Étiquette : USA

  • À Tabligbo, les futurs enseignants au cœur de la diplomatie linguistique américaine

    À Tabligbo, les futurs enseignants au cœur de la diplomatie linguistique américaine

    Les États-Unis misent sur la formation des futurs enseignants pour renforcer l’apprentissage de l’anglais au Togo.

    À Tabligbo, l’apprentissage de l’anglais prend une nouvelle dimension. Le 11 août, Tim Glenn, diplomate à l’ambassade des États-Unis au Togo, a échangé avec 50 futurs enseignants du primaire de l’École normale de formation des professeurs d’école (ENFPE), autour d’une sélection d’ouvrages destinés à renforcer leurs compétences linguistiques.

    La rencontre s’est appuyée sur des livres du programme éditorial « Nouveaux Horizons », porté par les Services régionaux pour l’Afrique (ARS) du Département d’État américain. À travers cette initiative, l’objectif est de promouvoir l’enseignement de l’anglais, notamment les capacités de compréhension et d’expression orales, auprès des futurs enseignants.

    Au-delà de la cinquantaine de participants directement concernés, l’initiative entend produire un effet multiplicateur. Une fois dans leurs classes, ces futurs instituteurs pourront transmettre à leur tour de meilleures méthodes et compétences en anglais à leurs élèves togolais.

    L’anglais comme passeport vers l’avenir

    Pour les promoteurs de cette initiative, une meilleure maîtrise de la langue anglaise constitue un atout pour les jeunes dans un environnement économique de plus en plus mondialisé. Elle peut faciliter la poursuite des études, l’accès à l’emploi et l’ouverture vers de nouvelles opportunités professionnelles.

    Cette coopération éducative revêt également une dimension économique et diplomatique. Selon l’approche américaine, le renforcement des compétences linguistiques peut favoriser les échanges commerciaux, contribuer à la création d’emplois et permettre à davantage de professionnels togolais de développer des relations avec des entreprises américaines et d’accéder aux marchés internationaux.

    À Tabligbo, la diplomatie américaine mise ainsi sur un levier discret mais stratégique : former ceux qui formeront la prochaine génération.

  • Tupac : 30 ans après, le procès qui pourrait lever le voile sur un meurtre mythique

    Tupac : 30 ans après, le procès qui pourrait lever le voile sur un meurtre mythique

    Trente ans après l’assassinat de Tupac Shakur, le procès de Duane « Keffe D » Davis pourrait enfin apporter des réponses à l’un des plus célèbres « cold cases » des États-Unis.

    L’un des crimes les plus célèbres de l’histoire du rap américain revient devant la justice trente ans après la mort de Tupac Shakur. Le procès de Duane « Keffe D » Davis, ancien chef de gang accusé d’avoir orchestré le meurtre du célèbre rappeur, s’ouvre lundi à Las Vegas, dans l’État du Nevada. Les débats devraient s’étaler sur près d’un mois.

    Tué par balles le 7 septembre 1996 à Las Vegas, Tupac Shakur, alors âgé de 25 ans, est devenu depuis une figure emblématique de la musique américaine. Son assassinat, longtemps resté sans réponse judiciaire, constitue l’un des « cold cases » les plus médiatisés des États-Unis.

    Pendant trois décennies, aucune condamnation n’est venue établir les responsabilités dans cette affaire, faute de preuves suffisantes. L’arrestation de Duane Davis, en 2023, avait ainsi marqué un tournant majeur dans l’enquête.

    L’accusé, qui a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés, a plaidé non coupable. Le procès devra notamment déterminer son éventuel rôle dans la préparation et l’exécution du meurtre.

    Au-delà du destin tragique de Tupac, cette audience pourrait enfin apporter des réponses à une affaire qui nourrit depuis trois décennies spéculations et théories.


