Auteur/autrice : La Rédaction

  • VO 2 prépare son futur pôle communal

    VO 2 prépare son futur pôle communal

    La commune de VO 2 franchit une étape décisive dans sa politique d’aménagement du territoire. Le 12 mars 2026, le maire a réuni autour de la même table propriétaires terriens, géomètres et autorités traditionnelles pour une rencontre de cadrage consacrée à un ambitieux projet de construction d’un terrain municipal, accompagné d’infrastructures socio-collectives.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de planification structurée visant à doter la commune d’équipements modernes et adaptés aux besoins de sa population. Au cœur des échanges, l’identification d’une réserve administrative d’environ 45 hectares, un espace jugé stratégique pour accueillir non seulement le futur terrain municipal, mais aussi d’autres installations d’intérêt public.

    Dans son intervention, le maire a souligné l’importance de ce projet pour le développement local. Il a rappelé que le site retenu pourrait également abriter les futurs locaux de la mairie ainsi que des infrastructures liées au projet soutenu par la FAO. Une vision globale qui témoigne de la volonté des autorités locales de transformer cet espace en un véritable pôle administratif et communautaire.

    Le géomètre mandaté pour accompagner le projet a apporté des précisions techniques, indiquant que les démarches administratives sont déjà en cours auprès du ministère compétent. Une avancée qui traduit la détermination de la municipalité à faire aboutir ce chantier dans le respect des procédures en vigueur.

    Mais au-delà des aspects techniques, la rencontre a surtout été marquée par des échanges francs et constructifs. Les propriétaires terriens ont exprimé leurs préoccupations, notamment en ce qui concerne la gestion foncière et le respect de leurs droits. Des inquiétudes légitimes auxquelles les autorités ont prêté une oreille attentive.

    Dans un souci d’inclusivité, les participants ont insisté sur la nécessité d’impliquer l’ensemble des géomètres dans le processus. L’objectif est clair : garantir un travail collectif, transparent et conforme aux normes cadastrales. Cette approche participative vise également à renforcer la confiance entre les différentes parties prenantes.

    Au terme des discussions, un consensus s’est dégagé sur la poursuite des concertations afin de parvenir à un compromis équilibré. Les acteurs présents ont affiché leur volonté commune de privilégier le dialogue et de rechercher des solutions respectueuses des droits fonciers tout en répondant aux impératifs de développement.

    En clôturant la séance, le maire a salué l’esprit de responsabilité et de coopération qui a prévalu tout au long des échanges. Il a réaffirmé l’engagement de son équipe à travailler en étroite collaboration avec les communautés locales pour faire de ce projet une réussite collective.

    Ce futur terrain municipal, au-delà de sa vocation sportive ou administrative, se profile déjà comme un symbole de cohésion sociale et de progrès pour la commune de VO 2. S’il aboutit dans les conditions souhaitées, il pourrait marquer un tournant dans la modernisation du territoire et renforcer durablement l’attractivité de la localité.

  • Science en Afrique : l’urgence d’un leadership féminin

    Science en Afrique : l’urgence d’un leadership féminin

    À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, des voix autorisées du monde scientifique africain ont lancé un appel pressant : renforcer la participation des femmes dans la recherche et le développement en matière de santé. Réunis lors d’un webinaire le 12 mars, experts, chercheurs et responsables d’institutions ont dressé un constat sans détour et esquissé des pistes concrètes pour inverser la tendance.

    Un plaidoyer continental pour plus d’équité

    Organisé autour du thème « promouvoir le leadership des femmes dans la recherche et le développement en matière de santé en Afrique : de la politique à l’action », ce webinaire a rassemblé plusieurs organisations engagées, dont Speak Up Africa, Gawani Africa, Les Voix, Africa Center for Health Systems and Gender Justice et Youterus.

    Parmi les intervenants figuraient des personnalités influentes du secteur, notamment la Dr Delese Mimi Darko et la Dr Stellah Bosire. Tous ont insisté sur la nécessité de sensibiliser les décideurs de l’Union africaine, les gouvernements nationaux et les partenaires techniques et financiers à l’importance d’intégrer davantage les femmes dans les sphères scientifiques et décisionnelles.

    L’objectif est clair : faire évoluer les politiques publiques afin de garantir une représentation plus équitable des femmes dans les postes stratégiques liés à la recherche en santé.

    Une sous-représentation persistante

    Malgré leur poids démographique, les femmes restent largement sous-représentées dans les milieux scientifiques africains. Les panélistes ont dénoncé un paradoxe frappant : alors que les femmes constituent une part significative de la population, leur présence dans la recherche demeure marginale.

    Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Sur le plan individuel, le manque de confiance en soi est souvent évoqué. À cela s’ajoutent des contraintes économiques, notamment l’insuffisance de financements pour soutenir les études ou les projets de recherche portés par des femmes.

    Les barrières culturelles ne sont pas en reste. Des stéréotypes de genre profondément ancrés continuent de freiner l’accès des femmes aux carrières scientifiques, perçues à tort comme des domaines masculins.

    Des solutions concrètes pour changer la donne

    Face à ces défis, les experts ont proposé une série de mesures concrètes. Le mentorat apparaît comme un levier essentiel. En mettant en avant des modèles féminins de réussite, il permet de renforcer la confiance des jeunes femmes et de les encourager à s’engager dans les sciences.

    La mise en place de bourses plus inclusives constitue également une réponse pertinente pour lever les obstacles financiers. Par ailleurs, le renforcement des capacités, tant techniques que non techniques, est jugé indispensable pour préparer les femmes à occuper des postes de responsabilité.

    Enfin, les intervenants ont insisté sur l’importance de politiques publiques volontaristes en faveur de la parité. L’instauration de mécanismes garantissant une représentation équilibrée dans les instances scientifiques pourrait accélérer l’émergence d’une nouvelle génération de femmes leaders.

    Oser, ambitionner, transformer

    Au-delà des recommandations, un message fort a été adressé aux femmes africaines : oser. Oser franchir les barrières, nourrir leurs ambitions et relever les défis d’un secteur encore largement dominé par les hommes.

    La Dr Angélique Sene, de l’Institut Pasteur de Dakar, a résumé l’enjeu avec clarté : l’avenir de la recherche scientifique en Afrique dépendra en grande partie de l’engagement des femmes. Pour elle, il est crucial de préparer dès aujourd’hui la relève en encourageant les jeunes filles à embrasser les carrières scientifiques.

    Ce webinaire sonne ainsi comme un appel à l’action collective. Car promouvoir le leadership féminin dans la science, ce n’est pas seulement une question d’égalité : c’est un impératif pour le développement et l’innovation en Afrique.

  • CAN 2025 : la décision de la CAF enflamme le continent

    CAN 2025 : la décision de la CAF enflamme le continent

    La décision du Jury d’appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) de déclarer le Sénégal forfait lors de la finale de la CAN 2025 face au Maroc continue de susciter une vive controverse à travers le continent. À travers un communiqué officiel publié le 17 mars 2026, la Fédération Sénégalaise de Football a exprimé son indignation face à une décision jugée « inique, sans précédent et inacceptable ».

    Au cœur de cette affaire, le Jury d’appel de la CAF a estimé que le comportement de l’équipe sénégalaise relevait des articles 82 et 84 du règlement de la compétition. En conséquence, l’instance a infligé une défaite sur tapis vert (3-0) en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football. Une décision qui annule celle précédemment rendue en première instance par le Jury disciplinaire.

    Dans son communiqué, la FSF dénonce une procédure entachée d’irrégularités, notamment le non-respect du droit d’être entendu lors de la première phase. Si cette irrégularité a justifié l’annulation initiale, la conclusion finale du Jury d’appel n’en demeure pas moins contestée par les autorités du football sénégalais. Celles-ci annoncent d’ores et déjà leur intention de porter l’affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne.

    Mais au-delà du différend juridique, c’est l’impact de cette décision qui inquiète. Sur les réseaux sociaux comme dans les milieux sportifs, la réaction est immédiate : incompréhension, colère et soupçons de manque de transparence. Plusieurs observateurs dénoncent une gestion opaque des dossiers disciplinaires par la CAF, déjà fragilisée ces dernières années par une succession de polémiques liées à la gouvernance, à l’arbitrage et à l’organisation de ses compétitions.

    Ce nouvel épisode risque ainsi de ternir davantage l’image de l’institution panafricaine, à un moment où elle tente de renforcer sa crédibilité sur la scène internationale. Pour de nombreux analystes, la multiplication de décisions controversées alimente un climat de défiance croissante envers les instances dirigeantes du football africain.

    En attendant une éventuelle décision du TAS, le feuilleton est loin d’être terminé. Une chose est sûre : cette affaire dépasse le simple cadre sportif et pose une nouvelle fois la question de la transparence et de l’équité dans la gestion du football africain.

  • CAN 2025 : le Sénégal perd la finale sur tapis vert, le Maroc sacré

    CAN 2025 : le Sénégal perd la finale sur tapis vert, le Maroc sacré

    Le verdict est tombé comme un coup de tonnerre dans le football africain. Le Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) a tranché : le Sénégal est déclaré forfait lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Résultat, le Maroc hérite officiellement de la victoire sur le score de 3-0 et décroche le titre continental.

    Une décision lourde de conséquences

    Réuni pour examiner l’appel introduit par la Fédération Royale Marocaine de Football, le Jury d’Appel a jugé la requête recevable et fondée. Il a ainsi annulé la précédente décision du Jury disciplinaire et estimé que le comportement de l’équipe sénégalaise constituait une violation des règlements en vigueur, notamment les articles 82 et 84.

    Dans son communiqué, la CAF affirme clairement que la Fédération Sénégalaise de Football a enfreint les règles à travers l’attitude de son équipe. En conséquence, la sanction est sans appel : match perdu par forfait, avec un score homologué de 3-0 en faveur du Maroc.

    Une finale qui bascule hors du terrain

    Ce dénouement inédit pour une finale de CAN suscite déjà de nombreuses réactions. Alors que le terrain devait départager les deux sélections, c’est finalement une décision administrative qui scelle le sort de cette édition 2025.

    La CAF rappelle que toutes les autres demandes ou conclusions ont été rejetées, confirmant ainsi la fermeté de sa position. Cette décision pourrait durablement marquer les relations sportives entre les deux nations et alimenter les débats autour de la gestion disciplinaire dans les grandes compétitions africaines.

    Le cas Ismaël Saibari et les incidents annexes

    Au-delà du sort de la finale, le Jury d’Appel s’est également prononcé sur plusieurs incidents liés au match. Le joueur marocain Ismaël Saibari a vu sa sanction revue : reconnu coupable de comportement fautif, il écope de deux matchs de suspension, dont un avec sursis. En revanche, l’amende de 100 000 dollars initialement infligée a été annulée.

    Concernant l’organisation du match, la responsabilité de la FRMF a été confirmée pour le comportement des ramasseurs de balles. L’amende a toutefois été réduite à 50 000 dollars. D’autres sanctions financières ont également été ajustées : 10 000 dollars pour l’incident du laser, tandis que l’amende de 100 000 dollars liée aux interférences autour de la zone VAR a été maintenue.

    Une décision qui fera date

    Avec cette décision, la CAF pose un précédent majeur dans l ისტორი du football africain. Jamais une finale de Coupe d’Afrique des Nations n’avait connu une issue aussi controversée, scellée non pas par le jeu mais par une décision réglementaire.

    Reste désormais à mesurer l’impact de ce verdict sur l’image de la compétition et sur les futures éditions. Une chose est sûre : cette CAN 2025 restera gravée dans les mémoires, autant pour ses performances sportives que pour son épilogue hors norme.

  • France: Bally Bagayoko, l’Insoumis qui veut réinventer Saint-Denis

    France: Bally Bagayoko, l’Insoumis qui veut réinventer Saint-Denis

    À 52 ans, Bally Bagayoko s’impose comme l’un des nouveaux visages de la gauche française. Ancien basketteur semi-professionnel devenu cadre à la RATP, ce père de quatre enfants a réussi à conquérir la mairie de Saint-Denis sous la bannière de La France insoumise. Une victoire symbolique qui pourrait redessiner le paysage politique de cette ville emblématique de la banlieue parisienne.

    Un enfant de Saint-Denis devenu figure politique

    Né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens, Bally Bagayoko grandit dans les quartiers populaires de Saint-Denis, au sein d’une famille qu’il décrit comme « nombreuse et heureuse ». Son enfance en HLM, marquée selon lui par la solidarité et l’importance du service public, façonne durablement son engagement.

    Très tôt impliqué dans la vie associative et sportive de la ville, il se distingue d’abord sur les parquets. Basketteur semi-professionnel puis entraîneur, il développe un goût pour le collectif et la discipline, deux qualités qu’il revendique aujourd’hui dans son parcours politique. Dans l’un de ses clips de campagne, il n’hésite d’ailleurs pas à se mettre en scène en train de marquer un panier spectaculaire, dos au panier — une métaphore assumée de son ambition politique.

    Une ascension politique patiente

    L’engagement politique de Bally Bagayoko remonte à 2001 lorsqu’il rejoint l’équipe municipale de Patrick Braouezec, alors maire communiste de la ville. Celui-ci se souvient d’un « jeune très impliqué » dans la vie sportive et sociale locale.

    Au fil des années, Bagayoko acquiert une solide expérience dans la gestion publique, notamment comme vice-président du conseil général. Cette trajectoire lui confère une double légitimité : celle d’un enfant du territoire et celle d’un élu rompu aux rouages institutionnels.

    Une figure populaire et accessible

    Ceux qui travaillent avec lui décrivent un homme proche des habitants. Sa colistière, Sofia Boutrih, parle d’une personnalité « accessible » et « très à l’écoute ». Une image qu’il cultive volontiers, revendiquant son parcours de « jeune des quartiers populaires » ayant connu les injustices et les discriminations.

    Durant la campagne, Bally Bagayoko a souvent évoqué les difficultés vécues par une partie des habitants de Seine-Saint-Denis, évoquant notamment les discriminations et certaines dérives policières. Pour lui, la politique doit être un levier de transformation sociale au service des territoires populaires.

    Une victoire politique à forte portée symbolique

    Sa victoire à Saint-Denis constitue un tournant. La ville, deuxième plus grande d’Île-de-France après Paris, est historiquement un bastion de la gauche. En s’imposant face au maire socialiste sortant Mathieu Hanotin, Bally Bagayoko confirme l’ancrage local de La France insoumise.

    Pour Éric Coquerel, il incarne d’ailleurs une figure représentative de la population dionysienne : un élu issu des quartiers populaires, dans un département marqué par l’histoire des migrations.

    L’espoir d’un nouveau récit pour la banlieue

    Derrière son parcours se dessine aussi un message politique : celui de « casser les caricatures » qui entourent souvent les responsables politiques issus des banlieues. Bally Bagayoko veut incarner une nouvelle génération d’élus, capables de transformer l’expérience des quartiers en projet politique.

    À Saint-Denis, beaucoup voient désormais en lui plus qu’un maire : le symbole d’une banlieue qui cherche à écrire son propre avenir politique.

  • Journaliste et prêtresse : le double destin d’Antonia Dhossa

    Journaliste et prêtresse : le double destin d’Antonia Dhossa

    De la salle de rédaction au couvent Vodoun, le parcours d’Antonia Dhossa intrigue et fascine. Connue également sous le nom de Miannon Lalissi Sehoundji dans sa fonction spirituelle, cette journaliste béninoise devenue prêtresse du culte Sakpata raconte un chemin de vie marqué par des épreuves et un appel qu’elle dit impossible à ignorer.

    Très active sur les réseaux sociaux, Antonia Dhossa n’est pas seulement une femme de médias. Formée dans une école de journalisme au Bénin, elle a exercé pendant plusieurs années dans ce domaine tout en poursuivant un destin spirituel singulier. Invitée récemment sur un média, elle a confié que l’entrée dans un couvent Vodoun ne relève jamais d’un simple choix personnel. Selon elle, il s’agit d’un appel qui se manifeste de différentes manières.

    Elle explique que les premiers signes sont apparus lorsqu’elle était encore étudiante. À l’époque, elle vivait des épisodes troublants, marqués par des transes inattendues. « Ceux qui m’ont connue à l’université se souviennent que je pouvais entrer en transe dans des bars ou ailleurs. Je me retrouvais ensuite à la maison sans comprendre ce qui s’était passé », raconte-t-elle. Son père lui recommandait alors de limiter ses sorties, sans lui donner davantage d’explications.

    Mais les manifestations ne se limitaient pas à ces épisodes mystérieux. Sur le plan sentimental, sa vie semblait également perturbée. Elle raconte que ses relations amoureuses se terminaient souvent de manière brutale et incompréhensible. « Il arrivait qu’un homme qui voulait être avec moi assiste soudain à une transe. Effrayé, il prenait la fuite », explique-t-elle.

    Face à ces situations répétées, elle finit par interroger sa famille. Son père, dignitaire du culte Sakpata, lui révèle alors une vérité familiale : sa naissance serait liée à l’intervention des divinités ancestrales. Après avoir longtemps eu des difficultés à avoir des enfants, il aurait obtenu cette grâce grâce aux divinités. Antonia serait ainsi destinée à servir l’une d’elles.

    Cette révélation n’a pourtant pas été facile à accepter. Élevée dans une éducation évangélique, elle percevait initialement le Vodoun comme quelque chose de négatif. Mais les phénomènes qu’elle vivait continuaient, la poussant finalement à chercher des réponses.

    Elle décide alors d’affronter cette réalité en entrant au couvent. Pendant trois mois, elle suit des rituels initiatiques. À sa sortie, elle devient Vodounsi, avant de poursuivre son initiation jusqu’à accéder au rang de prêtresse, ou Hounon, avec l’accompagnement de son père.

    Aujourd’hui, Antonia Dhossa affirme vivre pleinement ce double engagement. Journaliste et prêtresse, elle assure concilier ces deux identités sans complexe. « C’est très facile pour moi de gérer les deux vies et c’est même une fierté », dit-elle.

    Mariée et mère de plusieurs enfants, elle reconnaît toutefois que son choix a provoqué des ruptures dans son entourage. Certaines personnes se sont éloignées, avant de revenir avec le temps.

    Pour elle, le Vodoun reste une richesse culturelle africaine trop longtemps diabolisée. Elle estime qu’il est temps de dépasser les préjugés et de reconnaître la place de ces traditions spirituelles dans l’histoire et l’identité du continent.

    Source : globalactu.com

  • Propriétés en France : une enquête sensible autour de la famille Gnassingbé

    Propriétés en France : une enquête sensible autour de la famille Gnassingbé

    Une enquête judiciaire ouverte en France autour de biens immobiliers attribués à des membres de la famille au pouvoir au Togo attire l’attention et pourrait, selon plusieurs observateurs, susciter des tensions diplomatiques. Le dossier est actuellement examiné par le Parquet national financier (PNF), qui a lancé une enquête préliminaire pour des soupçons de blanchiment liés à des propriétés situées en Île-de-France.

    Selon des informations rapportées par plusieurs médias français, dont Le Monde, les investigations portent sur plusieurs biens immobiliers, notamment un hôtel particulier et des villas appartenant ou attribués à des proches de la famille du président du Conseil togolais Faure Gnassingbé. Les enquêteurs cherchent à déterminer l’origine des fonds ayant servi à l’acquisition de ces propriétés et à vérifier leur conformité avec les législations françaises relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent.

    Une enquête préliminaire à ce stade

    À ce stade, il convient de souligner qu’il s’agit d’une enquête préliminaire. Aucune mise en examen ni accusation formelle n’a été annoncée. Les investigations du PNF visent essentiellement à recueillir des informations afin d’évaluer la pertinence d’éventuelles poursuites judiciaires.

    Le Parquet national financier, juridiction spécialisée française dans les affaires économiques et financières complexes, traite régulièrement des dossiers liés à la corruption internationale, au blanchiment et aux flux financiers transfrontaliers. Dans ce type de procédure, les investigations peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années, avant toute conclusion.

