Auteur/autrice : La Rédaction

  • Afia Mala, la princesse aux mille voix du Togo

    Afia Mala, la princesse aux mille voix du Togo

    Afia Mala, de son vrai nom Afiwavi Mawulana Catherine Missohou, est une chanteuse togolaise emblématique, surnommée « la Princesse des rives du Mono » pour la richesse, la chaleur et la diversité de sa musique.

    Née à Vogan dans une famille où la musique prenait vie dès l’enfance, Afia Mala a fait ses débuts artistiques dès 1974, marquant les esprits avec sa voix puissante et sa présence scénique. Elle chante dans plusieurs langues (éwé, yoruba, swahili, lingala, français, espagnol…) et mêle habilement rythmes traditionnels africains, zouk, soul, salsa et afro-jazz, créant un son profondément métissé et universel.

    Au fil d’une carrière longue de plusieurs décennies, elle a produit une discographie riche et s’est produite sur de nombreuses scènes internationales.

    Mais la musique n’est pas sa seule scène : Afia Mala est également une femme d’affaires accomplie, investissant notamment dans l’hôtellerie et l’immobilier, et une ambassadrice de marque reconnue.

    Son engagement social se manifeste à travers la Fondation « Vie et Vivre », qu’elle a créée pour améliorer les conditions de vie des populations vulnérables, en particulier l’éducation des enfants, la construction d’écoles et la distribution de fournitures scolaires, ainsi que l’appui aux centres de santé.

    Afia Mala est bien plus qu’une voix. Elle est une icône culturelle, une entrepreneure inspirée et une philanthrope engagée qui met sa renommée au service du bien-être des autres. Afia Mala, la princesse des rives du Mono

    Artiste incontournable de la scène musicale africaine, Afia Mala est bien plus qu’une simple chanteuse : elle est une icône culturelle, femme d’affaires, ambassadrice de marque et militante sociale dont la carrière s’étend sur près d’un demi-siècle. Sa trajectoire exceptionnelle fait d’elle une figure majeure de la culture togolaise et un modèle d’engagement pour les jeunes générations.

    Des racines profondes et une voix précoce

    Née Afiwavi Mawulana Catherine Missohou à Vogan, au Togo, Afia Mala grandit dans une famille où la musique était omniprésente. Fille de Mélanie Lissassi-Missohou, membre d’un ensemble vocal traditionnel de femmes appelé Habobo, elle apprend dès son plus jeune âge à chanter, à composer et à comprendre l’impact social du chant.

    Très tôt, elle se démarque par sa voix chaleureuse, sa présence scénique et sa capacité à toucher les cœurs. À l’école, elle chante lors des manifestations culturelles, et c’est finalement en 1974, devant plus de 4 500 spectateurs au Palais des Congrès de Lomé, qu’elle décide de consacrer sa vie à la musique.

    Une carrière musicale riche et internationale

    Surnommée « La Princesse des rives du Mono », Afia Mala a construit une carrière remarquable en mariant tradition et modernité. Sa musique se distingue par ses influences multiples — allant des rythmes traditionnels togolais et ouest-africains au zouk, à la soul, à la salsa ou encore à l’afro-jazz — et par une palette linguistique impressionnante : elle chante en éwé, yoruba, swahili, lingala, français, anglais et espagnol.

    Elle a sorti plusieurs albums majeurs, dont Djalélé (1979), Lonlon Vevie (1981), Es La Manana (1987), Désir (1989), Prophétie (1995), Angelina (1997), Plaisir (2003), Afia à Cuba (2008) et Identité (2019). Chaque opus reflète une étape de son évolution artistique et son ouverture sur le monde.

    Son œuvre la plus reconnue internationalement est sans doute la chanson « Ten Hompte », qui lui a valu en 1984 le Prix Découvertes de Radio France Internationale (RFI) — une reconnaissance majeure qui l’a propulsée sur la scène mondiale.

    Une femme d’affaires et ambassadrice engagée

    Au-delà de la musique, Afia Mala s’est imposée dans les affaires. Dès la fin des années 1980, elle investit dans l’hôtellerie, l’immobilier et la promotion foncière, non seulement au Togo mais aussi dans des pays comme le Bénin, la France et l’Angleterre — une stratégie qui lui permet de sécuriser son avenir professionnel dans un secteur souvent incertain.

    Elle est également ambassadrice de marque, associant son image et ses valeurs à des produits et des projets culturels, ce qui contribue à renforcer sa notoriété et son impact.

    Une militante sociale au cœur généreux

    La musique n’est pas pour Afia Mala un simple art : c’est un outil de conscience sociale. Très tôt, elle comprend que la notoriété peut servir des causes plus grandes qu’elle-même. C’est ainsi qu’elle fonde en 2006 la Fondation Vie et Vivre, basée à Lomé, dédiée à l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables, particulièrement des enfants défavorisés.

