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  • Éducation au Togo : après l’accès, le défi des apprentissages

    Éducation au Togo : après l’accès, le défi des apprentissages

    À la veille de la rentrée 2026-2027, Helly GBENE plaide pour une école togolaise davantage tournée vers la mesure des acquis et l’efficacité des apprentissages.

    TRIBUNE

    Helly GBENE : « Chaque année passée à l’école doit produire un gain de compétences mesurable »

    Pour une politique éducative qui mesure mieux les acquis, cible les besoins et prépare le capital humain de demain

    La rentrée scolaire est généralement associée aux inscriptions, aux fournitures, aux salles de classe et à la reprise des cours.
    Pour le Togo, la rentrée 2026-2027 devrait aussi être l’occasion de poser une question plus stratégique : que voulons-nous que chaque enfant sache réellement faire au terme de son parcours scolaire ?

    Cette question devient incontournable au regard des progrès enregistrés dans l’accès à l’éducation.

    Entre 2019 et 2024, le taux net de scolarisation au primaire est passé de 91,6 % à 97,9 %. Le taux d’achèvement du primaire est passé de 86,5 % à 94,6 %, tandis que la transition vers le premier cycle du secondaire a progressé de 69,1 % à 91 %, selon les données publiées par l’UNICEF Togo à partir des statistiques scolaires nationales et des évaluations disponibles.

    Ce sont des résultats importants. Ils montrent que le Togo a considérablement amélioré l’accès et la continuité du parcours scolaire.

    Mais une autre donnée oblige à regarder le système sous un autre angle : l’UNICEF estime qu’environ quatre enfants sur dix seulement disposent, à la fin du primaire, des compétences suffisantes en lecture, écriture et calcul.

    C’est là que se situe, à mon sens, le prochain grand chantier de l’éducation togolaise.

    À l’échelle africaine, le constat reste préoccupant : le rapport Spotlight 2025 de l’UNESCO estime à 10,8 % la proportion d’enfants atteignant le niveau minimum de compétence en lecture et en mathématiques à la fin du primaire. Les indicateurs ne sont pas directement comparables à ceux utilisés pour le Togo, mais ils confirment l’ampleur du défi des apprentissages fondamentaux sur le continent.

    Le sujet n’est plus seulement l’accès. C’est désormais l’apprentissage.

    Un enfant présent à l’école n’est pas nécessairement un enfant qui apprend suffisamment.

    Cette distinction est essentielle pour orienter les politiques publiques.

    Le Togo peut continuer à améliorer ses infrastructures, augmenter les effectifs scolarisés et renforcer les moyens accordés aux établissements. Mais ces investissements doivent être accompagnés d’une mesure beaucoup plus précise de leur effet sur les apprentissages.

    Le système éducatif doit progressivement être capable de répondre à quatre questions :

    Quel est le niveau réel de l’élève ?
    Où se situe sa difficulté ?
    Quelle intervention lui est proposée ?
    Quel progrès cette intervention produit-elle ?

    Cette logique paraît simple. Elle constitue pourtant un changement important dans la manière de piloter l’éducation.

    Mesurer avant d’intervenir

    Je propose que les premières semaines de chaque année scolaire soient davantage utilisées pour établir un diagnostic pédagogique de départ, particulièrement dans les apprentissages fondamentaux.

    Il s’agit de permettre à l’enseignant de disposer rapidement d’une information exploitable sur les acquis de ses élèves : lecture, compréhension, expression écrite, numération, calcul et résolution de problèmes, selon le niveau concerné.

    Cette photographie de départ permettrait de mieux organiser l’accompagnement.

    Un établissement qui constate, par exemple, qu’une proportion importante de ses élèves accuse un retard en lecture peut concentrer ses efforts sur cette compétence plutôt que de traiter tous les besoins de la même manière.

    La séquence devrait devenir :diagnostiquer, intervenir, suivre, mesurer et ajuster.

    C’est précisément à ce niveau que l’analyse des données peut apporter une valeur concrète à la politique éducative.

    Le Togo possède déjà des données. Il faut maintenant mieux les transformer en décisions.

    Le pays dispose de statistiques scolaires et d’un système d’information et de gestion de l’éducation.

    L’enjeu est de rendre ces données directement utiles à la décision.

    Je recommande ainsi la mise en place progressive d’un tableau de bord national de la performance éducative, articulé avec les systèmes existants.

    Il devrait permettre de croiser, à l’échelle des territoires et des établissements, les données relatives aux effectifs, aux enseignants, aux infrastructures, à l’assiduité, aux abandons, aux résultats et aux conditions d’apprentissage.

