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  • Bénin : à Nikki, la dot plafonnée à 300 000 FCFA pour une première union

    Dans le nord-est du Bénin, l’empereur de Nikki, Séro Torou Tuko Sari, a instauré de nouvelles règles encadrant le mariage traditionnel dans les communes de Nikki, Kalalé et Pèrèrè. La réforme fixe notamment la dot à 300 000 FCFA pour une jeune fille et à 80 000 FCFA pour une femme qui se remarie. Elle vise à réduire les dépenses matrimoniales et à mettre fin à certaines exigences coutumières jugées contraignantes.

    Le mariage traditionnel connaît un réaménagement dans l’empire de Nikki. Au nord-est du Bénin, les familles concernées doivent désormais se conformer à de nouvelles règles fixées sous l’autorité de l’empereur Séro Torou Tuko Sari. Annoncée à la fin du mois de mai 2025, cette réforme concerne les communes de Nikki, Kalalé et Pèrèrè.

    Selon plusieurs médias béninois, dont Oxygène et Mousso News, la mesure établit deux montants distincts pour la dot : 300 000 francs CFA pour une jeune fille qui se marie pour la première fois et 80 000 francs CFA pour une femme qui se remarie. L’objectif affiché est de mieux encadrer les pratiques matrimoniales dans une région où les dépenses liées aux cérémonies peuvent peser lourdement sur les familles.

    Des dépenses matrimoniales revues à la baisse

    La réforme ne concerne pas uniquement la dot. Elle encadre également les démarches préalables au mariage. La demande en mariage est fixée à 20 000 FCFA pour une jeune fille et à 10 000 FCFA pour une femme qui se remarie.

    En cas d’acceptation de la demande, une somme symbolique de 5 000 FCFA, accompagnée de noix de cola traditionnelles, doit être remise à la famille concernée. Ces dispositions cherchent à uniformiser les pratiques et à limiter la multiplication des dépenses qui accompagnent parfois les négociations matrimoniales.

    D’autres usages sont également visés. Les festivités organisées après l’acceptation de la demande en mariage sont interdites par les nouvelles règles rapportées par la presse locale. Il en va de même pour certaines exigences matérielles, notamment le « Kobo », une armoire traditionnellement garnie de vêtements par le futur marié.

    L’obligation de payer le petit-déjeuner de la fiancée ainsi que les contributions financières imposées au prétendant pour soutenir ses belles-sœurs lors de cérémonies et d’autres manifestations familiales figurent également parmi les pratiques supprimées.

    À travers ces restrictions, les autorités traditionnelles entendent réduire les charges qui s’ajoutent à la dot proprement dite. Car, au-delà du montant versé à la famille de la future épouse, les cadeaux, les cérémonies et les sollicitations familiales peuvent considérablement augmenter le coût d’une union.

    Une réforme coutumière, pas un tarif national

    La décision soulève néanmoins une question essentielle : quelle est sa portée juridique ? Il importe de ne pas confondre cette réglementation traditionnelle avec une loi applicable à l’ensemble du Bénin.

    Les informations publiées en mai et juin 2025 font état d’une décision prise sous l’autorité de l’empereur de Nikki et concernant spécifiquement Nikki, Kalalé et Pèrèrè. Elles indiquent également que les autorités communales, les chefs traditionnels, les responsables religieux et coutumiers ainsi que les commissaires ont été invités à veiller à son application.

    Il ne s’agit donc pas d’un plafonnement national de la dot. Les pratiques et les montants peuvent différer dans les autres régions du pays.

    Cette distinction est importante dans un débat où les traditions matrimoniales, la pression sociale et les capacités financières des jeunes ménages se croisent. En cherchant à limiter les dépenses, la réforme de Nikki pose une question plus large : comment préserver la dimension symbolique et familiale du mariage sans en faire une charge financière excessive ?