  • Les USA renforcent les compétences des enseignants togolais en anglais

    Les USA renforcent les compétences des enseignants togolais en anglais

    Huit enseignants d’anglais et responsables de l’éducation togolais ont reçu, le 15 juillet, leurs certificats de fin de formation à l’ambassade des États-Unis à Lomé, à l’issue d’un programme de développement professionnel en ligne soutenu par le gouvernement américain.

    Cette initiative, mise en œuvre grâce à l’ambassade des États-Unis à Lomé en partenariat avec le Bureau régional de la langue anglaise basé à Dakar, visait à renforcer les capacités des participants en matière d’enseignement de l’anglais. Au cours de cette formation, les bénéficiaires ont été initiés à des approches pédagogiques innovantes et ont eu accès à des ressources inspirées des meilleures pratiques du système éducatif américain.

    À travers ce programme, les États-Unis entendent contribuer à l’amélioration de la qualité de l’enseignement de l’anglais au Togo. En dotant les enseignants d’outils et de méthodes plus efficaces, cette coopération vise également à offrir aux élèves de meilleures perspectives d’apprentissage et à renforcer leurs compétences linguistiques.

    Selon l’ambassade, une solide maîtrise de l’anglais constitue un levier pour accéder à davantage d’opportunités académiques et professionnelles. Elle favorise aussi l’intégration dans l’économie mondiale, stimule les échanges commerciaux et renforce les liens entre le Togo et les États-Unis.

    Cette formation illustre ainsi l’engagement américain en faveur du développement des compétences éducatives et du renforcement de la coopération bilatérale dans le domaine de l’éducation.

  • Mort confirmée d’Ayatollah Ali Khamenei, figure centrale de l’Iran

    Mort confirmée d’Ayatollah Ali Khamenei, figure centrale de l’Iran

    Dans un tournant historique, la République islamique d’Iran a confirmé la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, son guide suprême depuis 1989, à l’âge de 86 ans, suite à une offensive militaire conjointe des États-Unis et d’Israël contre des installations iraniennes.

    L’annonce a été faite par les médias d’État iraniens dans la nuit de samedi à dimanche, qui ont qualifié sa disparition de « martyrdom ».

    Sous son autorité, Khamenei a joué un rôle clé dans l’orientation politique, militaire et religieuse du pays pendant plus de 36 ans, consolidant le pouvoir théocratique après la révolution islamique de 1979 et réprimant systématiquement toute opposition interne.

    Le gouvernement iranien a déclaré 40 jours de deuil national et une semaine de jours fériés, même si les circonstances exactes de sa mort restent encore partiellement floues. Les autorités avaient d’abord assuré que Khamenei et d’autres hauts dirigeants étaient en vie et en sécurité, avant d’annoncer officiellement son décès.

    Contexte et conséquences politiques

    Une figure dominante du régime : Khamenei a transformé la République islamique en un système fortement centralisé où le Guide suprême exerce la plus haute autorité sur l’armée, la politique étrangère, le judiciaire et les Gardiens de la révolution.

    Conflits internationaux : Sa politique a été marquée par une hostilité durable envers les États-Unis et Israël, intensifiant le rôle de l’Iran dans les conflits régionaux par le soutien à des groupes alliés comme le Hezbollah ou les milices irakiennes.

    Crise interne : Avant sa mort, l’Iran était déjà secoué par de grandes manifestations contre la vie chère et la répression politique, parfois violentes, ce qui a fragilisé le régime.

    Un vide de pouvoir et une période d’incertitude

    La disparition de Khamenei crée un vide politique important. L’Assemblée des experts, l’organe religieux chargé de choisir son successeur, doit désormais se réunir pour désigner un nouveau guide suprême, un processus qui pourrait déclencher des luttes de pouvoir internes entre les factions conservatrices et militaires du système iranien.

  • Trafic de voitures de luxe : Lomé, nouveau front du FBI

    Trafic de voitures de luxe : Lomé, nouveau front du FBI

    Dans une opération conjointe dévoilée le 18 février 2026 par l’ambassade des États-Unis au Togo, plusieurs véhicules de prestige volés aux États-Unis ont été retrouvés à Lomé, saisis avec la coopération des forces de sécurité togolaises et du Federal Bureau of Investigation (FBI). Parmi les modèles identifiés figuraient une Ferrari Portofino, une Cadillac Escalade et une Jeep Wrangler, estimées à plusieurs centaines de milliers de dollars au total.

