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  • TV5 Monde interdite au Burkina : nouvelle escalade médiatique

    TV5 Monde interdite au Burkina : nouvelle escalade médiatique

    Accusée de désinformation et d’apologie du terrorisme dans sa couverture des violences jihadistes au Sahel, TV5 Monde est désormais interdite d’émission au Burkina Faso par les autorités militaires.

    Le Burkina Faso a décidé, mardi, d’interdire la diffusion de la chaîne française TV5 Monde sur son territoire, l’accusant de « désinformation » et d’« apologie du terrorisme » dans le traitement des violences jihadistes au Burkina Faso et au Mali voisin, selon une décision du Conseil supérieur de la communication (CSC).

    Dans un communiqué signé par son président Wendingoudi Louis Modeste Ouédraogo, le régulateur des médias justifie cette mesure par « de nombreux manquements à la loi, à l’éthique et à la déontologie » constatés dans les contenus diffusés par la chaîne, notamment dans ses journaux télévisés d’avril à mai 2026. Les autorités reprochent à TV5 Monde sa couverture des attaques terroristes survenues le 25 avril 2026 au Mali, qu’elles estiment biaisée.

    Déjà dans le viseur des autorités burkinabè, la chaîne avait été suspendue à titre temporaire à deux reprises en 2024, en avril puis en juin, avant cette interdiction définitive de diffusion. Cette nouvelle mesure s’inscrit dans une série de restrictions visant des médias étrangers, dans un contexte de tensions entre la junte au pouvoir et certaines organisations de presse internationales.

    Le Burkina Faso est dirigé depuis septembre 2022 par une junte militaire conduite par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivée au pouvoir à la suite d’un second coup d’État en huit mois. Les autorités militaires affirment régulièrement leur volonté de renforcer la « souveraineté informationnelle » du pays face aux influences extérieures.

    La chaîne TV5 Monde a également été suspendue au Mali voisin en mai 2025, dans un contexte similaire de tensions avec les autorités militaires, qui lui reprochent un manque d’impartialité dans le traitement de l’actualité politique et sécuritaire.

    Cette décision intervient dans un climat régional de crispation entre plusieurs régimes militaires ouest-africains et certains médias internationaux, régulièrement accusés de partialité et de remise en cause de leur crédibilité médiatique.

  • Bassolma Bazié : la voix sans filtre du Sahel

    Bassolma Bazié : la voix sans filtre du Sahel

    Figure montante du discours souverainiste ouest-africain, Bassolma Bazié s’impose aujourd’hui comme l’un des visages les plus tranchés de la nouvelle ligne politique portée par l’Alliance des États du Sahel (AES).

    Président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), Bassolma Bazié, ancien syndicaliste burkinabè s’est construit une réputation solide : celle d’un homme au verbe direct, parfois dérangeant, mais toujours assumé.

    Parcours forgé dans le syndicalisme

    Avant d’entrer dans les sphères étatiques, Bassolma Bazié s’est illustré au sein du mouvement syndical du Burkina Faso, notamment comme leader de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B). Ce passage a façonné son style : combatif, ancré dans les luttes sociales, et profondément méfiant vis-à-vis des influences extérieures. Déjà à cette époque, il dénonçait avec vigueur les politiques économiques jugées dictées de l’extérieur.

    Franc-parler devenu marque de fabrique

    C’est toutefois sur la scène politique récente qu’il s’est imposé au grand public. Ses interventions, largement relayées sur les réseaux sociaux, cumulent des millions de vues. Dans ces vidéos virales, on le voit dénoncer sans détour « les injonctions extérieures », remettre en cause certains rapports d’ONG internationales, ou encore critiquer ce qu’il appelle une « démocratie importée ».

    Son ton, souvent incisif, tranche avec celui de nombreux responsables politiques. Là où d’autres privilégient la diplomatie, Bazié choisit la confrontation verbale. Cette posture lui vaut autant d’admirateurs — qui saluent son courage et sa cohérence — que de critiques, qui pointent des déclarations parfois difficiles à étayer, notamment lorsqu’il évoque des complots ou des menaces contre des dirigeants sahéliens.

