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  • ONU : le spectaculaire virage de Diomaye Faye en faveur de Macky Sall, entre calcul politique et recomposition du pouvoir

    ONU : le spectaculaire virage de Diomaye Faye en faveur de Macky Sall, entre calcul politique et recomposition du pouvoir

    En apportant son soutien officiel à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU, Bassirou Diomaye Faye signe un revirement politique majeur qui alimente les spéculations sur une recomposition des rapports de force au sommet de l’État sénégalais.

    Le Sénégal a officiellement décidé de soutenir la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). L’annonce, faite à travers un communiqué du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, marque un tournant politique majeur dans les relations entre l’actuel chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, et son prédécesseur.

    Selon le communiqué, Bassirou Diomaye Faye a reçu Macky Sall le 17 juillet au Palais de la République. Au terme de cette rencontre, le président sénégalais a décidé d’apporter le « plein soutien » de l’État à la candidature de son prédécesseur à la tête des Nations unies. Il a également demandé au gouvernement et à tout le réseau diplomatique sénégalais de se mobiliser pour défendre cette candidature auprès des États membres de l’ONU.

    Cette décision surprend d’autant plus qu’elle intervient après une campagne électorale et un début de mandat marqués par de vives critiques du nouveau pouvoir contre la gouvernance de Macky Sall. Le communiqué insiste toutefois sur « l’attachement du chef de l’État au dialogue, à la continuité de l’État et au rassemblement autour des intérêts supérieurs de la Nation ».

    Au-delà de la dimension diplomatique, ce revirement nourrit déjà les analyses politiques à Dakar. Plusieurs observateurs estiment que Bassirou Diomaye Faye chercherait, à travers ce geste d’ouverture, à bénéficier du soutien politique, institutionnel et des réseaux de l’ancien président Macky Sall ainsi que de ses proches. Une telle stratégie pourrait lui permettre de consolider sa propre position face à l’influence grandissante de son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, aujourd’hui Président de l’Assemblée nationale, dont le poids politique continue d’alimenter les spéculations sur l’avenir du pouvoir.

    Dans cette lecture, le soutien à Macky Sall dépasserait le simple cadre diplomatique. Il constituerait également un signal d’ouverture envers une partie de l’ancien appareil d’État, susceptible de jouer un rôle dans les futurs équilibres politiques. Certains analystes y voient ainsi les premiers jalons d’une stratégie visant à préparer, à plus long terme, la prochaine élection présidentielle.

    À ce stade, ces interprétations relèvent toutefois de l’analyse politique et n’ont pas été confirmées par les autorités sénégalaises, qui présentent cette décision comme un choix guidé par l’intérêt supérieur du Sénégal et le rayonnement de l’Afrique sur la scène internationale.

  • Sénégal : Ousmane Sonko défend le pouvoir et balaie les rumeurs de crise

    Sénégal : Ousmane Sonko défend le pouvoir et balaie les rumeurs de crise

    Face aux rumeurs de tensions au sommet de l’État, Ousmane Sonko a profité de son interview accordée à France 24 et RFI pour défendre le bilan des autorités, réaffirmer la cohésion du pouvoir et tracer les grandes orientations du Sénégal de demain.

    Le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko, a choisi les antennes de France 24 et RFI pour livrer une longue mise au point sur la situation politique du Sénégal, ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye et les défis économiques qui attendent le pays. Un exercice médiatique très attendu, dans un contexte marqué par des interrogations sur la cohésion au sommet de l’État sénégalais.

    Dès les premières minutes, Ousmane Sonko a cherché à éteindre les spéculations sur une prétendue crise institutionnelle. « Il n’y a pas de crise au Sénégal », a-t-il affirmé, rejetant les analyses qui évoquent des tensions irréconciliables entre les différentes composantes du pouvoir.

    Face aux interrogations sur ses rapports avec le chef de l’État, l’ancien Premier ministre a reconnu l’existence de divergences, tout en rappelant que celles-ci n’étaient pas synonymes de rupture. Sonko a défendu la nécessité d’un débat permanent au sein des institutions afin de préserver les engagements pris devant les Sénégalais.

    L’autre point majeur de l’entretien a concerné la situation économique du pays. Le dirigeant du Pastef a insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes engagées et de clarifier la question de la dette publique, alors même qu’une mission du Fonds monétaire international doit reprendre ses discussions avec Dakar. Les échanges porteront notamment sur « les perspectives macroéconomiques, les besoins de financement du Sénégal et ses priorités en matière de réformes », selon le FMI.

    Ousmane Sonko a également réaffirmé sa volonté de rester fidèle au programme politique qui a conduit son camp à la victoire en 2024. Il a notamment défendu la poursuite des renégociations des contrats stratégiques, la lutte contre la corruption et une meilleure gouvernance des finances publiques. Ces priorités figuraient déjà parmi les exigences récemment formulées par le Pastef : « la fidélité au programme ayant conduit à la victoire de 2024 », « la clarification de la gestion de la dette souveraine » et « la lutte contre la corruption ».

    En choisissant France 24 et RFI, deux médias à forte audience internationale, Sonko a aussi voulu envoyer un message au-delà des frontières sénégalaises : celui d’un Sénégal qui entend défendre sa souveraineté sans s’isoler du reste du monde.

    Cette intervention apparaît finalement comme une opération de clarification politique. Plus qu’une simple interview, elle constitue un exercice de repositionnement destiné à rassurer les partenaires internationaux, à remobiliser sa base militante et à réaffirmer que le projet porté par le duo Diomaye-Sonko demeure, malgré les turbulences, la boussole du pouvoir sénégalais.

