Catégorie : Actualités

  • Togo : l’équilibrisme risqué de Lomé?

    Togo : l’équilibrisme risqué de Lomé?

    L’épisode récent de la visite discrète à Lomé du ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, illustre cette approche feutrée.

    Dans un contexte géopolitique ouest-africain de plus en plus fragmenté, le Togo de Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil, tente de se positionner comme un acteur pivot entre blocs rivaux. Entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Alliance des États du Sahel (AES), les puissances occidentales et une Russie de plus en plus présente en Afrique, Lomé joue une partition diplomatique complexe. Une stratégie d’équilibriste qui, si elle offre des marges de manœuvre à court terme, pose la question de sa viabilité à long terme.

    Une diplomatie du silence et du calcul

    L’épisode récent de la visite discrète à Lomé du ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, illustre cette approche feutrée. Reçu par le président du Conseil togolais, sans communication officielle, cet échange en dit long sur la prudence stratégique de Lomé. Le Togo ne veut froisser aucun partenaire, mais entend multiplier les canaux d’influence.

    Ce choix s’inscrit dans une dynamique plus large. Alors que plusieurs pays sahéliens ont pris leurs distances avec les partenaires occidentaux pour se rapprocher de Moscou, Lomé préfère maintenir une posture d’ouverture tous azimuts. Le pays coopère avec les États-Unis en matière sécuritaire, reste engagé au sein de la Cedeao, tout en entretenant des relations plus ou moins discrètes avec la Russie.

    Rôle d’intermédiaire

    Depuis la rupture entre la Cedeao et les pays de l’AES, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le Togo tente de se positionner comme un pont diplomatique. Faure Essozimna Gnassingbé a multiplié les initiatives de médiation, cherchant à éviter une fracture durable dans la sous-région.

    Cette posture d’arbitre est stratégique. Elle permet à Lomé de renforcer son poids diplomatique tout en se présentant comme un acteur de stabilité. Dans une région marquée par les coups d’État et les tensions politiques, le Togo mise sur la continuité institutionnelle pour asseoir sa crédibilité.

    Cependant, ce positionnement n’est pas sans risques. La Cedeao, fragilisée, observe avec attention les initiatives togolaises, tandis que les pays de l’AES pourraient voir dans cette médiation une tentative d’influence déguisée.

    Jeu des puissances

    Au-delà des dynamiques régionales, le Togo évolue dans un contexte de rivalité accrue entre grandes puissances. Les États-Unis, engagés dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, considèrent Lomé comme un partenaire stable. Des coopérations sécuritaires et économiques se poursuivent, renforçant les liens entre les deux pays.

    Dans le même temps, la Russie intensifie ses efforts pour s’ancrer en Afrique de l’Ouest. Si le Togo ne s’affiche pas ouvertement dans ce rapprochement, les contacts existent. Lomé semble vouloir tirer profit de cette concurrence, obtenant des soutiens variés sans s’aligner pleinement sur un camp.

    Cette stratégie rappelle celle de certains États non-alignés durant la guerre froide : diversifier les partenaires pour maximiser les gains tout en limitant les dépendances.

    Une stratégie payante à court terme?

    À court terme, l’équilibrisme togolais présente des avantages évidents. Il permet au pays de bénéficier d’appuis multiples, de renforcer son rôle diplomatique et de préserver une certaine autonomie stratégique.

    Sur le plan intérieur, cette posture consolide également le pouvoir de Faure Essozimna Gnassingbé. En apparaissant comme un interlocuteur incontournable sur la scène régionale, le président du Conseil renforce sa légitimité et son influence. De plus, dans un environnement régional instable, le Togo capitalise sur son image de havre relatif de stabilité, attirant les partenaires et les investissements.

    Fragilité

    Mais cet équilibre reste précaire, selon les observateurs avisés. En effet, à long terme, soutiennent-ils, les tensions entre blocs pourraient rendre cette position intenable. La polarisation croissante entre la Cedeao et l’AES ainsi qu’entre les puissances occidentales et la Russie pourrait contraindre Lomé à faire des choix plus clairs.

