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  • 17 ans après sa disparition : Omar Bongo, le parrain déchu de la Françafrique

    17 ans après sa disparition : Omar Bongo, le parrain déchu de la Françafrique

    Dix-sept ans après sa mort, Omar Bongo Ondimba demeure l’un des symboles les plus marquants de la Françafrique, un système dont il fut l’un des piliers avant d’en subir les désillusions jusqu’à ses derniers jours.

    Le 8 juin 2009 s’éteignait à Barcelone, en Espagne, Omar Bongo Ondimba, président du Gabon pendant plus de quarante ans. Dix-sept ans après sa disparition, son nom reste associé à une époque où les relations entre Paris et ses anciennes colonies africaines étaient façonnées par des réseaux d’influence, des intérêts économiques et des alliances politiques souvent opaques.

    Arrivé au pouvoir en 1967, Omar Bongo a dirigé le Gabon d’une main de fer tout en entretenant des relations privilégiées avec plusieurs présidents français. Pendant des décennies, il a été considéré comme l’un des principaux artisans et bénéficiaires de la Françafrique. Grâce à la richesse pétrolière du Gabon, il a joué un rôle de médiateur dans plusieurs crises africaines et s’est imposé comme un interlocuteur incontournable de Paris sur le continent.

    Mais les dernières années de sa vie ont été marquées par une détérioration progressive de ses rapports avec la France. Alors que son état de santé se dégradait, l’homme fort de Libreville aurait souhaité être pris en charge dans un établissement hospitalier français. Selon plusieurs observateurs et récits relayés à l’époque, cette possibilité lui aurait été refusée dans un contexte de tensions croissantes entre les autorités françaises et certains dirigeants africains.

    Contraint de chercher des soins ailleurs, Omar Bongo fut finalement hospitalisé à Barcelone, où il rendit son dernier souffle à l’âge de 73 ans. Une fin que nombre d’analystes ont interprétée comme une forme d’humiliation pour celui qui avait longtemps incarné l’alliance entre la France et ses alliés africains.

    Dix-sept ans plus tard, l’héritage d’Omar Bongo continue d’alimenter les débats sur la Françafrique et ses profondes contradictions.

  • Elf, Françafrique, Togo : mort de Loik Le Floch-Prigent, un homme au centre des scandales

    Elf, Françafrique, Togo : mort de Loik Le Floch-Prigent, un homme au centre des scandales

    Ancien patron de grandes sociétés publiques françaises, dont Elf Aquitaine de 1989 à 1993, Loïk Le Floch-Prigent emporte avec lui une part de la Françafrique, entre réseaux d’influence et affaires judiciaires.

    L’ancien grand patron devenu symbole des dérives de la Françafrique sous François Mitterrand, Loïk Le Floch-Prigent, est mort ce 16 juillet à 81 ans d’un cancer, a annoncé sa famille. À la tête de la compagnie Elf, il a été, il y a 25 ans, au cœur du plus grand système de corruption de l’histoire de la Françafrique. Plus récemment, en 2012-2013, il a passé cinq mois dans une prison togolaise. En 2017, il avait publié ses « Carnets de route d’un Africain ».

    Condamné en 2003 à cinq ans de prison pour abus de biens sociaux dans le volet principal du dossier Elf, il avait été libéré avec trois ans d’avance en avril 2004, invoquant des raisons de santé, mais avait dû, en septembre 2010, retourner quelques mois derrière les barreaux. La juge Eva Joly avait mis au jour un réseau de trafic d’influences, de corruption et de détournements de fonds impliquant les dirigeants du groupe Elf, dont Loïk Le Floch-Prigent, et des ministres comme Roland Dumas et Charles Pasqua de 1989 à 1993.

    Interpellé à Abidjan en 2012

    Deux ans plus tard, c’est sur le continent africain que se déplacent les ennuis judiciaires de l’ancien patron d’Elf. Alors devenu consultant en énergie en Afrique et au Moyen-Orient, l’ancien PDG a passé cinq mois en prison au Togo pour complicité d’escroquerie. En 2012, il est arrêté en Côte d’Ivoire puis extradé à Lomé, où il est placé cinq mois en détention provisoire dans une affaire d’escroquerie. Loïk Le Floch-Prigent est alors soupçonné d’être impliqué dans l’affaire Bodjona, dont le scénario est typique d’une arnaque « à la nigériane ». Rentré en France l’année suivante, il a toujours clamé son innocence.

    Avec l’AFP


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