    Reste à savoir dans quelle mesure ces nouvelles règles seront effectivement respectées par toutes les familles concernées. Leur portée dépendra notamment de l’implication des autorités coutumières et de l’adhésion des communautés.

    À Nikki, le message est en tout cas clair : le mariage traditionnel doit rester un engagement entre deux familles, sans que les exigences financières et festives ne prennent le pas sur l’essentiel.

  • Bénin : Patrice Talon prend la tête du Sénat, un retour au sommet de l’État qui interroge

    Bénin : Patrice Talon prend la tête du Sénat, un retour au sommet de l’État qui interroge

    Deux mois après avoir quitté la présidence de la République, Patrice Talon devient le premier président du Sénat béninois, relançant le débat sur son influence dans le nouveau paysage institutionnel.

    À peine deux mois après avoir transmis le pouvoir à son successeur, Romuald Wadagni, l’ancien président béninois Patrice Talon effectue un retour remarqué au sommet des institutions. Ce jeudi 6 août, il a été élu président du tout premier Sénat de l’histoire récente du Bénin, avec 24 voix sur 25, devenant ainsi le premier dirigeant de cette nouvelle chambre du Parlement créée par la révision constitutionnelle de 2025.

    L’élection était largement attendue. En vertu des dispositions constitutionnelles, les anciens présidents de la République sont membres de droit du Sénat, dont les plus hautes fonctions leur sont réservées. Patrice Talon prend ainsi la tête d’une institution appelée à jouer un rôle dans l’examen des lois et la régulation de la vie politique béninoise.

    Un scénario longtemps évoqué

    Cette élection ravive toutefois une interrogation qui circulait déjà au moment de la réforme constitutionnelle : la création du Sénat répondait-elle uniquement à une volonté de renforcer les institutions ou constituait-elle également un cadre permettant à Patrice Talon de demeurer au cœur du pouvoir après son départ de la présidence ?

    À l’époque de la révision constitutionnelle, plusieurs observateurs et acteurs politiques avaient estimé que cette nouvelle architecture institutionnelle pouvait offrir à l’ancien chef de l’État une position stratégique lui permettant de continuer à peser sur les grandes orientations nationales, tout en respectant la limitation à deux mandats présidentiels. Ces analyses avaient été rejetées par les partisans de la réforme, qui défendaient avant tout un renforcement du bicamérisme et de l’équilibre institutionnel.

    Le fait que Patrice Talon devienne le tout premier président du Sénat donne aujourd’hui un nouvel écho à ces interrogations, même si aucun élément ne permet d’affirmer que cette réforme avait été conçue dans cette seule perspective.

    Une proximité institutionnelle avec le nouveau pouvoir

    La présidence du Sénat confère à Patrice Talon une visibilité politique et une influence institutionnelle importantes. Sans exercer directement les fonctions exécutives désormais assumées par le président Romuald Wadagni, il conserve une place centrale dans le fonctionnement de l’État.

    Cette situation nourrit déjà les débats au sein de la classe politique béninoise. Pour certains analystes, elle pourrait favoriser une continuité des réformes engagées durant la dernière décennie. D’autres s’interrogent sur la capacité du nouveau chef de l’État à exercer pleinement son autorité politique face à un prédécesseur qui demeure l’une des personnalités les plus influentes du pays.

    Une question revient ainsi avec insistance : Patrice Talon a-t-il véritablement quitté le pouvoir ou a-t-il simplement changé de fauteuil ? Seul l’exercice concret des nouvelles institutions permettra de mesurer si le président du Sénat se limitera au rôle que lui confère la Constitution ou s’il continuera à peser, de près ou de loin, sur les grandes décisions du Bénin. Une interrogation qui devrait alimenter le débat politique dans les prochains mois, à mesure que le nouveau pouvoir prendra ses marques.