    Un contexte politique particulier au Togo

    Cette affaire intervient dans un contexte politique particulier au Togo, où la famille Gnassingbé exerce le pouvoir depuis près de six décennies. Le pays a été dirigé pendant trente-huit ans par Gnassingbé Eyadéma, avant que son fils, Faure Gnassingbé, ne lui succède en 2005.

    Plus récemment, une réforme constitutionnelle adoptée en 2024 a modifié l’architecture institutionnelle du pays, instaurant un nouveau système parlementaire. Dans ce cadre, Faure Gnassingbé a été nommé en mai 2025 Président du Conseil, fonction considérée comme la plus influente du nouvel exécutif togolais.

    Une relation franco-togolaise historiquement étroite

    La sensibilité de l’enquête tient aussi aux relations historiques entre le Togo et la France. Depuis plusieurs décennies, Paris entretient des liens diplomatiques, économiques et sécuritaires étroits avec Lomé. La présidence française, installée à l’Élysée, n’a pour l’instant fait aucun commentaire officiel sur cette procédure judiciaire.

    Les spécialistes des relations internationales soulignent toutefois que, dans l’ordre institutionnel français, la justice agit de manière indépendante du pouvoir exécutif. Ainsi, une enquête du PNF ne signifie pas nécessairement une position politique de la France vis-à-vis d’un État partenaire.

    Prudence et présomption d’innocence

    Comme dans toute procédure judiciaire, le principe de présomption d’innocence demeure pleinement applicable. Les investigations en cours visent à établir des faits et à déterminer si les acquisitions immobilières concernées respectent ou non les règles financières en vigueur.

    Pour l’heure, les autorités togolaises ne se sont pas officiellement exprimées sur ce dossier. L’évolution de l’enquête et d’éventuelles suites judiciaires seront déterminantes pour mesurer l’impact réel de cette affaire, tant sur le plan juridique que diplomatique.

  • En RDC, un tribunal pour traquer les prédateurs de l’État

    En RDC, un tribunal pour traquer les prédateurs de l’État

    Le président congolais Félix Tshisekedi a signé ce week-end une ordonnance créant un tribunal pénal économique et financier. Cette nouvelle juridiction aura pour mission de juger les affaires liées à la corruption, aux détournements de fonds publics et au blanchiment de capitaux. Un parquet spécialisé y sera également rattaché afin de renforcer l’efficacité des poursuites.

    La réforme part d’un constat préoccupant : de nombreux dossiers transmis aux parquets par les services de contrôle ou de renseignement restaient sans suite, faute d’expertise suffisante au sein de la magistrature sur les questions financières complexes. En créant une juridiction spécialisée, les autorités congolaises entendent donc doter la justice d’un instrument plus adapté pour combattre les crimes économiques qui minent l’État.

    Une initiative qui répond à une réalité préoccupante

    Dans un pays comme la République démocratique du Congo, la création d’un tribunal pénal économique et financier peut apparaître comme une nécessité. Depuis des décennies, la corruption et les détournements de fonds publics figurent parmi les maux qui freinent le développement du pays. Les scandales financiers impliquant des responsables publics se succèdent, alimentant une profonde défiance de la population envers les institutions.

    Les rapports d’organisations nationales et internationales dénoncent régulièrement l’ampleur des pertes financières liées à la mauvaise gestion ou aux détournements de ressources publiques. Dans ces conditions, renforcer les capacités de la justice pour traquer les auteurs de crimes économiques apparaît comme une démarche légitime.

    Un tribunal spécialisé pourrait en effet permettre d’accélérer le traitement des dossiers, de mobiliser des magistrats formés aux questions financières et de réduire l’impunité dont bénéficient souvent les auteurs de détournements. S’il fonctionne de manière indépendante et transparente, cet outil judiciaire pourrait contribuer à restaurer la confiance des citoyens et envoyer un signal fort aux gestionnaires des fonds publics.

    L’enjeu crucial de l’indépendance judiciaire

    Mais si l’initiative peut être saluée sur le principe, son efficacité dépendra largement de la manière dont cette juridiction sera utilisée. Dans plusieurs pays africains, les dispositifs de lutte contre la corruption ont parfois été accusés d’être instrumentalisés à des fins politiques.

    L’exemple le plus souvent cité reste celui de l’Opération Épervier lancée au Cameroun sous la présidence de Paul Biya. Officiellement destinée à combattre la corruption au sein de l’État, cette campagne judiciaire a conduit à l’arrestation de plusieurs hauts responsables. Toutefois, de nombreux observateurs ont estimé que cette opération avait parfois servi à écarter ou intimider des personnalités perçues comme de potentiels rivaux politiques.

    Ce précédent alimente aujourd’hui les interrogations sur les mécanismes de lutte contre la corruption dans les régimes où la justice peine encore à affirmer pleinement son indépendance. Si le nouveau tribunal congolais devait être utilisé pour régler des comptes politiques ou neutraliser des adversaires, il risquerait de perdre toute crédibilité.

    Entre espoir et vigilance

    La création du tribunal pénal économique et financier ouvre donc une nouvelle étape dans la lutte contre la corruption en RDC. Sur le papier, l’initiative constitue une avancée importante dans un pays où les crimes économiques ont longtemps prospéré dans un climat d’impunité.

    Mais pour que cette réforme produise les effets attendus, plusieurs conditions devront être réunies : une véritable indépendance des magistrats, des procédures transparentes et une application équitable de la loi, quel que soit le statut des personnes poursuivies.

    Car la lutte contre la corruption ne peut être efficace que si elle est perçue comme juste et impartiale. Si ce tribunal devient un outil pour traquer les véritables prévaricateurs et protéger les ressources publiques, il pourrait marquer un tournant dans la gouvernance congolaise. Mais s’il se transforme en arme politique, il risque au contraire d’affaiblir davantage la confiance déjà fragile entre l’État et les citoyens.

  • Bénin/Togo : Justice pour Richard Gbédé

    Bénin/Togo : Justice pour Richard Gbédé

    La justice béninoise a tranché dans l’une des affaires criminelles les plus marquantes de ces derniers mois entre le Bénin et le Togo. Le tribunal d’Abomey-Calavi a condamné, le 10 mars 2026, un ressortissant béninois à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de l’entrepreneur togolais Richard Gbédé. Un verdict lourd qui, sans effacer la tragédie, apporte un début de réponse judiciaire à une affaire ayant profondément ému l’opinion publique dans les deux pays.

    Une affaire qui a choqué deux nations

    Tout commence le 6 décembre 2025 lorsque Richard Gbédé, promoteur de la structure CISA, se rend au Bénin pour rencontrer son partenaire d’affaires, Jeannot Agbanha. L’objectif de ce déplacement est simple : récupérer une somme d’environ cinq millions de francs CFA liée à une activité commerciale menée précédemment au Maroc.

    Mais ce voyage d’affaires va se transformer en drame. Quelques jours après son arrivée, l’entrepreneur togolais disparaît. L’inquiétude gagne alors sa famille et ses proches. Les recherches finissent par conduire à une découverte macabre : son corps sans vie est retrouvé dans un bas-fond à Avlékété, une localité située dans la commune d’Ouidah.

    La nouvelle provoque une onde de choc, tant au Bénin qu’au Togo, où la victime était connue dans les milieux entrepreneuriaux.

    Une enquête aux multiples zones d’ombre

    Très vite, les investigations des autorités béninoises orientent les soupçons vers deux individus : le partenaire d’affaires de la victime, Jeannot Agbanha, et un tradithérapeute présenté comme ayant été sollicité dans le cadre de cette sombre affaire.

    Selon les éléments recueillis au cours de l’instruction, le tradithérapeute aurait été approché afin de provoquer mystiquement la disparition de l’entrepreneur togolais, notamment à travers un accident de la route. À la barre, l’homme a cependant nié toute participation au crime. Il a affirmé avoir refusé la demande et expliqué que son silence pendant plusieurs semaines était motivé par la peur.

    Face aux juges, l’accusé principal a multiplié les versions. Alors que des aveux avaient été consignés durant l’instruction, Jeannot Agbanha a tenté de se rétracter à l’audience. Il a évoqué l’intervention d’un tiers qui aurait commandité l’agression et a même soutenu qu’il avait été attaqué, avec la victime, par des inconnus armés de couteaux.

    Mais ces déclarations ont été jugées peu crédibles par la cour, qui a relevé de nombreuses contradictions dans son récit.

    Un message accablant

    Un élément déterminant a pesé dans la décision des juges : un message envoyé au tradithérapeute dans lequel l’accusé reconnaissait avoir tué son associé. Dans ce message, il affirmait toutefois que l’acte n’était pas prémédité et qu’il s’agissait d’un homicide involontaire.

    Pour la cour, cet élément venait contredire la version présentée à l’audience et renforçait la responsabilité pénale de l’accusé.

    Dans la salle d’audience, la veuve de Richard Gbédé a suivi les débats avec une émotion palpable. À plusieurs reprises, elle est intervenue pour contester certaines déclarations de l’accusé et répondre aux questions de la juge, rappelant la douleur d’une famille confrontée à une perte brutale.

    Un verdict sévère, mais l’affaire n’est pas close

    Au terme du procès, le tribunal d’Abomey-Calavi a condamné Jeannot Agbanha à trente années de réclusion criminelle. Le tradithérapeute impliqué dans le dossier a, quant à lui, écopé de huit ans de prison.

    Les deux condamnés devront également verser solidairement trente millions de francs CFA à la famille de la victime à titre de dommages et intérêts.

    Le ministère public, qui avait requis la prison à perpétuité contre l’auteur principal et vingt ans contre le tradithérapeute, a annoncé son intention de faire appel. Une décision qui pourrait conduire à un nouveau procès.

    Ainsi, même si la justice a parlé, l’affaire de Richard Gbédé reste encore ouverte, rappelant la fragilité de certaines relations d’affaires et la violence parfois insoupçonnée qui peut s’y dissimuler.

  • Dialogue relancé entre l’État et le secteur privé togolais

    Dialogue relancé entre l’État et le secteur privé togolais

    Le ministre délégué chargé de la Promotion des Investissements et de la Souveraineté économique a entamé une série de rencontres avec les principales organisations représentatives du secteur privé togolais. Ces échanges marquent une première prise de contact avec les acteurs économiques depuis sa récente prise de fonction et traduisent la volonté des autorités de consolider le dialogue public-privé au service du développement économique.

    Premiers échanges avec les organisations patronales

    À cette occasion, le ministre a reçu successivement une délégation du Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo), conduite par son président Coami Tamegnon, une délégation de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET) dirigée par Jonas Daou, ainsi qu’une délégation du Groupement des Industries du Togo (GITO), menée par Kossi Amétépé GLE.

    Ces rencontres ont permis d’aborder le rôle stratégique du secteur privé dans la croissance économique nationale, notamment en matière de création de richesse, de développement industriel et de génération d’emplois.

    Les défis du secteur privé au cœur des discussions

    Lors des échanges, les représentants du CNP-Togo ont soulevé plusieurs préoccupations majeures auxquelles les entreprises togolaises sont confrontées. Parmi celles-ci figurent l’accès au financement, la question de la dette intérieure, la compétitivité des entreprises et les défis énergétiques qui affectent la productivité de nombreuses unités industrielles.

    De son côté, l’AGET a rappelé le poids économique de ses membres, qui contribuent à près de 20 % des recettes fiscales nationales et génèrent plus de 13 000 emplois directs. L’organisation a notamment insisté sur la nécessité d’améliorer l’environnement des affaires, notamment à travers une fiscalité adaptée et des infrastructures performantes.

    Quant au GITO, il a mis l’accent sur l’importance de renforcer le tissu industriel national et de développer de véritables chaînes de valeur afin de favoriser la transformation locale et l’essor des marchés.

    Vers un partenariat renforcé pour la croissance

    Le ministre a salué l’engagement du secteur privé dans le développement du pays et réaffirmé la volonté du gouvernement de maintenir un dialogue permanent avec les acteurs économiques.

    Ces échanges s’inscrivent dans la vision portée par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui ambitionne de faire du secteur privé un véritable moteur de croissance, tout en renforçant l’attractivité du Togo et en créant un environnement propice aux investissements et aux opportunités économiques.

Radio Renouveau228

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