Auteur/autrice : La Rédaction

  • Togo-La LTDH demande le retrait du texte de la révision constitutionnelle

    Togo-La LTDH demande le retrait du texte de la révision constitutionnelle

    La Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) réagit par rapport à la révision constitutionnelle qui polarise les débats actuellement en cours au Togo. Elle “demande par conséquent aux autorités compétentes, particulièrement à Monsieur le Président de la République Togolaise, à madame la Présidente de l’Assemblée nationale togolaise et aux députés de ladite Assemblée Nationale, de prendre toutes les mesures qui s’imposent afin que cette loi soit purement et simplement retirée”, dans une note.

    LIGUE TOGOLAISE DES DROITS DE L’HOMME

    DÉCLARATION DE LA LIGUE TOGOLAISE DES DROITS DE L’HOMME RELATIVE AU CHANGEMENT ILLEGAL ET ILLEGITIME DE LA CONSTITUTION TOGOLAISE PAR LES DÉPUTÉS À L’ASSEMBLÉE NATIONALE

    Le matin du 26 mars 2024, la LTDH à l’instar de la majorité du peuple togolais a été choquée, éberlué, totalement désemparée et frustrée en apprenant la nouvelle de la modification de la constitution togolaise par des députés à l’assemblée Nationale togolaise réunie dans la nuit profonde, à une heure où les esprits épris de paix et de justice s’étaient endormis.

    Malheureusement, l’obscurité traduisait le mauvais présage qui s’abattait sur la terre de nos aïeux : l’Assemblée Nationale Togolaise venait d’adopter une loi portant changement de la constitution.

    Cette loi qui fait passer le Togo de la IVème République à la Vème République en instituant désormais un régime parlementaire en lieu et place du régime semi-présidentiel existant, non seulement, a été adoptée dans des conditions à la fois curieuses, irrégulières, illégales et anticonstitutionnelles, mais aussi, est inopportune et inadaptée à la situation sociopolitique togolaise eu égard à l’histoire politique de notre pays. De surcroît, elle viole les droits fondamentaux du citoyen togolais, particulièrement le droit au vote.

    1- Les conditions regrettables dans lesquelles la nouvelle loi constitutionnelle est intervenue Il est incontestable que le mandat des députés à l’Assemblée Nationale togolaise a expiré depuis le 31 décembre 2023. Ainsi, il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’adoption le 25 mars 2024, soit trois (03) mois plus tard, d’une loi d’une telle envergure qui touche notamment à l’élection du Président de la République est intervenue après l’expiration dudit mandat.

    En effet, s’il est vrai que l’article 52, dernier alinéa de la Constitution a prévu que les députés sortants restent en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de leurs successeurs (texte qui est sujet à débat juridique puisqu’il ne leur donne pas le droit de voter de nouvelles lois), il est tout de même curieux que nos députés aient attendu trois (03) mois après la fin de leur mandat et un mois avant le renouvellement de leur institution, pour prendre la plus grande et la plus grave décision de leur mission alors que « rien » ne les empêchait de le faire en cours de mandat.

    En outre, il s’agit d’une loi qui modifie non seulement le mode d’élection du Président de la République, mais aussi le mandat présidentiel au Togo ainsi que la durée dudit mandat, or, l’article 59 de la constitution dispose clairement en ses alinéas 1er et 2 que « Le Président de la république est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de cinq (5) ans renouvelable une seule fois. Cette disposition ne peut être modifiée que par voie référendaire ».

    Il s’en infère que les députés togolais, en modifiant seuls et dans la clandestinité les dispositions précitées, ont cruellement violé la constitution togolaise en se substituant de force à la volonté populaire et en croyant à tort être couverts par les dispositions de l’article 144 de la Constitution qui dispose : « L’initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment au Président de la République et à un cinquième (1/5) au moins des députés de l’assemblée nationale.

    Le projet ou la proposition de révision est considéré comme adopté s’il est voté à la majorité des quatre cinquièmes (4/5) des députés composant l’Assemblée nationale.

    A défaut de cette majorité, le projet ou la proposition de révision adoptée à la majorité des deux tiers (2/3) des députés composant l’Assemblée nationale est soumis au référendum » ;

    En réalité, les dispositions de l’article 144 ne font qu’énoncer un principe d’ordre général auquel déroge le cas spécial prévu à l’article 59.

    Tout en rappelant qu’en droit, les règles spéciales dérogent aux règles générales, nous devons comprendre à travers les dispositions combinés des articles 59 et 144 de la Constitution que les députés à l’Assemblée nationale ont le pouvoir de réviser la constitution togolaise à la majorité des quatre cinquième (4/5) ou de soumettre la révision au référendum en cas de majorité des deux tiers (2/3) lorsqu’il s’agit de toutes dispositions de ladite constitution à l’exception de celles relatives à l’article 59.

    Ainsi donc, il apparaît clairement que la loi portant changement de la constitution votée le 25 mars 2024 par l’Assemblée Nationale togolaise l’a été en flagrante violation de la constitution togolaise notamment son article 59.

    Par ailleurs, les représentants du peuple ont choisi non seulement d’écarter leurs mandants du processus de révision de la loi fondamentale de la République, mais aussi de leur cacher leur proposition de loi dont le contenu est resté à leur totale discrétion : quelle curiosité ?