  • Le Vodoun, richesse d’avenir pour le Bénin

    Le Vodoun, richesse d’avenir pour le Bénin

    À l’occasion du Forum Diaspora Connect 2026, le Professeur Mahougnon Kakpo animera un panel consacré au rôle du Vodoun dans le développement économique. Une intervention qui ambitionne de repositionner ce patrimoine ancestral comme un véritable moteur de création de richesses, d’attractivité et de rayonnement international.

    Le Vodoun ne se résume pas à une pratique spirituelle. Héritage culturel profondément enraciné dans l’histoire du Bénin, il constitue également un potentiel économique encore largement sous-exploité. C’est autour de cette réflexion que s’articulera le panel animé par le Professeur Mahougnon Kakpo, universitaire, écrivain et Président du Comité des rites Vodoun du Bénin, dans le cadre du Forum Diaspora Connect (FDC2026).

    Prévu le jeudi 30 juillet 2026 à 13h25 à l’Azalaï Hôtel de Cotonou, cet échange portera sur le thème : « Le Vodoun comme levier de développement économique au Bénin et pour sa diaspora ».

    Figure reconnue du monde universitaire et spécialiste des littératures africaines, Mahougnon Kakpo proposera une approche novatrice du Vodoun, loin des clichés qui entourent encore cette tradition. Son intervention mettra en lumière les multiples opportunités qu’offre ce patrimoine immatériel dans des secteurs tels que le tourisme culturel, les industries créatives, la recherche, l’artisanat, les festivals, l’entrepreneuriat culturel ou encore les investissements de la diaspora.

    À travers cette conférence, il s’agira de démontrer que la valorisation du Vodoun peut contribuer à renforcer l’attractivité du Bénin sur la scène internationale, tout en créant des emplois, en stimulant l’économie locale et en consolidant les liens entre le pays et ses communautés établies à l’étranger.

    Cette lecture renouvelée du Vodoun entend également rappeler que les traditions africaines, lorsqu’elles sont structurées, protégées et promues, peuvent devenir de véritables instruments de développement durable. Pour les organisateurs du Forum Diaspora Connect, cette réflexion s’inscrit dans une dynamique plus large visant à encourager les échanges entre les acteurs du continent et ceux de la diaspora autour de projets porteurs de croissance.

    Le panel devrait réunir des universitaires, entrepreneurs, investisseurs, acteurs culturels et membres de la diaspora désireux d’explorer les perspectives économiques offertes par la valorisation du patrimoine béninois.

    Les inscriptions au Forum Diaspora Connect 2026 sont déjà ouvertes. Les personnes intéressées peuvent réserver leur participation via la plateforme officielle : https://fdc2026.kkp.events/.

  • Paludisme : le Bénin sonne l’alerte

    Paludisme : le Bénin sonne l’alerte

    À Cotonou, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme a servi de tremplin à un appel urgent à l’action collective pour inverser la tendance alarmante dans l’espace francophone et sauver des millions de vies.

    À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, célébrée le 25 avril 2026, le Bénin s’est imposé comme un carrefour majeur de la mobilisation contre cette maladie qui continue de faire des ravages en Afrique. Du 24 au 26 avril, la capitale économique Cotonou a accueilli une série d’activités de haut niveau réunissant décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, chercheurs, jeunes, acteurs de la société civile et figures du sport autour d’un objectif commun : accélérer l’élimination du paludisme dans l’espace francophone.

    Point d’orgue de cette mobilisation, le lancement officiel du rapport intitulé « Un effort collectif contre le paludisme dans l’espace francophone » par le ministre béninois de la Santé, le Pr Benjamin Hounkpatin. Le document met en lumière une situation préoccupante : alors que les pays francophones ne représentent que 13 % de la population mondiale exposée au paludisme, ils concentrent plus de 42 % des cas et 40 % des décès liés à cette maladie.

