Étiquette : Arts

  • Espoir Fadu mise sur la peinture pour libérer la créativité des enfants

    Espoir Fadu mise sur la peinture pour libérer la créativité des enfants

    Dans un contexte où les activités artistiques restent encore peu accessibles à de nombreux enfants, l’artiste plasticien Espoir Fadu multiplie les ateliers pour faire de la peinture un véritable outil d’expression et d’éveil.

    La peinture ne sert pas uniquement à produire de belles images. Elle peut aussi devenir un langage. C’est le pari fait par l’artiste plasticien Espoir Fadu, qui poursuit ses ateliers de formation destinés aux enfants. La troisième vague de son programme consacré à la peinture et à l’harmonie des couleurs a débuté ce lundi 10 août 2026.

    Sur sa page Facebook, l’artiste appelle déjà les parents à anticiper les inscriptions pour la quatrième vague, annoncée du 26 au 28 août. « La place est limitée », prévient-il, alors que l’initiative entend familiariser les plus jeunes avec les fondamentaux de la création picturale.

    Donner aux enfants un autre langage

    Derrière l’apprentissage des couleurs, des formes et des techniques de peinture, Espoir Fadu défend une conception plus large de l’art. Pour lui, l’enfant doit pouvoir disposer d’espaces où il peut expérimenter, imaginer et traduire autrement ce qu’il ressent.

    « S’exprimer autrement à travers la peinture », écrit-il pour résumer la philosophie de ces ateliers. Une formule qui place l’expression personnelle au cœur de la démarche.

    L’art comme outil d’éveil

    L’initiative intervient également dans un contexte où les disciplines artistiques peinent encore à occuper une place centrale dans les parcours éducatifs. En initiant les enfants à la peinture, Espoir Fadu entend contribuer au développement de leur imagination, de leur sensibilité et de leur capacité à créer.

    La prochaine session, prévue du 26 au 28 août, constituera donc une nouvelle occasion pour les jeunes participants de découvrir l’univers pictural. À travers cette démarche, l’artiste défend une conviction simple : apprendre à peindre, c’est aussi apprendre à regarder, à ressentir et à s’exprimer.

  • Vacances utiles : le Collectif Fragments Nomades ouvre les portes de l’art aux jeunes

    Vacances utiles : le Collectif Fragments Nomades ouvre les portes de l’art aux jeunes

    Le Collectif Fragments Nomades et l’Atelier Ekouagou misent sur la transmission artistique pour occuper utilement les jeunes durant les vacances, une démarche qui s’inscrit dans la continuité de l’engagement de l’atelier en faveur de l’initiation aux arts plastiques.

    À Agoè-Kové, les vacances prennent une autre couleur. Entre pinceaux, crayons, collages et découvertes artistiques, une dizaine de jeunes à la fois franchissent chaque semaine les portes de l’Atelier Ekouagou pour une immersion gratuite dans l’univers des arts plastiques. Une initiative portée par le Collectif Fragments Nomades et l’Atelier Ekouagou, qui placent la transmission et l’éveil créatif au cœur de leur engagement.

    Pendant que beaucoup d’élèves profitent de la pause estivale pour se divertir, d’autres font le choix d’apprendre autrement. Depuis quelques jours, l’Atelier Ekouagou accueille une série de sessions de formation artistique destinées aux jeunes élèves. Organisée entièrement sur fonds propres, cette initiative est le fruit d’une concertation entre le Collectif Fragments Nomades et l’Atelier Ekouagou.

    Le principe est simple mais ambitieux : recevoir les participants par vagues de dix afin de garantir un apprentissage de qualité, un meilleur suivi pédagogique et une véritable proximité entre les formateurs et les apprenants.

    À la tête de ces ateliers, le président du Collectif Fragments Nomades, l’artiste plasticien Kokou Ekouagou, partage avec les jeunes son expérience, son savoir-faire et surtout sa passion pour la création artistique.

    Loin d’une simple initiation technique, ces séances invitent les participants à développer leur imagination, à exprimer leur sensibilité et à porter un regard nouveau sur le monde qui les entoure.

    Faire des vacances un temps d’apprentissage

    Pour les initiateurs du projet, cette formation répond à une préoccupation bien réelle : offrir aux jeunes une activité constructive pendant les vacances scolaires.

