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  • Togo : la DMK saisit l’ONU et réclame l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO

    Togo : la DMK saisit l’ONU et réclame l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO

    La Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et plusieurs organisations de la diaspora togolaise ont adressé, le 25 septembre 2026 à New York, un mémorandum au secrétaire général des Nations unies. Elles demandent notamment que l’ONU se saisisse de la situation politique et des conditions carcérales au Togo et réclament l’application de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO.

    Dans un mémorandum daté du 25 septembre 2026 et présenté comme ayant été déposé à l’attention du secrétaire général des Nations unies, la DMK, le « Gouvernement légitime du Togo en exil », la Diaspora togolaise aux USA ainsi que plusieurs mouvements et organisations demandent une implication accrue des institutions internationales dans la situation togolaise.

    Le document, signé depuis New York, entend notamment attirer l’attention du Conseil de sécurité et du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme sur ce que ses auteurs présentent comme des « violations continues » des droits humains et une crise de l’ordre constitutionnel.

    L’arrêt de la CEDEAO au cœur de la démarche

    Le principal argument avancé par les signataires concerne l’arrêt ECW/CCJ/JUD/01/26, rendu le 29 janvier 2026 dans l’affaire opposant la Ligue togolaise des droits de l’homme et d’autres requérants à l’État togolais. La décision est bien répertoriée par les bases de jurisprudence de la Cour de justice de la CEDEAO. Son résumé juridique indique notamment que la juridiction communautaire a considéré qu’une réforme constitutionnelle adoptée par une législature arrivée à expiration constituait une violation de l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

    La DMK donne toutefois à cette décision une portée politique et institutionnelle beaucoup plus large. Dans son mémorandum, elle affirme que l’arrêt aurait établi l’« anticonstitutionnalité absolue » du changement de régime ayant conduit à la « 5e République » et demande aux Nations unies de prendre des mesures afin d’en assurer l’exécution.

    Cette interprétation fait cependant l’objet d’un débat au Togo. Des juristes et organisations de la société civile ont récemment souligné la nécessité de distinguer les motifs et le dispositif de l’arrêt, tandis que d’autres acteurs politiques lui attribuent une portée plus large.

    La DMK, pour sa part, invoque les principes de primauté du droit international et de pacta sunt servanda pour soutenir qu’un État ne peut opposer son droit interne à ses obligations internationales.

    Carburant, conditions de détention et droits humains

    Au-delà de la question constitutionnelle, le mémorandum met fortement l’accent sur la situation socio-économique et les droits humains.

    Les signataires dénoncent notamment la hausse du prix du carburant intervenue en septembre 2026, qu’ils présentent comme un facteur aggravant de la précarité des ménages, particulièrement en période de rentrée scolaire. Ils établissent un lien entre cette situation et le droit à un niveau de vie suffisant consacré par les instruments internationaux relatifs aux droits économiques et sociaux.

    Le document consacre également un important volet à la situation dans les prisons. La DMK affirme, sur la base d’un rapport de monitoring qu’elle dit avoir joint au mémorandum, faire état d’une mortalité carcérale préoccupante à Atakpamé, de problèmes d’accès à l’eau potable à Kara, de détentions prolongées sans jugement et d’une surpopulation dépassant, selon elle, 300 % dans certains établissements pénitentiaires de Mango, Sokodé et Dapaong.

    Ces chiffres et allégations sont présentés par les signataires comme des éléments constitutifs de violations continues des droits fondamentaux. Ils sont toutefois, dans le mémorandum, attribués au rapport de monitoring produit par les organisations elles-mêmes et nécessiteraient une vérification indépendante pour établir leur portée factuelle.

    De l’interpellation de l’ONU à la demande d’une transition

    La démarche ne s’arrête pas à une demande d’examen de la situation togolaise. Les organisations signataires demandent aux Nations unies de prendre plusieurs mesures, dont l’enregistrement officiel d’une « Note de rappel J+40 », la mise en œuvre de mesures destinées à assurer l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et la non-reconnaissance internationale des actes liés à la « 5e République ».

    Elles sollicitent également une coordination entre les Nations unies, l’Union africaine et la CEDEAO en vue, selon leurs propres termes, du déploiement d’une « Transition Souveraine vers SITO », présentée comme devant restaurer « l’ordre constitutionnel légitime ».

    Le mémorandum revendique ainsi une portée à la fois juridique, politique et diplomatique. Il intervient dans un contexte où la réforme constitutionnelle togolaise continue de susciter des interprétations fortement divergentes. L’existence de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO est établie ; son interprétation et surtout ses effets politiques au Togo demeurent, eux, au cœur d’une controverse entre différents acteurs.

    Avec cette saisine depuis New York, la DMK entend désormais déplacer une partie de cette bataille sur le terrain international, en sollicitant directement les Nations unies, le Conseil de sécurité et les mécanismes internationaux de défense des droits humains.

  • CAN 2027 : de l’espoir de Kégué aux vieux démons de Ndola, le Togo rechute

    CAN 2027 : de l’espoir de Kégué aux vieux démons de Ndola, le Togo rechute

    Après avoir lancé sa campagne par une courte victoire contre le Burundi à Lomé, le Togo a rapidement retrouvé ses mauvaises habitudes en Zambie. Battus 2-0 à Ndola, les Éperviers ont montré que le succès de Kégué ne suffisait pas encore à effacer les fragilités qui accompagnent l’équipe depuis plusieurs années.

    Il aura donc fallu seulement quatre jours pour que l’enthousiasme retombe. Vendredi 25 septembre, le Togo avait ouvert les éliminatoires de la CAN 2027 par une victoire 1-0 contre le Burundi au stade de Kégué. Un succès étriqué, mais suffisamment précieux pour rallumer une petite flamme autour d’une sélection en reconstruction sous Patrice Neveu. Mardi 29 septembre, à Ndola, cette flamme a vacillé.

    Face à la Zambie, les Éperviers se sont inclinés 2-0 au Levy Mwanawasa Stadium. Albert Kangwanda a frappé dès la 2e minute, avant qu’Eliya Mandanji ne scelle le sort de la rencontre dans le temps additionnel, à la 90e+5.

    Entre les deux rencontres, le contraste est saisissant. À Lomé, le Togo avait donné l’image d’une équipe capable de résister, de défendre son avantage et de s’appuyer sur l’énergie de son public. À Ndola, il a surtout donné celle d’une sélection encore prisonnière de ses vieux réflexes.

    Kégué avait pourtant rallumé l’espoir

    Le succès contre le Burundi avait été accueilli comme davantage que trois points. Dans un contexte où les Éperviers cherchent depuis longtemps à retrouver une place parmi les grandes nations africaines, cette entrée en matière avait nourri l’espoir d’un nouveau départ.

    Karim Dermane avait inscrit l’unique but de la rencontre à la 17e minute, avant que le Togo ne s’accroche à son avantage jusqu’au coup de sifflet final. La sélection avait souffert en seconde période, mais elle avait tenu. Le gardien Malcolm Barcola avait notamment dû s’employer, tandis que le public de Kégué poussait derrière son équipe.

    Il y avait donc matière à croire que quelque chose avait changé. Pas encore dans le jeu, qui restait perfectible, mais au moins dans l’attitude et la capacité à gérer un résultat.

    Patrice Neveu lui-même avait reconnu que cette victoire constituait un apport important pour la confiance du groupe. Mais le sélectionneur avait aussi prévenu : Ndola serait un contexte totalement différent, notamment sans le soutien du public togolais qui avait joué un rôle important à Kégué.

    La mise en garde était finalement prémonitoire.

    À Ndola, le scénario des vieux démons

    Le premier problème est apparu presque immédiatement. Deux minutes. C’est le temps qu’il a fallu à Albert Kangwanda pour donner l’avantage aux Chipolopolo. Un but précoce qui a placé le Togo dans une situation qu’il connaît malheureusement bien : courir après le score, loin de ses bases, face à une équipe portée par son public.

    La réaction togolaise n’a pourtant pas été inexistante. Les statistiques disponibles montrent même que les Éperviers ont davantage eu le ballon et ont tenté davantage de frappes : 61,1 % de possession et 12 tirs contre 11 pour la Zambie. Mais cette domination statistique n’a pas débouché sur une véritable menace offensive. Le Togo n’a cadré qu’une seule tentative, contre quatre pour son adversaire.

    C’est là que se situe probablement l’une des principales leçons de cette défaite : avoir le ballon ne signifie pas maîtriser un match.

    Le Togo a eu la possession, mais pas suffisamment de tranchant. Il a circulé, mais sans réellement déséquilibrer la défense zambienne. Kévin Denkey, Charles Abi, Karim Dermane et leurs partenaires ont eu du mal à transformer les séquences de possession en occasions franches.

    Puis, alors que l’espoir d’une égalisation subsistait, la Zambie a porté le coup de grâce dans les dernières secondes. Eliya Mandanji a inscrit le deuxième but à la 90e+5 minute.

    Le symbole est cruel : le Togo avait besoin de tenir, de pousser et de croire jusqu’au bout. C’est finalement la Zambie qui a mieux maîtrisé les moments décisifs.

    Une victoire à Kégué ne pouvait pas tout effacer

    Il serait toutefois excessif de réduire cette défaite à un simple retour à la case départ. Le Togo est une équipe en reconstruction, et Patrice Neveu ne l’a jamais caché. Avant le déplacement à Ndola, le technicien français parlait lui-même d’une équipe en reconstruction et insistait sur la nécessité de répondre au défi physique zambien par le jeu.

    Mais cette reconstruction ne pourra pas éternellement servir d’explication aux mêmes insuffisances.

    Le problème révélé à Ndola dépasse le résultat brut. Il concerne la capacité des Éperviers à reproduire à l’extérieur ce qu’ils montrent par séquences à domicile. À Kégué, le public avait donné de l’énergie à l’équipe. À Ndola, les joueurs devaient trouver cette énergie en eux-mêmes. Or, dès que la Zambie a marqué très tôt, le Togo a semblé perdre une partie de sa maîtrise.

    C’est précisément là que les vieux démons réapparaissent : difficulté à réagir après avoir encaissé, manque d’efficacité offensive, possession stérile et incapacité à transformer les temps forts en buts.

    Le Togo quitte donc Ndola avec trois points sur six après deux journées. Une victoire et une défaite. Le bilan comptable n’est pas encore rédhibitoire, mais la manière impose déjà une remise en question.

    Le succès contre le Burundi avait fait naître l’espoir d’un nouveau chapitre. La défaite contre la Zambie rappelle, elle, que changer d’entraîneur, renouveler certains joueurs ou afficher de nouvelles ambitions ne suffit pas.

    Les fantômes du passé ne disparaissent pas après une seule victoire. Ils sont chassés par la régularité, la maîtrise, l’efficacité et surtout la capacité à reproduire les bonnes performances loin de Lomé.

    À Ndola, les Éperviers ont manqué ce rendez-vous. La prochaine étape sera désormais de démontrer que cette rechute n’est qu’un faux pas et non le retour durable des vieilles habitudes.

  • Au Togo, ces questions de l’opposition qui attendent toujours des réponses du gouvernement

    Au Togo, ces questions de l’opposition qui attendent toujours des réponses du gouvernement

    De la répression des manifestations à la hausse du prix du carburant, en passant par l’eau potable, l’OTR, la situation des détenus et l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, les députés de la DMP et de l’ADDI ont multiplié les interpellations du gouvernement. Certaines remontent à 2025. D’autres ont été déposées ces derniers jours. Mais plusieurs restent, selon le relevé parlementaire, sans réponse.

    Les questions s’accumulent sur les bureaux de l’Assemblée nationale. Les réponses, elles, se font parfois attendre. Le document recensant les interpellations adressées au gouvernement par les députés de l’opposition fait apparaître une succession de questions écrites, questions d’actualité et demandes de convocation portant sur des sujets directement liés à la vie publique.

    Le relevé commence en avril 2025 avec deux questions écrites portant respectivement sur la situation du CMS Président ANT et sur des dysfonctionnements allégués dans l’exécution d’un projet d’aménagement urbain à Lomé. Ces deux dossiers ont fait l’objet de réponses les 24 avril et 22 mai 2025.

    Mais le rythme des interpellations s’est ensuite accéléré, avec des sujets de plus en plus sensibles.

    De la répression des manifestations à la gouvernance publique

    Le 29 juin 2025, les députés ont demandé la convocation d’une session extraordinaire consacrée à la crise politique née, selon eux, des événements survenus depuis le 6 juin. Dans leur démarche, ils dénonçaient notamment l’absence de prise en compte de ces événements dans l’ordre du jour de la séance de clôture de la première session ordinaire.

    Le lendemain, une question d’actualité a porté sur la répression des manifestations civiles des 6, 26, 27 et 28 juin 2025. Les parlementaires demandaient des explications sur l’usage de la force, les allégations d’intervention d’individus armés non identifiés et le cadre légal applicable. Cette question avait été posée conjointement avec des députés de l’ADDI.

    Quelques jours plus tard, le 4 juillet 2025, une autre série de questions écrites concernait la gouvernance de l’AMU et de l’INAM, les projets d’hôpitaux mère-enfant, la gestion des ressources humaines et le climat de travail à l’INAM. Le relevé indique explicitement : « Sans réponse ».

