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  • Afrique: dette sans développement

    Afrique: dette sans développement

    Le problème n’est pas seulement le volume de la dette, mais l’usage qui en est fait. Dans de nombreux pays africains, les emprunts extérieurs servent davantage à boucher des trous budgétaires, financer des dépenses de prestige ou entretenir des systèmes politiques clientélistes qu’à investir dans des secteurs productifs

    En 2026, l’Afrique devra rembourser plus de 90 milliards de dollars de dette extérieure. Un chiffre vertigineux qui illustre une réalité devenue banale : le continent s’endette toujours plus, sans que cet endettement ne se traduise, la plupart du temps, par un développement réel et durable. Routes inachevées, hôpitaux fantômes, écoles délabrées : la dette grossit, mais les conditions de vie des populations, elles, stagnent.

    Le problème n’est pas seulement le volume de la dette, mais l’usage qui en est fait. Dans de nombreux pays africains, les emprunts extérieurs servent davantage à boucher des trous budgétaires, financer des dépenses de prestige ou entretenir des systèmes politiques clientélistes qu’à investir dans des secteurs productifs. Résultat : peu de création de richesse, mais une lourde charge à rembourser, souvent en devises fortes.

    Les exemples concrets abondent.

    Au Mozambique, le scandale des « dettes cachées » révèle comment plus de 2 milliards de dollars empruntés pour des projets maritimes ont été détournés, sans bénéfice pour l’économie nationale. Le pays a fini par faire défaut, tandis que la population s’est appauvrie.

    En Zambie, l’endettement massif pour des infrastructures, souvent surévaluées et peu rentables, a conduit à un défaut de paiement en 2020. Les routes et barrages construits n’ont pas suffi à générer les recettes nécessaires pour honorer la dette.

    En Angola, des prêts adossés au pétrole ont permis de financer des projets, mais ont surtout renforcé la dépendance à une seule ressource, exposant le pays aux chocs des prix du brut, sans véritable diversification économique.

    Dans d’autres cas, la dette sert à financer des projets visibles mais peu utiles : palais présidentiels, stades surdimensionnés, sommets internationaux coûteux. Ces investissements flattent l’image des dirigeants, mais n’améliorent ni la productivité, ni l’emploi, ni la transformation industrielle du continent.

    Le plus inquiétant est que cette dette est majoritairement libellée en dollars ou en euros. À chaque dépréciation des monnaies locales, le fardeau s’alourdit. Les États consacrent alors une part croissante de leurs budgets au service de la dette, au détriment de la santé, de l’éducation et de l’agriculture. L’endettement devient un cercle vicieux : on emprunte pour rembourser, sans jamais investir suffisamment pour produire.

    Bien sûr, la dette n’est pas mauvaise en soi. Des pays comme la Corée du Sud ou le Vietnam se sont endettés pour se développer. La différence ? Une gouvernance rigoureuse, une orientation claire vers l’industrialisation et l’exportation, et une lutte réelle contre la corruption. En Afrique, trop souvent, la dette sert à maintenir un système, pas à transformer une économie.

    En 2026, la question n’est donc pas seulement comment rembourser, mais pourquoi s’endetter. Tant que l’endettement ne sera pas strictement lié à des projets productifs, transparents et évaluables, la dette africaine restera une promesse trahie : beaucoup d’argent emprunté, peu de développement réel.

  • Moody’s abaisse la note du Sénégal à B3 avec perspectives négatives

    Moody’s abaisse la note du Sénégal à B3 avec perspectives négatives

    Après les révélations de la Cour des comptes du Sénégal sur l’état des finances publiques, l’agence américaine Moody’s fait passer le pays de B1 à B3.

    Moody’s dégrade la note du Sénégal suite aux révélations de la Cour des comptes. En effet,  la juridiction financière a annoncé, le 13 février dernier, qu’en 2023 la dette publique du pays est égale à 100% du Produit intérieur brut (PIB) ; le déficit budgétaire, lui, occupe 12,3%. Alors que la précédente administration chiffré la dette à 65,6%.

    Moody’s s’empare du sujet. : « La dégradation du Sénégal est due aux nouvelles données de la Cour des comptes révélant une situation budgétaire beaucoup plus fragile », souligne l’agence américaine de notation dans un communiqué. Elle va plus loin en dégradant le pays de B1 à B3 avec des perspectives négatives.

    Ousmane Sonko, le Premier ministre, peu après la publication du rapport de la Cour des comptes, a, devant les députés, déployé des « manquements graves » avec la menace que leurs auteurs seront poursuivis par la justice.

Radio Renouveau228

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