    Face à ce constat alarmant, le rapport appelle à une intensification des efforts autour de priorités clés, notamment le renforcement du financement, l’innovation, l’implication du secteur privé et la mobilisation de l’ensemble de la société. « Notre région est en première ligne, mais des progrès sont possibles si le leadership politique et la mobilisation collective sont au rendez-vous », a souligné le ministre de la Santé.

    Le Bénin illustre déjà cette dynamique. Entre 2022 et 2025, le pays a presque quadruplé son budget consacré à la lutte contre le paludisme, contribuant ainsi à une réduction significative du fardeau de la maladie. Cette performance repose sur une approche multisectorielle associant autorités publiques, parlementaires, société civile et secteur privé.

    Parmi les acteurs clés de cette mobilisation figure l’organisation Speak Up Africa, dont les initiatives ont permis de transformer cette journée de sensibilisation en un véritable levier d’action. Sa directrice exécutive, Yacine Djibo, a insisté sur l’urgence d’agir collectivement pour sauver des vies et financer durablement la lutte contre le paludisme.

    Les activités organisées à Cotonou ont également mis l’accent sur l’engagement des jeunes et des communautés, à travers des initiatives innovantes mêlant sport, culture et communication. Un tournoi de basketball 3×3, des ateliers de storytelling et un Media Day ont notamment permis de toucher un public élargi.

    L’ancien international sénégalais Khalilou Fadiga a, quant à lui, rappelé le rôle du sport comme vecteur de sensibilisation et de changement social. Au niveau international, les partenaires ont insisté sur la nécessité d’accélérer les efforts dans un contexte de financement sous pression.

    Au-delà du Bénin, les messages portés à Cotonou résonnent dans tout l’espace francophone, où l’urgence d’une action collective renforcée apparaît plus évidente que jamais, à l’approche du Sommet de la Francophonie prévu en novembre 2026.

  • Fin de mission pour Angela Aquereburu Rabatel à la SRTB

    Fin de mission pour Angela Aquereburu Rabatel à la SRTB

    La Togolaise Angela Aquereburu Rabatel n’est plus à la tête de la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB) et de Bénin TV.

    L’information, confirmée par plusieurs sources concordantes, marque la fin d’un chapitre important dans la coopération médiatique entre le Togo et le Bénin, ainsi que dans la modernisation de l’audiovisuel public béninois.

    Nommée à la tête de la SRTB dans un contexte de réformes ambitieuses du secteur des médias au Bénin, Angela Aquereburu Rabatel avait pour mission principale de redynamiser les contenus, renforcer l’attractivité des chaînes publiques et impulser une transformation structurelle de l’institution. À son arrivée, elle avait suscité beaucoup d’espoirs, tant par son parcours reconnu dans l’univers de la production audiovisuelle que par son expérience dans la gestion de projets médiatiques d’envergure.

    Durant son mandat, plusieurs initiatives ont été engagées pour repositionner la télévision nationale béninoise dans un paysage médiatique de plus en plus concurrentiel. La modernisation des grilles de programmes, l’amélioration de la qualité des productions locales et l’ouverture à de nouveaux formats ont été saluées par certains observateurs. Sous sa direction, Bénin TV a tenté de se rapprocher davantage des attentes des téléspectateurs, notamment en misant sur des contenus plus diversifiés et ancrés dans les réalités locales.

    Cependant, malgré ces avancées, des défis importants subsistaient. Le financement des médias publics, la concurrence accrue des chaînes privées et des plateformes numériques, ainsi que les attentes croissantes du public en matière de qualité et d’innovation ont constitué autant de pressions constantes sur la direction de la SRTB. Dans ce contexte, le départ d’Angela Aquereburu Rabatel intervient à un moment charnière pour l’institution.

    Aucune communication officielle détaillée n’a, pour l’heure, précisé les raisons exactes de ce remplacement. Néanmoins, certains analystes évoquent une volonté des autorités béninoises d’insuffler une nouvelle dynamique à la tête de la SRTB afin d’accélérer les réformes en cours et de consolider les acquis. D’autres y voient une décision stratégique liée aux orientations futures de la politique audiovisuelle nationale.

    Le départ de cette figure togolaise de l’audiovisuel ne laisse pas indifférent, notamment au Togo où son parcours est suivi avec attention. Productrice, réalisatrice et entrepreneure culturelle, Angela Aquereburu Rabatel s’est imposée au fil des années comme une actrice majeure de l’industrie audiovisuelle en Afrique de l’Ouest. Sa nomination à la tête de la SRTB avait d’ailleurs été perçue comme un symbole fort d’intégration régionale et de reconnaissance de son expertise.

    Son remplacement ouvre désormais une nouvelle phase pour la Société de Radio et Télévision du Bénin, qui devra poursuivre sa mutation dans un environnement médiatique en constante évolution. Le profil de son successeur et les orientations qui seront adoptées dans les mois à venir seront scrutés de près, tant par les professionnels du secteur que par le grand public.

    En attendant, le passage d’Angela Aquereburu Rabatel à la tête de la SRTB restera comme une période de transition marquée par des tentatives de réforme et une volonté affichée de modernisation. Reste à savoir comment ces efforts seront consolidés et amplifiés par la nouvelle direction.

  • Bénin/Togo : Justice pour Richard Gbédé

    Bénin/Togo : Justice pour Richard Gbédé

    La justice béninoise a tranché dans l’une des affaires criminelles les plus marquantes de ces derniers mois entre le Bénin et le Togo. Le tribunal d’Abomey-Calavi a condamné, le 10 mars 2026, un ressortissant béninois à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de l’entrepreneur togolais Richard Gbédé. Un verdict lourd qui, sans effacer la tragédie, apporte un début de réponse judiciaire à une affaire ayant profondément ému l’opinion publique dans les deux pays.

    Une affaire qui a choqué deux nations

    Tout commence le 6 décembre 2025 lorsque Richard Gbédé, promoteur de la structure CISA, se rend au Bénin pour rencontrer son partenaire d’affaires, Jeannot Agbanha. L’objectif de ce déplacement est simple : récupérer une somme d’environ cinq millions de francs CFA liée à une activité commerciale menée précédemment au Maroc.

    Mais ce voyage d’affaires va se transformer en drame. Quelques jours après son arrivée, l’entrepreneur togolais disparaît. L’inquiétude gagne alors sa famille et ses proches. Les recherches finissent par conduire à une découverte macabre : son corps sans vie est retrouvé dans un bas-fond à Avlékété, une localité située dans la commune d’Ouidah.

    La nouvelle provoque une onde de choc, tant au Bénin qu’au Togo, où la victime était connue dans les milieux entrepreneuriaux.

    Une enquête aux multiples zones d’ombre

    Très vite, les investigations des autorités béninoises orientent les soupçons vers deux individus : le partenaire d’affaires de la victime, Jeannot Agbanha, et un tradithérapeute présenté comme ayant été sollicité dans le cadre de cette sombre affaire.

    Selon les éléments recueillis au cours de l’instruction, le tradithérapeute aurait été approché afin de provoquer mystiquement la disparition de l’entrepreneur togolais, notamment à travers un accident de la route. À la barre, l’homme a cependant nié toute participation au crime. Il a affirmé avoir refusé la demande et expliqué que son silence pendant plusieurs semaines était motivé par la peur.

    Face aux juges, l’accusé principal a multiplié les versions. Alors que des aveux avaient été consignés durant l’instruction, Jeannot Agbanha a tenté de se rétracter à l’audience. Il a évoqué l’intervention d’un tiers qui aurait commandité l’agression et a même soutenu qu’il avait été attaqué, avec la victime, par des inconnus armés de couteaux.

    Mais ces déclarations ont été jugées peu crédibles par la cour, qui a relevé de nombreuses contradictions dans son récit.

