Étiquette : Présidentielle

  • Gabon: spectaculaire retour en grâce

    Gabon: spectaculaire retour en grâce

    Prendre le pouvoir par les armes n’est pas, en Afrique, un péché fatalement mortel, qui vous envoie brûler en enfer. Vous pouvez même, au terme d’un bref passage au purgatoire, avoir droit à une entrée triomphale dans le club des chefs d’État. C’est juste une question d’habileté.

    Jour de fête, à Libreville ! Le général Brice Oligui Ngema prête serment, ce samedi 3 mai, en présence d’une quinzaine de chefs d’État africains. Ces réjouissances célèbrent à la fois le rétablissement de l’ordre constitutionnel, interrompu par le coup d’État d’août 2023, et le retour du Gabon dans la grande famille continentale. L’Afrique n’a-t-elle pas raison d’y adhérer ?

    Il y a probablement quelque chose à célébrer en dehors des succès personnels du général Brice Oligui Ngema. Avec ses compagnons de putsch, il avait, en 2023, mis le Gabon au ban des nations africaines, qui les sommaient alors de retourner dans les casernes, en rendant le pouvoir aux civils, en rétablissant l’ordre constitutionnel par des élections libres, équitables, crédibles et transparentes. La plupart de ces injonctions se sont vite évaporées. Il n’empêche. Ce sont les mêmes dirigeants africains qui vont le célébrer, ce jour, à Libreville. Avec une telle capacité d’oubli, l’Union africaine serait peut-être plus crédible en admettant, une fois pour toutes, que les coups d’État ne sont qu’un mode d’accession au pouvoir, comme un autre. Le général Oligui Nguema pouvant aussi inspirer d’autres aspirants putschistes…

    En quoi consisterait donc cette inspiration ?

    Vous commencez par prendre le pouvoir par les armes. Puis, une fois aux commandes de l’État (et de ses moyens), vous vous constituez une clientèle politique. Vous vous présentez ensuite devant les électeurs, et voilà votre situation régularisée ! Alors, en costume civil impeccable, vous pourrez écumer les sommets, sans que nul n’ose vous demander comment vous y êtes parvenu. Quant à votre prédécesseur qui s’est débrouillé pour être renversé. Tant pis pour lui ! Il mérite son sort, le vaincu ! Ainsi fonctionne le club des chefs d’État. Peu importe si les coups d’État, comme prône l’Union africaine, compromettent la démocratie, la paix, la sécurité et la stabilité, ainsi que le développement des pays du continent !

    Avec près de 95% des voix, Brice Oligui Nguema ne peut-il pas s’enorgueillir d’être réellement désiré par son peuple ?

    Oui, ce score époustouflant, presque sans fraudes, mériterait même de chaleureuses félicitations ! Les Gabonais l’ont plébiscité. Il saura mériter leur confiance. Sinon, comme tous les peuples, ils accepteront plus facilement de subir sa politique. Bien sûr, la facilité avec laquelle l’électorat se convertit à de nouveaux cultes laisse souvent songeur. Sous tous les cieux, les peuples ont une telle soif de héros que certains finissent par être victimes de leur propre crédulité. Même si on n’en est pas encore là, au Gabon.

    Mais, étant donné que les célébrations ont déjà commencé, pourquoi ne pas se réjouir de ce que, sur cinq nations africaines passées sous la botte de militaires putschistes depuis 2020, une, au moins, aura renoué avec la normalité. Quelle chance ! Car, ailleurs, tel autre putschiste, sans passer par le suffrage universel, s’apprête à s’octroyer une rallonge de cinq années de pouvoir, en plus des quatre déjà passées au palais présidentiel. En attendant d’autres prorogations, si le peuple le désire… Président à vie, putschiste à bail emphytéotique, qui voudrait ne plus être désigné que comme président de la République. Tous les putschistes ne se valent décidément pas !

    Faut-il comprendre que certains putschistes sont dignes d’admiration ?

    Il y en a que l’on admire pour avoir mis fin à un régime insupportable, c’est le cas de Brice Oligui Nguema, tombeur d’Ali Bongo, ou de Zine el-Abidine Ben Ali, qui avait renversé Habib Bourguiba, en Tunisie. Cela ne présume rien de ce que sera, ensuite, leur propre régime. D’ailleurs, Ben Ali lui-même a mal fini. Certains prennent le pouvoir pour nettoyer les écuries et impulser une dynamique politique saine, tel Amadou Toumani Touré qui, parce qu’il a bien conduit sa transition, reviendra par les urnes, dix ans plus tard. Autre cas, emblématique, trop souvent cité ici, faute d’antidote : Jerry Rawlings, au Ghana. En trois mois, il a organisé des élections et rendu le pouvoir au civil élu. Il reviendra cependant quinze mois plus tard, pour finir d’assainir l’économie et initier, en 1992, une démocratie exemplaire. Rien en commun avec les putschistes rêvant d’éternité, qui craignent tant le suffrage universel.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 3 mai 2025 sur RFI

  • Namibie: qui est Netumbo Nandi-Ndaitwah, première femme présidente ?