    Le secteur éducatif a également été interpellé. Une question écrite déposée le 17 septembre 2025 concernait les infrastructures scolaires, les enseignants, l’hygiène, les cantines et la gouvernance du secteur.

    À partir de 2026, les dossiers abordés touchent directement plusieurs préoccupations économiques et sociales.

    Le 10 avril, les députés ont demandé des clarifications sur des dysfonctionnements allégués à l’Office togolais des recettes (OTR), notamment au sujet de dépôts et avoirs allégués. Ils réclamaient des informations sur les vérifications effectuées, les éventuelles diligences engagées et la coopération avec la justice.

    Le 16 juin, le PASH-MUT a fait l’objet d’une question écrite. Les parlementaires demandaient notamment des explications sur l’état d’exécution du projet, les retards, la restructuration du financement, les faibles décaissements et les difficultés liées à la passation des marchés.

    Carburant, CEDEAO, culture : trois nouveaux fronts

    La question du pouvoir d’achat est venue s’ajouter à cette liste. Le 24 septembre 2026, les députés ont saisi le gouvernement au sujet de la hausse du prix des produits pétroliers. Ils demandent des explications sur les raisons de cette augmentation, le mécanisme de fixation des prix, le niveau des taxes et subventions ainsi que les mesures destinées à en limiter les effets sur les ménages, les transports et le coût de la vie.

    Le même jour, une autre question d’actualité a porté sur les suites à donner à l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO. Les députés demandent au gouvernement de préciser les mesures envisagées, les engagements régionaux concernés et le calendrier ou la feuille de route qu’il entend présenter devant l’Assemblée nationale, la CEDEAO et l’Union africaine.

    Le secteur culturel constitue le troisième dossier ajouté le 24 septembre. Les parlementaires s’intéressent à la crise du secteur, au financement des artistes, à la gestion du Fonds national de promotion culturelle, à la gouvernance du ministère ainsi qu’aux suites données aux constats de l’ARCOP sur la commande publique.

    À cette série s’ajoute une question conjointe sur l’agression survenue le 29 septembre 2024 au siège de la CDPA. Déposée en juin 2026, elle porte notamment sur les résultats de l’enquête et sur les garanties liées à l’exercice de l’activité politique, à la sécurité des citoyens et au pluralisme démocratique.

    Au total, le document recense douze démarches parlementaires entre avril 2025 et septembre 2026, couvrant des domaines aussi variés que la santé, l’urbanisme, la sécurité, l’éducation, la protection sociale, les recettes publiques, l’eau, la démocratie, l’énergie et la culture.

    Derrière cette longue liste se pose une question plus institutionnelle : que devient le contrôle parlementaire lorsque les interpellations restent sans réponse ?

    Le relevé ne précise pas le statut de chacune des questions les plus récentes. Il établit toutefois explicitement que certaines n’ont pas reçu de réponse, tandis que deux questions de 2025 ont, elles, obtenu des réponses dans les semaines suivant leur dépôt. Cette différence illustre aussi que le dialogue entre gouvernement et Parlement peut fonctionner dans certains dossiers, même si plusieurs interpellations demeurent en attente.

    Pour les députés à l’origine de ces démarches, l’enjeu dépasse donc la simple transmission de questions. Il s’agit de faire du Parlement un espace où le gouvernement est appelé à expliquer ses décisions, à rendre compte de la gestion publique et à répondre aux préoccupations des citoyens.

    Reste désormais à savoir combien de ces questions obtiendront une réponse officielle et dans quels délais.

  • Togo : Kafui Adjamagbo-Johnson maintient la pression sur le gouvernement et justifie le choix de rester au Parlement

    Togo : Kafui Adjamagbo-Johnson maintient la pression sur le gouvernement et justifie le choix de rester au Parlement

    Deux ans après l’agression du 29 septembre 2024 au siège de la CDPA, la députée Kafui Adjamagbo-Johnson a rendu compte de son activité parlementaire et politique. Face aux journalistes, elle a dressé le bilan de ses actions depuis le début de 2026, dénoncé l’absence de réponses à plusieurs interpellations adressées au gouvernement et réaffirmé son engagement en faveur de l’application de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur la réforme constitutionnelle togolaise.

    Le choix de la date n’était pas anodin. En ouvrant sa déclaration le 29 septembre 2026, Kafui Adjamagbo-Johnson a d’abord marqué un temps d’arrêt sur les événements survenus deux ans plus tôt au siège de la CDPA. Elle rappelle qu’une rencontre citoyenne de la DMP, à laquelle participait le député sénégalais Guy Marius Sagna, avait été suivie d’une agression visant les responsables politiques, les participants et des journalistes.

    Selon la députée, une enquête avait été annoncée, mais aucun résultat n’aurait, à ce jour, été rendu public. Elle rappelle également qu’une question orale avait été adressée au gouvernement le 26 janvier 2026 par des députés de l’opposition, sans suite à l’heure de sa déclaration. Elle réclame ainsi que la lumière soit faite sur les auteurs de ces violences et sur les mesures prises pour empêcher leur répétition.

    L’arrêt de la CEDEAO au cœur de la stratégie de l’opposition

    La principale ligne de force de la déclaration reste toutefois la question institutionnelle. Kafui Adjamagbo-Johnson affirme avoir fait de l’application de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO du 29 janvier 2026 une priorité de son action parlementaire et politique.

    Elle explique que les députés de l’opposition ont entrepris une démarche auprès de plusieurs institutions africaines et internationales, de représentations diplomatiques, de parlements, d’organisations de défense des droits humains ainsi que d’institutions financières internationales. L’objectif affiché est de porter à leur connaissance les préoccupations de l’opposition sur l’évolution institutionnelle et démocratique du Togo.

    La députée affirme également avoir interpellé officiellement le gouvernement sur les conséquences qu’il entend tirer de l’arrêt de la juridiction communautaire. Elle dit attendre une position claire sur les mesures envisagées et sur le calendrier de leur mise en œuvre.

    Cette stratégie explique, selon elle, pourquoi les députés de l’opposition continuent de siéger à l’Assemblée nationale malgré les appels à leur démission. Elle rappelle que les législatives du 29 avril 2024 avaient donné 108 sièges sur 113 au parti UNIR, les cinq autres étant revenus à l’opposition. Pour elle, le mandat parlementaire constitue un moyen d’interpellation, de contrôle et de dialogue avec différents acteurs.

    « Une démission peut être un acte fort », reconnaît-elle en substance, tout en estimant que son efficacité dépendrait du moment où elle intervient. La députée assure qu’une telle décision pourrait être prise avec les autres forces de l’opposition si elle était jugée utile à la stratégie politique commune.