    Le risque principal est celui de la méfiance, murmure un analyste. À vouloir ménager tous les camps, le Togo pourrait être perçu comme un partenaire peu fiable. Une telle perception pourrait affaiblir sa crédibilité diplomatique et limiter ses marges de manœuvre.

    Par ailleurs, les pressions extérieures pourraient s’intensifier. Les grandes puissances, en quête d’alliés stratégiques, pourraient exiger des positions plus tranchées, réduisant l’espace de neutralité dont bénéficie actuellement Lomé.

    Un pari sur l’avenir

    L’équilibrisme diplomatique du Togo apparaît ainsi comme un pari. Un pari sur sa capacité à naviguer dans un environnement international incertain, à maintenir des relations diversifiées sans se compromettre. Mais ce pari dépendra de plusieurs facteurs : l’évolution des rapports de force régionaux, la capacité de la Cedeao à se réinventer, la solidité de l’AES et l’intensité de la rivalité entre puissances globales.

    In fine, si cette stratégie confère aujourd’hui au Togo un rôle singulier en Afrique de l’Ouest, rien ne garantit qu’elle pourra être maintenue indéfiniment. L’équilibriste peut avancer tant que le fil tient. Mais dans un monde de plus en plus polarisé, la moindre secousse pourrait suffire à rompre cet équilibre fragile.

  • Bolloré face à la justice

    Bolloré face à la justice

    Le feuilleton judiciaire autour de Vincent Bolloré connaît un tournant décisif. L’homme d’affaires français a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour « corruption d’agent public étranger » dans un dossier impliquant notamment le Togo. Une audience est attendue en décembre prochain, sauf rebondissement de procédure.

    Au cœur de cette affaire, des soupçons remontant à 2010. La justice française, à travers le Parquet national financier, estime que le groupe Groupe Bolloré aurait, via sa filiale de communication Havas, fourni des prestations à coût réduit pour soutenir les campagnes présidentielles de Faure Gnassingbé et de Alpha Condé. En contrepartie, le groupe aurait obtenu ou consolidé des concessions stratégiques dans la gestion de ports en Afrique de l’Ouest.

    Des faits anciens mais sensibles

    Les faits reprochés remontent à plus de quinze ans, mais leur portée reste hautement sensible. Le Togo et la Guinée représentent des zones clés pour les activités portuaires du groupe Bolloré, notamment dans la logistique et le transport maritime. Les ports de Lomé et de Conakry constituent en effet des hubs stratégiques pour les échanges commerciaux dans la région.

    Selon les juges d’instruction, ces arrangements supposés pourraient relever d’un système d’influence mêlant communication politique et intérêts économiques. Une pratique strictement encadrée, voire interdite, par le droit français lorsqu’elle implique des agents publics étrangers.

    Une défense ferme

    Face à ces accusations, la défense de Vincent Bolloré conteste vigoureusement toute irrégularité. Ses avocats soutiennent que les opérations évoquées s’inscrivaient dans un cadre commercial classique entre entreprises partenaires. Ils affirment également que leur client n’avait pas connaissance des modalités précises de certaines prestations réalisées par Havas.

    Deux autres figures du groupe sont également concernées par le renvoi : Gilles Alix, ancien directeur général, et Jean-Philippe Dorent, ex-responsable international chez Havas. Tous deux devront répondre, à des degrés divers, d’accusations liées à la corruption ou à la complicité d’abus de confiance.

    Enjeux politiques et économiques

    Au-delà du cas personnel de Vincent Bolloré, ce procès s’annonce comme un moment clé dans la lutte contre la corruption internationale. Il met en lumière les relations parfois complexes entre grandes entreprises occidentales et pouvoirs politiques africains.

    Pour le Togo, cité dans cette affaire, l’enjeu est aussi celui de l’image et de la gouvernance. Bien que les faits soient anciens, leur résonance actuelle intervient dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance sont de plus en plus scrutées, tant au niveau national qu’international.

