Étiquette : Sahel

  • Lomé au cœur du jeu sahélien

    Lomé au cœur du jeu sahélien

    Le Togo tente de redéfinir sa place dans l’architecture régionale à l’heure où les équilibres sécuritaires et politiques en Afrique de l’Ouest connaissent de profondes mutations.

    Dans un environnement où les équilibres sécuritaires et politiques en Afrique de l’Ouest connaissent de profondes mutations, le Togo tente de redéfinir sa place dans l’architecture régionale. La rencontre de haut niveau organisée à Lomé autour de la stratégie Sahel 2026–2028 s’inscrit dans cette dynamique d’adaptation face à un environnement en constante évolution.

    Sous l’égide du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cette initiative traduit une volonté de positionnement stratégique. Le Togo, pays côtier, se retrouve de plus en plus concerné par des menaces longtemps circonscrites au Sahel. L’expansion des groupes armés vers les États du Golfe de Guinée a progressivement effacé les frontières traditionnelles entre zones de crise et espaces relativement stables.

    Dans ce contexte, la nouvelle stratégie togolaise apparaît comme une réponse à un double impératif : sécuritaire et diplomatique. Sur le plan sécuritaire, il s’agit de renforcer la résilience nationale tout en contribuant aux efforts collectifs de lutte contre le terrorisme. Sur le plan diplomatique, Lomé cherche à consolider son rôle d’interface entre les pays sahéliens et les États côtiers, dans un moment où les cadres classiques de coopération sont fragilisés.

    L’émergence de l’Alliance des États du Sahel illustre en effet les recompositions en cours. Cette nouvelle entité, portée par certains États sahéliens, redéfinit les alliances et les mécanismes de coopération sécuritaire. Face à ces changements, le Togo semble privilégier une approche inclusive, fondée sur le dialogue et la concertation avec une diversité d’acteurs, qu’ils soient étatiques, institutionnels ou issus de la société civile.

    La réunion de Lomé ne constitue donc pas seulement une présentation technique d’une stratégie nationale. Elle se veut également un espace de discussion sur les modalités d’une coopération renouvelée. En mettant autour de la même table des partenaires aux intérêts parfois divergents, le Togo tente de favoriser une convergence des approches face à des défis communs.

    Toutefois, la portée réelle de cette stratégie dépendra de sa mise en œuvre et de sa capacité à s’inscrire dans des dynamiques régionales cohérentes. Dans un environnement marqué par des tensions politiques, des transitions institutionnelles et des priorités sécuritaires parfois concurrentes, la coordination reste un défi majeur.

    En définitive, cette initiative positionne le Togo comme un acteur attentif aux évolutions régionales, cherchant à jouer un rôle de médiation et de passerelle. Reste à savoir si cette ambition pourra se traduire en résultats concrets dans une région où les équilibres demeurent fragiles et en constante recomposition.

  • Sécurité au Sahel : le Togo, première étape de la mission de João Cravinho

    Sécurité au Sahel : le Togo, première étape de la mission de João Cravinho

    Le représentant spécial de l’Union européenne pour le Sahel, João Cravinho, amorce une nouvelle séquence diplomatique en Afrique de l’Ouest. Surnommé le « Monsieur Sahel » à Bruxelles, il prépare une tournée régionale qui le conduira notamment au Togo, au Sénégal et en Gambie, dans un contexte de recomposition sécuritaire et géopolitique dans la région.

    Lomé, point de départ stratégique

    Selon plusieurs sources concordantes, João Cravinho est attendu à Lomé le 18 avril prochain pour prendre part à une conférence dédiée aux enjeux sécuritaires. Cette étape togolaise n’a rien d’anodin. Le pays s’impose depuis plusieurs mois comme un acteur discret mais actif dans les médiations régionales, notamment entre partenaires occidentaux et États sahéliens.

    La tenue de cette rencontre à Lomé illustre également le rôle croissant du Golfe de Guinée dans les stratégies de lutte contre l’expansion des groupes armés venus du Sahel. Le Togo, à l’instar de ses voisins côtiers, fait face à une pression sécuritaire accrue au nord de son territoire, ce qui renforce l’importance des initiatives diplomatiques et militaires coordonnées.

