Étiquette : Togbui Dagban-Ayivon

  • Suicides d’élèves au Togo : après les drames, Togbui Dagban interpelle l’école et les familles

    Suicides d’élèves au Togo : après les drames, Togbui Dagban interpelle l’école et les familles

    Deux suicides d’élèves survenus après les résultats des examens de fin d’année relancent le débat sur la santé mentale, l’éducation et les valeurs transmises à la jeunesse togolaise.

    Face à la multiplication des drames liés à la pression scolaire, les interrogations se font de plus en plus pressantes au Togo. En juin 2026, deux jeunes filles, l’une élève en classe de Première et l’autre en classe de Troisième, ont mis fin à leurs jours par pendaison après avoir échoué respectivement au Probatoire et au BEPC. Ces deux tragédies ont profondément ému l’opinion publique et ravivé les débats sur la santé mentale des adolescents, le poids des attentes familiales ainsi que les mécanismes d’accompagnement psychologique dans les établissements scolaires.

    Au lendemain de ces événements, plusieurs voix se sont élevées pour tenter d’expliquer ce phénomène inquiétant et appeler à une mobilisation collective afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent.

    Une éducation remise en cause

    Invité sur Victoire FM après le suicide de l’élève de Première, le chef du quartier Bè Adakpamé, Togbui Dagban Ayivon IV, a livré une analyse qui met directement en cause les modèles éducatifs actuels.

    Selon le garant des us et coutumes, la société togolaise s’éloigne progressivement des valeurs fondamentales qui permettaient autrefois de mieux préparer les jeunes aux difficultés de la vie.

    « L’éducation qu’on donne à nos enfants, de la maison à l’école, fait que les enfants oublient souvent tout de la dignité humaine, l’argent est devenu la chose qui surpasse toute autre chose », a-t-il déclaré dans des propos rapportés par le confrère Globalactu.

    Pour lui, cette évolution contribue à fragiliser les adolescents qui supportent de moins en moins les échecs, pourtant inhérents au parcours de toute vie.

    Le chef traditionnel estime que si aucune réponse durable n’est apportée à cette situation, ces drames risquent malheureusement de devenir récurrents.

    Une lecture à la fois spirituelle et éducative

    Au-delà des facteurs sociaux et psychologiques, Togbui Dagban Ayivon IV avance également une lecture inspirée des croyances traditionnelles.

    « La pendaison peut ne pas venir de la volonté de celui qui se pend », affirme-t-il. Selon lui, plusieurs facteurs peuvent entrer en jeu, notamment une malédiction, un déficit d’éducation ou de formation, voire ce qu’il qualifie de destin.

    « En ces moments précis, la personne perd conscience et va exécuter l’idée avant de s’en rendre compte », regrette la tête couronnée.

    Le garant des us et coutumes considère par ailleurs que le Fa, système traditionnel de divination et de sagesse, pourrait permettre à certaines familles d’anticiper des situations dramatiques et d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

    Ces déclarations relancent le débat sur la place des savoirs traditionnels dans la prévention des comportements suicidaires, aux côtés des approches psychologiques, éducatives et médicales.

    Le récit du Fa pour redonner espoir

    Pour illustrer son propos, Togbui Dagban Ayivon IV s’est appuyé sur l’arcane Gbe-Gouda, présenté comme le premier signe tombant dans la neuvième maison du Fa.

    Il raconte l’histoire d’un jeune homme extrêmement pauvre, accablé par les difficultés quotidiennes. Convaincu qu’il ne pouvait plus supporter ses souffrances, il achète un repas composé de boules de pâte, communément appelées Gblin. Avant même de les consommer, il décide de mettre fin à ses jours en se pendant à un arbre. Son repas tombe alors au pied du tronc.

    Peu après, un homme souffrant d’un handicap physique, lui aussi plongé dans une grande précarité, passe à cet endroit. Affamé, il découvre les Gblin abandonnés.

    « Oh, ce que je vais manger aujourd’hui, je l’ai trouvé », s’exclame-t-il avant de remercier la vie pour cette providence.

    Ce n’est qu’après avoir terminé son repas qu’il aperçoit le corps du jeune homme suspendu à l’arbre.

    Un appel à relativiser les épreuves

    À travers cette histoire, le chef traditionnel souhaite rappeler qu’aucune souffrance n’est absolue et qu’il existe toujours des personnes confrontées à des difficultés encore plus lourdes.

    Selon lui, le message porté par cet enseignement est clair : aucune situation, aussi difficile soit-elle, n’est éternelle. Les épreuves peuvent parfois constituer les premières étapes d’un avenir meilleur, à condition de conserver espoir et patience.

    Cette vision invite les jeunes à ne pas considérer un échec scolaire comme une fatalité, mais plutôt comme une étape dans leur parcours.

    Quel accompagnement pour la jeunesse ?

    Les deux suicides enregistrés en juin soulèvent également la question de l’accompagnement psychologique des élèves. De nombreux spécialistes de l’éducation estiment qu’au-delà des résultats scolaires, les établissements et les familles doivent renforcer le dialogue avec les adolescents, apprendre à dédramatiser l’échec et promouvoir une culture de la résilience.

    Le débat ouvert par Togbui Dagban Ayivon IV dépasse ainsi le seul cadre des traditions. Il interroge la capacité de la société togolaise à transmettre aux jeunes les outils nécessaires pour affronter les difficultés de la vie, qu’ils soient éducatifs, culturels, spirituels ou psychologiques.

    En conclusion de son intervention, le chef traditionnel pose une question qui ne manquera pas d’alimenter les discussions : « N’est-il pas temps d’enseigner le Fa à l’école togolaise, afin que les élèves puissent s’imprégner de la sagesse et de l’éducation dont il est porteur ? »

    Au-delà de cette proposition, les récents drames rappellent surtout l’urgence de renforcer l’écoute, le soutien psychologique et l’encadrement des jeunes afin qu’aucun échec scolaire ne soit plus jamais perçu comme une raison de mettre fin à sa vie.

  • Togbui Dagban-Ayivon: ” on ne doit pas étaler la dot sur TikTok”

    Togbui Dagban-Ayivon: ” on ne doit pas étaler la dot sur TikTok”

    La dot fait l’objet aujourd’hui de publicité, de publications sur les réseaux sociaux. Tel ne doit pas être le cas selon Togbui Dagban-Ayivon dans cet élément en vidéo.

  • Togbui Dagban-Ayivon: “Les interdits que nous observons sont dictés par les divinités”

    Togbui Dagban-Ayivon: “Les interdits que nous observons sont dictés par les divinités”

    Dans cet entretien, Togbui Dagban-Ayivon, le chef du territoire d’Adakpamé, est revenu sur le sens des interdits chez les peuples africains. Il en explique leur portée…

  • Au Togo, pourquoi Togbui Dagban-Ayivon a créé son propre parti?

    Au Togo, pourquoi Togbui Dagban-Ayivon a créé son propre parti?

    L’un des ténors du Comité d’action pour le renouveau (CAR), notamment son ancien vice-président, Togbui Dagban-Ayivon a claqué la porte suite aux interminables crises relationnelles. Aujourd’hui, il incarne une nouvelle vision à travers le Parti des peuples pour le renouveau (PPR) qu’il vient de lancer.

    Créé en début d’année, le nouveau parti politique de l’opposition au Togo a fait sa première sortie officielle ce dimanche 19 mai à Lomé. Son président donne les raisons qui l’ont poussé à le créer et ce qu’il veut en faire sur la scène politique nationale.

  •  Au Togo, Togbui Dagban-Ayivon lance son parti politique (PPR)

     Au Togo, Togbui Dagban-Ayivon lance son parti politique (PPR)

    Porté sur les fonts baptismaux en début d’année, le Parti des peuples pour le renouveau (PPR) a fait une première sortie, ce dimanche 19 mai à Lomé, en attendant son lancement officiel ultérieurement.

    Les principaux membres du PPR, venus de toute l’étendue du territoire national, se sont retrouvés ce dimanche dans le jardin du Centre communautaire de Bè à Lomé pour une assemblée générale, presqu’un semestre après la création de leur parti.

    « Pour une  Implantation effective des activités du parti sur le terrain » a été le thème choisi pour cette rencontre d’une journée, destinée à réfléchir sur l’avenir de cette jeune formation politique. Et surtout définir les conditions devant aboutir à la mobilisation de la base pour les échéances futures, notamment les communales de 2025.

    Recommandations

    Les participants à cette assemblée générale ont décidé d’inciter les responsables à la base de mobiliser leurs militants et sympathisants dans la mesure du possible, mettre sur pied rapidement un Comité directeur du parti, de faire le maillage du terrain.

    Il a été décidé également la mobilisation des ressources financières du parti (internes comme externes), de faire un lancement officiel du PPR suivi de son inscription au Journal officiel (JO).

    Sans oublier la tenue régulière des réunions bimensuelles en vue de la formation politique et citoyenne des membres du Bureau exécutif ; des réunions d’information, de formation et des prises de position par rapport à des sujets politiques donnés, entre autres.

    Après sa création, le PPR a été déclaré au ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et du Développement des territoires. Conformément aux textes, insistent ses membres, « en attendant que le ministère de tutelle ne lui délivre un récépissé, le régime de déclaration autorise que ce nouveau parti politique démarre ses activités sur le terrain ». Et c’est ce que compte faire son Bureau Exécutif. D’ailleurs il a reçu le quitus des militants de procéder à l’inscription au JO.

    Tête couronnée

    Le PPR a été créé en janvier dernier. Et a même participé aux dernières élections locales avec une ligne indépendante dénommée Ensemble pour le renouveau (EPR), le slogan du part.

    Incarnée par Togbui Dagban-Ayivon, chef traditionnel du quartier d’Adakpamé, la nouvelle formation politique se réclame de l’opposition. Une « opposition constructive, qui veut se donner les moyens de critiquer les actions gouvernementales sur fond de propositions concrètes devant améliorer le quotidien des Togolais », résume son président national à l’issue de l’assemblée générale de ce samedi aux micros des journalistes.

    « Nous ne venons pas sur la scène politique nationale pour diffamer, insulter, calomnier, faire de fixation sur une personne ou sur un parti. Mais nous nous différencions des autres par un programme pragmatique, concret avec au centre le bien-être de nos compatriotes, des Togolais », insiste Togbui Dagban-Ayivon. En clair, rien ne doit plus se faire comme avant. Et il fait désormais compter avec le PPR, enchaîne la tête couronnée.

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes