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  • ONU : le spectaculaire virage de Diomaye Faye en faveur de Macky Sall, entre calcul politique et recomposition du pouvoir

    ONU : le spectaculaire virage de Diomaye Faye en faveur de Macky Sall, entre calcul politique et recomposition du pouvoir

    En apportant son soutien officiel à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, Bassirou Diomaye Faye signe un revirement politique majeur qui alimente les spéculations sur une recomposition des rapports de force au sommet de l’État sénégalais.

    Le Sénégal a officiellement décidé de soutenir la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’annonce, faite à travers un communiqué du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, marque un tournant politique majeur dans les relations entre l’actuel chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et son prédécesseur.

    Selon le communiqué, Bassirou Diomaye Faye a reçu Macky Sall le 17 juillet au Palais de la République. Au terme de cette rencontre, le président sénégalais a décidé d’apporter le « plein soutien » de l’État à la candidature de son prédécesseur à la tête des Nations unies. Il a également demandé au gouvernement et à tout le réseau diplomatique sénégalais de se mobiliser pour défendre cette candidature auprès des États membres de l’ONU.

    Cette décision surprend d’autant plus qu’elle intervient après une campagne électorale et un début de mandat marqués par de vives critiques du nouveau pouvoir contre la gouvernance de Macky Sall. Le communiqué insiste toutefois sur « l’attachement du chef de l’État au dialogue, à la continuité de l’État et au rassemblement autour des intérêts supérieurs de la Nation ».

    Au-delà de la dimension diplomatique, ce revirement nourrit déjà les analyses politiques à Dakar. Plusieurs observateurs estiment que Bassirou Diomaye Faye chercherait, à travers ce geste d’ouverture, à bénéficier du soutien politique, institutionnel et des réseaux de l’ancien président Macky Sall ainsi que de ses proches. Une telle stratégie pourrait lui permettre de consolider sa propre position face à l’influence grandissante de son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, aujourd’hui Président de l’Assemblée nationale, dont le poids politique continue d’alimenter les spéculations sur l’avenir du pouvoir.

    Dans cette lecture, le soutien à Macky Sall dépasserait le simple cadre diplomatique. Il constituerait également un signal d’ouverture envers une partie de l’ancien appareil d’État, susceptible de jouer un rôle dans les futurs équilibres politiques. Certains analystes y voient ainsi les premiers jalons d’une stratégie visant à préparer, à plus long terme, la prochaine élection présidentielle.

    À ce stade, ces interprétations relèvent toutefois de l’analyse politique et n’ont pas été confirmées par les autorités sénégalaises, qui présentent cette décision comme un choix guidé par l’intérêt supérieur du Sénégal et le rayonnement de l’Afrique sur la scène internationale.

  • Sénégal : Ousmane Sonko défend le pouvoir et balaie les rumeurs de crise

    Sénégal : Ousmane Sonko défend le pouvoir et balaie les rumeurs de crise

    Face aux rumeurs de tensions au sommet de l’État, Ousmane Sonko a profité de son interview accordée à France 24 et RFI pour défendre le bilan des autorités, réaffirmer la cohésion du pouvoir et tracer les grandes orientations du Sénégal de demain.

    Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a choisi les antennes de France 24 et RFI pour livrer une longue mise au point sur la situation politique du Sénégal, ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye et les défis économiques qui attendent le pays. Un exercice médiatique très attendu, dans un contexte marqué par des interrogations sur la cohésion au sommet de l’État sénégalais.

    Dès les premières minutes, Ousmane Sonko a cherché à éteindre les spéculations sur une prétendue crise institutionnelle. « Il n’y a pas de crise au Sénégal », a-t-il affirmé, rejetant les analyses qui évoquent des tensions irréconciliables entre les différentes composantes du pouvoir.

    Face aux interrogations sur ses rapports avec le chef de l’État, l’ancien Premier ministre a reconnu l’existence de divergences, tout en rappelant que celles-ci n’étaient pas synonymes de rupture. Sonko a défendu la nécessité d’un débat permanent au sein des institutions afin de préserver les engagements pris devant les Sénégalais.

