Étiquette : Politique

  • Togo : la DMK saisit l’ONU et réclame l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO

    Togo : la DMK saisit l’ONU et réclame l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO

    La Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et plusieurs organisations de la diaspora togolaise ont adressé, le 25 septembre 2026 à New York, un mémorandum au secrétaire général des Nations unies. Elles demandent notamment que l’ONU se saisisse de la situation politique et des conditions carcérales au Togo et réclament l’application de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO.

    Dans un mémorandum daté du 25 septembre 2026 et présenté comme ayant été déposé à l’attention du secrétaire général des Nations unies, la DMK, le « Gouvernement légitime du Togo en exil », la Diaspora togolaise aux USA ainsi que plusieurs mouvements et organisations demandent une implication accrue des institutions internationales dans la situation togolaise.

    Le document, signé depuis New York, entend notamment attirer l’attention du Conseil de sécurité et du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme sur ce que ses auteurs présentent comme des « violations continues » des droits humains et une crise de l’ordre constitutionnel.

    L’arrêt de la CEDEAO au cœur de la démarche

    Le principal argument avancé par les signataires concerne l’arrêt ECW/CCJ/JUD/01/26, rendu le 29 janvier 2026 dans l’affaire opposant la Ligue togolaise des droits de l’homme et d’autres requérants à l’État togolais. La décision est bien répertoriée par les bases de jurisprudence de la Cour de justice de la CEDEAO. Son résumé juridique indique notamment que la juridiction communautaire a considéré qu’une réforme constitutionnelle adoptée par une législature arrivée à expiration constituait une violation de l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

    La DMK donne toutefois à cette décision une portée politique et institutionnelle beaucoup plus large. Dans son mémorandum, elle affirme que l’arrêt aurait établi l’« anticonstitutionnalité absolue » du changement de régime ayant conduit à la « 5e République » et demande aux Nations unies de prendre des mesures afin d’en assurer l’exécution.

    Cette interprétation fait cependant l’objet d’un débat au Togo. Des juristes et organisations de la société civile ont récemment souligné la nécessité de distinguer les motifs et le dispositif de l’arrêt, tandis que d’autres acteurs politiques lui attribuent une portée plus large.

    La DMK, pour sa part, invoque les principes de primauté du droit international et de pacta sunt servanda pour soutenir qu’un État ne peut opposer son droit interne à ses obligations internationales.

    Carburant, conditions de détention et droits humains

    Au-delà de la question constitutionnelle, le mémorandum met fortement l’accent sur la situation socio-économique et les droits humains.

    Les signataires dénoncent notamment la hausse du prix du carburant intervenue en septembre 2026, qu’ils présentent comme un facteur aggravant de la précarité des ménages, particulièrement en période de rentrée scolaire. Ils établissent un lien entre cette situation et le droit à un niveau de vie suffisant consacré par les instruments internationaux relatifs aux droits économiques et sociaux.

    Le document consacre également un important volet à la situation dans les prisons. La DMK affirme, sur la base d’un rapport de monitoring qu’elle dit avoir joint au mémorandum, faire état d’une mortalité carcérale préoccupante à Atakpamé, de problèmes d’accès à l’eau potable à Kara, de détentions prolongées sans jugement et d’une surpopulation dépassant, selon elle, 300 % dans certains établissements pénitentiaires de Mango, Sokodé et Dapaong.

    Ces chiffres et allégations sont présentés par les signataires comme des éléments constitutifs de violations continues des droits fondamentaux. Ils sont toutefois, dans le mémorandum, attribués au rapport de monitoring produit par les organisations elles-mêmes et nécessiteraient une vérification indépendante pour établir leur portée factuelle.

    De l’interpellation de l’ONU à la demande d’une transition

    La démarche ne s’arrête pas à une demande d’examen de la situation togolaise. Les organisations signataires demandent aux Nations unies de prendre plusieurs mesures, dont l’enregistrement officiel d’une « Note de rappel J+40 », la mise en œuvre de mesures destinées à assurer l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et la non-reconnaissance internationale des actes liés à la « 5e République ».

    Elles sollicitent également une coordination entre les Nations unies, l’Union africaine et la CEDEAO en vue, selon leurs propres termes, du déploiement d’une « Transition Souveraine vers SITO », présentée comme devant restaurer « l’ordre constitutionnel légitime ».

