Étiquette : Littérature

  • « Les pleurs du bon Dieu » : Zeus Komi Aziadouvo ausculte un pays à l’envers

    « Les pleurs du bon Dieu » : Zeus Komi Aziadouvo ausculte un pays à l’envers

    Avec ”Les pleurs du bon Dieu”, Zeus Komi Aziadouvo signe un récit satirique qui interroge les travers d’une société où les repères semblent vaciller.

    Quand la satire devient miroir

    Le titre intrigue autant qu’il interpelle. Dans Les pleurs du bon Dieu, Zeus Komi Aziadouvo imagine le Pafiland, une république singulière où « le mal semble avoir pris le dessus sur le bien », selon la présentation de l’ouvrage. Mensonge, corruption, népotisme et perte des valeurs s’y côtoient, dans un univers où même la foi semble impuissante à remettre de l’ordre.

    À travers Tchaa, un enseignant retraité confronté aux désillusions de son époque, et une famille pieuse dont le fils préfère les hommes aux certitudes familiales, l’auteur joue avec l’ironie pour explorer les contradictions humaines, politiques et morales. Le roman entend ainsi pousser le lecteur à regarder autrement une société qui, derrière ses apparences, porte ses propres blessures.

    L’ouvrage est publié aux Éditions Baudelaire. La couverture, sombre et volontairement théâtrale, donne déjà le ton : une ville en crise, une foule inquiète et, au premier plan, une figure couronnée semblant observer un monde en plein désarroi.

    Un auteur qui n’en est pas à son premier regard

    Avec ce nouveau livre, Zeus Komi Aziadouvo confirme surtout une trajectoire d’écrivain nourrie par son expérience de journaliste et d’observateur de la société. Son parcours éditorial avait commencé avec Sylvanus Olympio, panafricaniste et pionnier de la CEDEAO, publié chez L’Harmattan en 2013. L’ouvrage revisitait notamment le rôle de l’ancien président togolais dans l’intégration ouest-africaine.

    En 2016, il publiait également Emmanuel Adebayor, la lumière, consacré au parcours de l’attaquant togolais, de ses débuts jusqu’à son passage à Crystal Palace.

    De l’histoire politique au parcours sportif, puis à la fiction satirique, Zeus Komi Aziadouvo change donc de registre sans abandonner son terrain de prédilection : la société et ses contradictions. Avec Les pleurs du bon Dieu, le journaliste-écrivain invite ainsi le lecteur à sourire, mais surtout à réfléchir. Une manière, peut-être, de rappeler que lorsqu’une société cesse de s’interroger sur elle-même, il ne reste parfois au « bon Dieu » que les larmes.

  • En chair et en ville de Anas Atakora, Caraquet, les éditions de la francophonie, 2025.

    En chair et en ville de Anas Atakora, Caraquet, les éditions de la francophonie, 2025.

    L’actualité douloureuse n’échappe pas à la plume de Anas Atakora dans “Une mouche au Fréau Jardin”, lorsqu’il aborde le massacre de Fréau Jardin le 25 janvier 1993 à Lomé.

    Anas Atakora fait partie de la jeune génération de poètes qui ont redessiné le visage de la poésie togolaise. En témoigne amplement son recueil de poèmes En chair et en ville. Ces poèmes nous livrent la sensibilité du poète à travers des villes personnifiées qu’il met en relation avec lui-même ou des personnages qui lui sont chers.

    D’entrée de jeu, le titre interpelle le lecteur par son originalité, car l’expression connue est en chair et en os. Lorsque le mot ville est substitué à os, il est clair que la ville, telle que évoquée dans le recueil, est assimilable au corps. L’amour et les souvenirs nous livrent des vers qui font du corps une matière charnelle qui excite le sens tactile, puisque l’amour dont il est question est, au-delà des poussées de nostalgie, physique. La chair et son besoin de sensualité ravivent les bons souvenirs. L’amour omniprésent porte des identités de femmes et de villes qui se confondent souvent. Dans le poème “Angélique en trois villes”, sont évoquées en même temps que le personnage Angélique, des villes: Lomé, Halifax au Canada et quelque part en Louisiane aux États-Unis d’Amérique. “J’ai caressé des villes sur la peau d’Angélique/Douceurs océaniques/Dans les mains nomades du rêveur” (p. 17.) ” Angélique/Est un morceau de la Louisiane/Qui bouge sur un air d’Acadie [•••] Toutes les beautés mènent à sa hanche”(p.18). Dans le poème “Dalia fait face à l’aurore”, l’auteur nous dit que: “Le ciel dans ses yeux est volcanique” (p.24), en usant d’une métaphore sexuelle.