    2- L’inopportunité d’une loi qui porte atteinte aux droits humains des citoyens A l’article 21 alinéa 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) il est édicté : « La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote » ;

    L’Article 25-b du Pacte International relatif aux droits Civils et Politiques (PIDC), énonce que «Tout citoyen a le droit en la possibilité, sans aucune discriminations visées à l’article 2 et sans restrictions déraisonnables, de voter et d’être élu, au cours d’élections périodiques, honnêtes, au suffrage universel et égal et au scrutin secret, assurant l’expression libre de la volonté des électeurs ».

    Le droit de vote du citoyen togolais est donc un droit humain par excellence, un droit   inaliénable dans le cadre de sa participation à la vie publique et à la gouvernance étatique.

    Effriter une partie de ce droit alors qu’il n’a pas été consulté par voie référendaire comme l’exige la constitution, constitue à n’en point douter une violation des droits humains et des libertés publiques reconnus aux citoyens.

    Ainsi donc, en dépouillant les citoyens togolais sans leur avis d’ailleurs, de leur droit de choisir à la magistrature suprême et par suffrage universel, le Président de la République, première personnalité au sommet de l’État, les députés de l’Assemblée nationale togolaise ont impitoyablement privé ceux-ci du maximum de leur droit en ce qui concerne leur participation aux affaires publiques et politiques de l’État.

    Dès lors, l’on se demande ce qui pourra justifier une telle modification de la constitution caractérisée par l’introduction d’un régime parlementaire, ceci à un mois des élections législatives, et l’avantage particulier que renfermerait un tel régime par rapport au régime semi-présidentiel de sorte à expliquer la précipitation dans laquelle les parlementaires togolais ont œuvré, si ce n’est dans l’unique objectif de faire maintenir indéfiniment un seul régime au pouvoir et de faire du pays un royaume où tout prince pourra allègrement succéder à vie ?

    Pourra-t-on nous dire ou nous assurer que le régime parlementaire est un instrument idéal pour le respect des droits humains et des libertés publiques ?

    Sommes-nous en droit d’affirmer que par ce fameux régime, il est garanti aux citoyens, les droits économiques sociaux et culturels caractérisés par une alimentation adéquate, un accès aisé à de l’eau potable, à l’électricité et à l’assainissement, une éducation pour tous et à un coût abordable, un logement convenable, une réduction considérable du taux de chômage, une réelle augmentation et harmonisation du SMIG, un accès équitable et abordable aux soins de santé etc… ?

    Devons-nous être rassurés que c’est le régime parlementaire qui devra garantir aux citoyens, la véritable jouissance des droits civils politique, c’est-à-dire offrir un cadre où la liberté d’expression, de réunion et de manifestation seront désormais respectés où l’on ne fera plus de confusion entre une réunion privée et une manifestation publique ? Où l’on ne fera plus d’amalgame lorsqu’il s’agit de traiter la situation juridique d’un journaliste qui aurait commis une infraction dans le cadre de l’exercice de ses fonctions et un citoyen lambda en conflit avec la loi ?

    A l’issue de toutes ces interrogations, la LTDH ne perçoit ni l’efficacité ou la nécessité d’un régime parlementaire pour notre pays, ni l’opportunité de cette révision constitutionnelle.

    La pire démarche adoptée par les nouveaux constituants, c’est d’avoir choisi délibérément et sans scrupule, d’ôter carrément de leur nouveau texte, la rubrique consacrée aux droits humains et libertés fondamentales, intitulée ; « DES DROITS, LIBERTES ET DEVOIRS DES CITOYENS » pour les mettre dans un document annexe. Cela témoigne simplement d’une volonté de dévaloriser les droits humains des citoyens togolais en    enlevant à ceux-ci, leur force constitutionnelle.

    Enfin, cette nouvelle loi contraste fortement avec le protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance qui interdit toute réforme importante de la loi électorale dans les six mois qui précèdent une élection étant donné que nous étions à moins d’un mois d’un scrutin législatif où il sera question de voter des députés dont les prérogatives et les missions ne seront plus les mêmes au lendemain de leurs élections.

    La LTDH constate que l’appel lancé par le Chef de l’État aux auteurs de cette loi en vue de procéder à sa seconde lecture, quand bien même, cela pourrait être lu comme une démarche témoignant de son attention aux préoccupations des Togolais face à ce coup de force législatif, cela est loin d’être la solution appropriée.

    La LTDH demande par conséquent aux autorités compétentes, particulièrement à Monsieur le Président de la République Togolaise, à madame la Présidente de l’Assemblée nationale togolaise et aux députés de ladite Assemblée Nationale, de prendre toutes les mesures qui s’imposent afin que cette loi soit purement et simplement retirée.

    Fait à Lomé, le 02 avril 2024

    Pour la LTDH,

     Le Président

    Maître Célestin Kokouvi AGBOGAN

  • « Esclaves », de Kangni Alem : une plongée du Dahomey au Brésil parmi les acteurs de la traite transatlantique

    « Esclaves », de Kangni Alem : une plongée du Dahomey au Brésil parmi les acteurs de la traite transatlantique

    LE LIVRE DE LA SEMAINE. Avec sa trilogie, dont le premier tome vient d’être réédité, l’écrivain togolais ambitionne de démêler l’écheveau de l’esclavage des deux côtés de l’Océan.