    Porte-voix de la ligne souverainiste

    Dans le contexte actuel marqué par les recompositions géopolitiques au Sahel, Bassolma Bazié s’inscrit clairement dans la dynamique impulsée par des dirigeants comme Ibrahim Traoré. Il défend une rupture avec les partenariats traditionnels et plaide pour une autonomie stratégique accrue, notamment en matière de défense.

    Lors de sa récente intervention depuis le Togo, il a insisté sur la nécessité pour les pays de l’AES de « conquérir » leur souveraineté, tout en saluant certains appuis régionaux facilitant la continuité logistique et militaire. Il met également en avant les efforts internes, qu’il s’agisse de mobilisation financière nationale ou de réformes sociales.

    Figure clivante mais influente

    Bassolma Bazié incarne une tendance plus large qui gagne du terrain en Afrique de l’Ouest : celle d’un discours décomplexé sur la souveraineté, la sécurité et l’indépendance politique. Sa capacité à capter l’attention, notamment grâce aux réseaux sociaux, en fait un acteur incontournable du débat public.

    Mais cette influence s’accompagne de zones de controverse. Ses critiques virulentes envers certaines organisations internationales, ainsi que ses prises de position sur la gouvernance démocratique, interrogent autant qu’elles mobilisent.

    Entre conviction et stratégie

    Au final, Bassolma Bazié apparaît comme un homme de convictions, fidèle à une ligne idéologique construite au fil de son parcours. Son franc-parler n’est pas seulement un trait de caractère : il est devenu un outil politique, au service d’un projet plus large de redéfinition des rapports entre les États du Sahel et le reste du monde.

    Qu’on l’approuve ou qu’on le conteste, une chose est certaine : dans le paysage politique sahélien actuel, sa voix porte. Et elle ne semble pas prête de s’atténuer.

  • Alain Traoré, du terrain au sommet de l’État

    Alain Traoré, du terrain au sommet de l’État

    L’ancien international burkinabè Alain Sibiri Traoré ouvre une nouvelle étape dans sa carrière, cette fois loin des pelouses.

    À 37 ans, celui qui a marqué l’histoire du football national vient d’être nommé chargé de mission au sein du Premier ministère du Burkina Faso. Une nomination qui illustre la volonté des autorités de s’appuyer sur des profils issus de divers horizons pour renforcer l’action publique.

    Avec 65 sélections et 21 buts inscrits sous le maillot des Étalons, Alain Sibiri Traoré s’est imposé comme l’un des joueurs les plus influents de sa génération. Milieu offensif talentueux, reconnu pour sa vision du jeu et sa qualité technique, il a porté haut les couleurs du Burkina Faso sur la scène continentale et internationale. Son parcours sportif, marqué par des passages dans plusieurs clubs en Afrique et en Europe, lui a permis d’acquérir une solide expérience ainsi qu’une notoriété certaine.

    Sa nomination au poste de chargé de mission marque un tournant significatif. Elle s’inscrit dans une dynamique de valorisation des compétences issues du monde sportif, souvent perçu comme un vivier de leaders capables de porter des projets structurants. En intégrant les sphères décisionnelles, l’ancien joueur pourrait notamment contribuer à des initiatives liées à la jeunesse, au sport ou encore à la cohésion sociale.

    Au-delà de son profil d’ex-footballeur, Alain Sibiri Traoré est également connu pour son engagement et son attachement à son pays. Cette proximité avec les réalités du terrain pourrait constituer un atout majeur dans ses nouvelles fonctions. Le rôle de chargé de mission exige en effet une capacité d’analyse, de coordination et de proposition, des qualités que l’ancien international a su démontrer tout au long de sa carrière sportive.

    Cette nomination intervient dans un contexte où les autorités burkinabè multiplient les efforts pour renforcer l’efficacité de l’action gouvernementale. Faire appel à des personnalités issues de la société civile ou du monde sportif traduit une volonté d’ouverture et de diversification des compétences au sommet de l’État.

    Pour de nombreux observateurs, cette reconversion réussie est également un signal fort adressé à la jeunesse. Elle montre qu’une carrière sportive peut ouvrir la voie à d’autres responsabilités, notamment dans la gestion des affaires publiques.

    En rejoignant le Premier ministère, Alain Sibiri Traoré entame ainsi un nouveau match, loin des stades, mais tout aussi stratégique pour l’avenir de son pays.

