Étiquette : Tradition

  • Tradition dans l’air du temps : faut-il réformer le rite initiatique au Togo ?

    Tradition dans l’air du temps : faut-il réformer le rite initiatique au Togo ?

    Le débat sur la place actuelle de la tradition dans les sociétés africaines n’est pas nouveau. Il a d’ailleurs resurgi en ces temps fiévreux du « panafricanisme ». Dans les discussions formelles et informelles deux camps s’affrontent souvent : conservateurs et réformateurs encore appelés progressistes. Le Togo n’échappe pas aux forums de discussions sur les réseaux sociaux où récemment la problématique d’adaptation des rites traditionnelles à la modernité a suscité des approches de réformes de la cérémonie Adifo.

    Aperçu

    Les échanges ont porté sur Adifo. C’est une institution séculaire par laquelle les jeunes filles sont éduquées dans le but de devenir de bonnes épouses, de bonnes mères ou des prêtresses. Elle est un rite éducatif qui se déroule dans un couvent à travers lequel la société contrôle l’éducation des jeunes filles et les prépare à l’exercice de leurs futurs rôles sociaux féminins. Cette tradition se pratique dans une aire géographique du sud du Togo, Adangbé.

    Anani Akakpo-Ahianyo, ancien enseignant chercheur à l’Université de Lomé a consacré une étude à cette dans tradition. Dans son ouvrage intitulé « Histoire des Adangbé », il renseigne que ces jeunes filles apprennent la poterie et la vannerie, l’économie domestique, la morale sociale et la morale religieuse.

    « L’initiation des « Adifosi » constitue pour la jeune fille Adangbé, la porte d’entrée dans une nouvelle société, celle des adeptes d’ « Adifo ». C’est l’appartenance à une nouvelle classe sociale. Et l’initiée est intégrée dans son humanité sociale. Elle est donc née à nouveau parce qu’ayant changé de statut et familiarisée avec les normes qui cimentent la société adulte et devient par conséquent un exemple de moralité. Cette initiation est scellée par la scarification, une marque indélébile que portent les initiées », précise l’universitaire.

    L’universitaire, de son côté, va au-delà d’une simple scarification. « La triple scarification consacre cette métamorphose, elle authentifie ce nouveau statut supérieur. Elle est un signe social d’appartenance à une classe d’âge supérieure et une expression pertinente du passage de la vie biologique à la mort, et de la mort à la renaissance sociale. Cette mutilation inventée par les ancêtres symbolise les transmutations invisibles afin de souligner à quel point l’« Adifosi» répond au modèle archétypal de la société, puisque le paraître exprime l’être », explique-t-il.

    Tout le rite, poursuit le chercheur, « est jalonné de prières à Mawu (Ndrl Dieu Tout-Puissant), à « Adifo » et aux ancêtres souvent invoqués sous forme litanique ». « Certaines attitudes des « Adifosi » reflètent leur désir de communion avec le Tout-Puissant par le truchement d’« Adifo » l’onction fréquente durant la claustration, le port de colliers faits d’intestins prélevés sur les chèvres rituelles, les offrandes alimentaires et financières à « Adifo » et la consommation des mêmes mets que ce dernier », fait savoir Anani Akakpo-Ahianyo.

    Réformes

    Dans l’air du temps actuel que le continent africain traverse, il est observé la résurgence des traditions africaines. Ce renouveau culturel et cultuel porté par la ferveur d’un certain panafricanisme avec l’arrivée des putschistes aux pouvoirs dans certains pays ravive des positions voire des tensions. Comme cela a été le cas quelques jours sur une plateforme WhatsApp au Togo.

    Les chantres du soudain regain de fascination pour les cultures africaines font des émules. Ces derniers n’hésitent pas à inviter à un certain passé « glorieux » des cultes ancestraux. « Ces gardiens du temple » recouvrent du poil de la bête par le vent « panafricain ». Cependant, leurs chevauchées subites rencontrent ceux qu’ils qualifient à tort ou à raison de mécréants. Ces derniers, des progressistes n’hésitent pas à faire savoir leur position. Dans la discussion sur le réseau social cité plus haut, ils proposent des réformes dans la pratique du rite initiatique Adifo.

    « Je n’ai rien contre un quelconque rite initiatique. Je déplore le fait de forcer un enfant par à entrer dans un couvent pendant que ses camarades sont à l’école ou sont en apprentissage », dénonce Adjo Djokidou, une revendeuse, elle-même Adifosi. Aujourd’hui, propose l’Adifosi, « on doit trouver une formule qui ne prive pas certains de leur droit élémentaire c’est-à-dire, la scolarisation ». « Notre époque est révolue », rappelle celle qui est passée par le couvent.

    Lui nous allons l’appeler Roger. Il a préféré garder l’anonymat et renchérit. « On ne peut plus priver un jeune aujourd’hui de l’école parce qu’il doit entrer dans un couvent ou suivre une cérémonie initiatique », dit-il catégorique. « La logique voudrait qu’on la fasse pendant les vacances où le concerné a le temps tant est qu’il le veuille », suggère-t-il.

    Certains de ceux qui appellent à la réforme de la tradition pointent du doigt le rapt subi par des enfants au nom de la tradition. Selon eux, des adolescentes sont parfois retirées par force à leurs parents pour suivre l’initiation. Elles paient ainsi le prix des vœux que leurs familles ont fait préalablement avant leur naissance, d’après toujours les détracteurs des conservateurs.

    En toile de fond du débat sur le poids de la tradition, son adaptation sur les réalités actuelles. Yao Ameyitovi, un guide spirituel basé à Lomé, la capitale togolaise, semble couper la poire en deux. « Dans les traditions, il y a des choses qui doivent rester en l’état. D’autres doivent évoluer », tranche -t-il.

    Pour lui, beaucoup de traditionnalistes aujourd’hui ont compris qu’il est plus que nécessaire de déroger sur certaines règles. Le shaman déplore toutefois que certains rechignent à suivre la nouvelle dynamique qui consiste à ne plus perdre du temps à quelque dans un couvent. « Ce qui peut se faire en trois mois voire une année, pourrait l’être de nos jours en une journée, une semaine tout au plus », préconise Yao Ameyitovi.

    Kossivi AMETOWOGBLONA

  • Ensemble culturel les griots noirs du Togo rehausse l’éclat du lancement d’Ayizan 2024

    Ensemble culturel les griots noirs du Togo rehausse l’éclat du lancement d’Ayizan 2024

    La cérémonie du lancement de la fête traditionnelle Ayizan s’est déroulée ce mercredi 31 juillet à Kovié, situé à une quarantaine de kilomètres de Lomé, la capitale. Ensemble culturel les griots noirs du Togo, conduit par Mario Attidokpo, son président, a animé la soirée à travers les contes et devinettes autour du feu.

  • Togbui Dagban-Ayivon: ” on ne doit pas étaler la dot sur TikTok”

    Togbui Dagban-Ayivon: ” on ne doit pas étaler la dot sur TikTok”

    La dot fait l’objet aujourd’hui de publicité, de publications sur les réseaux sociaux. Tel ne doit pas être le cas selon Togbui Dagban-Ayivon dans cet élément en vidéo.