    La fondation s’investit dans des projets essentiels : construction d’écoles et de bibliothèques, distribution de fournitures scolaires, organisation de camps de vacances, soutien aux centres de santé et aide aux orphelinats. Une de ses actions récentes a permis de célébrer Noël avec des distributions de vivres et de jouets pour des centaines d’enfants, suscitant gratitude et joie dans les communautés bénéficiaires.

    L’héritage d’une vie consacrée à l’art et à l’humain

    Avec près de cinquante ans de carrière, Afia Mala représente une extraordinaire réussite artistique, culturelle et sociale. Elle a su porter haut les valeurs de la musique africaine, tout en créant des ponts avec d’autres traditions et publics à travers le monde. Son engagement pour l’éducation, la culture et les plus démunis fait d’elle une voix singulière qui dépasse les frontières et inspire les générations nouvelles.

    En combinant talent, intelligence, empathie et sens des responsabilités, Afia Mala reste une figure emblématique de la culture togolaise et africaine, une artiste intégrale qui a transformé sa passion en carrière, en influence et en action humanitaire.

  • Foot: Amir Abdou aux commandes des Étalons

    Foot: Amir Abdou aux commandes des Étalons

    Le Amir Abdou est le nouveau sélectionneur du Burkina Faso national football team. La Fédération burkinabè de football (FBF) a officialisé la nomination du technicien franco-comorien, marquant ainsi l’ouverture d’un nouveau chapitre pour les Étalons.

    À quelques mois des prochaines échéances continentales et des qualifications pour la Coupe du monde, ce choix stratégique suscite espoir et curiosité dans le pays des Hommes intègres.

    Un technicien au parcours remarqué

    Âgé d’une cinquantaine d’années, Amir Abdou s’est forgé une solide réputation sur le continent africain. Il s’est particulièrement illustré à la tête des Cœlacanthes des Comores, qu’il a conduits à une qualification historique à la Coupe d’Afrique des nations 2021. Son équipe avait alors marqué les esprits par sa discipline tactique, sa solidarité et sa capacité à rivaliser avec des nations plus expérimentées.

    Connu pour son exigence et son sens de l’organisation, Abdou privilégie un football structuré, basé sur la rigueur défensive et la rapidité en transition. Son approche méthodique et son aptitude à tirer le meilleur d’effectifs parfois limités ont convaincu les dirigeants burkinabè de lui confier les rênes de la sélection.

    Une mission ambitieuse avec les Étalons

    https://www.cafonline.com/media/llelmt1y/bertrand-isidore-traore-of-burkina-faso-celebrates-goal-with-teammates-during-the-2023-africa-cup-of-nations-match-between-burkina-faso.jpg

    Le Burkina Faso n’est pas un novice sur la scène africaine. Finalistes de la CAN en 2013 et régulièrement présents dans le dernier carré ces dernières années, les Étalons ambitionnent désormais de franchir un nouveau palier. L’objectif affiché est clair : consolider la place du Burkina parmi les grandes nations du football africain et viser une qualification pour la prochaine Coupe du monde.

    Amir Abdou arrive donc avec une feuille de route exigeante. Il devra composer avec un groupe talentueux, mêlant cadres expérimentés et jeunes joueurs prometteurs. Sa capacité à instaurer une discipline collective et à fédérer autour d’un projet commun sera déterminante.

    Entre attentes populaires et défis structurels

    La nomination d’Amir Abdou intervient dans un contexte où les supporters burkinabè attendent des résultats concrets. Après des campagnes marquées par des performances encourageantes mais parfois irrégulières, l’opinion publique espère une stabilité technique et un cap clair.

    Le nouveau sélectionneur devra également travailler en étroite collaboration avec la Fédération pour optimiser la préparation des matchs, améliorer la gestion des stages et renforcer la cohésion au sein du groupe. La question de la relève et de l’intégration des jeunes talents issus du championnat local constituera aussi un enjeu majeur.

    Un nouveau souffle pour le football burkinabè

    En choisissant Amir Abdou, la Fédération burkinabè de football mise sur l’expérience africaine et la capacité d’adaptation d’un entraîneur qui a déjà prouvé qu’il savait bâtir un collectif compétitif. Les prochaines semaines seront consacrées à la prise de contact avec les joueurs et à la définition d’un projet de jeu.

    Pour les Étalons, l’heure est désormais à la relance. Sous la houlette d’Amir Abdou, le Burkina Faso espère écrire une nouvelle page de son histoire footballistique, portée par l’ambition, la rigueur et la ferveur d’un peuple passionné de ballon rond.

  • 𝐅𝐀𝐂𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐍𝐅𝐋𝐈𝐓𝐒 𝐆𝐄́𝐎𝐏𝐎𝐋𝐈𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄𝐒 (𝐄́𝐓𝐀𝐓𝐒-𝐔𝐍𝐈𝐒–𝐈𝐒𝐑𝐀𝐄̈𝐋–𝐈𝐑𝐀𝐍), 𝐔𝐍 𝐄́𝐕𝐄𝐈𝐋 𝐃𝐄𝐒 𝐄́𝐋𝐈𝐓𝐄𝐒 𝐀𝐅𝐑𝐈𝐂𝐀𝐈𝐍𝐄𝐒 𝐄𝐒𝐓 𝐍𝐄́𝐂𝐄𝐒𝐒𝐀𝐈𝐑𝐄

    𝐅𝐀𝐂𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐍𝐅𝐋𝐈𝐓𝐒 𝐆𝐄́𝐎𝐏𝐎𝐋𝐈𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄𝐒 (𝐄́𝐓𝐀𝐓𝐒-𝐔𝐍𝐈𝐒–𝐈𝐒𝐑𝐀𝐄̈𝐋–𝐈𝐑𝐀𝐍), 𝐔𝐍 𝐄́𝐕𝐄𝐈𝐋 𝐃𝐄𝐒 𝐄́𝐋𝐈𝐓𝐄𝐒 𝐀𝐅𝐑𝐈𝐂𝐀𝐈𝐍𝐄𝐒 𝐄𝐒𝐓 𝐍𝐄́𝐂𝐄𝐒𝐒𝐀𝐈𝐑𝐄

    Kossigan Kokou-Kpolou, Ph.D., professeur en psychologie à l’Université Laval, à Québec (Canada) et chercheur régulier affilié à plusieurs centres de recherche, dont le Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM) et l’Observatoire de Psychologie, des Conflits Armés et des Violences Intergroupes (Psycavi), appelle à “un éveil des élites africaines…face aux conflits géopolitiques (Etats-Unis-Israël-Iran).”

    Dans la nuit du 27 au 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé conjointement des attaques aériennes contre l’Iran. Baptisées « Epic Fury Operation », ces attaques ont été lancées alors même que des négociations diplomatiques étaient encore engagées. Encore une fois, une agression militaire, menée sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et en marge de tout cadre juridique international. Des opérations qualifiées de « frappes préventives », visant des sites militaires et infrastructurels iraniens, auraient causé, selon certaines sources, la mort de dizaines d’élèves d’une école primaire. L’Iran a immédiatement riposté par des contre-attaques sur des positions israéliennes et des bases américaines dans la région.

    𝐔𝐧 𝐞𝐧𝐠𝐫𝐞𝐧𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐬’𝐨𝐮𝐯𝐫𝐞, 𝐬𝐮𝐬𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝’𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐩𝐩𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐬𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬, 𝐚𝐮 𝐌𝐨𝐲𝐞𝐧-𝐎𝐫𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐚𝐮-𝐝𝐞𝐥𝐚̀.

    Au plan international, plusieurs gouvernements et organisations appellent à la cessation des hostilités et au retour à la diplomatie. Mais comme toujours, “notre” Union Africaine présentera plus tard un communiqué vague, insipide et lâche.

    Face à ce nouveau conflit, on aurait aimé lire ou entendre les mêmes voix qui, il y a deux mois, se laissaient fasciner par l’intervention militaire américaine au Venezuela questionner aujourd’hui les mêmes logiques. Est-ce encore du réalisme géopolitique ou simplement la loi des puissances impérialistes et expansionnistes ? Une intervention militaire sans mandat, subordonnée à des intérêts géostratégiques, remet en question la cohérence normative des positionnements qui célèbrent tantôt telle ou telle puissance en conflit. La fascination pour une puissance impérialiste, lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un jugement critique, conduit à 𝐧𝐨𝐫𝐦𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐠𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐛𝐚𝐟𝐨𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥.

    En tant qu’élites africaines, nous avons une double responsabilité : 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐮𝐜𝐢𝐝𝐢𝐭𝐞́ 𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐲𝐧𝐚𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐮𝐧 𝐣𝐮𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥 𝐜𝐨𝐡𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭, 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐞́𝐭𝐡𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞. Nous devons refuser les apparences, questionner les emballements médiatiques et nous affranchir des rhétoriques propagandistes binaires. De cette double exigence dépend 𝒏𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒄𝒊𝒕𝒆́ 𝒂̀ 𝒇𝒐𝒓𝒈𝒆𝒓 𝒖𝒏𝒆 𝒗𝒆́𝒓𝒊𝒕𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒗𝒐𝒍𝒐𝒏𝒕𝒆́ 𝒅𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆, 𝒏𝒐𝒏 𝒑𝒂𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒅𝒐𝒎𝒊𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒎𝒆́𝒅𝒊𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝒅𝒊𝒔𝒔𝒖𝒂𝒔𝒊𝒐𝒏, 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒓𝒆́𝒈𝒖𝒍𝒆𝒓 𝒆𝒕 𝒅’𝒂𝒓𝒃𝒊𝒕𝒓𝒆𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒕𝒆𝒏𝒔𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒈𝒆́𝒐𝒑𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒊𝒂𝒍𝒆𝒔.

