Étiquette : Armées

  • Cameroun : des nominations militaires signées par Paul Biya alimentent les interrogations sur son état de santé

    Cameroun : des nominations militaires signées par Paul Biya alimentent les interrogations sur son état de santé

    Malgré les interrogations persistantes sur son état de santé et son absence prolongée, Paul Biya a signé une série de décrets de nominations militaires stratégiques qui renforcent le dispositif sécuritaire du Cameroun tout en relançant le débat sur l’exercice réel du pouvoir au sommet de l’État.

    Alors que les spéculations se multiplient autour de l’absence prolongée du président camerounais Paul Biya, 93 ans, de nouveaux décrets présidentiels portant d’importantes nominations au sein des forces armées viennent raviver le débat. Une question revient avec insistance dans les cercles politiques comme sur les réseaux sociaux : le chef de l’État, annoncé par certains comme très affaibli, est-il réellement l’auteur de ces décisions stratégiques ?

    Les autorités camerounaises ont publié plusieurs décrets attribués au président de la République. Ces textes consacrent la nomination de cinq nouveaux généraux de brigade, de nouveaux commandants territoriaux des armées ainsi que de responsables à la tête de plusieurs unités d’élite, dont la Garde présidentielle. Un nouveau major général de l’État-major des armées a également été désigné.

    Au-delà de leur portée administrative, ces nominations apparaissent comme un véritable verrouillage du dispositif sécuritaire camerounais. Elles interviennent dans un contexte marqué par une forte incertitude politique, alimentée par les nombreuses rumeurs sur l’état de santé du chef de l’État, dont les apparitions publiques se font de plus en plus rares.

    Pour de nombreux observateurs, le choix de renouveler les principaux postes militaires à un moment aussi sensible dépasse largement le cadre d’une simple réorganisation. Il traduit une volonté de consolider les leviers de commandement de l’appareil sécuritaire à l’approche d’échéances politiques majeures, tout en rassurant les cercles du pouvoir sur la continuité de l’État.

    Mais ces décrets soulèvent également une interrogation devenue récurrente : Paul Biya exerce-t-il encore personnellement la plénitude de ses fonctions ? Si le gouvernement n’a donné aucune indication laissant penser à un empêchement du président, le silence entretenu autour de son état de santé continue d’alimenter les doutes. Dans un pays où le secret entoure traditionnellement les questions liées au sommet de l’État, ces nouvelles nominations, loin de mettre fin aux spéculations, pourraient au contraire les renforcer.

  • Face au terrorisme, le Togo serre les rangs

    Face au terrorisme, le Togo serre les rangs

    Entre soutien international, renforcement militaire et mobilisation des troupes au nord du pays, le Togo intensifie sa riposte face à la menace terroriste qui gagne du terrain dans la sous-région.

    Face à la menace jihadiste qui pèse de plus en plus sur ses frontières septentrionales, le Togo intensifie sa coopération sécuritaire avec ses partenaires internationaux. Cette dynamique s’est illustrée ces derniers jours à Lomé avec le soutien affiché de la Coalition islamique militaire contre le terrorisme, au moment où les autorités togolaises multiplient les initiatives pour consolider le dispositif de défense dans le nord du pays.

    La visite dans la capitale togolaise du secrétaire général de la Coalition islamique militaire contre le terrorisme (IMCTC), le général de division Mohammed Al-Moghedi, marque une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre Lomé et cette organisation basée à Riyad. Reçu par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Calixte Batossie Madjoulba, le responsable saoudien a échangé avec les autorités togolaises sur les moyens de renforcer la coordination dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

    Les discussions ont également porté sur la stabilité régionale dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest restent confrontés à des attaques armées attribuées à des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Depuis plusieurs années, le nord du Togo subit une pression sécuritaire croissante en raison de la progression des groupes armés opérant dans la région sahélienne.

    Au-delà du cadre diplomatique, la coopération entre le Togo et l’IMCTC s’est traduite par une action concrète. Mardi, à Lomé, la coalition a officiellement lancé une initiative de fourniture d’équipements militaires destinés aux forces spéciales antiterroristes togolaises. Cet appui vise à améliorer les capacités opérationnelles des unités engagées sur le terrain, notamment dans les zones sensibles proches des frontières avec le Burkina Faso.

    Pour les autorités togolaises, ce soutien intervient à un moment crucial. Les attaques sporadiques enregistrées ces dernières années dans la région des Savanes ont poussé le gouvernement à revoir sa stratégie sécuritaire, avec un renforcement de la présence militaire et des investissements accrus dans les équipements de défense.

    Cette montée en puissance du dispositif sécuritaire s’accompagne également d’un engagement politique affiché au plus haut niveau de l’État. Il y a quelques jours, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, s’est rendu dans le nord du pays pour rencontrer les forces de défense et de sécurité déployées sur le front. Cette visite hautement symbolique visait à galvaniser les militaires engagés dans les opérations de sécurisation et à réaffirmer la détermination des autorités togolaises face à la menace terroriste.

    Sur place, le chef des armées togolaises a salué l’engagement des soldats et insisté sur la nécessité de maintenir une vigilance permanente pour prévenir toute tentative de déstabilisation du pays. Cette présence auprès des troupes traduit la volonté du pouvoir togolais d’afficher une posture de fermeté dans un contexte régional marqué par l’instabilité.

    Le rapprochement avec la Coalition islamique militaire contre le terrorisme confirme également l’ambition du Togo de diversifier ses partenariats sécuritaires. Alors que les défis liés au terrorisme deviennent de plus en plus transnationaux, Lomé cherche à renforcer ses capacités grâce à une coopération accrue avec des organisations internationales et des pays alliés.

    Dans un environnement sécuritaire régional particulièrement tendu, les autorités togolaises espèrent ainsi consolider leur dispositif de défense afin de contenir durablement la menace jihadiste à leurs frontières nord.

  • À l’école militaire de Saint-Cyr, «le Togo et la France, main dans la main»

    À l’école militaire de Saint-Cyr, «le Togo et la France, main dans la main»

    C’est l’histoire d’une amitié entre deux élèves-officiers. L’un est togolais, l’autre français. Ils se sont rencontrés sur les bancs de la prestigieuse école militaire française de Saint-Cyr et sont devenus inséparables. Tous deux passionnés par le pays de l’autre, ils veulent renforcer la coopération militaire entre le Togo et la France. 

    « Dès nos premiers jours à Saint-Cyr, on est directement devenu amis avec Essomendan », se rappelle le sous-lieutenant Hugues en se dirigeant vers une tente. À côté de lui, le Togolais Essomendan est vêtu du même uniforme bleu et rouge. Ils sont en pleine répétition pour le défilé du 14-Juillet, sur le camp militaire de Satory, en région parisienne. L’événement marque la fin de leurs études dans la prestigieuse école militaire française. 

    Un échange au Togo

    À son arrivée à Saint-Cyr, il y a trois ans, Essomendan découvre les us et coutumes de la France et s’attache au pays. Au fil des années, son amitié avec Hugues se renforce. L’élève-officier français, lui, est attiré par le Moyen-Orient. Mais, quand il apprend que l’académie propose un échange avec plusieurs pays d’Afrique dans le cadre d’un nouveau partenariat, il n’hésite pas une seconde : « Je n’ai pas réfléchi. C’était naturel, j’ai choisi le pays d’Essomendan, le Togo ». 

    Il part trois mois avec son ami togolais, qui devient son guide dans ce pays d’Afrique subsaharienne dont il ignore tout. C’est avec un grand sourire qu’Essomendan se remémore ce voyage chez lui :« On faisait nos sorties ensemble, on allait voir ma famille ensemble, on travaillait ensemble. On ne se quittait jamais ».

    Continuer à améliorer la coopération militaire entre les deux pays

    Frappé par l’accueil des Togolais, le sous-lieutenant Hugues tombe amoureux du pays et n’a plus qu’une idée en tête, y retourner. « J’aimerais continuer à améliorer la coopération militaire franco-togolaise afin que le pays puisse combattre efficacement le terrorisme au nord de ses frontières, en devenant attaché de défense par exemple. » 

    Le sous-lieutenant Essomendan acquiesce. « Nous avons des terrains d’opération qui sont amenés à être les mêmes. Si demain, je rencontre le sous-lieutenant Hugues sur un théâtre d’opérations, cela sera beaucoup plus facile de coopérer avec lui. »

    Alors ce lien, qu’ils ont noué sur les bancs de l’école, ils veulent le préserver, « le faire vivre à travers les âges ». Pour cela, ils ont une devise qu’ils aiment dire partout où ils vont. « Le Togo et la France, ensemble, main dans la main ! », s’exclament fièrement les deux amis.

    Source: Rfi.fr/Afrique

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes