Auteur/autrice : La Rédaction

  • Tchad: dans le lac, c’est toujours la même eau qui coule

    Tchad: dans le lac, c’est toujours la même eau qui coule

    Trois ans après le décès tragique du maréchal Idriss Deby Itno, on a voté, et rien n’a changé. À part, peut-être, de la part du pouvoir, un peu plus de… rapidité !

    Avec douze jours d’avance, l’organe en charge des élections a proclamé, ce jeudi 9 mai, Mahamat Idriss Deby Itno vainqueur de la présidentielle, avec 61 % des voix. Une victoire contestée par le Premier ministre Succès Masra, qui la revendique aussi.

    N’est-elle pas surprenante, la tournure que prennent les événements au Tchad ?

    Si seulement il y avait quoi que ce soit de surprenant dans le spectacle qu’offre à nouveau le Tchad ! L’on est, hélas, en droite ligne de ce à quoi le maréchal Deby avait habitué le monde, en trente ans de pouvoir ! À sa mort, en avril 2021, l’on avait, au mépris de la Constitution, fait croire à tous que l’installation de son fils dans le fauteuil présidentiel était le plus sûr moyen de préserver le Tchad d’une déstabilisation extérieure totalement fantasmée. Les Tchadiens ont été bernés avec la promesse que cet héritier imposé n’allait pas s’incruster. Moins d’un mois plus tard, le sang de Tchadiens innocents recommençait à couler, comme du temps de son père, et n’a, depuis, jamais cessé de couler. Comme il coule, depuis cette annonce précipitée d’une victoire à la traçabilité douteuse. Et voilà les Tchadiens sur le point d’embarquer pour un nouveau bail à durée indéterminée avec l’héritier du maréchal défunt.

    Ce n’est pas un sort des plus enviables, pour un peuple, que de voir son destin confisqué, depuis si longtemps, par une même famille, un clan si friand de violence. Pour avancer, les Tchadiens vont devoir s’interroger plus sérieusement sur ce qui les fait trébucher si souvent. Et questionner les complicités et compromissions individuelles qui ont conforté, au fil du temps, un régime qui n’a, à l’évidence, pas su faire leur bonheur.

    Le processus électoral étant encore en cours, n’est-il pas prématuré de conclure que l’élection a été volée ?

    Il est encore trop tôt, en effet, pour porter quelque accusation définitive sur ces résultats réputés provisoires. Mais les morts, eux, sont déjà là ! La violence, aussi. Ce serait pure hypocrisie, que de prétendre n’être pas intrigué par ces résultats tombés du ciel, dans une capitale quadrillée par des soldats surarmés, où beaucoup voulaient sincèrement croire à une élection transparente, enfin. Dans sa déroutante constance, ce pouvoir préfère intimider que séduire. Les blindés sont donc de sortie à Ndjamena. Comme à chaque élection aux résultats douteux. Le pouvoir des Deby semble irrémédiablement prévisible !

    À Ndjamena, on se plaît à rappeler que sept des neuf candidats auraient appelé le président élu pour le féliciter. Peut-être le Premier ministre n’est-il qu’un mauvais perdant ! À moins que certains de ceux qui félicitent avant d’avoir perdu se positionnent pour les places au bord de la « mangeoire ». Après tout, ce type de régime survit et prospère sur les petites lâchetés individuelles. Que faut-il de courage pour distribuer, au cœur des ténèbres, des pourcentages arbitraires, sans attendre la consolidation des résultats ?

    Lorsque, le 24 mars dernier, Amadou Bâ félicitait Bassirou Diomaye Faye, la transparence du processus électoral avait déjà permis aux Sénégalais d’évaluer dans quel sens allait le choix des électeurs. Rien à voir avec une victoire intraçable, imposée par des véhicules blindés.

    Peut-on dire d’un pouvoir si souvent confronté à des rébellions qu’il se nourrit de compromissions ?

    Ce sont, presque toujours, les alliés inconditionnels d’un temps qui, un jour, deviennent des ennemis jurés, et prennent les armes contre le système qu’ils ont servi, de bonne foi ou par calcul. Ils se muent en détracteurs, lorsqu’ils se sentent rejetés, démonétisés. Nul ne s’étonnera d’apprendre, un jour, que celui qui a distribué si généreusement les pourcentages en ce mois de mai 2024 est passé à une des rébellions. Ceux qui ont conforté le père, naguère, et travaillent, aujourd’hui, à asseoir le pouvoir du fils sont tous de potentiels détracteurs.

