Étiquette : Tchad

  • À N’Djaména, le Togo consolide sa diplomatie parlementaire

    À N’Djaména, le Togo consolide sa diplomatie parlementaire

    En visite officielle à N’Djaména, le président de l’Assemblée nationale du Togo a multiplié les échanges destinés à consolider les relations entre Lomé et N’Djaména.

    Le Président de l’Assemblée nationale du Togo, le Professeur Komi Selom Klassou, poursuit son offensive diplomatique au Tchad. Reçu par le Premier ministre tchadien, Ambassadeur Allah-Maye Halina, en présence du Président de l’Assemblée nationale du Tchad, Ali Kolotou Tchaïmi, le chef du Parlement togolais a placé la coopération bilatérale au cœur de ses échanges.

    Cette rencontre de haut niveau a permis aux deux parties de saluer la solidité des relations d’amitié entre le Togo et le Tchad tout en explorant de nouvelles pistes pour leur approfondissement. Les discussions ont notamment porté sur le rôle de la diplomatie parlementaire comme levier de rapprochement entre les institutions et les peuples des deux pays.

    À l’issue de l’audience, le Professeur Komi Selom Klassou a exprimé sa satisfaction pour l’accueil qui lui a été réservé à N’Djaména. Il a réaffirmé, de concert avec ses interlocuteurs, la volonté commune de donner un nouvel élan au partenariat entre Lomé et N’Djaména, dans un contexte africain où la coopération interparlementaire occupe une place de plus en plus stratégique.

    Au-delà des échanges institutionnels, la délégation togolaise a effectué une immersion dans le patrimoine culturel tchadien à travers une visite du Musée national du Tchad. Ce parcours lui a permis de découvrir plusieurs trésors historiques, dont le célèbre crâne fossilisé de Toumaï, considéré comme l’un des plus anciens ancêtres connus de l’humanité, ainsi que les vestiges de la civilisation Sao et des collections retraçant l’histoire des grands royaumes du pays.

    Cette étape culturelle illustre la volonté des deux États de renforcer leurs liens non seulement sur les plans politique et institutionnel, mais également à travers la valorisation de leur héritage commun africain. Par cette visite officielle, le Togo réaffirme son attachement à une diplomatie parlementaire dynamique, capable de consolider la coopération bilatérale et de favoriser un rapprochement durable entre les peuples togolais et tchadien.

  • Lomé renforce ses liens avec N’Djamena

    Lomé renforce ses liens avec N’Djamena

    En visite officielle à Lomé ce dimanche 5 avril, Lydie Beassemda, la deuxième Vice-présidente du Sénat du Tchad, a exprimé sa satisfaction quant à la solidité des relations diplomatiques entre le Tchad et le Togo.

    À son arrivée, Lydie Beassemda a salué une coopération bilatérale ancienne, marquée par plusieurs décennies de collaboration et de confiance mutuelle.

    Selon elle, ces relations, déjà solides, ne cessent de se renforcer au fil des années, portées par une volonté commune des autorités des deux pays de consolider leurs échanges politiques, économiques et culturels. Cette visite s’inscrit ainsi dans une dynamique de rapprochement et de dialogue continu entre Lomé et N’Djamena.

    Mme Beassemda a également souligné l’importance de multiplier les cadres de concertation afin de promouvoir des initiatives communes, au bénéfice des populations des deux nations. Une déclaration qui témoigne d’une ambition partagée de hisser davantage la coopération bilatérale à un niveau supérieur.

  • Tchad: dans le lac, c’est toujours la même eau qui coule

    Tchad: dans le lac, c’est toujours la même eau qui coule

    Trois ans après le décès tragique du maréchal Idriss Deby Itno, on a voté, et rien n’a changé. À part, peut-être, de la part du pouvoir, un peu plus de… rapidité !

    Avec douze jours d’avance, l’organe en charge des élections a proclamé, ce jeudi 9 mai, Mahamat Idriss Deby Itno vainqueur de la présidentielle, avec 61 % des voix. Une victoire contestée par le Premier ministre Succès Masra, qui la revendique aussi.

    N’est-elle pas surprenante, la tournure que prennent les événements au Tchad ?

    Si seulement il y avait quoi que ce soit de surprenant dans le spectacle qu’offre à nouveau le Tchad ! L’on est, hélas, en droite ligne de ce à quoi le maréchal Deby avait habitué le monde, en trente ans de pouvoir ! À sa mort, en avril 2021, l’on avait, au mépris de la Constitution, fait croire à tous que l’installation de son fils dans le fauteuil présidentiel était le plus sûr moyen de préserver le Tchad d’une déstabilisation extérieure totalement fantasmée. Les Tchadiens ont été bernés avec la promesse que cet héritier imposé n’allait pas s’incruster. Moins d’un mois plus tard, le sang de Tchadiens innocents recommençait à couler, comme du temps de son père, et n’a, depuis, jamais cessé de couler. Comme il coule, depuis cette annonce précipitée d’une victoire à la traçabilité douteuse. Et voilà les Tchadiens sur le point d’embarquer pour un nouveau bail à durée indéterminée avec l’héritier du maréchal défunt.

    Ce n’est pas un sort des plus enviables, pour un peuple, que de voir son destin confisqué, depuis si longtemps, par une même famille, un clan si friand de violence. Pour avancer, les Tchadiens vont devoir s’interroger plus sérieusement sur ce qui les fait trébucher si souvent. Et questionner les complicités et compromissions individuelles qui ont conforté, au fil du temps, un régime qui n’a, à l’évidence, pas su faire leur bonheur.

    Le processus électoral étant encore en cours, n’est-il pas prématuré de conclure que l’élection a été volée ?

    Il est encore trop tôt, en effet, pour porter quelque accusation définitive sur ces résultats réputés provisoires. Mais les morts, eux, sont déjà là ! La violence, aussi. Ce serait pure hypocrisie, que de prétendre n’être pas intrigué par ces résultats tombés du ciel, dans une capitale quadrillée par des soldats surarmés, où beaucoup voulaient sincèrement croire à une élection transparente, enfin. Dans sa déroutante constance, ce pouvoir préfère intimider que séduire. Les blindés sont donc de sortie à Ndjamena. Comme à chaque élection aux résultats douteux. Le pouvoir des Deby semble irrémédiablement prévisible !

    À Ndjamena, on se plaît à rappeler que sept des neuf candidats auraient appelé le président élu pour le féliciter. Peut-être le Premier ministre n’est-il qu’un mauvais perdant ! À moins que certains de ceux qui félicitent avant d’avoir perdu se positionnent pour les places au bord de la « mangeoire ». Après tout, ce type de régime survit et prospère sur les petites lâchetés individuelles. Que faut-il de courage pour distribuer, au cœur des ténèbres, des pourcentages arbitraires, sans attendre la consolidation des résultats ?

    Lorsque, le 24 mars dernier, Amadou Bâ félicitait Bassirou Diomaye Faye, la transparence du processus électoral avait déjà permis aux Sénégalais d’évaluer dans quel sens allait le choix des électeurs. Rien à voir avec une victoire intraçable, imposée par des véhicules blindés.

    Peut-on dire d’un pouvoir si souvent confronté à des rébellions qu’il se nourrit de compromissions ?

    Ce sont, presque toujours, les alliés inconditionnels d’un temps qui, un jour, deviennent des ennemis jurés, et prennent les armes contre le système qu’ils ont servi, de bonne foi ou par calcul. Ils se muent en détracteurs, lorsqu’ils se sentent rejetés, démonétisés. Nul ne s’étonnera d’apprendre, un jour, que celui qui a distribué si généreusement les pourcentages en ce mois de mai 2024 est passé à une des rébellions. Ceux qui ont conforté le père, naguère, et travaillent, aujourd’hui, à asseoir le pouvoir du fils sont tous de potentiels détracteurs.

    Et cela explique largement pourquoi, en trois décennies d’un pouvoir dur et personnel, Idriss Deby Itno n’a jamais su apporter aux Tchadiens l’État de droit, la démocratie ou le début de ce que l’on appelle le développement.

    Jean-Baptiste Placca

Radio Renouveau228

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