    Ailleurs, “Si vous passez par La Paz”, la capitale de la Bolivie, Anas Atakora rend  hommage au poète Apollinaire et au peuple Aymara. Il y souligne la ressemblance entre l’Amérique et l’Afrique :”Qu’importe/Si La Paz dit l’Amérique ou l’Afrique/Le désir est braisé par la même poussière/Les mêmes flammes/Sorties d’une bouche antique ” (p. 50.). Dans “Des villes intérieures” Atakora suggère au lecteur à quel point les villes sont intériorisées dans son corps et son imaginaire. “Tendre amour tu disais/ Mon corps est ta ferme/ Tu y manges bien [•••] Mon sperme a un goût de légumes” (p.58.). De fil en aiguille, le poète se rappelle son défunt père : “Et je vois mon père/Égrener son dernier chapelet/Mon père/Un morceau de linceul/Déposé dans la poussière/Devant une foule de personnes/Alignées en prière musulmane [•••] Et je touche ce corps/Père/Voici la dernière jetée de cauris/Qui me lira ton silence” (p. 54-55).

    “Lettres aux gens d’amour et de rêves” est l’occasion de rendre hommage aux êtres chers et aux poètes admirés : Maïakovski, Mahmoud Darwich, Jean-Jacques Dabla et Paul Valéry.

    L’actualité douloureuse n’échappe pas à la plume de Anas Atakora dans “Une mouche au Fréau Jardin”, lorsqu’il aborde le massacre de Fréau Jardin le 25 janvier 1993 à Lomé. Il s’agit de manifestants pacifiques couchés par les balles meurtrières d’une soldatesque ennemie de la démocratie et de la liberté. La mouche est ici l’image des tueurs et de la mort. “Je vis de morts qu’on sème/Avec du gazon et des arbres/Le fumier est de feu/Et de visages déchiquetés [•••] Je flâne/Dans le vide cri/L’espace flagrant/Où la mère a reçu un bouquet de grenades” (p. 34-35).

    L’ensemble des vers de “Portapique”, une ville canadienne, est dédié aux vingt-deux victimes d’une fusillade. “Portapique [•••] En ce printemps de la mort/Voici nos pétales pour panser/Ta douleur ” (p. 10).

    Les différents lieux visités par le poète nous montrent qu’il est très attaché aux voyages. Il en fait des lieux de souvenirs où il a laissé une partie de lui-même. L’amour et la mort se côtoient en donnant à ce recueil des senteurs de bonheurs et de malheurs à travers des vers dont la poéticité prennent aux tripes.

    Anas Atakora arrive avec sa plume à sublimer des choses simples ou prosaïques en leur donnant un cachet poétique. Le lire est un plaisir que je tiens à partager.

    Ayayi Togoata Apédo-Amah

  • Littérature: Ayi Hillah signe une odyssée intérieure

    Littérature: Ayi Hillah signe une odyssée intérieure

    L’écrivain togolais Ayi Hillah propose avec Le chemin jusqu’à moi une œuvre profondément introspective qui invite le lecteur à explorer les territoires sensibles de la mémoire, du temps et de l’identité.

    Paru le 1er janvier 2026 aux éditions Le Lys Bleu Éditions, ce livre de 180 pages se présente comme un témoignage intime où l’auteur revisite les traces laissées par les expériences de la vie.

    Dans cet ouvrage, Ayi Hillah ne cherche pas à dérouler un récit autobiographique classique. Il s’éloigne volontairement d’une narration linéaire pour privilégier une écriture de l’intime, faite de souvenirs fragmentés, d’images poétiques et de silences chargés de sens. L’auteur s’attache davantage à la texture émotionnelle des événements qu’à leur chronologie. Ce choix littéraire transforme le livre en une exploration sensible du vécu humain, où chaque souvenir devient un miroir des transformations intérieures.

    La réflexion sur le temps et la mémoire occupe une place centrale dans ce récit. À travers des passages méditatifs, l’écrivain met en lumière les échos du passé et les émotions enfouies qui continuent de façonner l’être. L’écriture, à la fois sobre et délicate, s’inscrit dans une tradition introspective où l’essentiel réside moins dans l’action que dans la perception et la profondeur du regard porté sur soi.

    La préface et l’épilogue jouent un rôle particulier dans l’architecture de l’ouvrage. Dans l’épilogue notamment, l’auteur mobilise la métaphore du train de la vie pour évoquer les rencontres, les séparations et les moments décisifs qui jalonnent une existence. Cette image permet de relier l’expérience personnelle à une dimension universelle : chacun monte à bord, partage un moment du voyage, puis descend à une station différente. Ce passage, empreint de sensibilité, donne au livre une conclusion douce et réfléchie.

    Selon la sociologue et traductrice Ghislaine Lepage, qui signe une lecture critique de l’ouvrage, la force du texte réside précisément dans cette sincérité émotionnelle. L’auteur ne cherche ni l’effet spectaculaire ni la performance narrative. Il privilégie la vérité du regard et l’authenticité des souvenirs. Cette approche confère au livre une dimension profondément humaine.

    Toutefois, cette grande intériorité constitue aussi l’une des limites de l’ouvrage. La narration fragmentée et contemplative peut dérouter les lecteurs habitués à des récits structurés ou à une progression dramatique marquée. Ici, le suspense et les rebondissements laissent place à une lente méditation sur les sentiments, les absences et les traces laissées par le temps.