    Ces saisies ne sont pas des incidents isolés mais s’inscrivent dans une dynamique criminelle internationale bien établie. Des enquêtes d’organismes comme INTERPOL et des douanes américaines ont révélé que des réseaux sophistiqués organisent le vol, la falsification de documents et l’exportation de véhicules de luxe volés vers l’Afrique de l’Ouest. Les ports d’Afrique de l’Ouest — y compris Lomé au Togo, Cotonou au Bénin et Tema au Ghana — sont régulièrement identifiés comme des plaques tournantes de ce trafic transfrontalier.

    Les failles

    Les structures criminelles à l’origine de ces vols profitent de plusieurs vulnérabilités majeures. Premièrement, la fraude documentaire est omniprésente : des plaques d’immatriculation falsifiées et des numéros de série manipulés rendent ces véhicules presque indétectables pour les inspecteurs non spécialisés. Deuxièmement, le transport illégal via des conteneurs maritimes complique le suivi.

    Les voleurs utilisent des itinéraires bavés entre plusieurs ports pour brouiller les pistes et fragmenter la traçabilité. Enfin, l’absence d’une coordination efficace entre les bases de données nationales et internationales facilite l’évasion des biens volés jusqu’à ce qu’une coopération transnationale — comme celle entre le FBI et les autorités togolaises — intervienne.

    Conséquences

    Pour les victimes américaines, la remise des véhicules signifie une victoire symbolique mais aussi un rappel brutal des dangers liés à un marché globalisé sans contrôle suffisant. Au plan économique, ce type de trafic alimente un marché noir transcontinental évalué à des millions de dollars, enrichissant des réseaux criminels organisés qui exploitent la demande internationale pour des voitures de luxe. Les pertes comprennent non seulement la valeur des véhicules, mais aussi les coûts associés aux enquêtes et à la prévention.

    Sur le plan juridique, ces affaires intensifient le besoin d’une coopération renforcée entre les États. La saisie à Lomé souligne l’importance des partenariats entre agences locales et internationales, mais elle met également en lumière l’ampleur des efforts encore nécessaires pour démanteler des réseaux transnationaux qui exploitent chaque maillon faible du système de sécurité global.

  • Le Ghana expulse vers le Togo au moins six ouest-africains, initialement expulsés par les États-Unis

    Le Ghana expulse vers le Togo au moins six ouest-africains, initialement expulsés par les États-Unis

    Ces demandeurs d’asile expulsés début septembre des États-Unis, à cause de la politique anti-immigration de Donald Trump, avaient déposé plainte contre le Ghana, estimant que leur procédure d’expulsion est illégale.

    Des États-Unis au Ghana puis du Ghana au Togo, en l’espace de trois semaines. Le Ghana a expulsé vers le Togo au moins six Ouest-Africains, initialement expulsés par les États-Unis, ont indiqué à l’Agence France-Presse leurs avocats.

    Onze personnes expulsées par les États-Unis et détenues au Ghana avaient saisi la justice et attaquait le gouvernement ghanéen pour leur placement en détention sans procès ni accusation, et empêcher un renvoi dans leur pays d’origine. Ces personnes, dont 4 sont issues du Nigeria, trois du Togo, deux du Mali, une du Liberia et une autre de la Gambie, ont été expulsées au Ghana au début du mois de septembre. 

    Expulsés avant la fin de l’examen de leur dossier au Ghana

    “Toutes ces personnes demandaient l’asile aux États-Unis, et elles ont clairement indiqué qu’elles étaient confrontées à des persécutions – que ce soit pour des raisons religieuses, politiques, et même en raison de leur orientation sexuelle“, avait déclaré Maître Olivier Barker-Vormawor à l’AFP la semaine dernière. 