    Le mémorandum revendique ainsi une portée à la fois juridique, politique et diplomatique. Il intervient dans un contexte où la réforme constitutionnelle togolaise continue de susciter des interprétations fortement divergentes. L’existence de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO est établie ; son interprétation et surtout ses effets politiques au Togo demeurent, eux, au cœur d’une controverse entre différents acteurs.

    Avec cette saisine depuis New York, la DMK entend désormais déplacer une partie de cette bataille sur le terrain international, en sollicitant directement les Nations unies, le Conseil de sécurité et les mécanismes internationaux de défense des droits humains.

  • Guinée : cinq ans après le putsch, Doumbouya a-t-il trahi la promesse faite aux civils ?

    Guinée : cinq ans après le putsch, Doumbouya a-t-il trahi la promesse faite aux civils ?

    Le 5 septembre 2021, les forces spéciales renversaient Alpha Condé, ouvrant une nouvelle page politique en Guinée. Cinq ans plus tard, celui qui avait promis de rendre le pouvoir aux civils dirige désormais le pays en tant que président, avec un bilan qui suscite autant d’espoirs que de critiques.

    Le 5 septembre 2021 reste une date majeure dans l’histoire politique récente de la Guinée. Ce jour-là, des militaires et des éléments des forces spéciales, conduits par le colonel Mamadi Doumbouya, prenaient le contrôle du pays et mettaient fin au régime d’Alpha Condé.

    À la tête du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), Mamadi Doumbouya justifiait alors son intervention par la nécessité de mettre fin à la crise politique et de refonder l’État. Il promettait surtout de ne pas s’éterniser au pouvoir et de conduire le pays vers un retour à l’ordre constitutionnel.

    Cinq ans plus tard, la promesse de transition a profondément changé de nature. Après avoir dirigé la période de transition, Mamadi Doumbouya est devenu président de la République. La trajectoire du chef militaire illustre ainsi l’évolution d’une transition présentée comme temporaire vers l’installation d’un nouvel ordre politique.

    Des réformes et des réalisations mises en avant

    Depuis son arrivée au pouvoir, les autorités ont mis en avant plusieurs chantiers, notamment dans les infrastructures, la modernisation de l’administration et la transformation économique du pays. Le gouvernement entend également tirer parti des importantes ressources minières de la Guinée pour accélérer le développement national.

    Mais ces avancées sont confrontées à des interrogations sur le respect des engagements initiaux de la transition et sur la place accordée aux forces politiques et à la société civile.

    Une transition devenue présidence

    L’arrivée de Mamadi Doumbouya à la tête de l’État constitue surtout le principal paradoxe de ces cinq années. Le militaire qui avait pris le pouvoir en promettant de le remettre aux civils est désormais lui-même président.

    Le bilan de ces cinq premières années apparaît donc contrasté : des ambitions affichées en matière de développement et de refondation de l’État, mais aussi des interrogations persistantes sur la trajectoire démocratique du pays.

    Cinq ans après le 5 septembre 2021, la Guinée demeure ainsi face à une question centrale : le coup d’État qui devait ouvrir une parenthèse de transition aura-t-il finalement marqué le début d’un nouveau cycle politique durable ?

  • Droits de l’Homme : la CNDH ouvre ses portes à la jeunesse politique

    Droits de l’Homme : la CNDH ouvre ses portes à la jeunesse politique

    La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a accueilli, mercredi 2 septembre 2026, des étudiants de l’École des Jeunes Politiques (EJP), dans le cadre d’une visite d’études organisée par l’association Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF). Au-delà d’une simple rencontre institutionnelle, cette initiative pose la question de la place de la jeunesse dans la compréhension et la défense des droits fondamentaux.

    Présidée par le président de la CNDH, la rencontre a permis aux étudiants d’échanger sur le rôle, les missions et les actions de l’institution en matière de promotion et de protection des droits de l’Homme au Togo. Une démarche qui permet de dépasser l’enseignement théorique pour confronter les futurs acteurs de la vie publique aux mécanismes institutionnels chargés de défendre les droits fondamentaux.

    Comprendre les institutions pour mieux agir

    Pour les étudiants de l’EJP, cette immersion constitue d’abord une occasion de mieux comprendre le fonctionnement de la CNDH et les mécanismes qu’elle met en œuvre pour contribuer à la protection des citoyens. Elle offre également un espace de dialogue direct avec les responsables de l’institution, favorisant le partage d’expériences.