    Des interpellations sur la sécurité, l’eau, les détenus et le coût de la vie

    La députée a ensuite détaillé plusieurs dossiers sur lesquels elle affirme avoir exercé son mandat de contrôle de l’action gouvernementale.

    Parmi eux figurent notamment le dossier de l’association « Sentinelles du peuple », les événements de Laté-Kopé, des révélations concernant de supposés dysfonctionnements à l’Office togolais des recettes, la situation de personnes présentées comme des détenus politiques, mais aussi le Projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain (PASH-MUT).

    Sur le dossier de l’OTR, elle indique avoir demandé des explications au gouvernement à la suite de révélations relayées sur les réseaux sociaux concernant d’importants dépôts d’espèces. Elle réclame que soient établis les faits, les vérifications effectuées et les éventuelles mesures prises.

    Concernant les détenus qu’elle qualifie de politiques, elle affirme avoir demandé des informations sur leurs conditions de détention, leur accès aux soins et à la défense ainsi que sur l’exécution de décisions judiciaires ordonnant des libérations.

    La hausse des prix des produits pétroliers entrée en vigueur le 11 septembre 2026 figure également parmi les sujets évoqués. Avec son collègue de l’ADDI, elle dit avoir demandé des explications sur le mécanisme de fixation des prix, les taxes et subventions ainsi que les mesures destinées à limiter l’impact de cette hausse sur le pouvoir d’achat.

    Pour Kafui Adjamagbo-Johnson, le problème central demeure toutefois l’absence de réponses à ses différentes interpellations. Elle affirme qu’aucune des questions adressées au gouvernement, y compris plusieurs de celles déposées lors des sessions précédentes, n’a reçu de réponse à la date de sa déclaration. Cette situation, estime-t-elle, affaiblit le contrôle parlementaire.

    Inondations : la députée dénonce un déficit d’anticipation

    Autre volet de son bilan : la visite effectuée le 3 juillet 2026 par des élus de la DMP auprès de populations touchées par les inondations dans le Grand Lomé et certaines localités de la région Maritime.

    La députée décrit des canaux insuffisamment entretenus, des ouvrages de drainage inexistants ou insuffisants, des eaux stagnantes, des voies coupées et des habitations envahies ou détruites. Elle estime que les inondations répétées doivent être considérées comme une question de gouvernance publique et non comme une fatalité.

    Kafui Adjamagbo-Johnson revient également sur sa participation à la 51ᵉ Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, organisée à Yaoundé du 7 au 12 juillet 2026. Elle affirme y avoir transmis aux parlementaires francophones des documents consacrés à la situation politique, institutionnelle et sécuritaire du Togo, ainsi que l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et le mémorandum du Manifeste Génération Togo.

    En conclusion, la députée appelle le gouvernement à répondre aux questions qui lui ont été adressées, notamment celles concernant l’agression du 29 septembre 2024, l’arrêt de la CEDEAO et la récente hausse du prix du carburant.

    Elle invite enfin les citoyens à participer à la rencontre annoncée pour le 4 octobre 2026 au siège de la CDPA, autour du thème : « Devoir de mémoire, devoir d’engagement ».

  • A Kara, 200 000 habitants au rendez-vous de l’eau

    A Kara, 200 000 habitants au rendez-vous de l’eau

    Le chantier est lancé, les milliards sont mobilisés. À Kara et dans plusieurs localités voisines, plus de 200 000 personnes attendent désormais que les promesses se transforment en robinets. Avec plus de 13 milliards de francs CFA déjà engagés, le Projet d’alimentation en eau potable veut changer durablement la donne. Mais après le coup de pioche, le véritable défi commence : livrer l’eau aux populations.

    Le décor est planté. À Kara, le lundi 28 septembre 2026, le gouvernement a officiellement donné le coup d’envoi d’un vaste projet destiné à renforcer l’approvisionnement en eau potable de la ville et de ses environs. Une opération d’envergure qui devrait bénéficier à quelque 200 000 personnes, soit environ 40 000 ménages.

    Présidant la cérémonie, le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a placé la barre haut. L’objectif affiché est de faire passer l’accès à l’eau potable de la situation actuelle à une couverture de trois familles sur quatre à Kara. « Nous voulons que, demain, trois familles sur quatre à Kara aient accès à l’eau potable, là où une seule y avait accès hier », a-t-il déclaré.

    Une ambition qui devra désormais résister à l’épreuve du terrain.

    Plus de 13 milliards sur la table

    Le projet s’appuie sur plusieurs infrastructures destinées à augmenter les capacités de captage, de traitement, de stockage et de distribution.

    Le premier lot, confié à China Geo-Engineering Corporation pour 8,6 milliards de francs CFA hors taxes, prévoit notamment un captage sur la rivière Sara, capable de fournir 500 m³ d’eau par heure. Une conduite de 8,3 kilomètres permettra d’acheminer l’eau brute vers une nouvelle station de traitement d’une capacité d’environ 10 000 m³ par jour.

    Le programme prévoit également une bâche d’eau traitée de 750 m³, la réhabilitation de la station de Bafilo, une centaine de branchements domestiques et vingt bornes-fontaines.

    Deuxième pièce du dispositif : un réservoir de 5 000 m³ à Kara Sud. Sa construction a été attribuée à ASI BF pour un montant de 3,57 milliards de francs CFA.

    À ces deux lots s’ajoutera le financement additionnel de la Banque islamique de développement. Il doit notamment permettre la réalisation d’une retenue d’eau brute, de 1 300 branchements, d’une piste d’accès aux installations de Sara et la réhabilitation d’environ 25 kilomètres de conduites dans la ville de Kara.

    Le défi : tenir face aux sécheresses

    L’un des enjeux majeurs du projet sera de sécuriser la ressource pendant la saison sèche. La retenue d’eau doit permettre de conserver les volumes disponibles pendant les périodes de crue afin de faire face aux déficits hydriques lorsque les niveaux d’eau diminuent.

    Une réponse qui intervient dans un contexte où le changement climatique accentue les incertitudes sur la disponibilité de la ressource.

    Le gouverneur de la région de Kara, le général de brigade Adjitowou Komla, a résumé l’enjeu en quelques mots : « L’eau, pour un territoire, c’est la vie. » Santé, scolarisation, activités économiques et conditions de vie dépendent directement de la capacité à assurer un approvisionnement régulier.

    La SP-EAU sera au cœur de la mise en œuvre. Sa directrice générale par intérim, Dr Avumadi Massan, a promis une exécution rigoureuse, avec une attention particulière portée à la qualité des ouvrages et au respect des délais.

    La veille du lancement, les autorités avaient inspecté plusieurs sites stratégiques, notamment Sara, le barrage de la Kozah, Lèziyo et le futur site de forage.