    Une audience très attendue

    Si la tenue du procès est confirmée pour décembre, il pourrait durer plusieurs jours, voire semaines, au regard de la complexité du dossier. Ce rendez-vous judiciaire permettra de clarifier les responsabilités et, potentiellement, de faire la lumière sur des pratiques longtemps restées dans l’ombre.

    En attendant, cette affaire rappelle que les interactions entre politique et affaires, surtout à l’international, demeurent un terrain sensible où la justice entend désormais exercer un contrôle renforcé.

  • Brigitte Adjamagbo-Johnson en tournée citoyenne

    Brigitte Adjamagbo-Johnson en tournée citoyenne

    La députée Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, également secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), entame une tournée parlementaire dans le nord du pays. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de proximité avec les populations et de redevabilité de l’action politique.

    Prévue du 20 au 24 mars 2026, cette tournée conduira la parlementaire successivement à Dapaong les 20 et 21 mars, puis à Kara les 23 et 24 mars. À travers cette descente sur le terrain, l’élue entend renforcer le lien entre les citoyens et leurs représentants à l’Assemblée nationale.

    Une mission de redevabilité

    Au cœur de cette tournée figure un objectif clair, celui de rendre compte aux populations des actions menées au Parlement. Dans un contexte où la transparence et la confiance entre gouvernants et gouvernés sont souvent questionnées, cette initiative se veut un exercice de responsabilité démocratique.

    « On siège pour vous », rappelle le message central de la campagne. La députée entend ainsi expliquer les décisions prises, les débats engagés et les positions défendues au sein de l’hémicycle. Une manière de rapprocher les citoyens des institutions et de leur permettre de mieux comprendre les enjeux politiques nationaux.

    Un espace de dialogue direct

    Au-delà du bilan parlementaire, cette tournée se veut aussi un cadre d’échanges ouverts. Les populations de Dapaong et de Kara auront l’occasion d’exprimer leurs préoccupations, poser des questions et partager leurs attentes.

    Ces rencontres directes traduisent une volonté de construire une gouvernance participative, où les citoyens ne sont pas de simples spectateurs, mais des acteurs à part entière du processus démocratique. La démarche vise également à recueillir des contributions utiles pour orienter les futures actions politiques.

    Contrôle de l’action gouvernementale

    Autre axe important de cette tournée : les visites de terrain pour évaluer l’action du gouvernement. La députée prévoit d’effectuer des contrôles afin de mesurer l’impact réel des politiques publiques dans ces localités.

    Cette approche s’inscrit dans le rôle de veille et de contrôle dévolu aux parlementaires. Elle permet de confronter les décisions prises à Lomé aux réalités vécues par les populations.

    Appel à la mobilisation

    La CDPA lance un appel à une mobilisation massive des populations concernées. « Votre voix compte, votre présence est essentielle », souligne le message adressé aux habitants.

    À travers cette tournée, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson réaffirme son engagement en faveur d’une politique de proximité, fondée sur l’écoute, le dialogue et la transparence. Un rendez-vous citoyen qui pourrait renforcer la participation démocratique dans ces régions du Togo.

  • Agriculture résiliente : le privé en première ligne

    Agriculture résiliente : le privé en première ligne

    Le secteur privé togolais entend jouer un rôle moteur dans la transformation de l’agriculture face aux défis climatiques. Réuni à Lomé le 17 mars 2026, lors de l’atelier national de validation des stratégies du projet NAP Readiness, le Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo) a réaffirmé son engagement en faveur d’investissements durables et innovants.

    Organisé à l’Hôtel Concorde, cet atelier s’inscrit dans une dynamique impulsée par le gouvernement togolais, avec l’appui technique de la FAO et le financement du Fonds Vert pour le Climat (GCF). L’objectif du projet NAP Readiness est clair : renforcer les capacités nationales et régionales pour mieux gérer les risques liés au changement climatique, notamment dans des secteurs clés comme l’agriculture, la foresterie et les ressources en eau.

    Le privé face au défi climatique

    Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le président du CNP-Togo, Coami Sedolo Tamegnon, a insisté sur la double dimension du changement climatique. « Il constitue à la fois un défi et une opportunité pour les entreprises », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation accrue du secteur privé.