    Au milieu du XIXe siècle, alors que le commerce esclavagiste transatlantique a été aboli en 1815, des bateaux négriers clandestins sillonnent encore les mers. Les acteurs et bénéficiaires de la traite sont nombreux, européens comme africains, pour qui les bénéfices à tirer de ce système (avantages financiers, pouvoir politique, économique, prééminence de certains peuples sur d’autres…) priment sur les considérations humanitaires.

    Nouvellement réédité, Esclaves (éd. Graines de pensées), superbe roman de l’écrivain togolais Kangni Alem, met en scène la complexité de cette situation et, à travers tout une galerie de personnages – trafiquants, marchands, hommes d’influence portugais, anglais, français, américains, ainsi qu’hommes de pouvoir africains et bien sûr esclaves –, incarne les intérêts en jeu.

    Le cadre choisi par le romancier est celui de l’ancien royaume du Dahomey, ainsi que, de l’autre côté de l’Atlantique, le Brésil et Cuba. On suit en particulier le destin du roi Adandozan (1793-1861), dont la souveraineté va être mise à mal en raison de sa largesse d’esprit, certains hommes au sein même de sa cour considérant ses idées abolitionnistes comme un signe de faiblesse.

    L’autre personnage central de l’intrigue se situe à l’autre bout du spectre du pouvoir, malgré ses savoirs occultes de « maître des rituels ». Manipulé par ceux qui en veulent au roi et en même temps victime des trafiquants d’esclaves, il va se laisser capturer avec le maigre espoir de sauver les siens, déportés avant lui vers Cuba. Hélas, c’est au Brésil qu’il débarquera d’abord et devra supporter sa nouvelle vie sous le nom de Miguel. Son retour en terre africaine aura lieu vingt-quatre années plus tard.

    Pièces officielles et arrière-cours

    « Je voulais écrire une fiction historique sur l’organisation de la traite esclavagiste dans le golfe du Bénin ainsi que sur ceux que l’on appelle chez nous les Aguda, les Africains déportés en Amérique du Sud et devenus des Afro-Brésiliens, explique Kangni Alem. Beaucoup sont restés au Brésil, d’autres sont revenus, comme le héros de mon roman, et ont donné naissance à de nouvelles générations d’hommes longtemps coupés de leurs racines africaines et porteurs d’une culture afro-brésilienne. »

    On est séduit par l’ampleur du projet du romancier, dont l’ambition est en réalité de produire une trilogie. Après Esclaves, dont le mouvement allait du Dahomey au Brésil a paru Les Enfants du Brésil (2017), consacré aux fameux Agudas. En 2025 paraîtra le troisième livre, avec la figure centrale de Sylvanus Olympio, né au Togo, premier président du pays après l’Indépendance et descendant lui aussi d’Afro-Brésiliens.

    L’une des grandes réussites d’Esclaves est sans doute aussi l’émerveillement que Kangni Alem parvient à susciter, tout au long du livre, nonobstant la gravité du sujet. On a plaisir à découvrir avec lui l’organisation politique du Dahomey ancien, l’étiquette, les coulisses de la cour depuis les pièces officielles jusqu’aux chambres et arrière-cours privées, des intrigues de pouvoir aux liaisons amoureuses.

    On se délectera par exemple à suivre le personnage de Sophia, jeune interprète arrivée chez le roi au sein d’une délégation européenne d’abolitionnistes danois. Son intelligence, son aisance à s’exprimer en langue gbe et sa plastique séduisent le monarque qui la retient auprès de lui comme conseillère, maîtresse et favorite.

    Rumeurs de malédiction

    D’autres passages, comme celui de la grande révolte des esclaves de Bahia, sont mis en scène avec une grande attention aux détails. On se croit véritablement dans un film d’époque, mené avec maestria. Mais s’il s’agit bien d’une fiction, elle se base sur des faits historiques avérés, comme cette révolte survenue en janvier 1835. On comprend qu’il ait fallu plus de cinq années de recherche et de travail à l’écrivain pour parachever son roman.

    « La lecture du Dernier survivant de la caravane, du romancier centrafricain Etienne Goyemidé, consacré à la traite arabo-musulmane, m’a marqué et motivé pour écrire sur la traite transatlantique », explique-t-il modestement. Esclaves a à son tour précédé les œuvres de Léonora Miano (La Saison de l’ombre), de Wilfried N’Sondé (Un océan, deux mers, trois continents) ou encore de Netonon Noël Ndjekery (Il n’y a pas d’arc-en-ciel au Paradis) qui toutes, par leur apport littéraire, contribuent à enrichir la perception de ces périodes du passé et à regarder en face la complexité de l’esclavage.

    « Le ciel, par-dessus la voilure, sombre comme le ventre d’un four à l’abandon. Mer cambrée. Lune voilée. Brumes et fraîcheur du noroît. 5 h 20. » Ces quelques mots donnent le ton, au début du roman de Kangni Alem. On se laisse aussitôt embarquer sur le vieux trois-mâts qui, dans l’obscurité, cingle vers l’Australie. Mais sera-t-il possible de faire fi, comme l’équipage, des rumeurs de malédiction qui planent sur le bateau ?

    Lors d’une traversée antérieure, dit-on, alors que les cales étaient chargées non pas de marchandises mais de captifs africains, « un des esclaves que l’on suppose être un prêtre d’une religion obscure nommée Vodoun, aurait provoqué la furie des éléments et jeté un sort au bateau. » A l’heure d’affronter l’imprévisible houle de l’océan Indien, aux abords des Quarantièmes Rugissants, le vieux rafiot tangue et virevolte, entraîné vers des rochers soudain surgis des flots… La suite ? Seul le romancier connaît le fin mot de l’histoire.