    L’autre point majeur de l’entretien a concerné la situation économique du pays. Le dirigeant du Pastef a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes engagées et de clarifier la question de la dette publique, alors même qu’une mission du Fonds monétaire international doit reprendre ses discussions avec Dakar. Les échanges porteront notamment sur « les perspectives macroéconomiques, les besoins de financement du Sénégal et ses priorités en matière de réformes », selon le FMI.

    Ousmane Sonko a également réaffirmé sa volonté de rester fidèle au programme politique qui a conduit son camp à la victoire en 2024. Il a notamment défendu la poursuite des renégociations des contrats stratégiques, la lutte contre la corruption et une meilleure gouvernance des finances publiques. Ces priorités figuraient déjà parmi les exigences récemment formulées par le Pastef : « la fidélité au programme ayant conduit à la victoire de 2024 », « la clarification de la gestion de la dette souveraine » et « la lutte contre la corruption ».

    En choisissant France 24 et RFI, deux médias à forte audience internationale, Sonko a aussi voulu envoyer un message au-delà des frontières sénégalaises : celui d’un Sénégal qui entend défendre sa souveraineté sans s’isoler du reste du monde.

    Cette intervention apparaît finalement comme une opération de clarification politique. Plus qu’une simple interview, elle constitue un exercice de repositionnement destiné à rassurer les partenaires internationaux, à remobiliser sa base militante et à réaffirmer que le projet porté par le duo Diomaye-Sonko demeure, malgré les turbulences, la boussole du pouvoir sénégalais.

  • Un siècle nommé Wade

    Un siècle nommé Wade

    À 100 ans ce 28 mai 2026, Abdoulaye Wade demeure l’une des figures politiques les plus marquantes du Sénégal et de l’Afrique, symbole d’alternance démocratique et de longévité politique.

    Le Sénégal célèbre ce 28 mai 2026 les 100 ans de l’ancien président Abdoulaye Wade, figure majeure de la vie politique africaine et artisan de la première alternance démocratique au Sénégal en 2000. À travers Dakar et plusieurs capitales africaines, hommages, témoignages et messages de reconnaissance affluent pour saluer le parcours d’un homme qui a marqué durablement l’histoire contemporaine du continent.

    Né le 28 mai 1926 à Kébémer, Abdoulaye Wade s’est imposé pendant plusieurs décennies comme l’un des opposants les plus emblématiques d’Afrique francophone. Juriste de formation, il fonde en 1974 le Parti démocratique sénégalais (PDS), à une époque où le multipartisme restait limité dans plusieurs pays africains. Pendant plus de vingt-cinq ans, il mène un combat politique acharné face au Parti socialiste alors au pouvoir.

    Son accession à la présidence en mars 2000 constitue un tournant historique pour le Sénégal. En battant le président sortant Abdou Diouf au second tour, Wade incarne l’espoir du changement et consolide l’image démocratique du pays. Son slogan « Sopi », signifiant changement en wolof, devient alors le symbole d’une nouvelle ère politique.

    Durant ses douze années au pouvoir, Abdoulaye Wade lance plusieurs grands chantiers d’infrastructures, parmi lesquels l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, le Monument de la Renaissance africaine ou encore de nouvelles universités. Son mandat est toutefois marqué par des critiques liées à la gouvernance et à sa volonté controversée de briguer un troisième mandat en 2012.

    Malgré son retrait du pouvoir après sa défaite face à Macky Sall, Wade demeure une personnalité influente et respectée dans le paysage politique sénégalais et africain. À 100 ans, « le Pape du Sopi » continue de symboliser la longévité politique, la résilience et l’attachement au débat démocratique.

  • Au Sénégal, Sonko écarté du gouvernement

    Au Sénégal, Sonko écarté du gouvernement

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement mis fin aux fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko et de l’ensemble de son gouvernement, par décret publié vendredi 22 mai au soir. Cette décision marque l’aboutissement de plusieurs mois de tensions au sommet de l’État entre le chef de l’exécutif et son ancien mentor.

