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  • Affaire des « biens mal acquis » : le clan Bongo plus que jamais dans le viseur de la justice française

    Affaire des « biens mal acquis » : le clan Bongo plus que jamais dans le viseur de la justice française

    Le Parquet national financier français franchit une nouvelle étape dans le volet gabonais de l’affaire des « biens mal acquis » en réclamant un procès contre 18 personnes, dont neuf enfants de l’ancien président Omar Bongo, ainsi que cinq sociétés.

    L’affaire des « biens mal acquis » connaît un nouveau rebondissement. Le Parquet national financier (PNF) a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de 18 personnes physiques et de cinq sociétés dans le cadre de l’enquête portant sur un patrimoine immobilier estimé à près de 85 millions d’euros, que la justice française soupçonne d’avoir été constitué grâce à des fonds publics détournés. Parmi les personnes visées figurent plusieurs membres de la famille de l’ancien président gabonais Omar Bongo, dont le régime a dirigé le Gabon de 1967 à 2023. Le juge d’instruction doit désormais décider s’il suit ou non ces réquisitions et ouvre un procès.

    Une affaire emblématique de la lutte contre la corruption

    Cette procédure, ouverte à la suite de plaintes déposées par des organisations de lutte contre la corruption, est devenue l’un des dossiers les plus emblématiques des poursuites engagées en France contre des patrimoines soupçonnés d’avoir été financés par des détournements de fonds publics. Les personnes mises en cause contestent les accusations et dénoncent une procédure à caractère politique, tandis que la justice poursuit ses investigations dans le respect de la présomption d’innocence.

    Au-delà du cas gabonais, cette affaire relance un débat récurrent sur la gouvernance en Afrique. Depuis plusieurs décennies, des enquêtes judiciaires, des rapports d’organisations internationales et des investigations journalistiques ont mis en lumière, dans différents pays, des situations où des dirigeants ou leurs entourages ont été accusés d’avoir confondu les ressources de l’État avec leurs intérêts privés. Lorsque de telles pratiques sont établies par la justice, elles se traduisent par un enrichissement personnel au détriment des finances publiques, privant les populations de ressources essentielles pour l’éducation, la santé, les infrastructures ou encore l’emploi.

    Un enjeu de crédibilité pour les États africains

    L’affaire Bongo rappelle que la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics demeure un défi majeur pour de nombreux États. Si les poursuites engagées à l’étranger constituent un signal fort, elles soulignent également l’importance de renforcer les mécanismes nationaux de contrôle, de transparence et de reddition des comptes.

    Pour de nombreux observateurs, la crédibilité des institutions repose sur une gestion rigoureuse des ressources publiques. Les deniers de l’État ne sauraient être assimilés à un patrimoine familial ou personnel. Leur vocation est de financer les politiques publiques et d’améliorer les conditions de vie des citoyens. L’issue de cette procédure sera donc suivie de près, tant au Gabon qu’au-delà, comme un nouveau test de la capacité de la justice à lutter contre l’impunité financière.

  • Au Gabon, les avocats des Bongo maintiennent leurs accusations de torture

    Au Gabon, les avocats des Bongo maintiennent leurs accusations de torture

    Les avocats de Sylvia et Noureddin Bongo ont dénoncé samedi 21 décembre les « allégations mensongères » de la justice gabonaise, qui assure que leurs clients n’ont pas été torturés.

    « C’est avec stupéfaction que nous avons pris connaissance du communiqué du procureur de la République de Libreville selon lequel nos clients seraient détenus dans les conditions normales et n’auraient pas été torturés. C’est faux », protestent dans un communiqué les avocats François Zimeray et Catalina de la Sota, qui ont pu visiter Sylvia et  Noureddin Bongo en prison pour la première fois jeudi.

    Vendredi soir au journal télévisé de la chaîne publique Gabon 1ère, le procureur de la République Bruno Obiang Mve a déclaré que les avocats François Zimeray et Gisèle Eyué Bekalé ont « enfin pu rencontrer [leurs] clients » en prison jeudi. « Ces avocats ont constaté que leurs clients n’ont jamais été torturés au sein de la prison de Libreville, a-t-il affirmé. « Ces rencontres se sont déroulées librement et dans le strict respect des droits de la défense et de la confidentialité des échanges entre les avocats et leurs clients. »

    « Nous sommes encore sous le choc de ce que nous avons vu »

    Au contraire, François Zimeray et Catalina de la Sota ont dénoncé « 17 mois de détention arbitraire reposant sur une mise en scène, durant lesquels les droits de la défense ont été constamment ignorés ». « Nous sommes encore sous le choc de ce que nous avons vu et contestons totalement les allégations mensongères d’un procureur manifestement aux ordres », selon leur communiqué, qui annonce « prochainement des révélations inédites et précises à la presse ».

    Depuis le coup d’État du 30 août 2023, l’ex-président Ali Bongo Ondimba vit dans sa résidence privée de Libreville, « libre de quitter le pays » selon le gouvernement. L’ancienne première dame, 61 ans, et son fils de 32 ans sont détenus à la prison centrale de Libreville. Ils ont été « inculpés pour des faits d’une extrême gravité », selon le pouvoir, Noureddin Bongo notamment pour « corruption » et « détournements de fonds publics », et Sylvia Bongo pour « blanchiment de capitaux, recel, faux et usage de faux ».

    Questionnées en février par l’AFP au sujet de « traitements dégradants » et d’actes de torture qu’auraient subis Sylvia et Noureddin Bongo, des sources diplomatiques françaises avaient indiqué n’« avoir pas connaissance des faits allégués », en indiquant que des visites consulaires leur avaient été rendues.

    AFP

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