    Namibie: qui est Netumbo Nandi-Ndaitwah, première femme présidente ?

    Ce mardi 3 décembre, la commission électorale a proclamé Netumbo Nandi-Ndaitwah, 72 ans, vainqueur des élections présidentielle et législatives du 27 novembre dernier. Elle est devenue la première femme présidente de la Namibie.

    Jusque-là vice-présidente de son pays, fille de pasteur, candidate du parti de la Swapo, au pouvoir, Netumbo Nandi-Ndaitwah est la nouvelle présidente de la Namibie. Une première dans le pays.

    Celle qui est surnommée « NNN » est une figure de la lutte pour l’indépendance contre la tutelle de l’Afrique du Sud et son régime d’apartheid. C’est donc une combattante, expérimentée que ses compatriotes ont porté au pouvoir pour les cinq prochaines années.

    Son adversaire, l’opposant Panduleni Itula, 67 ans, refuse de reconnaître les résultats du double scrutin de novembre, promettant à ses militants qu’il va utiliser tous les moyens réguliers pour les contester. « Nous ne pouvons qualifier ces élections de libres, équitables et légitimes », a-t-il déploré peu après la proclamation des résultats de la commission électorale.

  • Trump: le triomphe du populisme

    Trump: le triomphe du populisme

    Les américains l’ont voulu. Ils l’ont fait. Donald Trump est à nouveau président. Je les envie en fait. Pourquoi ? Ils ont mis à la tête de leur pays celui qu’ils ont voulu. C’est la démocratie, elle est simple et commode.

    Au-delà, je considère que les américains ont une fois encore cédé aux lueurs du populisme. Aux mirages, doit-on dire.

    Pour moi en effet, Trump a la manie des positions politiques va-t-en-guerre. Sur différents sujets, Trump prend des positions qui émeuvent les américains. Déçus par la gouvernance Biden, mysogines ou gynesceptiques, ils ont pris le parti du populisme de Trump, sans se soucier de la pertinence ou de l’opérationnalité des positions de leur champion.

    Je considère en vérité que, au-delà de la liberté des américains de croire ou non aux propositions de Trump, certaines, sino’ toutes, de ces positions sont impertinentes. Démagogiques. Elles relèvent de l’arnaque politique et morale. N’est-ce pas que la fin justifie les moyens ? Que tout flatteur vit aux dépens de ceux qui l’écoutent ? C’est aussi vrai que qui vivra verra.

    Bonne chance aux américains.

    Kodjo Avuletey

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    10Félix Nahm et 9 autres personnes

  • Aux Etats, Donald Trump de retour au pouvoir

    Aux Etats, Donald Trump de retour au pouvoir

    Donald Trump, le candidat républicain remporte l’élection présidentielle aux États-Unis face à la démocrate Kamala Harris. Il sera investi le 20 janvier prochain.

    Bien avant la certification des résultats dans chaque Etat, c’est l’ancien président qui l’emporte face à la vice-présidence. Le milliardaire signe ainsi son retour fracassant au pouvoir qu’il a quitté il plus de quatre ans.

    Selon  James Cohen, le chef des démocrates de l’étranger, les Democrats Abroad, « Ça va être désastreux pour la plupart des Américains, pour les femmes, pour les homosexuels, pour les minoritaires ».

    Et d’ajouter : « Ça va être désastreux pour le climat. Ça va être désastreux pour la France, pour l’Europe, pour les relations internationales. Ça va être catastrophique ! L’Amérique a choisi une catastrophe pure et simple ».

    Les partisans et soutiens de Trump, eux, jubilent.

  • États-Unis: des élections à conséquences

    États-Unis: des élections à conséquences

    L’homme qui a aidé à créer le mythe Donald Trump pour la télé-réalité demande pardon aux Américains, « pour avoir aidé à créer un monstre ».

    Le compte à rebours est lancé : le 5 novembre, les Américains se rendront aux urnes, pour élire leur président pour les quatre prochaines années. D’où vient donc cette impression que cette élection aura des conséquences déterminantes sur la paix mondiale ?