    L’intérêt est concret.
    Si une préfecture présente un déficit important en enseignants mais de bonnes infrastructures, la réponse ne sera pas la même que dans une zone disposant de suffisamment d’enseignants mais confrontée à des problèmes de salles de classe, d’eau ou d’assainissement.

    La donnée permet alors de passer d’une logique de demande à une logique de besoin prioritaire.

    C’est une évolution qui pourrait améliorer l’efficacité des investissements publics et des interventions des partenaires.

    Les infrastructures restent nécessaires, mais leur performance doit être mesurée

    Les investissements réalisés ces dernières années montrent que cette question est déjà prise en compte.

    Dans le cadre du Projet d’amélioration de la qualité et de l’équité dans l’éducation de base (PAQEEB), la Banque mondiale indique que plus de 2 millions d’élèves de l’éducation de base, dont 1,1 million de filles, ont bénéficié des interventions du projet. Elle rapporte également la formation de milliers d’enseignants et de directeurs d’école.

    Ces efforts doivent être poursuivis.
    Mais leur évaluation doit progressivement aller au-delà du nombre de salles construites, de manuels distribués ou d’enseignants formés.

    La question décisive est :
    Quel changement observable ces investissements produisent-ils dans les apprentissages des élèves ?

    C’est cette relation entre ressources mobilisées, actions réalisées et résultats obtenus qu’une culture de performance doit davantage documenter.

    L’environnement scolaire reste une composante de la qualité

    La qualité pédagogique ne peut pas être isolée des conditions dans lesquelles l’enfant étudie.
    Selon l’UNICEF Togo, environ une école sur trois ne dispose pas d’un point d’eau et trois écoles sur dix ne disposent pas de latrines.

    Ces chiffres rappellent qu’une politique de qualité éducative doit également intégrer l’eau, l’assainissement, l’hygiène, la sécurité et l’inclusion.

    Cela concerne particulièrement les adolescentes, les enfants en situation de handicap et les élèves vivant dans les environnements les plus vulnérables.

    L’école doit donc être considérée comme un écosystème d’apprentissage, et non comme une simple infrastructure.

    Former pour l’économie qui vient

    Un autre chantier mérite d’être anticipé : l’évolution des compétences.

    Les enfants qui entrent aujourd’hui au primaire seront les actifs, entrepreneurs, ingénieurs, enseignants, agriculteurs, techniciens, cadres et décideurs des années 2030 et 2040.

    Leur environnement professionnel sera marqué par la transformation numérique, l’automatisation, l’analyse des données et l’intelligence artificielle.

    Il serait donc pertinent de renforcer progressivement, selon l’âge et les programmes, l’enseignement de compétences telles que :
    culture numérique, programmation, analyse de données, résolution de problèmes, culture financière, entrepreneuriat, pensée critique et créativité.

    Loin de transformer l’école en centre de formation informatique, l’objectif est de faire en sorte que chaque jeune dispose d’un socle de compétences lui permettant de comprendre et d’utiliser les outils de son époque.

    C’est également une question d’employabilité et de compétitivité nationale.

    Une proposition concrète : expérimenter avant de généraliser

    Plutôt que de multiplier immédiatement les programmes nationaux, le Togo pourrait expérimenter un modèle dans un nombre limité d’établissements représentatifs de différentes réalités territoriales.

    C’est dans cette perspective que je propose, dans le cadre des compétences d’IF&C Togo, une réflexion autour d’un dispositif pilote :
    TOGO LEARNING INTELLIGENCE 2030

    Le principe serait de réunir dans une même démarche :
    diagnostic pédagogique + données scolaires + analyse + accompagnement des enseignants + suivi des élèves + mesure de l’impact.

    Le projet pourrait commencer par quelques établissements volontaires.
    Une situation de référence serait établie.
    Les difficultés prioritaires seraient identifiées.
    Des actions ciblées seraient mises en œuvre.
    Puis les résultats seraient comparés à la situation initiale.

    Si le modèle fonctionne, il pourra être documenté, amélioré et proposé à plus grande échelle.

    Cette approche présente un avantage : elle permet de parler aux décideurs à partir de résultats observés, et non seulement à partir d’intentions.

    Vers un Pacte national pour les apprentissages

    Au-delà de l’expérimentation, le Togo pourrait ouvrir une réflexion plus large autour d’un Pacte national pour les apprentissages et les compétences à l’horizon 2030.