    𝐋’𝐢𝐦𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐧𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞̀𝐠𝐞 𝐩𝐚𝐬 : 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐬𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐮𝐱.

    Notre mission n’est pas d’être spectateurs fascinés par des États suprématistes qui, au nom de prétendues destinées messianiques, foulent aux pieds l’inviolabilité des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Au contraire, il nous revient de contribuer, par la réflexion stratégique et l’action prospective, à 𝐞́𝐥𝐚𝐛𝐨𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐥𝐢𝐞𝐧𝐭𝐞𝐬, 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥’𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐞́𝐠𝐞́𝐦𝐨𝐧𝐢𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐜𝐭𝐚𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐨𝐩𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐧𝐨𝐬 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬, hypothéquant l’avenir du continent et de sa jeunesse. Nous devons produire des analyses indépendantes, former les consciences, structurer des espaces numériques de débat rationnel, proposer des alternatives africaines crédibles, éclairer les choix géostratégiques par des repères de notre civilisation multiséculaire.

    Être une élite africaine, c’est porter une responsabilité historique : penser avec lucidité et agir avec courage pour la souveraineté de l’Afrique. 𝐋𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐥𝐢𝐭𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐨𝐢𝐧𝐭𝐚𝐢𝐧𝐬 ; 𝐢𝐥𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐢𝐧𝐜𝐚𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐞𝐢𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́.

    Dr Kossigan Cyrille Kokou-Kpolou

  • Le Togo modernise ses marchés avec l’appui français

    Le Togo modernise ses marchés avec l’appui français

    Le Togo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses marchés traditionnels. Avec le soutien de la France, à travers la société Engineering & Consulting France, le gouvernement lance le projet « Maison des services », une initiative portée par le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique.

    Ce programme ambitionne de transformer en profondeur le fonctionnement des marchés, véritables poumons de l’économie locale, en y introduisant des outils modernes et des services adaptés aux besoins des commerçants et des producteurs.

    Quatre piliers pour structurer la réforme

    Le projet « Maison des services » repose sur quatre axes majeurs. D’abord, l’installation de balances certifiées afin de garantir la transparence des transactions et renforcer la confiance entre vendeurs et clients. Cette mesure vise à mettre fin aux contestations liées aux pesées et à instaurer des pratiques commerciales plus équitables.

    Ensuite, la mise en place d’une plateforme de moulins multiproduits permettra la transformation des produits secs directement au sein des marchés. Cette innovation facilitera la valorisation des denrées agricoles locales, tout en offrant un gain de temps et de compétitivité aux acteurs économiques.

    Troisième composante : l’installation de conteneurs frigorifiques destinés à la conservation des produits périssables. En améliorant les conditions de stockage, le gouvernement entend réduire significativement les pertes post-récolte, un défi majeur pour les producteurs et commerçants.

    Enfin, le projet prévoit un important volet de formation. Les acteurs économiques bénéficieront d’un accompagnement pour s’approprier ces nouveaux outils et renforcer leurs capacités en gestion, en hygiène et en techniques commerciales.

    Moderniser et sécuriser les échanges

    À travers cette initiative, les autorités togolaises affichent un double objectif : moderniser les échanges commerciaux et sécuriser les productions agricoles. « Ce projet va contribuer à moderniser les échanges commerciaux dans nos marchés afin de valoriser davantage nos productions agricoles », a souligné le ministre Badanam Patoki.

    En améliorant la transparence, la transformation et la conservation des produits, le gouvernement espère dynamiser les circuits de distribution locaux et renforcer la compétitivité des filières agricoles.

    Une phase pilote dans le Grand Lomé

    La phase pilote du projet démarrera dans les marchés du Grand Lomé. Cette première étape permettra d’évaluer l’efficacité du dispositif avant un déploiement progressif sur l’ensemble du territoire national.

    L’initiative s’inscrit dans une logique de partenariat public-privé. Elle réunit institutions publiques et acteurs locaux autour d’un comité technique de suivi chargé de veiller à la bonne mise en œuvre des actions.

    Avec « Maison des services », le Togo entend ainsi faire de ses marchés traditionnels des espaces modernisés, mieux organisés et davantage intégrés aux dynamiques de développement économique du pays.

  • Mort confirmée d’Ayatollah Ali Khamenei, figure centrale de l’Iran

    Mort confirmée d’Ayatollah Ali Khamenei, figure centrale de l’Iran

    Dans un tournant historique, la République islamique d’Iran a confirmé la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, son guide suprême depuis 1989, à l’âge de 86 ans, suite à une offensive militaire conjointe des États-Unis et d’Israël contre des installations iraniennes.

    L’annonce a été faite par les médias d’État iraniens dans la nuit de samedi à dimanche, qui ont qualifié sa disparition de « martyrdom ».