    Un message accablant

    Un élément déterminant a pesé dans la décision des juges : un message envoyé au tradithérapeute dans lequel l’accusé reconnaissait avoir tué son associé. Dans ce message, il affirmait toutefois que l’acte n’était pas prémédité et qu’il s’agissait d’un homicide involontaire.

    Pour la cour, cet élément venait contredire la version présentée à l’audience et renforçait la responsabilité pénale de l’accusé.

    Dans la salle d’audience, la veuve de Richard Gbédé a suivi les débats avec une émotion palpable. À plusieurs reprises, elle est intervenue pour contester certaines déclarations de l’accusé et répondre aux questions de la juge, rappelant la douleur d’une famille confrontée à une perte brutale.

    Un verdict sévère, mais l’affaire n’est pas close

    Au terme du procès, le tribunal d’Abomey-Calavi a condamné Jeannot Agbanha à trente années de réclusion criminelle. Le tradithérapeute impliqué dans le dossier a, quant à lui, écopé de huit ans de prison.

    Les deux condamnés devront également verser solidairement trente millions de francs CFA à la famille de la victime à titre de dommages et intérêts.

    Le ministère public, qui avait requis la prison à perpétuité contre l’auteur principal et vingt ans contre le tradithérapeute, a annoncé son intention de faire appel. Une décision qui pourrait conduire à un nouveau procès.

    Ainsi, même si la justice a parlé, l’affaire de Richard Gbédé reste encore ouverte, rappelant la fragilité de certaines relations d’affaires et la violence parfois insoupçonnée qui peut s’y dissimuler.

  • Les Démocrates : la fin annoncée d’un cycle Yayi

    Les Démocrates : la fin annoncée d’un cycle Yayi

    Une page politique est en train de se tourner au Bénin. Après plusieurs années à la tête du parti Les Démocrates, l’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, s’apprête à céder les rênes de la formation qu’il a contribué à structurer et à imposer comme principale force d’opposition sur l’échiquier national. La fin annoncée de son leadership marque un tournant stratégique pour le parti.

    Un leadership fondateur

    Thomas Boni Yayi n’est pas un acteur politique comme les autres. Ancien chef d’État du Bénin de 2006 à 2016, il est revenu au cœur du jeu politique après une période de tensions et d’exil, pour rassembler les forces de l’opposition au sein du parti Les Démocrates. Sous son impulsion, la formation a réussi à s’implanter solidement dans plusieurs régions du pays et à reconquérir une présence significative à l’Assemblée nationale.

    Son aura, son expérience du pouvoir et son réseau ont longtemps constitué le socle de la crédibilité du parti. Pour de nombreux militants, Yayi incarnait à la fois la mémoire politique et la capacité de résistance face au régime en place.

    Une transition devenue inévitable

    Mais le temps politique impose ses réalités. À l’approche de nouvelles échéances électorales, la question du renouvellement générationnel s’est imposée avec insistance. Plusieurs cadres du parti plaident désormais pour une direction plus collégiale et une nouvelle figure capable de porter le combat dans un contexte institutionnel et social en mutation.

    La fin annoncée de Thomas Yayi à la tête des Démocrates ne sonne pas comme une rupture brutale, mais plutôt comme une transition préparée. En se retirant progressivement de la direction exécutive, il pourrait choisir de jouer un rôle de guide moral, de stratège en arrière-plan, laissant l’avant-scène à une nouvelle génération de responsables politiques.

    Un test pour la cohésion du parti

    Cette évolution représente un test majeur pour Les Démocrates. Le parti saura-t-il préserver son unité sans la figure tutélaire qui a longtemps servi de ciment ? Les ambitions internes, jusqu’ici contenues par le leadership de Yayi, pourraient s’exprimer plus ouvertement.

    La désignation d’un nouveau président ou coordonnateur sera déterminante. Elle devra rassurer la base militante, maintenir la dynamique électorale et éviter toute fracture susceptible d’affaiblir l’opposition.