  • Au Sénégal, Sonko écarté du gouvernement

    Au Sénégal, Sonko écarté du gouvernement

    Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a officiellement mis fin aux fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko et de l’ensemble de son gouvernement, par décret publié vendredi 22 mai au soir. Cette décision marque l’aboutissement de plusieurs mois de tensions au sommet de l’État entre le chef de l’exécutif et son ancien mentor.

    Dans une déclaration lue à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, le président a précisé : « Les membres du gouvernement sortant sont chargés d’expédier les affaires courantes ». Ce geste met un terme à la collaboration, souvent tumultueuse, entre Bassirou Diomaye Faye et le charismatique leader politique.

    Ousmane Sonko, quant à lui, a réagi immédiatement sur les réseaux sociaux, affirmant : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui », son quartier dakarois. Des vidéos partagées en ligne montraient par ailleurs des partisans de l’ex-Premier ministre affluer vers son domicile pour manifester leur soutien.

    Figure emblématique de la jeunesse sénégalaise, Ousmane Sonko s’était imposé comme un acteur politique incontournable, notamment à l’approche de la présidentielle de 2024. Farouche opposant à l’ancien président Macky Sall (2012-2024), il avait été empêché de se présenter à l’élection présidentielle suite à une condamnation pour diffamation, déclenchant une vague de manifestations populaires contre la possibilité d’un troisième mandat de Sall. À cette occasion, il avait soutenu Bassirou Diomaye Faye pour lui succéder.

    Depuis l’élection de ce dernier, les relations entre le président et son Premier ministre ont été marquées par des divergences croissantes, rendant leur collaboration de plus en plus fragile. Le décret de vendredi consacre désormais la rupture officielle, laissant la scène politique sénégalaise dans l’attente des prochains développements.

  • Ousmane Sonko charge le FMI: une sortie au vitriol

    Ousmane Sonko charge le FMI: une sortie au vitriol

    Le ton était ferme, les mots soigneusement choisis mais sans détour. Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, s’en est frontalement pris au Fonds monétaire international (FMI), lors d’une récente intervention publique qui fait grand bruit à Dakar comme dans les cercles financiers internationaux.

    Dans un contexte de tensions budgétaires et de renégociations de programmes économiques, le chef du gouvernement, au cours d’une séance très suivie à l’Assemblée nationale, a dénoncé ce qu’il considère comme une “tutelle déguisée” sur les politiques publiques africaines.

    Une critique frontale des conditionnalités

    Au cœur de son réquisitoire : les conditionnalités imposées par le FMI aux États en difficulté. Ousmane Sonko a fustigé des exigences qu’il juge “déconnectées des réalités sociales”, notamment en matière de réduction des subventions, de maîtrise de la masse salariale et de réformes fiscales rapides.

    Selon lui, ces mesures, souvent présentées comme des remèdes techniques, ont des conséquences sociales lourdes : hausse du coût de la vie, tensions sociales accrues et fragilisation des services publics. “On ne peut pas exiger des sacrifices permanents des populations tout en prétendant soutenir le développement”, a-t-il martelé, appelant à une refonte des mécanismes d’intervention du FMI en Afrique.

    Souveraineté économique en ligne de mire

    Cette sortie s’inscrit dans une ligne politique assumée : la reconquête de la souveraineté économique. Ousmane Sonko défend depuis plusieurs années l’idée d’un modèle de développement plus autonome, moins dépendant des bailleurs internationaux.

    Face au FMI, il a rappelé que le Sénégal entendait désormais négocier “d’égal à égal”, en mettant en avant ses priorités nationales. Il a notamment insisté sur la nécessité de préserver les dépenses sociales et les investissements structurants, même en période d’ajustement budgétaire.

    Pour le Premier ministre, l’Afrique doit sortir d’une logique d’assistance pour entrer dans une dynamique de partenariat. Il a ainsi appelé à repenser les règles du jeu financier international, estimant que les institutions de Bretton Woods n’ont pas suffisamment évolué pour prendre en compte les spécificités des économies africaines.

    Un discours qui résonne au-delà du Sénégal

    La charge d’Ousmane Sonko dépasse le cadre strictement sénégalais. Dans plusieurs pays du continent, les programmes du FMI sont régulièrement critiqués pour leurs impacts sociaux. Sa prise de position trouve donc un écho particulier auprès d’une jeunesse africaine en quête de dignité économique et de justice sociale.

    Toutefois, cette posture n’est pas sans risques. Le Sénégal reste engagé dans des discussions financières cruciales, et la stabilité macroéconomique demeure un enjeu central. Les partenaires techniques et financiers observent attentivement l’évolution des relations entre Dakar et le FMI.

    Entre rupture et réalisme

    Si le ton est offensif, la stratégie reste à préciser. S’agit-il d’un repositionnement rhétorique pour peser davantage dans les négociations ? Ou d’un véritable tournant dans les relations avec le FMI ?

    Une chose est certaine : en “dézinguant” publiquement le Fonds monétaire international, Ousmane Sonko a envoyé un signal fort. Celui d’un pouvoir qui entend rompre avec certaines pratiques du passé et redéfinir les termes de la coopération financière. Reste à savoir si cette posture débouchera sur une nouvelle doctrine économique ou sur un bras de fer aux conséquences imprévisibles.

Radio Renouveau228

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