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  • Santé et jeunesse : le Dr Abdallah Ouedraogo, nouveau visage des Clubs Santé dans l’espace AES

    Santé et jeunesse : le Dr Abdallah Ouedraogo, nouveau visage des Clubs Santé dans l’espace AES

    Un médecin pas comme les autres pour une mission qui sort des sentiers battus. Le Dr Abdallah Ouedraogo a été désigné ambassadeur des Clubs Santé SOS DOCTEUR TV dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES). Une nomination qui marque une nouvelle étape dans l’ambition d’AIMES-AFRIQUE de rapprocher les messages de santé des jeunes à travers des outils innovants, notamment l’humour, la musique et les réseaux sociaux.

    La plateforme SOS DOCTEUR TV et le Dr Abdallah Ouedraogo ont officialisé leur collaboration mardi à Lomé à travers la signature d’une convention. Médecin spécialisé en santé publique et en promotion de la santé, le nouveau ambassadeur possède également plusieurs cordes à son arc : chanteur-compositeur, écrivain et humoriste.

    C’est précisément ce profil atypique qui devrait lui permettre de porter autrement les messages de prévention et d’éducation sanitaire auprès des jeunes.

    Un médecin qui mise sur l’humour et la musique

    À l’heure où les modes de communication évoluent rapidement, les acteurs de la santé cherchent de nouveaux moyens pour atteindre une jeunesse de plus en plus présente sur les plateformes numériques. Le Dr Abdallah Ouedraogo entend s’inscrire dans cette dynamique en transformant les connaissances médicales en contenus simples, accessibles et attractifs.

    Ses productions sont déjà diffusées depuis plusieurs années sur SOS DOCTEUR TV. Près d’une dizaine de ses clips figurent parmi les contenus proposés par la plateforme, selon les responsables du projet.

    Pour le Dr Serges Michel Kodom, président de l’ONG AIMES-AFRIQUE, ce parcours constitue un atout majeur. Il décrit le nouvel ambassadeur comme « un médecin décomplexé » et « un médecin engagé ».

    Pour le principal intéressé, cette nomination représente surtout une responsabilité. Son ambition est de mettre ses compétences médicales et artistiques au service de la jeunesse en faisant de la musique et de l’humour des vecteurs de sensibilisation.

    Cette stratégie pourrait permettre de rendre certains messages sanitaires plus compréhensibles et surtout plus proches des réalités quotidiennes des jeunes.

    Les Clubs Santé à la conquête de l’espace AES

    Au-delà de la nomination d’un ambassadeur, l’initiative traduit la volonté d’AIMES-AFRIQUE d’élargir progressivement son programme de Clubs Santé au-delà des frontières togolaises. Le dispositif est déjà implanté dans plusieurs établissements scolaires au Togo, où il s’appuie sur des activités parascolaires et extrascolaires.

    L’objectif affiché est de faire de l’école un espace où les jeunes peuvent non seulement apprendre, mais également développer leurs talents, leurs vocations et leur sens de la responsabilité communautaire.

    L’espace AES constitue désormais un nouveau terrain d’action. Le Dr Abdallah Ouedraogo aura ainsi pour mission de contribuer au rayonnement des Clubs Santé auprès des jeunes du Burkina Faso, du Mali et du Niger, tout en participant à la diffusion de messages portant sur la santé, l’éducation et l’engagement citoyen.

    Cette démarche mise également sur les réseaux sociaux, devenus un important espace d’éducation informelle. L’ambition est d’inciter les jeunes à produire eux-mêmes des contenus utiles et à valoriser leurs initiatives.

    La cérémonie de signature de la convention a par ailleurs été marquée par la présentation de l’ouvrage du Dr Abdallah Ouedraogo, « Là où tout semblait perdu », un livre d’environ 260 pages qui vient compléter le portrait d’un professionnel dont le parcours se situe au croisement de la médecine, de la création artistique et de la transmission.

    Avec cette nouvelle responsabilité, le médecin-artiste est donc appelé à jouer un rôle de passerelle entre le monde médical et une jeunesse qui ne demande qu’à être sensibilisée autrement. Pour les initiateurs, le pari est clair : faire de la santé non plus seulement un sujet médical, mais aussi un levier d’éducation, de créativité et d’engagement pour la jeunesse de l’espace AES.