    À travers le dessin, la peinture, le collage ou encore les techniques d’assemblage, les élèves découvrent que l’art peut devenir un formidable moyen d’expression, mais aussi un espace d’épanouissement personnel.

    Dans un contexte où de nombreux jeunes restent sans activités durant les congés, cette initiative entend leur proposer un cadre sain, créatif et stimulant.

    L’objectif dépasse largement l’apprentissage du dessin. Il s’agit aussi de développer la patience, la concentration, l’observation, l’esprit critique et la confiance en soi, autant de qualités qui accompagneront ces jeunes bien au-delà de leur parcours artistique.

    Le choix d’organiser cette formation gratuitement traduit également la volonté des deux structures de rendre la pratique artistique accessible à tous, indépendamment des moyens financiers des familles.

    L’Atelier Ekouagou, une histoire de transmission

    Cette nouvelle action s’inscrit dans la continuité d’un engagement déjà ancien. Créé il y a plusieurs années à Agoè-Kové, l’Atelier Ekouagou est progressivement devenu un espace de référence pour l’initiation aux arts plastiques. Depuis ses débuts, il accueille enfants, jeunes et adultes désireux de découvrir le dessin et les différentes formes d’expression artistique, avec une attention particulière portée aux publics les plus vulnérables.

    Malgré les difficultés rencontrées au fil des années, notamment durant la pandémie de Covid-19, l’atelier a poursuivi sa mission de transmission grâce à la détermination de ses responsables. Cette persévérance a permis de maintenir une dynamique artistique au sein du quartier, avec des moyens pourtant modestes.

    L’année 2024 a marqué une étape importante avec l’aménagement d’un véritable centre artistique grâce à un financement du Fonds national de promotion culturelle (FNPC). Ce projet a permis d’améliorer les infrastructures, d’acquérir du matériel pédagogique et d’offrir de meilleures conditions d’apprentissage aux bénéficiaires.

    Les résultats parlent d’eux-mêmes : plus d’une cinquantaine de participants, principalement des enfants âgés de 6 à 15 ans, ont déjà bénéficié de ces formations, donnant naissance à de nombreuses œuvres artistiques présentées lors d’expositions de fin de session.

    Fragments Nomades, un art sans frontières

    Si l’Atelier Ekouagou constitue le lieu physique de cette transmission, le Collectif Fragments Nomades lui apporte une dimension internationale.

    Né de la rencontre entre différentes sensibilités artistiques, le collectif relie Lomé et Paris autour d’une même vision de la création contemporaine. Son manifeste revendique un art qui explore les circulations humaines, les fragments d’histoires, les matières oubliées et les formes contemporaines du vivant.

    À travers le collage, les arts plastiques, l’écriture, les textures et les assemblages, le collectif transforme les traces du réel en espaces de dialogue où se croisent mémoire, identité, transmission et diversité culturelle.

    Cette philosophie irrigue naturellement les formations proposées aux jeunes élèves. Chaque création devient une invitation à raconter une histoire, à valoriser les matériaux du quotidien et à développer un regard personnel sur son environnement.

    Le collectif considère en effet que la matière est une mémoire vivante. Papier, textile, pigments, archives ou objets récupérés deviennent autant de supports permettant de faire dialoguer les cultures et les générations.

    Former les artistes… mais aussi les citoyens de demain

    Au-delà de la pratique artistique, cette initiative porte une ambition éducative. Les responsables souhaitent faire découvrir aux jeunes que l’art est aussi un langage universel, un moyen de dialogue et un puissant outil d’inclusion sociale.

    Cette vision rejoint d’ailleurs les objectifs poursuivis depuis plusieurs années par l’Atelier Ekouagou : favoriser l’accès à l’éducation artistique, développer la créativité, encourager le brassage culturel et contribuer à l’insertion sociale des bénéficiaires.

    En accueillant gratuitement ces élèves durant les vacances, le Collectif Fragments Nomades et l’Atelier Ekouagou démontrent qu’il est possible de transformer le temps libre en une véritable opportunité d’apprentissage, de découverte et de construction personnelle.