    Le message du gouvernement est désormais clair : après les annonces et le coup de pioche, place aux résultats. Séna Alipui a appelé les différents intervenants à travailler avec « méthode, célérité et exigence », tout en invitant les populations à s’approprier les ouvrages.

    Car pour les habitants, l’équation est simple : les milliards investis devront, à terme, se mesurer à l’eau qui coule effectivement des robinets.

    Le projet est lancé. Reste à savoir quand les 200 000 bénéficiaires pourront réellement en mesurer les effets. Le calendrier précis des travaux n’a pas été communiqué lors de la cérémonie.

  • Togo-Hongrie : Lomé et Budapest accélèrent sur l’assainissement

    Togo-Hongrie : Lomé et Budapest accélèrent sur l’assainissement

    Le Togo et la Hongrie veulent accélérer la réalisation de projets structurants dans l’eau et l’assainissement, notamment dans le Grand Lomé. Deux stations de traitement des boues de vidange sont au cœur de cette coopération.

    La coopération entre Lomé et Budapest entre dans une nouvelle phase. Reçu vendredi 25 septembre 2026 par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, l’ambassadeur de Hongrie au Togo, Tamás Fehér Endre, a échangé sur plusieurs projets bilatéraux, avec un accent particulier sur l’eau et l’assainissement.

    Au cœur des discussions : la construction de stations de traitement des eaux usées dans le Grand Lomé, ainsi que deux stations de traitement des boues de vidange à Aképé et Djagblé.

    Ces infrastructures s’inscrivent dans le Plan directeur d’assainissement du Grand Lomé. Elles doivent contribuer à améliorer la gestion des boues de vidange et des eaux usées, alors que l’urbanisation rapide de la capitale accentue les besoins en infrastructures adaptées.

    Le projet d’Aképé et de Djagblé avait été formalisé en janvier 2025 par la signature d’un mémorandum d’entente entre le Togo et la Hongrie. La rencontre de septembre marque ainsi une nouvelle étape vers sa concrétisation.

    Un partenariat qui s’élargit

    Les discussions ne se sont toutefois pas limitées à l’assainissement. Lomé et Budapest ont également abordé la coopération dans le domaine de l’impression sécurisée des documents officiels, avec la volonté de développer des solutions destinées à renforcer la fiabilité des documents administratifs.

    À l’issue de la rencontre, Tamás Fehér Endre a réaffirmé l’engagement de la Hongrie à accompagner les projets convenus avec les autorités togolaises et salué la qualité des relations entre les deux pays.

    La coopération bilatérale couvre déjà plusieurs secteurs, notamment l’agriculture, la sécurité, l’énergie, l’eau et les TIC.

    Avec les projets d’Aképé et de Djagblé, Lomé et Budapest entendent désormais donner une traduction concrète à ce partenariat, dans un secteur directement lié à la santé publique, à l’environnement et aux conditions de vie des populations.

  • AGRESSION DE JOURNALISTES : DEUX ANS APRÈS, LE SILENCE FAIT TOUJOURS ÉCRAN

    AGRESSION DE JOURNALISTES : DEUX ANS APRÈS, LE SILENCE FAIT TOUJOURS ÉCRAN

    29 septembre 2024 – 29 septembre 2026. Deux ans jour pour jour après les violences qui ont éclaté au siège de la CDPA à Lomé, des journalistes agressés attendent toujours de connaître les conclusions des procédures engagées. Matériel arraché et jeté dans un puits, violences, panique et traumatisme : les victimes affirment avoir saisi les autorités compétentes et choisi la voie de la justice. Mais deux ans plus tard, une question demeure entière : qui a fait quoi, pourquoi, et quelles suites ont été données à l’affaire ? Sans réclamer vengeance ni désigner de coupables avant enquête, les journalistes demandent que la lumière soit faite. Car lorsque ceux qui sont venus informer deviennent eux-mêmes victimes, c’est aussi la liberté de la presse qui se retrouve sur le banc des questions.

    29 septembre 2024 : deux ans après, les journalistes agressés attendent toujours des réponses
    (EMBARGO jusqu’au 29 septembre 2026)


    Quand couvrir l’actualité devient une épreuve de survie
    Tribune de journalistes victimes de l’agression du 29 septembre 2024 à Lomé, en marge de la visite du député Guy Marius Sagna


    Le 29 septembre 2024 restera dans la mémoire de plusieurs journalistes togolais comme le jour où l’exercice de notre métier nous a exposés à une violence que nous n’aurions jamais imaginé subir.


    Ce jour-là, nous étions au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), à Lomé, pour couvrir une rencontre citoyenne à laquelle participait le député sénégalais et parlementaire de la CEDEAO Guy Marius Sagna, alors en séjour au Togo dans le cadre des activités du Parlement de la CEDEAO. Plusieurs responsables et acteurs politiques togolais étaient également présents.


    Pour comprendre le climat de cette journée, il faut rappeler que, quelque temps auparavant, lors d’une session des députés de la CEDEAO, Guy Marius Sagna avait vivement critiqué le régime togolais et salué le peuple togolais dans sa lutte pour l’alternance. Des propos qui n’ont pas été bien accueillis par le pouvoir.
    Nous, journalistes, n’étions là ni pour manifester, ni pour provoquer, ni pour prendre parti. Nous étions là pour informer.


    Et puis, tout a basculé


    Quelques minutes après le début de la rencontre, la situation s’est brutalement dégradée. Des individus présents dans l’assistance ont lancé des chaises et divers objets en direction de la table d’honneur. En quelques instants, la réunion a viré à la violence et à la panique.


    Guy Marius Sagna a été agressé et blessé. Des responsables politiques et d’autres participants ont également été pris à partie. Dans cette confusion, les journalistes n’ont pas été épargnés. Yvette Sossou, Godfrey Akpa, Hyacinthe Gbloedzro, Yawo Klousse, Romuald Koffi Lansou et Albert Agbeko, présents pour couvrir l’événement, ont été directement confrontés aux violences.


    Nous étions venus avec nos outils de travail. Du matériel de journalistes a été arraché, confisqué, puis jeté dans un puits. Pour nous, cette perte n’était pas seulement financière : c’était une atteinte directe à notre capacité d’exercer notre métier.


    Une scène que nous n’oublierons pas


    Ce que nous avons vécu ne se réduit pas à quelques images diffusées sur les réseaux sociaux. Il y avait la peur, la confusion, les cris, la fuite, la recherche d’une issue. Et surtout cette question qui traversait nos esprits : allons-nous sortir vivants de cet endroit ?


    Lorsqu’un journaliste venu couvrir une rencontre doit abandonner son matériel et courir se mettre à l’abri, c’est tout l’environnement professionnel de la presse qui s’en trouve gravement fragilisé. Nous avons vécu cette scène en journalistes, mais aussi en êtres humains confrontés à une violence brutale et inattendue.
    Où étaient les forces de l’ordre ?


    C’est l’une des questions qui demeurent. Nous avons vu des forces de l’ordre à proximité du lieu des violences, alors que la situation se dégradait. Elles ne sont pas intervenues pour y mettre fin.


    Cette situation soulève des interrogations légitimes. Quel était leur rôle sur place ? Avaient-elles reçu des instructions particulières ? Pourquoi ne sont-elles pas intervenues alors que les violences se déroulaient à proximité ? Dans quelles conditions la sécurité des participants et des journalistes devait-elle être assurée ?
    Ces questions appellent des réponses fondées sur une enquête sérieuse. Après les événements, les autorités avaient annoncé l’ouverture de procédures pour établir les circonstances des violences et identifier les responsables. Deux ans après, nous attendons toujours d’en connaître les résultats.


    Des « miliciens » ou des individus à identifier ?


    Dans les témoignages et réactions publiés après les faits, certains acteurs politiques et observateurs ont qualifié les agresseurs de « miliciens », de « nervis » ou de « gros bras ».


    Nous ne voulons pas nous substituer à une enquête judiciaire. Nous voulons simplement que les personnes qui ont participé aux violences soient identifiées, entendues et, si les faits sont établis à leur encontre, qu’elles répondent de leurs actes devant la justice.


    Qui étaient-elles ? Qui les avait mobilisées ? Comment ont-elles pu pénétrer sur les lieux, puis agir pendant plusieurs minutes ? Comment du matériel de journalistes a-t-il pu être confisqué puis jeté dans un puits ? Ces questions méritent des réponses fondées sur des éléments d’enquête, et non sur des suppositions.
    Nous avons porté plainte


    Dans le courant du mois d’octobre 2024, quelques jours après les faits, les journalistes victimes ont entrepris les démarches nécessaires auprès des autorités compétentes. Nous avons raconté ce que nous avions vu, indiqué ce que nous avions subi, signalé les violences et les pertes matérielles.


    Nous avons fait ce que tout citoyen victime d’une infraction est en droit de faire : saisir la justice et faire confiance aux institutions. C’est précisément parce que nous avons choisi la voie légale que nous continuons à attendre.


    Le traumatisme ne disparaît pas avec le temps


    Deux ans peuvent sembler courts pour ceux qui n’ont pas vécu la scène. Pour une victime, ils sont très longs. Une agression physique peut laisser des traces visibles, mais il existe aussi des blessures invisibles : la peur de retourner sur certains terrains, la méfiance, le souvenir des cris, des coups, de la fuite, et l’impuissance ressentie face à une situation qui échappe soudain à tout contrôle. Lorsque l’absence de réponse judiciaire se prolonge, s’y ajoute une autre souffrance : ne pas savoir si ce que l’on a subi connaîtra un jour une réponse institutionnelle.


    Nous avons perdu des téléphones, des enregistreurs, des équipements et d’autres outils indispensables à notre travail. Le matériel peut être remplacé. La confiance, beaucoup moins facilement. Comment restaurer celle d’un journaliste qui se demande désormais s’il sera protégé lorsqu’il ira sur le terrain ?
    La liberté de la presse ne se résume pas à la possibilité de publier un article. Elle suppose aussi que les journalistes puissent collecter l’information sans être agressés, menacés ou dépouillés de leurs outils de travail.


    Nous ne demandons pas une vengeance


    Nous ne demandons pas une justice de circonstance, ni que des personnes soient désignées coupables sans enquête. Nous demandons que la vérité soit établie : que les témoignages soient examinés, que les personnes impliquées soient identifiées, que les responsabilités individuelles soient déterminées, que les éventuelles défaillances dans la protection des participants soient examinées, et que les victimes soient informées de l’état d’avancement des procédures.
    C’est cela, la justice.


    Deux ans après, nous attendons toujours


    Le 29 septembre 2024, nous étions des journalistes venus couvrir une rencontre. Nous sommes repartis en victimes. Deux ans plus tard, une question demeure entière : où en sont réellement les enquêtes ?
    Cette interrogation n’est pas seulement la nôtre. Elle concerne tous ceux pour qui la liberté de la presse est un élément essentiel de la vie publique. Car lorsqu’un journaliste est agressé alors qu’il est présent pour informer, ce n’est pas seulement un individu qui est touché : c’est le droit du public à être informé qui est fragilisé.


    Nous continuerons donc à demander que toute la lumière soit faite sur les violences du 29 septembre 2024, non par esprit de revanche, mais parce qu’une société qui veut renforcer l’État de droit doit pouvoir répondre à une question aussi simple que fondamentale : qui a fait quoi, pourquoi, et quelles suites la justice a-t-elle données à ces faits ?


    Deux ans après, nous attendons toujours les réponses. Et cette attente ne doit pas être interprétée comme un oubli.


    Fait à Lomé, le 29 septembre 2026
    Ont signé :
    Romuald Koffi LANSOU, journaliste reporter, Togovision
    Yawo KLOUSSE, journaliste, directeur du site d’information afriquenligne.tg
    Kokou Godfrey AKPA, rédacteur en chef, icilome.com
    Hyacinthe Kokuvi GBLOEDZRO, rédacteur en chef, Nana FM
    Albert Akouété AGBEKO, journaliste, directeur de publication du site d’information Togo Scoop Info
    Yvette SOSSOU, journaliste, La Dépêche et Canal D

  • Canal+ garde le même prix, mais retire cinq chaînes : le MMLK crie à « l’arnaque »

    Canal+ garde le même prix, mais retire cinq chaînes : le MMLK crie à « l’arnaque »

    Le retrait de TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films et LCI du bouquet Canal+ continue de faire grincer des dents. Dans un communiqué publié le 26 septembre, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) dénonce une situation qu’il juge préjudiciable aux abonnés et interpelle les autorités. L’organisation salue parallèlement la mise en demeure des distributeurs audiovisuels concernant l’accès gratuit aux médias publics togolais et exige, pour les abonnés Canal+, soit le rétablissement des chaînes retirées, soit une réduction de moitié du prix des abonnements.