  • Bassolma Bazié : la voix sans filtre du Sahel

    Bassolma Bazié : la voix sans filtre du Sahel

    Figure montante du discours souverainiste ouest-africain, Bassolma Bazié s’impose aujourd’hui comme l’un des visages les plus tranchés de la nouvelle ligne politique portée par l’Alliance des États du Sahel (AES).

    Président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), Bassolma Bazié, ancien syndicaliste burkinabè s’est construit une réputation solide : celle d’un homme au verbe direct, parfois dérangeant, mais toujours assumé.

    Parcours forgé dans le syndicalisme

    Avant d’entrer dans les sphères étatiques, Bassolma Bazié s’est illustré au sein du mouvement syndical du Burkina Faso, notamment comme leader de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B). Ce passage a façonné son style : combatif, ancré dans les luttes sociales, et profondément méfiant vis-à-vis des influences extérieures. Déjà à cette époque, il dénonçait avec vigueur les politiques économiques jugées dictées de l’extérieur.

    Franc-parler devenu marque de fabrique

    C’est toutefois sur la scène politique récente qu’il s’est imposé au grand public. Ses interventions, largement relayées sur les réseaux sociaux, cumulent des millions de vues. Dans ces vidéos virales, on le voit dénoncer sans détour « les injonctions extérieures », remettre en cause certains rapports d’ONG internationales, ou encore critiquer ce qu’il appelle une « démocratie importée ».

    Son ton, souvent incisif, tranche avec celui de nombreux responsables politiques. Là où d’autres privilégient la diplomatie, Bazié choisit la confrontation verbale. Cette posture lui vaut autant d’admirateurs — qui saluent son courage et sa cohérence — que de critiques, qui pointent des déclarations parfois difficiles à étayer, notamment lorsqu’il évoque des complots ou des menaces contre des dirigeants sahéliens.

    Porte-voix de la ligne souverainiste

    Dans le contexte actuel marqué par les recompositions géopolitiques au Sahel, Bassolma Bazié s’inscrit clairement dans la dynamique impulsée par des dirigeants comme Ibrahim Traoré. Il défend une rupture avec les partenariats traditionnels et plaide pour une autonomie stratégique accrue, notamment en matière de défense.

    Lors de sa récente intervention depuis le Togo, il a insisté sur la nécessité pour les pays de l’AES de « conquérir » leur souveraineté, tout en saluant certains appuis régionaux facilitant la continuité logistique et militaire. Il met également en avant les efforts internes, qu’il s’agisse de mobilisation financière nationale ou de réformes sociales.

    Figure clivante mais influente

    Bassolma Bazié incarne une tendance plus large qui gagne du terrain en Afrique de l’Ouest : celle d’un discours décomplexé sur la souveraineté, la sécurité et l’indépendance politique. Sa capacité à capter l’attention, notamment grâce aux réseaux sociaux, en fait un acteur incontournable du débat public.

    Mais cette influence s’accompagne de zones de controverse. Ses critiques virulentes envers certaines organisations internationales, ainsi que ses prises de position sur la gouvernance démocratique, interrogent autant qu’elles mobilisent.

    Entre conviction et stratégie

    Au final, Bassolma Bazié apparaît comme un homme de convictions, fidèle à une ligne idéologique construite au fil de son parcours. Son franc-parler n’est pas seulement un trait de caractère : il est devenu un outil politique, au service d’un projet plus large de redéfinition des rapports entre les États du Sahel et le reste du monde.

    Qu’on l’approuve ou qu’on le conteste, une chose est certaine : dans le paysage politique sahélien actuel, sa voix porte. Et elle ne semble pas prête de s’atténuer.

  • Togo–Sahel : Lomé en première ligne

    Togo–Sahel : Lomé en première ligne

    Lomé accueille ce vendredi, au Palais des Congrès, une rencontre de haut niveau consacrée à la nouvelle stratégie du Togo pour le Sahel sur la période 2026–2028.

    Placée sous le patronage du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cette réunion rassemble des responsables gouvernementaux, des partenaires internationaux et des représentants de la société civile autour d’un enjeu central : la stabilité régionale.

    Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant en Afrique de l’Ouest. Le Sahel reste en proie à une intensification des attaques terroristes, avec une extension progressive de la menace vers les pays côtiers du Golfe de Guinée. Cette évolution alimente les inquiétudes des États de la sous-région, dont le Togo, directement exposé à ces risques transfrontaliers.