    À travers cette initiative, les deux structures confirment leur volonté de faire de l’art un espace ouvert à tous, où la création dépasse le simple geste esthétique pour devenir un levier de transmission, de partage et d’émancipation. Une démarche qui pourrait inspirer d’autres acteurs culturels et éducatifs, convaincus que l’éveil artistique constitue aussi un investissement durable pour l’avenir de la jeunesse togolaise.

  • Chronique: quand l’art refuse un seul centre

    Chronique: quand l’art refuse un seul centre

    Il y a des moments où l’art cesse d’être un simple objet exposé pour devenir un langage collectif, un espace de respiration, une prise de position face au monde.

    Il y a des moments où l’art cesse d’être un simple objet exposé pour devenir un langage collectif, un espace de respiration, une prise de position face au monde. La clôture des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (RICAC) ART TO GO 2026 s’est inscrite dans cette dynamique. Plus qu’un événement de fin de parcours, elle a révélé une conviction forte : la création contemporaine ne se pense plus depuis un centre unique, mais depuis une pluralité de pôles qui coexistent, se confrontent et s’enrichissent.

    Durant près de deux semaines, artistes venus d’horizons différents ont partagé un même espace de travail, mais surtout des manières diverses de voir, de dire et de ressentir le monde. Le thème choisi cette année, « La métaphore multipolaire », n’avait rien d’anodin. Il ne promettait ni confort intellectuel ni consensus immédiat. Au contraire, il invitait à l’inconfort fertile, à la remise en question des certitudes, à l’acceptation des contradictions comme moteurs de création.

    Dans un contexte mondial marqué par les fragmentations – politiques, culturelles, identitaires – la métaphore multipolaire agit comme une réponse artistique. Elle refuse la domination d’un récit unique, d’une esthétique hégémonique ou d’une lecture imposée du réel. Aux RICAC, cette idée n’est pas restée théorique. Elle s’est incarnée dans les échanges entre disciplines, dans les frottements entre esthétiques, dans les discussions parfois rugueuses, parfois silencieuses, qui précèdent l’émergence d’une œuvre juste.

    Les œuvres présentées à l’issue de la résidence ne sont pas des productions isolées. Elles portent en elles les traces de rencontres humaines et artistiques. Elles racontent les langues échangées, les gestes observés, les références déplacées. Elles témoignent d’un processus où l’artiste accepte d’être transformé par l’autre, par le contexte, par le doute. Ici, la création devient un acte relationnel, presque politique : créer avec, plutôt que créer contre ou au-dessus.

    L’exposition de clôture n’a donc rien d’une simple vitrine finale. Elle s’apparente davantage à une cartographie sensible. Chaque œuvre y est un point de force, un pôle autonome, mais jamais dominateur. Aucune ne prétend résumer le monde. Ensemble, elles proposent une lecture éclatée, multiple, parfois déroutante, mais profondément honnête de notre époque. Elles invitent le regardeur à abandonner l’idée d’une interprétation unique, au profit d’une pluralité de sens assumée.

    Dans ce cadre, la remise des ART’ PLASTIC AWARDS prend une signification particulière. Il ne s’agit pas de classer ou de hiérarchiser de manière rigide. Le trophée devient un geste symbolique de reconnaissance : reconnaissance de l’engagement, de l’audace, de la rigueur, mais aussi de la générosité humaine dont les artistes ont fait preuve tout au long de la résidence. Récompenser, ici, c’est saluer un parcours, un risque pris, une posture artistique ouverte au dialogue.

    Cette aventure collective n’aurait toutefois pas été possible sans un écosystème souvent invisible. Derrière les œuvres, il y a le travail discret mais essentiel des équipes de coordination, de médiation et de production. Il y a aussi la confiance des partenaires et des institutions qui ont cru en la pertinence du projet, et bien sûr le public, sans lequel l’œuvre reste inachevée. Car l’art ne s’accomplit pleinement que dans la rencontre avec l’autre.

    À travers les RICAC ART TO GO 2026, une idée s’impose : l’art n’a pas vocation à simplifier le réel. Dans un monde en quête de réponses rapides et de vérités simplifiées, il ose au contraire la complexité. Il rend le monde plus habitable en acceptant sa diversité, ses tensions et ses zones d’ombre. Il ouvre des espaces où les pôles ne s’annulent pas, mais dialoguent.

