Étiquette : Ghana

  • LGBT+: Accra durcit la répression

    LGBT+: Accra durcit la répression

    Au Ghana, l’adoption d’une nouvelle loi anti-LGBT+ aux sanctions particulièrement sévères ravive le débat sur les droits humains et le durcissement des législations contre l’homosexualité en Afrique.

    Le Ghana franchit un nouveau cap dans sa politique conservatrice à l’égard des personnes LGBT+. Les députés ghanéens ont adopté, vendredi 29 mai, une loi particulièrement controversée qui criminalise davantage les relations homosexuelles et toute forme de soutien à la communauté LGBT+. Le texte doit désormais être ratifié par le président John Mahama pour entrer officiellement en vigueur.

    Baptisée loi « sur les droits sexuels et les valeurs familiales », cette législation est considérée comme l’une des plus répressives du continent africain. Elle prévoit jusqu’à trois ans de prison pour toute personne reconnue coupable de relations homosexuelles. Plus encore, les individus accusés de « promouvoir », « parrainer » ou soutenir volontairement des activités LGBT+ risquent des peines allant de trois à cinq ans d’emprisonnement.

    Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest à majorité chrétienne et fortement attaché aux valeurs religieuses et traditionnelles, les relations entre personnes de même sexe étaient déjà interdites par une loi héritée de l’époque coloniale. Toutefois, jusqu’à présent, cette interdiction donnait rarement lieu à des poursuites judiciaires.

    Le texte adopté vendredi n’est pas une surprise. Une première version avait déjà été votée à l’unanimité par le Parlement en février 2024. Mais l’ancien président Nana Akufo-Addo n’avait jamais promulgué la loi avant la fin de son mandat. Conformément à la Constitution ghanéenne, le projet était donc devenu caduc avec la fin de la législature, obligeant le nouveau Parlement à reprendre le processus.

    Cette nouvelle mouture conserve l’essentiel des dispositions controversées, tout en introduisant quelques exceptions. Les avocats pourront désormais défendre des personnes LGBT+ sans risquer de sanctions pénales. Les médias seront autorisés à traiter des sujets liés à la communauté LGBT+, tandis que les professionnels de santé pourront continuer à fournir des soins médicaux, un accompagnement psychologique ou des interventions chirurgicales.

    Malgré ces ajustements, les critiques restent nombreuses. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une loi liberticide et discriminatoire qui pourrait accentuer les violences et la stigmatisation contre les minorités sexuelles. Des ONG internationales ont également exprimé leur inquiétude face à ce qu’elles considèrent comme une atteinte grave aux libertés fondamentales.

    Le président John Mahama, élu récemment, avait déjà affiché son soutien au projet durant sa campagne électorale. Peu après son arrivée au pouvoir, il avait déclaré : « Je crois aux principes et aux valeurs selon lesquelles il n’existe que deux sexes : l’homme et la femme. Et que le mariage est entre un homme et une femme. »

    L’adoption de cette loi s’inscrit dans une tendance plus large observée dans plusieurs pays africains. Au Sénégal, une nouvelle loi votée en mars dernier a doublé les peines visant les relations homosexuelles, désormais punies de cinq à dix ans de prison. Au Burkina Faso, les autorités militaires avaient déjà adopté en septembre 2025 un texte réprimant les « pratiques homosexuelles » avec des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

    Dans plusieurs autres pays africains, notamment en Ouganda, en Mauritanie ou encore en Somalie, les sanctions contre l’homosexualité figurent parmi les plus sévères au monde, allant jusqu’à la peine de mort.

  • Expulsée des États-Unis, une Togolaise dénonce un retour forcé via le Ghana

    Expulsée des États-Unis, une Togolaise dénonce un retour forcé via le Ghana

    Expulsée des États-Unis avec d’autres migrants ouest-africains, une Togolaise affirme avoir subi des conditions de détention éprouvantes au Ghana avant d’être renvoyée au Togo sans véritable procédure officielle.