    Et cela explique largement pourquoi, en trois décennies d’un pouvoir dur et personnel, Idriss Deby Itno n’a jamais su apporter aux Tchadiens l’État de droit, la démocratie ou le début de ce que l’on appelle le développement.

    Jean-Baptiste Placca

  • Les journalistes, moteurs de la démocratie et du développement

    Les journalistes, moteurs de la démocratie et du développement

    Voilà ce que devraient être les journalistes, afin que la presse cesse d’être un instrument au service de quelques intérêts égoïstes, pour devenir le moteur de l’État de droit, de la démocratie et du développement des nations.

    À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, notre confrère Haman Mana a, dans une interview accordée à Christophe Boisbouvier, hier vendredi, sur RFI, dressé un état de la liberté de la presse, au Cameroun. En quoi son propos est-il aussi édifiant sur l’état général de la liberté de la presse en Afrique ?

    Ce que dit Haman Manade son pays nous ramène à ce que l’on observe dans nombre d’autres, sur le continent, le meilleur, de temps à autre, et le pire, trop souvent, malheureusement. Au-delà du propos, cette interview révèle aussi un journaliste courageux, comme on en compte quelques-uns, ici et là en Afrique. Il en faudra davantage, pour constituer la masse critique, indispensable pour rendre à la presse la place irréversible qu’elle mérite à l’échelle continentale. Mais, qu’ils existent est un motif d’espérance, dans un environnement où le pire, triomphant d’arrogance et de cupidité, a une fâcheuse tendance à vouloir éclipser le meilleur. Pour reprendre cette image contenue dans son interview, « l’eau propre » du journalisme est une réalité, même si elle est sans cesse polluée par « l’eau sale », d’un autre type de journalisme.

    Le journaliste africain devait, selon un de nos maîtres, être un agent de développement. Mieux, il pourrait être un agent de l’État de droit, de la démocratie et du développement, partout où la presse joue pleinement son rôle. C’est dire que les journalistes ont leur part de responsabilité dans les retards accumulés dans la consolidation de l’État de droit et de la démocratie, en Afrique, comme dans son non-développement. Une presse libre, saine et courageuse peut avoir, sur le destin des peuples, un effet vivifiant que l’on n’imagine pas.

    Mais, distinguer, dans le journalisme, « l’eau propre » de « l’eau sale », n’est-ce pas opposer les membres d’une corporation dont les destins sont liés ?

    L’eau sale, ce sont, notamment, ceux que Haman Mana qualifie de « presse à gages ». Des journalistes qui déploient, à des fins mercantiles, leur zèle et leur talent au service de causes douteuses, sinon mafieuses, à l’image des tueurs à gages, dans « le milieu ». Certains dirigeants ont eu beau se draper dans la souveraineté nationale, par leurs pratiques, ils se rapprochent davantage de la mafia qui, sous toutes les latitudes, a toujours eu tendance à infiltrer les États. C’est aussi le rôle d’une presse libre que de débusquer les comportements mafieux.

    Haman Mana a eu le courage de citer, notamment, le commanditaire présumé de l’assassinat de Martinez Zogo, et démontré, en attendant qu’il soit jugé, en quoi il s’apparente, par son œuvre journalistique, à ceux que son célèbre compatriote Mongo Beti dénonçait naguère comme des mercenaires de la plume, des Al Capone de la rotative.

    Le journaliste « d’eau propre » aurait-il l’exclusivité de ce qui est juste ?

    S’il dénonce les détournements et autres scandales financiers, ce n’est pas parce qu’il jalouse le bonheur apparent de ceux qui pillent l’État, mais parce qu’il compatit aux souffrances des populations démunies, qui n’auront pas de dispensaire, pas d’école près de chez elles, parce que les fonds ont été détournés. Il fait, en somme, œuvre de salubrité publique.

    Et pour le contrecarrer, le journaliste de la « presse à gages » s’emploie à jeter le discrédit sur son travail, sinon sur sa personne. En Afrique, le bon journalisme peine et vit péniblement, tandis que celui de « l’eau sale » peut toujours compter sur la généreuse part du fruit de la corruption que lui jette une branche gangrenée du pouvoir politique. Ce n’est pas un hasard, si les journalistes que l’on tue ou qui meurent courageusement pour la liberté de la presse sont toujours ceux qui défendent l’intérêt général, tandis que prospèrent librement ceux prêts à tout pour des gains faciles et une gloire à bon marché.

    Le sujet qu’aborde Haman Mana est donc d’une réelle gravité, et mérite d’être approfondi, afin que la presse cesse d’être un instrument au service de quelques intérêts égoïstes, pour devenir le moteur de l’État de droit, de la démocratie et du développement des nations.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca

  • Elections au Togo: satisfaction du camp présidentiel, l’opposition annonce des recours

    Elections au Togo: satisfaction du camp présidentiel, l’opposition annonce des recours

    Les résultats des élections législatives et régionales du 29 avril dernier tombent au compte-gouttes au Togo. L’Unir, le parti présidentiel est annoncé en tête et se félicite de ses scores tandis que l’opposition dénonce des malversations.   

    Pendant que les tendances et résultats du scrutin du 29 avril au Togo sont annoncés au compte-gouttes, l’opposition et particulièrement la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) continue de dénoncer les malversations qui ont caractérisé le scrutin.

    Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson compte user de tous les droits pour réclamer, elle l’explique au micro de notre correspondant à Lomé, Peter Sassou Dogbé.

    « Nous avons remarqué que l’on a abusé des votes par dérogation. On peut vous dire qu’il y en a eu sur toute l’étendue du territoire. À part les pratiques de vote par dérogation, il y a eu beaucoup de bourrage d’urnes, partout. Voilà un peu une typologie de fraude massive à laquelle nous avons assisté. Pour tout ça, nous avons des preuves. Nous allons exercer des recours et des poursuites contre ceux qui ont été impliqués dans ces manœuvres. »

    Le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR) annoncé en tête par les premières tendances, se félicite de son résultat. Pour le tout nouveau conseiller politique du président de la République, chargé de stratégie politique, Pascal Bodjona, ces bons scores sont dus à la présence constante du parti sur le terrain. Et si fraude, il y a eu, les instances compétentes feront leur travail, déclare t-il au micro de notre correspondant.

    « Ceux qui ont les preuves qu’il y a eu des fraudes doivent saisir, le moment venu, les instances compétentes (pour qu’elles prennent connaissance) du contentieux électoral. Même à Lomé, Unir a fait un score exceptionnel, historique. (Or) Lomé, qui a été vu pendant longtemps comme étant le fief de l’opposition aussi, a connu ces allégations de fraude.

    Je pense que le résultat qui est en train d’être vu pour le parti Unir est dû au fruit d’un travail, d’une occupation de terrain, et certainement que les populations ont été charmées par les actions qui ont été faites depuis longtemps.»

    Source: rfi.fr/afrique

  • Togo : Cedeao, UA et OIF satisfaites des élections, l’opposition nettement moins

    Togo : Cedeao, UA et OIF satisfaites des élections, l’opposition nettement moins

    Les trois organisations internationales ont salué le bon déroulé du scrutin. Les Togolais étaient appelés aux urnes pour élire leurs députés et conseillers régionaux, après l’adoption contestée d’une nouvelle Constitution.

    La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Union africaine (UA) et l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ont exprimé leur satisfaction sur la tenue des élections législatives et régionales le 29 avril au Togo, dans un communiqué diffusé le 1er mai.

    Les trois organisations internationales « se félicitent de la mise en place d’un cadre permanent de concertation » ainsi que du «bon déroulement de la campagne électorale»  et « saluent la tenue des élections dans le calme », selon leur communiqué.

    La veille, une mission électorale de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) a jugé que le scrutin a été « libre, équitable et transparent ».

    « Nombre abusif de votes », « retards », « fraudes »…

    Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais (PT, opposition), a néanmoins estimé le 1er mai sur X (anciennement Twitter) que « les organisations internationales ont validé les élections frauduleuses », déplorant qu’elles aient déployé « moins de 70 observateurs » dans tout le pays.