    En cela, cette résidence laisse une trace durable. Les œuvres, les échanges et les liens tissés ne s’arrêtent pas à la clôture officielle. Ils continueront de circuler, de nourrir d’autres projets, d’autres regards. ART TO GO porte bien son nom : l’art y est en mouvement, prêt à voyager, à contaminer d’autres territoires et d’autres imaginaires.

    Plus qu’une fin, les RICAC 2026 auront été un point de départ. Un rappel salutaire que la création artistique, lorsqu’elle accepte la multipolarité, devient un espace rare : celui où la complexité du monde n’est pas une menace, mais une richesse.


    Chronique écrite à partir du discours de clôture de Kokou Ekouagou, Directeur artistique – Les RICAC 2026, Artiste plasticien | Consultant | Manager culturel

  • Au Togo, HopeMax fait parler l’art jusqu’au plus intime de l’être

    Au Togo, HopeMax fait parler l’art jusqu’au plus intime de l’être

    Maximilienne Misiratou Salawou, connue sous le nom d’artiste HopeMax, impose une vision profonde de la création artistique, celle d’un art qui ne se contente pas de séduire l’œil, mais qui dialogue avec l’âme humaine.

    Lors d’une conversation exclusive accordée à Renouveau228 dans la soirée de ce samedi 14 février, chez elle, dans son atelier, la jeune plasticienne a dévoilé les racines de son inspiration, les messages cachés derrière ses œuvres et ses ambitions pour l’avenir, révélant une maturité et une sensibilité qui dépassent largement son âge.

    Un art qui vient de l’intérieur

    Pour HopeMax, l’art n’est pas une simple activité esthétique ou récréative. C’est une démarche existentielle. Depuis son plus jeune âge, elle s’est tournée vers la création comme un langage intime, capable de traduire ce que les mots ne peuvent pas toujours dire.

    « À travers mes tableaux, je révèle ce qui habite mon âme », confie-t-elle avec sérieux et émotion. Son rapport à la peinture est avant tout intuitif. Elle laisse ses émotions guider ses coups de pinceau, ses choix de textures et de couleurs, dans une quête de sincérité expressive plutôt que de perfection formelle.

    HopeMax considère chaque toile comme une fenêtre ouverte sur son monde intérieur, un territoire où se mêlent amour, espoir, douleur, résilience et questionnements existentiels. Cette approche rappelle l’idée que l’art agit comme un langage de l’inconscient, permettant à l’artiste et au spectateur d’atteindre des zones de sens qui échappent à la logique ordinaire.

    L’exposition « Manifestation de l’Âme » : un pont entre artistes et spectateurs

    Son exposition la plus récente, HOPEMAX EXPO 2025, Manifestation de l’Âme, organisée à Lomé, a attiré un public nombreux et varié, enthousiaste à l’idée de découvrir une jeune voix artistique émergente.

    Pour l’artiste, ce vernissage n’a pas été un simple affichage de tableaux, mais bien un moment de partage émotionnel. Chaque visiteur a été invité à ressentir, interpréter et se reconnaître dans les œuvres, plutôt que de réduire celles-ci à de simples objets de contemplation.

    « L’art, pour moi, est un espace de rencontre », dit-elle. « Ce que je recherche, ce n’est pas l’admiration, mais la connexion. Que quelqu’un puisse voir dans mes couleurs et mes formes un reflet de ce qu’il porte lui-même à l’intérieur. »

    Cette vision rejoint une idée largement partagée par les théoriciens de l’art : loin d’être un divertissement superficiel, l’art est un miroir de l’âme humaine — un moyen de communication qui dépasse les mots, les cultures et les barrières sociales.

    Des thèmes universels, une voix personnelle

    À travers ses œuvres, HopeMax aborde des thèmes profondément humains : la quête d’identité, la résilience face à l’adversité, l’espoir malgré les blessures, et un appel à l’écoute intérieure. Son travail parle autant de vulnérabilité que de force, avec une capacité rare à conjuguer sensibilité et puissance expressive.

    « Je ne peins pas seulement ce que je vois », explique-t-elle. « Je peins ce que je ressens, ce qui me pousse à avancer dans la vie. »

    Cette démarche artistique est doublement significative : elle reflète à la fois un voyage intérieur — une exploration des émotions et des questionnements personnels — et une volonté d’ouverture vers les autres. Dans chaque composition, l’artiste tente d’ouvrir une porte vers une compréhension plus profonde de l’expérience humaine.

