Étiquette : Médecine traditionnelle

  • Lomé consacre les gardiens des savoirs ancestraux

    Lomé consacre les gardiens des savoirs ancestraux

    Lomé réunira en août les acteurs de la médecine traditionnelle ouest-africaine pour célébrer et promouvoir les savoirs thérapeutiques du continent.

    La capitale togolaise s’apprête à devenir, le 7 août prochain, le carrefour de la médecine traditionnelle ouest-africaine. À l’initiative de l’Organisation des chercheurs et médecins holistiques du Togo (OCMH-Togo), la première édition des Awards des praticiens de la médecine traditionnelle d’Afrique de l’Ouest (APM-TAO) réunira à Lomé des praticiens, chercheurs et acteurs de la santé venus de plusieurs pays de la sous-région.

    Placée sous le thème « Les enjeux de la médecine africaine à l’ère du numérique », cette rencontre entend mettre en lumière le rôle central que joue la médecine traditionnelle dans la prise en charge sanitaire des populations africaines. Selon les organisateurs, près de 80 % des habitants du continent recourent encore à ces pratiques pour répondre à leurs besoins de santé.

    Le Burkina Faso est le pays invité d’honneur de cette première édition. Le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, en est le parrain officiel. Les promoteurs de l’événement saluent ainsi les efforts entrepris par les autorités du pays pour renforcer la reconnaissance et la valorisation de la médecine traditionnelle.

    Au programme figurent des remises de trophées, distinctions honorifiques et diplômes de reconnaissance destinés à récompenser les praticiens et chercheurs qui se sont illustrés dans la préservation et la promotion des savoirs thérapeutiques africains. Mais au-delà de l’aspect honorifique, les APM-TAO ambitionnent de devenir une véritable plateforme régionale d’échanges et de coopération entre les acteurs du secteur.

    Lors de la conférence de presse de lancement, le coordinateur national de l’OCMH-Togo, Bedi-Djinekou Sénam, a souligné l’importance de reconnaître et de transmettre les connaissances détenues par les praticiens traditionnels. Selon lui, chaque acteur du domaine est dépositaire d’un patrimoine précieux qu’il convient de préserver pour les générations futures.

    À travers cette initiative, l’OCMH-Togo veut contribuer à l’émergence d’une médecine traditionnelle modernisée, mieux structurée et davantage intégrée aux politiques de santé publique africaines, tout en offrant une visibilité accrue aux gardiens des savoirs ancestraux du continent.

  • Les savoirs ancestraux prennent voix

    Les savoirs ancestraux prennent voix

    Les praticiens de la médecine traditionnelle togolaise franchissent une nouvelle étape dans leur organisation. Réunis le 23 mai à Kpalimé, les prêtres et herboristes traditionnels ont officiellement créé le Syndicat national des prêtres et herboristes traditionnels du Togo (SYNAPHET-Togo), avec l’ambition de mieux structurer et valoriser leurs savoirs ancestraux.

    Ce congrès constitutif, placé sous le thème de la valorisation des valeurs culturelles ancestrales africaines, a rassemblé plusieurs acteurs issus des pratiques traditionnelles et spirituelles du pays. À l’issue des travaux, les participants ont adopté les textes fondamentaux du syndicat et procédé à l’élection d’un bureau exécutif de 11 membres.

    À la tête de cette nouvelle organisation, Akamah Kokou Blaise a été élu secrétaire général pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois. Le nouveau bureau entend œuvrer à une meilleure reconnaissance des praticiens de la médecine traditionnelle, souvent considérés comme des acteurs essentiels dans la prise en charge sanitaire et spirituelle de nombreuses communautés.

    Le SYNAPHET-Togo affiche également une volonté de promouvoir les traditions culturelles africaines et de défendre les rites ancestraux. Parmi ses priorités figurent le plaidoyer pour l’instauration de journées dédiées aux ancêtres et aux divinités ainsi que la revalorisation des pratiques spirituelles traditionnelles.

    Pour les initiateurs, cette structuration permettra non seulement de renforcer la crédibilité des praticiens, mais aussi de préserver un patrimoine culturel transmis de génération en génération. Dans un contexte où les savoirs endogènes cherchent davantage de reconnaissance, le syndicat veut devenir une voix forte pour les détenteurs de connaissances traditionnelles.

