Auteur/autrice : La Rédaction

  • « Qu’est-ce qu’un écrivain », le nouveau livre de Togoata Apédo-Amah

    « Qu’est-ce qu’un écrivain », le nouveau livre de Togoata Apédo-Amah

    Dans son nouvel ouvrage, l’universitaire Ayayi Togoata Apédo-Amah tente d’expliquer ce qu’est un écrivain. Ecrire reste un art et il n’est pas donné à n’importe qui d’être auteur reconnu, peut-on résumer.

    QU’EST-CE QU’UN ÉCRIVAIN          ?

    “Qu’est-ce qu’un écrivain ? La question apparemment simple, ne va pas de soi, loin de là. L’écrivain est la pièce essentielle de la chaîne du livre. Son travail de création et de réflexion achevé passe par l’éditeur, les évaluateurs de manuscrits, l’imprimeur, le libraire, le distributeur, le lecteur, le critique littéraire. Si la chaîne qui fait exister l’écrivain est longue, l’exercice qui consiste à définir l’écrivain est complexe entre la production de son œuvre dans les règles de l’art, sa réception par le lecteur et le critique, l’interprétation basée sur l’imaginaire collectif et individuel, le statut du matériau qui est la langue avec ses normes et ses écarts, la figure d’autorité qu’il représente entre la réalité et le mythe “.

    Dans cet ouvrage, le chercheur a mené des réflexions sur l’écrivain et son art, sur une période de 1985 à 2023, ayant à l’esprit que l’art et les formes sociales évoluent, il se soucie d’établir le lien entre l’artiste et l’art et leur environnement dont ils sont les produits. Ce livre est aussi un parcours historique de la littérature africaine et du champ littéraire togolais. Il y est abordé les questions de la critique, des options idéologiques et esthétiques, la politique de la langue, l’avènement des maisons d’éditions qui ont bouleversé le paysage éditorial, le mythe de l’écrivain et de l’occident comme synonyme de qualité littéraire, etc.

    “Le phénomène littéraire est une pratique dynamique dont l’évolution dans le temps exige constamment le renouvellement de la lecture critique” conclut-il dans son introduction.

    Source : page facebook Littérature togolaise

  • Pipeline Bénin-Niger: Porto-Novo détaille une médiation menée par le partenaire chinois Wapco

    Pipeline Bénin-Niger: Porto-Novo détaille une médiation menée par le partenaire chinois Wapco

    Le ministre béninois de l’Énergie a fait un point ce 29 mai à Cotonou sur un comité inter-État organisé à Niamey avec la société pétrolière chinoise Wapco pour tenter de régler le différend entre les deux voisins concernant l’exploitation par les deux pays d’un pipeline. Détails.

    La société pétrolière chinoise West African Oil Pipeline Company SA (Wapco) a réuni les autorités du Bénin et du Niger pour régler le gros différend qui divise les deux pays autour du pipeline.

    Les Chinois, à l’initiative de ce comité inter-État, ont réuni à Niamey pendant deux jours les ministres du Niger et du Bénin en charge du pétrole et quelques collaborateurs pour trouver une porte de sortie.

    À son retour à Cotonou le 29 mai 2024, le ministre béninois de l’Énergie et des mines a tenu un point de presse au salon de l’aéroport. Selon lui, les Chinois de Wapco auraient mis sur la table le problème de passage par la frontière terrestre des équipements, du personnel et du matériel.

    Aucun souci du côté béninois : sa frontière est ouverte. La solution doit venir du Niger qui a maintenu la sienne fermée.

    Autre sujet : l’accord nécessaire et urgent entre les douanes des deux pays pour les opérations normales de chargement et d’enlèvement du brut nigérien à Sèmè Podji.

    « Le Bénin va continuer de jouer son rôle dans les relations bilatérales »

    Les deux ministres doivent rendre compte à leur chef d’État respectif. Le dernier mot leur revient.

    Le ministre Samou Seidou Adambi a rappelé devant la presse la dynamique dans laquelle se trouve son pays : « Le Bénin va continuer de jouer son rôle dans les relations bilatérales, mais aussi dans les obligations qui sont les nôtres par rapport au projet de pipeline Niger-Bénin. » Un message pour rassurer aussi le partenaire chinois qu’il dit avoir vu « déboussolé et découragé, ne sachant pas quelle est la porte de sortie ».

    Et puis il y a eu cet épisode qu’il rapporte : « J’étais également porteur d’un message du président Talon à son homologue et frère le général Abdourahamane Tiani qui n’a pas pu me recevoir pour prendre ce message-là. »

    Source : rfi

  • Littérature : Jules Ahadzi Komlan immortalise la « légende africaine » Bella Bellow

    Littérature : Jules Ahadzi Komlan immortalise la « légende africaine » Bella Bellow

    Le journaliste togolais Jules Ahadzi Komlan est actuellement en promotion de « Bella Bellow, Une Légende Africaine », un livre retraçant la vie de la diva décédée il y a un demi-siècle.

    Dans certains milieux musicaux, il se susurre que « qui veut connaître la musique togolaise doit d’abord connaître les sons de Bella Bellow ». Une assertion qui donne une idée du talent de Georgette Nafiatou Adjoavi Bellow plus connue sous le nom de Bella Bellow.

    « … plus grande chanteuse togolaise »

    C’est la nature hors norme de cette voix suave et envoutante que le confrère rappelle dans son bouquin, publié aux Editions du Signe en France. Après une première dédicace faite trois jours plutôt à l’Institut français du Togo, l’auteur était face au public ce mardi 21 mai à l’annexe du Goethe Institut de Lomé.

    Pour Jules Ahadzi Komlan, l’autrice-compositrice-interprète reste aujourd’hui « la plus grande chanteuse togolaise de tous les temps ». Elle « est une perle » rare. L’auteur n’est pas dithyrambique en rappelant qu’elle est « une vraie valeur de la musique africaine dont la particularité du timbre vocal reste jusqu’à ce jour un modèle ».

    Elle est décédée seulement à 28 ans. Mais le peu de temps qu’elle a fait sur la scène est inoubliable. D’où l’importance de la « sortir de l’ombre », faire connaître son parcours, son histoire.