    Mais c’est précisément cette lenteur qui fait la singularité du livre. Le chemin jusqu’à moi se présente comme une œuvre exigeante, qui demande au lecteur de s’abandonner au rythme de la réflexion et de l’introspection. Ceux qui acceptent cette immersion découvrent un texte d’une grande sensibilité, capable de susciter une véritable résonance intérieure.

    Avec ce récit intime, Ayi Hillah livre ainsi un témoignage fragile et lumineux sur la quête de soi. Une œuvre qui, loin du tumulte des récits spectaculaires, invite simplement à regarder en soi-même et à écouter les voix silencieuses du passé.

  • Éditions Continents, une référence née au Togo

    Éditions Continents, une référence née au Togo

    Dans un environnement où le secteur du livre reste confronté à de nombreux défis, Éditions Continents a fait le pari de la rigueur, de l’exigence éditoriale et de l’ouverture. Un pari audacieux qui, au fil des années, s’est transformé en succès tangible.

    Audace

    Créée en juillet 2011, reconnue officiellement en 2016, les Éditions Continents fait aujourd’hui figure d’exemple dans le paysage éditorial togolais et sous-régional. Fondée par Kodzo Adzewoda Vondoly, journaliste et écrivain, cette maison d’édition, bien que relativement jeune, a su rapidement trouver sa place dans le landerneau des éditions au Togo et au-delà.

    Dans un environnement où le secteur du livre reste confronté à de nombreux défis, faiblesse des circuits de distribution, accès limité aux financements, concurrence du numérique ou encore déficit de politiques publiques fortes, les Éditions Continents a fait le pari de la rigueur, de l’exigence éditoriale et de l’ouverture. Un pari audacieux qui, au fil des années, s’est transformé en succès tangible.

    Dès ses débuts, la maison s’est donné pour mission de promouvoir la littérature africaine sous toutes ses formes, sans se limiter à un genre ou à une nationalité. Romans, essais, poésie, ouvrages jeunesse, textes engagés ou réflexifs : le catalogue d’Éditions Continents se distingue par sa diversité et par la richesse des voix qu’il met en lumière. Des auteurs togolais bien sûr, mais aussi des écrivains venus d’autres pays de la sous-région et d’ailleurs, trouvent au sein de cette maison un espace d’expression crédible, professionnel et respectueux du travail intellectuel.

    Reconnaissance

    Cette ouverture éditoriale a permis aux Éditions Continents de s’inscrire rapidement dans une dynamique régionale. Ses ouvrages circulent, sont présentés dans des salons, des foires du livre et des rencontres littéraires en Afrique de l’ouest, contribuant ainsi au rayonnement de la littérature togolaise hors des frontières nationales. La maison ne se contente pas de publier : elle accompagne ses auteurs, valorise leurs œuvres et œuvre à leur visibilité, dans un écosystème où cela reste encore trop rare.

    La reconnaissance ne s’est pas fait attendre. Plusieurs publications issues d’Éditions Continents ont été saluées par des prix, distinctions et sélections littéraires, tant au niveau national que sous-régional. Ces récompenses, loin d’être anecdotiques, constituent une véritable preuve de la qualité du travail éditorial accompli. Elles témoignent de la pertinence des choix opérés, de la qualité des textes publiés, mais aussi du sérieux du processus éditorial mis en place par la maison.

    À travers ces distinctions, c’est toute une vision de l’édition qui est consacrée : celle d’un travail patient, exigeant, respectueux des auteurs et des lecteurs. Une vision qui tranche avec une certaine précipitation parfois observée dans le milieu, et qui confère à Éditions Continents une crédibilité durable.

    Perspectives

    Au cœur de cette réussite se trouve la figure de son fondateur et directeur. Kodzo Adzewoda VONDOLY, fort de son expérience de journaliste et d’écrivain, connaît les réalités du terrain, les exigences de l’écriture et les attentes du lectorat. Cette double casquette lui permet de porter un regard lucide et engagé sur le monde du livre en Afrique. Sous sa direction, la maison s’est dotée d’une ligne éditoriale claire, ambitieuse et cohérente, tout en restant attentive aux évolutions du secteur.

    Mais l’ambition de Kodzo Adzewoda VONDOLY ne s’arrête pas là. Conscient des enjeux culturels, éducatifs et symboliques du livre, il s’emploie activement à faire des Éditions Continents une maison incontournable dans la sous-région, voire à l’échelle du continent africain. Cela passe par le renforcement des partenariats, l’élargissement du réseau de distribution, l’amélioration constante de la qualité graphique et éditoriale des ouvrages, mais aussi par une présence accrue dans les grands rendez-vous littéraires africains.

    À travers Éditions Continents, c’est une certaine idée de la culture et de la transmission qui se dessine : celle d’une Afrique qui écrit, qui se raconte elle-même, qui pense son présent et son avenir à travers le livre. Une maison jeune, certes, mais déjà solidement installée, portée par une vision claire et un engagement constant.