    D’ordinaire, l’opinion, sous toutes les latitudes, vit chaque présidentielle aux États-Unis comme si elle était déterminante pour le destin du monde. Et, de fait, elle l’est, puisque le locataire de la Maison Blanche, de par le poids de son pays sur l’échiquier diplomatique international et dans l’économie mondiale passe pour être le leader du monde libre. Avec l’actualité agitée que nous vivons, et toutes ces tensions qui fragilisent les équilibres régionaux, la personnalité du prochain président des États-Unis peut, soit ramener un tout petit peu de sérénité, ou précipiter le monde vers un peu plus d’incertitude. Certains des protagonistes des tensions actuelles ne s’y trompent pas, qui ont leurs préférences, et seraient heureux de voir dans le Bureau ovale Donald Trump ou Kamara Harris, pour leur permettre de persister dans la voie qu’ils ont choisie, ou de refréner quelque peu les ardeurs de leurs adversaires. Deux personnalités en tout points dissemblables, que les sondages peinent à départager. Autant dire que le meilleur reste possible, mais le pire aussi.

    N’a-t-on pas un peu trop tendance à diaboliser Donald Trump ?

    Ses actes et ses propos justifient la perception que l’on peut avoir de lui. Pour le reste, lui-même ne se prive pas de diaboliser tous ceux qui viennent d’ailleurs, ne pensent pas comme lui, ou ont l’outrecuidance de ne pas le soutenir. D’ailleurs, il suffit de survoler la liste de tous ceux qui l’ont soutenu par le passé, ont travaillé avec lui et tout donné pour lui, et qui se retrouvent à le combattre aujourd’hui avec virulence, pour comprendre. Son propre vice-président l’a désavoué, et Dick Cheney, l’ancien vice-président de George W. Bush, connu pour être un républicain pur et dur, s’est rangé derrière la candidate démocrate. Tout comme sa fille Liz Cheney, qui a justifié son rejet de Donald Trump par cette formule assassine : « les Américains veulent un président que leurs enfants peuvent regarder avec fierté ». Ses amis, Trump les embarrasse ou leur fait peur.

    Les défections les plus spectaculaires sont celles de jeunes dames courageuses, qui occupaient des postes en vue à la Maison Blanche sous son administration, et disent aujourd’hui préférer leur patrie à leur parti. Nombre de ceux qui ne le combattent pas craignent sa capacité de nuisance, mais le détestent. Ils réprouvent sa radicalité dans le verbe, ses affirmations définitives parfois à mille lieues de la vérité. Ils le trouvent potentiellement dangereux pour la paix mondiale et pour la paix sociale, tant il a du mal à concevoir les relations humaines et interétatiques autrement que dans des rapports d’allégeance ou d’hostilité. Pour certains, il a pris en otage le Parti républicain d’Abraham Lincoln. Ce parti de valeurs est devenu le parti de Trump, assénant les contre-vérités avec un aplomb déconcertant.

    Il y a pourtant un public qui le suit, des foules…

    Oui ! Au-delà des États-Unis, le danger qui guette notre monde tient au fait que les dirigeants populistes ont du succès. Une partie de l’opinion adhère ou donne l’impression d’adhérer, y compris à leurs mensonges flagrants. Quel que soit le côté inacceptable de ce que disent certains dirigeants politiques, il y a toujours une partie de l’opinion qui les suit et s’abreuve à la fontaine de leurs excès. Comme si le monde avait pris congé des dirigeants d’envergure. Les imposteurs, les démagogues, les populistes ont quartier libre. Les gens qui sont en politique pour servir l’intérêt général sont de moins en moins nombreux. Mais les actes inappropriés, les propos indécents ne restent jamais sans conséquences pour les peuples. La facture des excès et autres guerres inutiles devra être, tôt ou tard, réglée. Ancien directeur du marketing de la chaîne américaine NBC, John Miller, qui a aidé à fabriquer le mythe Donald Trump dans l’émission de télé-réalité « Apprentice », a pris sa plume, ces jours-ci, pour demander pardon aux Américains, « pour avoir aidé à créer, vingt années durant, un monstre », dit-il. En voici la facture…

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 19 octobre 2024

  • Tchad: dans le lac, c’est toujours la même eau qui coule

    Tchad: dans le lac, c’est toujours la même eau qui coule

    Trois ans après le décès tragique du maréchal Idriss Deby Itno, on a voté, et rien n’a changé. À part, peut-être, de la part du pouvoir, un peu plus de… rapidité !