    Tournée à forte portée régionale

    Après son escale togolaise, João Cravinho poursuivra sa tournée au Sénégal, où il doit participer au Forum de Dakar prévu les 20 et 21 avril, avant de se rendre en Gambie. Cette séquence traduit la volonté de l’Union européenne de consolider ses partenariats avec les pays d’Afrique de l’Ouest, au moment où son influence est mise à l’épreuve.

    En effet, ces dernières années ont été marquées par une dégradation des relations entre l’UE et plusieurs pays du Sahel central, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel. Face à cette situation, Bruxelles tente de redéfinir sa stratégie en misant davantage sur les États côtiers et les cadres de coopération régionale.

    Nouvelle approche européenne

    La mission confiée à João Cravinho s’inscrit dans cette volonté de « nouvelle approche » prônée par l’Union européenne dans la région. Celle-ci repose sur un équilibre entre dialogue politique, soutien sécuritaire et accompagnement au développement, avec une attention accrue aux dynamiques locales.

    L’objectif est double : maintenir un canal de discussion avec les régimes sahéliens tout en renforçant les capacités des pays voisins pour contenir la menace djihadiste. Dans ce schéma, des pays comme le Togo, le Sénégal ou encore le Ghana deviennent des partenaires clés.

    Contexte géopolitique sous tension

    Cette tournée intervient dans un environnement marqué par une recomposition des alliances internationales en Afrique de l’Ouest. Le recul de certaines puissances occidentales, conjugué à la montée en puissance de nouveaux acteurs, oblige l’Union européenne à revoir son positionnement.

    En multipliant les déplacements et les rencontres, João Cravinho cherche ainsi à réaffirmer la présence européenne dans une région stratégique, tout en adaptant son discours aux nouvelles réalités politiques.

    Au-delà des symboles, cette tournée pourrait permettre de poser les bases d’une coopération renouvelée entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Reste à savoir si cette diplomatie de terrain suffira à restaurer la confiance et à répondre aux défis sécuritaires persistants dans le Sahel.

  • Editorial: Comme une alliance de parias…

    Editorial: Comme une alliance de parias…

    La campagne qui consiste à persuader certains Sahéliens du bonheur de vivre coupés de leur environnement naturel offre peu de chances de succès…

    Alors que la Cédéao tente de retenir le Burkina, le Mali et le Niger dans ses rangs, le chef de la junte au pouvoir à Niamey a rejeté, cette semaine, toute main tendue, insistant sur le caractère irréversible de leur décision. Est-ce à dire que les perdants, dans cette rupture, sont finalement ceux qui demeurent dans la communauté ?

    Il n’y aura pas de gagnants. Et les plus gros perdants seront bien les peuples des États qui claquent la porte. C’est, justement, parce que de telles décisions sont graves de conséquences qu’elles devraient demeurer le privilège de leaders ayant l’onction du suffrage universel, et pas de putschistes qui assimilent leur orgueil personnel à l’honneur de leur patrie. Entre ces États sahéliens et leurs voisins immédiats, l’interdépendance est telle que les considérations d’amour-propre ne devraient pas y prévaloir. On ne quitte pas une organisation, parce qu’elle vous applique les textes qui la fondent. Après tout, il y des règles dans toute communauté. Même la maffia a son code d’honneur, que l’on n’enfreint pas impunément !

    Certes, pour avoir trop souvent appliqué à la carte ses propres règles et principes,  la Cédéao s’était beaucoup discréditée aux yeux des populations, ces dernières années. Mais cette rupture est une diversion, qui rejaillira sur tous les citoyens de ces États et leur diaspora, importante dans la sous-région.

    Ces trois États disent dispenser de visa les ressortissants des pays de la Cédéao, libres d’entrer, de circuler, et même s’établir dans l’espace de leur confédération. N’est-ce pas une preuve de bonne volonté ?