    Sous son autorité, Khamenei a joué un rôle clé dans l’orientation politique, militaire et religieuse du pays pendant plus de 36 ans, consolidant le pouvoir théocratique après la révolution islamique de 1979 et réprimant systématiquement toute opposition interne.

    Le gouvernement iranien a déclaré 40 jours de deuil national et une semaine de jours fériés, même si les circonstances exactes de sa mort restent encore partiellement floues. Les autorités avaient d’abord assuré que Khamenei et d’autres hauts dirigeants étaient en vie et en sécurité, avant d’annoncer officiellement son décès.

    Contexte et conséquences politiques

    Une figure dominante du régime : Khamenei a transformé la République islamique en un système fortement centralisé où le Guide suprême exerce la plus haute autorité sur l’armée, la politique étrangère, le judiciaire et les Gardiens de la révolution.

    Conflits internationaux : Sa politique a été marquée par une hostilité durable envers les États-Unis et Israël, intensifiant le rôle de l’Iran dans les conflits régionaux par le soutien à des groupes alliés comme le Hezbollah ou les milices irakiennes.

    Crise interne : Avant sa mort, l’Iran était déjà secoué par de grandes manifestations contre la vie chère et la répression politique, parfois violentes, ce qui a fragilisé le régime.

    Un vide de pouvoir et une période d’incertitude

    La disparition de Khamenei crée un vide politique important. L’Assemblée des experts, l’organe religieux chargé de choisir son successeur, doit désormais se réunir pour désigner un nouveau guide suprême, un processus qui pourrait déclencher des luttes de pouvoir internes entre les factions conservatrices et militaires du système iranien.

  • Femmes : le Togo brille en Afrique

    Femmes : le Togo brille en Afrique

    Le Togo confirme son ascension en matière de promotion des droits économiques des femmes. Selon le rapport annuel Women, Business and the Law publié le 24 février 2026 par la Banque mondiale, le pays se classe deuxième en Afrique, avec un score global de 79,33 sur 100. Une distinction majeure qui place Lomé parmi les économies les plus engagées du continent en faveur de l’égalité juridique entre hommes et femmes.

    Une performance continentale saluée

    Au-delà de cette deuxième place africaine, le Togo s’impose également comme le premier pays de la CEDEAO, de l’UEMOA et de l’Afrique francophone. Il devance ainsi plusieurs États aux économies et aux populations plus importantes. Le rapport, qui évalue 190 économies à travers le monde, examine les cadres juridiques encadrant la participation des femmes à la vie économique, de l’emploi à la retraite, en passant par l’entrepreneuriat.

    Des avancées juridiques solides

    L’édition 2026 du rapport se veut plus rigoureuse que les précédentes. Pour la première fois, l’étude ne se limite pas à l’analyse des textes de loi : elle prend aussi en compte leur application effective et les dispositifs institutionnels qui les soutiennent. Sur le plan strictement juridique, le Togo affiche des performances remarquables.

    Le pays obtient la note maximale de 100 sur 100 dans quatre domaines clés : la rémunération, le mariage, les actifs et la pension. Autrement dit, la législation togolaise ne prévoit aucune discrimination formelle entre hommes et femmes en matière de salaire, de droits matrimoniaux, de propriété ou de retraite. Le principe « à travail égal, salaire égal » est clairement consacré, tout comme l’égalité dans la gestion des biens et l’accès aux prestations de pension.

    Par ailleurs, le Togo se distingue par l’introduction de mesures favorisant l’aménagement du temps de travail à la demande des salariés, une disposition encore peu répandue en Afrique subsaharienne. Les réformes engagées ces dernières années, notamment dans le secteur de l’emploi et de la garde d’enfants, ont contribué à lever certains obstacles structurels à l’activité professionnelle féminine.

    Liberté de mouvement : un progrès tangible

    Sur la question de la mobilité, le Togo obtient un score de 75 sur 100 en droit. Cette dimension concerne notamment la capacité pour une femme d’obtenir un passeport, de choisir son lieu de résidence ou de se déplacer sans autorisation maritale.

    Plus significatif encore, l’effectivité de ce droit est évaluée à 68,75 sur 100. Ce chiffre reflète une réalité relativement positive sur le terrain, dans un contexte régional où les restrictions informelles demeurent fréquentes. Le contraste est notable et traduit une évolution des pratiques au-delà des textes.

    Des défis institutionnels à relever

    Malgré ces performances encourageantes, des marges de progression subsistent. Les mécanismes de soutien institutionnel n’obtiennent que 31,95 sur 100, révélant des dispositifs d’accompagnement encore fragiles. De même, la perception de l’application concrète des droits atteint 64,54 sur 100, soulignant l’écart persistant entre les réformes légales et leur mise en œuvre quotidienne.

    La Cellule Climat des Affaires reconnaît la nécessité de renforcer ces cadres institutionnels. Les autorités togolaises, pour leur part, assurent vouloir consolider les acquis et accroître la participation des femmes au développement économique national. Si le Togo se positionne aujourd’hui comme un modèle régional, le chantier de l’égalité réelle reste, lui, pleinement ouvert.