    Mardi, à l’audience devant un juge de la Division des droits de l’homme de la Haute cour du Ghana, l’avocat a indiqué qu’elles avaient été “expulsées” sans attendre la fin de l’examen du dossier.

    Le Ghana a signé un accord avec Washington pour accueillir des Africains de l’Ouest expulsés des États-Unis. Une décision qui suscite de nombreuses réactions à Accra.

    L’une des 11 personnes a été remise en liberté et rendue à l’un de ses proches dans le pays, tandis que six autres ont été envoyés au Togo, a-t-il précisé à l’AFP et les derniers ont vraisemblablement été “aussi expédiés au Togo, mais nous n’avons pas eu entrer en contact” avec eux, a-t-il déclaré.

    Le sort de ces personnes, qui demandaient l’asile aux États-Unis, reste entouré de secret, y compris le moment exact de leur arrivée au Ghana ou leur lieu de détention. Et ce malgré l’effort des avocats, défenseurs de droits humains et journalistes pour suivre le rythme rapide des expulsions pratiquées par l’administration Trump et leur acceptation par des pays tiers dans le monde.

    D’autres expulsions sont en cours

    L’expulsion de personnes vers des pays tiers – dans lesquelles elles n’ont souvent jamais vécu – est une des mesures phares de Donald Trump depuis son retour à la Maison blanche en janvier, notamment en envoyant des centaines de personnes dans une prison tristement célèbre au Salvador, ou encore au Panama et au Soudan du Sud. 

    Les expulsions vers le Ghana auraient commencé au début de septembre et d’autres sont en cours, bien qu’Accra ait gardé de nombreux détails secrets. Le 11 septembre, le président ghanéen John Mahama avait annoncé que son pays acceptait sur demande de Washington d’accueillir des ressortissants originaires d’Afrique de l’Ouest expulsés des États-Unis.

    Un accord conclu dans un contexte de tensions avec les États-Unis, l’administration Trump ayant augmenté les droits de douane sur les produits ghanéens et restreint le nombre de visas.

    Après l’arrivée au Ghana d’un premier groupe de 14 expulsés, les autorités avaient d’abord déclaré qu’ils seraient autorisés à rester temporairement dans le pays, conformément aux règles régionales de voyage sans visa, ou à retourner chez eux. L’annonce avait déclenché un tollé, l’opposition affirmant que l’accord avait été conclu à l’insu du Parlement.

    Pour ajouter à la confusion, les autorités avaient déclaré que ces 14 personnes avaient regagné leur domicile. Or, seuls trois étaient retournés dans leur pays d’origine contre 11 restés au Ghana, a indiqué Olivier Barker-Vormawor.

    Quarante autres personnes expulsées par les États-Unis sont attendues dans les prochains jours, a annoncé jeudi dernier le ministre des Affaires étrangères ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa. Il a affirmé que la décision du Ghana d’accepter ces personnes expulsées se fondait sur des considérations humanitaires et ne constituait pas une “approbation” de la politique d’immigration des États-Unis.

    Soudan du sud, Eswatini, Rwanda, Ouganda… Depuis mai dernier, cinq nations africaines ont conclu des accords avec Washington pour recevoir des migrants.

    Source: https://information.tv5monde.com

  • Retour sur la suspension de l’aide des États-Unis à l’Afrique du Sud

    Retour sur la suspension de l’aide des États-Unis à l’Afrique du Sud

    Donald Trump, pour sanctionner une loi sur l’expropriation de certains propriétaires afrikaners, suspend l’aide des États-Unis à l’Afrique du Sud. À la surprise générale, toute la classe politique du pays, y compris l’Alliance démocratique, opposée à ladite loi, se mobilise derrière Cyril Ramaphosa, en dénonçant une désinformation propre à entacher l’image de leur pays. Comment expliquer le contraste avec la RDC, où les principales formations de l’opposition accablaient, cette semaine, Félix Tshisekedi pour sa gestion de la guerre dans l’est du pays ?