    Selon lui, les entreprises togolaises ont un rôle stratégique à jouer dans la transition vers une économie plus verte. À travers sa politique environnementale, le CNP-Togo entend promouvoir des pratiques durables et encourager l’innovation dans tous les secteurs productifs. Une orientation qui vise à concilier performance économique et responsabilité environnementale.

    Vers des partenariats renforcés

    Au cœur des échanges, la nécessité d’une collaboration étroite entre les différents acteurs a été largement soulignée. Le président du patronat togolais a plaidé pour un renforcement des synergies entre l’État, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers.

    Les stratégies validées au cours de cet atelier devraient permettre de consolider les partenariats public-privé et de favoriser une meilleure implication des entreprises dans les projets climato-résilients. Cette approche collaborative est jugée essentielle pour garantir des actions concrètes, efficaces et durables sur le terrain.

    Une agriculture en mutation

    Face aux effets de plus en plus visibles du changement climatique, l’agriculture togolaise est appelée à se réinventer. Le CNP-Togo se positionne ainsi comme un acteur clé de cette transformation, en soutenant des initiatives capables d’améliorer la résilience des systèmes de production.

    L’organisation patronale réaffirme, à cet effet, sa disponibilité à accompagner le gouvernement et l’ensemble des parties prenantes dans la mise en œuvre des stratégies adoptées. Elle ambitionne également de stimuler une nouvelle dynamique d’investissements durables.

    À terme, cette mobilisation du secteur privé pourrait contribuer à bâtir une agriculture plus performante, résiliente et adaptée aux réalités climatiques, tout en renforçant la sécurité alimentaire et la croissance économique du pays.

  • CAN 2025 : le titre du Sénégal en sursis

    CAN 2025 : le titre du Sénégal en sursis

    Le Sénégal pensait avoir écrit une nouvelle page dorée de son histoire en remportant la Coupe d’Afrique des nations 2025 sur le terrain face au Maroc. Pourtant, près de deux mois après cette victoire, tout a basculé. Dans un communiqué officiel publié mardi soir, la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de retirer le titre aux Lions de la Teranga.

    En cause : une infraction aux articles 82 et 84 du règlement de la compétition. Selon le Jury d’appel, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse sans autorisation de l’arbitre lors de la finale disputée le 18 janvier. Une entorse aux règles jugée suffisamment grave pour entraîner un forfait. Résultat : une défaite sur tapis vert (3-0) et un trophée attribué au Maroc.

    Une décision lourde de conséquences, qui a immédiatement suscité incompréhension et polémique dans le monde du football africain.

    Une décision juridiquement contestée

    Sur le papier, la sanction paraît claire. Mais dans les faits, elle soulève de nombreuses interrogations. Car le Sénégal avait bel et bien remporté le match, reçu le trophée et vu la victoire validée officiellement à l’issue de la rencontre. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard, à la suite d’un appel, que la CAF a changé de position.

    Ce revirement tardif fragilise la cohérence de la procédure. Entre validation initiale, célébrations officielles et décision inversée, la chronologie des événements devient un élément central du débat juridique. Peut-on réellement revenir sur un résultat déjà homologué et entériné ?

    Pour les avocats sénégalais, la réponse pourrait être non. Ils pourraient invoquer un vice de procédure, estimant qu’une finale validée et suivie d’une remise officielle du trophée ne peut être annulée sans circonstances exceptionnelles.

    L’interprétation des faits au cœur du litige

    Au-delà de la procédure, le fond du dossier repose sur un point clé : la nature exacte de l’incident survenu pendant le match. Les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse, certes, mais ils sont ensuite revenus pour terminer la rencontre. L’arbitre, de son côté, n’a jamais interrompu définitivement le match.

    Dès lors, peut-on parler d’abandon ? C’est toute la question. Le règlement prévoit un forfait en cas de refus de jouer ou de sortie définitive du terrain sans autorisation. Mais si cette sortie est temporaire, dans un contexte de contestation, la qualification juridique devient beaucoup plus floue.

    Cette nuance pourrait peser lourd dans la balance, car c’est précisément cette notion d’abandon qui déclenche automatiquement la sanction du forfait.

    Le recours ultime devant le TAS

    Face à cette situation, le Sénégal n’a désormais plus qu’une seule option : saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Cette instance, basée en Suisse, constitue la plus haute juridiction du sport mondial.

    Contrairement aux organes internes de la CAF, le TAS a le pouvoir de réexaminer l’ensemble du dossier, tant sur le fond que sur la forme. Il peut confirmer la décision, l’annuler ou ordonner un nouveau jugement.

    Un précédent reste dans toutes les mémoires : l’affaire Espérance de Tunis – Wydad Casablanca en 2019, où les décisions contradictoires de la CAF avaient été finalement invalidées par le TAS pour des raisons procédurales. De quoi nourrir l’espoir côté sénégalais.

    Une bataille juridique incertaine

    Pour autant, rien n’est joué. La CAF s’appuiera sur une lecture stricte de son règlement : quitter le terrain sans autorisation constitue une infraction, et cette infraction entraîne automatiquement le forfait.

    Le Sénégal, de son côté, misera sur trois axes principaux : la temporalité des décisions, la cohérence de la procédure et la proportionnalité de la sanction. Il insistera également sur le fait que le match est allé à son terme.

    En toile de fond, une question essentielle demeure : peut-on modifier le résultat d’un match après coup, une fois celui-ci validé et célébré ?

    La réponse du TAS sera déterminante. Elle pourrait soit rétablir le Sénégal dans ses droits, soit entériner définitivement une décision qui, déjà, laisse des traces profondes dans l’image du football africain.

  • Cité ministérielle : l’État se regroupe pour plus d’efficacité

    Cité ministérielle : l’État se regroupe pour plus d’efficacité

    Le Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son administration publique. Dans les prochains mois, une vaste cité ministérielle verra le jour à Bè Klémé, dans la commune du Golfe 3, avec pour ambition de regrouper sur un site unique plusieurs départements ministériels actuellement dispersés à travers le centre-ville de Lomé.

    Le projet, d’envergure, prévoit la construction de 90.000 m² de bureaux répartis sur 18 bâtiments. Cette nouvelle organisation spatiale devrait permettre de rationaliser le fonctionnement de l’appareil administratif en facilitant la coordination entre les différents ministères. Aujourd’hui, l’éparpillement des services engendre des lenteurs, des déplacements fréquents et une perte de temps pour les usagers comme pour les agents de l’État.

    Avec cette cité ministérielle, les autorités entendent améliorer l’efficacité du service public, en rapprochant les centres de décision et en simplifiant les procédures administratives. Il s’agit également de moderniser les infrastructures de travail, souvent jugées inadaptées ou vieillissantes dans certains bâtiments administratifs actuels.

    Contrairement à certaines grandes réalisations à forte portée symbolique, ce projet se veut avant tout fonctionnel. L’objectif n’est pas d’ériger un complexe prestigieux, mais bien de doter l’administration togolaise d’un outil de travail performant, capable de répondre aux exigences d’une gouvernance moderne.

    La mise en œuvre du projet est déjà en cours. La phase d’expropriation des terrains a débuté à Bè Klémé. Les propriétaires concernés seront indemnisés, conformément aux dispositions en vigueur. Cette étape, souvent sensible, constitue un préalable indispensable à la libération du site et au démarrage effectif des travaux.

    Le financement de la cité ministérielle est assuré par la Banque ouest africaine de développement (BOAD), partenaire clé du Togo dans plusieurs projets d’infrastructures. L’appui de cette institution régionale témoigne de la crédibilité du projet et de son importance stratégique pour le pays.

    Au-delà de la modernisation administrative, cette initiative pourrait également contribuer à décongestionner le centre-ville de Lomé, en réduisant les flux quotidiens liés aux activités administratives. Elle participe ainsi à une réflexion plus large sur l’aménagement urbain et la répartition des services publics.

    En regroupant ses ministères sur un site unique, le Togo fait le pari de l’efficacité, de la cohérence et d’une administration plus proche des besoins des citoyens. Un chantier structurant qui, une fois achevé, pourrait transformer durablement le visage et le fonctionnement de l’État.

  • VO 2 prépare son futur pôle communal

    VO 2 prépare son futur pôle communal

    La commune de VO 2 franchit une étape décisive dans sa politique d’aménagement du territoire. Le 12 mars 2026, le maire a réuni autour de la même table propriétaires terriens, géomètres et autorités traditionnelles pour une rencontre de cadrage consacrée à un ambitieux projet de construction d’un terrain municipal, accompagné d’infrastructures socio-collectives.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de planification structurée visant à doter la commune d’équipements modernes et adaptés aux besoins de sa population. Au cœur des échanges, l’identification d’une réserve administrative d’environ 45 hectares, un espace jugé stratégique pour accueillir non seulement le futur terrain municipal, mais aussi d’autres installations d’intérêt public.

    Dans son intervention, le maire a souligné l’importance de ce projet pour le développement local. Il a rappelé que le site retenu pourrait également abriter les futurs locaux de la mairie ainsi que des infrastructures liées au projet soutenu par la FAO. Une vision globale qui témoigne de la volonté des autorités locales de transformer cet espace en un véritable pôle administratif et communautaire.

    Le géomètre mandaté pour accompagner le projet a apporté des précisions techniques, indiquant que les démarches administratives sont déjà en cours auprès du ministère compétent. Une avancée qui traduit la détermination de la municipalité à faire aboutir ce chantier dans le respect des procédures en vigueur.

    Mais au-delà des aspects techniques, la rencontre a surtout été marquée par des échanges francs et constructifs. Les propriétaires terriens ont exprimé leurs préoccupations, notamment en ce qui concerne la gestion foncière et le respect de leurs droits. Des inquiétudes légitimes auxquelles les autorités ont prêté une oreille attentive.

    Dans un souci d’inclusivité, les participants ont insisté sur la nécessité d’impliquer l’ensemble des géomètres dans le processus. L’objectif est clair : garantir un travail collectif, transparent et conforme aux normes cadastrales. Cette approche participative vise également à renforcer la confiance entre les différentes parties prenantes.

    Au terme des discussions, un consensus s’est dégagé sur la poursuite des concertations afin de parvenir à un compromis équilibré. Les acteurs présents ont affiché leur volonté commune de privilégier le dialogue et de rechercher des solutions respectueuses des droits fonciers tout en répondant aux impératifs de développement.

    En clôturant la séance, le maire a salué l’esprit de responsabilité et de coopération qui a prévalu tout au long des échanges. Il a réaffirmé l’engagement de son équipe à travailler en étroite collaboration avec les communautés locales pour faire de ce projet une réussite collective.

    Ce futur terrain municipal, au-delà de sa vocation sportive ou administrative, se profile déjà comme un symbole de cohésion sociale et de progrès pour la commune de VO 2. S’il aboutit dans les conditions souhaitées, il pourrait marquer un tournant dans la modernisation du territoire et renforcer durablement l’attractivité de la localité.

  • Science en Afrique : l’urgence d’un leadership féminin

    Science en Afrique : l’urgence d’un leadership féminin

    À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, des voix autorisées du monde scientifique africain ont lancé un appel pressant : renforcer la participation des femmes dans la recherche et le développement en matière de santé. Réunis lors d’un webinaire le 12 mars, experts, chercheurs et responsables d’institutions ont dressé un constat sans détour et esquissé des pistes concrètes pour inverser la tendance.

    Un plaidoyer continental pour plus d’équité

    Organisé autour du thème « promouvoir le leadership des femmes dans la recherche et le développement en matière de santé en Afrique : de la politique à l’action », ce webinaire a rassemblé plusieurs organisations engagées, dont Speak Up Africa, Gawani Africa, Les Voix, Africa Center for Health Systems and Gender Justice et Youterus.