    C’est surtout une manœuvre grotesque, qui trahit l’inconséquence de leur démarche. Pourquoi n’appliquent-ils donc pas ces exemptions à toute l’Afrique ? Une concession aussi ciblée vise surtout à quémander, par la force, une réciprocité. Ils anticipent la réprobation de leurs concitoyens, qui ne manqueront pas de leur reprocher cette rupture, lorsqu’elle commencera à leur compliquer singulièrement l’existence. Alors, plutôt que d’assumer leur méprise, ces dirigeants accuseront les voisins d’en vouloir à leurs peuples. Lorsque l’on se saisit arbitrairement du destin d’un peuple, la décence élémentaire commande de préserver ses intérêts réels, et cette décision n’est pas dans l’intérêt de ces peuples. Les discours rejetant tous leurs malheurs sur des “ennemis extérieurs”, des “traîtres internes” ou de soi-disant “renégats” ne suffiront pas à la justifier. Ils lasseront d’autant que ces militaires s’avèrent incapables d’améliorer la sécurité et les conditions de vie de leurs peuples.

    Plus de quatre ans après le renversement d’Ibrahim Boubacar Kéita, près de trois ans après le renversement de Roch Marc Christian Kaboré, et bientôt un an et demi après le coup d’État qui a renversé Mohamed Bazoum, ni les Maliens ni les Burkinabè et encore moins les Nigériens ne vous diront qu’ils sont un peuple heureux, en sécurité, à l’abri des privations et de la vie chère. Les nouveaux riches en treillis que l’on voit parader dans les capitales ne sont pas le meilleur indicateur du bonheur de ces peuples. Ceux qui ont cru à ces coups d’État réalisent avoir fait un mauvais calcul, qui ne fera qu’empirer après la rupture avec la Cédéao.

    Et pourtant, la Cédéao, vous l’avez souvent dit ici, est discréditée…

    Sans aucun doute. Et, pour espérer redorer un blason durablement terni, elle devra se réinventer. Mais, hormis le fait géographique, le seul dénominateur commun entre ces trois pays enclavés est d’être dirigés par des putschistes. Un peu comme une alliance de… parias ! Elle aurait été plus crédible, si elle émanait de dirigeants dûment élus.

    Et puis, lorsque Rawlings prenait le pouvoir au Ghana, en 1979 puis en 1981, ses concitoyens avaient une idée claire de ce qu’il pensait, et ce dont il rêvait pour son peuple. Sankara, en 1983, avait un discours d’autant plus clair qu’il n’était emprunté à personne. Mais, ici, on se demande quelle peut bien être la vision des putschistes d’aujourd’hui. L’on n’entend que des tâtonnements dans leurs discours, truffés d’extraits picorés chez Rawlings, Sankara, ou même Sékou Touré. Et c’est bien insuffisant, pour des peuples qui ont déjà donné, et que l’on voudrait, à présent, persuader du bonheur de vivre coupés de leur environnement naturel.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 21 décembre 2024

  • Au Sahel, risquer sa vie pour 100 euros par mois

    Au Sahel, risquer sa vie pour 100 euros par mois

    Les camionneurs qui relient le port de Lomé, au Togo, au Burkina Faso et au Niger, risquent chaque jour leur vie en prenant la route. D’un côté, les attaques des groupes djihadistes. De l’autre, la multiplication des check-points et des détours imposés qui allongent les trajets.

    À Cinkassé, une ville togolaise frontalière avec le Burkina Faso située à 600 km au nord de Lomé, le parc à camions situé à proximité du poste de contrôle douanier grouille d’activité. Des dizaines de camions sont stationnés. Les conducteurs, en attendant de remplir les formalités douanières, tuent le temps en discutant autour d’une tasse de thé. Les sujets de conversation tournent autour des mêmes préoccupations : le mauvais état des routes ou encore la lenteur des formalités administratives qui retarde le voyage, prolonge l’attente dans le parc et complique la planification des trajets.

    À cela s’ajoute une inquiétude permanente sur les conditions de sécurité, de plus en plus incertaines. Un peu plus loin, les ronflements des moteurs, entrecoupés de coups de klaxon assourdissants, annoncent le départ imminent pour la suite du voyage vers des zones où les dangers sont omniprésents.