    Dans une déclaration lue à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, le président a précisé : « Les membres du gouvernement sortant sont chargés d’expédier les affaires courantes ». Ce geste met un terme à la collaboration, souvent tumultueuse, entre Bassirou Diomaye Faye et le charismatique leader politique.

    Ousmane Sonko, quant à lui, a réagi immédiatement sur les réseaux sociaux, affirmant : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », son quartier dakarois. Des vidéos partagées en ligne montraient par ailleurs des partisans de l’ex-Premier ministre affluer vers son domicile pour manifester leur soutien.

    Figure emblématique de la jeunesse sénégalaise, Ousmane Sonko s’était imposé comme un acteur politique incontournable, notamment à l’approche de la présidentielle de 2024. Farouche opposant à l’ancien président Macky Sall (2012-2024), il avait été empêché de se présenter à l’élection présidentielle suite à une condamnation pour diffamation, déclenchant une vague de manifestations populaires contre la possibilité d’un troisième mandat de Sall. À cette occasion, il avait soutenu Bassirou Diomaye Faye pour lui succéder.

    Depuis l’élection de ce dernier, les relations entre le président et son Premier ministre ont été marquées par des divergences croissantes, rendant leur collaboration de plus en plus fragile. Le décret de vendredi consacre désormais la rupture officielle, laissant la scène politique sénégalaise dans l’attente des prochains développements.

  • CAF : le forfait du Sénégal fragilisé par un démenti explosif

    CAF : le forfait du Sénégal fragilisé par un démenti explosif

    La polémique autour du forfait infligé au Sénégal par la Confédération africaine de football prend une nouvelle tournure. Un avocat djiboutien, présenté comme membre de la commission d’appel de l’instance, a formellement démenti toute participation à la séance ayant conduit à cette décision controversée. Une déclaration qui jette un sérieux doute sur la régularité de la procédure.

    Un démenti qui trouble la version officielle

    Au cœur de la controverse, un nom : celui de Mohamed Robleh Djama, avocat djiboutien cité parmi les membres de la commission d’appel. Dans plusieurs médias africains, l’intéressé affirme n’avoir « jamais participé » à la réunion ayant statué sur le dossier sénégalais. Plus encore, il assure ne pas avoir été impliqué, ni même convoqué, pour cette séance décisive.

    Ce démenti est appuyé par la Fédération djiboutienne de football, qui confirme que son représentant n’a pas pris part aux travaux incriminés. Une prise de position qui vient fragiliser la crédibilité de la décision rendue par la commission d’appel de la Confédération africaine de football.

    Une décision déjà contestée

    Le forfait du Sénégal, prononcé plusieurs semaines après une victoire sur le terrain face au Maroc, avait déjà suscité une vague d’indignation dans le monde du football africain. Supporters, observateurs et responsables sportifs avaient dénoncé une décision tardive et difficilement compréhensible.

    Avec ce nouveau rebondissement, la controverse prend une dimension juridique. Si la composition de la commission ou la tenue de la séance est remise en cause, c’est l’ensemble du processus décisionnel qui pourrait être invalidé.

    Le spectre d’un vice de procédure

    En droit sportif, la régularité des procédures est fondamentale. Toute décision prise par une instance dont la composition est contestable ou irrégulière peut être annulée. Le fait qu’un membre officiellement listé nie sa participation soulève donc une question majeure : la commission d’appel était-elle valablement constituée ?

    Ce point pourrait constituer un argument de poids pour les avocats du Sénégal s’ils décident de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport. Une juridiction souvent saisie dans ce type de litiges et particulièrement attentive au respect des règles procédurales.

    Une affaire qui ternit encore l’image de la CAF

    Déjà critiquée ces dernières années pour plusieurs décisions controversées, la Confédération africaine de football voit son image de nouveau écornée. Ce nouvel épisode alimente les doutes sur la transparence et la rigueur de ses instances juridictionnelles.