    Avec douze jours d’avance, l’organe en charge des élections a proclamé, ce jeudi 9 mai, Mahamat Idriss Deby Itno vainqueur de la présidentielle, avec 61 % des voix. Une victoire contestée par le Premier ministre Succès Masra, qui la revendique aussi.

    N’est-elle pas surprenante, la tournure que prennent les événements au Tchad ?

    Si seulement il y avait quoi que ce soit de surprenant dans le spectacle qu’offre à nouveau le Tchad ! L’on est, hélas, en droite ligne de ce à quoi le maréchal Deby avait habitué le monde, en trente ans de pouvoir ! À sa mort, en avril 2021, l’on avait, au mépris de la Constitution, fait croire à tous que l’installation de son fils dans le fauteuil présidentiel était le plus sûr moyen de préserver le Tchad d’une déstabilisation extérieure totalement fantasmée. Les Tchadiens ont été bernés avec la promesse que cet héritier imposé n’allait pas s’incruster. Moins d’un mois plus tard, le sang de Tchadiens innocents recommençait à couler, comme du temps de son père, et n’a, depuis, jamais cessé de couler. Comme il coule, depuis cette annonce précipitée d’une victoire à la traçabilité douteuse. Et voilà les Tchadiens sur le point d’embarquer pour un nouveau bail à durée indéterminée avec l’héritier du maréchal défunt.

    Ce n’est pas un sort des plus enviables, pour un peuple, que de voir son destin confisqué, depuis si longtemps, par une même famille, un clan si friand de violence. Pour avancer, les Tchadiens vont devoir s’interroger plus sérieusement sur ce qui les fait trébucher si souvent. Et questionner les complicités et compromissions individuelles qui ont conforté, au fil du temps, un régime qui n’a, à l’évidence, pas su faire leur bonheur.

    Le processus électoral étant encore en cours, n’est-il pas prématuré de conclure que l’élection a été volée ?

    Il est encore trop tôt, en effet, pour porter quelque accusation définitive sur ces résultats réputés provisoires. Mais les morts, eux, sont déjà là ! La violence, aussi. Ce serait pure hypocrisie, que de prétendre n’être pas intrigué par ces résultats tombés du ciel, dans une capitale quadrillée par des soldats surarmés, où beaucoup voulaient sincèrement croire à une élection transparente, enfin. Dans sa déroutante constance, ce pouvoir préfère intimider que séduire. Les blindés sont donc de sortie à Ndjamena. Comme à chaque élection aux résultats douteux. Le pouvoir des Deby semble irrémédiablement prévisible !

    À Ndjamena, on se plaît à rappeler que sept des neuf candidats auraient appelé le président élu pour le féliciter. Peut-être le Premier ministre n’est-il qu’un mauvais perdant ! À moins que certains de ceux qui félicitent avant d’avoir perdu se positionnent pour les places au bord de la « mangeoire ». Après tout, ce type de régime survit et prospère sur les petites lâchetés individuelles. Que faut-il de courage pour distribuer, au cœur des ténèbres, des pourcentages arbitraires, sans attendre la consolidation des résultats ?

    Lorsque, le 24 mars dernier, Amadou Bâ félicitait Bassirou Diomaye Faye, la transparence du processus électoral avait déjà permis aux Sénégalais d’évaluer dans quel sens allait le choix des électeurs. Rien à voir avec une victoire intraçable, imposée par des véhicules blindés.

    Peut-on dire d’un pouvoir si souvent confronté à des rébellions qu’il se nourrit de compromissions ?

    Ce sont, presque toujours, les alliés inconditionnels d’un temps qui, un jour, deviennent des ennemis jurés, et prennent les armes contre le système qu’ils ont servi, de bonne foi ou par calcul. Ils se muent en détracteurs, lorsqu’ils se sentent rejetés, démonétisés. Nul ne s’étonnera d’apprendre, un jour, que celui qui a distribué si généreusement les pourcentages en ce mois de mai 2024 est passé à une des rébellions. Ceux qui ont conforté le père, naguère, et travaillent, aujourd’hui, à asseoir le pouvoir du fils sont tous de potentiels détracteurs.

    Et cela explique largement pourquoi, en trois décennies d’un pouvoir dur et personnel, Idriss Deby Itno n’a jamais su apporter aux Tchadiens l’État de droit, la démocratie ou le début de ce que l’on appelle le développement.

    Jean-Baptiste Placca

Radio Renouveau228

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