Étiquette : Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou

  • Excision des filles: Pourquoi la mutilation génitale féminine ne saurait plus faire débat?

    Excision des filles: Pourquoi la mutilation génitale féminine ne saurait plus faire débat?

    La question n’est donc pas de savoir si nous devons restaurer l’excision. La véritable question est : quelle société voulons-nous léguer à nos filles et à nos fils ?

    À vous, ma Communauté !

    Face à la résurgence récente de discours appelant au rétablissement des mutilations génitales féminines, suscitant en retour – et à juste titre – des contre-attaques virulentes, je veux exprimer une position ferme : il n’y a pas de nouveau débat de société à ouvrir sur l’excision.

    De ma modeste échelle, un rappel fondamental, d’ordre anthropologique et psychanalytique, s’impose à moi. Lorsque certains problèmes de société reviennent de manière cyclique avec une telle virulence, c’est souvent qu’ils n’ont jamais été véritablement résolus, faute d’avoir posé les bonnes questions de diagnostic.

    Un amalgame longtemps entretenu doit ainsi être évité : il ne s’agit pas d’une opposition binaire entre tradition et modernité, pas davantage d’un affrontement entre matriarcat et patriarcat.

    Il s’agit d’une question avant tout de bon sens, d’éthique et, plus profondément, de projet civilisationnel.

    Tout ce qui est traditionnel n’est pas nécessairement culturel, et tout ce qui est culturel n’est pas nécessairement intangible. Il faut donc distinguer la culture, les coutumes, les traditions et les pratiques sociales. Pour rappel, et pour faire simple, la culture est un univers de sens, de représentations, de valeurs, de langues, de créations et de manières d’habiter le monde. La coutume est une manière de faire héritée et reproduite par un groupe. La pratique sociale peut traverser les générations sans que sa seule ancienneté suffise à établir sa légitimité morale.

    Dès lors, la question qui mérite d’être posée est la suivante : pouvons-nous assumer fièrement notre culture, sauvegarder avec discernement certaines valeurs de nos héritages et, dans le même temps, rejeter certaines coutumes et certaines pratiques ?

    La réponse est évidemment oui. Car être fidèle à une culture ne signifie pas être prisonnier de toutes ses pratiques.

    La véritable interrogation est donc ailleurs. Elle touche à ce que nous voulons faire de notre société, à l’idée que nous nous faisons de la dignité humaine et au modèle de civilisation que nous voulons construire – ou restaurer.

    Quelle femme voulons-nous faire grandir ? Quel homme voulons-nous former ? Sur quelle conception du corps, de l’altérité, de la liberté et de la dignité humaine voulons-nous fonder nos rapports sociaux ?

    Ces questions ne peuvent être pensées séparément. Elles concernent les femmes et les hommes, mais aussi les rapports sociaux de sexe et de genre qui organisent nos sociétés.

    Une société ne se définit pas seulement par ce qu’elle conserve de son passé. Elle se définit aussi par sa capacité à interroger cet héritage, à distinguer ce qui mérite d’être transmis de ce qui doit être dépassé.

    Une société attachée à son héritage n’est donc pas celle qui reproduit mécaniquement toutes les pratiques d’antan. C’est celle qui sait faire le tri : préserver ce qui élève l’être humain et renoncer à ce qui détruit sa dignité.

    Nous devons pouvoir défendre nos cultures sans sacraliser toutes nos coutumes. Être fiers de nos héritages sans devenir prisonniers des pratiques sociales héritées. Penser nos sociétés avec suffisamment de liberté pour ne pas confondre la fidélité à nos racines avec la servilité aux habitudes de nos ancêtres.

    Sur l’excision, ma position est donc claire : 𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐫𝐩𝐬 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐣𝐞𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 – 𝐞𝐭 𝐧𝐞 𝐬𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 – 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐞𝐥 𝐝’𝐞𝐱𝐩𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐨𝐮̀ 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐞́𝐭𝐞́, 𝐟𝐫𝐚𝐩𝐩𝐞́𝐞 𝐝’𝐚𝐦𝐧𝐞́𝐬𝐢𝐞 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐮𝐫𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐚𝐦𝐩𝐮𝐭𝐞́𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐚 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐦𝐚𝐭𝐫𝐢𝐚𝐫𝐜𝐚𝐥𝐞, 𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐣𝐨𝐮𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐝𝐨𝐦𝐢𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐡𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐝’𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞́ 𝐦𝐚𝐥 𝐚𝐬𝐬𝐮𝐦𝐞́. 𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐫𝐩𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐧’𝐚 𝐩𝐚𝐬 𝐚̀ 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐫 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐯𝐞𝐫𝐬𝐨𝐢𝐫 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐬 𝐧𝐞́𝐯𝐫𝐨𝐬𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐭𝐞𝐧𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐞́𝐞𝐬 𝐚𝐮 𝐬𝐞𝐱𝐞 𝐞𝐭 𝐚𝐮 𝐠𝐞𝐧𝐫𝐞.

