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  • Togo : la DMK saisit l’ONU et réclame l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO

    Togo : la DMK saisit l’ONU et réclame l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO

    La Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et plusieurs organisations de la diaspora togolaise ont adressé, le 25 septembre 2026 à New York, un mémorandum au secrétaire général des Nations unies. Elles demandent notamment que l’ONU se saisisse de la situation politique et des conditions carcérales au Togo et réclament l’application de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO.

    Dans un mémorandum daté du 25 septembre 2026 et présenté comme ayant été déposé à l’attention du secrétaire général des Nations unies, la DMK, le « Gouvernement légitime du Togo en exil », la Diaspora togolaise aux USA ainsi que plusieurs mouvements et organisations demandent une implication accrue des institutions internationales dans la situation togolaise.

    Le document, signé depuis New York, entend notamment attirer l’attention du Conseil de sécurité et du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme sur ce que ses auteurs présentent comme des « violations continues » des droits humains et une crise de l’ordre constitutionnel.

    L’arrêt de la CEDEAO au cœur de la démarche

    Le principal argument avancé par les signataires concerne l’arrêt ECW/CCJ/JUD/01/26, rendu le 29 janvier 2026 dans l’affaire opposant la Ligue togolaise des droits de l’homme et d’autres requérants à l’État togolais. La décision est bien répertoriée par les bases de jurisprudence de la Cour de justice de la CEDEAO. Son résumé juridique indique notamment que la juridiction communautaire a considéré qu’une réforme constitutionnelle adoptée par une législature arrivée à expiration constituait une violation de l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

    La DMK donne toutefois à cette décision une portée politique et institutionnelle beaucoup plus large. Dans son mémorandum, elle affirme que l’arrêt aurait établi l’« anticonstitutionnalité absolue » du changement de régime ayant conduit à la « 5e République » et demande aux Nations unies de prendre des mesures afin d’en assurer l’exécution.

    Cette interprétation fait cependant l’objet d’un débat au Togo. Des juristes et organisations de la société civile ont récemment souligné la nécessité de distinguer les motifs et le dispositif de l’arrêt, tandis que d’autres acteurs politiques lui attribuent une portée plus large.

    La DMK, pour sa part, invoque les principes de primauté du droit international et de pacta sunt servanda pour soutenir qu’un État ne peut opposer son droit interne à ses obligations internationales.

    Carburant, conditions de détention et droits humains

    Au-delà de la question constitutionnelle, le mémorandum met fortement l’accent sur la situation socio-économique et les droits humains.

    Les signataires dénoncent notamment la hausse du prix du carburant intervenue en septembre 2026, qu’ils présentent comme un facteur aggravant de la précarité des ménages, particulièrement en période de rentrée scolaire. Ils établissent un lien entre cette situation et le droit à un niveau de vie suffisant consacré par les instruments internationaux relatifs aux droits économiques et sociaux.

    Le document consacre également un important volet à la situation dans les prisons. La DMK affirme, sur la base d’un rapport de monitoring qu’elle dit avoir joint au mémorandum, faire état d’une mortalité carcérale préoccupante à Atakpamé, de problèmes d’accès à l’eau potable à Kara, de détentions prolongées sans jugement et d’une surpopulation dépassant, selon elle, 300 % dans certains établissements pénitentiaires de Mango, Sokodé et Dapaong.

    Ces chiffres et allégations sont présentés par les signataires comme des éléments constitutifs de violations continues des droits fondamentaux. Ils sont toutefois, dans le mémorandum, attribués au rapport de monitoring produit par les organisations elles-mêmes et nécessiteraient une vérification indépendante pour établir leur portée factuelle.

    De l’interpellation de l’ONU à la demande d’une transition

    La démarche ne s’arrête pas à une demande d’examen de la situation togolaise. Les organisations signataires demandent aux Nations unies de prendre plusieurs mesures, dont l’enregistrement officiel d’une « Note de rappel J+40 », la mise en œuvre de mesures destinées à assurer l’exécution de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et la non-reconnaissance internationale des actes liés à la « 5e République ».