    Un engagement au-delà de la surface

    HopeMax ne considère pas l’art comme un simple hobby ou un passe-temps. Pour elle, créer, c’est résister, communiquer, transformer. Elle se bat pour que l’art soit perçu comme un vecteur de sens et d’émotion, capable de résonner avec les luttes individuelles et collectives.

    Dans des sociétés où la liberté d’expression artistique peut parfois être limitée ou mal comprise, la jeune artiste voit sa démarche comme un acte d’affirmation. Comme beaucoup d’artistes avant elle, elle pense que l’art a une dimension sociale et spirituelle qui dépasse la beauté visuelle.

    Son ambition ne s’arrête pas à exposer des toiles dans un salon. Elle souhaite que sa démarche inspire la jeunesse, particulièrement au Togo et en Afrique, à utiliser l’art comme un outil d’expression, de partage et de transformation personnelle.

    Regarder autrement, ressentir pleinement

    Le message central de HopeMax est limpide : l’art n’est pas seulement pour les yeux, il est pour l’âme. À travers sa peinture, elle veut inviter chacun à regarder autrement, à ressentir avec profondeur et à se connecter à cette partie essentielle de soi que beaucoup ignorent ou répriment.

    « L’art est une force vivante, un miroir de l’âme et un chemin vers la lumière », affirme-t-elle.

    En appliquant une telle philosophie, la jeune plasticienne se place déjà parmi les voix nouvelles les plus prometteuses de la scène artistique togolaise et africaine. Avec ses 22 ans, elle ne se contente pas de peindre — elle tisse un langage partagé, un pont entre les émotions humaines et l’expression artistique.

    Dans un monde où l’art est parfois réduit à des formes superficielles, HopeMax rappelle que la création est d’abord un acte profondément humain — un langage de l’âme, capable de résonner avec chacun de nous. À travers sa sensibilité, son engagement et sa vision, elle trace sa propre voie artistique — ambitieuse, sincère et essentielle.

  • RICAC, un carrefour créatif

    RICAC, un carrefour créatif

    La cérémonie des ART PLASTIC AWARDS 2026, tenue le 6 février à Lomé dans le cadre des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (RICAC) – ART TO GO, s’impose comme un tournant majeur pour les arts plastiques au Togo et, au-delà, pour la scène artistique africaine. En clôturant deux semaines d’intenses résidences placées sous le thème de la multipolarité, l’événement a confirmé le rôle stratégique de Lomé comme espace de création, de circulation des idées et de reconnaissance des talents du continent.

    Bien plus qu’une simple cérémonie de remise de prix, ART TO GO s’affirme comme un outil structurant pour les artistes, notamment togolais, souvent confrontés à un manque d’infrastructures, de visibilité internationale et de cadres de formation spécialisés. En sélectionnant chaque année quatorze artistes, personnalités ou institutions, le programme crée un environnement propice à l’émergence, à la professionnalisation et à la mise en réseau des créateurs africains.

    Pour les artistes togolais, les retombées sont multiples. D’abord en termes de visibilité : évoluer au sein d’une résidence internationale, exposer aux côtés de confrères venus d’autres pays africains et être vus par des curateurs, critiques et acteurs culturels constitue une opportunité rare. Ensuite en termes de montée en compétences : le travail collectif, les échanges esthétiques et les confrontations de pratiques permettent aux artistes locaux d’affiner leur langage plastique et de se positionner dans les débats artistiques contemporains.

    L’édition 2026 a également mis en lumière la capacité des artistes togolais à dialoguer d’égal à égal avec leurs homologues africains. Les œuvres produites — tableaux et sculptures — puisent à la fois dans l’histoire du Togo, les valeurs de paix, de vivre-ensemble et de souveraineté, tout en s’inscrivant dans une réflexion globale sur un monde multipolaire. Cette articulation entre ancrage local et ouverture internationale est l’un des principaux acquis de la résidence.

    La remise du Prix de la Renaissance Africaine à Julie Mehretu et Ibrahim Mahama a, elle aussi, un impact symbolique fort pour les artistes participants. En côtoyant des figures majeures de l’art contemporain mondial, les jeunes créateurs africains mesurent concrètement que des trajectoires internationales sont possibles à partir du continent. Ces parcours inspirants contribuent à briser le plafond de verre psychologique qui freine encore de nombreux talents africains.

    Le choix de Tsévié comme espace de création et de réflexion renforce également les bénéfices à long terme de l’initiative. Présentée comme la source de la nation togolaise, la localité incarne l’ambition de voir naître la première école nationale des beaux-arts. Pour les artistes togolais, cette perspective représente un espoir structurant : celui d’un futur où la formation artistique de haut niveau pourra se faire sur place, réduisant l’exil forcé des talents.

    Dans son discours de clôture, le directeur artistique Kokou Ekouagou a rappelé que la résidence ART TO GO est avant tout un laboratoire vivant, où les idées, les identités et les esthétiques se confrontent sans hiérarchie. Cette dynamique bénéficie particulièrement aux artistes africains, souvent cantonnés à des catégories figées sur les scènes internationales. Ici, ils construisent eux-mêmes leurs récits, en toute souveraineté.

    La remise de 14 distinctions, incluant mentors panafricains, meilleurs espoirs, mécènes et acteurs institutionnels, renforce cette logique inclusive. Elle valorise non seulement les artistes confirmés, mais aussi les jeunes talents et les soutiens indispensables à l’écosystème culturel. Pour les créateurs togolais et africains, cette reconnaissance constitue un levier de crédibilité et d’accès à de nouvelles opportunités.

    La présence de Natta N’Poh Labounamah, représentant du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, et le soutien affiché de l’État togolais, envoient enfin un signal fort : celui d’une reconnaissance institutionnelle du rôle stratégique de l’art dans le développement culturel et social.

    À travers les ART PLASTIC AWARDS 2026, Lomé s’impose ainsi comme un carrefour créatif africain, offrant aux artistes togolais et à leurs pairs du continent un espace d’expression, de reconnaissance et de projection vers l’avenir. Une dynamique porteuse, qui participe à la construction d’un écosystème artistique africain plus fort, plus visible et résolument tourné vers le monde.

  • Avec RICAC, l’art africain en mouvement à Tsévié

    Avec RICAC, l’art africain en mouvement à Tsévié

    Au Togo, à Tsévié, Zio 1, les Résidences Internationales de Créations Artistiques et Culturelles (RICAC) 2026, dénommées “ART TO GO”, ont été officiellement été lancées ce lundi 26 janvier.

    Pendant deux semaines, jusqu’au 6 février 2026, la cité devient un véritable carrefour de la création artistique contemporaine africaine. L’édition de 2026 réunit des artistes venus de plusieurs pays africains autour du thème “La métaphore multipolaire : créer dans un monde de points de vue”.

    La cérémonie d’ouverture a été marquée par la présence du représentant du maire de la Commune de Zio 1, du représentant du Gouverneur de la région Maritime, ainsi que de plusieurs acteurs du monde culturel et artistique.

    Isaac Tchiakpe, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, a officiellement ouvert l’événement, en réaffirmant l’engagement de l’État togolais en faveur du développement culturel et de la promotion des industries créatives.

    “Le coup de pinceau inaugural, donné par le ministre Isaac Tchiakpe, a marqué le lancement officiel des RICAC 2026, traduisant la volonté de placer l’art au cœur de l’action publique et du dialogue social”, a-t-il déclaré.

    La conférence inaugurale, animée par l’artiste plasticien Kokou Ekouagou, Directeur artistique des RICAC, a mis en lumière la nécessité pour les artistes africains de penser la création comme un espace de croisements, de pluralité des regards et de dialogue entre les cultures.

    Pendant deux semaines, des créateurs originaires du Togo, du Bénin, du Mali, du Sénégal, du Cameroun et du Ghana partageront un espace de résidence dédié à l’échange, à la recherche et à l’expérimentation artistique, dans une dynamique de dialogue interculturel et de réflexion contemporaine.

    ART TO GO se veut un espace de transmission, de sensibilisation et de valorisation des expressions culturelles africaines, tout en rapprochant l’art des populations locales à travers des expositions, rencontres et moments de partage avec le public.

    Soutenue par plusieurs partenaires institutionnels et privés, cette édition 2026 des RICAC confirme son ambition : faire de l’art un langage commun, mobile et engagé, au service de l’unité, de la mémoire collective et du progrès social.

  • RICAC 2025: Ekouagou “invite à dépasser la simple réalité du quotidien pour plonger dans des univers inexplorés”

    RICAC 2025: Ekouagou “invite à dépasser la simple réalité du quotidien pour plonger dans des univers inexplorés”

    L’un des moments forts du premier jour des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (RICAC) a été la conférence animée par l’artiste et manager culturel Kokou Ekouagou. Une intervention qui part du thème “Au-dessus du réveil” pour déboucher sur ce que l’auteur appelle la “naissance (…) des œuvres inspirées”, convaincu que la thématique abordée “est une proposition poétique, philosophique, presque mystique”. Lire plutôt sa communication pour mieux cernée ses idées.

    Conférence d’ouverture de la résidence internationale : “Au-dessus du réveil”

    Mesdames, Messieurs les autorités à vos rangs et grades respectifs.

    Chers collègues Artistes,

    Amateurs d’Art et de Culture,

    Chers invités.

    C’est avec un grand plaisir que je prends la parole ce matin, dans ce cadre sobre mais riche en histoire.

    Avant d’aller loin dans mes propos, je dis un grand merci à toutes et tous d’avoir répondus présents à l’invitation afin d’assister, à ce jour, à la cérémonie d’’ouverture des Résidences Internationales de Créations Artistiques et Culturelles (Les RICAC) << ART TO GO >> 2025.

    Nos sincères remerciements au ministère en charge de la Culture, à la Mairie de la Commune du Zio 1  et aux membres du Comité d’Organisation pour leurs efforts si efficacement conjugués pour une parfaite tenue de cette grande messe culturelle.

    C’est un véritable honneur pour nous de nous rassembler pour faire de la culture une expression de la liberté, destinée à consolider l’unité nationale pour en faire un vecteur de développement et de coopération internationale par les échanges culturels.

    Mesdames et Messieurs, chers artistes, chers invités, 

    C’est avec un immense plaisir et une grande émotion que je me tiens devant vous aujourd’hui, à l’ouverture de cette résidence internationale de créations artistiques et culturelles, qui s’annonce riche en échanges, en découvertes et en collaborations.

    Nous sommes réunis ici pour donner naissance à des œuvres inspirées, des idées nouvelles et des expériences partagées.

    “Au-dessus du réveil” est le thème de cette résidence. Il aussi simple que complexe. Car cette problématique nous invite à dépasser la simple réalité du quotidien pour plonger dans des univers inexplorés, dans des horizons où l’imaginaire et la conscience se rencontrent, se confrontent et se métamorphosent.

    “Au-dessus du réveil” est une proposition poétique, philosophique, presque mystique.

    En effet, sur le plan artistique, un réveil se manifeste !

    Il est initié par le Réseau International des Artistes en Arts Visuels (RIA-AV), avec des Artistes venus de divers horizons !

    Le mouvement s’implante et fait intégrer la dynamique des Résidences Internationales de Créations Artistiques et Culturelles, encore appelées les RICAC!

    Des talents novateurs se manifestent dans la Sculpture et la Peinture !

    Le mouvement <<de MARTO à MARMO>>, autrement dit le Mouvement des Artistes du Togo (MARTO) au Mouvement des Artistes du Monde (MARMO), tente de fédérer des Créateurs, notamment dans les Arts plastiques avec des influences réciproques, de nombreux autres Créateurs émergents, avec force et créativité exceptionnelle !

    Antoine de Saint-Exupéry le résume bien :  “pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible”. De ce réveil, ensemble, nous devons travailler avec des actions concrètes dans un accompagnement ciblé, pour permettre aux Artistes de sortir des situations difficiles qui prennent beaucoup d’énergie et freinent l’élan, et pour lesquelles différentes tentatives de solution sont restées sans effet.

    ‘’Au-dessus de ce réveil’’, nous devons avoir l’accès par l’art au trou dans le savoir !

    En fait, il est question de se concentrer sur la construction de la muraille à l’œuvre artistique et culturelle avec l’amour de la passion du domaine.

    Transmettre son savoir, être au rendez-vous comme pédagogue pour permettre à l’individu de comprendre et de répondre à ce qu’on attend de lui.

    L’observation effectuée à partir d’un atelier de création artistique et culturelle nous a permis d’aller plus loin et de proposer une conceptualisation des enjeux de cette rencontre artistique internationale.

    Une rencontre artistique qui permettrait de cerner le point intime d’un dispositif à l’œuvre, pour permettre d’ouvrir une fenêtre sur l’existence d’un point de fuite pour aller au-dessus de notre réveil artistique et culturel.

    Sortir de la conformité et aller au-delà de nos inspirations artistiques et culturelles avec l’audace du désir pour s’orienter dans la réalité, en accord avec le monde contemporain.

    ‘’Au-dessus du réveil’’, il est essentiel de s’intéresser à l’évolution dans l’affirmation de notre identité culturelle, tout en gardant ses racines pour mieux nous aider à communiquer plus efficacement, et de diverses manières avec les autres cultures.

    Une résidence comme celle-ci est un espace de liberté. C’est ici, loin des jugements extérieurs et des pressions commerciales, que nous pourrons nous libérer des frontières habituelles de notre propre pratique artistique. Il s’agit d’un moment suspendu, un creuset d’expérimentation et de réflexion. C’est un espace où l’on peut prendre le temps de réfléchir à l’essence de nos œuvres, de tester de nouvelles formes d’expression et d’imaginer de nouvelles façons d’être ensemble à travers l’art. À travers nos échanges, nos créations et nos rencontres, une résidence artistique devient un lieu de transformation.

    Ce qui rend cette résidence particulièrement précieuse, c’est sa dimension internationale.

    Tous les artistes venus de différents horizons, apportent, chacun,  des visions uniques, des traditions culturelles, des savoir-faire différents.

    Chacun portera un regard singulier sur le thème “Au-dessus du réveil”.

    Ensemble, nous sommes invités à croiser nos regards, nos pratiques et nos histoires, à déconstruire et reconstruire, à inventer un langage commun à travers l’art.

    Les échanges entre les cultures, la confrontation des idées et des sensibilités vont nourrir  cette résidence, la rendre plus vivante, plus intense. Et, au-delà de la simple coopération, ces échanges permettront à chacun de se réinventer, de redéfinir sa propre vision, d’aller “au-dessus” de ce que l’on croyait impossible. La rencontre des différences est toujours une source d’enrichissement, et c’est dans cette diversité que réside la véritable force de notre action collective.

    L’art a un pouvoir magique, celui de nous transporter, de nous faire voir autrement, de réinventer nos réalités et d’ouvrir des fenêtres vers des mondes insoupçonnés. C’est aussi un outil de résistance et de transformation. Dans un monde où les défis sont multiples, l’art offre une possibilité de réflexion, de contestation et, surtout, de réinvention.

    À travers nos créations, nous avons le pouvoir de poser des questions, de bousculer les certitudes, d’apporter des perspectives nouvelles.

    Je nous invite à prendre ce temps pour nous immerger pleinement dans nos processus créatifs. Ne nous limitons pas. Dépassons les évidences, allons chercher au plus profond de nous-mêmes ce qui émerge “au-dessus du réveil”. Que ce soit dans la lumière de l’aube ou dans les ombres qui précèdent le jour, explorons ces territoires indéfinis où tout est encore possible.

    Écoutons ce que votre art a à nous dire. Laissez-le nous guider, nous transformer.

    Ensemble, nous serons témoins de la beauté de la rencontre entre l’imaginaire et la réalité, entre le silence et l’expression, entre la pensée et l’émotion.

    Je nous souhaite tous une expérience créative enrichissante, nourrissante et pleine de surprises.

    Que ces moments de partage et de travail collectif soient pour chacun de nous une source d’inspiration profonde et un tremplin pour nos futures créations.

    Merci de faire de cette résidence un lieu vivant, un lieu de rencontre, de dépassement de soi et de créativité.

    À l’issue de cette semaine de travail, j’ai hâte de découvrir les fruits de nos réflexions et de nos créations.

     Ensemble, faisons de ce projet une aventure unique, audacieuse et inoubliable.

    Je vous remercie.

    Kokou Ekouagou

    Artiste Plasticien | Consultant | Manager Culturel

    Les RICAC 2025

Radio Renouveau228

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