Étiquette : Paul-Henri Sandaogo Damiba

  • Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Le Togo traverse une nouvelle séquence politique délicate après l’extraction et l’extradition vers le Burkina Faso de l’ancien chef de la junte burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba, une opération qui continue de susciter des critiques virulentes au sein de l’opposition togolaise et des observateurs nationaux.

    Le 17 janvier 2026, l’ancien dirigeant burkinabè, réfugié à Lomé depuis sa chute en 2022, a été arrêté puis remis aux autorités de Ouagadougou. Officiellement, cette extradition répond à une demande judiciaire du Burkina Faso et aurait été approuvée par les juridictions compétentes suite à la présentation de garanties sur le respect de son intégrité physique et de son droit à un procès équitable.

    Une décision diplomatique sous tension

    Sur le plan diplomatique, le gouvernement togolais a défendu l’opération comme une réponse aux exigences de coopération judiciaire internationale. Il l’a présentée comme conforme à ses engagements régionaux et bilatéraux, notamment avec son voisin burkinabè.

    Cependant, pour une partie de l’opposition togolaise, cette extradition représente un acte précipité, opaque et politiquement orienté. Jean-Pierre Fabre, figure emblématique de l’opposition, a dénoncé la mesure comme une violation des principes juridiques et humains élémentaires. Selon lui, l’absence d’information claire sur le sort de Damiba et les motifs réels de son renvoi vers Ouagadougou alimentent l’inquiétude sur la légitimité de l’opération.

    Fragilisation de l’espace politique

    Cette controverse sur l’affaire Damiba se déroule dans un climat politique déjà tendu au Togo, caractérisé par des accusations répétées de restriction des libertés civiles et politiques. Depuis 2025, plusieurs incidents ont mis en lumière une dynamique accusée de réduire l’espace démocratique : arrestations et détentions de défenseurs des droits humains dans le cadre de manifestations, blocage ou suspension de médias considérés comme critiques, et pressions sur des activistes de la diaspora.

    Ces événements ne sont pas isolés. En juin 2025, la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication a suspendu la diffusion de médias internationaux tels que RFI et France 24 pour trois mois, invoquant des manquements à l’impartialité. Des organisations internationales et des journalistes ont perçu cette décision comme une restriction supplémentaire de l’information indépendante.

    Parallèlement, les contestations politiques contre la concentration du pouvoir autour du président Faure Gnassingbé — au pouvoir depuis 2005 — ont été qualifiées par l’opposition de « coup constitutionnel ». En 2025, l’attribution d’un nouveau rôle exécutif à Gnassingbé, susceptible de prolonger indéfiniment son exercice du pouvoir, avait déjà attisé de vives critiques.

    Une opposition fragmentée et des tensions régionales

    L’extradition de Damiba a également une dimension géopolitique : elle s’inscrit dans un contexte ouest-africain marqué par des transitions turbulentes, des coups d’État successifs et des enjeux sécuritaires régionaux. Le Burkina Faso, actuellement sous contrôle militaire, a fréquemment accusé Damiba de fomenter des tentatives de déstabilisation avant de demander son extradition.

    Cette convergence entre diplomatie régionale et politique intérieure renforce l’impression d’un Togo au centre de tensions multiples, où des décisions gouvernementales affectent aussi bien l’équilibre politique national que les relations avec ses voisins.

    Perspectives et enjeux

    L’affaire met en lumière plusieurs enjeux fondamentaux pour le Togo : la transparence et l’état de droit, avec des critiques portant sur l’absence de communication officielle et de garanties claires pour la justice et les droits de l’homme ; l’espace politique et la liberté d’expression, remis en question par les arrestations de militants, les blocages de médias et les tentatives de surveillance de l’activisme diaspora ; la stabilité institutionnelle, alors que les réformes constitutionnelles et la prolongation des mandats concentrent le pouvoir autour du président.

    Dans un paysage politique déjà polarisé, cette affaire d’extradition cristallise les méfiances envers les institutions togolaises et stimule des débats plus larges sur la gouvernance, la démocratie et les normes juridiques dans un pays qui reste sous les projecteurs régionaux.

  • Burkina: l’ex-putschiste Damiba arrêté au Togo et expulsé

    Burkina: l’ex-putschiste Damiba arrêté au Togo et expulsé

    L’ancien président de la transition au Burkina Faso, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en 2022, et accusé d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch dans son pays natal, a été arrêté au Togo, où il était en exil, et expulsé.

    M. Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 dans un putsch contre le président élu de l’époque, Roch Kaboré, avant d’être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours au pouvoir.

    Parti en exil au Togo, il est régulièrement accusé par la junte de Ouagadougou d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, la dernière au début du mois.

    Selon un de ses proches, M. Damiba a été arrêté la semaine dernière à Lomé et jugé pour “tentative de déstabilisation” au Burkina avant d’être conduit à l’aéroport.

    Une source sécuritaire régionale et une source togolaise proche du dossier ont confirmé ces informations.

    Sa destination était inconnue, mais certaines sources évoquent une probable expulsion vers le Burkina Faso.

    Ni les autorités de Ouagadougou ni celles de Lomé n’ont communiqué lundi sur ce sujet.

    Fin 2024, le capitaine Traoré avait dit “espérer” l’extradition de M. Damiba, qui a été radié de l’armée à cette même époque pour “intelligence avec une puissance étrangère ou avec des groupes terroristes” visant à déstabiliser le Burkina.

    Depuis sa prise de pouvoir, la junte du capitaine Traoré annonce régulièrement avoir déjoué des tentatives de déstabilisation, et accuse régulièrement M. Damiba.

    Peine de mort

    Le 3 janvier, “était prévue une action de déstabilisation du pays (…) par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré”, avait affirmé quelques jours après cette date le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana à la télévision d’Etat.

    Quatre jours durant, ces allégations ont été soutenues par une série d’”aveux” de complices présumés, égrenés chaque soir à la télévision d’Etat. Ils affirmaient tous avoir agi sur instruction de M. Damiba.

    En avril 2025, le Burkina avait arrêté une dizaine d’officiers et de sous-officiers.

    Et en septembre 2024, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait été présenté comme le chef du “volet militaire d’un vaste complot”, déjoué.

    Le Burkina Faso a rétabli récemment la peine de mort, notamment pour les crimes de haute trahison.

    Lors de sa prise de pouvoir, le capitaine Traoré avait promis de rétablir la sécurité en quelques mois.

    Le pays reste empêtré dans une situation sécuritaire très délicate, avec des violences jihadistes qui font des milliers de morts dans de larges pans de son territoire.

    Le capitaine Traoré mène une politique souverainiste et anti-impérialiste, particulièrement hostile à l’ancienne puissance coloniale française, dont il a chassé les soldats présents pour lutter contre les jihadistes début 2023.

    Il s’est tourné vers de nouveaux partenaires à commencer par ses voisins, le Niger et le Mali confrontés aux mêmes violences jihadistes et gouvernés également par des juntes militaires.

    Ensemble, ils se sont notamment rapprochés de la Russie et ont formé une confédération, l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

    Ils ont quitté la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) dont fait toujours partie le Togo.

    Lomé entretient de bonnes relations avec les pays de l’AES et occupe une position stratégique grâce à son accès à la mer dont les trois pays sahéliens sont privés.

    Source: https://information.tv5monde.com

  • Depuis Lomé Paul-Henri Sandaogo Damiba s’adresse à son successeur Ibrahim Traoré

    Depuis Lomé Paul-Henri Sandaogo Damiba s’adresse à son successeur Ibrahim Traoré

    Le lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, en exil à Lomé après qu’il a été renversé à son tour du pouvoir, envoie une lettre à son tombeur le capitaine Ibrahim Traoré dans laquelle il s’inquiète de la situation qui prévaut au Burkina Faso.

    La situation sécuritaire se dégrade au jour le jour au pays des hommes intègres. Les promesses des nouvelles autorités de rétablir la paix au Burkina Faso peinent à se concrétiser. Parallèlement, les voies critiques sont étouffées. Plusieurs sources dénoncent des  d’enlèvements forcés et des disparitions.

    Ce contexte interpelle l’ancien président de la transition burkinabè qui, dans un courrier en date du 1er juillet, fait part de son inquiétude. « Je ne peux pas garder le silence face aux exactions contre les civils », alerte l’ancien putschiste lui-même renversé le 30 septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré.

    Paul-Henri Sandaogo Damiba vit depuis lors à Lomé en résidence surveillée mais suit de près ce qui se passe dans son pays.

Radio Renouveau228

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