de la santé en Afrique, l’ONG s’est notamment engagée dans des actions destinées à rapprocher les soins des populations défavorisées. Ses campagnes médicales gratuites permettent à des patients qui n’auraient pas nécessairement les moyens de financer une intervention spécialisée d’être pris en charge.

    L’objectif affiché est de contribuer à l’amélioration des conditions sanitaires des populations vulnérables, en mettant l’expertise médicale au service des communautés qui en ont le plus besoin. La démarche repose ainsi sur une conception de la santé qui ne se limite pas aux infrastructures, mais intègre également la disponibilité des compétences, l’accessibilité financière et la proximité géographique.

    À Vogan, cette philosophie prend une forme particulièrement visible. Des spécialistes se déplacent vers les populations plutôt que d’attendre que les patients parcourent de longues distances pour accéder à leurs services.

    La mission médico-chirurgicale AMSA apparaît dès lors comme une illustration concrète de la vocation d’AIMES-AFRIQUE : contribuer, par l’action médicale et la solidarité, à réduire les inégalités sanitaires et à promouvoir un accès plus juste aux soins.

    Au CHP de Vogan, derrière chaque opération se trouve ainsi une famille soulagée, un patient qui retrouve l’espoir et une communauté qui bénéficie temporairement d’une expertise médicale spécialisée. Une démarche qui rappelle que rapprocher les soins des populations rurales reste un enjeu majeur de santé publique.

  • Foncier : la justice confirme à nouveau le droit de propriété de la collectivité Holo-Avla

    Foncier : la justice confirme à nouveau le droit de propriété de la collectivité Holo-Avla

    Le litige foncier opposant depuis plusieurs années la collectivité Holo-Avla à Hamidou Aboudramane connaît un nouvel épisode judiciaire. Une ordonnance rendue en juillet 2026 rejette une demande visant à faire cesser des travaux sur une partie du domaine contesté.

    Le différend porte sur un domaine situé dans la commune d’Agoè-Nyivé 4, précisément à Togblékopé, au lieu-dit Botokopé-Sivédomé. Depuis 2022, plusieurs décisions de justice ont été rendues dans cette affaire, avec notamment des décisions favorables à la collectivité Holo-Avla.

    Dans son jugement N°0752/2022 du 20 mai 2022, le Tribunal de première instance de première classe de Lomé avait reconnu à la collectivité Holo-Avla un droit de propriété sur le domaine, en retenant notamment une acquisition « par voie de première occupation ». Le tribunal avait également confirmé son droit de propriété sur la parcelle concernée.

    Des décisions confirmées en appel

    Cette décision avait fait l’objet d’un appel introduit par Hamidou Aboudramane ainsi que d’une tierce-opposition engagée par Habidina Hamidou. Ces deux procédures ont été tranchées le 25 juin 2024.

    À travers les décisions N°0897/2024 et N°0898/2024, la justice a maintenu le jugement rendu en 2022 dans toutes ses dispositions. Les procédures ont ensuite donné lieu à la délivrance des grosses des deux décisions judiciaires.

    Selon les éléments rapportés dans le dossier, ces décisions ont ainsi confirmé le droit de propriété revendiqué par la collectivité Holo-Avla sur le domaine litigieux.

    Une nouvelle demande rejetée en juillet 2026

    L’affaire a toutefois connu un nouvel épisode avec une demande de cessation des travaux introduite par Hamidou Aboudramane sur une partie du domaine. Dans son ordonnance N°0622/2026 du 7 juillet 2026, la cour d’appel a déclaré l’action recevable, mais a rejeté la demande visant à ordonner l’arrêt des travaux.

    La juridiction a notamment estimé qu’une telle mesure aurait été susceptible de produire des effets sur les décisions judiciaires antérieures. Hamidou Aboudramane a ainsi été débouté de sa demande de cessation des travaux.

    Cette nouvelle décision constitue un épisode supplémentaire dans un contentieux foncier qui oppose les deux parties depuis plusieurs années. Elle intervient alors que les décisions judiciaires de 2022 et 2024 restent au cœur du débat sur la propriété du domaine situé à Togblékopé.

  • Au Togo, 1 000 armes détruites pour renforcer la lutte contre la circulation illicite

    Au Togo, 1 000 armes détruites pour renforcer la lutte contre la circulation illicite

    Une opération de destruction de 1 000 armes obsolètes et saisies a été organisée au Togo avec l’appui du Centre régional des Nations unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC). Une initiative présentée comme un pas supplémentaire dans la consolidation de la sécurité et de la paix.

    Le Togo poursuit ses efforts contre la prolifération illicite des armes. Une cérémonie officielle de destruction de 1 000 armes, toutes catégories confondues, s’est tenue avec la participation de plusieurs acteurs engagés dans les questions de sécurité et de prévention des conflits.

    L’opération, réalisée avec l’appui de l’UNREC, a été présidée par le colonel Amana Kodjo, directeur général de la Gendarmerie nationale et représentant du gouvernement. Le coordonnateur national du Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP-Togo) a également pris part à cette cérémonie.

    Réduire les risques de circulation

    La destruction de ces armes obsolètes ou saisies vise principalement à empêcher leur réintroduction dans les circuits illicites. Leur neutralisation constitue ainsi une mesure de prévention face aux risques liés au trafic d’armes et à leur utilisation à des fins criminelles ou violentes.

    Dans un contexte régional marqué par la persistance de l’insécurité et la menace de l’extrémisme violent, la maîtrise de la circulation des armes représente un enjeu majeur pour les États ouest-africains. La disponibilité d’armes illicites peut en effet alimenter les violences, favoriser la criminalité organisée et compliquer les efforts de prévention des conflits.

    Au-delà de la destruction physique des armes, l’opération rappelle l’importance du contrôle, de la sécurisation des stocks et de la gestion responsable des armes saisies ou devenues inutilisables.

    Un engagement en faveur de la paix

    À travers sa participation, WANEP-Togo réaffirme son engagement dans les initiatives nationales de prévention des conflits et de consolidation de la paix. Le réseau entend poursuivre sa collaboration avec les autorités et les partenaires impliqués dans la promotion d’un environnement plus sûr et plus stable.

    La destruction de ces 1 000 armes apparaît ainsi comme une mesure concrète de prévention, dans un contexte où la lutte contre la prolifération illicite des armes demeure un élément essentiel des politiques de sécurité et de paix.

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