    Elles sollicitent également une coordination entre les Nations unies, l’Union africaine et la CEDEAO en vue, selon leurs propres termes, du déploiement d’une « Transition Souveraine vers SITO », présentée comme devant restaurer « l’ordre constitutionnel légitime ».

    Le mémorandum revendique ainsi une portée à la fois juridique, politique et diplomatique. Il intervient dans un contexte où la réforme constitutionnelle togolaise continue de susciter des interprétations fortement divergentes. L’existence de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO est établie ; son interprétation et surtout ses effets politiques au Togo demeurent, eux, au cœur d’une controverse entre différents acteurs.

    Avec cette saisine depuis New York, la DMK entend désormais déplacer une partie de cette bataille sur le terrain international, en sollicitant directement les Nations unies, le Conseil de sécurité et les mécanismes internationaux de défense des droits humains.

  • Au Togo, la DMK maintient la pression entre mobilisation internationale et situation carcérale

    Au Togo, la DMK maintient la pression entre mobilisation internationale et situation carcérale

    La Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) annonce une marche de sa diaspora aux États-Unis et dénonce, à partir de visites effectuées dans plusieurs prisons, les conditions de détention au Togo. La coalition réaffirme parallèlement son opposition à la Ve République et critique la hausse du prix des produits pétroliers.

    La DMK veut maintenir la pression sur les autorités togolaises. Lors d’un point de presse, la coalition a annoncé une mobilisation de sa diaspora aux États-Unis, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies annoncée pour le 25 septembre 2026. Selon ses responsables, cette marche vise notamment à porter sur la scène internationale des revendications liées à la gouvernance, à la souveraineté et à la situation socio-économique du Togo.

    Dans un communiqué daté du 14 septembre, le Conseil de Direction des Coordinations (CDC) annonce également l’unification du Front social et du Front politique sous la bannière de la Souveraineté intégrale du Togo (SITO). La DMK présente cette jonction, actée le 13 septembre, comme la concrétisation de la « Grande Jonction des Bâtisseurs » attribuée à son fondateur, feu Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo.

    Des inquiétudes sur les conditions de détention

    La situation carcérale occupe une place importante dans les dernières déclarations de la coalition. La DMK affirme avoir effectué des visites dans les prisons de Kara, Sokodé, Mango et Dapaong. À Kara, elle dit notamment avoir rencontré l’humoriste Tayo, détenu depuis décembre 2025.

    La coalition affirme avoir constaté la présence de détenus malades et évoque des personnes qui attendraient leur jugement depuis plusieurs années. Elle cite notamment le cas d’un jeune originaire de Sagbado qui, selon ses déclarations, serait détenu à Kara sans jugement depuis près d’une décennie.

    Ces éléments relèvent des constats et déclarations de la DMK et mériteraient, pour être établis de manière indépendante, d’être confrontés aux données des autorités pénitentiaires et judiciaires compétentes. La coalition appelle néanmoins les citoyens à rendre visite aux détenus et à leur apporter des produits de première nécessité.

    Carburant et contestation de la 5è République

    La hausse du prix des produits pétroliers constitue également un axe majeur de la critique. La DMK dénonce notamment le prix de l’essence fixé à 817 francs CFA le litre, estimant que cette augmentation accentue les difficultés des ménages et renchérit le transport et les produits de première nécessité.

    Sur le plan institutionnel, la coalition maintient sa contestation de la Ve République. Elle invoque notamment un arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO du 29 janvier 2026, dont elle donne une interprétation contestant la légitimité du changement de régime au Togo. Elle cite également certaines dispositions de la Convention de Vienne sur le droit des traités pour étayer son argumentaire.

    La DMK appelle enfin à une mobilisation qu’elle souhaite pacifique, notamment à l’occasion de la rentrée scolaire, et entend poursuivre son action sur les fronts politique, social et international.

Radio Renouveau228

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