    Esclaves, de Kangni Alem (éd. Graines de pensées, Lomé, Togo, 2024 ; JC Lattès, 2009).

    Kidi Bebey

    https://www.lemonde.fr/afrique

  • Togo- Le spectacle un enfant pas comme les autres présenté aux élèves du complexe scolaire Mon devoir

    Togo- Le spectacle un enfant pas comme les autres présenté aux élèves du complexe scolaire Mon devoir

    21 mars dernier était la journée internationale de marionnette. Elle a été marquée au quartier Agoè Zongo de Lomé par un spectacle présenté aux écoliers du complexe scolaire Mon devoir.

    Dans la cour de l’établissement, les apprenants formaient un demi-cercle. Devant eux, un castelet près duquel chantaient un soliste et un percussionniste. Ils animaient de leurs chants l’enceinte de l’école transformée en « une soirée de conte et de marionnettes ». Les deux musiciens introduisaient un spectacle.

    Quelques minutes plus tard, les élèves étaient émerveillés de voir des marionnettes devant le castelet. Elles portaient l’histoire de Pakiziou, un enfant pas comme les autres. Courageux et brave et âgé seulement de neuf ans, il a eu à franchir des obstacles. Des épreuves qui ont rendu ses parents fiers de lui. Des scènes jouées par de talentueux marionnettistes, Danaye Kalanfei, Vicky Tsikplonou, Ayaba Deckon, Les jeunes écoliers avaient visiblement aimé la prestation. Ils avaient bien interagi avec les acteurs.

    « C’est un conte initiatique d’où l’intérêt de le présenter au jeune public. Il est temps que le jeune public s’identifie à un héros togolais comme dans les autres pays. Pour nous Pakiziou doit être ce jeune qui va inspirer les jeunes enfants », a expliqué Alassane Sidibé, le Directeur artistique du spectacle. Il a également ajouté que le spectacle parle des valeurs de solidarité, de bravoure que véhiculent les cultures togolaises.

    Pour Danaye Kalanfei, « avec les enfants, on ne ment pas ». « Il faut être franc avec eux. Les enfants ne pardonnent pas. Ils nous observent. Les enfants sont tous les mêmes. Il ne faut pas chercher à les tricher », a-t-il souligné.

    Le spectacle « Un enfant pas comme les autres » est une sortie de résidence. Elle a réuni conteurs et marionnettistes durant un mois. Les acteurs comptent le jouer dans d’autres établissements scolaires. L’idée selon eux est d’amener les élèves à s’intéresser à cet art. Ainsi il est annoncé l’initiation des écoliers à la fabrication, à la manipulation des marionnettes, à la fabrication de leurs accessoires, entre autres à la Compagnie Danaye.  « Nous voulons former les jeunes qui peuvent perpétuer ce métier de la marionnette », a souhaité Alassane Sidibé.

    Le spectacle a été soutenu par le dispositif Togo Créatif, l’Institut français de Lomé et Goethe Institut.

  • Au Togo, les Evêques sont contre la révision constitutionnelle

    Au Togo, les Evêques sont contre la révision constitutionnelle

    Les Evêques du Togo demandent une audience à Faure Gnassingbé, le chef de l’Etat togolais, afin de “lui faire part de (leurs) questionnements et réserves” par rapport à la révision constitutionnelle adoptée ce mardi 25 mars par les députés.

    DECLARATION DE LA CONFERENCE DES EVÊQUES DU TOGO (CET) AU SUJET DE LA MODIFICATION CONSTITUTIONNELLE DANS NOTRE PAYS

    Chers Fils et Filles du Togo,

    Hommes et Femmes de bonne volonté.

    Interpellés par le projet de modification de la Constitution de la quatrième République de  notre pays par l’Assemblée Nationale, nous, membres de la Conférence des Evêques du Togo (CET), réunis en visioconférence en ce jeudi 21 mars 2024, nous sommes penchés longuement sur le sujet et ses conséquences sur la vie sociopolitique de notre pays.

    Au terme de nos échanges, nous avons jugé opportun de demander une urgente audience auprès de son Excellence Monsieur le Président de la République pour lui faire part de nos questionnements et réserves. Ceux-ci portent essentiellement sur trois points, à savoir:

    • L’opportunité ou non de faire cette modification. Il nous semble important d’expliquer au peuple, et pas seulement à ses Représentants à l’Assemblée Nationale, les raisons d’une telle modification. Qu’apportera-t-elle de mieux à notre marche commune et à notre vie sociopolitique?
    • L’opportunité ou non du moment choisi. L’actuelle Assemblée Nationale est en fin de mandat depuis un moment. Théoriquement, elle ne devrait gérer que les affaires urgentes et courantes, en attendant les résultats des élections qui auront lieu le 20 avril prochain et la prise de fonction  des nouveaux élus. Est-il opportun qu’une modification constitutionnelle soit organisée en cette période où les Députés eux-mêmes sont préoccupés par la campagne électorale qui commence très bientôt? Ne serait-il pas plus sage de la reporter à une date ultérieure, pour des travaux plus sereins ?
    • La procédure adoptée : un sujet aussi important qui va profondément changer la vie politique de notre pays ne devrait-il pas être précédé d’une large consultation et d’un débat national plus inclusif ?