  • Togbui Dagban-Ayivon: “Les interdits que nous observons sont dictés par les divinités”

    Togbui Dagban-Ayivon: “Les interdits que nous observons sont dictés par les divinités”

    Dans cet entretien, Togbui Dagban-Ayivon, le chef du territoire d’Adakpamé, est revenu sur le sens des interdits chez les peuples africains. Il en explique leur portée…

  • 5e édition des cérémonies de libation Djibôn-Dounonon Sikodè : Promesse de retour à la source

    5e édition des cérémonies de libation Djibôn-Dounonon Sikodè : Promesse de retour à la source

    La cinquième édition des cérémonies traditionnelles de libation collective internationale dénommées Djibôn-Dounonon Sikodè organisées par la Présidente, la Fondatrice de l’Association La Foi Africaine, la Vénérée Mère, Anyonmissi Houinssi Adolé Goeh-Akué a tenu toutes ses promesses le 02 juin dernier à Kpéssi Amédji dans la Commune des Lacs 3 (préfecture des Lacs).

    Ils étaient des centaines de personnes venues de divers horizons parmi lesquelles des Martiniquais, des Guadeloupéens, des Béninois,  des Ghanéens, des Nigérians et des Nigériens, des Maliens  des Burkinabès etc des officiels du Togo , le Préfet des Lacs, Norbert Datè Bénissan, le Directeur de cabinet du ministre de la Culture et du Tourisme ,Kpaye Kofffi Batayota , le Chef canton d’Agbodrafo, Togbé Mensah Assiakoley ,le Régent du trône royal du peuple Guin, Mathias Asafo-Atsè Foli-Bébé, Chef traditionnel du village de Zowla, Togbé Hanvi-Kpli , des représentants des trônes royaux de Lolan et de Nléssi à Aného, des Chefs traditionnels venus un peu de partout, les Professeurs d’Université, des prêtres et prêtresses traditionnels, des délégations venus du nord-Togo, des associations membres de l’Association mère La Foi Africaine ainsi que plusieurs invités.

    Pour cette cinquième (5e)édition des cérémonies de libation Djibôn-Dounonon Sikodè, l’évènement a connu une particularité par sa grandeur et le déroulé des rites traditionnels marqués aussi par la prestation des groupes folkloriques du sud et du nord-Togo.

    Malgré la forte précipitation qui s’est abattue sur la région maritime le dimanche 02 juin dernier dans la matinée, on note une mobilisation sans précédent non seulement dans l’organisation de cette édition de 2024 mais aussi la dimension spirituelle de grandeur nature dans laquelle les rites tradition de libation ont été observés.

    Il y a lieu de relever que tout a commencé avec la prière traditionnelle de circonstance sous la houlette de la Vénérée Mère Anyonmissi Houinssi Adolé Goeh-Akué après l’installation des officiels et les participants. Ainsi les étapes successives des cérémonies ont été respectées sous le regard des initiés en la pratique de la tradition africaine au premier desquels la Vénérée Mère Anyonmissi Houinssi Adolé Goeh-Akué, Togbé Edoh Maxime et les siens sous le regard indifférent des sommités et des praticiens du culte vodou devenu aujourd’hui la religion.

    Au demeurant des prières rituelles des différentes délégations dont notamment de la Martinique et de la Guadeloupe, les sommités à divers niveaux ont pris la parole pour exprimer leur point de vue sur lesdites cérémonies de libation. C’était le lieu pour le Chef traditionnel, Chef canton d’Agbodrafo, Togbé Mensah Assiakoley d’inviter les Africains à valoriser leur culture, leur tradition. Il a profité de l’occasion pour implorer la bénédiction divine sur la Vénérée Mère qui a pris sur elle d’initier ces cérémonies de libation. « A nos aïeux qui ont ondé le Togo, nous leur disons merci. Nous n’avons pas le droit de les oublier. Nous Africains, nous sommes Togolais, nous avons l’obligation de valoriser la culture de chez nous. La tradition de chez nous. C’est pourquoi nous marquons notre présence ici, une manière pour nous seulement d’être le premier acteur qui encourage à ce que ces rituels traditionnels soient pérennisés et implorer Dieu de donner longue vie à notre sœur qui en a pris l’initiative », a déclaré le Chef canton de la localité où se déroule l’événement.

