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  • Au Togo, le dépistage de la lèpre renforcé pour couper la chaîne de transmission

    Au Togo, le dépistage de la lèpre renforcé pour couper la chaîne de transmission

    Le Togo intensifie sa lutte contre la lèpre. Le ministère en charge de la Santé renforce les compétences des professionnels de santé afin d’améliorer le dépistage, la prise en charge précoce des cas et, à terme, de documenter l’arrêt de la transmission de la maladie dans le pays.

    Avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une rencontre consacrée à la meilleure utilisation des outils d’élimination de la lèpre réunit les acteurs concernés. L’initiative s’inscrit dans une approche visant à consolider les connaissances et les pratiques des agents de santé face à une maladie qui, malgré les progrès enregistrés, demeure un enjeu de santé publique dans plusieurs régions du monde.

    Miser sur le dépistage précoce

    La stratégie repose notamment sur le renforcement des capacités des professionnels de santé. L’objectif est de leur permettre de mieux identifier les signes de la lèpre, d’orienter rapidement les personnes suspectes et de contribuer à une détection plus systématique des nouveaux cas.

    Le dépistage précoce constitue en effet un maillon essentiel dans la lutte contre la maladie. Pris en charge à temps, les patients peuvent bénéficier du traitement approprié, tandis que la détection des personnes ayant été en contact avec les cas permet de renforcer les actions de surveillance et de prévention.

    La rencontre met ainsi l’accent sur l’utilisation efficace des outils disponibles pour mesurer les progrès accomplis et identifier les éventuelles insuffisances dans le dispositif de lutte.

    Vers la certification de l’interruption de la transmission

    Au-delà de la détection et du traitement des malades, le Togo ambitionne de franchir une nouvelle étape : réunir les éléments nécessaires permettant de certifier l’arrêt de la transmission de la lèpre.

    Cette perspective suppose une surveillance épidémiologique rigoureuse, des données fiables et une capacité renforcée à rechercher activement les cas, notamment dans les communautés où la maladie pourrait encore circuler de manière silencieuse.

    L’accompagnement de l’OMS vient donc soutenir les efforts du ministère de la Santé pour consolider les acquis et rapprocher le pays de cet objectif. La formation et la mise à niveau des professionnels apparaissent, dans cette démarche, comme des leviers déterminants pour maintenir la vigilance et éviter que les progrès réalisés ne soient fragilisés.

  • Le danger nicotine gagne du terrain

    Le danger nicotine gagne du terrain

    À l’approche de la Journée mondiale sans tabac, l’OMS appelle les gouvernements à renforcer les mesures contre les produits nicotiniques qui séduisent de plus en plus les adolescents.

    À quelques jours de la Journée mondiale sans tabac, célébrée chaque 31 mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme face à la montée inquiétante de la consommation de produits du tabac et de nicotine chez les jeunes. Dans un communiqué publié le 29 mai à Genève, l’organisation exhorte les gouvernements à agir rapidement pour empêcher une nouvelle génération de tomber dans la dépendance.

    Selon l’OMS, au moins 40 millions d’enfants âgés de 13 à 15 ans consomment déjà des produits du tabac à travers le monde. Plus préoccupant encore, l’utilisation des cigarettes électroniques et des sachets de nicotine connaît une progression constante parmi les adolescents.

    L’organisation accuse les industries du tabac et de la nicotine de cibler délibérément les jeunes à travers des produits aux saveurs attrayantes, des emballages colorés et des campagnes promotionnelles massives sur les réseaux sociaux. « Les grandes compagnies de tabac réinventent leur modèle économique », dénonce le Dr Etienne Krug, directeur du Département des Déterminants, de la Promotion de la Santé et de la Prévention à l’OMS. Selon lui, ces entreprises continuent de tirer profit des cigarettes traditionnelles tout en développant agressivement de nouveaux produits destinés à fidéliser les jeunes consommateurs.

    L’OMS rappelle que la nicotine est une substance hautement addictive et particulièrement nocive pour les enfants et les adolescents, dont le cerveau est encore en développement. Pour faire face à cette menace, l’organisation recommande notamment l’interdiction des arômes attractifs, le renforcement des contrôles, la suppression de la publicité et l’extension des espaces publics sans fumée ni vapotage.

    L’agence onusienne s’inquiète particulièrement de l’essor des sachets de nicotine. D’après un récent rapport, près de 160 pays ne disposent toujours d’aucune réglementation spécifique concernant ces produits, malgré une croissance rapide de leur commercialisation.

    L’OMS cite l’exemple de Rio de Janeiro, au Brésil, où les autorités ont renforcé les restrictions sur les cigarettes électroniques et multiplié les campagnes de sensibilisation. L’organisation souligne que de telles initiatives sont essentielles alors que le tabac continue de provoquer plus de sept millions de décès chaque année dans le monde.

    À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, l’OMS invite enfin les plus d’un milliard d’utilisateurs de produits nicotiniques à entreprendre les premières démarches vers l’arrêt de leur consommation.

  • Au forum des médias du REMAPSEN sur les maladies tropicales négligées, Dr Maria Rebollo Polo (OMS) tire la sonnette d’alarme

    Au forum des médias du REMAPSEN sur les maladies tropicales négligées, Dr Maria Rebollo Polo (OMS) tire la sonnette d’alarme

    Experte mondiale de l’OMS sur les maladies tropicales négligées, Dr Maria Rebollo Polo a, lors du forum des médias du REMAPSEN de ce 25 novembre sur cette problématique, une nouvelle fois encore fait l’état des lieux, relavant que les financement internationaux sont faibles bien qu’un certain nombre de progrès soient notés.

    Lors de la cérémonie d’ouverture tenue par webinaire le mardi 25 novembre 2025, la Dr Maria Rebollo Polo, experte mondiale de l’OMS, a livré un état des lieux sans concession sur les maladies tropicales négligées (MTN), alertant sur la fragilité des progrès face à l’effondrement des financements internationaux.

    L’exposé présenté lors de la cérémonie d’ouverture du Forum des Médias du REMAPSEN par la Dr Maria Rebollo Polo, experte mondiale de l’OMS sur les maladies tropicales négligées (MTN), offre une lecture précise et alarmante de la situation actuelle des MTN dans le monde et en Afrique. Selon elle, malgré des avancées significatives, les progrès restent fragiles et menacés par une baisse historique du financement international. Les MTN, qui touchent encore directement ou indirectement plus d’un milliard de personnes, continuent d’imposer un lourd tribut humain et économique, en particulier sur le continent africain où se concentre la grande majorité de la charge de morbidité.