    Au nom du danger qui guette leur patrie, les opposants congolais auraient pu, en effet, épauler leur président. La conscience qu’ils ont de leurs responsabilités vis-à-vis de la nation est peut-être ce qui distingue la classe politique d’Afrique du Sud des politiciens de nombreux autres pays, où beaucoup ramènent tout à leurs rancœurs personnelles, à leurs intérêts immédiats. En RDC, certains ne conçoivent l’opposition entre adversaires politiques qu’en animosité incurable. En Afrique du Sud, pour préserver l’essentiel, ils savent taire, à l’occasion, leurs dissensions. Même du temps de l’Apartheid, tous les Blancs n’étaient pas des partisans bornés du racisme d’État. D’ailleurs, les extrémistes Afrikaners ont décliné l’offre d’asile de l’Américain, un président rétif aux étrangers envahissant son pays, et d’une si soudaine hospitalité ! Sa logique est indéchiffrable. Ou trop explicite…

    Qu’y a-t-il de trop explicite, dans cette offre ?

    À quoi, à qui la fait-il ? À leur condition de persécutés ? Ou à leur couleur de peau ? En Afrique du Sud, la dimension raciale de la question de la terre est telle que l’on a dû constitutionnaliser la nécessité d’un rééquilibrage décent. 72% des terres agricoles appartiennent à 8% de Sud-Africains blancs. Certains en possèdent tellement qu’ils en laissent en jachère, ou en garanties bancaires. Trente ans après la fin de l’Apartheid, le statu quo était intenable. Les expropriations qui transforment Donald Trump en défenseur des droits de l’homme ne visaient qu’à leur reprendre les terres non exploitées. Sauf que le président des Etats-Unis, tel le promoteur immobilier qu’il ne peut s’empêcher d’être, salive devant chaque hectare, alors que l’on attend du leader du monde libre, d’oublier celui où prévalaient les méthodes d’antan des milieux d’affaires new-yorkais, avec les Bernard Madoff et autres personnages convaincus que l’essentiel est de prospérer, à la manière d’un Charles Ponzi, escroquant de nouveaux clients pour rémunérer les précédents. La question de la terre en Afrique du Sud est bien trop sensible pour accepter que Trump s’en mêle.

    Pourquoi donc est-elle si sensible, si délicate, cette question ?

    Sans doute parce qu’elle renvoie sans cesse au piège infernal de la responsabilité initiale : qui donc, le premier, a exproprié qui ? Nelson Mandela, magnifié, notamment en Occident, pour son leadership tolérant, a laissé beaucoup d’amertume chez les siens, pour n’avoir pas osé restituer leurs terres aux communautés noires, à la fin de l’apartheid. Même Robert Mugabe a dû s’y prendre par étapes, avant de confisquer leurs terres aux Blancs du Zimbabwe, au début des années 2000. Durant les quatorze semaines passées, en 1979, à négocier l’indépendance du Zimbabwe à Lancaster House, la délégation du Front patriotique, qu’il conduisait avec Joshua Nkomo, a maintes fois menacé de se retirer, si elle ne pouvait, en même temps que l’indépendance, restituer au peuple les terres accaparées du temps colonial. Pour sauver les négociations, le gouvernement Thatcher, au Royaume-Uni, et l’administration Carter, aux États-Unis, leur proposèrent d’accepter l’indépendance, avec la promesse de leur octroyer, dans cinq ans, les fonds pour racheter leurs terres aux propriétaires blancs. À l’échéance, Ronald Reagan, président des États-Unis, prétextera de l’orientation marxiste du régime zimbabwéen pour refuser d’honorer la promesse. Dans l’impossibilité d’honorer la principale promesse de l’indépendance, Mugabe revient régulièrement à la charge. En vain. Aussi, choisit-il, vingt ans après l’indépendance, de recourir aux grands moyens, avec quelques maladresses. Des manifestants expulsent les Blancs et occupent les propriétés. Pointant Mugabe du doigt, Tony Blair invitera alors le monde à contempler ce qu’est un dictateur sans pitié. Sans doute l’était-il. Mais était-ce vraiment là, la question ? Une belle diversion !