    Pour de nombreux observateurs, cette affaire dépasse désormais le simple cadre sportif. Elle pose la question de la gouvernance du football africain et de la crédibilité de ses organes disciplinaires.

    Vers un nouveau rebondissement ?

    À ce stade, la CAF ne s’est pas officiellement exprimée sur ce démenti. Mais la pression médiatique et juridique pourrait rapidement l’obliger à clarifier la situation.

    En attendant, une chose est sûre : loin d’être clos, le dossier du forfait du Sénégal pourrait connaître un nouveau tournant. Et cette fois, ce ne sont plus seulement les résultats sur le terrain qui sont en jeu, mais la légitimité même de la décision.

  • CAN 2025 : le titre du Sénégal en sursis

    CAN 2025 : le titre du Sénégal en sursis

    Le Sénégal pensait avoir écrit une nouvelle page dorée de son histoire en remportant la Coupe d’Afrique des nations 2025 sur le terrain face au Maroc. Pourtant, près de deux mois après cette victoire, tout a basculé. Dans un communiqué officiel publié mardi soir, la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de retirer le titre aux Lions de la Teranga.

    En cause : une infraction aux articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Selon le Jury d’appel, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse sans autorisation de l’arbitre lors de la finale disputée le 18 janvier. Une entorse aux règles jugée suffisamment grave pour entraîner un forfait. Résultat : une défaite sur tapis vert (3-0) et un trophée attribué au Maroc.

    Une décision lourde de conséquences, qui a immédiatement suscité incompréhension et polémique dans le monde du football africain.

    Une décision juridiquement contestée

    Sur le papier, la sanction paraît claire. Mais dans les faits, elle soulève de nombreuses interrogations. Car le Sénégal avait bel et bien remporté le match, reçu le trophée et vu la victoire validée officiellement à l’issue de la rencontre. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard, à la suite d’un appel, que la CAF a changé de position.

    Ce revirement tardif fragilise la cohérence de la procédure. Entre validation initiale, célébrations officielles et décision inversée, la chronologie des événements devient un élément central du débat juridique. Peut-on réellement revenir sur un résultat déjà homologué et entériné ?

    Pour les avocats sénégalais, la réponse pourrait être non. Ils pourraient invoquer un vice de procédure, estimant qu’une finale validée et suivie d’une remise officielle du trophée ne peut être annulée sans circonstances exceptionnelles.

    L’interprétation des faits au cœur du litige

    Au-delà de la procédure, le fond du dossier repose sur un point clé : la nature exacte de l’incident survenu pendant le match. Les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse, certes, mais ils sont ensuite revenus pour terminer la rencontre. L’arbitre, de son côté, n’a jamais interrompu définitivement le match.

    Dès lors, peut-on parler d’abandon ? C’est toute la question. Le règlement prévoit un forfait en cas de refus de jouer ou de sortie définitive du terrain sans autorisation. Mais si cette sortie est temporaire, dans un contexte de contestation, la qualification juridique devient beaucoup plus floue.

    Cette nuance pourrait peser lourd dans la balance, car c’est précisément cette notion d’abandon qui déclenche automatiquement la sanction du forfait.

    Le recours ultime devant le TAS

    Face à cette situation, le Sénégal n’a désormais plus qu’une seule option : saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Cette instance, basée en Suisse, constitue la plus haute juridiction du sport mondial.

    Contrairement aux organes internes de la CAF, le TAS a le pouvoir de réexaminer l’ensemble du dossier, tant sur le fond que sur la forme. Il peut confirmer la décision, l’annuler ou ordonner un nouveau jugement.

    Un précédent reste dans toutes les mémoires : l’affaire Espérance de Tunis – Wydad Casablanca en 2019, où les décisions contradictoires de la CAF avaient été finalement invalidées par le TAS pour des raisons procédurales. De quoi nourrir l’espoir côté sénégalais.

    Une bataille juridique incertaine

    Pour autant, rien n’est joué. La CAF s’appuiera sur une lecture stricte de son règlement : quitter le terrain sans autorisation constitue une infraction, et cette infraction entraîne automatiquement le forfait.

