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  • Bénin : Patrice Talon prend la tête du Sénat, un retour au sommet de l’État qui interroge

    Bénin : Patrice Talon prend la tête du Sénat, un retour au sommet de l’État qui interroge

    Deux mois après avoir quitté la présidence de la République, Patrice Talon devient le premier président du Sénat béninois, relançant le débat sur son influence dans le nouveau paysage institutionnel.

    À peine deux mois après avoir transmis le pouvoir à son successeur, Romuald Wadagni, l’ancien président béninois Patrice Talon effectue un retour remarqué au sommet des institutions. Ce jeudi 6 août, il a été élu président du tout premier Sénat de l’histoire récente du Bénin, avec 24 voix sur 25, devenant ainsi le premier dirigeant de cette nouvelle chambre du Parlement créée par la révision constitutionnelle de 2025.

    L’élection était largement attendue. En vertu des dispositions constitutionnelles, les anciens présidents de la République sont membres de droit du Sénat, dont les plus hautes fonctions leur sont réservées. Patrice Talon prend ainsi la tête d’une institution appelée à jouer un rôle dans l’examen des lois et la régulation de la vie politique béninoise.

    Un scénario longtemps évoqué

    Cette élection ravive toutefois une interrogation qui circulait déjà au moment de la réforme constitutionnelle : la création du Sénat répondait-elle uniquement à une volonté de renforcer les institutions ou constituait-elle également un cadre permettant à Patrice Talon de demeurer au cœur du pouvoir après son départ de la présidence ?

    À l’époque de la révision constitutionnelle, plusieurs observateurs et acteurs politiques avaient estimé que cette nouvelle architecture institutionnelle pouvait offrir à l’ancien chef de l’État une position stratégique lui permettant de continuer à peser sur les grandes orientations nationales, tout en respectant la limitation à deux mandats présidentiels. Ces analyses avaient été rejetées par les partisans de la réforme, qui défendaient avant tout un renforcement du bicamérisme et de l’équilibre institutionnel.

    Le fait que Patrice Talon devienne le tout premier président du Sénat donne aujourd’hui un nouvel écho à ces interrogations, même si aucun élément ne permet d’affirmer que cette réforme avait été conçue dans cette seule perspective.

    Une proximité institutionnelle avec le nouveau pouvoir

    La présidence du Sénat confère à Patrice Talon une visibilité politique et une influence institutionnelle importantes. Sans exercer directement les fonctions exécutives désormais assumées par le président Romuald Wadagni, il conserve une place centrale dans le fonctionnement de l’État.

    Cette situation nourrit déjà les débats au sein de la classe politique béninoise. Pour certains analystes, elle pourrait favoriser une continuité des réformes engagées durant la dernière décennie. D’autres s’interrogent sur la capacité du nouveau chef de l’État à exercer pleinement son autorité politique face à un prédécesseur qui demeure l’une des personnalités les plus influentes du pays.

    Une question revient ainsi avec insistance : Patrice Talon a-t-il véritablement quitté le pouvoir ou a-t-il simplement changé de fauteuil ? Seul l’exercice concret des nouvelles institutions permettra de mesurer si le président du Sénat se limitera au rôle que lui confère la Constitution ou s’il continuera à peser, de près ou de loin, sur les grandes décisions du Bénin. Une interrogation qui devrait alimenter le débat politique dans les prochains mois, à mesure que le nouveau pouvoir prendra ses marques.

  • Au Togo, les réformes en ligne de mire au Sénat

    Au Togo, les réformes en ligne de mire au Sénat

    Le Sénat togolais a officiellement ouvert, le 2 avril, sa première session ordinaire de l’année 2026 au Palais des congrès de Lomé. Cette cérémonie solennelle, présidée par Barry Moussa Barqué, a rassemblé sénateurs, membres du gouvernement ainsi que plusieurs personnalités politiques, administratives et diplomatiques. Elle marque le lancement d’une période de travaux axée sur les réformes majeures et le renforcement de la gouvernance institutionnelle.

    Parmi les invités de marque figurait Komi Selom Klassou, dont la présence illustre la volonté de consolider la coopération entre les différentes institutions de la République. Dans son allocution d’ouverture, le président du Sénat a mis en avant la primauté de l’intérêt général dans l’action parlementaire, appelant à une synergie renforcée entre les pouvoirs publics pour répondre efficacement aux attentes des citoyens.

    Revenant sur le bilan des sessions précédentes, Barry Moussa Barqué a salué l’adoption d’une dizaine de lois stratégiques, destinées à relever les défis socio-économiques du pays. Il a également félicité les initiatives gouvernementales dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé, les infrastructures et l’inclusion sociale, notamment en faveur des femmes et des jeunes.

    Au cœur des priorités de cette session figure la régulation du secteur de la microfinance. L’objectif est de garantir une meilleure protection des usagers, renforcer la transparence et lutter contre le surendettement. Sur le plan international, le Sénat se prépare par ailleurs à accueillir à Lomé, du 7 au 9 avril, la 17ᵉ conférence des présidents de parlements de l’espace francophone.

    En clôture, le président du Sénat a rendu hommage aux forces armées pour leur engagement dans la préservation de la sécurité nationale, tout en réaffirmant le rôle central de l’institution dans la consolidation de l’État de droit, de la stabilité et du développement du Togo.

  • Togo-Sena Alipui, un sénateur droit dans ses bottes

    Togo-Sena Alipui, un sénateur droit dans ses bottes

    Candidat malheureux aux dernières élections législatives, Sena Alipui fait partie des vingt sénateurs nommés par Faure Gnassingbé, le chef de l’Etat. Il retrouve un nouveau canal pour continuer à faire passer ses idées.

    Ses détracteurs peuvent tout lui reprocher. Mais l’aspect sur lequel il ne transige guère reste ses convictions politiques, louent certains de ses visiteurs du soir. Très proche de Dr Gilchrist Olympio, le président national de l’Union des forces de changement (UFC), Sena Alipui fait partie des cadres de la formation à la couleur jaune à continuer d’assumer, publiquement, l’accord politique UFC-RPT du 26 mai 2010.

    Nomination

    C’est donc logiquement qu’il a été choisi pour faire partie des sénateurs par Faure Gnassingbé pour siéger au Sénat.  « C’est avec humilité, gratitude et sens du devoir  que j’ai pris fonction  ce 06 mars 2025 comme Sénateur », écrit-il sur sa page Facebook.

    Et d’enchaîner : « J’exprime mes remerciements au Président de la République, à mon patron et père politique Gilchrist Olympio, à mon parti de l’Ablodé  l’UFC, au peuple Togolais, particulièrement mes amis de l’Ogou et de l’Anié et à vous tous qui nous accompagnez dans cette lutte pour plus de Paix, plus de libertés et plus de prospérité pour tous les Togolais ».

    Le jeune sénateur promet « continuer par les voies du dialogue à bâtir un pays qui nous ressemble et nous rassemble…Le Togo d’abord, la patrie avant les partis… ».

    Opposant modéré, par comparaison à la veille garde, l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale rassure s’employer pour un meilleur développement de son pays en mettant l’accent sur le social d’abord.

    Défis

    Celui qui est devenu vice-président de l’UFC à l’issue du congrès du 12 août 2023 sait que leur parti a perdu de sa verve. Vidé de la grande partie de ses militants, ‘’Détia’’ lutte pour retrouver une seconde jeunesse.  Un défi de taille attend donc cet inconditionnel du libéralisme politique et économique et ses camarades.

  • Au Togo, les premières élections sénatoriales consacrent le nouveau régime parlementaire

    Au Togo, les premières élections sénatoriales consacrent le nouveau régime parlementaire

    À la suite de l’adoption de la nouvelle Constitution en avril dernier, laquelle a marqué le début d’un régime parlementaire et de la Ve République togolaise, les sénateurs auront le pouvoir de désigner le chef de l’exécutif, auparavant élu au suffrage universel direct.