    Les autorités locales présentes à la rencontre ont salué l’initiative, estimant qu’elle participe à la sauvegarde de l’identité culturelle et spirituelle du Togo.

  • Interview/Yawo Agbédévi: « Je guéris beaucoup de maux »

    Interview/Yawo Agbédévi: « Je guéris beaucoup de maux »

    L’homme cultive la discrétion et laisse parler ses médicaments à base des plantes. Dans l’entretien ci-après, il parle des maux qu’il traite et des exigences de son métier, entre autres.

    Pour commencer cette interview, explique-nous d’abord la différence entre un tradithérapeute et un herboriste ?

    Y.A : Un tradithérapeute est quelqu’un qui maîtrise l’utilisation des feuilles, de la racine ou de l’écorce des plantes pour guérir une maladie. A travers les feuilles, la racine ou l’écorce, il peut en faire un médicament pour un traitement précis destiné à la commercialisation. Alors qu’un herboriste ne fait pas de médicaments. Par contre, il vend les feuilles, la racine et l’écorce des plantes. Il a aussi une connaissance approfondie des plantes.

    Comment reconnaître un tradithérapeute d’un herboriste ?

    Y. A : Lorsque tu exerces bien ton métier, cela se répand. Tes médicaments te rendent célèbre. C’est pareil aussi pour les hôpitaux. C’est pourquoi il y a des centres de santé de renom.

    C’est à travers les médicaments qu’on peut reconnaître un tradithérapeute d’un herboriste. Je dois ajouter ceci : il y a des préjugés autour des plantes. La corète, le gombo, les épinards, etc. ne sont-elles pas toutes des plantes ? Et pourtant leur consommation n’a jamais engendré de décès. Pour dire qu’on ne peut pas vivre sans la nature.

    Aujourd’hui, des voix en Afrique prônent de plus en plus le retour aux valeurs ancestrales. Quel est votre regard sur cette problématique ?

    Y.A : Nous devons valoriser la médecine traditionnelle. Mais nous ne devons non plus négliger la médecine moderne. C’est une complémentarité. Dans le temps, des vies pouvaient être sauvées si devant certains cas inexplicables, nos grands-parents se faisaient consulter à l’hôpital. Par exemple, les aïeux décédaient parfois des maux de ventre chronique, mal diagnostiqués. Ils ignoraient que cette maladie pouvait être due à une hernie, à une plaie, à une appendicite, etc. Leur connaissance de la maladie était donc limitée. Cependant, la médecine traditionnelle est très importante aussi. Car il y des situations devant lesquelles la médecine moderne reste impuissante mais que les plantes guérissent.

    Dites-nous un peu les exigences du métier de tradithérapeute

    Y. A : Le métier exige de l’apprentissage. La connaissance est infinie. Le monde est vaste et Dieu qui a créé l’univers est un grand savant. Il y a des choses que nous ne maîtrisons pas totalement. Donc, nous devons continuer à apprendre de jour en jour. Par exemple, dans le traitement d’une maladie, on doit pouvoir savoir quelle plante médicinale associer avec une autre, ou savoir laquelle n’est pas compatible avec l’autre ; ou savoir quelles plantes utiliser pour faire les décoctions.

    Cela fait combien d’années que vous exercez ce métier ?

    Y.A :     C’était en 1995. J’ai traité la fièvre typhoïde à un enseignant. Il en souffrait terriblement. Les traitements à l’hôpital ne le guérissaient pas. Je lui ai préparé un médicament à base des plantes et il a recouvré la santé. Je dois dire que ça a été le déclic. Mais j’ai été pendant longtemps discret. Mais depuis plusieurs années, beaucoup de gens me connaissent à travers mes médicaments qu’ils considèrent efficaces.

    Quels sont les cas que vous traitez ?

    Y.A : Je guéris beaucoup de maladies, prostate, diabète, foie, reins, mycose vaginale, fibromes, hépatites, arthrose, stérilité masculine et féminine,  faiblesse sexuelle, et d’autres que je ne peux citer ici.

    Quelle rare situation auquel faites-vous face parfois dans l’exercice de votre métier ?

    Y.A : Il est vrai nous faisons face parfois à certaines situations. Il arrive que dans le traitement d’un patient, une autre maladie apparaît. Cela montre que cette nouvelle pathologie était en latence et c’est le traitement qu’il l’a rendue manifeste.

    Les patients ignorent ces cas et s’affolent. Nous les rassurons et leur expliquons que c’est une réaction normale de l’organisme. Ils finissent par comprendre. Toutefois, il y a des maladies que ni la médecine moderne ni la médecine traditionnelle ne peuvent guérir. Par exemple, certains cas d’infertilité masculine et féminine sont inguérissables. Ce sont des manifestations divines. Certains viennent au monde sans concevoir malgré tous les traitements.

    Comment êtes-vous arrivé dans ce métier ?

    Y.A : Dieu a pourvu chaque être humain d’un don particulier. Je n’ai pas appris ce métier. Le cas du traitement de la fièvre typhoïde dont j’ai parlé plus haut m’a permis de découvrir ce don qui dormait en moi. Cette expérience a fait des échos puisque j’ai commencé par guérir les gens à base des plantes jusqu’à présent. Pour composer les médicaments, cela me vient comme un appel de l’intérieur. C’est quelque chose de divin.

    Que répondez-vous au procès de dosage qui est souvent fait aux médicaments  dits traditionnels ?

    Y.A : La non maîtrise du dosage des médicaments à base des plantes, est une réalité. Mais je pense que ce n’est pas évident dans tous les cas. Il y a des personnes qui ont vécu au-delà de 100 ans, et qui de toute leur existence, se sont soignés uniquement avec les plantes médicinales. Ces cas sont nombreux.

    Pour conclure

    Dieu a doté toute communauté de tout ce qu’elle a besoin pour sa santé. Il a pourvu l’Afrique des plantes comestibles et médicinales. Néanmoins, il y a certains préjugés qui tendent à détourner le regard de la médecine traditionnelle au profit de la médecine moderne qui n’est pas non plus sans reproche. Il y a tellement de choses infondées sur la médecine traditionnelle. Mais je peux vous garantir que la médecine traditionnelle traite beaucoup de cas. Nous traitons notamment les maladies non transmissibles. Il faut, toutefois, reconnaître les prouesses de la médecine moderne. Car devant certaines situations, nous dirigeons nos patients vers les hôpitaux. 

    Propos recueillis par la Rédaction

  • Les clés de Kodjo Eklou Aba pour le traitement et la prévention des maladies par les plantes médicinales

    Les clés de Kodjo Eklou Aba pour le traitement et la prévention des maladies par les plantes médicinales

    L’objectif est de partager gratuitement les fruits de ses recherches sur la guérison thérapeutique de diverses pathologies qui, jusqu’à ce jour, continuent de faire des victimes dans la population togolaise et d’ailleurs en Afrique.

    Comme annoncé, l’atelier de formation initié par le Président de l’ONG CERMETRA (Centre de Recherche en Médecine Traditionnelle Appliquée), ABA Kodjo Eklou a tenu ses promesses ce jeudi 04 août 2025 dans les locaux de son organisation à Badougbé dans la préfecture de Vo.

    L’objectif est de partager gratuitement les fruits de ses recherches sur la guérison thérapeutique de diverses pathologies qui jusqu’à ce jour continuent de faire des victimes dans la population togolaise et d’ailleurs en Afrique.

    Pour lui, le village qui l’a vu naître, Badougbé, devrait désormais être le lieu où toutes les maladies chroniques dont la tension artérielle, l’accident vasculaire cérébral (AVC), le diabète, les infections chroniques, l’arthrose et autre impuissance sexuelle etc. doivent être guéries par n’importe qui rencontré à Badougbé.

    Il est question également de léguer les secrets du traitement des maladies et leur prévention par les plantes médicinales aux jeunes de son village et d’ailleurs.

    Ainsi, la cinquantaine de participants qui ont pris part à cette formation ont eu à suivre les enseignants riches en théorie et pratique.

    Séance tenante, les plantes médicinales ont été composées et préparées pour consommation.

    Le chercheur thérapeute a été le premier à prendre la portion pour montrer l’exemple aux participants en terme de leur prouver que l’enseignement sur les plantes médicinales est une richesse pour l’Afrique. La seule force que le bon Dieu, créateur, a donné aux êtres humains sur ce continent, enchaîne-t-il.

    Pour lui, si d’autres peuples en Asie ont une durée de vie longue, c’est parce qu’ils ont compris que les plantes médicinales ont une force, une puissance de prévention et de guérison des maladies, et ils les pratiquent.

    Cette première session ouvre le bal à une série de formations sur la prévention et la guérison des pathologies par les plantes médicinales à l’endroit de la masse.

    Un acte hautement apprécié par les participants parmi lesquels les patients, souhaitant la continuité de ces ateliers de formation.

    Au terme de la formation, un conseil pratique a été donné par l’instructeur aux participants sur la maladie de la peau. Le comportement à adopter surtout pour l’éviter.

    Rendez-vous est donc pris pour le prochain mois.

    Justin Anani

  • Médecine traditionnelle : forces et faiblesses selon Togbui Dagban-Ayivon

    Médecine traditionnelle : forces et faiblesses selon Togbui Dagban-Ayivon

    Ce mercredi 12 février, à Lomé, l’antenne togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement a organisé une conférence, placée sous le thème « La place de la pharmacopée dans le domaine de la santé au Togo » et animée par la tête couronnée Dagban-Ayivon en présence d’un représentant de l’Organisation mondiale de la santé et du chef de la division de la médecine traditionnelle au ministère de tutelle.

    La section togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a démarré la nouvelle année par une conférence animée par le chef traditionnel d’Adakpamé avec la modération de Kossivi Amétowogblona, le Secrétaire général dudit réseau. Parmi l’assistance, composée de journalistes, il y avait aussi Dr Malou Koboyo, le chef division de la médecine et pharmacopée traditionnelle au ministère en charge de la Santé et de  Joseph Koivogui, le représentant du Représentant de l’OMS au Togo.

    D’entrée de jeu, le conférencier a insisté sur le fait que la médecine traditionnelle togolaise, africaine, existe bel et bien. Il a expliqué le cheminement qui aboutit à la préparation des remèdes. « Nous avons notre propre paradigme, différent de celui de l’Occident », a-t-il ajouté, rappelant que la médecine traditionnelle intègre la dimension spirituelle.

     « Grâce à un cauri, il est possible d’interroger la pharmacopée, de questionner le remède pour savoir s’il sera efficace dans un cas donné. Si la réponse est négative, on explore d’autres solutions complémentaires jusqu’à obtenir une confirmation », a-t-il expliqué.

    Et de regretter qu’ « au Togo, la pharmacopée ne soit pas intégrée dans les protocoles de soins hospitaliers et soit trop souvent assimilée au charlatanisme ».

    La médecine traditionnelle a des limites. En effet, a poursuivi la tête couronnée, «Les affections qui nous sont importées, qui nous viennent d’ailleurs nous limitent dans nos prestations et il va falloir faire des recherches pour venir à bout ».

    « Généralement il y a certains types de cancer que nous ne savons pas guérir. Nous faisons des guérisons symptomatiques et à force de les guérir nous atteignons le résultat», a-t-il renchéri.

    Pour finir, Togbui Dagban-Ayivon a souhaité que les démarches de la médecine traditionnelle soient intégrées dans un protocole de telle sorte à aboutir à la complémentarité entre la pharmacopée togolaise et la médecine conventionnelle comme on en voit dans certains pays de la  sous-région. Objectif, « mettre au point des solutions efficaces pour les patients ».

    En résume, comme l’a retenu Ambroisine Mêmèdé, la coordinatrice du REMAPSEN-Togo, la médecine traditionnelle et celle conventionnelle « doivent travailler en complémentarité pour le bien des populations », d’autant qu’elles « ne s’opposent pas » en réalité. Une approche également souhaitée par Dr Malou Koboyo et  Joseph Koivogui.

    Avant l’entame de la conférence, les membres du bureau du REMAPSEN-Togo ont validé le plan d’action 2025, identifié les partenaires, entre autres.

Radio Renouveau228

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