    Aujourd’hui, les Éditions Continents n’est plus seulement une promesse. Elle est une réalité éditoriale respectée, un acteur crédible du monde du livre, et un symbole de ce que l’audace, le travail et la passion peuvent produire lorsqu’ils sont mis au service de la culture. Et tout indique que le meilleur reste à venir.

  • Serge Azialé : du livre au terrain

    Serge Azialé : du livre au terrain

    Au Togo, l’écrivain Serge Azialé, une figure marquante de la scène littéraire nationale, a lancé une tournée jubilaire nationale baptisée « Diamond Tour 2026 », placée sous le thème « LECTURE, moteur du développement ».

    Cette initiative culturelle d’envergure vise à rapprocher les œuvres littéraires de toutes les populations togolaises, dans les grandes villes comme dans les zones rurales, et à promouvoir la lecture comme un facteur essentiel d’éducation, de réflexion et de développement social.

    Tournée

    La tournée, qui s’inscrit dans l’année jubilaire de Serge Azialé, est ponctuée de rencontres publiques, de séances de dédicaces, de conférences et d’ateliers littéraires. Elle a débuté par une grande cérémonie d’ouverture ce 31 janvier à Hahotoé (préfecture de Vo), organisée en partenariat avec les Éditions Awoudy et divers acteurs du monde du livre.

    L’auteur sillonne ainsi plusieurs régions du Togo pour partager sa passion de l’écriture et encourager les jeunes à lire et à écrire. Ces activités comprennent, entre autres, des rencontres avec des lecteurs dans les bibliothèques publiques et les écoles ; des dédicaces d’ouvrages dans les librairies partenaires ; des discussions thématiques sur l’importance de la lecture et de l’éducation ; des ateliers pour jeunes auteurs, inspirés du parcours personnel de SerAz.

    Engagement

    Serge Azialé, né le 1er août 1966 au Togo, s’est imposé depuis plusieurs décennies comme un auteur polyvalent : poète, romancier, nouvelliste et journaliste freelance. Sa carrière, marquée par une passion pour les lettres et la transmission d’idées, est jalonnée de romans et recueils qui explorent les thèmes de l’amour, de l’identité et des défis sociaux contemporains.

    Parmi ses œuvres les plus connues figurent Pour l’amour de Jade et 14 rue St Valentin, qui ont souvent été présentées lors de manifestations littéraires, offrant ainsi au public l’occasion de mieux comprendre sa démarche artistique.

    Impact & avenir

    La tournée jubilaire n’est pas seulement une célébration personnelle du parcours de l’auteur, mais aussi une invitation collective à valoriser la culture togolaise et francophone. En mettant l’accent sur la lecture comme outil de développement, SerAz rappelle que la littérature est un vecteur puissant d’émancipation, de dialogue et de cohésion sociale.

    À travers cette tournée, il espère éveiller une nouvelle génération de lecteurs et d’auteurs, capables de porter les voix de leurs communautés tout en participant activement à la dynamique culturelle du Togo.

  • Sami Tchak et Ananda Devi, âmes sœurs des lettres africaines

    Sami Tchak et Ananda Devi, âmes sœurs des lettres africaines

    Le romancier franco-togolais Sami Tchak livre avec son nouvel opus Profaner Ananda, paru dans la collection Continents noirs des éditions Gallimard, un récit tendre et fantasmatique de sa complicité littéraire avec l’immense écrivaine d’origine mauricienne, Ananda Devi. Le duo cultive une amitié vieille de vingt ans, nourrie d’échanges, de correspondances et d’interrogations partagées sur la littérature, l’écriture et la vie. Rédigé à quatre mains en collaboration avec la romancière Annie Ferret, ce livre désacralise l’œuvre de Devi pour mieux la célébrer. Entretien avec Sami Tchak.

    RFI : Votre nouveau livre s’intitule de manière ingénue « Profaner Ananda », alors qu’en réalité il s’agit ici d’une célébration de la vie et de l’œuvre d’Ananda Devi. Ne craigniez-vous pas qu’on vous reproche de faire de la publicité mensongère ?

    Sami Tchak : On nous a déjà fait ce reproche. Voyez-vous, avec ma co-autrice Annie Ferret, nous tenons Ananda Devi pour l’auteure de textes majeurs de notre temps, qui mérite d’être classés dans cette catégorie d’œuvres dont la lecture exige une profanation, qui implique reconnaissance. Pour profaner, il faut d’abord considérer que le temple ou la personne est sacrée. Ananda est humaine, mais le projet de notre livre était d’être à la hauteur de cette puissance littéraire qu’elle a pu atteindre grâce à son travail, son génie, tout en engageant un dialogue sur la nature et la qualité de son œuvre. Ces pages participent à la construction du mythe Ananda car la profanation est vraiment un signe de respect et d’adoration.

    Comment est née l’idée de ce projet ?