    Cinq priorités pourraient structurer ce pacte :

    1. Consolider les apprentissages fondamentaux ;
    2. Renforcer la formation et l’accompagnement des enseignants ;
    3. Réduire les disparités entre territoires ;
    4. Préparer les compétences numériques, scientifiques et entrepreneuriales ;
    5. Faire de la donnée un outil régulier de décision et d’évaluation.

    Chaque priorité devrait être accompagnée d’une situation de référence, d’objectifs chiffrés, d’indicateurs de suivi et d’une évaluation périodique.

    Cette méthode permettrait d’établir une véritable chaîne de responsabilité et de résultats.

    Le véritable enjeu dépasse l’école

    L’éducation est une politique de capital humain.
    Lorsque le taux net de scolarisation au primaire approche 98 %, la prochaine bataille devient qualitative et non seulement quantitative.
    Elle concerne la capacité du pays à transformer chaque année supplémentaire de scolarité en compétences effectivement acquises.

    Le défi est encore plus stratégique pour l’Afrique.

    Le continent dispose d’une population jeune considérable. Cette jeunesse peut constituer un formidable avantage démographique ou devenir une source de vulnérabilité économique si les systèmes éducatifs ne parviennent pas à produire les compétences nécessaires.

    Pour le Togo comme pour les autres pays africains, l’éducation doit donc être considérée comme un investissement directement lié à la productivité, à l’innovation, à l’emploi et à la compétitivité.

    La rentrée 2026-2027 : un rendez-vous avec notre responsabilité collective

    Je ne crois pas que le Togo ait besoin d’un énième discours général sur l’importance de l’éducation.
    Les acteurs connaissent déjà cette importance.
    Ce dont nous avons besoin, c’est d’une méthode plus rigoureuse pour mesurer les problèmes, cibler les réponses et vérifier les résultats.

    Les chiffres montrent que le pays a progressé sur l’accès à l’école.
    Ils montrent également que des difficultés persistent dans les apprentissages, la continuité des parcours et les conditions d’étude.

    La prochaine étape doit donc être de faire de la réussite des apprentissages l’un des principaux critères de performance du système éducatif togolais.

    À mes yeux, cela implique trois changements concrets :

    • mieux mesurer les acquis ;
    • mieux utiliser les données ;
    • mieux relier les investissements aux résultats.

    La rentrée scolaire 2026-2027 pourrait ainsi être davantage qu’un nouveau départ administratif.
    Elle peut devenir le début d’une nouvelle manière de regarder notre école.
    Une école qui ne se contente pas de compter les élèves, mais qui mesure leurs progrès.
    Une école qui ne se contente pas de mobiliser des moyens, mais qui vérifie leur impact.
    Une école qui ne prépare pas uniquement aux examens, mais aux réalités économiques, technologiques et citoyennes de demain.

    Le Togo a beaucoup progressé pour faire entrer les enfants à l’école. L’étape stratégique suivante consiste à mesurer, année après année, ce que chaque enfant apprend réellement à l’école. Car le véritable capital du Togo est ce que nos enfants seront capables de construire demain.

    Helly GBENE
    Expert en veille stratégique et développement

    Data Scientist | Data Analysis & Business Intelligence

    CEO du Cabinet d’Ingénierie de Formation & Consulting (IF&C Togo)

  • IA: ReJAH-AOS mise sur des journalistes agricoles mieux outillés

    IA: ReJAH-AOS mise sur des journalistes agricoles mieux outillés

    À Lomé, des journalistes agricoles ouest-africains renforcent leurs compétences pour mieux couvrir les enjeux du secteur à l’ère de l’intelligence artificielle.

    Nouveaux défis

    Le Réseau des journalistes pour la promotion des systèmes agro-sylvio-pastoraux et halieutiques en Afrique de l’Ouest et du Sahel (ReJAH-AOS) réunit, depuis mercredi 26 août 2026 à Lomé, des journalistes agricoles venus de plusieurs pays de la sous-région. Organisé sur deux jours, l’atelier porte sur le thème : « L’information agricole à l’ère de l’Intelligence Artificielle ».

    Les travaux ont été officiellement ouverts par André Affanou, représentant du ministre de la Communication, en présence de Gilles Essonana Podjolé, président du ReJAH-AOS, et d’Adrian Bell, secrétaire général de l’International Federation of Agriculture Journalists (IFAJ).

    Pour le président du ReJAH-AOS, l’objectif est de renforcer les capacités des professionnels des médias afin qu’ils puissent mieux contribuer aux défis du développement africain. L’initiative ambitionne également de favoriser un espace médiatique régional consacré notamment à l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’aquaculture, les forêts, la nutrition et le changement climatique.