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE N°025/MMLK/2026

    AFFAIRE DISTRIBUTEURS AUDIOVISUELS ET RETRAIT DES CHAÎNES TF1 : LE MMLK Salue la Décision de la Ministre et Exige le Respect Total des Droits des Consommateurs

    Le Mouvement Martin Luther King – La Voix des Sans Voix (MMLK) a pris connaissance de la circulaire n°1016/MC/CAB/2026 du 18 septembre 2026 par laquelle Madame la Ministre de la Communication et des Médias, Mme Yawa KOUIGAN, rappelle à l’ordre les distributeurs audiovisuels (New World TV, Canal+) et leur donne 30 jours pour se conformer à l’article 36 de la loi n°2019-016 du 30 octobre 2019 en rendant gratuit l’accès aux services de la TVT, Radio Lomé et Radio Kara.

    Le MMLK salue cette décision courageuse et conforme à la loi.

    Notre position est claire :

    1. Sur les chaînes publiques : C’est une violation grave des droits du consommateur. Faire payer au peuple togolais l’accès à ses propres médias publics financés par ses impôts est inacceptable. Passé le délai du 18 octobre 2026, le MMLK demande à la HAAC de prononcer les sanctions prévues par la loi, sans complaisance.
    2. Sur le retrait des chaînes TF1 du bouquet Canal+ : Le MMLK condamne avec fermeté. On ne peut pas retirer 5 chaînes majeures (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI) d’un bouquet et maintenir le même prix d’abonnement. C’est une rupture de contrat au détriment du consommateur.

    A cet effet, le MMLK déplore le mutisme des abonnés qui continuent de payer un service amputé de 5 chaînes contrairement au contrat d’abonnement.

    Par conséquent, le MMLK exige :

    – La réduction immédiate de 50% du prix de l’abonnement tant que les chaînes TF1 ne sont pas rétablies, à titre de compensation.

    – Ou le rétablissement sans délai de l’intégralité des chaînes.

    Nous invitons tous les consommateurs à se joindre à nous pour exiger le respect de la loi à travers une opération « NON À L’ANARQUE BOUQUET CANAL PLUS ».

    Fait à Lomé, le 26 Septembre 2026

    Pour le MMLK, La Voix des Sans Voix,

    Le Président,

     Pasteur Edoh KOMI

  • Africa Next Bénévolat : Serge-Michel Kodom passe du trophée au terrain

    Africa Next Bénévolat : Serge-Michel Kodom passe du trophée au terrain

    Quelques semaines après avoir été distingué aux Africa Next Awards 2026, le Professeur honoraire Dr Serge-Michel Kodom revient déjà sur le terrain. Au Togo, le lancement d’Africa Next Bénévolat donne une traduction concrète à cette reconnaissance, avec une première mission médico-chirurgicale à Tchamba qui a déjà enregistré 473 patients, contre 300 initialement prévus.

    Un trophée peut-il changer quelque chose dans la vie des populations ? Au Togo, le Professeur honoraire Dr Serge-Michel Kodom entend apporter une réponse par l’action. Quelques semaines après avoir reçu, le 3 septembre 2026, le prix des Africa Next Awards dans la catégorie « Innovation sociale et santé communautaire », le médecin est engagé dans une nouvelle initiative : Africa Next Bénévolat.

    Porté par Boss Plus & Co, le programme veut prolonger l’esprit des Africa Next Awards en donnant une suite concrète aux parcours et initiatives récompensés. L’idée : ne pas s’arrêter à la reconnaissance publique, mais retourner sur le terrain, auprès des communautés.

    À Tchamba, les chiffres dépassent les prévisions

    La première illustration de cette démarche se trouve dans la région Centrale, précisément dans la préfecture de Tchamba. Une mission médico-chirurgicale y a été engagée pour offrir gratuitement des soins à des populations ayant besoin d’une prise en charge dans plusieurs spécialités.

    Au départ, les organisateurs tablaient sur environ 300 patients. Le bilan provisoire fait état de 473 personnes recensées, soit 173 de plus que l’objectif initial. La mission concerne notamment la chirurgie viscérale, la stomatologie et l’ophtalmologie.

    Cette mobilisation constitue l’un des premiers tests grandeur nature d’Africa Next Bénévolat. « Nous sommes réunis aujourd’hui dans le cadre du lancement d’Africa Next Bénévolat », a déclaré le Professeur honoraire Dr Serge-Michel Kodom, en présentant cette initiative comme une nouvelle étape après les Africa Next Awards.

    L’opération doit également faire l’objet d’une documentation de terrain. Une délégation d’Africa Next est annoncée pour recueillir des images et des témoignages. Une manière de montrer ce que deviennent, concrètement, les engagements mis en avant lors des cérémonies de distinction.

    Le choix de la santé n’est pas anodin pour Serge-Michel Kodom. À travers ses différentes initiatives, le médecin s’est notamment investi dans les actions sanitaires de proximité. Avec Africa Next Bénévolat, cette dynamique entend désormais s’inscrire dans un cadre panafricain plus large.

    Des consultations aux « clubs santé », un bénévolat à plusieurs fronts

    Le programme ne se limite cependant pas aux blocs opératoires et aux consultations. Ses promoteurs annoncent des actions dans plusieurs secteurs, avec une place importante accordée à la santé, à l’éducation et à l’accompagnement économique.

    Dans le domaine sanitaire, Africa Next Bénévolat prévoit notamment des opérations gratuites, des consultations foraines, des campagnes de sensibilisation et des appuis à des formations sanitaires et centres médico-sociaux.

    L’éducation figure également parmi les priorités. Le programme s’appuie notamment sur les « clubs santé », destinées à renforcer la sensibilisation des élèves sur les questions de santé. Selon les chiffres communiqués par les organisateurs, plus de 1 000 clubs ont déjà été créés. L’objectif annoncé pour l’année scolaire 2026-2027 est d’atteindre environ 3 100 clubs.

    Autre chantier : les très petites entreprises et les PME. Africa Next Bénévolat ambitionne de mobiliser des bénévoles et des professionnels pour accompagner une centaine d’entreprises africaines. Formations, conférences, masterclasses et appui technique devraient constituer les principaux outils de cette intervention.

    Pour Ange Martial DIBY, dirigeant de Boss Plus & Co, l’enjeu est également de donner davantage de visibilité aux initiatives africaines. « Il était important pour nous de créer une plateforme permettant de célébrer l’Afrique, mais surtout de mettre en lumière les hommes et les femmes qui la font vivre quotidiennement », a-t-il expliqué.

    Au Togo, Africa Next Bénévolat démarre donc avec une opération sanitaire qui dépasse déjà les prévisions initiales. Reste désormais à inscrire cette dynamique dans la durée. Pour ses promoteurs, le défi est précisément là : faire en sorte que les distinctions ne soient pas l’aboutissement d’un parcours, mais le déclencheur de nouvelles actions au bénéfice des populations.

  • GUST Togo : derrière les promesses, l’épreuve des preuves

    GUST Togo : derrière les promesses, l’épreuve des preuves

    À l’approche de la rentrée 2026-2027, prévue pour la deuxième semaine de novembre, GUST Togo place la transparence au cœur de sa communication. Agrément, diplômes, lien avec GUST USA, enseignants, dispositifs pédagogiques ou encore frais : l’établissement entend présenter des documents et des informations permettant aux futurs étudiants et à leurs familles de vérifier ce qui leur est proposé.

    Choisir un établissement d’enseignement supérieur ne se résume pas à consulter une brochure ou à parcourir un site internet. Pour un étudiant comme pour sa famille, la question centrale demeure celle de la réalité de la formation proposée : quel est le statut de l’établissement ? Qui l’autorise à exercer ? Quels diplômes sont effectivement délivrés ? Par quelle institution ? Dans quelles conditions ? Et quels dispositifs annoncés sont déjà opérationnels ?

    C’est précisément sur ce terrain que GUST Togo souhaite positionner sa campagne d’information à l’occasion de la rentrée 2026-2027. L’établissement, présenté comme le Global University School of Science & Technology (GUST) Togo, indique être un établissement privé d’enseignement supérieur agréé au Togo, sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

    L’un des principaux éléments mis en avant est l’agrément N° 033/2025/MESR/SG/DES. GUST Togo annonce vouloir rendre ce document accessible afin que chacun puisse vérifier son numéro, son autorité de délivrance et surtout le périmètre exact de ce qu’il autorise. Une précision importante dans un secteur où les termes « reconnu », « agréé », « certifié » ou « international » peuvent parfois être utilisés sans que leur portée juridique soit clairement comprise par le public.

    Agrément, diplômes et partenariat international : vérifier avant de s’engager

    L’agrément constitue ainsi le premier niveau de vérification proposé. GUST Togo affirme qu’il s’agit d’un document que toute famille peut demander à consulter. Mais la transparence ne s’arrête pas au statut administratif de l’établissement.

    Le deuxième point concerne la relation entre GUST Togo et Global University of Science & Technology, USA. Le dossier de presse distingue les deux entités et précise que GUST Togo assure la formation à Lomé tandis que, lorsque le programme le prévoit, GUST USA peut intervenir dans la délivrance d’un diplôme ou d’un parcours international.

    Cette distinction mérite d’être regardée de près. Le dossier prévoit d’ailleurs que les candidats puissent identifier, pour chaque programme, le titre du diplôme, l’institution qui le délivre, le pays concerné et les conditions à remplir.

    Autrement dit, la mention d’un parcours international ou d’une éventuelle double diplomation ne devrait pas être comprise comme automatique. Le Guide officiel des admissions 2026-2027 rappelle, selon le dossier, que tous les programmes ne donnent pas droit à une double diplomation.

    Cette approche est particulièrement importante pour les familles qui financent plusieurs années d’études. Avant toute inscription, elles doivent pouvoir savoir précisément ce qu’elles achètent : une formation, un diplôme national ou international, une certification professionnelle, ou encore un parcours associant plusieurs institutions.

    GUST Togo annonce également vouloir publier plusieurs catégories d’informations : son statut, ses autorisations, les diplômes préparés, les institutions qui les délivrent, les certifications accessibles, les partenaires et les conditions financières. Le dossier insiste notamment sur la nécessité de connaître les coûts obligatoires avant de s’engager.

    Une transparence qui devra se mesurer aux documents

    La véritable portée de cette démarche résidera toutefois dans les pièces mises à disposition. Le dossier prévoit notamment la présentation de l’agrément, de la convention d’affiliation avec GUST USA ou de son extrait, du tableau précisant « qui délivre quel diplôme », du règlement intérieur, des profils des enseignants et de la procédure d’évaluation des programmes.

    Cette logique documentaire concerne également les dispositifs pédagogiques. GUST Togo annonce vouloir distinguer clairement ce qui est « en service », « en déploiement » ou « en projet ». Le GFIP™, le Competency Passport™ et la résidence universitaire sont ainsi présentés, selon les cas, comme des dispositifs dont le niveau de déploiement doit être précisé.

    Cette distinction évite de présenter comme opérationnel un dispositif encore en cours de mise en place. Elle permet aussi aux candidats de mesurer plus concrètement ce qui sera effectivement disponible au moment de leur inscription.

    La transparence doit également concerner les acteurs qui assurent les enseignements. GUST Togo prévoit de présenter les profils de ses enseignants, leurs titres, leurs domaines d’expertise et les programmes auxquels ils contribuent. Le dossier évoque par ailleurs une procédure d’évaluation de conformité pédagogique et l’existence d’un conseil de perfectionnement.

    Sur le plan de la vie académique, l’établissement indique disposer d’un cadre éthique et disciplinaire, d’un dispositif de contrôle de l’assiduité et d’un environnement présenté comme multiculturel. Là encore, le règlement intérieur et les procédures annoncées constituent les documents permettant de passer du discours institutionnel à la vérification.

    Autre volet : le suivi de la scolarité. GUST Togo mentionne l’utilisation du logiciel Hyperplanning, ainsi que des mécanismes de communication entre étudiants, enseignants et parents. Le contrôle quotidien de l’assiduité et les modalités d’accès des parents aux informations de scolarité font partie des éléments annoncés dans le dispositif.

    Enfin, l’établissement prévoit de communiquer des données sur ses cohortes : effectifs par filière et niveau, présence, réussite et nombre d’étudiants ayant bénéficié d’une immersion GFIP™. Ces chiffres devront permettre de compléter la présentation institutionnelle par des données concrètes.

    À quelques semaines de la rentrée, l’enjeu est donc clair : permettre aux futurs étudiants de ne pas seulement entendre ce que GUST Togo affirme, mais de vérifier les informations essentielles avant de s’engager. Agrément, diplômes, conditions, enseignants, dispositifs, frais et résultats constituent autant de points qui peuvent être examinés à partir de pièces ou de données précises.

    Dans cette démarche, la transparence ne se mesure finalement pas au volume des annonces, mais à la capacité d’un établissement à répondre à une question simple : quelle preuve peut être présentée pour chaque affirmation importante ?

    GUST Togo en bref

    Global University School of Science & Technology (GUST) Togo, campus de Global University of Science & Technology (USA). Établissement privé d’enseignement supérieur agréé au Togo, agrément N° 033/2025/MESR/SG/DES, sous la tutelle du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Formations : BTS · Licences · Masters · MBA · DBA · Certifications professionnelles. Rentrée 2026–2027 : deuxième semaine de novembre 2026. Campus : Agoè-Sogbossito, Lomé · Tél./WhatsApp : +228 92 77 77 25 / +228 79 41 10 10 · admissions@gust.university · Candidater : https://gust.university/fr/preinscription

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