    L’un des grands rassemblements de l’opposition, la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP, regroupement de partis de l’opposition et d’organisations de la société civile) a affirmé, le 30 avril, avoir constaté tout au long de la journée électorale « un nombre abusif de votes dans plusieurs centres », des « retards dans le démarrage du vote » et des listes électorales « pas affichées ».

    Les résultats n’étaient toujours pas rendus public ce 2 mai au matin. Selon le code électoral, ils doivent être annoncés dans les six jours suivant le vote.

    Nouvelle Constitution

    Les Togolais étaient appelés aux urnes pour élire leurs députés et conseillers régionaux, dans un contexte politique tendu après l’adoption contestée d’une nouvelle Constitution le 19 avril qui fait passer le pays d’un régime présidentiel à un régime parlementaire.

    L’enjeu de ces législatives est particulièrement important puisque le chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale sera automatiquement nommé président du Conseil, une sorte de super-Premier ministre qui concentrera tous les pouvoirs. Le rôle de président de la République devient un simple titre honorifique.

    L’opposition togolaise, qui dénonce le nouveau texte, y voit une manière pour l’actuel chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé, président depuis 2005, de rester au pouvoir sans avoir à se soumettre à la limitation du nombre de mandats présidentiels. Le président de l’actuel parti majoritaire à l’Assemblée nationale, l’Union pour la République, pourrait donc assumer cette fonction de président du Conseil des ministres à l’issue des élections.

    AFP

  • Tchad-La quête perpétuelle du sauveur

    Tchad-La quête perpétuelle du sauveur

    Sur un continent qui a un besoin vital de leaders d’envergure, il y a un réel danger à croire que plagier les discours des figures charismatiques qui ont fait la gloire de l’Afrique, suffit pour faire de certains dirigeants actuels, les nouveaux Lumumba, Nkrumah, Sankara…

    À l’approche la présidentielle du 6 mai, au Tchad, la question d’une éventuelle entente entre Mahamat Idriss Déby, chef de l’État et Succès Masra, son Premier ministre, devient un thème de campagne pour leurs adversaires. Est-ce donc possible que l’ex-opposant irréductible soit devenu l’allié secret du président qu’il combattait ?

    En politique, tout est possible. Mais, il ne s’agit, pour le moment, que de conjectures, et l’attente ne devrait plus être très longue, pour que les Tchadiens apprécient, par eux-mêmes, ce qu’il en est, sur la base du déroulement du scrutin et des résultats qui seront proclamés. L’heure de vérité approche, qui dira à chacun si l’ex-opposant en chef garde quelque fidélité par rapport à ce qu’il proclamait naguère, et qui a poussé nombre de ses concitoyens à risquer leurs vies, en le suivant.

    Pour ce qui est de la victoire que lui prédisent certains, l’héritier du maréchal Déby peut aussi bien la devoir aux mystères de la technologie électorale, au Tchad, qu’à une adhésion réelle à sa personne, dans une Afrique où une partie de l’opinion a tendance à voir un sauveur en chaque individu installé au pouvoir, y compris par des voies détournées. L’on avait vendu cette succession dynastique, présentée comme transitoire aux Tchadiens, comme un gage de stabilité pour le pays, et même pour le Sahel. Ils ne doivent pas être particulièrement fiers, aujourd’hui, les parrains de cette transaction qui sanctifie un autre pouvoir familial, en Afrique francophone. Et, au-delà du Tchad, le véritable problème est celui de ces héros plus ou moins artificiels, que l’on vend, à la chaîne, à certains peuples du continent.

    Cette soif d’hommes providentiels n’est-elle pas légitime de la part de populations si souvent déçues par leurs dirigeants ?

    Peut-être. Mais, on a du mal à croire que pour guérir des trois éprouvantes décennies d’Idriss Déby Itno, la solution soit de mettre en selle son fils, pour une nouvelle tournée. Au regard de la pénurie chronique de leaders charismatiques, aujourd’hui en Afrique, il suffit de si peu, pour impressionner des peuples trop longtemps abreuvés de mensonges et ballotés entre déconvenues cuisantes et grandes désillusions. L’enthousiasme de commande autour de dirigeants parvenus au pouvoir par la petite porte a tout de la gloire acquise à bon marché. Surtout pour des personnes parfois totalement inconnues du grand public, dont le pedigree ne justifie nullement les colonnes d’apothéoses qu’on leur dresse dans l’imaginaire populaire.