    Alors que nous attendions impatiemment la réponse à notre demande d’audience adressée au Président de la République, nous venons d’apprendre ce matin, avec grand étonnement, que

    l’Assemblée Nationale a adopté la modification de la Constitution pour faire passer le Togo d’un régime semi-présidentiel à un régime parlementaire ce 25 mars 2024.

    Voilà pourquoi,  nous, Evêques catholiques du Togo, venons par la présente déclaration exhorter le Chef de l’Etat à surseoir la promulgation de la nouvelle constitution et à engager un  dialogue politique inclusif, après les résultats des prochaines élections législatives et régionales.

    En comptant sur le bon sens, l’amour de la Patrie et l’engagement patriote de tous, nous vous assurons de notre paternelle prière en cette Semaine Sainte qui nous conduit vers la joie de Pâques.

                      Fait à Lomé, ce 26 mars 2024.

  • Au Togo, il y a 31 ans des officiers des FAT ont été assassinés

    Au Togo, il y a 31 ans des officiers des FAT ont été assassinés

    Devoir de mémoire. 25 mars 1993- 25 mars 2024: 31 ans que ces Officiers des FAT sont tués au nom de la démocratie et l’État de droit au Togo.

    Le Général Améyi Mawulékpimi, les Colonels Tépé Eugène et Akpo Gnandi tous des Officiers supérieurs des Forces Armées Togolaise (FAT) sont tués dans des circonstances non élucidées lors des attaques du camp RIT à Lomé.

    Ce Camp où résidait le feu Général Président d’alors du Togo, Eyadèma Gnassingbé, Président du Togo qui bouclait ses plus de vingt ans à la tête du Togo. Les événements tragiques qu’a vécu ce pays reste encore vivace des Togolais.


    Dans la nuit du 25 mars au 26 mars 1993 reste un évènement tragique inoubliable. Les Colonels Tépé Eugène et Akpo Gnandi que leurs frères dames traitaient de démocrates acquis à la cause des forces démocratiques de l’opposition et leurs proches ont été saignements assassinés.


    Le moment viendra où les voix les plus autorisées en parlerons.
    Ils les ont tués à quelle fin?
    La République n’a pas changé depuis lors. Allez-y comprendre !
    31 ans jour pour jour, le devoir et l’obligation nous imposent de ne pas les oublier. Ses dignes fils de la nation.
    Que leur arme se repose en paix !

    Justin ANANI

  • Togo- Les députés UNIR et leurs alliés se préparent à voter la réécriture de la Constitution togolaise aujourd’hui

    Togo- Les députés UNIR et leurs alliés se préparent à voter la réécriture de la Constitution togolaise aujourd’hui

    De sources confidentielles, les députés de la majorité de l’Union pour la République (UNIR) au pouvoir et ses alliés s’apprêtent à voter la nouvelle Constitution Parlementaire proposée par eux qui suscite la levée de bouclier dans l’opinion depuis la semaine dernière.

    Malgré la contestation et l’indignation des partis d’opposition, de la société civile togolaise et la prise de position d’une certaine classe , les enseignants chercheurs des universités du Togo à travers leur lettre ouverte adressée au Chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, le régime en place fait sourd d’oreilles et fonce dans le mur.

    Dans une note convoquant la 4è session ordinaire dit-on de l’année pour ce lundi 25 mars 2024, la Présidente de  l’Assemblée nationale, Mme Chantal Djigbondji Tshégan exige sans d’autre forme de procès la présence effective de tous les députés à l’hémicycle ce matin à 10 Heures. On déduit par là qu’aucune excuse ne sera tolérée pour les absents.

    Nos sources indiquent qu’en réalité, l’ouverture de la 4è session ordinaire dont évoque n’est qu’un alibi pour passer à la forfaiture. Pourtant les dispositions constitutionnelles des articles 144 et 59 ne donnent pas le droit aux députés de procéder à une telle modification de la Constitution togolaise qu’est la loi fondamentale du pays.

    On signale que depuis la semaine dernière, certains courants politiques à l’Assemblée nationale sont en désaccord avec la réécriture de la Constitution. Certains députés de l’Union des Forces du Changement (UFC) l’ont manifesté publiquement en faisant sortie un communiqué appelant à leur hiérarchie a manifesté leur désapprobation vis-à-vis du pouvoir de Faure Gnassingbé qui visiblement se trouve à la manette de cette réécriture de la Constitution afin que le régime et la République ne connaissent un changement d’orientation politique.

    Ces députés de l’UFC qui s’insurgent contre le changement du régime politique à l’heure actuelle à l’Assemblée nationale avaient proposé que le débat soit ouvert dans l’opinion avant sa soumission et au référendum sont confrontés à une résistance au sein de leur propre parti politique. Certains de leur groupe parlementaire (UFC) sont prêts même à suivre UNIR dans sa démarche.

    Comme on le dit, si cette réécriture de la Constitution arrivait à passer, ça serait un coup d’Etat constitutionnel que ces députés feront en faveur de Faure Gnassingbé comme les députés du RPT ont eu à le faire un 05 février 2005 à la suite du décès du Général Président Eyadèma Gnassingbé.

    La CEDEAO et la Communauté internationale sont interpellées face à se qui se déroule au Parlement togolais en ce moment.

    A suivre !

    Elom Dodji

  • Réécriture de la Constitution togolaise : Le GMC dénonce le coup dit coup d’État constitutionnel

    Réécriture de la Constitution togolaise : Le GMC dénonce le coup dit coup d’État constitutionnel

    Face à la presse à la maison des Organisations de la Société Civile (OSC), les éminents juristes du Grand Mouvement Citoyens pour la refondation du Togo ont démontré le pourquoi la proposition de la réécriture de la Constitution en cours au Parlement togolais actuellement est violation de cette Constitution même et un coup d’État constitutionnel.

    Sur d’abord le principe de droit et les contours juridiques qui ne permettent pas à ces députés dont le mandat est fini depuis fin décembre 2023 de toucher à la modification de la Constitution surtout à un article important qui porte sur la fonction du Président de la République et le changement de régime.

    Suivant les dispositions des articles 52, 59, les députés actuels n’ont pas droit de toucher à la Constitution, a démontré le Professeur de droit, Komi Wolou

    Le GMC interpelle les institutions telles la CEDEAO, l’Union Africaine, le Groupe des 5 à savoir la France, l’Allemagne, l’UE, États-Unis et le Programme des Nations Unies.

    Il envisage une mobilisation ensemble avec les autres forces du pays et demande au peuple togolais de se tenir prêt.

    “L’heure n’est plus à la résignation. C’est le moment pour les premiers responsables des partis politiques quelque soit nos différents de s’unir pour défendre ce coup d’État constitutionnel qu’opère les députés dont leur mandat est fini…”, a déclaré Me Paul Dodji Kokou APEVON, le Président national du parti les Forces Démocratiques pour la République (FDR).

    Le Professeur Wolou Komi, le Secrétaire général du parti Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR), Doyen de la faculté de droit de l’Université de Lomé , Professeur de droit dans plusieurs Universités du pays et dans plusieurs pays en Afrique et le Professeur Zeus Ata Messan Ajavon, Professeur de droit à la retraite, avocat de son état ont après avoir démontré que ce qui se passe à l’Assemblée nationale est un coup de force, un coup d’État constitutionnel contre le peuple togolais lancent un défi au Professeur Français Hounaké, Professeur de droit à l’Université de Lomé qui soutient la réécriture de la Constitution togolaise en cours dans un débat sur plateau. Lui qui a soutenu son point de vue dans une émission radiophonique en déclarant que : ” C’est écrit où ?” Le principe de droit en la matière.

    Le Professeur David Dosseh, Coordonnateur général du GMC remonté contre cette forfaiture , s’est interrogé sur le pourquoi les universitaires sont muets face à cette situation.” Lorsque le problème touchant la vie du Sénégal s’est posé, on a vu la réaction des universitaires et surtout l’arrêt du Conseil Constitutionnel “, a-t-il martelé. ‘” La CEDEAO doit réagir comme elle l’a fait lorsque le coup d’État militaire s’est passé au Niger. Ce qui se passe là au Togo, est un coup d’État aussi” a déclaré Professeur David Dosseh. Il appelle le peuple togolais à la mobilisation et à se tenir prêt pour les mots d’ordre futur des forces démocratiques du Togo.

    Pour lui, tous les moyens légaux comme le recommande la Constitution togolaise donne droit aux Togolais de réagir.

    Elom Dodji

  • Au Togo, une vingtaine de ponts mis en chantier pour désenclaver des villages isolés

    Au Togo, une vingtaine de ponts mis en chantier pour désenclaver des villages isolés

    Le projet a été lancé symboliquement, il y a quelques jours à Ogou-Kolidè dans la préfecture de l’Est-Mono, à 200 km environ au nord de la capitale. Ces ponts mixtes acier-béton de type Unibridge serviront à désenclaver plusieurs zones rurales isolées pendant la saison des pluies.

    Le président Faure Gnassingbé a donné le premier coup de pioche pour lancer les travaux. À Ogou-Kolidè, c’est jour de fête, on rêve de la fin du calvaire, comme témoigne une habitante : « Vous savez, quand la saison des pluies arrive, toutes les rivières sont en crues. Les femmes ne peuvent plus se rendre aux dispensaires, il n’y a ni motos, ni véhicules sur les routes. C’est la période des examens pour les élèves, les parents leur disent de rester à la maison. Même s’ils ne peuvent pas aller à l’école, ils auront à manger. Les récalcitrants qui tentent quand même d’aller à l’école meurent souvent noyés. »

    Les vingt-et-un ponts seront construits sur plusieurs fleuves de dix-sept localités à travers le Togo. Ils permettront aux populations d’avoir accès aux centres de santé, aux élèves de se rendre à l’école pendant la saison des pluies et de favoriser l’acheminement des produits agricoles vers les villes.

    Le choix des ponts mixte acier-béton de type Unibridge a été choisi pour sa résistance aux charges et à la corrosion, selon Kanfitine Tchédé Issa, ministre du Désenclavement et des Pistes rurales : « au total, sept grands ponts seront construits dans la préfecture de l’Est-Mono, dont quatre sont de type Unibridge et trois en béton armé. »

    Ces ponts ont une durée de vie d’au moins cent ans. Les travaux vont s’étaler sur 36 mois. Ces structures, financées par la France, coûteront 65,4 milliards de francs CFA.

    Source: rfi.fr/afrique

  • Togo-Le parti Santé du peuple au chevet de la famille du jeune Imad assassiné sur la plage d’Agbavi

    Togo-Le parti Santé du peuple au chevet de la famille du jeune Imad assassiné sur la plage d’Agbavi

    Une délégation de la formation politique Santé du peuple, conduite par son Secrétaire général, s’est rendue au domicile de la famille du jeune Imad sauvagement abattu il y a quelques jours sur la plage d’Agbavi dans la Commune des Lacs 3.

    A travers cette démarche, le parti Santé du peuple, dirigée par Dr Georges William Kouessan,  est allé présenter ses condoléances à cette famille et particulièrement à la maman du jeune froidement abattu.

    Le parti du Dr Georges William KOUESSAN condamne avec force cet acte barbare, et demande l’application de la loi dans toute sa rigueur aux auteurs de cet acte.

    Bien que difficile la période que traverse cette famille en ce moment, particulièrement la maman du défunt, elle a accepté de recevoir cette délégation d’une formation politique qui vient lui témoigner son soutien. Le parti Santé du peuple en est reconnaissant et a remercié lors de la même occasion celle-ci pour le sens élevé du humain.

    Profitant du geste humanitaire, le parti Santé du peuple a vivement conseillé aux jeunes d’être prudents et d’éviter les sorties trop nocturnes.

    Il a par ailleurs félicité le peuple togolais pour son soutien spontané à la famille du jeune Imad et a aussi salué les forces de l’ordre pour la promptitude avec laquelle elles ont mis la main sur le présumé auteur du crime.

    Le  parti politique a saisi la même occasion pour interpeler les autorités en charge de la sécurité au Togo, surtout pour une meilleure sécurisation de certains endroits dangereux les nuits tels que le littoral, le grand marché, les abords des frontières terrestres etc.

    Signalons que Santé du peuple est un parti d’obédience socialiste qui porte des valeurs intrinsèques liées au développement humain et sociétal

    C’est un parti politique de l’opposition togolaise qui milite pour l’Etat de droit, la démocratie et l’alternance politique au sommet de l’Etat.

    Justin ANANI

  • Togo-Législatives et régionales : recommandations de la Plateforme citoyenne pour des élections démocratiques

    Togo-Législatives et régionales : recommandations de la Plateforme citoyenne pour des élections démocratiques

    Les propositions de la Plateforme citoyenne pour des élections démocratiques (PCED) pour une bonne organisation du double législatif et régional.

    Déclaration n°2 relative au processus du double scrutin législatif et régional au Togo

    La PCED constate les progrès en cours dans l’organisation du double scrutin législatif et régional qui se tiendra le samedi 13 avril 2024 après le report des législatives initialement prévues en fin d’année 2023 par décision du Conseil des Ministres du 26 novembre 2023. L’enjeu de ces scrutins caractérisés par les premières élections régionales et le premier double scrutin que le Togo connaît appelle à des observations ci-après.

    Climat politique général

    Le climat politique général dans le pays est relativement apaisé dans cette phase pré-électorale grâce notamment aux efforts de recherche de consensus politique à travers le Cadre Permanant de Concertation (CPC) et la volonté manifeste de la classe politique de ne pas boycotter ces scrutins. Le renforcement de cette stabilité politique dépendra de la tenue régulière et inclusive des travaux du CPC ; l’engagement de la CENI à communiquer de manière transparente avec les parties prenantes au processus électoral sur la gestion des opérations électorales à travers l’animation des « forums interparties » regroupant les partis politiques et candidats, la société civile, les médias, les partenaires internationaux et les institutions publiques concernées par les élections ; et la facilitation par les autorités  de l’exercice des libertés de réunion et de manifestions publiques pacifiques.

    Cadre juridique général des élections

    Plusieurs réformes ont été entreprises par le gouvernement pour adapter le cadre juridique à la tenue du double scrutin législatif et régional et aux requêtes formulées par la classe politique relativement au découpage électoral. En conséquence, le nombre de bureaux de vote est doublé et les sièges des députés sont passés de 91 à 113. Le principal défi à relever porte sur l’appropriation effective du cadre juridique des élections, suite aux réformes respectives, par les citoyens et les candidats aux élections.

    Mise en place et de l’état de préparation de la CENI et de ses démembrements

    La CENI est permanente et ses membres sont élus pour un mandat d’un an renouvelable conformément à l’article 19 du code électoral. Le mandat des membres de la CENI actuelle qui courait depuis le 05 avril 2022 était expiré depuis plusieurs mois. Ce renouvellement, réclamé par une partie de la classe politique, confèrerait à cette institution chargée d’organiser et de superviser les consultations électorales et référendaires une légalité nécessaire à l’accomplissement de sa mission.

    Etat de la liste électorale

    L’élection est faite sur la base de la liste révisée pendant toute l’année qui suit la clôture de cette révision (art. 51 du code électoral). Dans un communiqué rendu public par la CENI le 20 novembre 2023, sur la base de la révision du fichier électoral du 29 avril au 14 juin 2023, après un audit indépendant de l’OIF, le fichier électoral du Togo présente les données quantitatives suivantes: le nombre brut d’électeurs recensés est de 4 432 936, le nombre d’électeurs radiés est de 129 225, le nombre total de CRV prévus est de 4 624, le nombre total de CRV opérationnels est de 4608, le nombre total d’électeurs du fichier électoral définitif est de 4 203 711 dont 2 262 396 femmes, soit 53,82% et 1 941 315 hommes, soit 46,18%. Nonobstant des réclamations d’une partie de la classe politique relatives au temps insuffisant et aux dysfonctionnements dans le processus d’enrôlement dans certaines zones du territoire, ce fichier constitue la base de données des électeurs pour l’organisation du double scrutin législatif et régional prochain.