    Ce livre est né d’une proposition que ma co-autrice a reçue de la part d’une revue universitaire américaine pour écrire un texte sur Ananda pour un numéro spécial consacré à cette écrivaine. Moi-même, j’étais alors sur un projet de livre sur Ananda. C’est en lisant le texte d’Annie Ferret que j’ai eu l’idée de fondre nos deux projets. L’ouvrage final a été concrétisé lors d’une résidence d’écriture que nous avons faite ensemble à la Villa Salaambô à Tunis. Cela donne un livre à quatre mains, on pourrait même dire un livre à six mains, en comptant les citations d’Ananda extraites des différents ouvrages de l’auteure. Ces citations sont suffisamment nombreuses pour qu’Ananda fasse, elle aussi, partie de ce livre comme auteure.

    Que vos trois noms paraissent ensemble sur la couverture d’un livre n’a rien d’étonnant car vous vous connaissez depuis longtemps. Pourriez-vous parler des circonstances de votre rencontre ?

    J’ai rencontré Ananda d’abord par son œuvre. Annie Ferret aussi, d’ailleurs. Un véritable lien d’admiration et de sororité réunit les deux. Quant à moi, je lis Ananda depuis au moins une vingtaine d’années. En 2000, elle publie Moi, l’interdite. Le livre est paru aux éditions Dapper, une maison qui n’existe plus aujourd’hui. À la sortie de ce livre, la revue Africultures a publié un entretien avec l’auteure sous la plume de Boniface Mongo-Mboussa. Je lis l’entretien et j’achète le livre. À partir de ce moment-là, j’ai essayé de lire tout ce que je pouvais trouver sur elle ou par elle, avant que la collection « Continents noirs », qui fête son vingt-cinquième anniversaire cette année, ne devienne l’occasion pour nous de se rencontrer. Nous venions d’entrer dans cette collection à peu près en même temps, elle avec son roman Pagli et moi avec Place des fêtes. Dans les années qui ont suivi, j’ai fini par mieux connaître Ananda. Nous avons établi un échange quasi-quotidien, nous parlions littérature. Nous échangions nos manuscrits pendant la rédaction de nos livres respectifs. Force est de reconnaître que les conseils d’Ananda, qui est une lectrice exigeante, ont fait évoluer mon écriture.

    Peut-on parler d’amitié littéraire ?

    Disons amitié tout court, qui passe par la littérature, par l’écriture. Parfois je la cherche même dans les interstices de ce qu’elle n’a pas dit. Je suis à la recherche de cette auteure-là à travers son œuvre. Je la lis en la cherchant, je l’imagine même derrière les phrases, au moment où elle les écrit, parce que l’expérience de l’amitié, de la complicité me permet de me faire beaucoup d’images au-delà de ce que le lecteur pourrait percevoir. Je l’imagine donc derrière ses mots, je l’imagine derrière les tournures de phrases, je l’imagine à travers peut-être l’effort qu’elle fait pour que la phrase qu’elle est en train d’écrire soit la plus proche, la plus près possible de ce qu’elle a envie de dire. Je la cherche à travers chaque mot et je la trouve même là où elle ne dit rien…

    Votre complicité s’affiche aussi dans vos livres respectifs.

    Il y a en effet des clins d’œil, mais aussi des textes plus longs, notamment mon texte intitulé « L’éloge de la sarienne » dans mon livre La couleur de l’écrivain. Ces échanges débouchent aujourd’hui sur Profaner Ananda. Ce livre ne vient pas de nulle part.

    Vous êtes un lecteur attentif des romans d’Ananda Devi, mais aussi de sa poésie. Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans son écriture ?

    Ananda Devi réussit, que ce soit dans ses poèmes, ses romans ou ses textes personnels, à nous faire sentir l’humanité à travers une expérience bien localisée. Son point de départ, c’est l’Île Maurice, c’est l’Inde, c’est sa famille, mais elle parvient chaque fois, sans doute à cause de son ancrage spirituel, « spirituel »  au sens plus large du terme, à nous ancrer dans le monde qu’elle crée, dans l’expérience qu’elle raconte. Elle n’est finalement, comme elle le dit elle-même, qu’une sorte de dépositaire d’une mémoire universelle à partir de son expérience de personne indienne de l’Île Maurice. Son œuvre me frappe par cette capacité qu’elle a à nous englober dans ce que nous avons de plus intime, de plus universel.

    Profaner Ananda est aussi un livre sur votre propre parcours d’écrivain, sur la littérature, en particulier sur la littérature africaine dont vous avez été nourri et dont vous pointez les forces et les faiblesses avec beaucoup de lucidité.