    Certes, la pénurie de leaders charismatiques n’est pas moins chronique, à l’échelle planétaire, avec tant de crises plus insolubles que jamais. Mais, le drame de l’Afrique est qu’elle est plus vulnérable, avec des héros qui n’en sont pas du tout, alors qu’elle a, justement, besoin de leaders d’envergure. Ici et là, les rares qui feraient l’affaire sont parfois étouffés, sinon liquidés, pour laisser le champ libre aux imposteurs et autres maîtres de la captation d’héritage, prompts à récupérer le nom et l’image de grands leaders disparus qui rehaussaient, jadis, le prestige de l’Afrique, y compris au prix de leur vie ou de leur liberté : Lumumba, Nkrumah, Cabral, Sankara, Rawlings, Mandela, et tant d’autres, exemplaires par leur sens de l’intérêt général.

    Se revendiquer de ces leaders n’est-il pas, déjà, une belle avancée ?

    Ce serait trop facile, s’il suffisait de plagier les discours de ces figures charismatiques pour devenir ce qu’elles sont, à jamais, pour l’Afrique ! Si, encore, ces nouveaux héros avaient tous lu et digéré leur pensée ! La plupart ne font que rendre, plus ou moins laborieusement, des discours pondus par des personnes qui ont peut-être lu ces grands leaders, et s’en croient suffisamment experts pour faire de leurs nouveaux employeurs les Lumumba, Nkrumah, Sankara d’aujourd’hui.

    Davantage que leurs discours, c’est leur sens de l’intérêt général et leur esprit de sacrifice qui faisait la grandeur de ces héros du panafricanisme. Tout l’enjeu, pour l’Afrique, est de leur trouver des successeurs à peu près à la hauteur.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca

  • Sénégal-Une vie après le pouvoir

    Sénégal-Une vie après le pouvoir

    Pour le Sénégal, Macky Sall composerait sans états d’âme avec Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Car, tous savent devoir situer l’intérêt de leur patrie au-dessus de leurs rancœurs, tenaces ou passagères.

    Deux semaines après son départ du pouvoir, l’ancien président Macky Sall, en sa qualité d’envoyé spécial du Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète, a pris contact, en cette mi-avril, avec le Secrétaire général des Nations unies, à New York, puis avec les milieux de la finance, à Washington, où se tenaient les Assemblées du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale. Pourquoi donc certains Sénégalais, ne veulent y voir qu’une anomalie, gênante pour son successeur ?

    Chacun y verra ce qu’il voudra. L’essentiel, ici, est que la fin d’un mandat politique cesse d’être vécu, en Afrique, comme une malédiction. Sur la vitalité d’une démocratie, ce que deviennent les anciens chefs d’État après le pouvoir est édifiant ! Et le Sénégal, de ce point de vue, est un exemple plutôt plaisant. Fin 1980. Léopold Sédar Senghor, 75 ans, quitte volontairement le pouvoir. Trois ans plus tard, il passe à l’immortalité : élu à l’Académie française.

    Mars 2000. Son successeur, Abdou Diouf, 65 ans, battu à la présidentielle par Abdoulaye Wade, devient, deux ans après, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Peut-être que s’il n’avait pas préféré, à 86 ans, le repos du guerrier, Wade aurait eu droit à sa petite sinécure de jeune retraité, comme Macky Sall, qui l’avait battu en 2012, et qui a sa nouvelle vie, désormais, loin de la gestion de son successeur.

    Que Paris ait été pour beaucoup dans la reconversion de trois des quatre anciens chefs d’État du Sénégal est peut-être une forme de soutien à la démocratie sénégalaise, en dépit des récriminations que nourrissent certains à l’égard de l’ancienne métropole.

    Mais Macky Sall pourrait-il vraiment, dans ses nouvelles fonctions, gêner son successeur ou nuire au Sénégal ?

    Sa mission est celle d’un ambassadeur de bonne volonté, qui plaidera pour lever des fonds en faveur des pays confrontés aux dérèglements climatiques. Les nationaux de certains États africains craindraient plutôt qu’il favorise, parfois, le Sénégal de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Parce que les Sénégalais aiment leur pays. Qui a toujours eu une diplomatie des postes dans les institutions internationales, déployant tous les efforts, pour promouvoir ses ressortissants dans la fonction publique internationale. À charge, pour ceux-ci, d’aider en retour leur patrie à mériter les meilleurs projets et financements. À la différence d’autres nationalités africaines, le Sénégal ne brise pas ses propres ressortissants, sous prétexte qu’ils ne seraient pas du parti au pouvoir, ou de la région d’origine du chef de l’État. À l’international, les Sénégalais savent transcender leurs rivalités partisanes. Ce qui peut subsister d’animosité entre eux se joue ailleurs. Sur la scène internationale, Senghor n’a jamais gêné Diouf ; qui n’a jamais gêné Wade, qui, même s’il lui en voulait, n’a jamais gêné Sall. C’est à leur capacité à situer la patrie au-dessus de leurs rancœurs, tenaces ou passagères, que l’on apprécie les hommes d’État.

    Le Sénégal n’est tout de même pas seul à compter de tels hommes d’État !…

    On en trouve en nombre, notamment dans les pays lusophones et anglophones que nous citons souvent en exemple ici. Mais, on n’oublie pas qu’en francophonie, une des successions les plus violentes, après coup, a été celle du Cameroun, où Ahmadou Ahidjo avait, en novembre 1982, transmis le pouvoir à son Premier ministre, Paul Biya, tout en gardant le contrôle du Parti, afin, disait-il, de calmer certains barons hostiles au successeur. Cela se transforma bientôt en une omniprésence d’un Ahidjo campant sur la prééminence du parti, avec des incongruités protocolaires, qui achèveront de ruiner les relations avec Biya. Et lorsque survient, en avril 1984, une violente tentative de coup d’État, l’ancien président, qui avait publiquement regretté d’avoir cédé le pouvoir à Biya, s’empresse de suggérer que le putsch réussirait, s’il était le fait de ses partisans. À Yaoundé, on le tiendra pour responsable, même si certains auteurs présumés confient ensuite n’avoir rien à voir avec lui. Peut-être que Ahidjo – peu habitué à ne plus passer en premier –  s’était morfondu dans l’ennui et une certaine nostalgie… Ce qui ne risquait pas d’arriver à Senghor, le poète, devenu… académicien français !

    Chronique de Jean-Baptiste Placca

  • Au Togo, Sena Alipui salue le “climat apaisé” ayant caractérisé les législatives et régionales

    Au Togo, Sena Alipui salue le “climat apaisé” ayant caractérisé les législatives et régionales

    Les élections législatives et régionales de ce lundi 29 avril 2024 se sont, dans l’ensemble, déroulées dans une atmosphère acceptable. C’est l’avis de Sena Alipui, le deuxième vice-président de l’Union des forces de changement (UFC) dans un communiqué au soir du vote.

    Le double scrutin législatif et régional a eu lieu hier sur l’ensemble du territoire. ” L’Union des Forces de Changement (UFC) tient à saluer le climat apaisé qui a caractérisé la campagne et le déroulement du vote pour les élections législatives et régionales”, retient le député Sena alipui dans un communiqué dont Renouveau 228 a copie.

    Tout en saluant “la maturité du peuple Togolais et” félicitant “toutes les institutions et acteurs politiques qui ont permis aux électeurs d’exercer leur droit de vote dans de bonnes conditions”, souligne-t-il.

    “L’UFC invite toutes les parties prenantes aux élections à maintenir ce climat apaisé jusqu’à
    la proclamation des résultats et que les éventuelles réclamations se fassent conformément
    aux lois en vigueur”, complète le communiqué.

    file:///C:/Users/PC/Downloads/Communique%CC%81%20UFC%20Elections%202024%2029%20avril.pdf

  • CRAPH : Kossivi AMETOWOGBLONA quitte ses fonctions après plus d’une décennie d’engagement

    CRAPH : Kossivi AMETOWOGBLONA quitte ses fonctions après plus d’une décennie d’engagement

    Après plus de dix années d’engagement au sein du Comité de réflexion et d’action pour la promotion des droits de l’homme (CRAPH), Kossivi AMETOWOGBLONA a décidé de tourner une page. Dans une lettre datée du 29 avril 2024, il annonce sa démission de ses fonctions de Secrétaire général, qu’il occupait depuis 2013, ainsi que son retrait de l’organisation.

    Présentée comme une décision « mûrement réfléchie », cette démarche est motivée par la volonté de favoriser la relève et de permettre à de nouvelles énergies d’investir les responsabilités du CRAPH. L’intéressé insiste toutefois sur le fait que son retrait ne constitue ni un désaveu du travail accompli ni une rupture avec les valeurs de défense des droits humains.

    Après plusieurs années au service de l’organisation, il exprime sa reconnaissance pour la confiance reçue et les expériences vécues, tout en souhaitant plein succès au CRAPH dans la poursuite de sa mission.

    Intégralité de la lettre

    Lettre de démission et de retrait du CRAPH

    Lomé, le 29 avril 2024

    À Monsieur le Président du Comité de réflexion et d’action pour la promotion des droits de l’homme (CRAPH)

    Objet : Démission de mes fonctions et retrait du CRAPH

    Monsieur le Président,

    Par la présente, j’ai l’honneur de vous notifier ma décision de démissionner de mes fonctions de Secrétaire général du Comité de réflexion et d’action pour la promotion des droits de l’homme (CRAPH), que j’exerce depuis 2013, et de me mettre également en retrait de l’organisation.

    Cette décision, mûrement réfléchie, intervient au terme de plusieurs années d’engagement au service du CRAPH et de la promotion et de la défense des droits de l’homme dans notre pays. Durant cette période, j’ai eu l’opportunité de contribuer, à la mesure de mes moyens, aux actions et aux initiatives de l’organisation, aux côtés de ses responsables et de ses membres.

    Après plus d’une décennie à la tête du secrétariat général, je considère aujourd’hui avoir apporté ma contribution et qu’il est temps de laisser la place à d’autres membres. Une organisation ne peut véritablement se renouveler et poursuivre sa mission avec dynamisme que si elle sait également favoriser la relève, l’émergence de nouvelles idées et l’accession de nouvelles personnes aux responsabilités.

    Mon choix de me mettre en retrait du CRAPH répond donc à une volonté personnelle de prendre du recul après ces années d’engagement. Il ne remet nullement en cause mon attachement aux valeurs de défense des droits humains qui ont motivé mon engagement depuis le début. Il s’agit plutôt d’une décision de responsabilité, afin de permettre à l’organisation d’écrire une nouvelle page avec de nouvelles énergies.

    Je tiens à préciser que ce retrait ne saurait être interprété comme un désaveu du travail accompli par le CRAPH ou comme une rupture avec les idéaux que nous avons défendus ensemble. Je demeure reconnaissant pour la confiance qui m’a été accordée et pour toutes les expériences humaines et professionnelles vécues au cours de ces années.

    Conformément aux dispositions de nos statuts, je vous prie donc de bien vouloir prendre acte de ma démission de mes fonctions de Secrétaire général ainsi que de mon retrait du CRAPH.

    Je souhaite au Comité, à ses responsables et à l’ensemble de ses membres plein succès dans la poursuite de leur mission et dans les combats futurs en faveur de la promotion et de la défense des droits de l’homme au Togo.

    Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.

    Kossivi AMETOWOGBLONA

  • Au Togo, le message fort de Togbui Dagban-Ayivon pour les législatives et régionales du 29 avril

    Au Togo, le message fort de Togbui Dagban-Ayivon pour les législatives et régionales du 29 avril

    Parain de deux listes baptisées Ensemble pour le renouveau, dans les circonscription de Lomé et d’Agoè-Nyivé, pour le compte des élections législatives et régionales de ce lundi 29 avril, Togbui Dagban-Ayivon appelle les électeurs à voter pour l’éléphant.

    Un appel que la tête couronnée lancé dans une interview que voici:

    Les candidats EPR clôturent leur campagne par une caravane à Adétikopé, Katanga avec un point de chute à Bè-Beach, leur quartier général.

  • Au Togo, quelques images témoins de la campagne de liste EPR (Eléphant)

    Au Togo, quelques images témoins de la campagne de liste EPR (Eléphant)

    Les candidats de la liste Ensemble pour le renouveau (EPR), avec l’éléphant comme effigie, battent actuellement campagne dans le cadre des élections législatives et régionales du lundi 29 avril prochain.

    Voici quelques images de campagne:

Radio Renouveau228

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