    Le Sénégal, de son côté, misera sur trois axes principaux : la temporalité des décisions, la cohérence de la procédure et la proportionnalité de la sanction. Il insistera également sur le fait que le match est allé à son terme.

    En toile de fond, une question essentielle demeure : peut-on modifier le résultat d’un match après coup, une fois celui-ci validé et célébré ?

    La réponse du TAS sera déterminante. Elle pourrait soit rétablir le Sénégal dans ses droits, soit entériner définitivement une décision qui, déjà, laisse des traces profondes dans l’image du football africain.

  • CAN 2025 : la décision de la CAF enflamme le continent

    CAN 2025 : la décision de la CAF enflamme le continent

    La décision du Jury d’appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) de déclarer le Sénégal forfait lors de la finale de la CAN 2025 face au Maroc continue de susciter une vive controverse à travers le continent. À travers un communiqué officiel publié le 17 mars 2026, la Fédération Sénégalaise de Football a exprimé son indignation face à une décision jugée « inique, sans précédent et inacceptable ».

    Au cœur de cette affaire, le Jury d’appel de la CAF a estimé que le comportement de l’équipe sénégalaise relevait des articles 82 et 84 du règlement de la compétition. En conséquence, l’instance a infligé une défaite sur tapis vert (3-0) en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football. Une décision qui annule celle précédemment rendue en première instance par le Jury disciplinaire.

    Dans son communiqué, la FSF dénonce une procédure entachée d’irrégularités, notamment le non-respect du droit d’être entendu lors de la première phase. Si cette irrégularité a justifié l’annulation initiale, la conclusion finale du Jury d’appel n’en demeure pas moins contestée par les autorités du football sénégalais. Celles-ci annoncent d’ores et déjà leur intention de porter l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne.

    Mais au-delà du différend juridique, c’est l’impact de cette décision qui inquiète. Sur les réseaux sociaux comme dans les milieux sportifs, la réaction est immédiate : incompréhension, colère et soupçons de manque de transparence. Plusieurs observateurs dénoncent une gestion opaque des dossiers disciplinaires par la CAF, déjà fragilisée ces dernières années par une succession de polémiques liées à la gouvernance, à l’arbitrage et à l’organisation de ses compétitions.

    Ce nouvel épisode risque ainsi de ternir davantage l’image de l’institution panafricaine, à un moment où elle tente de renforcer sa crédibilité sur la scène internationale. Pour de nombreux analystes, la multiplication de décisions controversées alimente un climat de défiance croissante envers les instances dirigeantes du football africain.

    En attendant une éventuelle décision du TAS, le feuilleton est loin d’être terminé. Une chose est sûre : cette affaire dépasse le simple cadre sportif et pose une nouvelle fois la question de la transparence et de l’équité dans la gestion du football africain.

  • Ousmane Sonko charge le FMI: une sortie au vitriol

    Ousmane Sonko charge le FMI: une sortie au vitriol

    Le ton était ferme, les mots soigneusement choisis mais sans détour. Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, s’en est frontalement pris au Fonds monétaire international (FMI), lors d’une récente intervention publique qui fait grand bruit à Dakar comme dans les cercles financiers internationaux.

    Dans un contexte de tensions budgétaires et de renégociations de programmes économiques, le chef du gouvernement, au cours d’une séance très suivie à l’Assemblée nationale, a dénoncé ce qu’il considère comme une “tutelle déguisée” sur les politiques publiques africaines.

    Une critique frontale des conditionnalités

    Au cœur de son réquisitoire : les conditionnalités imposées par le FMI aux États en difficulté. Ousmane Sonko a fustigé des exigences qu’il juge “déconnectées des réalités sociales”, notamment en matière de réduction des subventions, de maîtrise de la masse salariale et de réformes fiscales rapides.

    Selon lui, ces mesures, souvent présentées comme des remèdes techniques, ont des conséquences sociales lourdes : hausse du coût de la vie, tensions sociales accrues et fragilisation des services publics. “On ne peut pas exiger des sacrifices permanents des populations tout en prétendant soutenir le développement”, a-t-il martelé, appelant à une refonte des mécanismes d’intervention du FMI en Afrique.