    L’objectif du livre est de « laisser à la génération présente et future un vrai récit sur Bella Bellow», souligne son auteur qui fait une enquête durant trois ans avant de sortir ce qui se présente un résumé « crédible » de 110 pages de la vie de l’icône.

    Née le 1er janvier 1945 à Tsévié, la « légende africaine » est morte accidentellement le 10 décembre 1973 à Lilikopé (village situé entre Tsévié et Agbélouvé).

  •  Au Togo, Togbui Dagban-Ayivon lance son parti politique (PPR)

     Au Togo, Togbui Dagban-Ayivon lance son parti politique (PPR)

    Porté sur les fonts baptismaux en début d’année, le Parti des peuples pour le renouveau (PPR) a fait une première sortie, ce dimanche 19 mai à Lomé, en attendant son lancement officiel ultérieurement.

    Les principaux membres du PPR, venus de toute l’étendue du territoire national, se sont retrouvés ce dimanche dans le jardin du Centre communautaire de Bè à Lomé pour une assemblée générale, presqu’un semestre après la création de leur parti.

    « Pour une  Implantation effective des activités du parti sur le terrain » a été le thème choisi pour cette rencontre d’une journée, destinée à réfléchir sur l’avenir de cette jeune formation politique. Et surtout définir les conditions devant aboutir à la mobilisation de la base pour les échéances futures, notamment les communales de 2025.

    Recommandations

    Les participants à cette assemblée générale ont décidé d’inciter les responsables à la base de mobiliser leurs militants et sympathisants dans la mesure du possible, mettre sur pied rapidement un Comité directeur du parti, de faire le maillage du terrain.

    Il a été décidé également la mobilisation des ressources financières du parti (internes comme externes), de faire un lancement officiel du PPR suivi de son inscription au Journal officiel (JO).

    Sans oublier la tenue régulière des réunions bimensuelles en vue de la formation politique et citoyenne des membres du Bureau exécutif ; des réunions d’information, de formation et des prises de position par rapport à des sujets politiques donnés, entre autres.

    Après sa création, le PPR a été déclaré au ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des territoires. Conformément aux textes, insistent ses membres, « en attendant que le ministère de tutelle ne lui délivre un récépissé, le régime de déclaration autorise que ce nouveau parti politique démarre ses activités sur le terrain ». Et c’est ce que compte faire son Bureau Exécutif. D’ailleurs il a reçu le quitus des militants de procéder à l’inscription au JO.

    Tête couronnée

    Le PPR a été créé en janvier dernier. Et a même participé aux dernières élections locales avec une ligne indépendante dénommée Ensemble pour le renouveau (EPR), le slogan du part.

    Incarnée par Togbui Dagban-Ayivon, chef traditionnel du quartier d’Adakpamé, la nouvelle formation politique se réclame de l’opposition. Une « opposition constructive, qui veut se donner les moyens de critiquer les actions gouvernementales sur fond de propositions concrètes devant améliorer le quotidien des Togolais », résume son président national à l’issue de l’assemblée générale de ce samedi aux micros des journalistes.

    « Nous ne venons pas sur la scène politique nationale pour diffamer, insulter, calomnier, faire de fixation sur une personne ou sur un parti. Mais nous nous différencions des autres par un programme pragmatique, concret avec au centre le bien-être de nos compatriotes, des Togolais », insiste Togbui Dagban-Ayivon. En clair, rien ne doit plus se faire comme avant. Et il fait désormais compter avec le PPR, enchaîne la tête couronnée.

  • Bénin-Niger: la guerre du pipeline

    Bénin-Niger: la guerre du pipeline

    La crise entre le Bénin et le Niger est une conséquence lointaine du rendez-vous manqué de mai 1963, qui aurait dû engager le continent dans le sens des États-Unis d’Afrique. Qui n’existent même plus en projet. Voilà pourquoi certains dirigeants, au gré de leurs humeurs, écrasent leur peuple à huis clos et se jouent de la Constitution.

    Entre le Bénin et le Niger, on a frôlé une guerre économique. Pour vider le contentieux qui a failli paralyser l’exportation du pétrole du Niger, les deux voisins vont devoir entamer des discussions, grâce à la médiation chinoise. En attendant, le pétrolier en standby devrait exceptionnellement embarquer une première cargaison du brut nigérien au terminal de Sèmè Kraké.

    N’est-ce pas à toute l’Afrique de remercier la Chine ?

    Peut-être faut-il souligner que c’est avant tout dans son propre intérêt que la Chine tente de désamorcer ce qui aurait pu, en effet, être une crise continentale grave. Pour avoir financé les coûteuses infrastructures qui rendent le pétrole du Niger exploitable, les Chinois ne sont pas loin de s’en considérer propriétaires, et pour quelques longues années. La crainte d’une paralysante crise entre ces deux États leur était d’autant plus insupportable qu’ils ont dû étancher aussi une pressante soif de liquidités des nouvelles autorités de Niamey. Les incertitudes planant sur ces investissements ont exaspéré Pékin, et les États concernés vont découvrir  la Chine sous un jour moins conciliant.

    Comme toujours, sur ce continent, chaque partie s’entête à imputer à l’autre les causes de ses malheurs, de ses déconvenues. Ainsi, s’empresse-t-on, ici et là, d’accuser le président du Bénin de vouloir nuire à la junte nigérienne, qui campe résolument sur son honneur, qu’elle assimile sans nuances à la souveraineté du peuple nigérien. Désespérante Afrique, où certains en viennent à oublier que la fierté des autres, en tant que peuple, peut ne pas être négligeable, par rapport à la leur. Les dirigeants béninois auraient-ils totalement tort de ne pas accepter d’être ignorés, sinon traités par le mépris, par les dirigeants d’un pays voisin qui fait transiter par leur territoire la principale richesse sur laquelle ils misent pour apporter le bonheur aux Nigériens ? Surtout que tous savent, d’expérience, que dans les mois et les années à venir, des Béninois mourront sur le trajet de ce pipeline, par imprudence ou par avidité, comme en témoignent les pipelines, au Nigeria, juste à côté ?

    Mais les Nigériens n’ont-ils pas le droit, pour des raisons sécuritaires, de garder leurs frontières avec le Bénin fermées ? 

