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Au Togo, ces questions de l’opposition qui attendent toujours des réponses du gouvernement

De la répression des manifestations à la hausse du prix du carburant, en passant par l’eau potable, l’OTR, la situation des détenus et l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, les députés de la DMP et de l’ADDI ont multiplié les interpellations du gouvernement. Certaines remontent à 2025. D’autres ont été déposées ces derniers jours. Mais plusieurs restent, selon le relevé parlementaire, sans réponse.

Les questions s’accumulent sur les bureaux de l’Assemblée nationale. Les réponses, elles, se font parfois attendre. Le document recensant les interpellations adressées au gouvernement par les députés de l’opposition fait apparaître une succession de questions écrites, questions d’actualité et demandes de convocation portant sur des sujets directement liés à la vie publique.

Le relevé commence en avril 2025 avec deux questions écrites portant respectivement sur la situation du CMS Président ANT et sur des dysfonctionnements allégués dans l’exécution d’un projet d’aménagement urbain à Lomé. Ces deux dossiers ont fait l’objet de réponses les 24 avril et 22 mai 2025.

Mais le rythme des interpellations s’est ensuite accéléré, avec des sujets de plus en plus sensibles.

De la répression des manifestations à la gouvernance publique

Le 29 juin 2025, les députés ont demandé la convocation d’une session extraordinaire consacrée à la crise politique née, selon eux, des événements survenus depuis le 6 juin. Dans leur démarche, ils dénonçaient notamment l’absence de prise en compte de ces événements dans l’ordre du jour de la séance de clôture de la première session ordinaire.

Le lendemain, une question d’actualité a porté sur la répression des manifestations civiles des 6, 26, 27 et 28 juin 2025. Les parlementaires demandaient des explications sur l’usage de la force, les allégations d’intervention d’individus armés non identifiés et le cadre légal applicable. Cette question avait été posée conjointement avec des députés de l’ADDI.

Quelques jours plus tard, le 4 juillet 2025, une autre série de questions écrites concernait la gouvernance de l’AMU et de l’INAM, les projets d’hôpitaux mère-enfant, la gestion des ressources humaines et le climat de travail à l’INAM. Le relevé indique explicitement : « Sans réponse ».

Le secteur éducatif a également été interpellé. Une question écrite déposée le 17 septembre 2025 concernait les infrastructures scolaires, les enseignants, l’hygiène, les cantines et la gouvernance du secteur.

À partir de 2026, les dossiers abordés touchent directement plusieurs préoccupations économiques et sociales.

Le 10 avril, les députés ont demandé des clarifications sur des dysfonctionnements allégués à l’Office togolais des recettes (OTR), notamment au sujet de dépôts et avoirs allégués. Ils réclamaient des informations sur les vérifications effectuées, les éventuelles diligences engagées et la coopération avec la justice.

Le 16 juin, le PASH-MUT a fait l’objet d’une question écrite. Les parlementaires demandaient notamment des explications sur l’état d’exécution du projet, les retards, la restructuration du financement, les faibles décaissements et les difficultés liées à la passation des marchés.

Carburant, CEDEAO, culture : trois nouveaux fronts

La question du pouvoir d’achat est venue s’ajouter à cette liste. Le 24 septembre 2026, les députés ont saisi le gouvernement au sujet de la hausse du prix des produits pétroliers. Ils demandent des explications sur les raisons de cette augmentation, le mécanisme de fixation des prix, le niveau des taxes et subventions ainsi que les mesures destinées à en limiter les effets sur les ménages, les transports et le coût de la vie.

Le même jour, une autre question d’actualité a porté sur les suites à donner à l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO. Les députés demandent au gouvernement de préciser les mesures envisagées, les engagements régionaux concernés et le calendrier ou la feuille de route qu’il entend présenter devant l’Assemblée nationale, la CEDEAO et l’Union africaine.

Le secteur culturel constitue le troisième dossier ajouté le 24 septembre. Les parlementaires s’intéressent à la crise du secteur, au financement des artistes, à la gestion du Fonds national de promotion culturelle, à la gouvernance du ministère ainsi qu’aux suites données aux constats de l’ARCOP sur la commande publique.

À cette série s’ajoute une question conjointe sur l’agression survenue le 29 septembre 2024 au siège de la CDPA. Déposée en juin 2026, elle porte notamment sur les résultats de l’enquête et sur les garanties liées à l’exercice de l’activité politique, à la sécurité des citoyens et au pluralisme démocratique.

Au total, le document recense douze démarches parlementaires entre avril 2025 et septembre 2026, couvrant des domaines aussi variés que la santé, l’urbanisme, la sécurité, l’éducation, la protection sociale, les recettes publiques, l’eau, la démocratie, l’énergie et la culture.

Derrière cette longue liste se pose une question plus institutionnelle : que devient le contrôle parlementaire lorsque les interpellations restent sans réponse ?

Le relevé ne précise pas le statut de chacune des questions les plus récentes. Il établit toutefois explicitement que certaines n’ont pas reçu de réponse, tandis que deux questions de 2025 ont, elles, obtenu des réponses dans les semaines suivant leur dépôt. Cette différence illustre aussi que le dialogue entre gouvernement et Parlement peut fonctionner dans certains dossiers, même si plusieurs interpellations demeurent en attente.

Pour les députés à l’origine de ces démarches, l’enjeu dépasse donc la simple transmission de questions. Il s’agit de faire du Parlement un espace où le gouvernement est appelé à expliquer ses décisions, à rendre compte de la gestion publique et à répondre aux préoccupations des citoyens.

Reste désormais à savoir combien de ces questions obtiendront une réponse officielle et dans quels délais.

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