    L’enjeu est particulièrement important pour une école consacrée à la formation de jeunes politiques. La connaissance des droits de l’Homme, de la citoyenneté et de la gouvernance ne peut en effet se limiter aux textes et aux enseignements académiques. Elle suppose également une compréhension concrète du rôle des institutions et de leurs responsabilités.

    Une passerelle entre jeunesse et institutions

    Cette visite traduit ainsi une volonté de rapprocher les jeunes des institutions qui participent à la construction de la vie démocratique. Pour la CNDH, elle constitue aussi un moyen de sensibiliser une nouvelle génération aux questions liées aux droits humains et à la citoyenneté.

    À travers ce type d’initiative, le dialogue institutionnel avec la jeunesse apparaît comme un levier de formation citoyenne. Il permet aux étudiants de mieux appréhender les enjeux auxquels ils pourraient être confrontés demain en tant qu’acteurs de la vie publique et du développement du pays.

    La visite de l’EJP à la CNDH rappelle finalement qu’une jeunesse appelée à jouer un rôle dans la gouvernance doit aussi connaître les institutions, comprendre les droits fondamentaux et être capable de les intégrer dans sa réflexion sur le développement durable.

  • Arrêt de la Cour de la CEDEAO : l’opposition togolaise propose une sortie de crise

    Arrêt de la Cour de la CEDEAO : l’opposition togolaise propose une sortie de crise

    Un mémorandum présenté par des partis d’opposition, des organisations de la société civile et des acteurs de la diaspora formule plusieurs propositions à la suite de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur la réforme constitutionnelle de 2024.

    Une lecture politique et juridique de la crise

    Le document, intitulé « Mémorandum pour une sortie de crise au Togo à la suite de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO sur le changement anticonstitutionnel de gouvernement », revient sur l’évolution institutionnelle du pays et met en avant plusieurs réformes constitutionnelles intervenues depuis 1992. Les signataires estiment que ces différentes modifications ont progressivement réduit les possibilités d’alternance politique.

    Le mémorandum accorde une place centrale à la réforme constitutionnelle de 2024. Selon ses auteurs, celle-ci a modifié en profondeur l’architecture institutionnelle, notamment avec la suppression de l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Le document affirme que la Cour de justice de la CEDEAO a qualifié cette réforme de « changement inconstitutionnel de gouvernement » et l’a mise en relation avec les dispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

    Les signataires considèrent que cette décision régionale donne une nouvelle dimension juridique au débat sur l’ordre constitutionnel togolais. Ils proposent notamment de replacer au centre du processus politique la souveraineté populaire, la stabilité des règles constitutionnelles, la séparation des pouvoirs, les libertés publiques et la garantie d’une alternance démocratique.

    Une transition politique proposée

    Dans la deuxième partie du mémorandum, les auteurs exposent leur interprétation des conséquences de l’arrêt de la juridiction communautaire. Ils estiment notamment que son exécution devrait conduire à une remise en cause des institutions issues de la réforme constitutionnelle de 2024 et à l’ouverture d’une période de transition politique.

    Cette transition aurait, selon le document, pour objectif d’engager des réformes institutionnelles destinées à rétablir l’ordre démocratique et l’État de droit. Les signataires y associent également plusieurs priorités, dont les questions sociales et sécuritaires, la situation des détenus politiques, le retour des exilés politiques et la refondation des institutions.

    Le mémorandum appelle par ailleurs à un accompagnement de la communauté internationale, notamment de la CEDEAO, de l’Union africaine, de l’Union européenne, des États-Unis et des Nations unies, dans un éventuel processus de retour à l’ordre constitutionnel.

    Enfin, les signataires appellent à une mobilisation citoyenne qu’ils présentent comme pacifique, autour du respect de la Constitution, des décisions de justice et de la volonté populaire. Le document est signé par plusieurs partis politiques, organisations de défense des droits humains et regroupements de la société civile.

  • Mali : après un an de prison, Moussa Mara retrouve la liberté dans un climat politique toujours sous tension

    Mali : après un an de prison, Moussa Mara retrouve la liberté dans un climat politique toujours sous tension

    L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a recouvré la liberté samedi 1er août, après avoir purgé une peine d’un an de prison ferme. Sa libération intervient dans un contexte de durcissement du régime militaire, où les opposants et les voix critiques continuent de faire face à une forte répression.