  • Souveraineté numérique : le Togo serre la vis

    Souveraineté numérique : le Togo serre la vis

    Le Togo affiche clairement son ambition : renforcer sa souveraineté numérique. À travers l’Instance de protection des données à caractère personnel (IPDCP), les autorités entendent imposer de nouvelles exigences aux opérateurs du numérique, notamment l’obligation de stocker les données personnelles des utilisateurs sur le territoire national.

    Le Togo veut imposer le stockage local des données

    Une orientation stratégique défendue par le président de l’institution, le colonel Bédiani Béléi, qui détaille les enjeux de cette politique, les premières plaintes enregistrées et les priorités fixées pour 2026. Pour Lomé, il ne s’agit plus seulement de réguler, mais de protéger un actif devenu crucial : la donnée.

    Des informations sensibles à protéger

    Selon le colonel Béléi, la notion de données à caractère personnel recouvre « toute information liée à l’identité d’une personne ». Il peut s’agir du nom, du prénom, du numéro de téléphone, des coordonnées bancaires, des données de santé ou encore de l’image d’un individu.

    Autant d’informations parfois sensibles, dont l’usage incontrôlé peut porter atteinte à la vie privée. Pour cette raison, les responsables de traitement sont soumis à quatre obligations majeures : la confidentialité, la sécurité, la conservation et la pérennité des données.

    Ces principes constituent le socle du dispositif légal adopté par le Togo en 2019, avec la loi sur la protection des données à caractère personnel.

    Une culture encore à construire

    Si le cadre légal existe depuis 2019 et que l’IPDCP a été organisée en 2020, les activités opérationnelles n’ont réellement démarré qu’en mars 2025. Pour le président de l’institution, le principal défi reste culturel. « La culture de la protection des données n’est pas encore ancrée au Togo. Il faut la construire », insiste-t-il.

    À l’ère des réseaux sociaux, du commerce en ligne et de la digitalisation accélérée des services publics et privés, les risques liés au numérique se multiplient. Usurpation d’identité, fuites de données, surveillance abusive : autant de menaces qui justifient, selon l’IPDCP, une mobilisation accrue et une vaste campagne de sensibilisation.

    Premières plaintes et encadrement des pratiques

    Depuis le lancement effectif de ses activités, l’instance a déjà reçu plusieurs plaintes. L’une d’elles concerne un salarié filmé sur son lieu de travail, dont l’image aurait servi à justifier un licenciement.

    Pour l’IPDCP, les caméras de surveillance ne peuvent être utilisées à des fins d’espionnage des employés. Elles doivent exclusivement répondre à des impératifs de sécurité. Dans ce dossier, le plaignant a été orienté vers le tribunal du travail.

    Par ailleurs, l’institution enregistre des demandes d’autorisation relatives au traitement et au transfert de données personnelles à l’international. Même si ses capacités techniques restent en phase de consolidation, l’IPDCP affirme accompagner les acteurs du numérique dans leur mise en conformité.

    Les données, une richesse stratégique

    Au-delà de la régulation, l’objectif affiché est clair : imposer le stockage local des données des Togolais. Pour les autorités, les données constituent une richesse stratégique « au même titre que le pétrole ».

    Leur hébergement à l’étranger pose des questions de souveraineté, de sécurité et de contrôle juridique. En exigeant leur conservation sur le territoire national, l’État veut mieux maîtriser leur exploitation et prévenir les abus.

    2026 : l’année de la consolidation

    Pour l’année à venir, l’IPDCP ambitionne de s’imposer comme un régulateur de confiance. Ses priorités portent sur le renforcement du cadre juridique, la sensibilisation des citoyens, la formation des acteurs publics et privés, ainsi que le développement de partenariats institutionnels.

    Face aux nouveaux défis numériques, intelligence artificielle, big data, cybersécurité, l’institution entend également adapter la réglementation pour anticiper les risques.

    Le message est sans équivoque : au Togo, la souveraineté numérique est désormais une affaire d’État.

  • Au Togo, la déclaration des dispositifs de vidéosurveillance passe au numérique

    Au Togo, la déclaration des dispositifs de vidéosurveillance passe au numérique

    Au Togo, les formalités administratives liées aux dispositifs de vidéosurveillance et de vidéoprotection entrent dans une nouvelle ère. L’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) a officiellement engagé la digitalisation du processus de déclaration de ces équipements, dans le cadre d’une réforme visant à moderniser la gestion des données personnelles.

    Une réforme au service de la protection des données

    Conduit en partenariat avec l’Agence Togo Digital (ATD), le projet est placé sous la supervision du ministère de l’Efficacité du service public et de la Transformation numérique. À travers cette initiative, les autorités entendent simplifier les démarches administratives, tout en renforçant la conformité des acteurs publics et privés aux exigences légales en matière de protection des données.