    Prenez le temps de relire cette pensée. C’est le condensé d’une thèse, c’est-à-dire d’une pensée documentée, méditée et profondément incarnée. On ne saurait prétendre restaurer une civilisation digne de ce nom en mutilant l’intégrité physique et psychologique de celles qui en constituent la moitié. La femme et l’homme que nous ambitionnons de former doivent pouvoir s’épanouir dans la liberté de leur être, et non dans la contrainte exercée sur leur corps.

    La question n’est donc pas de savoir si nous devons restaurer l’excision. La véritable question est : quelle société voulons-nous léguer à nos filles et à nos fils ?

    Et sur cette question, nous avons le devoir de penser. Mais nous avons aussi le devoir de choisir, et parfois avec intransigeance.

    Dr Kossigan Cyrille Kokou-Kpolou

  • Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou témoin d’un vote unanime historique au Québec

    Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou témoin d’un vote unanime historique au Québec

    Au Québec, une motion historique a été adoptée à l’unanimité afin de reconnaître la contribution des communautés noires, en présence du Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, invité d’honneur, au cœur d’un moment institutionnel d’une grande portée symbolique.

    Une reconnaissance officielle au sommet de l’État québécois

    L’Assemblée nationale du Québec a vécu un moment fort dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs. Une motion reconnaissant officiellement l’apport historique, social, culturel et économique des communautés noires à l’édification du Québec contemporain a été déposée et adoptée à l’unanimité par les députés.

    Portée par la députée Madwa-Nika Cadet au nom de l’Opposition officielle, la motion a été présentée en Chambre lors de la période de questions, avant de faire l’objet d’un débat. Son adoption unanime envoie un signal politique rare et puissant : au-delà des divergences partisanes, les élus québécois reconnaissent d’une seule voix la contribution essentielle des communautés noires à la société québécoise.

    Présent à cette séance en qualité d’invité d’honneur, le Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou a salué un « moment institutionnel significatif, au service de la mémoire, de la reconnaissance et de la justice symbolique ».

    L’unanimité : un geste politique et symbolique majeur

    Dans un contexte où les débats identitaires et sociaux peuvent diviser, l’unanimité revêt une portée particulière. Elle signifie que la reconnaissance des communautés noires ne relève pas d’un positionnement partisan, mais d’un engagement collectif de l’institution parlementaire.

    Cette adoption constitue une avancée en matière de justice symbolique. Pendant longtemps, l’histoire des communautés noires est restée marginale dans les récits officiels. Or, leur contribution traverse tous les secteurs : entrepreneuriat, culture, enseignement, santé, innovation, engagement communautaire. En l’inscrivant dans une motion officielle, le Parlement québécois contribue à corriger une invisibilisation historique.

    Au-delà du symbole, cette reconnaissance peut aussi nourrir des politiques publiques plus inclusives. Elle favorise un climat de dialogue et ouvre la voie à des initiatives éducatives et culturelles renforçant la cohésion sociale.

    La matinée parlementaire s’est d’ailleurs conclue par une rencontre officielle entre les députés et les représentants présents, consolidant cette volonté d’échange institutionnel.

    Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, un universitaire togolais engagé

    Originaire du Togo, le Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou est une figure montante du monde académique francophone. Professeur adjoint en psychologie clinique de la santé à l’Université Laval, il enseigne à l’École de psychologie et mène des travaux de recherche reconnus.

    Titulaire d’un doctorat en psychologie clinique, il a également effectué un stage postdoctoral à l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent notamment sur la santé mentale, le deuil prolongé, les traumatismes psychologiques et les enjeux transculturels.

    Spécialiste des dynamiques psychologiques en contexte de crise, il s’est illustré par des travaux sur la résilience communautaire et les impacts psychiques d’événements collectifs majeurs, dont la pandémie de COVID-19. Son approche intègre une perspective interculturelle, attentive aux réalités des minorités et des diasporas.

    Au-delà de ses activités scientifiques, le Dr Kokou-Kpolou s’engage dans le débat public, notamment sur les questions de santé mentale en Afrique de l’Ouest et sur les enjeux de reconnaissance des communautés issues de l’immigration.

    Sa présence à l’Assemblée nationale du Québec, lors de l’adoption de cette motion historique, symbolise le lien entre savoir académique, mémoire collective et engagement citoyen.

    Une reconnaissance tournée vers l’avenir

    L’adoption unanime de cette motion dépasse le cadre d’une simple commémoration annuelle. Elle inscrit dans la mémoire institutionnelle du Québec la contribution déterminante des communautés noires à son développement.

    Comme l’a résumé le Dr Kokou-Kpolou : « Reconnaître l’histoire, c’est aussi construire l’avenir sur des bases plus justes et inclusives. » Un message qui résonne bien au-delà des murs du Parlement.

Radio Renouveau228

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