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 15 février 2025 sur RFI

  • Une trêve de bienséance en politique aux États-Unis

    Une trêve de bienséance en politique aux États-Unis

    Il souffle sur Washington DC une légère brise de tolérance. Sans doute l’esprit de Jimmy Carter et Gerald Ford, ces rivaux devenus amis. La coexistence est toujours plus simple, lorsque les adversaires politiques s’accordent sur quelques valeurs communes. Mais, ici, l’harmonie ne durera que le temps que voudront certains.

    À la cérémonie couronnant, ce jeudi, les obsèques de l’ancien président Jimmy Carter à la cathédrale nationale, à Washington, il régnait une harmonie, qui tranche avec les tensions politiques de ces dernières années dans la capitale fédérale. D’où vient donc l’impression que ce seul événement pourrait réconcilier la classe politique américaine ?

    Cette harmonie est à l’image de la vie politique de Jimmy Carter, tout en bienveillance, loin de ce détestable mélange d’intolérance et de vulgarité qui semblait être devenu la norme, ces derniers temps, à Washington DC. La décence, la dignité, la bonté, le souci des autres et de l’intérêt général propres à l’ancien président comptent aussi dans la place que fait l’Histoire à chaque homme d’État. Que démocrates et républicains s’accordent à lui reconnaître ces qualités à Carter prouve que dans l’esprit de tous, elles constituent des valeurs que tous attendent des leaders politiques. Jimmy Carter était comme sous-coté. C’est à sa mort que tous semblent découvrir qui il était vraiment, alors que beaucoup se fondaient sur son échec à se faire réélire pour conclure qu’il n’avait pas été un grand président. Lui-même n’était pas assez narcissique pour vanter ce qu’il a réussi, en un seul mandat.

    Qu’a-t-il donc réussi, que l’on ne savait pas ?

    D’abord, Jimmy Carter, premier président élu après la démission de Richard Nixon, avait ramené un peu d’intégrité à la Maison Blanche, après les années Watergate. Il osait des décisions courageuses, en associant, dans un esprit bipartisan, l’opposition républicaine à l’adoption de ses textes. Il mettait l’accent sur les droits civiques, aux États-Unis, et sur les droits de l’homme, à l’étranger. Il a fait libérer des centaines de prisonniers politiques en Amérique latine, piloté les Accords de Camp David, initié la création de l’US Holocaust Memorial Museum… C’est aussi lui qui a créé le Département de l’Education ; accru les financements en faveur des étudiants les moins bien lotis ; créé la FEMA, l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence, en première ligne dans les ouragans, feux de forêts et autres catastrophes naturelles.

    Jimmy Carter a promu des femmes dans d’importants départements ministériels : Commerce, Éducation, Habitat, Développement urbain, et ce que l’on appelle aujourd’hui Éducation Santé et Bien-être… 39e président des États-Unis, il a, en un seul mandat, promu cinq fois plus de femmes et de personnes de couleur dans divers postes de responsabilité que n’en ont promu ses trente-huit prédécesseurs réunis.

    Jimmy Carter a, le premier, installé des panneaux solaires sur le toit de la Maison Blanche ; fait passer des lois sur l’économie d’énergie, la dérégulation des prix du pétrole, et beaucoup investi dans les énergies renouvelables, comme alternative aux énergies fossiles, sans sacrifier l’indépendance énergétique des Etats-Unis. Grâce à son audace, la consommation d’énergie des Etats-Unis baissera de 10% entre 1979 et 1983. Pour affronter les défis importants, il savait se libérer des calculs politiciens.

    Pourquoi, alors, n’a-t-il pas été réélu ?