    Rigueur et responsabilité

    À travers cette formation, le ReJAH-AOS entend promouvoir une information agricole crédible, scientifique et accessible, tout en valorisant les innovations africaines et les savoirs endogènes. Le réseau souhaite également rapprocher médias, chercheurs, producteurs et décideurs.

    Pour André Affanou, l’enjeu est surtout d’apprendre à utiliser l’intelligence artificielle de manière responsable. « La véritable question est donc de savoir comment l’utiliser, avec quelles règles, quelles vérifications et quelle conscience de responsabilité professionnelle », a-t-il souligné.

    Même exigence du côté d’Adrian Bell. Le secrétaire général de l’IFAJ insiste sur l’importance, pour les journalistes agricoles, d’avoir accès à des informations fiables, aux ressources nécessaires et à des formations adaptées.

    L’atelier de Lomé se veut ainsi une étape vers une meilleure professionnalisation du journalisme agricole ouest-africain, dans un contexte où l’IA transforme rapidement les méthodes de production et de traitement de l’information.

  • Robotique : la jeunesse togolaise entre en scène

    Robotique : la jeunesse togolaise entre en scène

    Le Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la promotion de l’innovation technologique avec sa participation à l’édition 2026 du « Robotics for Good Youth Challenge », un concours international dédié à la robotique au service du bien social.

    Cette initiative, portée par Union internationale des télécommunications (UIT) à travers son programme « AI for Good », place les jeunes de 10 à 18 ans au cœur des solutions technologiques pour un développement durable.

    Véritable tremplin pour les talents émergents, la compétition invite les participants à concevoir et programmer des robots capables de répondre à des problématiques concrètes. Au-delà de l’aspect compétitif, le défi vise à renforcer les compétences en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM), tout en stimulant la créativité et l’engagement citoyen des jeunes.

    Le processus de sélection se déroule en plusieurs phases, allant des épreuves locales et nationales à une finale internationale prestigieuse. Les équipes les plus performantes auront l’opportunité de défendre leurs projets lors du sommet mondial « AI for Good Global Summit », prévu à Genève. L’initiative se distingue également par son approche inclusive, privilégiant l’utilisation d’outils open source et de matériaux accessibles afin de démocratiser l’accès à la robotique.

    Au Togo, l’organisation de l’édition 2026 est confiée à Togo Institute for Digital Development (TIDD) et à Data Community Togo (DaCoT), en partenariat avec Institut Français du Togo. Les épreuves qualificatives se tiendront à Lomé, où ces structures assureront également l’encadrement des candidats à travers des formations en robotique, en codage et en intelligence artificielle.

    Les jeunes participants togolais seront appelés à imaginer des solutions innovantes à des défis locaux, notamment la gestion des déchets ou l’intervention en cas de catastrophes naturelles. Une manière concrète d’ancrer la technologie dans les réalités du terrain, tout en développant des compétences utiles pour l’avenir.

    Les meilleures équipes nationales auront l’honneur de représenter le Togo à la finale internationale, prévue du 7 au 10 juillet 2026 à Genève. À travers cette mobilisation, le pays confirme son ambition de s’imposer comme un acteur dynamique de l’innovation en Afrique, en misant sur sa jeunesse et sur le potentiel transformateur des technologies émergentes.

  • « IA, Deepfakes et vérité numérique : l’Afrique à la croisée des chemins »

    « IA, Deepfakes et vérité numérique : l’Afrique à la croisée des chemins »

    À l’ère des illusions numériques, l’Afrique ne peut se permettre d’être spectatrice. Alors que les deepfakes deviennent des armes de manipulation massive, cette tribune propose une solution audacieuse, inclusive et techniquement réaliste pour préserver la vérité, la stabilité démocratique et la souveraineté informationnelle du continent.

    Dans cette tribune, Helly GBENE, expert en veille stratégique et CEO du Cabinet IF&C Togo, y plaide pour un changement de paradigme : faire de la régulation des contenus numériques une priorité continentale partagée. Il y propose VÉRITÉ.AFRICA, une initiative panafricaine inédite, capable de transformer l’urgence numérique en levier d’innovation, d’éducation et de confiance citoyenne.

    Une menace silencieuse qui avance à visage humain

    Il fut un temps où voir, c’était croire. Aujourd’hui, c’est douter. Grâce à la puissance des intelligences artificielles génératives, il est désormais possible de faire dire ou faire n’importe quoi à n’importe qui. Et le pire ? Cela semble authentique à s’y méprendre. Une vidéo de chef d’État, un appel truqué d’un gouverneur, une fausse déclaration d’un leader religieux : le deepfake est la nouvelle arme invisible, et l’Afrique n’a plus le luxe de l’ignorer.

