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  • Togo : Le politologue Madi Djabakate annonce un essai sur les fondements constitutionnels de la crise politique

    Togo : Le politologue Madi Djabakate annonce un essai sur les fondements constitutionnels de la crise politique

    Le politologue et essayiste Elhajj Mohamed Madi Djabakate prépare un ouvrage consacré aux transformations constitutionnelles du Togo depuis 1963 et à leurs implications sur la légitimité du pouvoir.

    Un nouvel essai consacré à l’histoire constitutionnelle et politique du Togo sera prochainement publié. Intitulé « De la Constitution de Contrebande au Problème Constitutionnel (Artifices constitutionnels, pouvoir dynastique et crise démocratique au Togo depuis 1963) », l’ouvrage d’Elhajj Mohamed Madi Djabakate entend interroger les fondements juridiques et institutionnels des crises politiques qui ont marqué le pays.

    Dans une annonce diffusée sur les réseaux sociaux, l’auteur présente son travail comme une réflexion sur les règles qui organisent l’exercice du pouvoir, au-delà des débats habituels sur les dirigeants, les élections et les rapports entre les acteurs politiques.

    La Constitution au cœur de la réflexion

    L’essai propose de déplacer le regard vers les mécanismes constitutionnels qui structurent la vie politique togolaise depuis l’adoption de la première Constitution de la République, en 1961, et les événements politiques de 1963. Son titre annonce une analyse critique des modifications institutionnelles successives, de la continuité du pouvoir et des interrogations relatives à la légitimité démocratique.

    Pour Mohamed Madi Djabakate, la compréhension des crises politiques nécessite également un examen des règles qui encadrent l’accès au pouvoir, son exercice et sa transmission. L’auteur soulève ainsi une question centrale : la stabilité institutionnelle peut-elle être durable lorsque les fondements constitutionnels du système font l’objet de contestations ?

    Cette orientation s’inscrit dans un débat plus large sur la fonction de la Constitution dans l’organisation de l’État. Au Togo, la réforme constitutionnelle de 2024, qui a instauré une nouvelle architecture institutionnelle, a notamment suscité des discussions sur la nature du régime, la répartition des compétences et les modalités d’exercice du pouvoir.

    Un débat qui dépasse les acteurs politiques

    L’annonce de cet ouvrage intervient dans un contexte où les interprétations de la Constitution et de ses conséquences continuent d’alimenter les échanges entre juristes, universitaires, responsables politiques et acteurs de la société civile.

    Dans une précédente tribune publiée en mai 2026, Elhajj Madi Djabakate avait déjà plaidé pour que le débat constitutionnel soit davantage orienté vers les droits des citoyens, le fonctionnement des institutions et les conditions d’une compétition politique équitable.

    Le nouvel essai semble prolonger cette démarche en proposant une lecture historique et institutionnelle de la trajectoire politique du pays. Toutefois, son annonce ne permet pas encore d’apprécier l’ensemble de sa démonstration, les sources mobilisées ni les conclusions détaillées de l’auteur.

    La date de publication, les modalités de présentation et les conditions d’accès à l’ouvrage restent à préciser. Sa parution devrait offrir un nouveau support de discussion sur les rapports entre Constitution, légitimité politique et stabilité institutionnelle au Togo.

  • ON NE JUGE PAS UN PEUPLE PAR LA MULTITUDE DE SES BÉNI-OUI-OUI, MAIS PAR LA QUALITÉ DE SES ESPRITS CRITIQUES ET DE SES DISSIDENTS

    ON NE JUGE PAS UN PEUPLE PAR LA MULTITUDE DE SES BÉNI-OUI-OUI, MAIS PAR LA QUALITÉ DE SES ESPRITS CRITIQUES ET DE SES DISSIDENTS

    Beaucoup de Togolais dégoûtés par l’impéritie et la cruauté du régime dictatorial des Gnassingbé, s’enfoncent dans un pessimisme résigné, pendant que les plus combattifs redoublent d’ardeur pour libérer le peuple de l’oppression et de l’exploitation de la minorité pilleuse.

    Beaucoup de Togolais dégoûtés par l’impéritie et la cruauté du régime dictatorial des Gnassingbé, s’enfoncent dans un pessimisme résigné, pendant que les plus combattifs redoublent d’ardeur pour libérer le peuple de l’oppression et de l’exploitation de la minorité pilleuse.

    Les soubressauts politiques des mois de juin et août 2025 qui ont fait trembler le régime, ont requinqué ceux qui ne croyaient qu’à une intervention divine de leur Dieu sourd comme un pot à leurs prières pour les débarrasser des dirigeants putschistes et illégitimes. Ceux qui ont confisqué le pouvoir font croire à la multitude que c’est une situation normale, un déterminisme divin. Ce qui pousse les victimes désemparées à s’en remettre à Dieu (“Fofo si nsin le”, proclament-elles: “la puissance appartient à Dieu.” Ce qui suppose que le dictateur et son régime ne sont au pouvoir que par la grâce de Dieu.). Belle escroquerie idéologique.

    LA MULTITUDE COMPLICE DES BÉNI-OUI-OUI

    Dans cette multitude moutonnière, il faut compter les lâches, les traîtres, les opportunistes, les mouchards, les carriéristes et les cancres qui proclament leur neutralité avec un rare cynisme. Les élites qui se détachent dans ce troupeau de moutons sont ceux qui sont arrivés à trouver une place autour de la mangeoire. Les autres se battent pour y accéder comme des tiques suceurs de sang sur le dos du peuple. Il faut y ajouter tous les réseaux mafieux intérieurs et extérieurs qui gravitent autour du pouvoir pour l’aquisition de prébendes et d’intérêts.