  • Foot: Amir Abdou aux commandes des Étalons

    Foot: Amir Abdou aux commandes des Étalons

    Le Amir Abdou est le nouveau sélectionneur du Burkina Faso national football team. La Fédération burkinabè de football (FBF) a officialisé la nomination du technicien franco-comorien, marquant ainsi l’ouverture d’un nouveau chapitre pour les Étalons.

    À quelques mois des prochaines échéances continentales et des qualifications pour la Coupe du monde, ce choix stratégique suscite espoir et curiosité dans le pays des Hommes intègres.

    Un technicien au parcours remarqué

    Âgé d’une cinquantaine d’années, Amir Abdou s’est forgé une solide réputation sur le continent africain. Il s’est particulièrement illustré à la tête des Cœlacanthes des Comores, qu’il a conduits à une qualification historique à la Coupe d’Afrique des nations 2021. Son équipe avait alors marqué les esprits par sa discipline tactique, sa solidarité et sa capacité à rivaliser avec des nations plus expérimentées.

    Connu pour son exigence et son sens de l’organisation, Abdou privilégie un football structuré, basé sur la rigueur défensive et la rapidité en transition. Son approche méthodique et son aptitude à tirer le meilleur d’effectifs parfois limités ont convaincu les dirigeants burkinabè de lui confier les rênes de la sélection.

    Une mission ambitieuse avec les Étalons

    https://www.cafonline.com/media/llelmt1y/bertrand-isidore-traore-of-burkina-faso-celebrates-goal-with-teammates-during-the-2023-africa-cup-of-nations-match-between-burkina-faso.jpg

    Le Burkina Faso n’est pas un novice sur la scène africaine. Finalistes de la CAN en 2013 et régulièrement présents dans le dernier carré ces dernières années, les Étalons ambitionnent désormais de franchir un nouveau palier. L’objectif affiché est clair : consolider la place du Burkina parmi les grandes nations du football africain et viser une qualification pour la prochaine Coupe du monde.

    Amir Abdou arrive donc avec une feuille de route exigeante. Il devra composer avec un groupe talentueux, mêlant cadres expérimentés et jeunes joueurs prometteurs. Sa capacité à instaurer une discipline collective et à fédérer autour d’un projet commun sera déterminante.

    Entre attentes populaires et défis structurels

    La nomination d’Amir Abdou intervient dans un contexte où les supporters burkinabè attendent des résultats concrets. Après des campagnes marquées par des performances encourageantes mais parfois irrégulières, l’opinion publique espère une stabilité technique et un cap clair.

    Le nouveau sélectionneur devra également travailler en étroite collaboration avec la Fédération pour optimiser la préparation des matchs, améliorer la gestion des stages et renforcer la cohésion au sein du groupe. La question de la relève et de l’intégration des jeunes talents issus du championnat local constituera aussi un enjeu majeur.

    Un nouveau souffle pour le football burkinabè

    En choisissant Amir Abdou, la Fédération burkinabè de football mise sur l’expérience africaine et la capacité d’adaptation d’un entraîneur qui a déjà prouvé qu’il savait bâtir un collectif compétitif. Les prochaines semaines seront consacrées à la prise de contact avec les joueurs et à la définition d’un projet de jeu.

    Pour les Étalons, l’heure est désormais à la relance. Sous la houlette d’Amir Abdou, le Burkina Faso espère écrire une nouvelle page de son histoire footballistique, portée par l’ambition, la rigueur et la ferveur d’un peuple passionné de ballon rond.

  • Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Au Togo, l’extradition de Damiba éclaire les fractures politiques nationales

    Le Togo traverse une nouvelle séquence politique délicate après l’extraction et l’extradition vers le Burkina Faso de l’ancien chef de la junte burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba, une opération qui continue de susciter des critiques virulentes au sein de l’opposition togolaise et des observateurs nationaux.

    Le 17 janvier 2026, l’ancien dirigeant burkinabè, réfugié à Lomé depuis sa chute en 2022, a été arrêté puis remis aux autorités de Ouagadougou. Officiellement, cette extradition répond à une demande judiciaire du Burkina Faso et aurait été approuvée par les juridictions compétentes suite à la présentation de garanties sur le respect de son intégrité physique et de son droit à un procès équitable.