    Je rends hommage à mes aînés que j’ai beaucoup lus et qui m’ont nourri, mais j’aurais aimé qu’on donne à lire plus tôt dans nos écoles en Afrique les grands auteurs du monde entier. Il me semble que les « classiques africains » qui encombrent les programmes de nos écoles sont insuffisants pour une éducation littéraire. Je suis content pour ma part d’avoir eu l’opportunité de lire autres choses, d’avoir découvert d’autres univers. D’ailleurs, ce n’est pas un auteur africain qui se trouve au sommet de mon panthéon personnel, mais un Russe. Il s’agit de Dostoïevski. Je sais que ce n’est pas très original, mais il se trouve que c’est en lisant les Frères Karamazov, pour ne citer que ce livre-là, que j’ai compris comment fonctionne la littérature. Dostoïevski m’a fait comprendre que l’écrivain n’est pas un moraliste, mais un révélateur d’âme. C’est à la lecture des Frères Karamazov que j’ai compris que le plus grand écrivain est celui qui nous fait toucher les grandeurs et les abîmes du cœur humain. Les personnages les plus sombres dans ses romans sont porteurs de lumières, alors que les personnages les plus évolués sont capables de faire preuve de la barbarie. Dostoïevski m’a appris à me méfier des manichéismes et à considérer l’homme comme un emmêlement de ténèbres et de lumières. Voilà pourquoi je considère l’auteur des Frères Karamazov, de Crime et châtiment comme l’un de mes maîtres à penser et à écrire.  

    Profaner Ananda, par Sami Tchak et Annie Ferret. Collection « Continents noirs », Gallimard, 123 pages, 18 euros.

    Source: Rfi.fr/fr

  • Littérature : “Ma Maison d’initiation”,  ”un roman atypique”

    Littérature : “Ma Maison d’initiation”,  ”un roman atypique”

    Universitaire et critique littéraire, le Professeur  Ayayi Togoata Apédo-Amah analyse le roman « Ma maison d’initiation » de Koutchoukalo Tchassim et en déduit qu’il s’agit d’ « un roman atypique », laissant « peu de place aux personnages héros comme fil conducteur de la narration ».

    Lisez plutôt son observation, sans concession mais objective.

    ””MA MAISON D’INITIATION” de Koutchoukalo TCHASSIM, (Roman, Christon Éditions, Cotonou, 2017.)

    Par Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique de l’écrivaine togolaise Koutchoukalo Tchassim. Ce roman échappe à la linéarité textuelle, car il est composé de récits enchassés mais qui ne dispersent pas l’attention du lecteur. D’où la difficulté de le résumer. Le centre d’intérêt demeure le même jusqu’au bout, puisqu’il s’agit de la maison d’initiation, une métaphore polysémique qui oblige parfois le lecteur à décoder le texte au second degré. C’est l’école, l’université, le pouvoir, la vie politique, la religion, les rites de passage, la corruption, le droit de cuissage, etc.

    Ce genre de texte, laisse peu de place aux personnages héros comme fil conducteur de la narration. C’est pourquoi les deux personnages qui se distinguent des autres comme Gorki Le Filou et Almadine, ne sont pas indispensables à la compréhension du récit ou plutôt des récits. Cette architecture textuelle fonctionne comme les tableaux dans les pièces du théâtre épique négro-africain par rapport à leur autonomie relative eu égard à l’ensemble des parties.

    En littérature, un texte s’insère dans un contexte. Le contexte est le Togo, la fameuse “maison d’initiation”, qui apparaît comme une suite de cercles concentriques, dans laquelle l’auteure nous promène de l’époque de la dictature du parti unique avec ses danses d’animation et son griotisme politique jusqu’à nos jours. Toute la vie nationale est passée au crible de la critique avec ironie. Dans ce contexte, l’autocensure est de règle pour les écrivains, mais Tchassim ne bride pas trop sa liberté d’expression d’écrivaine pour délivrer son message dans un pays où tout fout le camp, où les valeurs sont égarées. Des temps douloureux d’anomie.

    Le tout est dit dans un style qui mérite qu’on en parle. Tchassim recourt beaucoup aux néologismes, aux citations d’écrivains qu’elle enchasse dans son texte. Le ludisme apparaît dans la titrologie de livres d’autres auteurs pour construire ses phrases. Elle cite beaucoup en utilisant l’intertextualité. Il est évident qu’elle maîtrise l’art littéraire.

    Le style est basé sur l’usage de la parataxe, des phrases sans liens logiques. L’abondance de points dans la ponctuation segmente souvent les phrases telles qu’elles doivent apparaître dans l’ordre habituel: sujet, verbe, complément, en les atomisant. J’avoue qu’en tant qu’écrivain qui use beaucoup de la ponctuation dans un autre registre, cela m’a posé un problème de souffle au niveau de la lecture. J’étais parfois obligé de m’arrêter face à la brisure de la linéarité des phrases pour reprendre du souffle. Il ne s’agit pas d’une critique mais d’un constat. J’en conclus que Tchassim a une respiration scripturale différente de la mienne. En effet, selon les écrivains, l’abondance ou la parcimonie des signes diacritiques est souvent liée à leur respiration ou à leur volonté stylistique de casser le rythme mormal de la phrase ou de l’allonger. Le style parataxique est celui de Koutchoukalo Tchassim au niveau de la construction de la phrase et de sa segmentation.

    Par ailleurs, son esthétique littéraire recourt beaucoup aux effets d’accumulation des mots plus ou moins synonymes pour qualifier une même chose ou réalité. Cette accumulation est à inscrire dans sa volonté d’orienter la lecture dans le sens de l’exagération. Il y a du carnavalesque dans l’esthétique littéraire de Tchassim. Le tout contribue à l’effet d’ironie et d’humour par lequel elle pose un regard critique sur la société sans prendre de gant.

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique dans le champ littéraire togolais. À ce titre, il mérite d’être lu.

    Toutes les réactions :

    13Sebastien Vondoly et 12 autres personnes

    “MA MAISON D’INITIATION” de Koutchoukalo TCHASSIM, (Roman, Christon Éditions, Cotonou, 2017.)

    Par Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique de l’écrivaine togolaise Koutchoukalo Tchassim. Ce roman échappe à la linéarité textuelle, car il est composé de récits enchassés mais qui ne dispersent pas l’attention du lecteur. D’où la difficulté de le résumer. Le centre d’intérêt demeure le même jusqu’au bout, puisqu’il s’agit de la maison d’initiation, une métaphore polysémique qui oblige parfois le lecteur à décoder le texte au second degré. C’est l’école, l’université, le pouvoir, la vie politique, la religion, les rites de passage, la corruption, le droit de cuissage, etc.

    Ce genre de texte, laisse peu de place aux personnages héros comme fil conducteur de la narration. C’est pourquoi les deux personnages qui se distinguent des autres comme Gorki Le Filou et Almadine, ne sont pas indispensables à la compréhension du récit ou plutôt des récits. Cette architecture textuelle fonctionne comme les tableaux dans les pièces du théâtre épique négro-africain par rapport à leur autonomie relative eu égard à l’ensemble des parties.

    En littérature, un texte s’insère dans un contexte. Le contexte est le Togo, la fameuse “maison d’initiation”, qui apparaît comme une suite de cercles concentriques, dans laquelle l’auteure nous promène de l’époque de la dictature du parti unique avec ses danses d’animation et son griotisme politique jusqu’à nos jours. Toute la vie nationale est passée au crible de la critique avec ironie. Dans ce contexte,  l’autocensure est de règle pour les écrivains, mais Tchassim ne bride pas trop sa liberté d’expression d’écrivaine pour délivrer son message dans un pays où tout fout le camp, où les valeurs sont égarées. Des temps douloureux d’anomie.

    Le tout est dit dans un style qui mérite qu’on en parle. Tchassim recourt beaucoup aux néologismes, aux citations d’écrivains qu’elle enchasse dans son texte. Le ludisme apparaît dans la titrologie de livres d’autres auteurs pour construire ses phrases. Elle cite beaucoup en utilisant l’intertextualité. Il est évident qu’elle maîtrise l’art littéraire.

    Le style est basé sur l’usage de la parataxe, des phrases sans liens logiques. L’abondance de points dans la ponctuation segmente souvent les phrases telles qu’elles doivent apparaître dans l’ordre habituel: sujet, verbe, complément, en les atomisant. J’avoue qu’en tant qu’écrivain qui use beaucoup de la ponctuation dans un autre registre, cela m’a posé un problème de souffle au niveau de la lecture. J’étais parfois obligé de m’arrêter face à la brisure de la linéarité des phrases pour reprendre du souffle. Il ne s’agit pas d’une critique mais d’un constat. J’en conclus que Tchassim a une respiration scripturale différente de la mienne. En effet, selon les écrivains, l’abondance ou la parcimonie des signes diacritiques est souvent liée à leur respiration ou à leur volonté stylistique de casser le rythme mormal de la phrase ou de l’allonger. Le style parataxique est celui de Koutchoukalo Tchassim au niveau de la construction de la phrase et de sa segmentation.

    Par ailleurs, son esthétique littéraire recourt beaucoup aux effets d’accumulation des mots plus ou moins synonymes pour qualifier une même chose ou réalité. Cette accumulation est à inscrire dans sa volonté d’orienter la lecture dans le sens de l’exagération. Il y a du carnavalesque dans l’esthétique littéraire de Tchassim. Le tout contribue à l’effet d’ironie et d’humour par lequel elle pose un regard critique sur la société sans prendre de gant.

    “Ma Maison d’initiation” est un roman atypique dans le champ littéraire togolais. À ce titre, il mérite d’être lu”.

    Source: page Facebook de Sébastien Vondoly, directeur général de la maison d’édition Continents

  • Institut français du Togo: rencontre avec le photojournaliste Bernard Brisé

    Institut français du Togo: rencontre avec le photojournaliste Bernard Brisé

    Le photographe Bernard Brisé présentera ce samedi 14 septembre à l’Institut Français du Togo son dernier livre. Fruit de deux résidences artistiques réalisées à Lomé, il est publié aux éditions Le Bord de L’Eau.

    Rejoignez-nous le samedi 14 septembre à 10h30 à la médiathèque pour la présentation du dernier livre du photographe Bernard Brisé, intitulé « Lomé / Paris ». Cet ouvrage, publié aux éditions Le Bord de L’Eau, est le fruit de deux résidences artistiques réalisées à Lomé en 2022 et 2023 en partenariat avec l’association Filbleu et la Commission Nationale de la Francophonie du Togo.

    À travers ses photographies et les textes de l’écrivain Kangni Alem, Bernard Brisé explore les liens entre Lomé et Paris, ainsi que notre histoire commune. Ses clichés, chargés de sens, nous invitent à repenser nos perceptions et à imaginer ensemble un avenir meilleur .

    À cette occasion, un exemplaire du livre sera offert aux modèles et partenaires qui ont contribué à ce magnifique projet.

    Ne manquez pas cette opportunité unique de découvrir l’œuvre de Bernard Brisé et d’échanger avec lui sur son processus créatif !

    Entrée libre et ouverte à tous.

    Source: Institut français du Togo

  • Littérature : les cinq ouvrages finalistes du Prix Ivoire 2024

    Littérature : les cinq ouvrages finalistes du Prix Ivoire 2024

    On connait désormais les cinq ouvrages retenus pour la phase finale du Prix Ivoire pour la littérature africaine d’expression francophone 2024. Les détails dans le communiqué ci-dessous.

    COMMUNIQUE DE PRESSE

    Liste des ouvrages finalistes du Prix Ivoire 2024

    L’association Akwaba Culture a l’honneur de porter à la connaissance des professionnels du livre et du public que le jury chargé de la sélection des ouvrages finalistes du Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone 2024 a achevé ses travaux.

    A l’issue de ses délibérations, le jury, composé de Michel Koffi (critique littéraire ; président), Solange Anoh (libraire), Serge Grah (critique littéraire), Koffi Koffi (critique littéraire), Henri N’koumo (critique littéraire), a sélectionné les cinq (05) ouvrages ci-dessous. Il s’agit, par ordre alphabétique, de :

    1. Charline Effah  (Gabon), Les  Femmes de   Bidibidi, roman, éd. Emmanuel  Colas, 2023, 224 p ;

    2. Azza Filali (Tunisie), Malentendues, roman, éd. Elyzad, 2024, 326 p ;

    3. Hary Rabary (Madagascar), Zakoa, roman, éd. Dodo Vole, 2023, 144 p ;

    4. Marie-George Thébia (Guyane), Ames tembé, éd. Feed Back, 2023, 248 p ;

    5. Gary Victor  (Haïti), Le Violon d’Adrien, roman,  éd. Mémoire d’Encrier,  2024, 192p.

    Soixante-seize (76) ouvrages en provenance de seize (16) pays ont été régulièrement enregistrés pour l’édition 2024 du Prix Ivoire. L’écrivaine et dramaturge Werewere-Liking est la présidente du jury final chargé de la désignation du lauréat parmi les cinq (05) finalistes ci-dessus. Le nom de ce dernier sera communiqué le 18 octobre 2024, par voie de presse.

    Le 16ème Prix Ivoire pour la Littérature   Africaine d’Expression Francophone, doté d’un montant de trois mille (3.000) euros, sera décerné le samedi 23 novembre 2024 à Abidjan (Côte d’Ivoire).

    Conformément au règlement en vigueur, seul le lauréat sera pris en charge par le comité d’organisation pour la réception de son prix à Abidjan.

    Créé   en   2008   par   Akwaba   Culture,   association   de   droit   ivoirien,   le   Prix   Ivoire pour   la Littérature Africaine d’Expression Francophone est placé sous le parrainage du Ministère de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire, de l’ambassade de France à Abidjan, de la Fondation Orange Côte d’Ivoire, de la Librairie de France Groupe.

    L’association Akwaba Culture félicite tous les participants au Prix Ivoire pour la Littérature Africaine d’Expression Francophone 2024 et souhaite bon vent aux cinq (05) finalistes cités plus haut.Fait à Abidjan, Côte d’Ivoire, le 09 août 2024.

    Pour l’association AKWABA CULTURE,

    La Présidente

    Isabelle Kassi-Fofana

    prixivoire@yahoo.fr Tél. : (+225) 07 07 05 74 05 ; (+225) 07 07 90 52 52.

  • Littérature: “Chasing Success”, nouveau livre du Togolais Komi Afetse

    Littérature: “Chasing Success”, nouveau livre du Togolais Komi Afetse

    Aujourd’hui, le 15 juillet, marque la sortie tant attendue de “Chasing Success” de Komi Afetse. Ce livre révolutionnaire dévoile les 20 secrets de la réussite, spécialement conçus pour inspirer les Africains dans leur quête de succès.

    L’ouvrage offre l’opportunité de découvrir des stratégies éprouvées et des conseils pratiques pour transformer vos ambitions en réalités concrètes. Recommandé à tous ceux qui aspirent à l’excellence, “Chasing Success” est désormais disponible pour guider votre parcours vers l’accomplissement.

    Avec la Page Facebook de Dodji Charly Landjaka

Radio Renouveau228

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