    La prise en otages, à Téhéran, de cinquante-deux diplomates américains par des étudiants se réclamant de l’ayatollah Khomeini lui a été d’autant plus fatal qu’il s’est refusé à risquer la vie des otages dans une opération militaire. Pour l’opinion, sa prudence était un signe de faiblesse. Bien que battu, Jimmy Carter a continué à travailler à leur libération, finalement intervenue le dernier jour de sa présidence. Il a préféré perdre l’élection, plutôt que de risquer la vie d’un seul otage. Ainsi était l’homme. Après son départ du pouvoir, il a œuvré, tous azimuts, à la salubrité démocratique et aidé, partout, les démunis. Pour cela, il inspire un respect qui lui survivra, à jamais. Il inspirait aussi le respect à ses adversaires politiques. Tel le républicain Gerald Ford, qu’il a battu… en 1976, et qui lui a rendu le plus bel éloge. Sauf que le président Ford est décédé depuis 2006. C’est son fils qui a lu l’éloge. Mais ces deux rivaux-amis s’estimaient, au point de rédiger l’éloge funèbre, l’un de l’autre. D’où l’harmonie, ce jeudi, à la cathédrale nationale, et qui règne naturellement partout où des adversaires politiques partagent les mêmes valeurs, et qui durera le temps que voudront certains…

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 11 janvier 2024

  • Trump: le triomphe du populisme

    Trump: le triomphe du populisme

    Les américains l’ont voulu. Ils l’ont fait. Donald Trump est à nouveau président. Je les envie en fait. Pourquoi ? Ils ont mis à la tête de leur pays celui qu’ils ont voulu. C’est la démocratie, elle est simple et commode.

    Au-delà, je considère que les américains ont une fois encore cédé aux lueurs du populisme. Aux mirages, doit-on dire.

    Pour moi en effet, Trump a la manie des positions politiques va-t-en-guerre. Sur différents sujets, Trump prend des positions qui émeuvent les américains. Déçus par la gouvernance Biden, mysogines ou gynesceptiques, ils ont pris le parti du populisme de Trump, sans se soucier de la pertinence ou de l’opérationnalité des positions de leur champion.

    Je considère en vérité que, au-delà de la liberté des américains de croire ou non aux propositions de Trump, certaines, sino’ toutes, de ces positions sont impertinentes. Démagogiques. Elles relèvent de l’arnaque politique et morale. N’est-ce pas que la fin justifie les moyens ? Que tout flatteur vit aux dépens de ceux qui l’écoutent ? C’est aussi vrai que qui vivra verra.

    Bonne chance aux américains.

    Kodjo Avuletey

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    10Félix Nahm et 9 autres personnes

  • Présomption d’incompétence…

    Présomption d’incompétence…

    Alors que tant d’hommes moyens, médiocres et parfois quelconques s’accrochent au pouvoir dans de nombreuses nations, la capacité des femmes à bien gouverner est toujours mis en doute, y compris dans certaines grandes démocraties…

    Dans l’évocation, ici, de l’élection présidentielle américaine, le candidat républicain Donald Trump est omniprésent, alors que sa challenger démocrate, Kamala Harris, peut bien l’emporter. Mieux, elle entrerait dans l’Histoire, en devenant, ainsi, la première femme présidente des États-Unis. Si nous parlions un peu d’elle ?

    Cette négligence relève des pièges qui guettent constamment le journaliste, enclin à accorder plus de place à ceux qui ne se tiennent pas comme il faut, contrairement aux plus sérieux. Il en est ainsi des États, des gouvernements, comme des dirigeants. Les cancres ont décidément le don de monopoliser l’attention, au détriment des meilleurs, qui mériteraient parfois d’être davantage mis en valeur, ne serait-ce que pour servir d’exemples, sinon de modèles à tous.

    Si elle l’emportait, Kamala Harris deviendrait non seulement la première femme à occuper le Bureau ovale, mais aussi la première femme noire et la première femme d’ascendance asiatique. Puisque sa mère Shyamala Gopalan était Indienne, et que son père Donald Harris était un Noir de Jamaïque. Elle assume d’autant plus librement ses racines africaines que même sa mère indienne a élevé Kamala et sa sœur Maya dans cet esprit.

    Shyamala et Donald étudiaient dans une des plus prestigieuses universités des États-Unis, à Berkeley, mais c’est dans les cercles artistiques et intellectuels noirs où se pensait la lutte pour les droits civiques qu’ils se sont connus. Comme au célèbre Rainbow Sign, où Kamala Harris, comme d’autres enfants d’activistes, croisait alors une multitude de célébrités : l’écrivain James Baldwin ; l’immense pianiste, compositrice et chanteuse Nina Simone ; la compositrice Odetta ; ou encore Shirley Chisholm, première femme candidate dans des primaires démocrates. 

    Trump a dit qu’il ne savait pas trop si elle était noire ou indienne

    Avec un père économiste, qui enseignait à Stanford, et une mère médecin, biologiste, oncologue, qui a enseigné entre Berkeley et McGill, au Canada, Kamala Harris aurait pu étudier dans n’importe quelle bonne université. Mais, à 18 ans, c’est à Howard, une des plus célèbres universités noires des États-Unis qu’elle a choisi d’entrer. Choix politique, identitaire, sans ambiguïté. Et il faut les avoir rencontrés, pour comprendre à quel point les étudiants de Howard étaient fiers de fréquenter cette université, qui a formé, entre autres, Toni Morrison, prix Nobel de littérature 1993, ou l’historien guinéen Djibril Tamsir Niane.

    Chez Kamala Harris, l’indianité s’imbrique avec les vibrations africaines. D’ailleurs, son grand-père maternel, P.V. Gopalan, acteur de la lutte pour l’indépendance de l’Inde, a également servi et vécu en Afrique. Cela notamment à Lusaka, capitale de la Rhodésie du Nord, l’actuelle Zambie, où il coordonnait l’aide aux réfugiés fuyant la guerre de libération en Rhodésie du Sud, le Zimbabwe. Kamala avait à peine 6 ans, lorsque son grand-père indien est devenu conseiller de Kenneth Kaunda, le charismatique premier président de la Zambie. Noire, Indienne, il suffit de scruter ses pas de danse pour comprendre qu’elle ne se contentait pas de clamer : « I’m Black and Proud ! ». Elle vibrait. 

    Pourtant, certains Noirs hésitent à voter pour elle

    Kamala Harris n’est pas dans une stérile complainte identitaire. Elle se bat ! Ainsi, lorsqu’elle découvre que 92 % des victimes d’homicides n’avaient pas fait des études secondaires, elle ne se contente pas, comme tant d’autres, d’appeler à traîner en justice une police raciste : elle conçoit une politique dissuasive contre l’absentéisme scolaire chronique, pour obliger les parents à veiller à l’assiduité de leur progéniture. « Afin, disait-elle, que les jeunes gens comprennent qu’ils peuvent faire autre chose dans la vie que devenir des criminels ». 

    À une petite écolière qui lui demandait quel conseil il donnerait à une jeune dame qui voudrait devenir présidente des États-Unis, Gerald Ford, successeur d’un Richard Nixon emporté par le scandale du Watergate, avait répondu qu’il fallait, d’abord, qu’un président, homme, la choisisse comme vice-présidente. Et que le président en question décède en cours de mandat, pour que celle-ci lui succède. Que de sincérité !

    Mais le plus triste est que notre humanité continue de soumettre les femmes à une sourde présomption d’incompétence. Alors que tant d’hommes moyens, médiocres et parfois quelconques, parviennent au pouvoir et s’y accrochent, sans jamais répondre aux attentes de leurs peuples. C’est ainsi que tous feignent, par exemple, d’ignorer qu’au cours des deux dernières décennies, un des rares dirigeants convaincants et compétents, à l’échelle planétaire, reste, définitivement, Angela Merkel : une femme !

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 26 octobre 2024

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