    Après avoir rendu hommage aux aïeux qui ont fondé le continent africain, le Préfet des Lacs, Norbert Datè Bénissan a rappelé les valeurs de l’Afrique, des êtres africains. Il s’est adressé à la foule : « L’association qui a pris cette initiative s’appelle la Foi Africaine. Est-ce que vous avez la foi africaine ? La foi de nos valeurs ancestrales ? Nous appris chez nos parents que si vous avez cette foi, cette croyance sur nos valeurs traditionnelles, tout est facile. Vous pouvez déplacer les montagnes dans la foi .Mais force est de constater qu’à l’ère de l’arrivée des blancs en Afrique, nous avons tout renversé ».Il déploré par ailleurs que l’Africain a renoncé à sa culture et à sa tradition. « Les noms que nous portons indiquent d’où nous sommes, nos traditions et cultures. S’il en est ainsi nous ne devons pas oublier ni négliger nos sources »,a-t-indique. Il a pour finir prodigué de conseils à l’assistance avant d’émettre les vœux que ces cérémonies de libation perdurent dans le temps même si l’initiatrice n’est plus afin que les Africains prennent conscience de leur source.

    Pour le Directeur de cabinet du ministre de la Culture et du Tourisme, Kpaye Koffi Batayota, aucune nation ne s’est développée avec les traditions étrangères. « Toutes les nations développées et que nous citons aujourd’hui et qui constituent des références pour nous se sont développées à partir de leurs valeurs traditionnelles, à partir de leur spiritualité  », a déclaré le Directeur de cabinet du ministre de la Culture et du Tourisme avant d’ajouter que c’est une grande joie pour eux qui ont la charge de préserver leur culture. Il se réjouit que progressivement ils se retournent vers leurs valeurs, à leur tradition. « Je vous en sûr et c’est ce qui va nous faire développer. Comme vous le savez, parmi les influences extérieures à nos sociétés avec la colonisation, ce qui nous est resté et que nous continuons de pratiquer, c’est la religion. C’est pour cela que nous sommes musulmans, nous sommes chrétiens. Alors qu’on sait qu’on ne peut pas véritablement communier avec nos esprits, avec des religions étrangères, des religions importées »,a martelé le DC, Kpaye Koffi Batayota. « Aujourd’hui nous encourageons la consommation locale. La consommation locale, c’est une consommation spirituelle également. Si nous ne consommons pas spirituellement nos propres valeurs, nous ne pouvons jamais nous développer », a-t-il prévenu. « C’est avec une grande joie que je suis parmi vous ici. Ce que j’ai entendu tout à l’heure dans la prière m’a plus. Parce-que ce nous voulons pour nous, pour nos propres, notre nation ne sont que des vœux positifs. Nous l’avons dit dans nos spiritualités, dans notre langue. Si nous voulons parler avec notre Dieu, c’est dans notre propre langue que ça doit se faire. Donc, c’est une grande joie pour moi par rapport à ce que j’assiste ici ce matin »,a indiqué le représentant du ministre de la Culture et du Tourisme. « Ce que je voudrais aussi nous exhorter à faire, c’est de nous regrouper, de nous organiser pour qu’on reconnaisse véritablement l’importance du culte traditionnel. Je suis gêné quand parfois nous sommes à des cérémonies officielles et qu’on demande de prier, on prie, on convoque les musulmans, on convoque les chrétiens et ça s’arrête là. Et nous nos religions ? Donc nous devons nous organiser pour que lors des cérémonies quand on appelle les musulmans, les chrétiens, qu’on nous appelle aussi nous qui sommes de la tradition », a recommandé vivement Kpaye Koffi Batayota. Il a pour finir témoigner sa reconnaissance à son ministère pour cette exhortation à la spiritualité. « Nous devons faire en sorte que tous les Africains reviennent à leur source .On ne peut pas communier dans d’autres avec des valeurs d’autrui. On doit communier avec nos ancêtres dans notre religion, dans nos pratiques ancestrales. Nous devons tout faire pour soutenir cette initiative, la pérennisée et en cela, je voudrais une fois encore rendre hommage à la Vénérée Mère Anyonmissi Goeh-Akué pour tout ce qu’elle fait pour la renaissance de la spiritualité africaine. Je suis venu prier. Akpé ! », a conclu le Directeur de cabinet du ministre de la Culture et Tourisme.

    La délégation venue de la Martinique aussi a témoigné sa gratitude à la Vénérée Mère Anyonmissi Houinssi Adolé Goeh-Akué pour cette initiative qui désormais amène les Africains à retourner à leur source. Après avoir expliqué le sens de comment pratiquer au quotidien sa spiritualité, la cheffe de la délégation renseigne sur le Djibôn international dans l’hexagone  tous les premiers dimanches du mois de juin. « En étant Manbo, les missions sont multiples. Réhabilité les cultes ancestraux, permettre à la communauté noire dans sa diversité de se redécouvrir, transmettre la richesse de nos sciences à la nouvelle génération, créer un espace de rencontre, organiser des voyages à la découverte du continent tout d’abord au Cameroun à travers ses espaces immenses naturelles en direction de nos frères et sœurs de la diaspora et aussi pour renforcer leur connaissance et leur spiritualité. Vive le Togo ! », a informé la Présidente de leur association avant de parler de vibration de l’influence cosmique de la planète Jupiter qui s’est invitée dans la maison des Gémeaux pour au moins une année en ce premier dimanche du mois de juin. Elle a par ailleurs invoque les météroux, les lois, les bisimbis, les ancêtres, de lumière pour qu’éternellement qu’ils soient dignes de leurs illustres prédécesseurs partout où le peuple noir s’y trouve.« Il est temps que Kama et sa diaspora s’érigent en un magnifique soleil dont le spectre de lumière agirait en temps que cœur conscience. Il est temps que notre Kama et sa diaspora comme un grand bouclier de protection et de prospérité redeviennent un lion multidimensionnel de repos, de paix au centre de l’immatériel pour une meilleure matérialisation des forces créatrices. Il est donc temps que Kama et sa diaspora Kemit ouvrent pour une belle ascension de l’univers … »,a-t-poursuivi. Elle a pour venir, manifesté sa joie d’être au Togo pour participer à ces cérémonies de libation. Elle a imploré les ancêtres et l’esprit de garder la vie à la Vénérée Mère pour la continuité des cette œuvre.  

    La Vénérée Mère Anyonmissi Houinssi Adolé Goeh-Akué , l’initiatrice de ces cérémonies de libation collectives internationales a de son côté prié pour que les ancêtres soient en paix dans l’au-delà, pour que la paix règne dans les pays africains dont notamment son paix le Togo. Elle a invoqué les esprits pour le bonheur, la santé , le bien-être dans les familles des Africains partout dans le monde. Pour elle, il grand temps que l’Africain donne de la valeur à sa tradition et sa culture. Il est temps que l’Africain marche tête haute en s’en donnant aux pratiques spirituelles de chez soit. La spiritualité fait grandir. « Retourner à la source, c’est une valeur de développement », a-t-elle insisté.

    La situation dans laquelle se trouve les natifs d’Agbadrafo où ce peuple est loin de sortir de la misère l’a préoccupé et elle a annoncé qu’un travail spirituel de grandeur nature et de purification devrait être fait dans les jours avenir afin de permettre à cette communauté LA d’émerger au Togo tout comme les autres peuples de ce pays.

    L’étape des rituels des offrandes aux esprits dans le Lac-Togo a été la phase décisive de ces cérémonies après la prière individuelle des participants.

    Le pic-nique dans une ambiance de gaieté et d’allégresse générale a marqué la fin de cette cinquième (5e) édition des cérémonies traditionnelles de libation collective internationale dénommées Djibôn-Dounonon Sikodè à Kpéssi Amédji sur une note de satisfaction de tous. Rendez-vous est donc pour la sixième (6e) édition en juin 2025.

    Justin ANANI

  • Togo-5è acte des cérémonies de libation Djibôn-Dounonon Sikodè : L’association La Foi Africaine promeut la tradition

    Togo-5è acte des cérémonies de libation Djibôn-Dounonon Sikodè : L’association La Foi Africaine promeut la tradition

    Djibôn-Dounonon Sikodè, les cérémonies traditionnelles de libation collective internationale qui regroupent les Africains croyants à la tradition se déroule pour le compte de la cinquième (05e) de cette année 2024 le dimanche 02 juin prochain à Kpéssi Amédji dans la préfecture des Lacs. Cette initiative de  la Fondatrice et Présidente de l’Association La Foi Africaine, Vénérée mère Adolé Anyonmissi Houinssi Goeh-Akué basée au Togo suit son bon nombre de chemin.

    « Osons la tradition », c’est le thème de la 5e édition de la libation collective internationale, Djibôn-Dounonon Sikodè qu’organise encore une fois par l’Association La Foi Africaine le dimanche 02 juin 2024 à Kpéssi Amédji dans le canton d’Agbodrafo, Commune des Lacs 3.

    Cet évènement culturel et traditionnel a vu le jour il y a cinq (05) ans grâce à la Présidente de l’Association La Foi Africaine, Vénérée mère Adolé Anyonmissi Houinssi Goeh-Akué qui fait la promotion de la culture et la tradition africaine. Ces valeurs sont pour elle incontournables pour les être de la peau noire, les Africain.

    Ces cérémonies de libation collectives internationales se déroulent au Togo au bord du Lacs-Togo à Kpéssi Amédji où des centaines de personnes sont attendues. Parmi elles, les autorités politiques, administratives, traditionnelles et coutumières, les prêtres et prêtresses vodous, les adeptes, les groupes organisés et folkloriques ainsi que plusieurs invités.

    Ces cérémonies de libation marquent l’occasion pour les participants d’invoquer leurs aïeux Africains à pardonner leurs parents et à leur pardonner pour leurs péchés. Occasion aussi pour eux de se souvenir de ces aïeux et au même moment de se rappeler de leur source d’origine.

    La Vénérée mère Adolé Anyonmissi Houinssi Goeh-Akué, la Fondatrice et Présidente de l’Association La Foi Africaine après avoir salué les autorités politiques et administratives, religieuses et traditionnelles et tous les Togolais, elle a situé l’événement dans son conteste et l’objectif qu’il vise. Elle considère tous les Togolais et Africains comme ses frères et sœurs de même père , de même famille quel que soit leur obédience religieuse. « Le pourquoi nous sommes du même père trouve son sens que l’être humain qui a donné naissance avant que le choix religieux est fait. L’esprit vodou ne reproduit pas. C’est l’être humain qui reproduit avant que l’être qui a vu le jour ne soit par après adepte vodou », a-t-elle souligné. « Avant qu’un Togolais ne fasse le choix d’être chrétien ou musulman, il a passé par le vendre d’une femme avant d’être sur terre. Et nous disons que c’est dans la marmite noire qu’à sortie la bouillie blanche. S’il en est ainsi alors nous devons nous aimer. Nous devons mettre devant tout intérêt la fraternité car personne ne sait laquelle des religions que nous pratiquons est la vraie. Personne ne sait celle qui conduirait à la vie éternel comme certains le soutient. On parle du paradis, personne ne le sait », a indiqué la Fondatrice-Présidente de l’Association La Foi Africaine. Elle ajoute que seulement dans leur religion traditionnelle africaine la droiture, la vérité conduit à une vie meilleure sur terre avant d’aller au-delà.