    Souveraineté économique en ligne de mire

    Cette sortie s’inscrit dans une ligne politique assumée : la reconquête de la souveraineté économique. Ousmane Sonko défend depuis plusieurs années l’idée d’un modèle de développement plus autonome, moins dépendant des bailleurs internationaux.

    Face au FMI, il a rappelé que le Sénégal entendait désormais négocier “d’égal à égal”, en mettant en avant ses priorités nationales. Il a notamment insisté sur la nécessité de préserver les dépenses sociales et les investissements structurants, même en période d’ajustement budgétaire.

    Pour le Premier ministre, l’Afrique doit sortir d’une logique d’assistance pour entrer dans une dynamique de partenariat. Il a ainsi appelé à repenser les règles du jeu financier international, estimant que les institutions de Bretton Woods n’ont pas suffisamment évolué pour prendre en compte les spécificités des économies africaines.

    Un discours qui résonne au-delà du Sénégal

    La charge d’Ousmane Sonko dépasse le cadre strictement sénégalais. Dans plusieurs pays du continent, les programmes du FMI sont régulièrement critiqués pour leurs impacts sociaux. Sa prise de position trouve donc un écho particulier auprès d’une jeunesse africaine en quête de dignité économique et de justice sociale.

    Toutefois, cette posture n’est pas sans risques. Le Sénégal reste engagé dans des discussions financières cruciales, et la stabilité macroéconomique demeure un enjeu central. Les partenaires techniques et financiers observent attentivement l’évolution des relations entre Dakar et le FMI.

    Entre rupture et réalisme

    Si le ton est offensif, la stratégie reste à préciser. S’agit-il d’un repositionnement rhétorique pour peser davantage dans les négociations ? Ou d’un véritable tournant dans les relations avec le FMI ?

    Une chose est certaine : en “dézinguant” publiquement le Fonds monétaire international, Ousmane Sonko a envoyé un signal fort. Celui d’un pouvoir qui entend rompre avec certaines pratiques du passé et redéfinir les termes de la coopération financière. Reste à savoir si cette posture débouchera sur une nouvelle doctrine économique ou sur un bras de fer aux conséquences imprévisibles.

  • Moody’s abaisse la note du Sénégal à B3 avec perspectives négatives

    Moody’s abaisse la note du Sénégal à B3 avec perspectives négatives

    Après les révélations de la Cour des comptes du Sénégal sur l’état des finances publiques, l’agence américaine Moody’s fait passer le pays de B1 à B3.

    Moody’s dégrade la note du Sénégal suite aux révélations de la Cour des comptes. En effet,  la juridiction financière a annoncé, le 13 février dernier, qu’en 2023 la dette publique du pays est égale à 100% du Produit intérieur brut (PIB) ; le déficit budgétaire, lui, occupe 12,3%. Alors que la précédente administration chiffré la dette à 65,6%.

    Moody’s s’empare du sujet. : « La dégradation du Sénégal est due aux nouvelles données de la Cour des comptes révélant une situation budgétaire beaucoup plus fragile », souligne l’agence américaine de notation dans un communiqué. Elle va plus loin en dégradant le pays de B1 à B3 avec des perspectives négatives.

    Ousmane Sonko, le Premier ministre, peu après la publication du rapport de la Cour des comptes, a, devant les députés, déployé des « manquements graves » avec la menace que leurs auteurs seront poursuivis par la justice.

  • Sénégal: une victoire source d’angoisses

    À moins de transformer rapidement le Sénégal en un paradis terrestre, les leaders actuels de ce pays pourraient, passé la lune de miel, voir surgir une génération spontanée d’opposants virulents au Pastef, propres à leur donner des insomnies, comme eux, naguère, en donnaient à Macky Sall.