    Une décision diplomatique sous tension

    Sur le plan diplomatique, le gouvernement togolais a défendu l’opération comme une réponse aux exigences de coopération judiciaire internationale. Il l’a présentée comme conforme à ses engagements régionaux et bilatéraux, notamment avec son voisin burkinabè.

    Cependant, pour une partie de l’opposition togolaise, cette extradition représente un acte précipité, opaque et politiquement orienté. Jean-Pierre Fabre, figure emblématique de l’opposition, a dénoncé la mesure comme une violation des principes juridiques et humains élémentaires. Selon lui, l’absence d’information claire sur le sort de Damiba et les motifs réels de son renvoi vers Ouagadougou alimentent l’inquiétude sur la légitimité de l’opération.

    Fragilisation de l’espace politique

    Cette controverse sur l’affaire Damiba se déroule dans un climat politique déjà tendu au Togo, caractérisé par des accusations répétées de restriction des libertés civiles et politiques. Depuis 2025, plusieurs incidents ont mis en lumière une dynamique accusée de réduire l’espace démocratique : arrestations et détentions de défenseurs des droits humains dans le cadre de manifestations, blocage ou suspension de médias considérés comme critiques, et pressions sur des activistes de la diaspora.

    Ces événements ne sont pas isolés. En juin 2025, la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication a suspendu la diffusion de médias internationaux tels que RFI et France 24 pour trois mois, invoquant des manquements à l’impartialité. Des organisations internationales et des journalistes ont perçu cette décision comme une restriction supplémentaire de l’information indépendante.

    Parallèlement, les contestations politiques contre la concentration du pouvoir autour du président Faure Gnassingbé — au pouvoir depuis 2005 — ont été qualifiées par l’opposition de « coup constitutionnel ». En 2025, l’attribution d’un nouveau rôle exécutif à Gnassingbé, susceptible de prolonger indéfiniment son exercice du pouvoir, avait déjà attisé de vives critiques.

    Une opposition fragmentée et des tensions régionales

    L’extradition de Damiba a également une dimension géopolitique : elle s’inscrit dans un contexte ouest-africain marqué par des transitions turbulentes, des coups d’État successifs et des enjeux sécuritaires régionaux. Le Burkina Faso, actuellement sous contrôle militaire, a fréquemment accusé Damiba de fomenter des tentatives de déstabilisation avant de demander son extradition.

    Cette convergence entre diplomatie régionale et politique intérieure renforce l’impression d’un Togo au centre de tensions multiples, où des décisions gouvernementales affectent aussi bien l’équilibre politique national que les relations avec ses voisins.

    Perspectives et enjeux

    L’affaire met en lumière plusieurs enjeux fondamentaux pour le Togo : la transparence et l’état de droit, avec des critiques portant sur l’absence de communication officielle et de garanties claires pour la justice et les droits de l’homme ; l’espace politique et la liberté d’expression, remis en question par les arrestations de militants, les blocages de médias et les tentatives de surveillance de l’activisme diaspora ; la stabilité institutionnelle, alors que les réformes constitutionnelles et la prolongation des mandats concentrent le pouvoir autour du président.

    Dans un paysage politique déjà polarisé, cette affaire d’extradition cristallise les méfiances envers les institutions togolaises et stimule des débats plus larges sur la gouvernance, la démocratie et les normes juridiques dans un pays qui reste sous les projecteurs régionaux.

  • Burkina: l’ex-putschiste Damiba arrêté au Togo et expulsé

    Burkina: l’ex-putschiste Damiba arrêté au Togo et expulsé

    L’ancien président de la transition au Burkina Faso, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en 2022, et accusé d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch dans son pays natal, a été arrêté au Togo, où il était en exil, et expulsé.

    M. Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 dans un putsch contre le président élu de l’époque, Roch Kaboré, avant d’être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours au pouvoir.

    Parti en exil au Togo, il est régulièrement accusé par la junte de Ouagadougou d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, la dernière au début du mois.

    Selon un de ses proches, M. Damiba a été arrêté la semaine dernière à Lomé et jugé pour “tentative de déstabilisation” au Burkina avant d’être conduit à l’aéroport.