    L’on est plus dans la suspicion que face à des preuves tangibles. Comment expliquer que les frontières avec le Nigeria soient ouvertes, alors que le président du Nigeria était autrement plus virulent que son homologue béninois sur le projet d’aller déloger les putschistes à Niamey ? La vérité est que personne, à Niamey, n’oserait traiter le Nigeria par le mépris.

    Dans de nombreux villages, en Afrique, les maisons s’enchevêtrent d’une telle manière que, pour accéder à leur domicile, certains doivent parfois traverser la cour d’autres familles. La bienséance impose de saluer ceux dont, par nécessité, l’on viole ainsi l’intimité. En froid ou pas, on fait semblant de leur dire bonjour. Ou alors, on trouve un détour, plus long. Même dans certaines capitales, l’on est parfois obligé de passer ainsi par la maison des autres, pour atteindre la sienne. C’était le cas à la Briqueterie, quartier de Yaoundé, au Cameroun. C’est ce que l’on pourrait appeler la bienséance de l’interdépendance, et qui est aussi valable entre États…

    Serait-il donc interdit, sur ce continent, de se fâcher avec ses voisins ?

    Ce n’est pas là le problème. Et de telles crises n’existeraient pas si, en mai 1963, les dirigeants du continent avaient courageusement franchi le pas des États-Unis d’Afrique, au lieu de cette une union qui n’a cessé de fragiliser le continent. Cette balkanisation se nourrit de cinquante-quatre susceptibilités. Les États-Unis d’Amérique, ce sont cinquante États sans frontières et sans douanes entre eux, mais aussi une seule monnaie, et les gouverneurs, l’équivalent de nos présidents de la République, savent mettre ce qui les unit au-dessus des querelles d’égo. Le véritable drame de ce continent est que les États-Unis d’Afrique n’existent même plus en projet. Au nom de la fierté nationale, certains dirigeants écrasent leur peuple à huis clos et, au gré de leurs humeurs, se jouent de la Constitution.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca

  • Au Togo, “PANTALONNADE ÉLECTORALE PITOYABLE DU PARTICIPATIONNISME SANS PLAN B”

    Au Togo, “PANTALONNADE ÉLECTORALE PITOYABLE DU PARTICIPATIONNISME SANS PLAN B”

    L’universitaire Ayayi Togoata APÉDO-AMAH analyse l’issue des dernières élections législatives et régionales. Dans un style qui lui est propre, empreinte de vives critiques. Se demandant finalement si les opposants qui y ont pris part ont un “plan B”. Lecture!

    “Ceux qui savaient à quoi s’en tenir par rapport aux élections à la togolaise, eu égard aux analyses qui justifiaient le boycott, ont assisté très attristés, au spectacle affligeant de tous ces braves gens qui partaient, l’espoir au cœur, munis d’un bulletin de vote pour faire advenir le changement tant souhaité. On leur a menti.

    Les faits sont têtus au Togo depuis une bonne trentaine d’années : les bulletins de vote peuvent-ils opérer le miracle de vaincre les fusils d’une dictature militaire qui a fait la démontration urbi et orbi du refus obstiné du changement en modifiant la constitution pour un règne éternel ?

    Cette constitution ne s’est pourtant pas adressée aux Togolais en chinois. Elle a dit: ” Je suis la caution juridique d’une dictature à vie “. Était-ce si difficile à comprendre ?

    Résultat des courses: les partis participationnistes ont encore été roulés dans la farine et humiliés. L’opposition n’a jamais été volée à ce point au cours d’une mascarade électorale. C’est le retour aux scores du parti unique sous Éyadéma, lequel s’offrait le score de 99,99 % des voix. Cette fois-ci, le Rpt-Unir est arrivé à 95%. Allez, encore un effort ! À la prochaine, ce sera 100% !

    J’ai interrogé des personnalités partitipationistes qui m’ont toutes avoué que les élections seraient truquées. “Mais avez-vous un plan B, leur ai-je demandé naïvement ? Aucun d’entre eux n’avait de réponse à cette question fondamentale. La logique veut que, lorsque l’on s’engage dans un jeu aux dés pipes d’avance, on ait de quoi empêcher la tricherie ou la force de récupérer le bien volé. Simple escroquerie politique de plus, d’une certaine opposition, pour enfumer le peuple togolais martyr ?

    Élections outrageusement volées avec une constitution clandestine pour un dictateur à vie. Choeur de lamentations hypocrites des victimes consentantes qui ont érigé le participationnisme en dogmes sacro-saints d’une nouvelle religion politico-obscurantiste. Demain, leur maître les convoquerait à une autre élection truquée, qu’ils s’y aligneraient précipitamment, tous en rang d’oignons ! Ces gens sont en train de susciter un faux débat pour savoir s’ils doivent siéger ou non au parlement croupion. De qui se moque-t-on ? Ils doivent aller siéger dans leur parlement croupion nommé, au garde-à-vous, s’il vous plaît, comme des députés croupions nommés pour boire le tchoukoutou du participationnisme jusqu’à la lie. On leur offrira même un chef de fil de l’opposition avec rang de ministricule pour deux malheureux députaillons. Les despotes du Rpt-Unir doivent rire jusqu’aux larmes en ce moment de leurs très chers opposants choisis.

    Je repose la question: “Y a-t-il un plan B dans la besace des participationnistes ?” Bof !”

    Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

  • Le RCEEDAO au chevet des nouveau-nés offre 2000 couches-bébés à la maternité de l’hôpital d’Aného

    Le RCEEDAO au chevet des nouveau-nés offre 2000 couches-bébés à la maternité de l’hôpital d’Aného

    Une délégation du Réseau des Chambres des Experts Européens Département Afrique de l’Ouest (RCEEDAO), une Organisation internationale non gouvernementale, s’est rendue à l’hôpital d’Aného. Afin de faire un don aux  parents des nouveau-nés.

    Ce mercredi 15 mai, le RCEEDAO a encore une fois fait parler son cœur. En effet, cette organisation non gouvernementale a offert 2000 couches-bébés aux mères de la maternité de l’hôpital de la ville d’Aného. Une nouvelle action humanitaire après celle effectuée quelques jours plutôt au Centre médico-social (CMS) de Djagblé dans la commune Zio 1.

    La cérémonie solennelle de remise des lots de couches-bébés s’est déroulée en présence de Komi Aziangbédé, conseiller de l’actuel bureau du RCEEDAO, représentant également d’Aboudramane Gakou, le Représentant-résident de ladite ONG. Il y avait aussi Maître Alexis Aquereburu, le maire de la commune Lacs 1, et des premiers responsables dudit centre de santé,  entre autres.

    Une action humanitaire que les bénéficiaires n’ont pas manqué de remercier, tout en souhaitant que d’autres donateurs emboitent le pas au RCEEDAO.  Celle-ci a dans son stock plus de  10 000 couches destinées au Togo.

    Présente dans 11 pays dont le siège est à Bruxelles (Belgique), cette organisation non gouvernementale, régie par la Convention de Vienne N°495 de 1961, reste un partenaire stratégique du développement du continent.

  • Dans le nord du Togo, l’endettement s’écrit au féminin

    Dans le nord du Togo, l’endettement s’écrit au féminin

    Reportage · Dans le nord du Togo, une zone touchée par l’insécurité liée aux attaques djihadistes, la situation économique devient de plus en plus difficile, et les femmes en sont les premières victimes. Nombre d’entre elles qui ont contracté des prêts pour créer leur entreprise sont tombées dans la spirale de l’endettement auprès des organismes de microfinance.

    Une main sur le pilon, une autre sur le menton. À l’ombre d’un manguier, Yempaab Kolani, la quarantaine, semble ne plus avoir la force de continuer à piler les noix de karité dans le mortier. Nous sommes à Todjoate-Lambounte, à 17 km au nord-est de la ville de Dapaong, dans le nord du Togo. Il y a quelques années, c’était au moulin qu’elle les écrasait. Aujourd’hui, elle ne peut plus se le permettre. « Je ne peux plus amener les noix au moulin parce que la quantité n’est pas assez importante et il me faut limiter les dépenses pour espérer un peu de bénéfice. Depuis deux ans, il est pratiquement impossible pour les femmes d’aller dans la forêt pour récolter les noix de karité de peur de sauter sur une mine ou d’être capturées par les groupes armés. Du coup, le prix de la noix est devenu très cher et, dans le même temps, j’ai perdu plus de la moitié de mon capital. Depuis l’avènement de la crise sécuritaire, je me bats juste pour pouvoir rembourser les mensualités de mon crédit », explique-t-elle. Son histoire ressemble à celle de beaucoup de femmes de la région des Savanes.

    Dans cette région située à l’extrême nord du Togo, plus de 65 % des habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté d’après les  résultats de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM). Et ici comme ailleurs, la pauvreté se conjugue d’autant plus au féminin.

    Les femmes sont en première ligne de l’économie togolaise. Elles sont commerçantes, agricultrices, transformatrices de produits locaux, coiffeuses, tisserandes ou encore couturières. Elles représentent 57 % des personnes actives dans le commerce au Togo, d’après le ministère de l’Action sociale et de la Promotion de la femme. Mais elles travaillent pour la plupart dans le secteur informel et sont soumises à de nombreux aléas économiques. Et quand elles possèdent une micro-entreprise, elles rencontrent souvent des difficultés pour la gérer : faible bancarisation, manque d’éducation financière, faible capacité de remboursement… Dans ce contexte, les institutions de microfinance restent souvent leur seul moyen de s’en sortir.

    LA MICROFINANCE COMME DERNIER REMPART

    Les conditions d’ouverture et de maintien d’un compte, l’éloignement des établissements bancaires (souvent concentrés dans les chefs-lieux de régions) ou encore l’analphabétisme expliquent le fait qu’une grande partie des femmes, surtout en milieu rural, ne disposent pas de compte en banque. « Au début de mes activités, j’avais ouvert un compte courant à Ecobank, confie Lalle Tani, propriétaire d’une unité de transformation agroalimentaire à Dapaong. Je l’alimentais régulièrement. Puis à un moment, mes activités ne marchaient plus, or chaque mois la banque fait des prélèvements pour les frais de tenue de compte. Un jour, on m’a envoyé de l’argent pour les activités d’une association dans laquelle je milite. La banque m’a prélevé près de 50 000 FCFA [76 euros], j’ai dû m’endetter pour compléter la somme et, depuis, il n’y a plus eu de mouvement sur ce compte. En février, la banque m’a appelée pour comprendre pourquoi il n’y avait plus de mouvements sur le compte. Je leur ai expliqué que je traversais une situation économique difficile. Le peu que je gagne ne me permet pas d’épargner. » Mais qu’elles soient commerçantes, artisanes ou agricultrices, les femmes ont besoin de faire des emprunts pour développer leurs activités.

    À Kpeguidjini, un village situé à une quinzaine de kilomètres au nord de la commune de Tône 1, Tchampoua Nassani, 41 ans, maraîchère, explique comment la microfinance s’est imposée à elle :

    J’ai voulu ouvrir un compte à l’Union togolaise de banque, sur proposition du conseiller agricole de notre secteur. Lorsque je me suis fait accompagner pour prendre des renseignements, il m’a été demandé, entre autres, ma carte nationale d’identité, une pièce que je n’ai pas. Pour l’établir, il me fallait mon acte de naissance. Malheureusement, mon père, comme la plupart des hommes de son époque, ne faisait pas faire d’acte de naissance pour les filles. Je suis rentrée déçue ce jour-là : une journée perdue et des dépenses inutiles pour le transport. Après, j’ai partagé mon souci à une voisine qui m’a suggéré d’aller voir une microfinance. Et depuis, j’ai mon compte à la Caisse mutuelle d’épargne et de crédit de Tidonte, qui m’octroie du crédit de temps en temps pour mes activités.

    Au Togo, l’histoire de la microfinance date des années 1960. La Fucec, la plus grande coopérative financière, est née en 1969. Le secteur s’est rapidement développé dans les années 2000 avec l’avènement de plusieurs autres institutions de microfinance ayant pour objectif l’accès des services financiers aux personnes défavorisées. Dans la région des Savanes, les plus présentes sont la Fucec-Togo, la Coopec-Sifa, l’UCMECS et la Coopec-AD. La majorité de ces institutions de microfinance a tendance à privilégier les femmes dans l’octroi de crédits. Raison avancée : elles seraient plus fiables et plus disciplinées. Pour les accompagner, la Coopec-Sifa les organise en groupements. Leurs membres bénéficient de sensibilisations et de formations en éducation financière sur une période de trois à quatre mois avant l’octroi des crédits.

    DES TAUX D’INTÉRÊT DÉMESURÉS

    Selon la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le taux d’intérêt maximal est de 24 % dans les microfinances. Dans celles de la région des Savanes, il va de 4 à 16 % selon les types de crédits, contre 8 % maximum dans les banques. Ces taux sont démesurés pour les emprunteuses, surtout dans cette région classée la plus pauvre du pays. Au marché de Dapaong, Bibata Koanda, revendeuse de beurre de karité, se désole : « 16 % d’intérêt, je trouve cela exorbitant. Je n’arrive plus à vendre à cause de la crise sécuritaire, et depuis je n’arrive pas à rembourser mon crédit alors que l’échéance est arrivée à terme depuis six mois. »

    Du côté des institutions de microfinance, les responsables avouent être conscients de cette situation mais disent faire face à des contraintes qui ne permettent pas d’envisager une baisse des taux. « Nous avons conscience qu’il faut octroyer le crédit à un faible taux d’intérêt mais nous sommes confrontés à l’indisponibilité des ressources, indique Phillipe Fori, le directeur de la Coopec-Sifa. Nous sommes implantés dans une région pauvre où il est impossible de faire le recyclage des épargnes parce que l’épargne est faible. Il faut alors aller emprunter à la banque à 8 % d’intérêt. Pour espérer couvrir nos charges, il faut faire une marge d’au moins 8 %. Voilà ce qui justifie les 16 %. »

    Dans la région des Savanes, beaucoup de femmes élèvent seules leurs enfants. Toutes les charges du ménage reposent sur leurs épaules : alimentation, soins de santé et scolarité, etc. « Nous faisons des efforts, nous avons la volonté mais nous semblons faire du surplace. Dès que nous obtenons un crédit et que le mari est mis au courant, il n’assume plus ses responsabilités, explique Youossa Namepine, cultivatrice à Doupkergou, un village de la préfecture de Tandjoare. C’est avec cet argent qu’il faut payer les frais de scolarité des enfants, les soigner quand ils sont malades, acheter les condiments, aller au moulin, etc. Face à toutes ces charges, il est difficile de faire prospérer une activité génératrice de revenus afin de rembourser le crédit. »

    À Tantoga, bourgade située à une dizaine de kilomètres au nord de Korbongou (chef-lieu de la commune de Tône 4), Boudanlengue Kolani, 49 ans, est revendeuse de tchakpalo, une bière locale à base de sorgho. Le visage marqué par une vie de dur labeur, elle se lamente, les mains crispées sur son pagne :

    Le jour où j’ai obtenu mon premier crédit [30 000 FCFA au taux de 16 %, NDLR], mon enfant est tombé malade. J’ai dépensé la totalité à l’hôpital parce que mon mari n’avait rien. Pour ne plus rester les bras croisés, je suis allée acheter un sac de mil à crédit. À chaque vente, il fallait rembourser à la commerçante, et à la fin du mois il fallait verser la mensualité au niveau de la microfinance. C’était intenable. Si certaines femmes ont réussi à se soustraire de la précarité, il faut noter aujourd’hui que beaucoup d’emprunteuses s’enfoncent de plus en plus dans un cycle d’endettement.

    UNE CRISE SÉCURITAIRE AGGRAVANTE

    Il y a trois ans, quand le nord du Togo a commencé à être frappé par les violences des groupes djihadistes venus du Burkina Faso voisin, les activités économiques des femmes ont été plombées. La préfecture de Kpendjal, la plus touchée par la crise sécuritaire, est pourtant l’un des greniers céréaliers de la région (céréales, mais aussi sésame, bois de chauffe, charbon de bois, bétail, volaille, etc.). À Dapaong, les grandes commerçantes sont pour la plupart des grossistes de céréales qui dépendent du Kpendjal. Depuis l’attaque qui a visé un camion du marché de Koundjoaré (commune de Kpendjal 1) le 22 juillet 2022, elles craignent pour leur vie. Elles ont cessé de se rendre dans la plupart des marchés de la préfecture du Kpendjal. Leurs activités commerciales sont en berne, et le remboursement des crédits contractés devient impossible.

    Aujourd’hui, des femmes qui ont dû fuir les violences ont tout perdu. « C’est une situation qui a des répercussions sur la vie de notre structure. Aujourd’hui, c’est plus de 60 millions de FCFA que nous avons perdus », confie un haut responsable d’une institution financière implantée dans la région, qui ne souhaite pas révéler son identité ni celle de son établissement. À la Coopec-Sifa de Dapaong, Philippe Fori se désole lui aussi de cette situation : « Aujourd’hui, la plupart de nos groupements traversent des difficultés de remboursement. Nous avons 4,75 % de crédits impayés », assure-t-il.

    Dans le nord du Togo, quelques voix s’élèvent pour contester l’opportunité de continuer de prêter de l’argent aux femmes qui ne répondent plus aux critères ordinaires de solvabilité. Sylvain Nassandja, opérateur économique dans l’immobilier à Dapaong, estime qu’il faut arrêter de les enfoncer :

    Une commerçante de céréales était venue me voir pour que je lui prête la somme de 300 000 FCFA pour satisfaire à une commande d’un fournisseur. Elle a promis de me rembourser dans un délai de trois semaines au plus tard. Je n’ai pas hésité à lui donner l’argent parce que je la connaissais très bien. Après un mois, elle ne m’avait pas remboursé. Au bout de deux mois, elle a avoué qu’en réalité elle avait utilisé la somme que je lui avais prêtée pour rembourser un crédit dans une microfinance et qu’elle attendait le déblocage d’un nouveau crédit avant de me rembourser. Comment pourra-t-elle se tirer d’affaire ?

    « DIFFICILE DE SORTIR DU CYCLE DE L’ENDETTEMENT »

    De tels témoignages sont légion. Dans le village de Sidiki (8 km au sud-est de Dapaong), le chef Yentougli Tame peut en témoigner : « Il est difficile de sortir de ce cycle d’endettement. Les crédits obtenus auprès des microfinances servent à rembourser d’autres contractés auprès des particuliers. Pour rembourser 100 000 FCFA par exemple, on emprunte 50 000 FCFA chez une personne, 30 000 chez une deuxième et 20 000 chez une troisième… avec des intérêts minimaux de 4 % par jour ! Dès que le nouveau crédit est débloqué, il faut faire le tour pour rembourser. Et à l’arrivée, on se retrouve à la case de départ. » Le chef du village constate que « beaucoup de femmes fuient le foyer pour aller travailler dans les mines d’or au Ghana ou dans les débits de boissons au Burkina Faso ».

    À Cinkassé, une ville togolaise située à la frontière avec le Burkina, une employée d’une institution de microfinance de la place s’indigne, sous couvert de l’anonymat : « Parfois, des femmes plus nanties profitent de ce système en assistant aux réunions de microcrédit, proposant ainsi de prêter de l’argent aux membres en difficulté… avec un intérêt allant jusqu’à 5 %. » « Il m’arrivait parfois de gagner jusqu’à 100 000 FCFA par jour » grâce aux intérêts, confie une usurière dans la même ville.

    Entre les menaces des microfinances et le harcèlement des créanciers de toutes parts, Monique (prénom d’emprunt), mère de deux filles dont la plus jeune n’est âgée que de 7 mois, a dû fuir son foyer. Redoutant la réaction de son époux qui l’a déjà aidée plusieurs fois à payer ses dettes, elle a profité de son absence pour s’en aller, nuitamment, abandonnant les enfants à leur grand-mère. « C’est au bout de trois semaines de recherche que nous avons appris qu’elle était au Mali, employée comme femme de ménage dans une société minière tenue par des Chinois », confie Eugène, son mari, un instituteur de la commune de Tône 2.

    Source: afriquexxi.info

  • Au Togo, la Cour constitutionnelle confirme la victoire du parti au pouvoir aux législatives et régionales

    Au Togo, la Cour constitutionnelle confirme la victoire du parti au pouvoir aux législatives et régionales

    4 millions de Togolais étaient appelés aux urnes le 29 avril dernier dans un double scrutin pour élire 113 députés et 179 conseillers régionaux qui ont vu une large victoire de l’Union pour la République (Unir), le parti au pouvoir. Lundi 13 mai à Lomé, la Cour constitutionnelle a confirmé ces résultats.

    Pas de changement pour les résultats définitifs. La trentaine de recours déposé par les partis de l’opposition a été entièrement rejetée par la cour constitutionnelle. L’Union pour la république (Unir) rafle 108 des 113 sièges en jeu, l’Alliance pour la démocratie et le développement intégral (Addi) en obtient deux, l’Alliance nationale pour le changement (ANC), les Forces démocratiques pour la république (FDR) et la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) se partagent les trois autres sièges.

    Ce résultat est le fruit du travail et de la proximité avec les populations affirme Yawa Kouigan, ministre de la communication et des médias, nouvellement élue députée : « Il est extrêmement heureux pour notre paix que la République fonctionne comme prévu et que les institutions jouent chacune leur partition pour que notre démocratie continue de se renforcer. Je suis de Unir, notre grand parti. »

    Plusieurs partis de l’opposition ont dénoncé des fraudes au lendemain de ce scrutin. Des accusations documentées dans les dossiers des recours, souligne l’opposante Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson de la dynamique pour la majorité du peuple. « Notre pays, quand nous faisons le bilan de tout ce processus électoral, ce que nous retenons, c’est qu’il y a une incapacité congénitale de ce régime à pratiquer la démocratie. »

    Le taux de participation, légèrement modifié, est de 61,76%. La nouvelle Assemblée doit siéger pour la première fois le 21 mai.

    Source : rfi.fr

  • Au Togo, pourquoi l’opposant Gerry Taama quitte la scène politique

    Au Togo, pourquoi l’opposant Gerry Taama quitte la scène politique

    Patron du Nouvel engagement togolais (NET), Gerry Taama annonce son départ de la scène politique de son pays après une débâcle électorale. Bien qu’il tente de justifier son choix à travers une logue publication consultable sur sa page Facebook, des observateurs assurent qu’il paie le prix de son inconstance….

    « Togo: Gerry TAAMA Komandega – GETAK «..Je quitte la scène politique togolaise»

    Je suis resté silencieux si longtemps parce qu’il me fallait mettre de l’ordre dans les affaires du parti. Je viens de finir une ultime réunion du bureau national. Le 30 avril 2024, dès le lendemain du double scrutin, j’avais déjà annoncé à la fédération de l’Est-Mono que je quittais la politique. Au niveau national, cela a pris plus de temps, puisqu’il faut, avant de démissionner de la tête d’un parti disposant de 35 mille adhérents, prendre un certain nombre de dispositions. C’est chose faite à présent. La démission est actée et le parti sera dirigé par le premier vice-président, jusqu’à l’organisation d’un congrès dès le mois prochain.

    Je vais un peu revenir sur la campagne électorale puisque je n’en ai pas parlé.

    Contrairement à ce que je faisais lors des élections précédentes, je n’ai pas réalisé cette année de tournée nationale. Je voulais faire de cette élection une expérience sociale, en tant que sociologue. Je voulais répondre à cette question précise: est-il possible, en organisant une bonne campagne, dans des conditions d’hostilité telles que celles résultant de mon opposition à la nouvelle constitution, de remporter deux sièges sur trois dans une préfecture à l’intérieur du pays, quand on est un jeune parti comme le Net?

    C’est ainsi que s’est organisée la campagne dans les 7 cantons où se répartissaient les 12 candidats du double scrutin. J’avais mis en place une organisation horizontale. Chaque candidat se comporte dans son canton comme une tête de liste.

    La campagne finalement est une réussite en termes de mobilisation, d’autant plus que, assez curieusement, Unir en face en fait très peu sur le terrain, contrairement à ce qu’on voyait dans d’autres préfectures. Vous avez suivi ma campagne et je n’ai pas à vous faire un dessin.

    Le jour de l’élection, quelques incidents sont signalés. Ils sont documentés et enregistrés. Dans deux bureaux de vote d’un canton, deux personnes sont surprises en train de bourrer les urnes. Le superviseur de la Celi déployé sur le secteur (Unir) est interpellé et se saisit lui-même du surplus de bulletins tombés à terre. Dans un autre canton, un membre de bureau de vote a été surpris avec 150 bulletins de vote chez lui. Ces bulletins seront retournés dans le bureau de vote. Je suis moi-même allé sur le terrain vérifier les deux premières irrégularités et ce sont les seuls incidents qui me seront rapportés dans la journée.

    C’est à partir de 16h, quand commencent les dépouillements, que le processus va complètement sortir de son cadre légal.

    J’avais mis un dispositif pyramidal de collecte des résultats. Il y avait à la base les membres de bureau de vote : 324. Juste au-dessus, les délégués, pour renforcer les membres de bureaux de vote qui en faisait la demande. Nous sommes partis de 150 délégués pour atteindre plus de 200 au cours de la journée. Il y avait ensuite les superviseurs, chargés de surveiller des secteurs donnés en journée puis de ramasser les PV après le vote, et enfin les candidats, transformés en super superviseurs, chargés de rassembler les PV et de les rapporter au siège. Enfin, une équipe de contrôleurs, au siège, chargés d’appeler chaque membre de bureau de vote pour recueillir les résultats immédiatement sur une fiche de compilation identique à celle de la Celi. Pour compléter le tout, les membres des bureaux ont reçu dans la journée chacun 7 SMS, rappelant les dispositions du code électoral et appelant à la vigilance.

    Au lendemain du vote, donc le 30 avril, le résultat de tout ce dispositif est plutôt catastrophique. Sur 324 PV, nous n’en avons recueilli que 151 par type de scrutin. Les motifs d’absence de PV sont multiples mais le plus récurrent est le refus de donner les PV à nos membres de bureaux de vote, quand il ne s’agit pas de menaces et d’intimidations. Dans certains cas, nos membres ont dû fuir le bureau de vote pour se mettre à l’abri. Et la dernière raison est que certains de nos membres de BV ont simplement disparu et n’ont plus répondu au téléphone depuis lors.

    Quand on analyse les PV à notre disposition, on réalise que c’est uniquement dans deux cantons qu’ils reflètent la réalité d’une élection plurielle et équitable. Le taux de participation est conforme à celui observé lors de nos tournées dans les bureaux de vote à la fermeture de ceux-ci, soit entre 35 et 45%. Les gens ne sont pas sortis voter, nous n’avons observé de l’affluence nulle part. Dans les bureaux de vote de ces deux cantons, j’ai environ les ⅖ des voix.

    Dans les 5 autres cantons, en dehors centres de votes où étaient mes candidats au moment du dépouillement, les PV se présentent majoritairement sous la forme suivante : nombre d‘inscrits : 290 (c’est un exemple) nombre de votants 290, suffrages exprimés Unir 80% et le reste des candidats de l’opposition 20%.  Certains PV montrent les résultats suivants : inscrits 290 (exemple toujours) , votants 290, unir 290, autres candidats 0,0,0. Un certain nombre de PV aussi sont vides avec pourtant les signatures des membres de bureau de vote. Il a aussi été documenté que des PV ont été remplis devant la Celi, sans compter un certain nombre dont les résultats ont été barrés et modifiés.

    La compilation des résultats dans la préfecture sera laborieuse, comme je l’ai dit, plusieurs PV sont soit difficiles à exploiter, soit les résultats sont difficiles à comprendre. Comment 100 % des inscrits peuvent voter dans un bureau de vote, parfois sans qu’il n’y ait des procurations ? Mais cet argument, techniquement intenable, tombe facilement à l’épreuve du droit devant une cour constitutionnelle. La dernière anecdote de cet épisode, c’est que pendant 3 jours, on se retrouve avec 18 urnes sans PV. Elles sont là, ces 18 urnes sans PV, avec personne pour donner les résultats. Et le troisième jour, on découvre fort opportunément les PV dans les urnes, ce qui clos le suspens.

    Contrairement aux dispositions du code électoral, nous demanderons sans succès la fiche de compilation des résultats à la Celi.

    Nos 40 listes de candidats sur le plan national exigeront aussi ce document, en vain. Fin de l’histoire.

    Tous les PV dont j’ai parlé dans mon propos sont à ma disposition. Ils ont été scannés et les originaux laissés au siège du parti dans l’Est-mono. D’ici quelques années, j’écrirai sans doute un livre sur cette expérience électorale. Mais je rappelle que je dispose de moins de la moitié des 324 PV de la préfecture.

    J’ai pris la décision de quitter la politique ce 30 avril 2024, au vu de la vanité de tous nos efforts. Il ne sert à rien de perdre son temps en politique au Togo, tant que les résultats des élections n’ont aucun rapport avec le vote des électeurs. Cette situation, cette férocité et cette voracité, je ne l’ai observée dans aucune des quatre élections auxquelles j’ai déjà participé. Cette année était spéciale.

    Certains me demanderont pourquoi n’ai-je pas fait de recours à la cour constitutionnelle ? Le Net s’est refusé à faire des recours.

    Ah j’oubliais, au résultat, les trois sièges de la préfecture iront à Unir, tout comme les 108 sur les 113 du pays.

    Alors, pourquoi n’ai-je pas fait de recours ? Ceci pour trois raisons.

    La première et la plus évidente est que je n’ai plus de raisons objectives de croire à l’objectivité de notre cour constitutionnelle. À deux reprises durant ce mois de mars, j’ai été débouté par cette même cour sur des sujets où j’estime qu’elle n’avait pas dit le droit. Cela aurait servi à quoi de continuer à la solliciter, d’autant plus que je n’avais pas la totalité des PV ?