    Avec l’écrasante victoire du Pastef aux législatives, le duo Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko va pouvoir déployer son programme au service du peuple sénégalais. Que laisse donc présager, pour la démocratie sénégalaise, cette victoire à laquelle beaucoup s’attendaient certes, mais pas avec une telle ampleur ?

    Ce triomphe marque, en tout cas, une très grande confiance des Sénégalais en ce duo aux commandes de leur pays. La victoire, dès le premier tour, de Bassirou Diomaye Faye à la présidentielle de mars dernier, avec plus de 54 % des voix, pouvait être perçue comme la volonté d’en finir avec le président sortant et le successeur qu’il s’était choisi. Avec l’écrasante majorité du Pastef aux législatives, le doute n’est plus permis : le peuple sénégalais désire ardemment confier son destin à cette équipe nouvelle. Contrairement à ce que l’on observe dans de plus en plus de démocraties, les électeurs ne se sont pas, ici, servi de leur bulletin de vote comme d’un lance-pierre pour régler des comptes ou se venger. Ils ont choisi un président, en mars, et plébiscité, en novembre, un Premier ministre. L’on ne peut donc se méprendre sur leur volonté de confier leur destin à ces deux hommes, qui vont devoir mériter cette confiance, par des résultats palpables.

    C’est maintenant que commence véritablement l’alternance. Sauf que les électeurs de base du Pastef, qui ont, ces dernières années, mené la vie dure à Macky Sall, semblent avoir des besoins d’une relative urgence. Ils ne vont peut-être pas pouvoir patienter longtemps, sous prétexte que le passif hérité du président Macky Sall serait lourd. Cette belle victoire oblige donc le duo aux commandes du Sénégal à des résultats concrets, rapidement.

    Faut-il comprendre qu’ils risquent l’impopularité, tous les deux ?

    Elle les guette, en tout cas. Car, une si écrasante majorité à l’Assemblée nationale peut s’avérer une source d’angoisse, face à des populations qui n’en peuvent plus de patienter et pourraient, assez vite, s’agacer des allusions aux difficultés héritées du prédécesseur, trop souvent servies, pas seulement au Sénégal, comme justification à la lenteur des solutions à leurs propres difficultés.

    N’oublions pas que le Pastef a lui-même prospéré, ces dernières années, sur les insuffisances réelles ou supposées du pouvoir de Macky Sall, face aux revendications et autres frustrations des Sénégalais lassés d’attendre. C’est ainsi que cette formation, arrivée en dernier sur l’échiquier politique, a peu à peu éclipsé ou réduit à leur plus simple expression les prétendants habituels. Il ne peut donc, décemment, appeler aujourd’hui les Sénégalais à se montrer raisonnables, ou à modérer leurs exigences pressantes.

    Évidemment, le duo Faye-Sonko aura un délai de répit. Mais, s’il tardait à agir massivement sur le quotidien du plus grand nombre, des nouvelles oppositions, encore plus impatientes, et des protestataires, encore plus virulents, pourraient émerger pour les gêner.

    Ce n’est tout de même pas une fatalité…

    Non. Mais c’est une constante du jeu démocratique au Sénégal. Chaque pouvoir trouve ou génère, dans son opposition, une frange qui les embarrasse en jouant sur les frustrations. Abdoulaye Wade l’a été pour Abdou Diouf quand celui-ci n’était pas rallié, au gouvernement. Abdoulaye Wade a eu les siens, plutôt des dissidents issus du PDS, son propre parti, tel Idrissa Seck ou Macky Sall, qui lui ont, certes, donné moins d’insomnies que lui n’en a donné à Abdou Diouf. Mais Macky Sall a fini par battre maître Wade. Ousmane Sonko aura été, pour Macky Sall, ce que Wade fut pour Diouf. À moins que le Sénégal ne devienne en quelques années le paradis terrestre dont rêvent certains, il n’est pas exclu, passée la lune de miel, que surgisse une génération spontanée d’opposants virulents au Pastef. Ousmane Sonko pourrait, alors, méditer sur les insomnies qu’il donnait naguère à Macky Sall…

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 23 novembre 2024 sur RFI

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