    Des données chiffrées…

    Depuis 2010, le nombre de personnes nécessitant une intervention contre les MTN a diminué de 695 millions, dont 239 millions rien que sur la période 2020–2023. Cette évolution, soutenue en grande partie par les campagnes de chimioprévention de masse, traduit une dynamique encourageante. Entre 2022 et 2023, la réduction supplémentaire a concerné 122 millions de personnes. Par ailleurs, l’OMS a reconnu à ce jour 58 pays ayant éliminé au moins une MTN, un progrès notable vers l’objectif de 100 pays fixés pour 2030. L’année 2025 est particulièrement marquante avec neuf nouveaux pays ayant obtenu la validation d’élimination, dont le Niger pour l’onchocercose, la Guinée pour la trypanosomiase, la Mauritanie et le Burundi pour le trachome, ainsi que le Sénégal, le Kenya, l’Égypte et la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour d’autres pathologies.

    Cependant, la charge mondiale demeure élevée avec 119 000 décès imputés aux MTN en 2021 et plus d’un milliard de personnes vivant avec au moins une de ces maladies. Les années de vie ajustées sur l’incapacité (DALYs) restent elles aussi préoccupantes, atteignant 14,14 millions en 2021. En 2024, 1,437 milliard de traitements préventifs ont été administrés à travers le monde, couvrant 864,6 millions de personnes pour au moins une MTN. Le taux de couverture pour la chimioprévention s’élève à 62,7 %. Au-delà de la chimioprévention, environ 7,5 millions de patients ont bénéficié d’une prise en charge individuelle, soulignant l’importance des deux approches complémentaires recommandées par l’OMS.

    La Dr Rebollo a également attiré l’attention sur la chute dramatique des financements mondiaux. Entre 2018 et 2023, le soutien financier destiné spécifiquement aux MTN est passé de 531 millions à seulement 260 millions USD, soit un recul de 41 %. Cette contraction budgétaire frappe durement les programmes nationaux, particulièrement en Afrique. La réduction ou l’arrêt des programmes tels que USAID Act to End NTDs entraîne un ralentissement des campagnes de distribution de masse et fragilise les capacités nationales, surtout dans des pays où les MTN pèsent déjà lourdement sur les systèmes de santé.

    Pour faire face à ces difficultés, plusieurs pays développent des modèles d’intégration innovants permettant de mieux utiliser les plateformes existantes de santé. L’Éthiopie, le Kenya et l’Ouganda ont ainsi commencé à intégrer les interventions MTN dans leurs systèmes de soins primaires. D’autres pays, comme le Bénin ou le Niger, utilisent les plateformes scolaires ou communautaires pour livrer les campagnes. Madagascar a combiné la réponse MTN avec les campagnes de vaccination, tandis que la Tanzanie l’a intégrée à ses programmes de nutrition. Le Rwanda et le Togo, quant à eux, développent des approches multisectorielles reliant santé, éducation, eau et assainissement. Pour la Dr Rebollo, la clé réside dans un leadership national fort, une meilleure coordination et une implication centrale des communautés.

    Les défis structurels persistent néanmoins…

    La faible visibilité politique des MTN, la dépendance aux bailleurs, l’insuffisance de personnel qualifié, la faible intégration aux systèmes de santé et la fragilité des services WASH ralentissent la dynamique d’élimination. La durabilité à long terme exige des pays qu’ils intègrent pleinement les MTN dans leurs politiques nationales, prévoient des lignes budgétaires dédiées, renforcent les chaînes logistiques, développent la digitalisation des rapports et adoptent des plans de transition pour réduire progressivement la dépendance aux dons internationaux. Chaque pays devra aussi renforcer sa surveillance, adapter ses stratégies aux réalités locales et mobiliser les communautés pour garantir un changement durable. À travers son exposé, la Dr Rebollo appelle à une mobilisation urgente et collective. Selon elle, l’avenir de la lutte contre les MTN repose désormais sur trois piliers : un leadership national affirmé, un ancrage dans les systèmes de santé primaires et une diversification des financements. Sans cela, les gains durement acquis risquent d’être perdus et les populations les plus vulnérables de nouveau exposées à ces maladies évitables. Elle rappelle que la lutte contre les MTN est un investissement transversal en faveur de l’équité, de l’éducation, de la productivité et de la souveraineté sanitaire. L’Afrique dispose des atouts pour réussir, mais la responsabilité collective doit être amplifiée.

  • Contre les Maladies tropicales négligées, la recette de Speak Up Africa

    Contre les Maladies tropicales négligées, la recette de Speak Up Africa

    Dans le prolongement de l’OMS appelant à « Unir, Agir, Eliminer » les maladies tropicales négligées, l’ONG  Speak Up Africa encourage à aller plus loin dans la lutte.

    Lisez plutôt ce document qui est un résume de la formation (webinaire) organisée ce jeudi 30 janvier par Speak Up Africa et Remapsen Afrique.

    Communiqué de presse

    La campagne “Aller plus loin” de Speak Up Africa fait entendre de nouvelles voix dans la lutte pour éliminer les maladies tropicales négligées (MTN)

    (30 janvier 2025) Dakar, Sénégal – À l’occasion de la Journée mondiale des maladies tropicales négligées (MTN), Speak Up Africa répond à l’appel mondial “Unir, Agir, Éliminer” avec son initiative ALLER PLUS LOIN. Cette initiative repousse les frontières de la lutte contre les MTN en mobilisant une coalition diversifiée de porte-voix. La campagne “Aller plus loin” mobilise un large éventail d’acteurs – artistes, athlètes et personnes touchées par les MTN – avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes. Elle vise à construire un mouvement communautaire avec trois objectifs principaux : faire des MTN une priorité dans l’agenda sanitaire, augmenter les investissements, et développer des solutions centrées sur les personnes et leurs communautés. Cette initiative est cruciale alors que plus d’un milliard de personnes dans le monde sont touchées par ces maladies évitables et traitables, le continent africain supportant à lui seul 40 % de cette charge.

    La Journée mondiale des MTN est l’occasion de célébrer les progrès réalisés : vingt-deux nations africaines ont déjà éliminé au moins une MTN, et plusieurs d’entre elles en ont éliminé plus d’une, ce qui témoigne du fort engagement du continent en faveur de la santé publique. Le monde est maintenant à mi-chemin de l’objectif de la feuille de route 2030 de l’OMS sur les MTN, visant l’élimination d’au moins une MTN dans 100 pays d’ici 2030.

    Cette journée est également l’occasion d’aborder les défis qui nous attendent : le renforcement des systèmes de santé, le lien entre les MTN et le changement climatique dans un monde confronté à des changements environnementaux croissants et le manque d’approches centrées sur la personne et dirigées par la communauté.

    L’initiative ALLER PLUS LOIN explore de nouvelles opportunités dans la lutte contre les MTN en impliquant les personnes et les communautés affectées par les maladies tropicales négligées. Nous mettons à profit leur expertise inestimable et veillons à ce que les solutions soient adaptées aux besoins réels. Nous défions et allons plus loin que les approches traditionnelles de plaidoyer en santé en encourageant la collaboration intersectorielle, en amplifiant les voix communautaires et en favorisant des partenariats inclusifs. Ces champions illustrent la puissance de la diversité, établissant une nouvelle norme pour ce que signifie unir, agir et éliminer les MTN.

    “À travers ALLER PLUS LOIN, nous amplifions les voix des artistes, des athlètes et des leaders communautaires à travers l’Afrique pour transformer notre façon de lutter contre les maladies tropicales négligées. En apportant ces perspectives diverses aux décideurs, nous créons l’élan politique et l’engagement communautaire nécessaires pour éliminer définitivement les MTN”, déclare Yacine Djibo, Directrice Exécutive et Fondatrice de Speak Up Africa.

    Pour la Journée mondiale des MTN, l’initiative ALLER PLUS LOIN rassemblera des jeunes leaders, des musiciens et des artistes à travers le Sénégal, le Kenya et l’Éthiopie et reliera les communautés grâce au pouvoir du sport au Bénin et au Sénégal. En partenariat avec la Basketball Africa League (BAL), les jeunes apprendront comment prévenir et combattre les MTN dans leurs communautés et leurs adversaires sur le terrain en participant à un match de basketball. Au Niger, Burkina Faso et Kenya, des communautés organiseront également des ateliers et des dépistages pour sensibiliser et améliorer la détection dans leurs communautés.

    Des champions à travers l’Afrique s’uniront pour soutenir l’élimination des MTN en cette Journée mondiale des MTN en utilisant leurs voix, leurs plateformes et leur expertise pour assurer la durabilité, l’efficacité et l’équité dans la lutte contre les MTN.

    L’heure est à l’action. Nous appelons les dirigeants mondiaux à démontrer leur engagement en intégrant les objectifs d’élimination des MTN dans les politiques nationales de santé, en allouant des lignes budgétaires dédiées et en intégrant les programmes MTN dans les plans de couverture sanitaire universelle.

    Notre réussite collective repose sur une action coordonnée à tous les niveaux : les gouvernements doivent renforcer leurs financements nationaux, le secteur privé doit investir dans des solutions innovantes de distribution des traitements, et les partenaires financiers doivent maintenir leur appui vital. Car ne rien faire coûtera bien plus cher que d’agir pour l’élimination de ces maladies.

    Ensemble, nous devons aller plus loin que les approches traditionnelles et forger de nouveaux partenariats qui placent les communautés affectées au centre des solutions. En cette Journée mondiale des MTN, rejoignez-nous pour construire un avenir où les maladies tropicales ne seront plus négligées.

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    Contact médias:

    Roxane Fian

    Chargée de programmation

    roxane.fian@speakupafrica.org

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  • L’OMS appelle à ”S’unir, agir, éliminer les maladies tropicale négligées”

    L’OMS appelle à ”S’unir, agir, éliminer les maladies tropicale négligées”

    “S’unir, agir, éliminer les maladies tropicales négligées” est l’appel que lance l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour venir à bout de ce mal.

    Journée mondiale des maladies tropicales négligées 2025

    Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

    Aujourd’hui, le 30 janvier, l’OMS s’associe à la communauté internationale pour commémorer la Journée mondiale des maladies tropicales négligées. C’est un moment privilégié pour faire le point sur nos progrès et valoriser nos réalisations. C’est également l’occasion de réaffirmer notre engagement à mettre fin au fardeau des maladies tropicales négligées dans la Région africaine et le monde.

    Le thème retenu cette année, S’unir, agir, éliminer les maladies tropicales négligées, nous rappelle le pouvoir de la collaboration, l’importance de l’action et l’urgence de notre objectif ultime – un continent exempt de maladies tropicales négligées.

    L’unité a été la pierre angulaire de tout succès dans la lutte contre les maladies tropicales négligées. Les partenariats entre les communautés, les travailleurs de la santé, les gouvernements, les donateurs et l’industrie pharmaceutique ont transformé ce qui semblait autrefois impossible en réalisations fort appréciables.

    Des dons sans précédent de médicaments de l’industrie pharmaceutique, en plus du dévouement des agents de santé et des volontaires locaux, ont permis d’atteindre même les communautés les plus reculées.

    Cependant, l’unité ne se limite pas aux partenariats. Elle est synonyme d’inclusion. Les populations en situation de vulnérabilité, souvent touchées de manière disproportionnée par les maladies tropicales négligées, doivent être au centre de nos efforts. En mettant en place des systèmes équitables qui ne laissent personne de côté, nous pouvons réaliser des progrès durables.

    Après une pause de cinq ans, la deuxième réunion des chercheurs africains sur les maladies tropicales négligées, qui s’est tenue ce mois à Kigali, a souligné l’importance d’unir les efforts dans les travaux scientifiques, les politiques et les pratiques. C’est par la recherche opérationnelle et l’innovation que nous parviendrons à mettre au point de nouveaux outils, traitements et produits de diagnostic pour accélérer les efforts d’élimination.

    Les progrès exigent des actions – il faut passer de la parole à des résultats mesurables.

    Dans la Région africaine de l’OMS, plus de 276 millions de personnes n’ont plus besoin de traitement contre la filariose lymphatique depuis 2014. Nous avons également enregistré des résultats qui ont changé des vies grâce à des interventions ciblées contre la dracunculose, la maladie du sommeil, l’onchocercose et le trachome. Ces victoires montrent ce qu’il est possible de faire lorsque l’action est fondée sur des données probantes et motivée par l’engagement.

    Pour autant, il nous reste encore du chemin à faire. Le changement climatique constitue une menace émergente pour les efforts d’élimination des maladies tropicales négligées, affectant les schémas de maladies et augmentant les vulnérabilités au sein de nos communautés. L’OMS travaille en étroite collaboration avec les États Membres pour adapter les stratégies de santé publique, renforcer la surveillance et veiller à ce que des réponses rapides soient apportées à ces défis en constante évolution.

    Les approches centrées sur la personne et la participation communautaire restent essentielles. En donnant les moyens d’action aux communautés, nous veillons à ce que les interventions de lutte contre les maladies tropicales négligées soient non seulement efficaces, mais aussi équitables et durables.

    Je suis particulièrement fière des progrès réalisés dans le cadre du programme de mentorat Mwele Malecela. Ce mois-ci, nous avons lancé la deuxième cohorte de ce programme visant à promouvoir le leadership des femmes dans la lutte contre les maladies tropicales négligées, portant à 15 le nombre total de femmes expertes qui ont été mentorées. Cette initiative de transformation atteste notre engagement à promouvoir l’équité entre les sexes dans le domaine de la santé mondiale.

    Notre objectif ultime est clair : une Afrique exempte de maladies tropicales négligées.

    L’élimination n’est pas seulement un rêve, c’est une cible à portée de main. En fin 2024, 20 pays de notre Région avaient éliminé au moins une maladie tropicale négligée. Ce mois‑ci, le Niger est devenu le premier pays de la Région à être vérifié pour l’élimination de l’onchocercose, et la Guinée est le neuvième pays validé pour l’élimination de la maladie du sommeil comme problème de santé publique.

    Les réalisations remarquables du Togo, seul pays au monde à avoir été validé pour l’élimination de quatre maladies tropicales négligées, sont une preuve supplémentaire de ce qu’il est possible de faire lorsque la détermination s’allie à l’action.

    L’élimination des maladies tropicales négligées ne consiste pas seulement à améliorer les résultats en matière de santé publique. Elle libère le potentiel des individus, des familles et des communautés. Les enfants peuvent aller à l’école, les adultes peuvent travailler de manière productive et les sociétés peuvent s’épanouir.

    Aujourd’hui, renouvelons notre détermination à nous s’unir, agir et éliminer les maladies tropicales négligées. Ensemble, nous pouvons parvenir à un avenir où ces maladies ne seront plus un fardeau pour nos communautés.

  • L’OMS « déplore » le départ des Etats-Unis

    L’OMS « déplore » le départ des Etats-Unis

    Les Etats-Unis quittent l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une décision radicale du nouveau président américain Donald Trump. L’instance le « déplore » dans un communiqué.

    “Réaction de l’OMS face à l’annonce faite par les États-Unis de leur intention de se retirer de l’Organisation

    Genève – L’Organisation mondiale de la Santé déplore l’annonce faite par les États-Unis d’Amérique de leur intention de se retirer de l’Organisation.

    L’OMS joue un rôle essentiel pour ce qui est de protéger la santé et la sécurité de la population mondiale, y compris celles des Américains et des Américaines, en s’attaquant aux causes profondes des maladies, en renforçant les systèmes de santé, ainsi qu’en détectant et prévenant les urgences sanitaires – y compris les flambées épidémiques – et en y ripostant, souvent dans des endroits dangereux où personne d’autre ne pourrait se rendre.

    Membre fondateur de l’OMS en 1948, les États-Unis contribuent depuis lors à définir et à régir l’action de l’OMS, aux côtés de 193 autres États Membres, notamment en participant activement aux travaux de l’Assemblée mondiale de la Santé et du Conseil exécutif. Depuis plus de 70 ans, l’OMS et les États-Unis ont sauvé un nombre incalculable de vies et protègent la population américaine comme le reste de la population mondiale face aux menaces sanitaires. Ensemble, nous avons mis fin à la variole ; ensemble, nous avons pratiquement éradiqué la poliomyélite. Les institutions américaines contribuent à l’OMS en tant que Membre, et bénéficient de ce statut.

    Au cours des sept dernières années, avec la participation des États-Unis et d’autres États Membres, l’OMS a mis en œuvre le plus grand ensemble de réformes transformatrices de son histoire, pour une plus grande responsabilisation, un meilleur rapport coût-efficacité et un impact accru dans les pays. Ces efforts se poursuivent aujourd’hui.

    Nous espérons que les États-Unis reconsidéreront leur position et nous sommes déterminés à engager un dialogue constructif afin de maintenir le partenariat entre les États-Unis et l’OMS, dans l’intérêt de la santé et du bien-être de millions de personnes dans le monde”

  • Consolider la riposte à la mpox en Afrique alors que les efforts commencent à porter des fruits

    Consolider la riposte à la mpox en Afrique alors que les efforts commencent à porter des fruits

    Si nous reconnaissons les acquis et célébrons les succès obtenus à ce jour, il n’y a aucun doute que nous devons faire davantage pour protéger les populations contre la mpox, en Afrique et ailleurs.

    Déclaration de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

    Brazzaville – Même si la mpox reste une menace mondiale – comme en atteste la déclaration de l’OMS, le 22 novembre 2024, selon laquelle cette maladie constitue toujours une urgence de santé publique de portée internationale –, nous commençons à percevoir des signes que les efforts de riposte portent des fruits en Afrique.

    C’est une nouvelle encourageante, mais nous savons que des défis demeurent, et nous devons rester vigilants.

    Voici mon analyse.

    Depuis que la mpox a été déclarée comme une urgence de santé publique de portée internationale en août 2024, la situation est devenue plus complexe à l’échelle mondiale. Etant donné que la maladie peut se propager à travers les voyages internationaux, elle doit encore faire l’objet d’une riposte internationale coordonnée.

    Cela ne signifie pas pour autant que la situation en Afrique est la même qu’il y a un peu plus de 100 jours.

    Où en est-on maintenant ?

    La situation de la mpox en Afrique est contrastée. De nombreux pays de la Région ont renforcé la surveillance de la maladie, la détection des cas (y compris aux points d’entrée pendant les voyages) et la prévention des infections (particulièrement grâce à la vaccination), ainsi que la fourniture de soins et le soutien aux personnes touchées. Tous ces efforts ont permis de freiner la propagation du virus.

    Par exemple, depuis le mois d’octobre 2024, le Congo, le Gabon, la Guinée et l’Afrique du Sud n’ont signalé aucune flambée active de mpox pendant au moins six semaines consécutives et sont entrés dans la « phase de contrôle » (laquelle commence lorsqu’aucun nouveau cas n’a été signalé au cours des 42 derniers jours). Et, au 25 novembre, le Ghana, la Zambie et le Zimbabwe sont également entrés dans cette phase.

    Seize des 19 pays de la Région touchés par la mpox ont désormais atteint des taux de dépistage supérieurs à 80 %. Cependant, la République démocratique du Congo reste le pays le plus affecté par la maladie, représentant près de 80 % de tous les cas confirmés en laboratoire dans la Région depuis le début de l’année.

    La mpox s’est propagée à plus de 80 % des zones de santé (touchant 424 zones sur 519) en République démocratique du Congo ; le Sud-Kivu, Tshuapa et Sankuru supportent actuellement la plus lourde charge due à cette maladie. Le pays est confronté à des problèmes importants, notamment des capacités de diagnostic limitées et des contraintes logistiques. Par exemple, seulement 37 % des échantillons prélevés ont été analysés au cours des trois semaines allant de fin octobre à début novembre 2024, laissant certaines provinces sous-représentées dans les données de surveillance, ce qui se ressent par ailleurs sur la riposte.

    Nous devons poursuivre nos efforts dans tous les domaines clés de la riposte aux flambées et les intensifier là où cela s’avère nécessaire.

    Dans toute la Région, l’OMS et ses partenaires ont fourni un appui technique et un large éventail de matériels aux gouvernements pour les aider à se préparer aux flambées de mpox et à y riposter. Plus de 2000 professionnels de santé ont été formés aux principaux aspects de la riposte aux flambées épidémiques. Les capacités de diagnostic ont été considérablement renforcées grâce à la réalisation de 42 000 tests PCR (ou amplification en chaîne par polymérase) au cours du seul mois d’octobre. La recherche et le traitement des cas contacts ont été intensifiés et des activités de communication sur les risques et l’engagement communautaire à grande échelle sont activement soutenues pour informer les populations sur les moyens de rester en sécurité.