    L’année dernière, le changement de régime induit par la révision constitutionnelle au Togo avait provoqué l’indignation de l’opposition. Mais la Constitution est tout de même entrée en vigueur et le pays votera samedi 15 février lors des premières élections sénatoriales de son histoire.

    Dans ce nouveau système parlementaire, le Sénat, une des deux chambres du Parlement, sera composé de 61 membres au total. 41 sénateurs seront élus au suffrage indirect par les conseillers régionaux et les conseillers municipaux, et vingt autres seront désignés par le président du Conseil des ministres. Ce week-end, 89 candidats sont en lice pour les 41 sièges de sénateurs.

    Les élections législatives avaient, elles, été largement remportées par l’Union pour la République (Unir), le parti au pouvoir, en avril 2024, avec 108 sièges sur 113. Avec la réforme, l’exercice effectif du pouvoir est assuré par un président du Conseil qui doit être le chef du parti majoritaire à l’Assemblée nationale. C’est donc Faure Essozimna Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, qui remplit actuellement cette fonction.

    Une opposition vent debout contre cette élection

    Comme lors des élections sénatoriales de 2024 où ils avaient dénoncé un « hold-up électoral », de nombreux membres de l’opposition dénoncent la réforme constitutionnelle et s’inquiètent qu’elle permette à Faure Gnassingbé de briguer le pouvoir pour des années encore.

    Trois grands partis de l’opposition, l’Alliance nationale pour le changement (ANC), les Forces démocratiques pour la République (FDR) et la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) ont d’ores et déjà annoncé qu’elles boycotteraient le scrutin sénatorial. Dans un courrier adressé à la Commission électorale, l’ANC a justifié cette décision en maintenant « son ferme rejet de ce processus antidémocratique qui vise à installer une République illégale et illégitime ».

    « Les élections sénatoriales sont pipées d’avance parce que le régime […] a réussi, grâce à des fraudes électorales massives lors des élections communales de 2019 et régionales de 2024, à s’attribuer la quasi-totalité des conseillers municipaux et régionaux qui constituent le corps électoral », a quant à lui affirmé le FDR, lundi 10 février, dans un communiqué.

    Reste que quelques petits partis d’opposition, ainsi que le parti Alliance des démocrates pour le développement intégral (Addi) prendront, eux, part au scrutin.

    Le camp présidentiel se défend

    Mais pour le parti au pouvoir, ce nouveau système va permettre de réduire le poids du président de la République, d’offrir une plus grande stabilité politique au Togo, et une meilleure représentativité.

    « Le Sénat va contribuer à décentraliser le pouvoir public, en renforçant la participation des citoyens des collectivités à l’exercice du pouvoir politique », assurait par exemple Mazamesso Wella, chercheur en droit public à l’université de Lomé, dans un entretien à la chaîne de télévision nationale.

    Une fois le Sénat installé, Faure Gnassingbé pourra être officiellement désigné président du Conseil, et les députés et sénateurs éliront un président de la République sans réelle prérogative, pour un mandat de six ans.

    (Avec AFP)

  • Togo: vers un boycott des partis d’opposition aux sénatoriales ?

    Togo: vers un boycott des partis d’opposition aux sénatoriales ?

    Alors que les premières élections sénatoriales de l’histoire du Togo auront lieu le 2 février prochain, plusieurs partis d’opposition ont d’ores et déjà annoncé qu’ils n’y participeront pas. Sur les quatre formations qui en sont issues à l’Assemblée, trois ont déjà fait part de leur décision de ne pas présenter de candidat. Dernière en date : L’ANC de Jean-Pierre Fabre, samedi 15 décembre.

