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  • Gadufia Samati, le pari de la science pour transformer l’élevage

    Gadufia Samati, le pari de la science pour transformer l’élevage

    Gadufia Samati, chercheur togolais, entame à Penn State une nouvelle étape de son parcours dans les biotechnologies de la reproduction animale.

    Il y a des parcours qui se construisent loin des projecteurs, dans les laboratoires, les centres de recherche et les amphithéâtres, mais dont la portée peut dépasser largement les frontières. Celui de Gadufia Samati s’inscrit dans cette catégorie. Ingénieur zootechnicien, chercheur et professionnel du secteur agricole, il vient d’ouvrir une nouvelle étape de son parcours académique avec une bourse Fulbright qui le conduit pour deux années à la Pennsylvania State University, aux États-Unis. Il y poursuit des études de troisième cycle consacrées aux biotechnologies de la reproduction animale.

    Cette orientation n’est pas le fruit du hasard. Elle prolonge un cheminement déjà solidement ancré dans les sciences animales et la recherche agronomique. Des documents administratifs togolais le répertorient notamment parmi les ingénieurs zootechniciens, tandis que son parcours professionnel le rattache au ministère de l’Agriculture et à l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA), notamment au CRASS de Dapaong.

    De la zootechnie aux biotechnologies de la reproduction

    Gadufia Samati appartient à cette génération de scientifiques africains pour lesquels l’amélioration de la production animale ne peut plus reposer uniquement sur les méthodes traditionnelles. Son nouveau domaine de spécialisation l’emmène au cœur d’une science qui cherche à mieux maîtriser la reproduction, la sélection et l’amélioration génétique des animaux d’élevage.

    Avant même cette nouvelle aventure américaine, son nom apparaît dans des travaux scientifiques consacrés aux productions animales. Il a notamment participé à une étude publiée dans le Journal of Applied Biosciences sur l’effet de feuilles de Moringa oleifera et de Commelina benghalensis sur les performances de croissance et les caractéristiques de carcasse des cochons d’Inde au Sud-Bénin.

    Cette expérience illustre un profil à la croisée de la recherche scientifique et des réalités concrètes de l’élevage. Derrière les termes techniques se trouve une préoccupation essentielle : comment produire davantage, mieux nourrir les populations et rendre les systèmes d’élevage africains plus performants et plus durables ?

    C’est précisément dans cette perspective que les biotechnologies de la reproduction prennent tout leur sens. L’insémination artificielle, le transfert d’embryons, la cryoconservation des gamètes ou encore les techniques modernes de sélection peuvent contribuer à diffuser plus rapidement les caractères génétiques recherchés et à améliorer les performances des troupeaux.

    Penn State, une nouvelle étape dans une trajectoire scientifique

    À la Pennsylvania State University, Gadufia Samati évolue désormais dans un environnement universitaire reconnu pour ses activités de recherche en sciences animales. Le département des sciences animales de Penn State le présente officiellement comme Graduate Assistant – Fulbright, sous la supervision du professeur Wansheng Liu.

    Cette présence dans une grande université américaine constitue une étape importante pour le scientifique togolais. Elle lui offre l’occasion d’approfondir ses connaissances, d’accéder à de nouvelles méthodes de recherche et de côtoyer des chercheurs travaillant sur les enjeux contemporains de la production animale.

    Mais l’enjeu dépasse la seule réussite individuelle. Les programmes Fulbright ont précisément pour ambition de favoriser les échanges universitaires et scientifiques entre les États-Unis et les autres régions du monde. Pour un chercheur africain spécialisé dans les productions animales, une telle expérience peut devenir un pont entre les connaissances développées dans les grands centres de recherche internationaux et les défis auxquels sont confrontés les systèmes agricoles africains.

    Le parcours de Gadufia Samati prend ainsi une dimension particulière. Formé dans un pays où l’agriculture et l’élevage occupent une place majeure dans l’économie et les moyens de subsistance, il se retrouve aujourd’hui au cœur d’un dispositif scientifique international. Son défi sera de transformer cette expérience en compétences susceptibles de répondre aux besoins de son environnement d’origine.

    La science au service de la sécurité alimentaire

    La question qui se trouve derrière son domaine de recherche est d’une importance stratégique : comment produire suffisamment de protéines animales pour répondre à une population croissante tout en améliorant la santé et la productivité des animaux ?

    Les biotechnologies de la reproduction constituent l’une des pistes explorées par la recherche contemporaine. Elles peuvent permettre d’accélérer l’amélioration génétique des cheptels, de favoriser la diffusion de reproducteurs performants et de contribuer à une production animale plus efficace.

    Pour l’Afrique, où les systèmes d’élevage restent confrontés à de nombreux défis liés à la productivité, à la santé animale, au climat et à l’accès aux technologies, la formation de spécialistes dans ces domaines représente un enjeu majeur.

    Gadufia Samati n’est donc pas seulement en train de poursuivre une formation supplémentaire. Il participe à une dynamique plus large de montée en compétence des scientifiques africains. Son parcours illustre aussi l’importance des passerelles entre les institutions de recherche du Sud et les universités internationales.

    De la zootechnie aux biotechnologies de la reproduction, son itinéraire traduit une même ambition : faire de la science un outil concret d’amélioration de l’élevage et, au-delà, de la sécurité alimentaire.

    À Penn State, une nouvelle page s’écrit donc pour le scientifique togolais. Deux années durant lesquelles il devra apprendre, expérimenter, questionner et construire de nouveaux réseaux scientifiques. À terme, la véritable portée de cette aventure se mesurera peut-être à sa capacité à faire voyager les connaissances acquises des laboratoires américains vers les réalités africaines.

  • Transhumance : cap sur une cohabitation apaisée

    Transhumance : cap sur une cohabitation apaisée

    Le Togo amorce un tournant décisif dans la gestion de la transhumance. Réunis le lundi 30 mars à Lomé, les acteurs du secteur ont validé un plan quinquennal destiné à mieux encadrer ce phénomène aux enjeux économiques et sociaux majeurs.

    Fruit d’un long processus de concertation nationale, ce document stratégique se veut en phase avec les réalités du terrain. En amont de son adoption, plusieurs rencontres ont été organisées à travers les différentes régions du pays. Elles ont permis de recueillir les contributions des éleveurs, des agriculteurs, des autorités locales ainsi que des services techniques, dans une approche inclusive et participative.

    Au cœur de ce plan figurent plusieurs axes prioritaires. Il s’agit notamment d’une meilleure organisation des flux de transhumance, de la sécurisation des couloirs de passage du bétail et du renforcement des mécanismes de prévention et de gestion des conflits. L’accent est également mis sur la sensibilisation des différents acteurs et sur l’amélioration de la gouvernance locale, considérée comme un levier essentiel pour une cohabitation apaisée.

    Cette initiative intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs. La pression démographique croissante, conjuguée aux effets du changement climatique, réduit les espaces disponibles et intensifie les rivalités autour des ressources naturelles. À cela s’ajoutent des défis sécuritaires dans la sous-région, qui compliquent davantage la gestion des mouvements de bétail.

    Pour les partenaires techniques et financiers, l’enjeu est de taille. « Nous ne pouvons pas nous passer de la transhumance, car la sécurité alimentaire, notamment l’approvisionnement en viande et en lait, en dépend. Il est donc essentiel de trouver une formule garantissant une coexistence pacifique entre activités pastorales et agricoles », a déclaré le représentant de la FAO, Diwa Oyetunde.

    Dans cette dynamique, des outils concrets ont déjà été mis en place. Depuis l’an dernier, un numéro vert est opérationnel pour signaler les incidents liés à la transhumance, notamment les conflits entre communautés. Cet instrument vise à faciliter une intervention rapide des autorités et à désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent.

    Avec ce plan quinquennal, le Togo affiche sa volonté de concilier impératifs économiques, stabilité sociale et gestion durable des ressources. Reste désormais à assurer une mise en œuvre efficace sur le terrain, condition indispensable pour transformer cette ambition en résultats tangibles.

  • Togo: les ambitions de Lofty Farm pour nourrir le pays en poisson

    Togo: les ambitions de Lofty Farm pour nourrir le pays en poisson

    Le Togo est un gros consommateur de poisson : plus de 105 000 tonnes en 2022 selon le plan d’investissement dans la filière. Mais le pays n’en produit qu’une petite part localement. Deux milliards de francs CFA devaient être investis en 2024 pour le développement du secteur. Certains acteurs n’ont pas attendu pour se lancer dans l’aventure. À 200 kilomètres au nord de Lomé, dans le petit village de Nangbéto, se trouve Lofty Farm, la plus grosse ferme d’élevage de poissons du pays.

    Après un premier essai dans la banlieue Est de Lomé, au Togo, Pierrot Akakpovi, transitaire de formation, décide d’aller s’installer sur le site du barrage hydroélectrique « Fin digue de Nangbéto ». Là-bas, 12 000 hectares dont 2 à 6 hectares de terre ferme sont exploités. La profondeur de l’eau y est idéale, comprise entre 5 et 20 mètres. L’entrepreneur détaille les avantages de ce site : « Il y a la profondeur, la qualité de l’eau et les critères environnementaux. C’est plus spacieux. Le barrage de Nangbéto fait 180 km². » Le lieu est bien trouvé.

    Pierrot Akakpovi y produit des aliments pour la consommation des poissons, sa conservation et la mise en carton. Il emploie 300 personnes. Ce jour-là, le moulin tourne. On est à la production des aliments. Komi est sur la machine pour moudre un mélange de farine de blé, de maïs, de soja, de la sonde, du manioc sec et des asticots. « S’il n’y a pas de coupure de courant, on fait 230-250 sacs. Mais si la machine a des problèmes, on n’atteint pas cela », explique Komi.

    Augmenter la production a un coût

    Dehors, des bacs au sol contiennent des milliers d’alevins qu’il faut nourrir et oxygéner. Nicolas surveille. Un aérateur très bruyant tourne en continu. Le processus est long pour arriver aux gros poissons d’au moins 500 grammes. « Nous sommes à plus de 13 tonnes de nourrissage par jour avec un prix moyen de 800 francs CFA. Cela fait plus de 10 millions de francs CFA que l’on jette dans l’eau chaque jour », souligne Pierrot Akokpovi.

    Le Togo a besoin de 6 000 à 7 000 tonnes de tilapia chaque année, et Pierro Akakpovi souhaite apporter sa pierre à l’édifice. « Nous sommes aujourd’hui à près de 30-35% de production en 2024. Cette année, nous souhaitons viser les 50%, ce qui voudrait dire que nous serions autour de 3 500 tonnes cette année », précise le patron. Une production pour l’instant consacrée uniquement à la consommation locale.

    rfi.fr/afrique

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