    Dans un contexte où l’usage des caméras de surveillance se généralise dans les entreprises, les commerces et les espaces publics, la réforme apparaît comme une réponse aux enjeux croissants liés à la sécurité et au respect de la vie privée.

    Une plateforme pour plus de transparence et d’efficacité

    La nouvelle plateforme numérique permettra aux usagers de soumettre leurs dossiers en ligne, sans avoir à se déplacer. Selon l’IPDCP, l’outil offrira un traitement plus fluide des demandes, avec un système de suivi en temps réel et une traçabilité renforcée des procédures.

    L’objectif affiché est multiple : réduire les délais de traitement, améliorer l’accessibilité des services publics et instaurer davantage de transparence dans les interactions entre l’administration et les citoyens. Grâce à la digitalisation, les déclarants pourront suivre l’évolution de leurs dossiers depuis la soumission jusqu’à la validation ou la clôture.

    Cette réforme s’inscrit plus largement dans l’agenda national de transformation numérique de l’administration publique. Elle traduit la volonté des autorités togolaises de moderniser les services de l’État et d’adapter les procédures aux standards technologiques actuels.

    Des agents formés avant la mise en service

    En prélude au lancement officiel, une session de formation a été organisée la semaine dernière au profit des agents concernés. Cette étape a permis aux équipes techniques et administratives de se familiariser avec l’ensemble de la chaîne numérique.

    Des simulations pratiques ont été réalisées, couvrant toutes les étapes du processus : réception des demandes, vérification des pièces, validation, notification et clôture des dossiers. Ces exercices visaient à tester les mécanismes internes et à garantir une parfaite maîtrise de l’outil avant son déploiement effectif.

    Un lancement prévu le 10 mars

    À l’issue de la phase de formation, des tests utilisateurs et des ajustements techniques sont encore programmés afin d’optimiser la performance de la plateforme. Ces derniers réglages devraient permettre de corriger d’éventuelles anomalies et d’assurer une expérience fluide pour les futurs utilisateurs.

    La mise en service officielle est annoncée pour le 10 mars prochain. Avec cette digitalisation, le Togo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son administration et renforce son dispositif de protection des données personnelles, à l’heure où la transformation numérique devient un levier central de gouvernance.

  • Transport routier: l’affaire Parou Bonante, au-delà de l’accident, le vrai débat

    Transport routier: l’affaire Parou Bonante, au-delà de l’accident, le vrai débat

    Le climat reste tendu dans le secteur du transport routier togolais. Au centre des discussions : les divergences persistantes entre l’Union nationale des transporteurs routiers du Togo (UNATROT) et le groupe Progrès Transport, dont l’un des membres influents reste Parou Bonante.

    Si certains commentaires ont rapidement personnalisé le débat, plusieurs acteurs du secteur appellent aujourd’hui à la prudence et à une lecture plus nuancée des faits.

    Une conférence de presse aux accents revendicatifs

    Le 17 février 2026, Progrès Transport a organisé une conférence de presse au cours de laquelle ses responsables ont exprimé leurs préoccupations sur les conditions de travail et de vie des transporteurs affiliés. Selon les organisateurs, la démarche visait à attirer l’attention sur des difficultés structurelles, notamment les charges d’exploitation élevées, les contrôles administratifs jugés parfois déséquilibrés, le besoin de meilleure représentation syndicale et le dialogue renforcé avec les autorités.

    Des observateurs du secteur estiment que ces revendications ne sont pas nouvelles et s’inscrivent dans un contexte de tensions internes qui traversent l’UNATROT depuis plusieurs années. Plusieurs voix appellent ainsi à éviter toute personnalisation excessive du débat.

    Un accident regrettable, une enquête en cours

    Trois jours après cette sortie médiatique, le 20 février 2026, un camion appartenant à l’entreprise dirigée par Parou Bonante, cadre du Progrès Transport, a été impliqué dans un accident aux abords de la station Total de Kégué, à Lomé.

    Selon des sources proches du dossier, le véhicule aurait percuté un autre engin par l’arrière. Les circonstances exactes restent à établir par les autorités compétentes. Une procédure aurait été ouverte afin de déterminer les responsabilités éventuelles.

    Toujours selon ces mêmes sources, le camion disposait des documents administratifs requis et était assuré auprès de la compagnie Sanlam. Il est cependant évoqué que la visite technique du véhicule aurait expiré au moment des faits, un élément qui devra être confirmé officiellement par l’enquête.

    À ce stade, aucune conclusion définitive n’a été rendue publique.

    Éviter les procès d’intention

    Dans l’opinion, certains commentaires ont rapidement associé cet accident aux critiques formulées quelques jours plus tôt contre l’UNATROT. D’autres acteurs du secteur jugent toutefois excessif d’y voir la preuve d’un manquement généralisé ou d’une volonté délibérée de contourner les règles.

    Des responsables du Progrès Transport rappellent que Parou Bonante   gère plusieurs camions et emploie de nombreux conducteurs, et qu’un incident isolé, aussi regrettable soit-il, ne saurait résumer l’ensemble de ses pratiques.

    Ils indiquent par ailleurs que la structure profite de cet événement malheureux pour renforcer les messages internes de sensibilisation au respect strict du Code de la route, à l’auto-discipline et au suivi rigoureux des échéances administratives. Une mission normalement dévolue à l’UNATROT.

    Une crise plus ancienne au sein du secteur

    Au-delà de l’accident, plusieurs observateurs soulignent que les tensions actuelles trouvent leurs racines dans des désaccords plus anciens concernant la gouvernance syndicale, la représentativité et les orientations stratégiques du secteur.

    Le transport routier, pilier essentiel de l’économie nationale, fait face à des défis majeurs : la modernisation du parc automobile, le respect des normes techniques, la sécurité des usagers et l’adaptation aux nouvelles exigences réglementaires.

    Dans ce contexte, certains acteurs appellent les autorités compétentes à favoriser le dialogue et à clarifier les responsabilités afin d’éviter l’escalade des tensions.

    Priorité à la sécurité et au dialogue

    L’accident du 20 février reste un événement regrettable qui mérite toute la lumière nécessaire. Mais au-delà des polémiques, la priorité demeure la sécurité des usagers et la stabilité d’un secteur stratégique pour le pays.

    Plusieurs professionnels insistent sur le fait que seule une approche équilibrée, celle-ci fondée sur l’enquête, la responsabilité individuelle et le dialogue institutionnel, permettra d’éviter que les tensions actuelles ne fragilisent davantage la profession. Surtout que les autorités compétentes sont, pour le moment, silencieuses sur la crise à laquelle certains opposent des relents personnels.

  • Disparition de Boncana Maïga : l’Afrique musicale en deuil

    L’Afrique vient de perdre l’un de ses plus illustres ambassadeurs culturels. Compositeur, arrangeur, chef d’orchestre et producteur de génie, Boncana Maïga laisse derrière lui un héritage immense, façonné sur plusieurs décennies au service de la musique africaine. Son nom restera à jamais associé à l’âge d’or des orchestres modernes et à l’internationalisation des sonorités mandingues.

    Un pionnier de l’Afro-jazz

    Né au Mali, Boncana Maïga s’impose très tôt comme un musicien d’exception. Dans les années 1960 et 1970, il participe activement au renouveau musical post-indépendance, période marquée par l’émergence de grands orchestres nationaux. Son talent d’arrangeur et sa maîtrise des cuivres font rapidement de lui une référence incontournable.

    Visionnaire, il contribue à forger un style original mêlant rythmes traditionnels, influences afro-cubaines, jazz et funk. Cette fusion audacieuse ouvre de nouvelles perspectives à la musique ouest-africaine, qui s’exporte progressivement vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Boncana Maïga n’était pas seulement un interprète : il était un bâtisseur de ponts entre les cultures.

    Un producteur au rayonnement international

    Installé à l’étranger pendant une partie de sa carrière, il collabore avec de nombreux artistes africains et internationaux. Son studio devient un carrefour de talents, où se croisent chanteurs, instrumentistes et compositeurs désireux d’enrichir leur palette sonore.

    En tant que producteur, il joue un rôle clé dans la professionnalisation de la musique africaine. Exigeant et rigoureux, il accompagne les artistes dans la structuration de leurs œuvres, de l’écriture à l’arrangement final. Plusieurs générations de musiciens lui doivent leur ascension et saluent aujourd’hui sa bienveillance, son sens du détail et son amour inconditionnel de l’art.

    Un héritage culturel inestimable

    Au-delà des succès et des distinctions, Boncana Maïga incarnait une certaine idée de la culture : exigeante, ouverte et enracinée. Il croyait fermement que la musique africaine devait puiser dans ses traditions tout en dialoguant avec le monde. Cette conviction a guidé toute sa carrière.

    Son engagement en faveur de la transmission restera l’un de ses plus grands legs. À travers des festivals, des formations et des collaborations, il n’a cessé d’encourager la relève. Pour lui, la musique était un patrimoine vivant, à préserver et à faire évoluer.

    L’émotion d’un continent

    Depuis l’annonce de sa disparition, hommages et témoignages affluent de Bamako à Paris, de Dakar à Montréal. Artistes, responsables culturels et anonymes saluent la mémoire d’un homme discret mais déterminant, dont l’influence dépasse largement les frontières du Mali.

    Avec Boncana Maïga s’éteint une page majeure de l’histoire musicale africaine. Mais son œuvre, elle, continue de vibrer dans les orchestres, les studios et les cœurs. Plus qu’un musicien, il était un symbole : celui d’une Afrique créative, audacieuse et fière de ses racines.

Radio Renouveau228

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