    Ils n’y voient rien d’autre qu’une mascarade électorale. L’Alliance nationale pour le changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre – qui en a fait l’annonce samedi 15 décembre – mais aussi les Forces démocratiques pour la République (FDR) de Paul Dodji Apevon et la Dynamique pour une majorité du peuple (DMP) de Brigitte Adjamagbo-Johnson l’ont d’ores et déjà fait savoir : eux ne prendront pas part aux premières élections sénatoriales de l’histoire du Togo qui auront lieu le 2 février prochain.

    Depuis que chacune de ces formations a obtenu un siège de député aux législatives d’avril dernier, elles dénoncent des fraudes qui ont permis, selon elles, au parti UNIR au pouvoir d’obtenir la quasi totalité des sièges à l’Assemblée et de contrôler autant de grands électeurs, ceux-là même qui choisiront les sénateurs.

    ADDI n’a pas encore fait part de sa décision

    Mais les raisons qui les poussent à ne pas vouloir prendre part aux élections sénatoriales vont au-delà. L’ANC, les FDR et la DMP considèrent aussi la mise en place du Sénat comme une simple continuité de ce qu’ils qualifient de coup d’Etat constitutionnel, à savoir l’adoption d’une nouvelle Constitution instaurant un régime parlementaire au Togo. Alors que le front Touche pas à ma Constitution évoque, lui, à ce propos, « une marche forcée pour entrer dans la 5e république », il rappelle aussi que le début du mois de février coïncidera avec le 20e anniversaire de l’accession au pouvoir de Faure Gnassingbé.

    Face à ces arguments, un cadre du parti Unir fait pour sa part remarquer que les dispositions relatives à la composition du Sénat n’ont pas changé par rapport à la Constitution précédente et que l’opposition dénonce une réforme déjà en vigueur.

    Le 4e parti d’opposition à l’Assemblée, ADDI, n’a, quant à lui, pas encore annoncé sa décision. La formation d’Aimé Gogué se concerte, en tenant compte de la composition du corps électoral. Le Sénat togolais sera composé de 61 membres, dont 41 élus au suffrage indirect par les conseillers régionaux et municipaux. Les 20 autres seront nommés par le président Faure Gnassingbé.

  • Togo: des précisions sur la composition du futur Sénat

    Togo: des précisions sur la composition du futur Sénat

    Au Togo, des précisions sur la composition du futur Sénat qui va être mis en place pour la première fois de l’histoire du pays. Le scrutin, au suffrage universel indirect, se tiendra le 2 février 2025. Plusieurs textes publiés au journal officiel donnent plus de détails sur cette nouvelle institution. La mise en place du Sénat est l’une des dernières étapes du passage effectif à la Ve République, après la promulgation d’une nouvelle constitution en mai 2024.

    Le Sénat tiendra deux sessions ordinaires de trois mois chacune par an : en avril et en octobre. Il comptera 61 membres. 41 élus au suffrage universel indirect pour six ans par de grands électeurs : les conseillers régionaux et locaux. Les 20 autres sont désignés par le président Faure Gnassingbé.

    Les sénatoriales se déroulent dans 39 circonscriptions électorales. Les candidats doivent être âgés de 35 ans révolus, jouir de leurs droits civils et politiques, et résider au Togo depuis au moins six mois.

    Concertations de l’opposition

    L’opposition présentera-t-elle des candidats ? Plusieurs partis se concertent actuellement. Après avoir dénoncé les résultats des législatives de cette année qui ont vu le parti au pouvoir UNIR remporter 108 sièges de députés sur 113 selon les résultats officiels, le parti FDR de Paul Apevon se demande pourquoi participer à un nouveau scrutin sans garantie de transparence.  L’ANC et la DMP soulignent aussi qu’UNIR contrôle plus de 90% des grands électeurs qui choisiront les sénateurs le 2 février.

    Le front Touche pas à ma constitution, opposé au changement constitutionnel opéré cette année, dénonce le folklore de ces élections sénatoriales qui ne répond pas aux aspirations des Togolais.

    Source: rfi.fr

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