    En outre, l’OMS fournit un appui technique aux pays pour qu’ils puissent élaborer des plans de déploiement ciblés des vaccins afin d’accroître au maximum l’impact d’un nombre limité de doses. L’Organisation a facilité l’achat de vaccins par les pays en ajoutant le vaccin MVA-BN à sa liste de préqualification, en déclenchant le processus d’homologation d’urgence des vaccins LC-16 et ACAM2000 et en établissant un Mécanisme d’accès et d’allocation afin de faciliter un meilleur accès aux vaccins, aux traitements et aux tests là où ils sont le plus nécessaires.

    Des campagnes de vaccination contre la mpox sont organisées en ce moment en République démocratique du Congo, au Nigéria et au Rwanda, et des plans de vaccination sont en cours dans d’autres pays.

    En novembre, le Mécanisme d’accès et d’allocation a alloué près de 900 000 doses de vaccin anti‑mpox à neuf pays africains les plus durement touchés par la flambée actuelle de mpox. Il s’agit notamment de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Libéria, du Nigéria, de l’Ouganda, de la République centrafricaine et de la République démocratique du Congo.

    Nous ne sommes pas encore sortis d’affaire.

    Lors d’une visite récente dans un centre de traitement à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, j’ai pu observer par moi-même les efforts et les défis auxquels sont confrontés les professionnels de santé qui continuent de travailler sans relâche dans des conditions difficiles.

    Au 27 novembre 2024, 12 pays connaissaient encore une transmission active du virus. Huit d’entre eux – à savoir la RDC, le Burundi, la République centrafricaine le Nigéria, la Côte d’Ivoire, le Libéria, l’Ouganda et le Kenya – sont confrontés à des flambées épidémiques très préoccupantes. Le Burundi, l’Ouganda et la RDC représentent collectivement plus de 96 % de l’ensemble des cas de mpox confirmés en laboratoire dans la Région et ont toujours besoin d’interventions urgentes et durables.

    À sa deuxième réunion sur la recrudescence de la mpox, tenue le 22 novembre 2024, le Comité d’urgence du RSI a pris note des progrès accomplis dans la lutte contre la propagation de la mpox, mais a indiqué que cette maladie continue de répondre aux critères d’une urgence de santé publique de portée internationale et qu’il s’avère nécessaire d’adopter une riposte cohérente et durable entre les pays, ce qui suppose notamment des engagements nationaux plus fermes.

    Si nous reconnaissons les acquis et célébrons les succès obtenus à ce jour, il n’y a aucun doute que nous devons faire davantage pour protéger les populations contre la mpox, en Afrique et ailleurs.

    La solidarité mondiale et régionale est de ce point de vue essentielle. Il est primordial d’accroître les ressources et le soutien, en particulier pour les communautés et les pays qui sont les plus touchés par la flambée de mpox en Afrique.

    Ce n’est qu’alors que nous pourrons pérenniser les acquis et relever les défis restants, qu’il s’agisse de la surveillance ou de l’accès aux vaccins anti-mpox.

    Contexte

    Au 27 novembre 2024, plus de 14 669 cas confirmés en laboratoire et 55 décès avaient été notifiés dans la Région africaine depuis le début de l’année en cours. La notification de cas d’infection par la souche très virulente du clade 1b au Royaume-Uni, en Suède, en Allemagne, aux États-Unis d’Amérique, en Thaïlande et en Inde souligne l’impérieuse nécessité de s’attaquer à cette flambée épidémique à son épicentre afin d’éviter une nouvelle propagation mondiale.

    La mpox est une maladie virale causée par l’orthopoxvirus simien, une espèce du genre Orthopoxvirus. Les symptômes courants de la mpox sont une éruption cutanée ou des lésions des muqueuses pouvant durer deux à quatre semaines, avec de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des douleurs dorsales, un manque d’énergie et un gonflement des ganglions lymphatiques. Dans les cas graves, la maladie peut être mortelle.

  • Togo : renforcement de la lutte contre les épidémies grâce au Fonds pandémique

    Togo : renforcement de la lutte contre les épidémies grâce au Fonds pandémique

    Renforcer la préparation aux urgences de santé publique à travers une meilleure surveillance épidémiologique, des systèmes de laboratoires améliorés et le développement des ressources humaines en santé, c’est le but visé par le projet du Fonds de lutte contre les pandémies qui est mis en œuvre au Togo. Dans cet article, le Dr Amadou Baïlo Diallo, représentant par intérim de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Togo, revient sur cette initiative, soutenue par l’OMS,sous la direction du gouvernement et en partenariat avec la FAO et l’UNICEF, l’OIM et la Croix Rouge togolaise.

    Le Dr Diallo souligne l’exploit du Togo, qui fait partie des cinq pays africains sélectionnés parmi 179 candidatures mondiales pour bénéficier de ce fonds. Il met en avant l’importance de la collaboration multisectorielle, notamment grâce à l’approche « Une seule santé », pour répondre efficacement aux risques épidémiques et aux urgences de santé publique. En perspective, le Dr Diallo énonce les priorités et les enseignements tirés pour renforcer les capacités nationales de réponse aux crises sanitaires au Togo sur les trois prochaines années. 

    Pouvez-vous nous parler du projet Fonds de lutte contre les pandémies (Pandemic Fund) au Togo ?

      J’ai une bonne connaissance de l’initiative du Fonds de lutte contre les pandémies pour avoir coordonné au niveau du Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique notamment au Hub de Dakar (Sénégal) l’élaboration des demandes de financement pour les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre à soumettre au Fonds pandémique pour les rounds 1 et 2 respectivement en 2023 et 2024. 

      Le projet de renforcement de la préparation et la réponse aux urgences sanitaires au Togo, financé par le Fonds pandémique est une innovation dans la mobilisation des ressources financières pour soutenir les pays à revenu intermédiaire dont le Togo dans la lutte contre les maladies à potentiel épidémique. 

      Au Togo comme dans les autres pays soutenus par le Fonds pandémique, trois domaines d’intervention sont prioritaires. Il s’agit de la surveillance épidémiologique et l’alerte précoce, des ressources humaines et le système de laboratoire. 

      Le Togo fait partie des cinq (05) pays africains dont la proposition a été retenue sur les 179 demandes soumises au Conseil de direction du Fonds. La mise en œuvre de ce projet au Togo est une concrétisation de l’opérationnalisation de la plateforme nationale « Une seule santé », « One Health » en anglais, plateforme multisectorielle dans laquelle travaillent ensemble les Ministère de la santé, de l’agriculture et de l’élevage, de l’environnement pour renforcer les capacités de préparation et de réponse du pays face aux urgences de santé publique.  

      Les partenaires de ce projet au Togo sont le gouvernement togolais, représenté par les Ministères respectivement en charge de la santé, de l’agriculture et de l’élevage, et de l’environnement, l’OMS, la FAO et l’UNICEF. 

      Le projet de lutte contre les pandémies au Togo vise trois objectifs. Il s’agit de renforcer le système de détection, d’alerte précoce et de riposte contre les épidémies et pandémies. A cela s’ajoute l’amélioration de la fonctionnalité et de la qualité du réseau national de laboratoires pour le diagnostic des maladies à potentiel épidémique. Et enfin, le pays est appelé à renforcer les capacités en ressources humaines en santé humaine, animale et environnementale pour la préparation aux urgences.

      La mise en œuvre du projet est entamée depuis le mois d’octobre 2023 à travers l’allocation des ressources aux partenaires, la mise en place d’une équipe de coordination technique du projet qui réunit les experts des trois Ministères clés et les agences d’exécution, l’élaboration d’un plan de suivi et évaluation, l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’action trimestriels. Le premier rapport technique annuel a été élaboré et soumis au Fonds pandémique au mois de juin 2024 avec un taux d’exécution financière de 33 %. 

      Pour les trois prochaines années, quelles améliorations voudriez-vous voir dans la prévention des pandémies, leurs préparations et la capacité de réponse nationale au Togo ?

        D’une manière générale, je suis persuadé qu’aux termes de ce projet au Togo, avec les efforts combinés en cours aussi bien au niveau des acteurs nationaux que des partenaires, les capacités essentielles du Règlement sanitaire international (RSI 2005) seraient renforcées dans les domaines de la prévention, la détection et la réponse face aux urgences de santé publique. 

        De manière spécifique pour les trois prochaines années, nous espérons que les résultats probants seront obtenus à savoir : le renforcement des capacités de détection des épidémies à travers les activités de surveillance épidémiologique et d’alerte précoce et le renforcement des capacités du personnel de santé humaine, animale et environnementale pour une meilleure préparation et réponse aux urgences de santé publique. Autres résultats : le renforcement du système national de laboratoire pour une confirmation rapide des épidémies ainsi que le développement de l’approche multisectorielle pour la préparation et la réponse, sans oublier la réduction de la morbidité et la mortalité liées aux maladies à potentiel épidémique au Togo.  

        Quels sont les éléments nécessaires à la réussite d’un projet du Fonds pandémique au Togo ?

          Les facteurs de succès du projet de Fonds pandémique au Togo sont de trois niveaux. D’abord, c’est la volonté politique manifeste du gouvernement togolais à développer et mettre en œuvre une politique nationale de santé soutenue par l’élaboration et la mise en œuvre d’un Plan national de développement sanitaire (PNDS) lequel intègre la mobilisation des ressources additionnelles auprès des partenaires pour les programmes prioritaires dont la préparation et la réponse aux urgences de santé publique. 

          Ensuite, vient l’adhésion du gouvernement togolais aux initiatives mondiales en faveur de la santé publique mondiale et le développement tels que le Règlement sanitaire international (RSI 2005), l’initiative « Une seule santé » ou « One Health », les objectifs de développement durable (ODD). 

          Et enfin, nous saluons la disponibilité des partenaires techniques et financiers (PTF) à harmoniser leurs efforts pour travailler ensemble tout en s’alignant aux priorités du gouvernement togolais pour une meilleure efficacité de l’aide au développement. Dans le cas de ce projet, un partenariat fort est en train d’être concrétisé entre l’OMS, l’UNICEF et la FAO qui sont les agences d’exécution. L’OIM et la Croix rouge togolaise en sont des contractants avec l’OMS dans l’exécution des volets spécifiques du projet entrant dans leurs domaines de compétence. 

          Quel rôle joue l’augmentation des investissements dans le renforcement des capacités nationales en prévention des pandémies, leur préparation et la capacité de réponse au Togo ?

            L’obtention de ce financement du Fonds pandémique est un véritable succès pour le gouvernement togolais et de ses partenaires mais aussi une opportunité de renforcement des capacités nationales de préparation et de réponse aux urgences d’une part, une source additionnelle de ressources pour le renforcement du système national de santé du Togo d’autre part. 

            Quels sont les enseignements tirés des épidémies passées au Togo qui pourraient être appliqués dans la mise en œuvre du projet du Fonds de lutte contre la pandémie au Togo (en particulier dans les domaines de la surveillance, des laboratoire et du personnel de santé) ?

              Ils sont nombreux. On peut citer la mise en œuvre de la stratégie régionale de surveillance intégrée de la maladie et la riposte (SIMR), les plans de contingence de lutte contre les maladies à potentiel épidémique telles que la méningite, la fièvre jaune, la fièvre de la Lassa, la rougeole, le choléra et la pandémie de la Covid-19 ainsi que les leçons tirées par la documentation de la gestion de ces urgences à travers les revues- après actions (RAA).

              Nous pouvons également citer le renforcement régulier des capacités essentielles du (RSI 2005) et l’utilisation des résultats des différentes évaluations des risques y compris l’évaluation externe conjointe du RSI 2005 qui pourraient être bénéfiques aux trois domaines prioritaires du Fonds pandémique que sont la surveillance, le système de laboratoires et le personnel de santé.

              Votre mot de fin ?

                Je voudrais lancer un appel aux acteurs et aux partenaires du système de santé togolais de poursuivre leurs efforts communs pour le renforcement des capacités nationales de préparation et de réponse aux urgences de santé publique. Nous devons davantage travailler ensemble sur la préparation aux urgences car par expérience, je peux rassurer qu’une préparation aussi petite qu’elle soit est bénéfique pour une réponse efficace face à une urgence.

                En somme, le Fonds pandémique est une initiative de financement de la préparation aux épidémies/pandémies mis à la disposition des pays à revenu faible et intermédiaire dont la mise en œuvre contribuerait au renforcement des capacités essentielles du (RSI 2005). Le Togo et les partenaires techniques et financiers en santé ne ménageront aucun effort pour permettre au premier round de ce projet d’atteindre ses résultats tout en espérant que le deuxième sera obtenu aussitôt afin de soutenir les efforts du pays dans la gestion efficace de l’impact de la crise du Sahel central dans le développement socio-sanitaire de la région des Savanes. L’obtention des financements dans le cadre du 2è cycle de financement du Fonds pandémique (Pandemic Fund) permettrait également la prise en compte des déterminants environnementaux des épidémies et la lutte contre les changements climatiques. 

                Source: https://www.afro.who.int/fr/countries/togo

              1. Contre le diabète, il faut “Briser les barrières et combler les lacunes”

                Contre le diabète, il faut “Briser les barrières et combler les lacunes”

                L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’engage pour que les diabétiques “aient accès à un traitement et à des soins équitables, complets, abordables et de qualité”, rappelle Dr Matshidiso Rebecca Moeti, sa Directrice régionale pour l’Afrique.

                Journée mondiale du diabète 2024

                Message de la Dre Matshidiso Rebecca Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

                Dans un contexte marqué par une hausse de la prévalence du diabète en Afrique, exacerbée par une multitude de facteurs comprenant l’urbanisation, la mauvaise alimentation et la sédentarité, le thème de la Journée mondiale du diabète 2024 souligne à juste titre l’impérieuse nécessité d’adopter une approche axée sur la collaboration afin de lutter contre ce « tueur silencieux ».

                Le 14 novembre de chaque année, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale du diabète. Le thème retenu pour l’édition de cette année, à savoir « Briser les barrières et combler les lacunes », traduit l’engagement de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à réduire les risques et à garantir que toutes les personnes chez qui un diabète a été diagnostiqué aient accès à un traitement et à des soins équitables, complets, abordables et de qualité.

                Le diabète est une maladie chronique qui dure toute la vie et qui entraîne un taux de glycémie incontrôlé parce que l’organisme ne peut plus produire de l’insuline ni utiliser efficacement l’insuline qu’il produit.

                Dans la seule Région africaine de l’OMS, plus de 24 millions d’adultes vivent avec le diabète, et 50 % de ces personnes ne sont pas diagnostiquées. S’il n’est pas traité, le diabète peut entraîner des complications allant des cardiopathies et des accidents vasculaires cérébraux à des lésions nerveuses, en passant par une insuffisance rénale, par une amputation des membres inférieurs ou encore par des maladies oculaires pouvant provoquer la cécité.

                Si des mesures urgentes ne sont pas prises, on prévoit que le nombre de personnes vivant avec le diabète dans la Région africaine atteindra 54 millions d’ici à 2045,[1],[2] soit la plus forte augmentation prévue dans le monde entier. Il en résulte un double fardeau sanitaire et économique important, qui contraint notamment les personnes touchées par le diabète à effectuer des dépenses catastrophiques pour lutter contre cette maladie.

                Le défi est d’autant plus grand que l’Afrique affiche le taux d’investissement dans les soins aux diabétiques le plus faible au monde, car seulement 1 % des dépenses de santé de la Région est consacré à ces soins. Les systèmes de santé sont aussi traditionnellement conçus pour traiter les maladies infectieuses aiguës, sans accorder suffisamment d’attention aux maladies chroniques comme le diabète.

                La prise en charge du diabète nécessite un effort soutenu destiné à concilier l’activité physique, l’alimentation saine et le bien-être mental, et l’OMS dans la Région africaine s’est engagée à trouver des solutions intégrées à ce problème ; on peut citer par exemple une nutrition adéquate, l’accès aux médicaments essentiels nécessaires et un soutien dans le domaine de la santé mentale. Il est tout aussi essentiel de mettre en place des stratégies de prévention globales pour lutter contre des facteurs de risque tels que l’obésité, la mauvaise alimentation et la sédentarité, et d’impliquer la communauté pour garantir de bons systèmes de soutien et réduire la stigmatisation.

                Lors de la soixante-quatorzième session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique, qui s’est tenue en août dernier, les États Membres de la Région africaine ont franchi une étape importante en approuvant le Cadre pour la mise en œuvre du Pacte mondial contre le diabète dans la Région africaine de l’OMS. Axé de façon spécifique sur le défi consistant à intégrer les soins du diabète dans les systèmes de santé plus larges en vertu d’une approche multisectorielle, ce Cadre englobe une feuille de route grâce à laquelle les pays peuvent accroître la prévention et améliorer le diagnostic et les soins du diabète, surtout au niveau des soins de santé primaires.

                À l’occasion de la Journée mondiale du diabète, j’exhorte chaque personne, mais également les communautés, les gouvernements, les professionnels de la santé, les responsables de l’élaboration des politiques et les organisations de la société civile à se serrer les coudes et à agir maintenant. En tant que personne, vous devez privilégier un mode de vie sain et, si vous êtes déjà diabétique, vous devez vous faire suivre régulièrement par un médecin.

                Les communautés peuvent jouer leur rôle en créant des environnements propices qui encouragent l’adoption de modes de vie sains, réduisent la stigmatisation et permettent d’accéder à des soins du diabète et à une éducation sur cette maladie, à un coût abordable. Aux gouvernements, je dirai que nous nous engageons à soutenir pleinement les efforts que vous faites pour mener des politiques qui élargissent l’accès aux médicaments essentiels, renforcent les systèmes de soins de santé primaires et portent essentiellement sur l’investissement dans la prévention et la prise en charge du diabète.

                Le renforcement de la lutte contre le diabète dans la Région africaine requiert que nous nous attaquions aux principales lacunes, notamment aux idées reçues et autres fausses informations sur le diabète, à la fragilité des systèmes de soins de santé primaires et à l’inadéquation des capacités et de la formation des agents de santé.

                Ensemble, nous devons nous engager à surmonter les obstacles et à combler les lacunes, en suscitant une prise de conscience du diabète, en diffusant des connaissances et en créant un changement durable pour toutes les personnes touchées par cette maladie en Afrique.


                [1] World Health Organization (WHO). Diabetes, a silent killer in Africa. https://files.aho.afro.who.int/afahobckpcontainer/production/files/iAHO_Diabetes_Regional_Factsheet.pdf

                [2] International Diabetes Federation (IDF). Africa diabetes report 2000 — 2045. Consulté le 11 octobre 2024. Disponible à l’adresse https://diabetesatlas.org/data/.

              2. Matshidiso Moeti (OMS) : « La déficience visuelle contribue à des pertes considérables »

                Matshidiso Moeti (OMS) : « La déficience visuelle contribue à des pertes considérables »

                Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique,  alerte sur la problématique de la vision. «…les pertes de productivité annuelles dues à la déficience visuelle ont été estimées à 9,7 milliards de dollars en 2019 ».

                Journée mondiale de la vue, 10 octobre 2024

                Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

                Selon le Rapport mondial sur la vision 2019 de l’OMS, au moins 2,2 milliards de personnes souffrent de déficience visuelle ou de cécité dans le monde, et au moins un milliard d’entre elles sont atteintes d’une déficience visuelle qui aurait pu être évitée ou qui n’a pas encore été traitée. En Afrique subsaharienne, environ 140 millions de personnes souffraient de déficience visuelle en 2019.  Or, une bonne vision est essentielle au bien-être, à l’éducation, à l’emploi et à la productivité économique. En revanche, la déficience visuelle contribue de façon notable à des pertes considérables dans tous ces domaines. Par exemple, les pertes de productivité annuelles dues à la déficience visuelle ont été estimées à 9,7 milliards de dollars en 2019.

                La Journée mondiale de la vue, célébrée chaque année le deuxième jeudi du mois d’octobre, a pour but d’attirer l’attention sur la prévention de la perte de vision et la promotion de la santé oculaire. Cette année, les projecteurs sont braqués sur l’importance cruciale d’accorder la priorité à la santé oculaire des enfants et de donner aux enfants du monde entier la possibilité d’aimer leurs yeux. Le jeune enfant atteint de déficience visuelle sévère d’apparition précoce peut présenter un retard de développement cognitif, social, émotionnel, moteur ou de langage qui aura des conséquences tout au long de sa vie. L’enfant en âge scolaire atteint de déficience visuelle peut avoir de moins bons résultats scolaires et une plus faible estime de soi que les enfants du même âge ayant une vue normale.  Il est donc essentiel de veiller à la santé oculaire des enfants pour promouvoir leur bien-être tout au long de la vie.

                Si la Région africaine a réduit la perte de vision due à des affections telles que la carence en vitamine A et le trachome, il faut bien reconnaître que la santé oculaire y est confrontée à de nouveaux défis liés au vieillissement de la population, à l’adoption de modes de vie malsains, à des facteurs environnementaux, à des régimes alimentaires modifiés et à l’adoption de modes de vie sédentaires qui contribuent à l’augmentation des maladies non transmissibles et de la rétinopathie diabétique liée au diabète.1 La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions simples et efficaces pour traiter les affections oculaires, telles que les lunettes pour corriger les défauts de réfraction, une solution qui n’est pas encore accessible à un grand nombre de personnes dans notre Région.

                Dans la Région africaine, des défis perdurent malgré les progrès réalisés dans des domaines tels que la formation, les enquêtes et la réduction de la perte de vision due à des maladies spécifiques. À ce jour, seuls 32 % des pays  se sont dotés d’une politique, d’une stratégie ou d’un plan d’action national pour lutter contre la perte de vision et la cécité, tandis que 64 % des pays  disposent d’un point focal pour la santé oculaire au ministère de la santé.  Près de la moitié des pays  proposent une évaluation de la vision des enfants, tandis que 16 pays  seulement ont intégré la prescription de lunettes et 18 pays  ont intégré la chirurgie de la cataracte dans les interventions qu’ils offrent dans le cadre de leurs prestations de santé publique.

                Les ressources financières sont rares, le personnel qualifié est inégalement réparti et l’accès aux soins ophtalmologiques reste insuffisant. Les consommables et les technologies font souvent défaut ou sont hors de prix. Dans le même temps, des obstacles systémiques tels que le manque de sensibilisation, la stigmatisation et le coût continuent d’entraver les progrès et de limiter la recherche précoce et régulière de soins, ainsi que l’accès aux interventions nécessaires.

                Pour relever ces défis, l’OMS plaide en faveur de la santé oculaire depuis les années 1960. Dans l’une de ses résolutions adoptées en 2021, l’Assemblée mondiale de la Santé invite instamment les pays à adopter des soins oculaires intégrés centrés sur la personne,  les cibles mondiales de couverture effective des erreurs de réfraction et de la chirurgie de la cataracte devant être atteintes d’ici à 2030, à savoir une augmentation de 40 points de pourcentage de la couverture pour la correction des erreurs de réfraction et une augmentation de 30 points de pourcentage de la couverture en ce qui concerne la chirurgie de la cataracte.  Cette initiative soutient l’intégration des soins oculaires dans les systèmes de santé nationaux, la promotion d’examens oculaires réguliers, l’élargissement de l’accès aux soins, la sensibilisation du grand public et l’utilisation de la technologie pour suivre et évaluer les progrès réalisés vers l’amélioration de la santé oculaire. Il est tout à fait possible d’intégrer le dépistage visuel et l’orientation-recours des patients dans le cadre des « initiatives de promotion de la santé dans les écoles »,  en vue de la santé oculaire des enfants. La collaboration à tous les niveaux du système de santé est primordiale pour réussir, l’accent étant mis sur la garantie d’un accès rapide à des soins ophtalmologiques intégrés et centrés sur l’individu dans le contexte des soins élargis destinés aux personnes souffrant de maladies non transmissibles tout au long de la vie, en faisant porter les efforts sur le niveau des soins primaires.

                Aujourd’hui, nous avons l’occasion de sensibiliser le grand public à l’importance d’une bonne vision en utilisant la santé oculaire de l’enfant comme point d’entrée, car les enfants sont au centre de la famille et la promotion de la santé oculaire de l’enfant peut contribuer à la promotion d’une bonne vision dans toute la famille comme dans la société tout entière. En outre, cette Journée nous offre la possibilité de faire savoir au grand public que des services de santé oculaire sont disponibles et d’encourager chacune et chacun d’entre nous à rechercher rapidement des soins en cas de trouble oculaire afin de bénéficier des interventions nécessaires pour traiter sa vision, la sauver ou l’améliorer. Sans aucun doute, il est temps de donner la priorité aux soins oculaires dans nos pays. Chacune et chacun d’entre nous a un rôle à jouer à cet effet.

                Il est temps de donner la priorité aux soins oculaires dans tous les pays, en veillant à ce que chaque personne joue un rôle dans la sensibilisation et dans la promotion de soins précoces visant à sauver ou à améliorer la vision.

                En savoir plus

                1.           Organisation mondiale de la Santé. Rapport mondial sur la vision. 2019. Disponible à l’adresse https://www.who.int/publications/i/item/9789241516570.

                2.           Soixante-Quatorzième Assemblée mondiale de la Santé. Point 13.9 de l’ordre du jour, décision WHA74(12), 31 mai 2021. Soins oculaires intégrés centrés sur la personne, cécité et déficience visuelle évitables comprises. Disponible à l’adresse https://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA74/A74(12)-en.pdf.

                3.           World Health Organization. Eye Care in Health Systems: guide for action Geneva, Switzerland2020 [cited 2024 06/02/2024]. Disponible à l’adresse https://www.who.int/publications/i/item/9789240050068.

                4.           Organisation mondiale de la Santé Rapport sur les cibles atteignables en 2030 concernant la couverture effective des soins oculaires [Internet]. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2022 (disponible à l’adresse https://apps.who.int/iris/handle/10665/363158).

                5.           Organisation mondiale de la Santé. Rapport mondial sur la vision [Internet]. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2019 (disponible à l’adresse https://apps.who.int/iris/handle/10665/335826).

                6.           ATscale: global partnership for assistive technology. A market landscape and strategic approach to increasing access to eyeglasses in low-and middle-income countries. Product narrative: Eyeglasses; 2020 (https://at2030.org/static/at2030_core/outputs/Product_Narrative-Eyeglasses_final.pdf).

                7.           WHO. Global Refractive Error Expert Consultation, WHO Headquarters, Geneva, Switzerland, Meeting Report; 2023 (https://www.who.int/news-room/events/detail/2023/05/11/default-calendar/global-refractive-error-expert-consultation).

                8.           WHO (2021). Assessing national capacity for the prevention and control of noncommunicable diseases: report of the 2021 global survey.

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