    La seconde raison, la plus inquiétante et la plus importante, est que toutes les irrégularités dont j’ai fait mention lors des dépouillements n’ont pas été faites par des personnes opulentes venues de Lomé. Non, c’est l’enseignant volontaire payé à 5000f le mois, le paysan ayant perdu son pouvoir d’achat depuis que le soja ne donne plus rien, c’est le diplômé au chômage depuis des années, c’est des pauvres hères qui ont mis une énergie extraordinaire pour dévier le processus de sa trajectoire. S’ils le font, c’est qu’ils sont satisfaits de leur situation. Pire, certains de nos propres membres de bureau de vote et délégués nous ont trahis dans des proportions inimaginables. Comment un membre de bureau de vote, formé à plusieurs reprises, peut expliquer que sur le pv de son bureau de vote, son parti n’ait pas de voix ? Lui-même a voté pour qui ? Donc les gens qui soutiennent le système et sont prêts à tout pour son maintien, le font volontairement, en connaissance de cause. J’ai, en 5 ans de législature, investi plusieurs dizaines de millions de francs CFA dans l’Est-Mono. C’est plus de la moitié de mes indemnités de député. Des jeunes d’un village où j’ai installé un forage, des lampadaires, ou offert un financement de 300 000 f au groupement de femmes, ont pu scander qu’ils ne voulaient pas du Net dans leur village. Que peut-on faire face à cela? Est-ce que c’est forcé d’aider les gens même ?

    La troisième raison est la réponse que j’ai obtenue suite au postulat posé avant la participation à cette élection. Vous vous souvenez ? Peut-on, dans les conditions de déroulement de ces élections d’avril 2024, gagner une élection à l’intérieur du pays en étant un parti autre qu’Unir? Ma réponse est non. Seul l’Addi a gagné deux sièges à l’intérieur du pays, dans Tandjouaré où Gogué dispose d’une longue et solide base électorale, et à Danyi où l’implantation du parti s’ajoute à une faible population. Avec 4000 électeurs, c’est tout bon. D’après mon expérience et dans les conditions actuelles, un jeune parti, même n’importe quel parti de l’opposition, ne peut pas remporter des élections dans notre pays, sauf si les règles du jeu sont respectées par tout le monde. Il se trouve que ceci n’est pas le cas et ne le sera sans doute jamais, avant un long moment. C’est mon avis personnel.

    Entre mon entrée en politique en 2012 et ce jour, j’ai dépensé plusieurs centaines de millions de fcfa, une grande partie de cet argent est issue de mes propres activités économiques, et la seconde, de la participation des militants, notamment les membres des Celi, de la Ceni et des députés. Rien que cette élection m’a coûté plusieurs dizaines de millions, dont les ⅔ environs dans l’Est-mono. Pourquoi continuer de gaspiller tout cet argent pour une cause perdue d’avance ?

    Quand j’entends des jeunes se moquer de notre situation aujourd’hui, nous traitant de buveurs de lait, cela me fait rire. Il faudrait que je fasse au moins 4 mandats en tant que député, sans plus rien investir, pour commencer à rattraper mes dépenses en politique. Rien qu’au lancement du Net en 2012, j’avais déposé 20 millions sur la table. Bref.

    J’ai essayé de faire la politique autrement et j’ai échoué. Il faut croire, avec les résultats de cette élection, que les Togolais sont satisfaits de la politique du parti Unir. En bon démocrate, je respecte ce choix. Mais s’il fallait le refaire, je voterai toujours contre ce texte. Nous avons besoin de rêver d’une alternance politique par des élections au suffrage universel direct au Togo et le régime parlementaire enlève ce rêve.

    Il faut savoir quitter la scène avant qu’elle ne te quitte. Je suis heureux de ces 12 années de ma vie en tant que politicien. De mon engagement citoyen et de l’espoir que j’ai pu donner à certaines personnes. Je reste fier de mon parcours parlementaire. J’ai contribué à désacraliser la fonction de député et à montrer qu’on peut faire bouger certaines choses même en étant minoritaire. J’espère que quelqu’un d’autre prendra la relève.

    Pour finir, je ne crois pas que les élections apporteront de l’alternance politique dans notre pays. Pas avec ce que j’ai vu au cours de ces élections. Le Net était présent dans 41 Celi sur 56.

    Aujourd’hui, je n’encouragerai aucun jeune à entrer en politique, sauf dans les rangs du parti Unir. C’est une perte de temps et d’argent. Occupez-vous de vos vies et faites du business. Nous restons un pays à économie libérale et on peut encore réussir en affaires, jusqu’à un certain niveau. Pas pour devenir milliardaire, il ne faut pas rêver non plus.

    Voilà, l’homme politique prend congé. En réalité, cela fait 4 ans que j’aurai déjà dû céder ma place de président du NET. Le mandat selon nos statuts est de 4 ans renouvelables une seule fois et j’ai fait 4 années de trop. Il faut à présent rendre le tablier. Les jeunes feront sans doute mieux que moi et je reste bien entendu un militant du parti, mais de second rang, tout simplement.

    Je vais retourner à mes premiers amours: entrepreneuriat, tourisme, culture et motivation des jeunes. Je suis un vendeur de caméras de surveillance et d’équipements de sécurité et je suis plutôt un bon vendeur. Place au business à présent.

    J’ai toujours eu un esprit chevaleresque et on peut servir son pays et ses compatriotes autrement. Ma vie est un éternel recommencement. Quand j’ai quitté l’armée en 2008, ma situation économique n’était pas terrible et 3 ans plus tard, j’avais un chiffre d’affaires annuel à 9 chiffres avec ma principale entreprise. Je me donne une année pour faire le double, avec Vanessa. Heureusement qu’elle est là et me soutient en permanence.

    Ce pays nous appartient à nous tous. Nous y sommes nés, nous y grandissons et nous y mourrons. Réussir sa vie au Togo ne signifie pas forcément y avoir été député, ministre ou Dg. Pour moi, réussir sa vie au Togo, c’est prendre soin de sa famille, élever dignement ses enfants, et être utile à sa communauté, du mieux qu’on peut. Et on peut ensuite rejoindre son créateur avec le sentiment de devoir accompli. C’est pour cette raison que je suis resté en permanence un homme humble, un homme au milieu du peuple. Ce que l’homme fait de sa vie, résonne dans l’éternité.

    Servir autrement ».

    Gerry Taama

Radio Renouveau228

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