    Entre expulsions migratoires, accusations de détention arbitraire et tensions diplomatiques, le parcours de plusieurs ressortissants ouest-africains renvoyés des États-Unis soulève de vives interrogations sur le respect des droits humains.

    Une nouvelle polémique secoue la gestion des migrants expulsés des États-Unis vers l’Afrique de l’Ouest. Au cœur de cette affaire, des ressortissants togolais et ouest-africains affirment avoir été transférés de force du Ghana vers leurs pays d’origine après leur expulsion du territoire américain. Parmi eux, une Togolaise aurait dénoncé des conditions de détention difficiles et un rapatriement imposé sans véritable procédure transparente.

    Selon plusieurs médias internationaux, les autorités ghanéennes avaient accepté d’accueillir temporairement des migrants africains expulsés des États-Unis. Mais quelques jours après leur arrivée à Accra, certains d’entre eux auraient été conduits dans un centre sécurisé avant d’être renvoyés vers leurs pays respectifs, notamment le Togo.

    Des avocats et organisations de défense des droits humains évoquent une possible violation des droits fondamentaux des personnes concernées. Ils dénoncent notamment l’absence d’assistance juridique suffisante, des restrictions de mouvement ainsi qu’un manque d’informations claires sur les décisions prises à leur encontre. Pour les défenseurs des migrants, cette situation met en lumière les zones d’ombre entourant les accords migratoires entre certains États africains et les autorités américaines.

    Le gouvernement ghanéen, de son côté, assure avoir simplement facilité le retour des expulsés vers leurs pays d’origine conformément aux procédures administratives en vigueur. Aucune déclaration officielle détaillée n’a cependant été faite sur les accusations de transfert forcé.

    Au Togo, cette affaire suscite déjà de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique. Plusieurs internautes s’interrogent sur les conditions d’accueil des ressortissants togolais expulsés de l’étranger et sur l’accompagnement psychologique, social et administratif qui leur est réservé à leur retour.

    Au-delà du cas togolais, cette affaire relance le débat sur la gestion des flux migratoires et le traitement réservé aux migrants africains dans un contexte international de plus en plus marqué par le durcissement des politiques migratoires. Pour de nombreux observateurs, le respect de la dignité humaine doit rester au centre de toute politique d’expulsion ou de rapatriement.

  • Ghana : changement de cap à haut risque avant le Mondial

    Ghana : changement de cap à haut risque avant le Mondial

    À seulement deux mois de la Coupe du monde 2026, la Fédération ghanéenne de football a pris une décision aussi forte que risquée : limoger Otto Addo pour confier les rênes des Black Stars au technicien portugais Carlos Queiroz. Un choix qui soulève déjà de nombreuses interrogations quant à sa pertinence et à son timing.

    Officiellement nommé ce lundi, Carlos Queiroz entre immédiatement en fonction avec une mission claire : préparer le Ghana pour un Mondial qui débute le 11 juin prochain. Mais derrière cette annonce, c’est surtout la brutalité du changement qui interpelle. Otto Addo a été écarté il y a à peine deux semaines, à la suite d’une défaite en amical face à l’Allemagne (2-1). Une décision précipitée qui pourrait fragiliser davantage un groupe déjà en quête de repères.

    À 73 ans, Carlos Queiroz arrive avec une solide expérience internationale. Ancien sélectionneur du Portugal lors de la Coupe du monde 2010, il a également dirigé l’Iran en 2018 et 2022, ainsi que des sélections comme la Colombie, l’Égypte, le Qatar ou encore Oman. Son passage sur le banc du Real Madrid (2003-2004) témoigne aussi de son vécu au plus haut niveau. Mais cette expérience suffira-t-elle à compenser le manque de temps ?

    Car le défi est immense. Le Ghana se retrouve dans un groupe relevé avec l’Angleterre, la Croatie et le Panama. Trois adversaires aux profils variés, mais redoutables, qui exigeront une préparation minutieuse et une cohésion sans faille. Or, c’est précisément ce qui pourrait manquer aux Black Stars, bouleversés par ce changement de cap à un moment aussi crucial.

    La Fédération ghanéenne a-t-elle pris un pari inconsidéré ? En changeant de sélectionneur si tard, elle mise sur un électrochoc capable de relancer une équipe en difficulté. Mais ce type de stratégie comporte des risques évidents : adaptation tactique express, gestion humaine délicate et pression accrue sur le nouveau staff.

    Carlos Queiroz peut-il sauver ce qui peut encore l’être ? L’expérience plaide en sa faveur, mais le temps joue contre lui. Dans un contexte aussi tendu, chaque décision comptera. Et pour le Ghana, l’issue de ce pari audacieux pourrait bien se jouer dès les premiers matchs du Mondial.

  • Enam Music, l’âme africaine en mouvement

    Enam Music, l’âme africaine en mouvement

    Dans un paysage musical africain en constante évolution, une voix singulière s’impose avec force et authenticité : Enam Music.

    De son vrai nom Enam Keteku Angela, Enam Music, artiste ghanéenne originaire de la région de la Volta, incarne une nouvelle génération de créateurs profondément enracinés dans leurs traditions, tout en étant résolument tournés vers le monde moderne. À travers son univers sonore unique, elle redéfinit les contours de la musique africaine contemporaine.

    Pionnière de l’Afro-Spiritual Music, Enam Music ne se contente pas de faire de la musique : elle propose une véritable expérience sensorielle et spirituelle. Son art repose sur une fusion subtile entre les sonorités traditionnelles africaines, percussions ancestrales, chants rituels, rythmes folkloriques, et des arrangements modernes qui rendent ses œuvres accessibles à un public international. Cette hybridation lui permet de toucher à la fois les gardiens de la tradition et les amateurs de musiques actuelles.

    Surnommée la « Reine du Groove Afro-Spirituel », ou encore Hadzivodushie, Enam puise son inspiration dans ses racines culturelles profondes. Sa musique est imprégnée de symboles, de spiritualité et de messages positifs. Elle y évoque la connexion à la terre, aux ancêtres, et à l’identité africaine. Dans un monde globalisé où les repères culturels tendent parfois à s’effacer, l’artiste se positionne comme une gardienne de l’héritage africain, qu’elle valorise avec fierté et modernité.

    Son répertoire, riche et évocateur, compte plusieurs titres marquants tels que « Amin », « Libation », « Afa » ou encore « Wuieve ». Mais c’est surtout son dernier single « Modzi » qui fait actuellement sensation. Véritable succès du moment, ce titre connaît un engouement remarquable sur les plateformes numériques et dans les cercles culturels. « Modzi », qui signifie « une seule personne » ou « unité » dans certaines langues locales, est une ode à la cohésion, à l’identité collective et à la puissance de l’unité africaine. À travers une mélodie envoûtante et des rythmes hypnotiques, Enam réussit à captiver son audience tout en transmettant un message profond.

    Sur scène, Enam Music se distingue par des performances intenses et authentiques. Chaque prestation devient un rituel artistique, où danse, musique et spiritualité s’entremêlent. Elle y incarne pleinement son identité artistique, offrant au public une immersion dans l’univers afro-spirituel qu’elle défend avec passion.

    Au-delà de sa carrière musicale, Enam Music s’inscrit dans une démarche culturelle forte. Elle œuvre activement à la promotion du patrimoine africain, en mettant en lumière les langues, les traditions et les valeurs du continent. Son engagement artistique dépasse le simple divertissement : il s’agit d’une mission de transmission et de réappropriation culturelle.

    À noter qu’elle ne doit pas être confondue avec Enam Gbewonyo, artiste textile ghanéenne-britannique évoluant dans un registre totalement différent.

    Enam Music s’impose ainsi comme une figure montante incontournable, porteuse d’un message puissant : celui d’une Afrique fière, spirituelle et résolument moderne. À travers « Modzi » et l’ensemble de son œuvre, elle rappelle que la tradition n’est pas un vestige du passé, mais une force vivante, capable d’inspirer l’avenir.

  • Ghana : coup de tonnerre chez les Black Stars

    Ghana : coup de tonnerre chez les Black Stars

    La décision a fait l’effet d’une onde de choc. Dans la nuit de lundi à mardi, la Fédération ghanéenne de football a officialisé le limogeage de son sélectionneur Otto Addo, quelques heures seulement après une défaite face à l’Allemagne (1-2) en match amical, et trois jours après une lourde claque infligée par l’Autriche (1-5).

    Dans un communiqué sobre, la Fédération ghanéenne de football (GFA) a indiqué qu’elle « communiquera en temps voulu la nouvelle orientation technique des Black Stars ». Une annonce brève, mais lourde de conséquences, tant le timing interroge à l’approche de la Coupe du monde.

    Une décision précipitée ?

    À deux mois et demi du Mondial, ce limogeage apparaît comme un pari risqué, voire audacieux. Changer de sélectionneur à un moment aussi crucial du calendrier international peut fragiliser un groupe déjà en quête de repères. Le travail de reconstruction, les automatismes tactiques et la cohésion d’équipe pourraient être fortement impactés.

    Certes, les récentes performances des Black Stars ont de quoi inquiéter. Les défaites face à des nations européennes ont mis en lumière des lacunes défensives et un manque de solidité globale. Mais fallait-il pour autant trancher aussi radicalement à si peu de temps de l’échéance mondiale ? La question divise déjà observateurs et supporters.

    Un groupe relevé au Mondial

    Le défi s’annonce d’autant plus complexe que le Ghana hérite d’un groupe particulièrement relevé pour la phase finale. Les Black Stars devront affronter le Panama, l’Angleterre et la Croatie.

    Dans ce contexte, la stabilité technique aurait pu constituer un atout précieux. Désormais, la GFA devra non seulement trouver un remplaçant rapidement, mais aussi s’assurer que celui-ci soit capable d’imprimer sa marque en un temps record.

    Une pression maximale sur le successeur

    Le futur sélectionneur héritera d’une mission délicate : redonner confiance à un groupe fragilisé tout en préparant efficacement la compétition la plus exigeante du football mondial. La marge d’erreur sera quasi inexistante.

    En prenant la décision de se séparer d’Otto Addo si tardivement, la Fédération ghanéenne joue gros. Si le pari s’avère gagnant, elle pourra se targuer d’avoir provoqué un électrochoc salvateur. Dans le cas contraire, ce choix pourrait être perçu comme une erreur stratégique majeure dans la préparation des Black Stars pour le Mondial.

  • Ghana plutôt que Togo : le choix révélateur de Senaya

    Ghana plutôt que Togo : le choix révélateur de Senaya

    Le choix de Marvin Senaya de représenter le Ghana au détriment du Togo ne relève pas du simple hasard. Derrière cette décision se dessine une réalité plus profonde du football africain : l’attractivité des sélections nationales. À 25 ans, le latéral de l’AJ Auxerre a tranché en faveur des Black Stars, laissant de côté les Éperviers du Togo. Un choix qui interroge et révèle le déclassement progressif du football togolais.

    Une décision loin d’être anodine

    Né en France et éligible pour trois sélections (France, Ghana, Togo), Marvin Senaya avait l’embarras du choix. Mais lorsque deux fédérations africaines se disputent un joueur binational, le critère sportif devient souvent déterminant.

    Le Ghana, nation historique du football africain, offre aujourd’hui une vitrine bien plus séduisante. Les Black Stars participent régulièrement aux grandes compétitions internationales, notamment la Coupe du monde de football 2026, pour laquelle ils nourrissent de réelles ambitions. À l’inverse, le Togo peine à exister sur la scène continentale et mondiale.

    Le poids de l’attractivité sportive

    Il faut le dire clairement : le Ghana est aujourd’hui plus attractif que le Togo sur le plan sportif. Les Black Stars disposent d’un vivier de joueurs évoluant dans les grands championnats européens, d’une meilleure organisation et d’une visibilité accrue.

    En face, les Éperviers du Togo semblent avoir perdu leur éclat. Depuis leur unique participation à la Coupe du monde de football 2006, ils n’ont jamais réussi à retrouver un niveau comparable. Pire, la sélection togolaise donne aujourd’hui l’image d’une équipe en reconstruction permanente, sans projet clair ni résultats marquants.

    Dans ce contexte, le choix de Marvin Senaya apparaît presque logique. Un joueur ambitieux, en pleine progression, cherchera naturellement un environnement compétitif capable de valoriser sa carrière.

    Une sélection togolaise devenue banale ?

    Autrefois portée par des figures emblématiques comme Emmanuel Adebayor, la sélection togolaise suscitait respect et admiration. Aujourd’hui, ce prestige s’est estompé.

    Les Éperviers du Togo peinent à attirer les binationaux, souvent courtisés par d’autres nations africaines plus compétitives. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il s’accentue. Le manque de résultats, les difficultés organisationnelles et l’absence de stabilité technique contribuent à cette désaffection.

    Le cas Senaya est donc symptomatique d’un mal plus profond : le Togo n’est plus une destination prioritaire pour les talents issus de sa diaspora.

    Le poids de l’héritage familial

    Le choix de Marvin Senaya n’en est que plus marquant lorsque l’on sait que son père a porté les couleurs du Togo. Ce lien aurait pu peser dans la balance, mais il n’a visiblement pas suffi.

    Cela montre bien que, dans le football moderne, l’attachement émotionnel cède souvent face aux considérations professionnelles. Jouer une Coupe du monde, bénéficier d’une meilleure exposition ou évoluer dans une équipe compétitive sont devenus des critères décisifs.

    A-t-il fait le bon choix ?

    Sur le plan purement sportif, difficile de contester la logique de Marvin Senaya. Le Ghana lui offre une probabilité plus élevée de disputer des compétitions majeures et de se mesurer au plus haut niveau.

    Cependant, ce choix comporte aussi des risques. La concurrence au sein des Black Stars est plus rude, et rien ne garantit une place durable dans l’effectif. À l’inverse, avec le Togo, il aurait sans doute bénéficié d’un statut plus important et d’un rôle central.

    Un signal d’alarme pour le Togo

    Au-delà du cas individuel, cette décision doit interpeller les instances du football togolais. Perdre un joueur comme Marvin Senaya, au profit d’un concurrent direct, est révélateur d’un déficit d’attractivité.

    Pour redevenir compétitifs, les Éperviers du Togo devront se réinventer : structuration, résultats, vision à long terme. Sans cela, d’autres talents pourraient suivre le même chemin.

    En définitive, le choix de Senaya n’est pas seulement celui d’un joueur. Il est le reflet d’un rapport de force clair entre deux nations du football africain. Et pour le Togo, le constat est sans appel : il est urgent de redevenir séduisant.

  • Frontière maritime : Accra saisit l’arbitrage international, Lomé réagit

    Frontière maritime : Accra saisit l’arbitrage international, Lomé réagit

    Le différend relatif à la délimitation de la frontière maritime entre le Togo et le Ghana prend une nouvelle tournure. Dans un communiqué rendu public le 25 février 2026 à Lomé, le gouvernement togolais annonce avoir été officiellement notifié, le 20 février, de la décision des autorités ghanéennes d’engager une procédure d’arbitrage international. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) du 10 décembre 1982.

    Un différend ancien ravivé par des incidents maritimes

    Selon le gouvernement togolais, plusieurs incidents survenus entre novembre 2016 et mai 2018 dans un espace maritime non encore délimité ont mis en évidence l’urgence de fixer une frontière maritime commune. Ces événements avaient ravivé les préoccupations liées à la souveraineté et à l’exploitation des ressources dans cette zone stratégique du Golfe de Guinée.

    Face à ces tensions, les deux pays avaient opté pour la voie du dialogue. Dès juin 2018, à travers la Commission Nationale des Frontières Maritimes du Togo (CNFMT) et la Ghana Boundary Commission, des négociations avaient été engagées en vue d’aboutir à une délimitation consensuelle, conformément aux principes consacrés par la CNUDM.

    Des engagements de retenue mutuelle

    Les discussions bilatérales avaient connu une étape importante en août 2019, lors de la cinquième réunion plénière tenue à Accra. À cette occasion, les deux parties s’étaient engagées à s’abstenir de toute action en mer susceptible de compromettre le climat de fraternité, de paix et de sérénité entre les deux États.

    Mais la décision d’Accra de soumettre le différend à l’arbitrage international marque un changement d’approche. Pour Lomé, ce choix traduit une volonté du Ghana de sortir du cadre des négociations bilatérales jusque-là privilégiées.

    Lomé réaffirme son attachement au règlement pacifique

    Dans son communiqué, le gouvernement togolais dit « prendre acte » de cette décision, tout en réaffirmant son attachement aux principes de règlement pacifique des différends, au bon voisinage et à la coopération fraternelle entre États.

    Lomé souligne également son engagement en faveur d’un règlement fondé sur le droit international, notamment les principes de justice et d’équité prônés par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Les autorités togolaises insistent sur le respect des instruments juridiques internationaux auxquels les deux pays sont parties.

    Cette nouvelle phase du différend maritime entre le Togo et le Ghana ouvre ainsi la voie à une procédure arbitrale internationale dont l’issue sera déterminante pour la clarification définitive des frontières maritimes entre les deux voisins ouest-africains. En attendant, le gouvernement togolais se veut rassurant, affichant sa volonté de préserver la paix et la stabilité dans ses relations avec Accra.

  • Frontière maritime : le Ghana saisit l’arbitrage contre le Togo

    Frontière maritime : le Ghana saisit l’arbitrage contre le Togo

    Selon les autorités ghanéennes, cette démarche vise à clarifier de manière juridiquement contraignante les limites maritimes entre les deux pays, dans une zone considérée comme stratégique tant sur le plan économique que sécuritaire.

    La présidence du Ghana a annoncé sa décision, dans une note rendue publique ce vendredi 20 février, de convoquer le Togo devant une procédure d’arbitrage fondée sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). L’objectif affiché est de parvenir à un accord définitif sur la délimitation de leurs frontières maritimes dans le golfe de Guinée.

    Selon les autorités ghanéennes, cette démarche vise à clarifier de manière juridiquement contraignante les limites maritimes entre les deux pays, dans une zone considérée comme stratégique tant sur le plan économique que sécuritaire. La délimitation des espaces maritimes est un enjeu majeur en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États côtiers cherchent à sécuriser leurs droits souverains sur les ressources halieutiques et énergétiques.

    La procédure d’arbitrage prévue par la CNUDM permet aux États parties de soumettre leurs différends à un tribunal constitué conformément aux dispositions de la convention. Ce mécanisme international offre un cadre légal reconnu pour trancher les litiges relatifs aux eaux territoriales, à la zone économique exclusive (ZEE) ou au plateau continental. En optant pour cette voie, le Ghana affirme privilégier une solution fondée sur le droit international plutôt que sur des négociations bilatérales prolongées.

    Du côté togolais, aucune réaction officielle détaillée n’avait encore été rendue publique au moment de l’annonce. Toutefois, Lomé et Accra entretiennent traditionnellement des relations diplomatiques stables, marquées par une coopération économique et sécuritaire dans la sous-région. La saisine de l’arbitrage ne signifie pas nécessairement une détérioration des relations, mais traduit la volonté d’encadrer juridiquement un différend technique.

    La question de la délimitation maritime est particulièrement sensible dans le golfe de Guinée, une région riche en hydrocarbures et traversée par d’importantes routes commerciales. Une clarification des frontières pourrait offrir davantage de sécurité juridique aux investisseurs et réduire les risques de tensions futures liées à l’exploration ou à l’exploitation de ressources offshore.

    En choisissant l’arbitrage international, le Ghana engage un processus qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années, selon la complexité des arguments techniques et juridiques présentés par les deux parties. Le résultat, une fois rendu, aura un caractère obligatoire.

    Au-delà du différend bilatéral, cette initiative illustre le recours croissant des États africains aux mécanismes du droit international pour résoudre pacifiquement leurs contentieux, dans un contexte où la stabilité régionale demeure un enjeu central

  • Ghana : le mercredi en Batakari, un tissu qui tisse l’identité nationale

    Ghana : le mercredi en Batakari, un tissu qui tisse l’identité nationale

    Au Ghana, une simple décision vestimentaire est en train de prendre une portée hautement symbolique. Désormais, chaque mercredi est consacré au port du Batakari, aussi appelé Fugu, un vêtement traditionnel emblématique du nord du pays.

    Bien plus qu’une mode ou qu’un geste folklorique, cette initiative s’inscrit dans une dynamique forte de revalorisation culturelle, de cohésion nationale et de souveraineté identitaire.

    Le Batakari, longtemps cantonné aux cérémonies traditionnelles et aux régions septentrionales, est aujourd’hui mis à l’honneur sur l’ensemble du territoire. En invitant fonctionnaires, responsables politiques, travailleurs du secteur privé et citoyens à porter ce vêtement chaque mercredi, le Ghana affirme clairement que sa culture n’est pas un héritage figé, mais une richesse vivante et assumée dans l’espace public moderne.

    Cette décision a d’abord une vertu identitaire majeure. Dans un contexte de mondialisation où les codes vestimentaires occidentaux dominent les sphères professionnelles et institutionnelles, consacrer une journée au Batakari revient à dire que l’africanité peut être visible, élégante et compatible avec la modernité. Le Ghana envoie ainsi un message fort à sa jeunesse : l’identité culturelle n’est pas un frein au progrès, elle en est un socle.

    Sur le plan social, le mercredi en Batakari agit comme un pont entre les régions et les communautés. Ce vêtement, originaire du Nord, devient un symbole partagé par tous, renforçant le sentiment d’unité nationale. Il contribue à réduire les clivages régionaux en valorisant une culture parfois marginalisée, et rappelle que la nation ghanéenne se construit dans la diversité.

    Les retombées économiques sont également notables. La promotion régulière du Batakari stimule la filière textile locale : tisserands, tailleurs, stylistes et commerçants voient leur activité dynamisée. En encourageant la consommation de produits locaux, l’État soutient l’artisanat, crée des emplois et participe à la lutte contre la dépendance aux importations textiles.

    Enfin, cette initiative possède une dimension panafricaine inspirante. À l’heure où plusieurs pays africains réfléchissent à la manière de réaffirmer leurs cultures dans l’espace public, le Ghana montre la voie par une action simple, accessible et fédératrice. Le mercredi en Batakari devient ainsi un acte de fierté, un rappel silencieux mais puissant que l’Afrique peut s’habiller d’elle-même, avec dignité et confiance.

    En consacrant une journée nationale à un vêtement traditionnel, le Ghana ne célèbre pas seulement un tissu : il célèbre une histoire, une identité et une vision de l’avenir enracinée dans ses propres valeurs.

  • Le Ghana expulse vers le Togo au moins six ouest-africains, initialement expulsés par les États-Unis

    Le Ghana expulse vers le Togo au moins six ouest-africains, initialement expulsés par les États-Unis

    Ces demandeurs d’asile expulsés début septembre des États-Unis, à cause de la politique anti-immigration de Donald Trump, avaient déposé plainte contre le Ghana, estimant que leur procédure d’expulsion est illégale.

    Des États-Unis au Ghana puis du Ghana au Togo, en l’espace de trois semaines. Le Ghana a expulsé vers le Togo au moins six Ouest-Africains, initialement expulsés par les États-Unis, ont indiqué à l’Agence France-Presse leurs avocats.

    Onze personnes expulsées par les États-Unis et détenues au Ghana avaient saisi la justice et attaquait le gouvernement ghanéen pour leur placement en détention sans procès ni accusation, et empêcher un renvoi dans leur pays d’origine. Ces personnes, dont 4 sont issues du Nigeria, trois du Togo, deux du Mali, une du Liberia et une autre de la Gambie, ont été expulsées au Ghana au début du mois de septembre. 

    Expulsés avant la fin de l’examen de leur dossier au Ghana

    “Toutes ces personnes demandaient l’asile aux États-Unis, et elles ont clairement indiqué qu’elles étaient confrontées à des persécutions – que ce soit pour des raisons religieuses, politiques, et même en raison de leur orientation sexuelle“, avait déclaré Maître Olivier Barker-Vormawor à l’AFP la semaine dernière. 

    Mardi, à l’audience devant un juge de la Division des droits de l’homme de la Haute cour du Ghana, l’avocat a indiqué qu’elles avaient été “expulsées” sans attendre la fin de l’examen du dossier.

    Le Ghana a signé un accord avec Washington pour accueillir des Africains de l’Ouest expulsés des États-Unis. Une décision qui suscite de nombreuses réactions à Accra.

    L’une des 11 personnes a été remise en liberté et rendue à l’un de ses proches dans le pays, tandis que six autres ont été envoyés au Togo, a-t-il précisé à l’AFP et les derniers ont vraisemblablement été “aussi expédiés au Togo, mais nous n’avons pas eu entrer en contact” avec eux, a-t-il déclaré.

    Le sort de ces personnes, qui demandaient l’asile aux États-Unis, reste entouré de secret, y compris le moment exact de leur arrivée au Ghana ou leur lieu de détention. Et ce malgré l’effort des avocats, défenseurs de droits humains et journalistes pour suivre le rythme rapide des expulsions pratiquées par l’administration Trump et leur acceptation par des pays tiers dans le monde.

    D’autres expulsions sont en cours

    L’expulsion de personnes vers des pays tiers – dans lesquelles elles n’ont souvent jamais vécu – est une des mesures phares de Donald Trump depuis son retour à la Maison blanche en janvier, notamment en envoyant des centaines de personnes dans une prison tristement célèbre au Salvador, ou encore au Panama et au Soudan du Sud. 

    Les expulsions vers le Ghana auraient commencé au début de septembre et d’autres sont en cours, bien qu’Accra ait gardé de nombreux détails secrets. Le 11 septembre, le président ghanéen John Mahama avait annoncé que son pays acceptait sur demande de Washington d’accueillir des ressortissants originaires d’Afrique de l’Ouest expulsés des États-Unis.

    Un accord conclu dans un contexte de tensions avec les États-Unis, l’administration Trump ayant augmenté les droits de douane sur les produits ghanéens et restreint le nombre de visas.

    Après l’arrivée au Ghana d’un premier groupe de 14 expulsés, les autorités avaient d’abord déclaré qu’ils seraient autorisés à rester temporairement dans le pays, conformément aux règles régionales de voyage sans visa, ou à retourner chez eux. L’annonce avait déclenché un tollé, l’opposition affirmant que l’accord avait été conclu à l’insu du Parlement.

    Pour ajouter à la confusion, les autorités avaient déclaré que ces 14 personnes avaient regagné leur domicile. Or, seuls trois étaient retournés dans leur pays d’origine contre 11 restés au Ghana, a indiqué Olivier Barker-Vormawor.

    Quarante autres personnes expulsées par les États-Unis sont attendues dans les prochains jours, a annoncé jeudi dernier le ministre des Affaires étrangères ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa. Il a affirmé que la décision du Ghana d’accepter ces personnes expulsées se fondait sur des considérations humanitaires et ne constituait pas une “approbation” de la politique d’immigration des États-Unis.

    Soudan du sud, Eswatini, Rwanda, Ouganda… Depuis mai dernier, cinq nations africaines ont conclu des accords avec Washington pour recevoir des migrants.

    Source: https://information.tv5monde.com

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