    Vers un nouveau chapitre

    Au-delà de la personne de Thomas Yayi, c’est l’avenir même du parti Les Démocrates qui se joue. Cette transition peut constituer une opportunité : celle de moderniser le discours, d’élargir les alliances et de préparer l’alternance sur des bases renouvelées.

    En quittant la tête du parti, Yayi pourrait ainsi transformer ce qui aurait pu être perçu comme un retrait en un acte stratégique : celui d’un leader qui choisit le moment de passer le flambeau pour garantir la pérennité de son héritage politique.

  • Pascal Tigri : 20 millions pour un homme en cavale

    Pascal Tigri : 20 millions pour un homme en cavale

    Les autorités béninoises ont annoncé une mise à prix de 20 millions de francs CFA pour toute information permettant de localiser et d’arrêter Pascal Tigri, présenté comme le cerveau présumé du coup d’État manqué au Bénin. Une décision forte qui illustre la détermination du pouvoir à faire toute la lumière sur cette affaire à haute portée politique.

    Le principal suspect du complot

    Selon les informations communiquées par les autorités judiciaires et sécuritaires, Pascal Tigri serait l’un des principaux instigateurs d’un projet visant à renverser les institutions en place. Les enquêteurs le présentent comme l’architecte d’un plan destiné à déstabiliser le régime du président Patrice Talon.

    Si les contours exacts du complot restent partiellement confidentiels en raison de l’enquête en cours, les autorités évoquent une organisation structurée et des complicités potentielles. La mise à prix intervient dans un contexte où le suspect serait toujours en fuite.

    Une prime pour accélérer son arrestation

    La récompense de 20 millions FCFA vise à encourager toute personne disposant d’informations fiables à collaborer avec les forces de sécurité. Les autorités assurent que l’identité des informateurs sera protégée et que la prime sera accordée à toute personne dont les renseignements permettront une arrestation effective.

    Ce dispositif traduit une volonté d’impliquer la population dans la préservation de la stabilité nationale. Dans un pays souvent cité pour sa relative stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, la tentative de coup d’État présumée a provoqué une onde de choc.

    Une affaire à fort enjeu politique

    L’annonce de cette mise à prix intervient alors que le dossier continue d’alimenter le débat public. Entre exigences de fermeté et respect de l’État de droit, les autorités béninoises insistent sur la présomption d’innocence et la nécessité de laisser la justice suivre son cours.

    Pour le gouvernement, il s’agit aussi d’envoyer un message clair : toute tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel sera poursuivie avec la plus grande rigueur.

    En attendant l’évolution de l’enquête, l’affaire Pascal Tigri demeure l’un des dossiers sécuritaires les plus sensibles du moment au Bénin, symbole des tensions politiques et des défis liés à la stabilité institutionnelle.

  • Gestion concertée de l’eau : Séna Alipui prend les rênes du Conseil des ministres de l’ABM

    Gestion concertée de l’eau : Séna Alipui prend les rênes du Conseil des ministres de l’ABM

    La gestion concertée des ressources en eau transfrontalières s’impose aujourd’hui comme un levier majeur de stabilité, de développement et de paix. Ce message fort a marqué l’ouverture, à Lomé, de la 8ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin du Mono (ABM). À cette occasion, le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a rappelé l’enjeu stratégique que représentent le fleuve Mono et les aquifères partagés pour le Togo et le Bénin.

    Dans son intervention, nourrie par un diagnostic lucide et des perspectives d’action, le ministre a insisté sur la nécessité d’une gouvernance intégrée, équitable et durable. L’ABM, créée conjointement par Lomé et Cotonou, a précisément pour mission de prévenir les conflits liés à l’eau, d’harmoniser les usages, eau potable, agriculture, industrie et énergie, et de préserver les écosystèmes.