    Une source sécuritaire régionale et une source togolaise proche du dossier ont confirmé ces informations.

    Sa destination était inconnue, mais certaines sources évoquent une probable expulsion vers le Burkina Faso.

    Ni les autorités de Ouagadougou ni celles de Lomé n’ont communiqué lundi sur ce sujet.

    Fin 2024, le capitaine Traoré avait dit “espérer” l’extradition de M. Damiba, qui a été radié de l’armée à cette même époque pour “intelligence avec une puissance étrangère ou avec des groupes terroristes” visant à déstabiliser le Burkina.

    Depuis sa prise de pouvoir, la junte du capitaine Traoré annonce régulièrement avoir déjoué des tentatives de déstabilisation, et accuse régulièrement M. Damiba.

    Peine de mort

    Le 3 janvier, “était prévue une action de déstabilisation du pays (…) par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré”, avait affirmé quelques jours après cette date le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana à la télévision d’Etat.

    Quatre jours durant, ces allégations ont été soutenues par une série d’”aveux” de complices présumés, égrenés chaque soir à la télévision d’Etat. Ils affirmaient tous avoir agi sur instruction de M. Damiba.

    En avril 2025, le Burkina avait arrêté une dizaine d’officiers et de sous-officiers.

    Et en septembre 2024, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait été présenté comme le chef du “volet militaire d’un vaste complot”, déjoué.

    Le Burkina Faso a rétabli récemment la peine de mort, notamment pour les crimes de haute trahison.

    Lors de sa prise de pouvoir, le capitaine Traoré avait promis de rétablir la sécurité en quelques mois.

    Le pays reste empêtré dans une situation sécuritaire très délicate, avec des violences jihadistes qui font des milliers de morts dans de larges pans de son territoire.

    Le capitaine Traoré mène une politique souverainiste et anti-impérialiste, particulièrement hostile à l’ancienne puissance coloniale française, dont il a chassé les soldats présents pour lutter contre les jihadistes début 2023.

    Il s’est tourné vers de nouveaux partenaires à commencer par ses voisins, le Niger et le Mali confrontés aux mêmes violences jihadistes et gouvernés également par des juntes militaires.

    Ensemble, ils se sont notamment rapprochés de la Russie et ont formé une confédération, l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

    Ils ont quitté la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) dont fait toujours partie le Togo.

    Lomé entretient de bonnes relations avec les pays de l’AES et occupe une position stratégique grâce à son accès à la mer dont les trois pays sahéliens sont privés.

    Source: https://information.tv5monde.com

  • Depuis Lomé Paul-Henri Sandaogo Damiba s’adresse à son successeur Ibrahim Traoré

    Depuis Lomé Paul-Henri Sandaogo Damiba s’adresse à son successeur Ibrahim Traoré

    Le lieutenant-Colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, en exil à Lomé après qu’il a été renversé à son tour du pouvoir, envoie une lettre à son tombeur le capitaine Ibrahim Traoré dans laquelle il s’inquiète de la situation qui prévaut au Burkina Faso.

    La situation sécuritaire se dégrade au jour le jour au pays des hommes intègres. Les promesses des nouvelles autorités de rétablir la paix au Burkina Faso peinent à se concrétiser. Parallèlement, les voies critiques sont étouffées. Plusieurs sources dénoncent des  d’enlèvements forcés et des disparitions.

    Ce contexte interpelle l’ancien président de la transition burkinabè qui, dans un courrier en date du 1er juillet, fait part de son inquiétude. « Je ne peux pas garder le silence face aux exactions contre les civils », alerte l’ancien putschiste lui-même renversé le 30 septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré.

    Paul-Henri Sandaogo Damiba vit depuis lors à Lomé en résidence surveillée mais suit de près ce qui se passe dans son pays.

  • Au Burkina Faso ou Mali, pourquoi ces peuples irrémédiablement divisés ?

    Au Burkina Faso ou Mali, pourquoi ces peuples irrémédiablement divisés ?

    Former leurs concitoyens à apprécier et à décider par eux-mêmes, chaque fois que se jouent la paix civile et les libertés individuelles est, pour les dirigeants politiques, une impérieuse nécessité.

    Au Burkina, comme au Mali, les mouvements de grève, cette semaine, portaient sur le non-respect des lois, les décisions de justice et les atteintes aux libertés individuelles. Une partie de la population soutient fermement les militaires au pouvoir à Ouagadougou et à Bamako, mais l’autre, à son corps défendant, critique, à défaut de les combattre. Comment comprendre cette division, perçue comme une fracture entre franges irréconciliables d’une même nation ?

    Dans tous les pays où prévaut un certain pluralisme politique, et où chacun peut s’exprimer librement, de telles divisions s’observent. Et la société veille à ce que ces tensions, à force d’intolérance, voire de fanatisme, ne débouchent sur une guerre civile. Dans nombre d’États de notre Afrique francophone, le rapport d’avidité et de gloutonnerie qu’ont certains politiciens au pouvoir d’État complique les choses. Surtout lorsque, aux dépens de l’intérêt général, certains responsables utilisent la politique à des fins personnelles, de carrière ou de vie quotidienne, au mépris des conséquences, pour tous, de leur égoïsme. Il arrive même que certains, pour conserver à jamais leurs avantages et autres prébendes, en viennent à traiter leurs propres concitoyens en ennemis, à les accuser de traîtrise à la patrie, lorsqu’ils pensent différemment.

    De tous temps, la tentation de ceux qui détiennent le pouvoir politique et en abusent dans certains pays d’Afrique a été d’interdire aux autres le droit de penser, dès lors qu’ils refusent de se joindre à l’enthousiasme de commande. Et certains de ceux qui, ici ou là, persécutent aujourd’hui, sont des individus qui ont, par le passé, connu eux-mêmes l’opposition, sinon l’oppression. Nul ne s’étonnerait si, demain, parvenu aux affaires, tel ou tel d’entre eux se mettait à persécuter à son tour.

    Serait-ce si facile de faire taire les opposants juste en les accusant de traîtrise à la patrie ?

    Tous ne se taisent pas, et certains le paient de leur liberté. Mais, de telles méthodes prospèrent souvent là où la population n’est pas suffisamment outillée pour résister à la manipulation. D’où la nécessité de l’éduquer. Pour avoir cru que l’effondrement des régimes autocratiques induisait, ipso facto, la floraison, partout, d’une démocratie consolidée, nombre de pays ont oublié de structurer l’éducation politique de leurs citoyens. Trois décennies durant, certains leaders ont même oublié de se cultiver à la démocratie. Comme si la seule proclamation du pluralisme politique propulserait, par miracle, les nations en démocratie. Toutes, aujourd’hui, se disent en démocratie, alors que la mentalité et les comportements n’ont jamais autant relevé de l’ère du parti unique. Comme en témoignent les contenus politiques sur les réseaux sociaux, avec leurs torrents de rancœur, d’acrimonie, d’injures et de haine. Sur la toile, certains peuples sont, de fait, déjà en guerre civile ! Et cela va bien au-delà du Burkina, du Mali et de quelques autres Etats en sortie de route constitutionnelle…

    Ces divisions n’ont-elles donc rien à voir avec les coups d’État ?

    Pas plus que les coups d’État constitutionnels perpétrés à longueur d’année, ici et là sur le continent, les putschs militaires n’aident pas à calmer les tensions. Mais les autres peuples auraient tort de se croire moins concernés que ceux sous le joug d’un pouvoir kaki. D’autant que ces tensions tiennent toutes à des calculs personnels, aussi bien de partisans que de détracteurs des pouvoirs en place. Le salut passera par la capacité des citoyens à préférer des dirigeants avec une hauteur de vue et beaucoup de probité morale, à ceux qui chercheraient à les manipuler. D’où l’urgence d’une éducation civique solide, pour prémunir les peuples les contre les politiciens aux agendas inavouables, qui voudraient, pour leurs intérêts du moment ou des privilèges à retrouver, les abuser.

    Aussi, dans un environnement surpeuplé comme jamais de laudateurs serviles et de détracteurs stériles, la responsabilité impérieuse des politiques est de former leurs concitoyens à apprécier et décider par eux-mêmes, chaque fois que se jouent la paix civile et les libertés individuelles.

    Chronique de Jean-Baptiste du 8 juin 2024

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