    Selon un responsable de son parti, Le Changement (Yelema), ayant requis l’anonymat pour des raisons de sécurité, « Moussa Mara a été libéré ce samedi après avoir purgé sa peine. Notre leader est en route pour son domicile » à Bamako. Une source judiciaire a également confirmé qu’il avait quitté la prison de Koulikoro, située à une cinquantaine de kilomètres de la capitale.

    Ancien chef du gouvernement entre 2014 et 2015, Moussa Mara avait été arrêté le 1er août 2025 après avoir annoncé sur les réseaux sociaux avoir rendu visite à des prisonniers qu’il qualifiait de « détenus d’opinion », auxquels il avait promis qu’ils obtiendraient un jour justice. Ces déclarations lui avaient valu des poursuites pour « atteinte au crédit de l’État et opposition à l’autorité légitime ».

    En février 2026, la Cour d’appel de Bamako avait confirmé sa condamnation à deux ans de prison, dont un an ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA, validant ainsi le jugement prononcé en première instance en octobre 2025.

    La libération de Moussa Mara ne modifie toutefois pas le climat politique qui prévaut au Mali. Depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le pays est gouverné par une junte dirigée par le général Assimi Goïta. Les autorités militaires sont régulièrement accusées de restreindre les libertés publiques, de réduire au silence les médias et les opposants, et d’avoir dissous les partis politiques ainsi que plusieurs organisations à caractère politique.

    Alors que la transition devait aboutir à un retour des civils au pouvoir en mars 2024, cette échéance n’a jamais été respectée. En juillet 2025, les autorités ont accordé au général Assimi Goïta un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable sans limitation et sans élection, consolidant ainsi le pouvoir de la junte dans un pays toujours confronté à une grave crise sécuritaire, économique et politique.

  • Vogan : après un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, les inquiétudes persistent autour des militants du CNCC

    Vogan : après un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, les inquiétudes persistent autour des militants du CNCC

    Le meeting du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC), organisé le dimanche 26 juillet à Vogan, continue d’alimenter les débats. Alors que cette manifestation politique, autorisée par les autorités, constituait la première grande activité du regroupement en dehors de Lomé depuis son rassemblement du 9 mai dernier à Akassimé, plusieurs incidents rapportés par des participants ont ravivé les interrogations sur l’état de l’espace civique et politique au Togo.

    Une altercation qui suscite des interrogations

    Selon plusieurs témoignages concordants recueillis auprès de participants, Pascal Kéko, militant de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), aurait eu une vive altercation avec des éléments des forces de sécurité à l’entrée de Hahotoé, non loin de l’espace occupé par les revendeuses de poissons et d’autres produits de première nécessité. Des témoins affirment que l’échange verbal aurait été particulièrement tendu et aurait pu dégénérer en confrontation physique, avant que la situation ne soit finalement maîtrisée.

    « Cet incident aurait été causé par le fait que le convoi transportant les militants a été stoppé pendant plusieurs minutes et que les hommes en uniforme les filmaient et les photographiaient. », glisse un témoin.

    D’après ces mêmes sources, Kéko se trouvait en compagnie d’A. A. Assou et d’autres militants ayant quitté le domicile de Fovi Katakou (qu’on ne présente plus) pour rejoindre le meeting du CNCC à Vogan. Plusieurs participants soutiennent également que la scène aurait été filmée et photographiée par des gendarmes et des policiers présents sur les lieux. Ces affirmations n’ont toutefois pas fait l’objet d’une confirmation officielle de la part des autorités.

    Par ailleurs, des restrictions de circulation ont été constatées ce jour-là sur certains axes menant à Vogan, malgré l’autorisation accordée pour la tenue du rassemblement, comme l’ont également relevé plusieurs observateurs et médias locaux.

    Un climat politique qui nourrit les inquiétudes

    Connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir, Pascal Kéko aurait, selon son entourage, exprimé depuis cet épisode des inquiétudes quant à sa sécurité. Ces craintes interviennent dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits humains, ainsi que des observateurs nationaux et internationaux, évoquent régulièrement un rétrécissement de l’espace civique au Togo, marqué par des arrestations de militants, d’opposants ou d’acteurs de la société civile à la suite de leurs activités ou de leurs déclarations publiques.