    Parmi les intervenants figuraient des personnalités influentes du secteur, notamment la Dr Delese Mimi Darko et la Dr Stellah Bosire. Tous ont insisté sur la nécessité de sensibiliser les décideurs de l’Union africaine, les gouvernements nationaux et les partenaires techniques et financiers à l’importance d’intégrer davantage les femmes dans les sphères scientifiques et décisionnelles.

    L’objectif est clair : faire évoluer les politiques publiques afin de garantir une représentation plus équitable des femmes dans les postes stratégiques liés à la recherche en santé.

    Une sous-représentation persistante

    Malgré leur poids démographique, les femmes restent largement sous-représentées dans les milieux scientifiques africains. Les panélistes ont dénoncé un paradoxe frappant : alors que les femmes constituent une part significative de la population, leur présence dans la recherche demeure marginale.

    Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Sur le plan individuel, le manque de confiance en soi est souvent évoqué. À cela s’ajoutent des contraintes économiques, notamment l’insuffisance de financements pour soutenir les études ou les projets de recherche portés par des femmes.

    Les barrières culturelles ne sont pas en reste. Des stéréotypes de genre profondément ancrés continuent de freiner l’accès des femmes aux carrières scientifiques, perçues à tort comme des domaines masculins.

    Des solutions concrètes pour changer la donne

    Face à ces défis, les experts ont proposé une série de mesures concrètes. Le mentorat apparaît comme un levier essentiel. En mettant en avant des modèles féminins de réussite, il permet de renforcer la confiance des jeunes femmes et de les encourager à s’engager dans les sciences.

    La mise en place de bourses plus inclusives constitue également une réponse pertinente pour lever les obstacles financiers. Par ailleurs, le renforcement des capacités, tant techniques que non techniques, est jugé indispensable pour préparer les femmes à occuper des postes de responsabilité.

    Enfin, les intervenants ont insisté sur l’importance de politiques publiques volontaristes en faveur de la parité. L’instauration de mécanismes garantissant une représentation équilibrée dans les instances scientifiques pourrait accélérer l’émergence d’une nouvelle génération de femmes leaders.

    Oser, ambitionner, transformer

    Au-delà des recommandations, un message fort a été adressé aux femmes africaines : oser. Oser franchir les barrières, nourrir leurs ambitions et relever les défis d’un secteur encore largement dominé par les hommes.

    La Dr Angélique Sene, de l’Institut Pasteur de Dakar, a résumé l’enjeu avec clarté : l’avenir de la recherche scientifique en Afrique dépendra en grande partie de l’engagement des femmes. Pour elle, il est crucial de préparer dès aujourd’hui la relève en encourageant les jeunes filles à embrasser les carrières scientifiques.

    Ce webinaire sonne ainsi comme un appel à l’action collective. Car promouvoir le leadership féminin dans la science, ce n’est pas seulement une question d’égalité : c’est un impératif pour le développement et l’innovation en Afrique.

  • Tata Matina, l’excellence culinaire au service de vos événements

    Tata Matina, l’excellence culinaire au service de vos événements

    Dans le domaine de la restauration événementielle, certains noms s’imposent par la qualité constante de leurs prestations et la satisfaction de leur clientèle. Celui de Tata Matina fait aujourd’hui partie de ces références incontournables à Lomé et au-delà. Restauratrice passionnée, elle a su bâtir en une quinzaine d’années une réputation solide, fondée sur le sérieux, la rigueur et un sens aigu du détail.

    Derrière cette réussite se cache une femme simple, affable et profondément engagée dans son métier. Tata Matina ne se contente pas de cuisiner : elle accompagne chaque client avec écoute et professionnalisme, en veillant à comprendre les besoins spécifiques de chaque événement. Qu’il s’agisse d’un anniversaire, d’un mariage, d’un baptême ou encore de moments plus délicats comme les funérailles, elle apporte la même attention et la même exigence.

    Sa force réside dans sa polyvalence culinaire. À l’aise aussi bien dans la cuisine traditionnelle que moderne, elle propose des mets savoureux, préparés avec soin et dans le respect des goûts locaux comme internationaux. Chaque plat est pensé pour allier qualité, hygiène et présentation irréprochable, garantissant ainsi une expérience gastronomique mémorable pour les convives.

    Installée à Bè-Kpota Kinitimé, Tata Matina a su étendre son savoir-faire bien au-delà de son quartier. Grâce à un service de livraison efficace, elle dessert toute la ville de Lomé ainsi que plusieurs localités de l’intérieur du pays, notamment Kpalimé et Notsè. Une disponibilité qui témoigne de son engagement à répondre aux attentes de sa clientèle, où qu’elle se trouve.

    Mais l’expertise de Tata Matina ne s’arrête pas à la cuisine. Elle propose également des services complémentaires qui font toute la différence lors des événements : dressage de tables élégantes, décoration soignée, et même sonorisation. Une offre complète qui permet aux organisateurs de se décharger du stress logistique et de profiter pleinement de leurs moments.

    Autre atout majeur : ses tarifs défiant toute concurrence. Dans un contexte où le coût des prestations peut rapidement devenir un frein, Tata Matina se distingue en proposant des services accessibles sans jamais compromettre la qualité. Une approche qui lui vaut la fidélité de nombreux clients, séduits par cet équilibre rare entre excellence et prix abordables.

    Parallèlement à ses activités de restauration, elle gère également une boutique d’alimentation générale et commercialise du charbon de bois, en gros comme en détail, renforçant ainsi sa présence dans le quotidien des populations.

    Sa devise, « rapidité, qualité et succès », n’est pas qu’un slogan : c’est une promesse qu’elle honore à chaque prestation. Avec Tata Matina, chaque événement devient une réussite culinaire et organisationnelle.

    Pour toute commande, un seul contact : (+228) 90 39 55 00.

  • Ciment sous contrôle au Togo

    Ciment sous contrôle au Togo

    Le Togo franchit un cap décisif dans la régulation de son secteur de la construction. Le lundi 16 mars à Lomé, le gouvernement a officiellement introduit de nouvelles normes nationales obligatoires pour le ciment, marquant une volonté affirmée d’assainir le marché et de renforcer la qualité des infrastructures.

    Portées par le ministère délégué chargé de la promotion des investissements et de la souveraineté économique, ces normes — baptisées TGN 001, TGN 002 et TGN 003 — encadrent désormais strictement la production, l’importation et la commercialisation du ciment sur le territoire. Elles définissent des exigences précises en matière de composition, de performance et de méthodes d’évaluation des produits, afin de garantir leur conformité.

    Ces référentiels sont le fruit d’un long processus collaboratif impliquant les acteurs du secteur, sous la coordination de la Haute autorité de la Qualité et de l’environnement (HAUQE) et de l’Agence Togolaise de normalisation (ATN). Leur mise en œuvre vise plusieurs objectifs majeurs : améliorer la qualité des matériaux, protéger les consommateurs contre les produits défectueux et renforcer la compétitivité des entreprises togolaises sur les marchés national et international.

    Pour les autorités, l’enjeu est aussi social qu’économique. Le ministre délégué, Arthur Trimua, a rappelé que la construction d’un logement représente pour de nombreux Togolais l’investissement d’une vie. Garantir la fiabilité du ciment devient alors une nécessité pour sécuriser ce patrimoine souvent unique. À travers cette réforme, le gouvernement entend faire de la qualité un pilier de la transformation industrielle du pays, mais aussi un levier de souveraineté économique.

    Au-delà du ciment, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de normalisation du secteur de la construction. Les autorités annoncent déjà l’élaboration prochaine de nouvelles normes, notamment pour le fer à béton, autre composant essentiel des ouvrages.

    Cette réforme pourrait ainsi contribuer à réduire les risques d’effondrement de bâtiments, un problème récurrent dans plusieurs pays de la région, souvent lié à l’utilisation de matériaux de mauvaise qualité. Elle envoie également un signal fort aux opérateurs économiques : désormais, la conformité ne sera plus une option, mais une obligation.

    Avec ces nouvelles règles, le Togo affiche clairement son ambition de bâtir sur des bases solides, au sens propre comme au figuré.

Radio Renouveau228

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