    À cette situation s’ajoutent des recompositions géopolitiques majeures, notamment la mise en place de l’Alliance des États du Sahel, qui redéfinit les cadres traditionnels de coopération. Face à ces mutations, Lomé entend jouer un rôle actif en adaptant sa stratégie pour mieux répondre aux nouveaux défis sécuritaires et diplomatiques.

    La stratégie 2026–2028, qui succède à celle adoptée en 2021, vise à renforcer l’engagement du Togo dans la prévention des crises et la promotion de la paix. Elle met l’accent sur un dialogue accru entre les pays sahéliens et ceux du littoral ouest-africain, dans une logique de complémentarité et de solidarité régionale. L’objectif est également de favoriser une approche intégrée, alliant sécurité, développement et gouvernance.

    La rencontre de Lomé se présente ainsi comme une plateforme d’échanges et de concertation. Elle permettra de dévoiler les grandes orientations de cette nouvelle feuille de route, tout en facilitant les discussions entre les différents acteurs impliqués. Les travaux, organisés en plusieurs sessions, donneront la parole aux autorités togolaises, aux représentants des États du Sahel, aux organisations régionales et internationales, ainsi qu’aux acteurs de la société civile.

    Les débats porteront sur les défis communs auxquels font face les pays de la région, notamment la lutte contre le terrorisme, la gestion des frontières, ainsi que les enjeux de développement socio-économique. Les participants exploreront également les perspectives de coopération renforcée pour une réponse plus coordonnée et efficace.

    À l’issue de cette rencontre, plusieurs retombées sont attendues. Il s’agit notamment d’une meilleure compréhension de la stratégie togolaise, d’un renforcement du dialogue politique régional, et d’une consolidation du rôle du Togo comme acteur de médiation entre le Sahel et les pays du Golfe de Guinée. Par cette initiative, Lomé confirme sa volonté de s’imposer comme un pivot diplomatique et sécuritaire dans une région en pleine mutation.

  • Cédéao: la part ghanéenne du gâchis !

    Cédéao: la part ghanéenne du gâchis !

    Savoir distinguer les putschistes aux idées claires, capables de porter leur patrie sur la rampe de la démocratie et du développement, des aventuriers qui s’emparent du pouvoir avant de commencer à improviser un avenir, pour eux, plutôt que pour leurs peuples…

    Dans la crise existentielle que vit la Cédéao avec sa gestion des putschs et des régimes qui en sont issus, un paramètre supplémentaire vient d’être introduit par John Dramani Mahama, président du Ghana : il appelle à une reconnaissance de l’Alliance des États du Sahel par la Cédéao. A-t-il quelque chance d’être entendu ?

    Dans cette communauté où certains chefs d’État ont une fâcheuse tendance à faire prévaloir leur agenda personnel sur les principes et objectifs communs, d’une manière ou d’une autre, il sera entendu. À quelques semaines de son demi-siècle d’existence, la Cédéao pouvait espérer mieux que cette confusion et cette cacophonie ! À la veille de sa tournée sahélienne, le dirigeant ghanéen avait reçu, à Abidjan, la bénédiction de son homologue ivoirien pour une ultime main tendue aux pays frères, visiblement dans l’impasse.

    Le président Ouattara s’attendait-il à ce que John Dramani Mahama, interlocuteur nouveau et théoriquement neutre, déploie plutôt une stratégie personnelle, dans le seul intérêt du Ghana ? Probablement pas ! Mais, comment oublier que cet homme a déjà perdu le pouvoir, pour ses contreperformances économiques, et la chute vertigineuse du cedi, la monnaie ghanéenne ! Comme si cette cour maladroite qu’il fait aux pays enclavés découlait d’une envie irrépressible de mieux réussir, cette fois, en économie…

    Faut-il croire le président du Ghana capable de sacrifier ainsi les règles et les principes de la Cédéao, dans l’intérêt de son seul pays ?

    Aujourd’hui, tous les dirigeants peuvent tout sacrifier à l’économie. Le tort de la Cédéao a été de brandir les menaces et de déclencher les sanctions contre les putschistes de l’hinterland, sans en avoir mesuré les conséquences pour leurs voisins côtiers. Exportateurs de matières premières, les États du Sahel sont surtout importateurs d’une multitude de produits arrivant par l’océan, et pesant lourd dans le chiffre d’affaires des installations portuaires du Golfe de Guinée. Tout comme la petite économie des centaines de localités traversées jusqu’aux frontières du Burkina, du Mali et du Niger, transitaires et transporteurs routiers des pays de transit en profitent. Tous risquaient gros et ont, partout, beaucoup perdu. Au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Bénin, au Nigeria. Seul le Togo a ramassé la mise dans cette crise de la gestion des putschs par la Cédéao qui aura, au moins, montré l’intérêt d’une communauté économique, l’utilité d’une union douanière.

    Pour le reste, sacrifier ses principes pour des gains économiques vous expose souvent au discrédit, sans même vous garantir les parts de marché convoitées.

    Est-ce à dire qu’il faut craindre des conséquences pour la Cédéao, et pour John Dramani Mahama lui-même ?

    En faisant passer les putschistes pour des victimes innocentes, le dirigeant ghanéen a passablement terni l’image déjà dégradée d’une Cédéao qui n’a fait qu’appliquer ses textes. Certes, elle n’a pas toujours montré le même zèle dans d’autres cas similaires. Mais, président d’une des démocraties les plus fiables d’Afrique, John Dramani Mahama ne pouvait s’autoriser cette apologie de fait, comme si la baïonnette pouvait se substituer au bulletin de vote ! Comme si cette épidémie de putschs n’affectait pas la crédibilité de cette communauté économique scrutée par les marchés financiers ! Cela est d’autant plus désastreux que ce qui se joue, ici, c’est aussi la signature des États. Y compris celle du Ghana, qui n’a pourtant plus connu de coup d’État depuis quarante-quatre ans. 

    Pour avoir, tour à tour, connu le pouvoir et l’opposition, alterné échecs et victoires par la seule volonté des électeurs, John Dramani Mahama n’avait pas le droit de se muer ainsi en chantre des putschistes. Et, même s’il devait en tomber amoureux, lui, qui doit ses premières responsabilités politiques à Jerry John Rawlings, devrait savoir distinguer les putschistes aux idées claires, capables de porter leur patrie sur la rampe de la démocratie et du développement, des aventuriers qui s’emparent du pouvoir avant de commencer à improviser un avenir, pour eux, plutôt que pour leurs peuples.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 15 mars sur RFI

  • Togo: un pas de plus vers une intégration à l’Alliance des États du Sahel ?

    Togo: un pas de plus vers une intégration à l’Alliance des États du Sahel ?

    Le Togo n’a jamais caché sa proximité avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, trois pays qui ont rompu avec la CEDEAO pour créer l’Alliance des États du Sahel. Après les dernières déclarations des autorités locales, le Togo fait-il un pas de plus vers l’Alliance des États du Sahel en envisageant intégrer l’organisation ? 

    Le ministre des Affaires étrangères du Togo revient à la charge. Après ses déclarations du début de l’année (sur la chaîne de télévision VoxAfrica, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine du Togo réaffirmait en janvier la proximité de Lomé avec l’AES), Robert Dussey assure cette fois sur les réseaux sociaux que le Togo envisage d’adhérer à l’AES, l’Alliance des États du Sahel, l’organisation des trois putschistes galonnés : le Malien Assimi Goïta, le Burkinabè Ibrahim Traoré et le Nigérien Abdourahamane Tiani.

    À Lomé pour le moment on se veut très peu bavard après la déclaration du chef de la diplomatie togolaise, souligne notre correspondant régional, Serge Daniel. Injoignable pour le moment sur les réseaux sociaux, il justifie sa sortie : le Togo membre de l’AES pourrait devenir le port préféré pour l’économie des trois autres pays qui n’ont pas accès à la mer. Il y aurait donc un avantage économique pour le Togo à intégrer l’organisation régionale.

    Si cette intégration devient effective, elle peut se révéler être un joli coup politique au moment où la posture en vogue dans la sous-région est de défier l’ancienne puissance coloniale. Le Togo, face à l’offensive de charme du Ghana, prend de nouvelles initiatives, analyse de son côté un diplomate de la région qui ajoute : le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, n’a pas pu parler de possible intégration de son pays à l’Alliance des États du Sahel sans le feu vert du président du Togo.

    Source: Rfi

  • Théodore Holo: «Il y a un intérêt économique et politique pour le Togo d’intégrer l’AES»

    Théodore Holo: «Il y a un intérêt économique et politique pour le Togo d’intégrer l’AES»

    Le Togo va-t-il rejoindre l’AES, l’Alliance des États du Sahel, formée par le Mali, le Niger et le Burkina Faso ? « Ce n’est pas impossible », a déclaré jeudi dernier Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères, à la chaîne de télévision VoxAfrica. Pourquoi le régime du président Faure Gnassingbé caresse-t-il ce projet ? Est-ce pour des raisons politiques ou économiques ? Théodore Holo a été ministre béninois des Affaires étrangères. Il a présidé aussi la Cour constitutionnelle du Bénin. Il livre son analyse au micro de Christophe Boisbouvier.

    Êtes-vous surpris par l’éventuelle adhésion du Togo à l’AES (l’Alliance des États du Sahel) ?

    Vous savez que, pour le moment, étant donné que le port de Cotonou est fermé au commerce avec le Niger, le port de Lomé sert de solution de rechange. Et de ce point de vue, il y a un intérêt économique et peut-être même politique pour le Togo d’intégrer l’AES, puisqu’au niveau de la Cédéao, il y a des convergences politiques mettant l’accent sur la démocratie, convergences acceptées par la plupart des pays anglophones et quelques pays francophones. Le Togo n’en faisant pas partie, je pense que la souveraineté qui se manifeste dans les pays de l’AES se fonde sur le refus en réalité de cette convergence politique. Ce qui veut dire qu’il y a un intérêt économique et aussi un intérêt politique que le Togo intègre l’AES. Mais on attend la décision du président Faure Gnassingbé, comme l’a rappelé le ministre togolais des Affaires étrangères.

    Oui, Robert Dussey est prudent, il dit qu’il faudrait que ce projet soit validé par le président et par le Parlement. Il affirme aussi que l’Alliance des États du Sahel, c’est une coalition souverainiste et qu’il est donc logique que le Togo y adhère puisqu’il partage la même idéologie…

    Je constate que beaucoup de ces États, tout en rejetant la présence militaire française, initient une coopération militaire avec d’autres pays tels que la Russie. La souveraineté, c’est de défendre ses intérêts. Et je pense qu’au niveau de la Cédéao, il y a cette défense des intérêts avec la création de l’Eco. C’étaient les pays francophones qui essayaient de bloquer le processus qui doit reprendre, je crois, en 2027. Donc c’est un prétexte en réalité de dire que l’AES, ce sont les États qui se veulent souverainistes. Il y a d’autres pays qui sont aussi souverainistes, mais qui sont toujours au niveau de la Cédéao.

    Ce que sous-entend le ministre togolais, c’est que la Cédéao est instrumentalisée par la France. C’est ce que disent en tout cas les trois pays actuels de l’AES et qu’avec la Cédéao, il n’y a pas de vraie souveraineté…

    Je ne pense pas que le Nigeria ou le Ghana peuvent être considérés comme des laquais de la France. Être souverain, c’est prendre les décisions qui s’imposent en tenant compte des intérêts de son pays et non pas des intérêts de la classe gouvernante de mon point de vue. Je crois que quelqu’un comme Sankara était très souverainiste, mais n’a jamais décidé de quitter la Cédéao, ni l’Union africaine.

    Donc pour vous, la Cédéao n’est pas instrumentalisée par une puissance étrangère comme la France ?

    Je ne pense pas que la France, à elle seule, puisse imposer son point de vue. C’est peut-être un argument très facile pour justifier certaines positions. En tout cas, quand j’étais ministre des Affaires étrangères du Bénin dans les années 1990 et que nous discutions des questions de la Cédéao, je n’ai jamais eu l’impression que la France s’immisçait dans les activités que nous menions. Il y avait un leadership du Nigeria à l’époque, c’est vrai, mais il n’y avait pas une immixtion de mon point de vue de la France. Je ne pense pas que la situation ait évolué entre temps. Je voudrais rappeler que la limitation des mandats est un élément de convergence, au niveau de la Cédéao, qui fait blocage parce qu’il y a des pays comme le Togo qui s’étaient opposés à cette limitation des mandats. Alors quand on vient me dire que la Cédéao est instrumentalisée par la France, je trouve que c’est un argument très facile quand on ne veut pas accepter certaines exigences du point de vue de la démocratie ou du point de vue de l’alternance, du point de vue de la limitation des mandats. Et c’est sur la base de ce refus que des pays comme le Mali, comme le Burkina Faso se sont retirés aujourd’hui de la communauté.

    Voulez-vous dire qu’il y a une convergence entre les trois pays de l’AES et le Togo d’un point de vue idéologique ?

    C’est une évidence de mon point de vue, en tenant compte de ce que, aujourd’hui, dans ces pays, nous sommes dans des régimes où l’alternance n’est pas encore une évidence. Donc il y a cet élément de convergence idéologique qui peut expliquer cette proximité. Il y a aussi les intérêts économiques parce que le Togo, aussi, en tant qu’État souverain, défend ses intérêts.

    Sur le plan économique justement, depuis que la frontière Niger-Bénin est fermée, les marchandises à destination et en provenance du Niger ne passent plus par le port de Cotonou, mais par celui de Lomé. Avec une adhésion du Togo à l’AES, est-ce que cette route commerciale ne serait pas encore plus renforcée et validée ?

    Pour aller du Togo au Niger, il faut traverser non seulement le Togo, mais il faut aussi traverser le Burkina Faso. Vous savez qu’il y a des difficultés militaires en raison de l’insécurité qui y règne, ce qui fait que les commerçants se sentent un peu pénalisés. Et il y a des protestations à raison du renchérissement du coût des produits qui sont importés. Ce qui veut dire qu’il va falloir garantir la sécurité de ce corridor. Cela prendra du temps, mais si la volonté politique y est, ils y arriveront.

    Source : rfi.fr/afrique

  • Le Togo va-t-il rejoindre l’Alliance des États du Sahel, formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger?

    Le Togo va-t-il rejoindre l’Alliance des États du Sahel, formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger?

    « Ce n’est pas impossible », selon le ministre togolais des Affaires étrangères. Robert Dussey l’a dit jeudi dans un entretien accordé à la chaîne de télévision VoxAfrica, tout en précisant que la décision doit venir du président ou du Parlement. Le ministre estime que la population togolaise y est favorable. Contrairement à d’autres pays de la sous région, Lomé entretient de bonnes relations avec les pays sahéliens, et a plusieurs fois joué un rôle de médiateur.

    Le Togo n’a jamais caché ses relations avec les régimes militaires du Sahel. Dans son entretien avec VoxAfrica, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Intégration africaine du Togo, Robert Dussey, réaffirme la proximité de Lomé avec l’AES, créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui ont tourné le dos à la Cédéao.

    “Pour moi, ce n’est pas impossible, mais c’est la décision du président de la République d’abord et c’est la décision également du Parlement togolais. Nous avons des institutions togolaises, nous avons la présidence de la République, nous allons vers la Ve République. Si le Parlement décide que le Togo doit rejoindre les pays de l’AES, pourquoi le Togo ne le ferait pas ? Je vais vous surprendre : demandez à la population togolaise si le Togo veut rentrer dans l’AES et vous verrez leur réponse. Ils vous diront oui”.

    Le Togo a joué un rôle de médiateur, à plusieurs reprises, entre la Cédéao et le Niger, suite au coup d’État de juillet 2023, ou entre le Mali et la Côte d’Ivoire, par exemple.

    En mai dernier, Lomé a aussi pris part à des exercices militaires conjoints avec les trois pays de l’Alliance des États du Sahel et le Tchad.

    Un rapprochement entre le Togo et les pays sahéliens enclavés pourrait bénéficier au port de Lomé que le Niger utilise déjà pour importer des marchandises, au détriment du port de Cotonou, puisque Niamey garde sa frontière avec le Bénin fermée.

    « Je ne vois pas le Togo quitter la Cédéao, je pense qu’il va jouer sur la multi-appartenance », estime Niagalé Bagayoko, en rappelant que Gnassingbé Eyadema faisait partie des fondateurs de l’organisation régionale. Pour la présidente du réseau africain pour le secteur de la sécurité, le Togo pourrait peser pour que la Cédéao se recentre sur l’économie, plutôt que sur les questions de démocratie.

    Source : rfi.fr/afrique

  • Le Togo n’exclut pas de rejoindre l’Alliance des États du Sahel

    Le Togo n’exclut pas de rejoindre l’Alliance des États du Sahel

    En développant leurs liens avec le Togo, les pays de l’AES, enclavés, pourraient s’assurer un accès à la mer.

    Le Togo n’exclut pas de rejoindre l’Alliance des Etats du Sahel (AES), a fait savoir le ministre des Affaires étrangères togolais à l’occasion d’un entretien accordé jeudi 16 janvier à la chaîne de télévision Voxafrica.

    « C’est la décision du président de la République », a répondu le ministre Robert Dussey lorsque la question de rejoindre l’AES lui a été posée, jugeant pour sa part que « ce n’est pas impossible ». « Demandez aux populations togolaises si le Togo veut entrer dans l’AES, vous allez voir leur réponse, je vous dirais qu’elles vous diront oui », a-t-il ajouté dans son entretien, dont l’intégralité sera diffusée jeudi soir.

    Les trois pays qui forment l’AES ( Mali, Niger et Burkina Faso), gouvernés par des régimes militaires hostiles à la France, ont annoncé en janvier 2024leur volonté de quitté la Cedeao, qu’ils jugent instrumentalisée par l’ancienne puissance coloniale. Ce départ sera effectif le 29 janvier.

    « Assimi Goïta est une chance pour le Mali »

    En développant leurs liens avec le Togo, les pays de l’AES, enclavés, pourraient s’assurer un accès à la mer via la côte togolaise et le port de Lomé afin d’importer et d’exporter des marchandises.

    Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui ont chassé l’armée française de leur sol, coopèrent pour contenir les attaques récurrentes des groupes jihadistes, en même temps qu’ils se rapprochent militairement et politiquement d’autres puissances comme la Russie.

    Le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé s’est imposé peu à peu comme médiateur dans les différentes crises politiques qui agitent l’Afrique de l’Ouest. Au Niger, les militaires au pouvoir lui ont demandé d’intercéder auprès de la Cedeao, ce qui n’a pas empêché le régime putschiste d’annoncer son retrait de l’institution régionale ouest-africaine. Il s’était auparavant investi dans la crise malienne et les tensions entre Abidjan et Bamako.

    « Pour nous aujourd’hui, le président Assimi Goïta est une chance pour le Mali, a également déclaré Robert Dussey lors de son entretien télévisé. L’Afrique est utilisée seulement pour servir les grandes puissances et ce n’est pas normal. »

    (Avec AFP)

  • CEDEAO : « L’AES a intérêt à mettre de l’eau dans son vin »

    CEDEAO : « L’AES a intérêt à mettre de l’eau dans son vin »

    La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a ses points forts et ses côtés négatifs. Néanmoins, il ne faut pas jeter l’eau du bain avec le bébé. C’est le point de vue du journaliste Anani Sossou, estimant que l’Alliance des Etats du Sahel (AES) doit mettre « de l’eau dans son vin ».

    « Le 06 juillet à Niamey au Niger, les trois États de l’AES ont réitéré leur projet de retrait de la CEDEAO. Le lendemain 7 juillet à Abuja au Nigeria, la réplique de l’organisation sous-régionale ne s’est pas faite attendre. Désormais tout ressortissant du Burkina, du Mali et du Niger doit avoir un visa avant de circuler dans l’espace. Les conditions d’installation et de commerce dans les États membres seront drastiques.

    Le grand point positif de la CEDEAO est l’intégration régionale où avec son passeport ou sa carte d’identité et sans visa on peut aller d’un pays à un autre, on peut s’y établir et commercer, créer son entreprise. Je trouve personnellement que les pays de l’AES sur ce plan font fausse route car ils pénaliseront plus leurs ressortissants. Dans pareil cas, il faut passer par des négociations, trouver des compromis nécessaires afin de faciliter la vie des personnes et des biens. La CEDEAO c’est quand même plus de 400 millions d’habitants et l’intérêt à y gagner pour les 3 pays du Sahel est plus énorme qu’une rétractation.

    Les présidents du Sénégal et du Togo ont été désignés pour favoriser les négociations. L’AES rien que sur les aspects que je viens d’énumérer a intérêt à mettre de l’eau dans son vin. Personne ne lui dénie le droit à la souveraineté mais on peut aussi l’avoir dans l’espace communautaire ».

    Anani Sossou

Radio Renouveau228

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