    L’autorisation accordée au meeting de Vogan avait d’ailleurs surpris de nombreux observateurs, tant les rassemblements politiques de l’opposition sont souvent entourés d’importants dispositifs sécuritaires. Pour certains analystes, les restrictions de circulation constatées le jour de l’événement illustrent les limites qui continuent d’encadrer l’exercice des libertés de réunion et de manifestation, même lorsqu’elles sont officiellement autorisées.

    Si les circonstances exactes de l’incident de Hahotoé restent à établir, cet épisode relance le débat sur les conditions d’exercice des libertés publiques au Togo et sur la nécessité de garantir à tous les acteurs politiques un environnement apaisé, dans le respect des lois, des droits fondamentaux et des impératifs de sécurité.

  • Vogan : des restrictions de circulation constatées le jour d’un meeting autorisé du CNCC

    Vogan : des restrictions de circulation constatées le jour d’un meeting autorisé du CNCC

    Alors que le Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) tenait ce dimanche 26 juillet 2026 son premier meeting à l’intérieur du pays, des restrictions de circulation ont été observées sur l’axe Anfoin–Vogan, suscitant interrogations et mécontentement parmi plusieurs usagers.

    Le Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) a organisé, ce dimanche 26 juillet 2026, un meeting politique à Vogan, dans la préfecture de Vo. Cette rencontre, officiellement autorisée par le ministère de l’Administration territoriale, constituait la première grande activité du regroupement politique en dehors de Lomé, après son rassemblement du 9 mai dernier sur le terrain des Cheminots à Akassimé.

    Prévu dans un premier temps à une date antérieure avant d’être reporté pour des raisons organisationnelles et administratives, le meeting a finalement pu se tenir conformément à l’autorisation délivrée par les autorités compétentes.

    Cependant, plusieurs usagers ont signalé des difficultés d’accès à Vogan en début d’après-midi. Au niveau d’Anfoin, sur la route menant à la ville, un dispositif de contrôle mis en place par les forces de sécurité empêchait les véhicules de poursuivre leur trajet vers leur destination.

    Selon des témoignages recueillis sur place, cette restriction de circulation a concerné de nombreux voyageurs en provenance notamment d’Aného, d’Anfoin, de Tabligbo, de Dzrékpo, d’Afagnan et d’autres localités de l’Est du pays. Plusieurs personnes sont restées immobilisées pendant plusieurs heures sans pouvoir rejoindre Vogan.

    Parmi elles figurait le journaliste Albert Agbeko, directeur de publication du média Togo Scoop Info, qui se rendait sur les lieux pour assurer la couverture de l’événement.

    La situation a provoqué l’incompréhension de plusieurs usagers. Certains ont indiqué ne pas être informés de la tenue d’un meeting politique à Vogan, tandis que d’autres ont déploré les conséquences de ces restrictions sur leurs déplacements. Un prêtre, qui devait célébrer une messe dans la ville, a notamment dû renoncer à son déplacement après plusieurs tentatives infructueuses de franchir le point de contrôle.

    Pendant ce temps, selon des informations recueillies auprès de sources présentes sur place, le meeting se déroulait normalement à Vogan. Les principaux responsables du CNCC partis de Lomé seraient arrivés sans difficulté particulière. Parmi les personnalités présentes figuraient Me Dodji Apévon, le professeur Aimé Gogué et le Dr David Ekoué Dosseh. En revanche, Jean-Pierre Fabre, en déplacement à l’étranger, était absent, tout comme le professeur Komi Wolou.

    Les circonstances ayant conduit à la mise en place de ces restrictions de circulation n’ont pas fait l’objet d’une communication officielle au moment de la tenue de l’événement.

    Cet épisode intervient dans un contexte politique marqué par une reprise des activités de l’opposition à travers le pays. Les restrictions observées sur l’axe Anfoin–Vogan alimentent les interrogations sur les conditions d’exercice des libertés de circulation et de réunion lors des manifestations politiques, alors même que le rassemblement bénéficiait d’une autorisation administrative.

    À l’heure où le meeting se poursuivait à Vogan, plusieurs voyageurs demeuraient encore bloqués sur la route, dans l’attente d’une reprise normale de la circulation.

  • Meeting de l’opposition à Vogan : le gouvernement donne son feu vert

    Meeting de l’opposition à Vogan : le gouvernement donne son feu vert

    Une note officielle autorise la tenue d’un meeting politique prévu le 26 juillet à Vogan, dans la préfecture de Vo.

    Les partis politiques ADDI, ANC, FDR et PSR pourront tenir leur meeting d’information sur la situation sociopolitique du Togo à Vogan, dans la préfecture de Vo. Le rendez-vous est pris pour ce dimanche 26 juillet 2026. C’est ce qu’indique une note officielle du ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, adressée au préfet de Vo et datée du 23 juillet 2026.

    Le document, signé par le Secrétaire général par intérim du ministère, invite l’autorité préfectorale à prendre « les dispositions » nécessaires afin de « faciliter le bon déroulement de cette activité ». Cette correspondance administrative constitue ainsi un feu vert officiel à la tenue de la manifestation politique annoncée.

    Le meeting est prévu à partir de 14 heures sur la place des fêtes de Vogan. Selon la note, il s’agira d’une rencontre d’information consacrée à la situation sociopolitique du pays, à l’initiative des quatre formations politiques.

    Un cadre officiellement encadré

    Le ministère identifie également les responsables chargés de l’organisation de l’événement. Il s’agit de Kohan Kidekiyime Binafame, secrétaire national du FDR, de Francis Pedro, membre du Conseil national de l’ANC chargé des relations avec les médias, ainsi que d’Acbegninou Eklou, responsable des affaires politiques du PSR.

    Une copie de la note a été transmise au ministère de la Sécurité ainsi qu’aux intéressés, conformément aux procédures administratives en vigueur.

    Cette démarche illustre le cadre de concertation entre les autorités administratives et les organisateurs d’activités publiques. Sauf changement de dernière minute, les militants et sympathisants des partis concernés sont donc attendus à Vogan ce dimanche pour cette rencontre politique placée sous l’encadrement des autorités compétentes.

  • Gabon : Bilie-By-Nze, l’inlassable critique d’Oligui Nguema

    Gabon : Bilie-By-Nze, l’inlassable critique d’Oligui Nguema

    Alain-Claude Bilie-By-Nze, président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), est aujourd’hui l’un des rares hommes politiques du pays à défier ouvertement Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République.

    La position de l’ancien Premier ministre d’Ali Bongo, loin d’être conciliatrice, s’est affirmée au fil des mois en critique frontale (politique, juridique et morale) de la gestion du pouvoir, au point de faire de lui l’opposant numéro 1 au Gabon depuis l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema.

    De candidat présidentiel à principal opposant

    Lors de l’élection présidentielle du 12 avril 2025, organisée pour clore près de deux ans de transition après le coup d’État d’août 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema a obtenu plus de 90 % des voix, selon les résultats officiels.

    Face à cette victoire écrasante, Bilie-By-Nze n’a pas reconnu le résultat. Il a refusé de le féliciter publiquement. Pour lui, ce large score n’était pas la preuve d’une adhésion populaire réelle, mais plutôt le symptôme d’un processus électoral qu’il qualifie d’opaque et entaché de pratiques contestables.

    Dans une interview à RFI, l’ancien Premier ministre a même déclaré qu’il représentait aujourd’hui « l’alternative unique qu’il reste aux Gabonais face aux militaires », soulignant sa volonté de tenir tête à la nouvelle élite politique qui se construit autour d’Oligui Nguema.

    Une critique constante du pouvoir en place

    Contrairement à certains leaders politiques qui adoptent une posture plus modérée après une défaite électorale, Bilie-By-Nze a multiplié les critiques contre le gouvernement d’Oligui Nguema.

    Dans un entretien accordé à Jeune Afrique en août 2025, il a affirmé que l’exécutif avançait « sans cap ni boussole », et que la gouvernance actuelle ressemblait, selon lui, à une continuité du système Bongo, malgré les promesses de rupture faites après le coup d’État.

    Son attaque ne s’est pas limitée à des critiques générales. En effet, il a dénoncé la gouvernance concentrée entre les mains du président, la faible crédibilité du nouveau cadre constitutionnel et reproché au gouvernement de négliger les défis sociaux et économiques du pays, tels que la crise du système de santé, le manque d’enseignants ou encore la vie chère persistante.

    Plus récemment, dans une déclaration retentissante en octobre 2025, Bilie-By-Nze est allé jusqu’à qualifier les élections législatives de « fraude d’État » et de « défaite morale », prophétisant « l’orage politique » si la situation ne changeait pas.

    Une offensive médiatique sur la scène internationale

    Il y a quelques jours encore, Alain-Claude Bilie-By-Nze a rappelé qu’il n’entendait ni se taire ni se retirer du débat public. Sur plusieurs médias internationaux, l’ancien Premier ministre est monté au créneau pour livrer une charge sévère contre le régime de transition devenu pouvoir constitutionnel, dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema.

    Invité sur des antennes étrangères suivies bien au-delà des frontières gabonaises, Bilie-By-Nze a dénoncé ce qu’il qualifie de “confiscation du pouvoir par une minorité militaro-politique”, estimant que la transition promise comme une rupture s’est progressivement transformée en recomposition du système, sans réforme de fond. Selon lui, les promesses de gouvernance vertueuse, de justice sociale et de transparence électorale peinent à se traduire dans les faits.

    L’ancien chef du gouvernement a également mis en cause la concentration excessive du pouvoir exécutif, l’absence de contre-pouvoirs effectifs et le climat politique qu’il juge peu favorable à une opposition libre et équitable. Des propos qui, une fois encore, ont trouvé un écho particulier à l’international, où la situation gabonaise reste observée avec attention depuis le coup d’État d’août 2023.

    En choisissant de s’exprimer hors des médias nationaux, Bilie-By-Nze assume une stratégie claire, celle d’internationaliser le débat gabonais. Une démarche qui vise autant à alerter les partenaires étrangers du Gabon qu’à renforcer son statut de principal contradicteur du pouvoir en place. Cette exposition médiatique renforce son image d’homme politique qui refuse toute compromission et confirme qu’il ne compte pas laisser au régime le monopole du récit politique.

    Pour le camp présidentiel, ces sorties répétées sont perçues comme une tentative de fragilisation de l’image du pays à l’extérieur. Pour ses partisans, elles constituent au contraire un acte de résistance politique, dans un contexte où l’espace d’expression interne serait, selon eux, de plus en plus restreint.

    Controverses institutionnelles et confrontation juridique

    Au-delà des critiques politiques, Bilie-By-Nze a également contesté la légalité même de certaines décisions de l’État.

    Avant l’élection présidentielle, il avait dénoncé un vice de procédure concernant la mise à disposition du général Oligui Nguema, estimant que la nomination du chef de la Transition ne respectait pas le cadre juridique prévu, ce qui illustrait, selon lui, un « coup d’État permanent ».

    Par la suite, lors des contestations préélectorales de 2025, il a renvoyé Oligui Nguema à ses responsabilités constitutionnelles, notamment sur la gestion des listes électorales, qu’il jugeait entachées d’irrégularités.

    Ces confrontations montrent que son opposition n’est pas seulement politique, mais aussi institutionnelle – visant à remettre en cause, pas à pas, la légitimité et la conformité des actions du pouvoir en place.

    Malgré son franc-parler, Bilie-By-Nze a aussi tenté à plusieurs reprises de nuancer son positionnement. Après les critiques sévères sur l’organisation des élections locales et législatives de septembre-octobre 2025, il s’est entretenu avec Oligui Nguema au palais présidentiel, insistant sur le besoin d’un climat électoral « équitable et transparent ».

    Ce geste pourrait être interprété comme une tentative de dialogue, mais il n’a pas entamé sa ligne de critique la plus dure : pour l’instant, aucun signe concret ne laisse penser qu’il renonce à son rôle de contre-poids politique.

    Une réconciliation possible ?

    La question est sur toutes les lèvres : ces deux hommes pourront-ils un jour enterrer la hache de guerre ? À court terme, la réponse semble peu probable. Les critiques de Bilie-By-Nze sont trop profondes et ciblent non seulement des choix politiques, mais aussi la question de la légitimité et de l’État de droit dans le Gabon post-transition. À ce jour, il continue à se présenter comme la principale voix contestataire face à un pouvoir qu’il juge autoritaire dans son fonctionnement, même si celui-ci prétend avoir démocratiquement remporté les suffrages.

    Pour une réconciliation, il faudrait, au minimum, une reconnaissance mutuelle d’un cadre institutionnel partagé et respecté, une condition qui reste aujourd’hui lointaine.

    Aujourd’hui, Alain-Claude Bilie-By-Nze s’est imposé comme l’opposant numéro 1 à Brice Clotaire Oligui Nguema. Par ses critiques répétées du pouvoir en place il incarne une opposition résolue, refusant de cautionner ce qu’il qualifie de dérives institutionnelles. Si la réconciliation entre les deux hommes demeure un enjeu futur, elle n’est pour l’instant qu’un horizon lointain, tant leurs visions du Gabon divergent. Profondément.

  • Au Togo, « Le parti unique déguisé en multipartisme »

    Au Togo, « Le parti unique déguisé en multipartisme »

    L’universitaire et défenseur des droits de l’homme Ayayi Togoata Apédo-Amah estime que dans son pays le pays le Togo, « Le parti unique » est « déguisé en multipartisme ». En réalité, poursuit-il, c’est « une escroquerie politique encouragée par l’opposition ».

    LE PARTI UNIQUE DÉGUISÉ EN MULTIPARTISME: UNE ESCROQUERIE POLITIQUE ENCOURAGÉE PAR L’OPPOSITION

    En examinant attentivement la situation politique du Togo, il appert que l’ex-parti unique RPT s’est déguisé pour tromper les naïfs. Suffit-il de repeindre un vieux tacot blanc tout pourri en bleu pour proclamer qu’il s’agit d’une nouvelle bagnole ?

    Le moteur n’a pas changé, la carrosserie rouillée n’a pas changé, la puanteur est la même. Quant au chauffeur, il n’a pas changé, de même que les passagers.

    Que veut-on vendre aux Togolais en faisant du neuf avec du vieux ? La situation politique actuelle est pire que sous le parti unique du père Gnassingbé. Le régime de terreur n’a de cesse de grignoter tous les acquis de la lutte du peuple en matière de libertés depuis les années 1990.

    La terrible répression des forces démocratiques est à l’origine d’un grave recul des libertés et d’un affaiblissement des partis politiques de l’opposition. Ils sont devenus attentistes et espèrent un miracle du ciel. La stratégie est brouillonne quand elle n’est pas complice: un pied dedans, un pied dehors. La 5e République que l’on prétend vomir, l’on va se prélasser dans ses délices avec des miettes électorales, comme on jette un os à ronger à un chien.

    Même les militants ne comprennent plus rien. Le boycott massif de la dernière mascarade électorale des communales, est une sanction du peuple envers ceux qui prétendent le représenter.

    Le faux débat oiseux consiste à dire: “Qu’est-ce que le boycott a changé ? d’une part, et qu’est-ce que la participation a changé avec l’humiliation de ses partisans, d’autre part ?

    Le problème ne consiste pas à se moquer de la déconfiture des participationnistes comme certains le font avec délectation. Il s’agit de ne pas se faire complice de la dictature par l’apport de sa caution à ses élections illégales, d’une part, et par l’inaction, d’autre part. Les deux attitudes concourent à la régression du combat libérateur et à la restauration du parti unique RPT. On a du mal à reconnaître ce qui fut appelé l’opposition démocratique dans les années 1990. Les leaders charismatiques de l’époque ont tous disparu avec leurs échecs lamentables et leurs trahisons.

    Conséquence cocasse de ce vide, les partis de l’opposition ont été remplacés par des influenceurs et autres blogueurs des réseaux sociaux. C’est extrêmement grave pour notre lutte, car ces personnes n’ont pas vocation à diriger le peuple et ne se sont pas formées et organisées pour ce faire. Quand des gens les critiquent et se plaignent de leur niveau, ils ont tort, parce que ces influenceurs profitent du vide créé par les partis politiques, et ils ont raison.

    Il faut que des partis politiques sérieux, honnêtes et patriotiques reprennent le leadership de la lutte. S’il n’y en a pas, ils doivent être suscités par tous ceux qui ont vocation à devenir des leaders politiques, et ils sont très nombreux. L’exemple extraordinaire du Parti National Panafricain de Tikpi Atchadam et ses camarades, en 2017, est resté gravé dans la mémoire de tous les Togolais et surtout de la dictature qui a tremblé jusque dans ses fondements. Tout le monde sait ce qu’il faut faire. Mais les ego de leadership bloquent tout. Je le répète: mettre de côté les partis politiques est une erreur. La société civile ne possède pas de troupes. Encore moins, les blogueurs.

    Il faut une vaste coalition des partis politiques et de la société civile et la fin des querelles insensées entre les partis politiques pour ne se consacrer qu’à l’essentiel: le dégagement de la dictature des Gnassingbé. Les vrais leaders naissent de la lutte patriotique et non des querelles de chiffonniers.

    Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes