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  • Zimbabwe : le pari du “vaccin” anti-VIH

    Zimbabwe : le pari du “vaccin” anti-VIH

    Le Zimbabwe franchit un nouveau cap dans la lutte contre le VIH/Sida. Les autorités sanitaires de Harare ont annoncé la distribution de doses de Lenacapavir, un traitement innovant présenté comme une forme de « vaccin préventif » contre le VIH. Une initiative ambitieuse dans un pays durement frappé par l’épidémie depuis plus de deux décennies.

    Une avancée scientifique majeure

    Le Lenacapavir n’est pas un vaccin au sens classique du terme. Il s’agit d’un antirétroviral à action prolongée, administré par injection, qui empêche le virus de se multiplier dans l’organisme. Son principal atout réside dans sa durée d’efficacité : une injection peut offrir une protection de plusieurs mois, réduisant ainsi les contraintes liées à la prise quotidienne de comprimés préventifs.

    Dans un contexte africain où l’observance des traitements peut être un défi — notamment dans les zones rurales ou à faibles ressources — cette innovation représente un espoir considérable. Les autorités sanitaires zimbabwéennes misent sur cette approche pour réduire significativement les nouvelles infections.

    Un pays historiquement touché

    Le Zimbabwe fait partie des pays d’Afrique australe les plus affectés par le VIH. Au pic de l’épidémie, au début des années 2000, le taux de prévalence chez les adultes figurait parmi les plus élevés au monde. Bien que d’importants progrès aient été réalisés grâce aux campagnes de prévention, à l’accès élargi aux antirétroviraux et au soutien des partenaires internationaux, le virus continue de peser lourdement sur le système de santé.

    Des centaines de milliers de personnes vivent toujours avec le VIH dans le pays. Chaque année, de nouvelles infections sont enregistrées, en particulier chez les jeunes femmes et les populations vulnérables. C’est dans ce contexte que le gouvernement entend changer de paradigme : passer d’une lutte principalement curative à une stratégie résolument préventive.

    Freiner les nouvelles infections

    La distribution du Lenacapavir s’inscrit dans un plan national élargi de lutte contre le VIH. Les premières doses sont destinées aux groupes les plus exposés, notamment les travailleurs du sexe, les adolescents à risque et les personnes ayant des partenaires multiples.

    L’objectif affiché par Harare est clair : réduire drastiquement le nombre de nouvelles contaminations dans les prochaines années. Si les résultats sont probants, le Zimbabwe pourrait devenir un modèle pour d’autres pays de la région confrontés aux mêmes défis.

    Les experts estiment que les traitements préventifs à longue durée d’action pourraient révolutionner la lutte contre le VIH, à l’image de ce que les vaccins ont permis pour d’autres maladies infectieuses. Toutefois, le succès dépendra de plusieurs facteurs : financement durable, acceptation par les populations, logistique de distribution et suivi médical rigoureux.

    Un signal fort pour l’Afrique

    En se positionnant parmi les premiers pays à adopter cette stratégie innovante, le Zimbabwe envoie un signal fort. Il démontre qu’avec une volonté politique affirmée et un engagement stratégique, il est possible d’intégrer rapidement les avancées scientifiques dans les politiques publiques de santé.

    Si l’expérience s’avère concluante, elle pourrait accélérer l’adoption du Lenacapavir à l’échelle continentale. Pour un pays marqué par des décennies de combat contre le VIH, cette nouvelle étape symbolise bien plus qu’un traitement : elle incarne l’espoir d’une génération mieux protégée et d’un avenir où le Sida ne serait plus une fatalité.

  • JMS 2025 au Togo: l’empreinte du REMAPSEN

    JMS 2025 au Togo: l’empreinte du REMAPSEN

    ‎Pour lutter contre cette maladie qui fait beaucoup de dégâts surtout dans les pays sous-développés, il faut ”Surmonter les perturbations, Transformer la riposte au Sida”.

    La journée mondiale de lutte contre le sida a été officiellement lancée ce lundi 1er décembre 2025, par Prof Tchin Darre, Représentant le ministre ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, en présence du Docteur Yaye Kanny Diallo, la Directrice pays de l’ONUSIDA et du Prof Pitché, le Coordonnateur du SP/CNLS-IST.

    ‎Mme Ambroisine Mêmèdé, la Coordonnatrice nationale du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN-Togo), a pris part activement aux travaux. En effet, elle est intervenue sur l’aspect pédiatrique, notamment l’atteinte des 3×95 au niveau des enfants et la question des perdues de vue.

    ‎Au niveau pédiatrique, les statistiques révèlent que nous sommes à 81, 69 et 56% pour les enfants de 0 à 14ans alors que ce taux est de 92, 92 et 85% chez les adultes.

    ‎Les solutions avancées sont la lutte contre la déperdition du couple mère/enfant, le renforcement du système de soins, la stigmatisation, etc.
    ‎
    La Journée mondiale de lutte contre le Sida de l’année 2025 a été placée sous le thème ”Surmonter les perturbations, Transformer la riposte au Sida”.

    Au plan national, les réflexions tournent autour de la mobilisation pour la triple élimination VIH Syphilis Hépatite B chez l’enfant.

    Avec le secrétariat

  • Dr Matshidiso Moeti (OMS) : « L’infection à VIH est un problème de santé complexe »

    Dr Matshidiso Moeti (OMS) : « L’infection à VIH est un problème de santé complexe »

    « L’infection à VIH est un problème de santé complexe, indissociable des déterminants sociaux tels que la pauvreté, les inégalités hommes-femmes et la violence, et compliqué par la stigmatisation et la discrimination qui touchent particulièrement les groupes marginalisés », rappelle Dr  Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, en prélude à la Journée mondiale du Sida, célébrée chaque 1er décembre.

    Journée mondiale du sida 2024

    Message de la Dre Matshidiso Rebecca Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

    Au moment où l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) se joint au reste de la communauté internationale pour commémorer de la Journée mondiale du sida 2024, ce 1er décembre, le thème retenu pour l’édition de cette année, « Suivons le chemin des droits – Notre santé, nos droits », vient à point nommé nous rappeler notre responsabilité de protéger les droits humains alors que nous poursuivons l’objectif de l’élimination du VIH d’ici à 2030.

    L’infection à VIH est un problème de santé complexe, indissociable des déterminants sociaux tels que la pauvreté, les inégalités hommes-femmes et la violence, et compliqué par la stigmatisation et la discrimination qui touchent particulièrement les groupes marginalisés. La protection des droits humains est un élément clé de la réalisation des soins universels contre le VIH et de l’élimination des obstacles à l’accès qui mettent des vies en danger.

    La Journée mondiale du sida offre aussi l’occasion de réfléchir aux réalisations. Les pays africains ont réalisé des progrès considérables, l’évolution de la trajectoire de l’épidémie au cours de la dernière décennie étant la preuve des succès tangibles enregistrés dans la lutte contre le VIH et la riposte. Et ce, même si la charge de morbidité due au VIH est la plus élevée au monde et que les ressources consacrées à la lutte contre l’épidémie sont comparativement plus limitées.

    Des réductions notables du nombre de nouvelles infections par le VIH et de décès liés au sida sont enregistrées, et, pour la toute première fois, le nombre de nouvelles infections par le VIH a été plus élevé en dehors de l’Afrique subsaharienne en 2023. La Région africaine de l’OMS est également la Région qui a le plus progressé dans le monde vers l’atteinte des cibles 95-95-95 du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) en matière de dépistage, de traitement et de suppression de la charge virale du VIH, lesquelles cibles visent à combler les lacunes en matière de couverture et de résultats thérapeutiques.

    Sept pays ont déjà atteint ces cibles, la notation globale pour la Région étant actuellement de 90-82-76. Près de 21,3 millions de personnes sont désormais placées sous traitement antirétroviral, ce qui augmente leur espérance de vie. Le Botswana (qui a atteint le statut de niveau « argent ») et la Namibie (le statut de niveau « bronze ») ont quant à eux été reconnus pour avoir considérablement réduit les taux de transmission mère-enfant du VIH, atteignant ainsi les indicateurs requis pour les critères retenus dans le cadre de la « Voie menant à l’élimination du VIH » introduits en 2017.

    En outre, la Région africaine applique des méthodes biomédicales efficaces de prévention du VIH, les pays adoptant et mettant en œuvre rapidement des recommandations en matière de prophylaxie préexposition, et garantissant un accès accru à des options telles que la prophylaxie préexposition orale et injectable à longue durée d’action et l’anneau vaginal dapivirine.

    Cependant, malgré la disponibilité accrue de connaissances scientifiques et d’outils pour prévenir de nouvelles infections par le VIH et traiter efficacement les personnes vivant avec le VIH, la valeur de ces innovations dépend de leur accessibilité à toutes et à tous. Il s’agit là d’une question qui nécessitera des investissements supplémentaires et des réformes politiques à l’avenir.

    Nous avons l’obligation collective de protéger les droits humains, en veillant spécifiquement à ce que les soins de santé soient accessibles à toutes les personnes, sans aucune discrimination, et ceci quels que soient leur statut sérologique, leur origine, leur sexe ou leur lieu de résidence. La stigmatisation et la discrimination ne devraient pas saper les acquis et entraver nos progrès.

    Compte tenu des résultats obtenus, il est effectivement possible d’éliminer le VIH grâce aux efforts combinés des gouvernements, des partenaires, des prestataires de soins de santé, de la société civile et, surtout, des communautés. Les communautés sont des partenaires majeurs dans l’élaboration conjointe de stratégies et dans la mise en œuvre conjointe d’interventions visant à éliminer les obstacles aux soins liés aux droits humains, et nous devons veiller à ce que leurs voix soient entendues.

    La riposte au VIH est compliquée par l’incidence croissante des flambées de maladies dans la Région africaine, qui ont un impact négatif sur nos systèmes de santé déjà en difficulté. Au moment où nous accélérons notre riposte à l’épidémie, il est important que nous restions conscients du fait que des systèmes de santé solides et des approches des soins de santé intégrées et centrées sur la personne sont essentiels pour répondre de façon optimale aux besoins multiples de nos populations vulnérables.

    Profitons de cette occasion pour reconnaître les progrès accomplis, mais aussi pour renouveler notre engagement commun en faveur de l’élimination de l’infection à VIH. En protégeant le droit de chaque personne à la santé et en réduisant les nouvelles infections par le VIH, nous pouvons parvenir à une génération sans sida et assurer la pérennité de la riposte au VIH.

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