    Etendue et le contenu de l’éducation des électeurs

    L’éducation civique et électorale est un impératif pour une participation responsable et apaisée aux scrutins. Cependant, force est de noter que l’annonce tardive de la date du scrutin n’offre pas les conditions optimales de mobilisation des ressources humaines, financières et techniques suffisantes pour la tenue de vastes campagnes d’éducation civique et électorale au bénéfice des citoyens. Une mobilisation conséquente de la société civile, des médias, des acteurs politiques, des institutions publiques en charge des élections et des partenaires techniques et financiers sera un facteur déterminant pour réussir cette éducation civique et électorale avant, pendant et après le double scrutin législatif et régional au Togo.

    Désignation des candidats et dépôt de candidature

    La CENI a ouvert, dans un communiqué rendu public le 09 février, les candidatures aux élections législatives et régionales pour la période du 19 au 28 février 2024. Elle a rappelé par la même occasion les conditions légales pour la constitution des dossiers de candidatures. Cependant, la CENI n’a pas mentionné l’obligation légale de la parité entre l’homme et la femme sur la liste de candidatures pour les législatives. En effet, l’article 220 al. 4 dispose que « les listes de candidats présentés par tout parti politique ou regroupement de partis politiques légalement constitués ainsi que par les personnes indépendantes doivent respecter, dans leur ensemble, la parité homme-femme. » Le respect de cette disposition permettra d’augmenter le nombre de femmes à l’Assemblée nationale où les femmes ne représentent actuellement qu’à peine 18%. Aussi, considérant les mesures incitatives prévues par la loi n° 2013-013 du 07 juin 2013 portant financement public des partis politiques et des campagnes électorales, offrant 20% du financement au prorata des femmes élues aux législatives et 10% au prorata des femmes élues aux élections locales, les partis politiques et les candidatures indépendantes devraient mobiliser les candidatures féminines et les positionner de manière alternée sur les listes de candidatures pour une participation quantitative et qualitative des femmes à ces élections.

    Période de campagne électorale

    Le bon déroulement de la campagne électorale est un facteur d’apaisement et de participation accrue des citoyens aux élections. Les défis sécuritaires que connaît le Togo, surtout dans la partie septentrionale du pays depuis juin 2021, obligent les candidats aux élections, la CENI et les autorités administratives et sécuritaires à collaborer pour assurer un meilleur déroulement des meetings électoraux sur tout le territoire national dans la sécurité et la quiétude. La création et l’opérationnalisation de la « Force Sécurité Elections Législatives et Régionales (FOSELR 2024) » contribuent à assurer la libre circulation des candidats, la protection des populations et de la logistique électorale.

    RECOMMANDATIONS

    Au Gouvernement et à la CENI

    – Procéder au renouvellement du mandat des membres de la CENI conformément à l’article 19 du code électoral avant la tenue des prochaines élections législatives et régionales.

    – Exiger le respect de la parité homme-femme comme condition de validité des listes de candidatures pour les élections législatives, conformément à l’article 220 alinéa 4 du Code électoral.

    – Créer et animer, sous l’égide de la CENI, un forum inter-parties d’information sur la gestion des opérations électorales incluant les parties prenantes pour la transparence et la confiance dans le processus électoral.

    – Faciliter l’éducation civique, électorale et le déploiement d’observateurs citoyens avant, pendant et après les scrutins.

    – Assurer une meilleure formation des agents électoraux dans les bureaux de vote et auprès des CELI.

    – Assurer la sécurité des candidats, des agents électoraux, des citoyens et du matériel électoral sur tout le territoire national à travers la FOSELR.

    Aux partis politiques et aux candidat.es independent.es

    – Participer activement au processus électoral dans le respect de la loi, l’éviction des discours haineux, de la désinformation, la promotion de la non-violence et de la cohésion sociale avant, pendant et après les scrutins.

    – Respecter la règle de parité homme-femme dans la constitution des dossiers de candidatures et promouvoir les candidatures de femmes, de jeunes et des personnes en situation d’un handicap et leur représentativité au sein de la CENI et ses démembrements.

    – Contribuer à l’éducation politique et civique des citoyens, à la consolidation de la démocratie et à la construction de l’unité nationale avant, pendant et après ces scrutins conformément à l’article 7 de la Constitution.

    – User des moyens légaux et privilégier le dialogue politique dans le règlement des différends électoraux.

    A la société civile et aux medias

    – Contribuer dans une synergie d’action et par la mutualisation des ressources aux scrutins libres, crédibles et apaisés à travers l’éducation civique et l’observation citoyenne avec impartialité et professionnalisme.

    Aux partenaires techniques et financiers

    – Apporter leur appui financier, technique et matériel aux acteurs électoraux et de la société civile pour des élections libres, crédibles et apaisées.

    Fait à Lomé, le 20 février 2024.

    Le Coordonnateur National,

    Paul K. S. AMEGAKPO.

    Contact presse: +228 70 00 45 92

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