    L’urgence est là. Invisible, mais omniprésente. Chaque jour, nos réseaux sociaux deviennent le champ de bataille d’une guerre d’influence où la vérité est hackée, la confiance effritée, la cohésion menacée. Et pourtant, nous avançons encore trop lentement.

    Le numérique africain avance, mais la régulation vacille

    L’Union Africaine l’a bien compris. En juillet 2024, elle a adopté une Stratégie continentale pour l’intelligence artificielle 2025–2030, fondée sur les valeurs africaines de dignité, éthique, inclusion, diversité et souveraineté. C’est un socle précieux, mais il ne suffit pas.

    Car pendant que nous rédigeons des stratégies, les algorithmes tournent plus vite que nos lois. Les plateformes évoluent plus vite que nos systèmes éducatifs. Et les contenus manipulés voyagent à la vitesse de la 5G, sans demander de visa. La menace est transfrontalière. Notre riposte doit l’être aussi.

    VÉRITÉ.AFRICA : une réponse panafricaine audacieuse, ancrée et faisable

    Ma proposition est simple : créer VÉRITÉ.AFRICA, la première plateforme africaine de certification et de traçabilité des contenus numériques, adossée à la blockchain et renforcée par une IA de détection éthique, souveraine et adaptée à notre réalité. Ce n’est pas une énième application : c’est une infrastructure stratégique de défense de la vérité.

    Ce que VÉRITÉ.AFRICA changera concrètement :

    1. Authentification en temps réel des contenus audiovisuels (vidéo, voix, images) via un “passeport numérique” fondé sur la blockchain.
    2. Déploiement d’un moteur IA de détection de manipulation, accessible via mobile, navigateur ou intégration aux plateformes sociales.
    3. Lancement d’une Académie Anti-Fake, pour former 1 million de citoyens africains à la détection de désinformation d’ici 2030.
    4. Label “Truth Inside”, attribué aux médias et institutions respectant les principes de transparence numérique.
    5. Observatoire Africain de la Vérité Numérique, chargé de surveiller, anticiper et conseiller les États et institutions.

    L’humain au cœur de la technologie

    Ce projet est profondément humain. Car derrière chaque deepfake, c’est un cerveau humain qui est ciblé. C’est la mémoire collective, la parole des anciens, la crédibilité d’un témoin qu’on tente de hacker.

    VÉRITÉ.AFRICA, ce n’est pas une technologie froide, c’est une rempart pour la vérité, la démocratie et la paix sociale.

    Nous devons protéger nos jeunes contre la manipulation algorithmique. Nous devons redonner confiance à nos populations dans leurs institutions. Et nous devons le faire sans céder notre souveraineté numérique à la Silicon Valley ou à Shenzhen.

    Une opportunité économique, sociale et diplomatique

    Ce combat est aussi un levier de croissance économique et d’emploi. Car en construisant nos propres outils d’authentification, nous créons de la valeur locale, des start-ups, des talents, des brevets africains.

    Imaginez un instant que l’Afrique devienne le premier continent à certifier la vérité numérique. Ce serait un message puissant : nous ne sommes pas en retard. Nous sommes en avance, avec notre propre vision.

    Mon appel à l’Union Africaine

    A l’occasion, je m’adresse aujourd’hui aux décideurs de l’Union Africaine, aux commissaires, aux chefs d’États, aux responsables de la jeunesse, de la technologie, de la culture et de la sécurité :

    Ne faites pas de la désinformation un simple chapitre dans un rapport.

    Faites-en un combat structurant pour le XXIe siècle africain.

    Et pour cela, je me tiens prêt, en tant qu’expert et entrepreneur, à accompagner le déploiement pilote de VÉRITÉ.AFRICA, en partenariat avec vos équipes, vos institutions, vos experts. Ensemble, nous pouvons lancer ce projet dès 2026 dans cinq pays pilotes.

    Il est encore temps, mais plus pour longtemps

    Chaque vidéo truquée non détectée érode un peu plus la confiance. Chaque silence réglementaire est une complicité involontaire.

    Le temps est venu pour l’Afrique de protéger ses vérités, ses récits, ses voix.

    VÉRITÉ.AFRICA, ce n’est pas une utopie. C’est la seule réponse digne, durable et audacieuse que mérite notre continent face à la grande illusion numérique.

    Helly Gbene

Radio Renouveau228

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