    Défis

    Le bassin du Mono couvre environ 24 300 km², dont près de 88 % se situent sur le territoire togolais, ce qui confère au Togo une responsabilité particulière dans la préservation de cette ressource vitale.

    Au terme des travaux, Séna Alipui a été porté à la présidence du Conseil des ministres de l’ABM, un mandat stratégique qui vient consacrer l’engagement du Togo en faveur de la coopération hydrique régionale. Cette nouvelle responsabilité l’expose toutefois à des défis majeurs. La pression démographique accrue sur les rives du Mono, les effets déjà perceptibles du changement climatique, alternance de crues et d’étiages sévères, ainsi que la concurrence entre usages productifs exigent des arbitrages éclairés et une coordination renforcée entre États et acteurs locaux.

    Parmi les acquis de cette coopération figure le barrage hydroélectrique de Nangbéto, mis en service en 1987 et géré par la Communauté électrique du Bénin (CEB). Symbole d’un partenariat gagnant-gagnant, l’ouvrage fournit de l’électricité aux deux pays tout en illustrant les bénéfices d’une gestion partagée des infrastructures hydrauliques.

    Urgence

    Pour le nouveau président du Conseil des ministres de l’ABM, l’urgence est désormais de consolider les mécanismes de financement, d’améliorer le partage des données hydrologiques et de renforcer la résilience des communautés riveraines. « Seule une gestion solidaire et coordonnée garantira la sécurité hydrique et un développement durable », a-t-il martelé en conclusion.

    À Lomé, la session de l’ABM aura ainsi consacré un leadership et tracé une feuille de route : faire de l’eau non pas un facteur de tension, mais un moteur de paix et de prospérité partagée dans le bassin du Mono.

  • Bénin : un an à la tête de la SRTB, le choix de la reconnaissance

    Bénin : un an à la tête de la SRTB, le choix de la reconnaissance

    Un an après sa nomination à la tête de la Société de radiodiffusion et de Télévision du Bénin (SRTB), sa première responsable a choisi un mot simple, mais profondément symbolique : merci. Un message de gratitude adressé à celles et ceux qui, chaque jour, œuvrent souvent dans l’ombre pour faire vivre la télévision et la radio publiques du Bénin.

    Dans un contexte médiatique marqué par des mutations technologiques rapides, des exigences accrues de crédibilité et une concurrence permanente, la SRTB repose avant tout sur un capital humain engagé. Journalistes, techniciens, animateurs, réalisateurs, agents administratifs ou personnels de soutien : autant de femmes et d’hommes discrets, constants, sans lesquels le service public de l’information ne pourrait remplir sa mission.

    « Un média public ne tient jamais sur une seule personne », rappelle Angela Aquereburu Rabatel, la dirigeante de nationalité togolaise. Une affirmation qui traduit une vision du leadership fondée sur le collectif, la reconnaissance du travail invisible et le respect des compétences. Derrière chaque journal télévisé, chaque émission radio, chaque reportage de terrain, se cache un travail d’équipe rigoureux, parfois contraignant, mais toujours animé par le sens du devoir public.

    Ce message intervient comme un rappel fort : la réussite d’une institution publique ne se mesure pas uniquement à ses audiences ou à ses équipements, mais aussi à la capacité de ses dirigeants à valoriser l’engagement humain. En mettant en lumière les acteurs de l’ombre, la direction de la SRTB réaffirme l’essence même du service public : servir, informer et rassembler, avec humilité.

    Au-delà de la SRTB, cette prise de parole résonne comme une interpellation plus large dans le monde professionnel. Comment, dans nos administrations, nos entreprises ou nos organisations, prenons-nous le temps de dire merci à celles et ceux qui travaillent loin des projecteurs ?

    Un an après, le geste est fort, le message clair : la reconnaissance n’est pas un détail, elle est un moteur. Et parfois, un simple merci suffit à redonner tout son sens au travail collectif.

Radio Renouveau228

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