    Ces profiteurs qui jouissent de l’impunité pour exploiter et asservir les Togolais, se comportent comme des ennemis du peuple.

    Il suffit d’être à l’écoute des réseaux sociaux, pour constater la haine que leur voue le peuple. Malgré la fermeture partielle de l’Internet pour réduire les mécontents au silence, la résistance continue. Si on peut museler la parole, on ne peut interdire la pensée. Ceux qui se sentent bâillonnés, se rabattent sur les leaders d’opinion, les journalistes, les bloggers qui se font les échos de ce qu’ils pensent tout bas. L’extraordinaire succès médiatique du journaliste Ferdinand Ayité, un combattant de la liberté, dans ses émissions en direct sur la toile, est l’expression du ras-le-bol des Togolais. Il a été emprisonné et a fui le pays pour sauver sa peau. Ses émissions qui dénoncent l’incompétence, les méfaits et les magouilles des dirigeants du pays, sont suivies parfois par 80 000 personnes avides de vérité et qui veulent la révolution. Plus qu’un simple journaliste, il est devenu un leader d’opinion très écouté. C’est dire que ce que la dictature militaire déteste, le peuple l’adore. D’où le soutien populaire inconditionnel aux esprits critiques et aux dissidents qui combattent cette odieuse tyrannie soixantenaire dont le bilan honteux n’est que chômage, misère, impunité, corruption et une gouvernance calamiteuse. Les prisons retiennent de nombreux prisonniers politiques et d’opinion. La liberté d’opinion et d’expression réprimée fait du Togo une prison à ciel ouvert.

    LES ESPRITS CRITIQUES ET LA RÉSISTANCE

    Le présent et l’Histoire ne jugent pas un peuple par la multitude de ses béni-oui-oui, mais par la qualité de ses esprits critiques et de ses dissidents. Ce sont eux les acteurs des bouleversements sociopolitiques et des révolutions. En France, la grande Révolution de 1789 a été préparée en amont par des esprits dissidents comme Voltaire, Diderot, Montesquieu… qui sont tous morts avant la chute de la monarchie criminelle du roi Louis XVI guillotiné par le peuple français. Mais leurs idées leur ont survécu et ont inspiré les révolutionnaires de 1789.

    Au Togo, dans les années 1980, ce sont ces mêmes dissidents qui ont contribué à creuser la tombe du parti unique du régime militaire du despote Éyadéma, en diffusant des idées de liberté, de démocratie, de multipartisme et de droits de l’Homme. Depuis lors, à partir du soulèvement du 5 octobre 1990, le peuple togolais est ouvertement en lutte pour sa libération.

    Dans la littérature et les arts, l’engagement en faveur de la cause du peuple montre que la rupture est irréversible entre le peuple et ses bourreaux. Lorsque ceux dont l’art consiste à nourrir l’imaginaire collectif font leur devoir citoyen pour la liberté, il faut comprendre que le changement se fera. Beaucoup de sang innocent a été versé pour qu’une minorité s’accroche au pouvoir. Pour quoi faire, ce pouvoir ? Sans vision politique, sans projet de développement, le vice de cette dictature qui ressemble à un serpent qui se mord la queue, dans ses soubressauts, c’est que le pouvoir est devenu l’objectif du pouvoir. Le pouvoir pour le pouvoir. Rien que le pouvoir considéré comme une bouée de sauvetage d’un régime en perte de vitesse et conspué par le peuple. Quand un pays en arrive à cette extrémité, le salut consiste à faire partir les usurpateurs.

    Ce ne sont pas les moutons bêlant, les bourreaux, les voleurs de la République, les courtisanes corrompues, des gens de lettres et des artistes mercenaires qui font la grandeur d’un peuple. Au contraire, ils sont haïs et leurs noms sont souillés à jamais dans la mémoire populaire.

    Par contre, l’opinion et les observateurs étrangers se posent toujours la question de savoir est-ce qu’il existe des dissidents qui osent dire non quand tout est silence et répression sauvage. En effet, en dehors de la propagande mensongère et farfelue du régime, ce sont les discours des voix dissidentes qui sont crédibles à l’intérieur comme à l’étranger. Pourquoi la dissidence des leaders d’opinion (écrivains, journalistes, artistes, bloggers, opposants politiques, défenseurs des droits humains, activistes de la société civile…) contribue-t-elle à la grandeur du Togo ? La dissidence, dans ce cas de figure, est l’affrontement entre un marteau et une fourmi. Cette image symbolique montre la disproportion des forces assymétriques entre ceux qui tiennent le marteau de la répression sauvage et les résistants qui s’opposent, les mains nues, à l’arbitraire féroce. Qui peut imaginer des organisations et des médias étrangers sérieux et désireux de connaîre l’état des droits humains au Togo, s’adresser au pouvoir qui les piétine ?

    Il faut une certaine dose de courage et parfois d’esprit de sacrifice pour affronter une dictature impitoyable. Ce sont leurs discours et leurs actions (C’est la même chose en politique.) qui ancrent dans l’imaginaire du peuple l’idée de liberté comme une possibilité de l’action émancipatrice. Cette dictature obscurantiste n’est pas une forteresse inexpugnable. Aujourd’hui, les oppresseurs et le peuple le savent, c’est pourquoi la peur a changé de camp.

    C’est lorsque tout semble perdu que les résistants redonnent de l’espoir au peuple opprimé en lutte pour la liberté. La liberté commence quand on apprend à dire non. Et les Togolais crient: “Non, non et non.”

    Il fallait le dire.

    Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

Radio Renouveau228

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