    Pour elle, ces cérémonies de libation Djibôn-Dounonon Sikodè sont basées sur la foi africaine, la croyance des valeurs ancestrales d’Afrique. Et quant on parle de la foi ou la croyance, elle  n’est pas que seulement de la religion chrétienne. La foi est de la religion chrétienne et sur la base des écritures bibliques que les blancs nous ont apportées et imposées. Mais si on fouille, dans toute chose, il y a la foi, la croyance. Si la foi, la croyance entre deux êtres humains règnent, à en croire la Vénérée mère, Anyonmissi Houinssi, il y a la compréhension. « Ce qu’on appelle la foi, la croyance, nos aïeux la connaissent depuis la nuit des temps. Ils analysaient tout ce qui se passe dans l’univers et ils se posaient des questions auxquelles ils trouvaient des réponses. Ils ont compris depuis qu’il y a une force qui domine les autres forces spirituelles d’où ils déduisent que « Ema Ewu »,  « Mawu » qui signifie Dieu le Tout puissant. Ils ont cru et ils commencent par l’invoquer à travers le feu, le vent, l’eau et par divers objets. A travers tous objets dont Dieu est invoqué, les aïeux Africains trouvent de solution positivement parce qu’ils ont cru et ils savent bien qu’il y a une force qui est au-dessus de tout », a martelé la Vénérée mère Adolé Aynonmissi Houinssi . « C’est pourquoi nous disons que les Africains croient en leur Dieu depuis. C’est pourquoi nous avons la foi ».

    Ces cérémonies de libation qui va se dérouler le dimanche 02 juin prochain au bord du Lac-Togo à Kpéssi  Amédji a une portée traditionnelle et culturelle. Il est événement qui rappelle la mémoire des aïeux Africains qui ne sont plus de ce monde. Les invoqués pour les organisateurs de ces cérémonies de libation, c’est pour leur demander la clémence pour la paix pour eux dans l’au-delà et par conséquent demander aussi la paix dans le monde des vivants.

    L’eau étant le soubassement de l’humanité entière, l’homme est fabriqué par l’eau, nous sommes constitués de l’eau. L’eau est indispensable pour la vie, les organisateurs trouvent que lorsqu’on envoie l’eau comme messager, le destinateur le reçoit sans ambages. C’est pourquoi l’Association La Foi Africaine par la voix de sa Fondatrice-Présidente la Vénérée mère Adolé Aynonmissi Houinssi a pris sur elle d’initier ce moment de rencontre dont la 5e édition cette année 2024 pour manifester la foi africaine sous le signe de « oser la tradition ». Occasion pour eux d’invoquer leurs aïeux Africains qu’ils ne connaissent même pas pour leur demander la clémence au regard des fautes commises par leurs parents ou par eux-mêmes.

    Dans cette dimension, il urge de reconnaitre que l’union fait la force. Par ce principe, l’Association La Foi Africaine juge que c’est seulement ensemble que ces cérémonies traditionnelles de libation collective internationale Djibôn-Dounonon Sikodè doivent être célébrées  afin que leur cris de demande de clémence soient attendus par leurs aïeux Africains qui connaissent Dieu avant l’arrivée des Européens et des Arabes sur le continent noir.

    Notons que cet événement a démarré il ya cinq (05) à Dévégo dans la Commune du Golfe 6 dans la préfecture du Golfe. Il s’est transporté après la première édition à Kpéssi Amédji au bord du Lacs-Togo suite à la consultation des oracles qui recommandent que ce lieu de Kpéssi Amédji soit le milieu où devrait se célébrer dorénavant lesdites cérémonies de libation.

    Signalons que ces cérémonies de libation débutent simultanément partout dans le monde où les Africains se reconnaissent dans leur tradition à partir de 09 heures. Elles se poursuivront et prendront fin avec un grand pic-pic entre tous les participants suivant le programme de l’Association La Foi Africaine. Des Echanges et causeries ne manqueront pas non plus pour cette édition de 2024 au Togo.

    Justin A.

Radio Renouveau228

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