    Au Togo, le secteur des transports de marchandises joue un rôle essentiel dans les échanges avec les pays du Sahel. Depuis le port de Lomé, des entreprises assurent l’acheminement de divers produits tels que les matériaux de construction, les denrées alimentaires, les appareils électroménagers, les vêtements, etc. En l’absence de ligne ferroviaire entre le Togo et les pays de destination, le transport se fait principalement par camion. L’activité rapporte entre 600 et 700 euros par voyage à l’entreprise, en fonction de la nature et du volume des marchandises transportées, mais aussi de la destination.

    « Il faut bien nourrir nos familles »

    Dans la cabine exiguë de son poids lourd, Rachid, un homme d’une cinquantaine d’années, le visage buriné par des années de travail difficile aux quatre coins du Sahel, s’apprête à reprendre le volant pour affronter une nouvelle fois ces routes périlleuses. La main gauche sur un volant usé, marqué par des milliers de kilomètres parcourus, et un chapelet dans la main droite, les perles glissant lentement entre ses doigts calleux, son regard concentré mais inquiet scrute la route devant lui. Une route où les dangers sont invisibles mais permanents, où chaque kilomètre est une prise de risque.

    Sur le siège arrière s’entassent quelques effets personnels et un tapis de prière enroulé, son sanctuaire mobile qu’il garde toujours avec lui pour les moments de recueillement. Rachid, comme à son habitude, adresse une prière silencieuse avant chaque départ, implorant la protection divine :

    Chaque départ me remplit d’inquiétude, confie-t-il. Il y a non seulement les soldats qui nous harcèlent sur la route mais aussi les groupes armés qui rôdent1. Avant de partir, il faut dire adieu à sa famille parce que chaque voyage peut être le dernier. Le problème, c’est surtout l’axe Kaya-Dori [au Burkina Faso]. Là-bas, très souvent, les groupes armés enlèvent les camionneurs et les amènent dans la brousse. Certains reviennent, mais malheureusement, beaucoup ne reviennent jamais. Mais c’est notre métier. Que pouvons-nous faire ? Il faut bien nourrir nos familles.

    Comme Rachid, ils sont des centaines à affronter les dangers chaque jour contre en moyenne 100 euros de salaire mensuel. Dans le parc du poste de contrôle de Cinkassé, Saïd Traoré patiente. Son visage, mêlé de fatigue et d’effroi, raconte l’histoire avant même qu’il n’ouvre la bouche : « Franchement, cette route fait peur. Il y a neuf mois, j’étais au Mali. En revenant, j’ai eu une panne de pneu. J’ai dû m’arrêter pour attendre de l’aide. Des hommes armés sont arrivés et m’ont demandé pourquoi je m’étais garé. Je voulais leur expliquer mais ils m’ont frappé et poignardé aux mains et aux fesses, puis ils m’ont amené dans leur base… »

    Il s’interrompt un moment, chaque mot semblant raviver la douleur du souvenir. Après un court silence, il reprend : « Ils voulaient emmener mon camion mais ils n’ont pas réussi. À leur base, j’ai retrouvé d’autres chauffeurs. Nous étions gardés comme des otages, et lorsqu’ils revenaient de leurs attaques ils nous donnaient leurs fusils pour qu’on les nettoie. Ils ont tué plusieurs camionneurs avec leurs apprentis. » Saïd et ses camarades ont eu la vie sauve grâce à une intervention rapide de l’armée nigérienne – ils avaient en effet été déplacés au Niger par leurs geôliers -, mais beaucoup n’ont pas eu cette chance.

    Un traumatisme silencieux

    Sur les routes menant du Togo vers le Sahel, plusieurs camionneurs ont perdu, pour certains la vie, et pour d’autres leur camion et par conséquent leur emploi. C’est le cas de Moustapha, 48 ans, marié et père de quatre enfants. Après avoir été arrêté en février 2019 sur la route de Pama, dans l’est du Burkina Faso, il a dû changer de métier.

    Lorsqu’ils nous ont arrêtés, se souvient-il, ils nous ont forcés à décharger nos camions dans leur base, en pleine forêt. Le lendemain, ils m’ont reconduit à moto jusqu’à la route bitumée et m’ont demandé de partir. Je suis allé faire ma déposition à la gendarmerie de Fada N’Gourma avant de rejoindre Lomé via Ouagadougou. C’est quelques jours après qu’ils ont relâché mon collègue. Beaucoup de camionneurs ont vécu le même sort et vivent leur traumatisme en silence.

    Contacté, le syndicat de l’Union des transporteurs routiers du Togo (Unatrot) n’a pas souhaité s’exprimer sur ce sujet sensible, probablement par crainte de représailles ou en raison d’une volonté de ne pas attirer l’attention sur une crise qui perdure. Le nord du Togo est confronté, depuis 2022, à une crise sécuritaire marquée par des incursions d’hommes armés, souvent en provenance du Burkina Faso. Mais le gouvernement togolais communique très peu sur la situation.

    En 2023, plusieurs attaques djihadistes ont visé des camions transportant des marchandises. Ces attaques ont fait plusieurs dizaines de victimes sur l’axe Lomé-Ouagadougou. Les incidents les plus graves ont été signalés dans le village burkinabè de Nouaho, situé à une trentaine de kilomètres de la frontière togolaise.

    Des détours imposés, un manque à gagner

    Cette situation ne préoccupe pas uniquement les camionneurs et leurs familles. Les propriétaires des camions s’inquiètent également. Entre la crainte de voir leurs chauffeurs attaqués ou kidnappés et la possibilité de perdre leurs camions, ces derniers vivent dans une angoisse permanente. À Dapaong, dans la région des Savanes (nord du Togo), Ali, l’un de ces propriétaires, ne cache pas son désarroi : « La situation est vraiment difficile. Nous voyons souvent plusieurs images de camions brûlés ou détournés vers des destinations inconnues. Quand mon employé prend la route, je ne dors pas tranquillement jusqu’à ce qu’il soit revenu sain et sauf. »

    Depuis 2019, les trajets reliant le port de Lomé à l’est du Burkina Faso et au Niger se sont considérablement rallongés. La RN 19, qui part de la frontière est du Togo, à Ponio, est désormais contrôlée par des groupes djihadistes, ce qui rend ce tronçon impraticable. Ceux qui transportent des marchandises vers le Niger ou vers Fada N’Gourma doivent désormais emprunter des routes alternatives et passer par Ouagadougou et Kaya.

    Pour aller au Niger, une fois arrivé à Kaya, il faut attendre l’organisation d’un convoi militaire pour assurer la sécurité, et cela peut prendre plusieurs semaines. Une fois, nous devions ravitailler la mine d’or d’Essakane [située à 310 km au nord de Ouagadougou, dans la région du Sahel, NDLR] en carburant, mais nous avons dû attendre deux semaines pour que le convoi, composé de forces terrestres, de drones et d’hélicoptères, nous accompagne jusqu’à destination, raconte Martin, un chauffeur de camion-citerne.

    Ces adaptations représentent un manque à gagner pour les propriétaires. « Avant, les camions mettaient au plus trois semaines pour effectuer l’aller-retour entre Lomé et Niamey. Aujourd’hui, avec les détours et les délais liés à l’organisation des convois, cela peut prendre jusqu’à trois mois. Plus le voyage dure, moins le propriétaire gagne, car il faut aussi ajouter les frais de route et la dotation en carburant », explique Ali, qui estime avoir perdu en un an plus de 7 000 euros en raison de cette situation.

    Attaques et incendies de camions restent monnaie courante sur les routes du Sahel. Mais, chaque jour, des camionneurs bravent le risque. Souvent seuls ou parfois en convoi, ils sont résolus à dormir sur les routes, dans la cabine de leurs camions ou sur un lit de fortune dressé sous le véhicule garé, exposés à toutes sortes de menaces.

    Source: https://afriquexxi.info/

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes