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  • Entretien avec Kolani Baba Nazir, auteur de l’essai ”Le deal”: « Ce livre est destiné aux futurs étudiants désireux de poursuivre leurs cursus en France »

    Entretien avec Kolani Baba Nazir, auteur de l’essai ”Le deal”: « Ce livre est destiné aux futurs étudiants désireux de poursuivre leurs cursus en France »

    Etudiant en dernière année de Licence en droit et en économie à l’Université de Lille, le jeune togolais a publié en mars dernier l’ouvrage « Le Deal » dans lequel, il propose des solutions pour une meilleure intégration universitaire en France. Nous l’avons rencontré.

    Comment se passe le séjour à Lomé et qu’est-ce qui motive votre visite ?

    Je suis à Lomé pour présenter et promouvoir « Le Deal », un livre que j’ai récemment publié, le 18 mars dernier. Il est d’ailleurs disponible sur Amazon. Le Togo reste avant tout mon pays.

    De quoi parle concrètement le livre ?

    Je l’appelle déjà un essai. Un essai parce que, dans un premier temps, j’y expose une idée.

    Laquelle ?

    À travers mes observations, je constate — et je ne suis pas le seul à le dire — que les étudiants étrangers en France sont confrontés à de nombreuses difficultés, aussi bien administratives que financières.

    À la Faculté de Lille, qui est une université de province, il y a plusieurs milliers d’étudiants venus d’Afrique, d’Asie et d’ailleurs. Je suis quelqu’un qui observe beaucoup. J’ai beaucoup d’amis et de camarades, et leurs discours se ressemblent : difficultés administratives, problèmes financiers, solitude…

    Je me suis dit qu’on ne pouvait pas laisser la situation continuer ainsi, sinon les générations à venir souffriront aussi. J’ai fait des recherches, discuté avec des associations et observé les groupes d’étudiants. Personne n’avait réellement abordé ce problème de fond. C’est pourquoi j’ai écrit « Le Deal », afin de proposer une idée aux pouvoirs publics, en exposant clairement le problème.

    Vous parlez de « Le deal ». Comment faut-il l’interpréter ?

    « Le deal », c’est un accord, un partenariat entre les pouvoirs publics et les étudiants étrangers. C’est le principe du donnant-donnant, un accord gagnant-gagnant.

    Aujourd’hui, beaucoup veulent redéfinir les relations internationales sur une base plus équilibrée, du « 50-50 ». « Le Deal » s’inscrit aussi dans cette logique. Et cela ne concerne pas seulement les étudiants ; le concept a une portée beaucoup plus large.

    Je me suis notamment inspiré du modèle anglo-saxon. En Angleterre, par exemple, le gouvernement peut financer les études des étudiants. Si un Bachelor coûte 10 000 euros par an pendant trois ans, les frais sont avancés. Une fois inséré dans la vie professionnelle, l’étudiant rembourse progressivement.

    Je me suis demandé : pourquoi ne pas envisager cela pour les étudiants étrangers en France, avec des modalités claires que je développe dans le livre.

    Peut-on avoir une idée plus claire des difficultés financières et des solutions que vous proposez ?

    La première solution concerne les délais de traitement des titres de séjour. Lorsqu’un étudiant étranger n’a pas son titre de séjour, il devient pratiquement inexistant administrativement en France, voire en Europe. Son assurance maladie peut être suspendue, il ne peut pas travailler, et la vie devient très compliquée.

    J’adresse donc un message clair à l’administration : il faut revoir les délais de traitement des titres de séjour. A l’endroit des étudiants, il faut bien se préparer et réunir les documents nécessaires à l’avance. Nous savons que l’administration est saturée, mais un étudiant ne doit pas être pénalisé pour des lenteurs administratives.

    Ensuite, je parle dans le livre de la « bourse-deal ». Cette aide serait attribuée selon plusieurs critères : le mérite, les difficultés financières ou encore le pays d’origine. Par exemple, un étudiant pourrait recevoir une aide de 300 euros. Une fois inséré professionnellement, il participerait à la vie économique française et rembourserait progressivement cette aide, avec un faible taux d’intérêt. J’ai même fait un clin d’œil aux économistes afin qu’ils étudient les modalités de ce système. J’ai aussi échangé avec des assistantes sociales qui estiment que ce modèle reste réaliste.

    On entend parler d’une augmentation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers en France. Quel est votre point de vue sur le sujet ?

    Je voudrais rassurer les étudiants déjà engagés dans leur cursus et bénéficiant d’exonérations : ils ne sont pas concernés par cette mesure. Si vous avez commencé avec une exonération, vous continuerez normalement dans ce cadre. Concernant les nouveaux étudiants, je pense sincèrement que la France comprend la situation de nombreux jeunes africains, asiatiques et d’ailleurs. Elle sait que lorsqu’on n’a pas les moyens, il est difficile de payer plusieurs milliers d’euros de frais de scolarité.

    Je crois donc que cette mesure ne touchera pas tout le monde et que les dispositifs d’exonération continueront d’exister.

    Dans votre essai, vous parlez de « rapprochement spirituel ». Que voulez-vous dire par là ?

    J’évoque ce rapprochement spirituel parce qu’en discutant avec beaucoup d’étudiants, la question de la solitude revenait souvent.

    Ce livre est aussi destiné à aider mes jeunes frères qui viendront étudier à l’étranger. Beaucoup d’étudiants disent qu’ils se confient à Dieu, chacun selon ses croyances. Quand votre famille est à l’autre bout du monde, elle vous manque énormément. Cette solitude peut parfois devenir difficile à vivre.

    Quels conseils donnez-vous à un bachelier qui fera sa rentrée prochaine en France ?

    Je lui dirais d’abord qu’en arrivant dans un pays étranger, il faut respecter les règles du pays d’accueil. C’est essentiel pour avoir une vie paisible. Il faut aussi que les parents comprennent qu’au cours des premiers mois, un véritable accompagnement financier est nécessaire afin que les étudiants puissent s’épanouir et se concentrer sur leurs études.

    Au début, il y a beaucoup de démarches administratives qui demandent des moyens. On ne peut pas immédiatement commencer à travailler. Durant le premier semestre, voire la première année, il faut un soutien solide.

    Je conseille également aux étudiants de ne pas être trop pressés d’aller travailler. Chercher de l’argent est normal, mais il faut rester concentré sur l’objectif principal : la réussite académique. On arrive avec un visa étudiant, pas un visa de travailleur. Il faut d’abord réussir ses études avant de penser au reste.

    Votre livre aborde aussi la question de la bourse. Expliquez-nous un peu.

    Oui. Une partie importante du livre porte sur la responsabilité des pays d’origine. Je suis Togolais. Je réclame une forme de soutien à la France, mais quelle est aussi la responsabilité de mon propre pays ?

    Le Togo octroie pourtant des bourses d’excellence…

    Oui, mais cela reste insuffisant. Beaucoup d’étudiants togolais en France souffrent de difficultés, et ils le disent ouvertement.

    A combien se vend votre essai ?

    Le livre est vendu à 10,34 euros. Ce qui équivaut à 6500 FCFA. Il est disponible sur Amazon et, je l’espère bientôt, à la FNAC et dans d’autres librairies et au Togo aussi.

    Pour clôturer

    Je vous remercie pour l’opportunité que vous m’avez offerte pour parler de mon livre.

    Propos recueillis par la rédaction

  • Couples: l’appel fort de Mgr Isaac Gaglo

    Couples: l’appel fort de Mgr Isaac Gaglo

    Face à la montée des séparations et des divorces, l’archevêque de Lomé, Mgr Isaac Gaglo, appelle les couples à bâtir leur union sur des valeurs spirituelles et le sens du sacrifice.

    L’archevêque de Lomé, Mgr Isaac Gaglo, tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des séparations et des divorces au sein des couples. Lors d’une récente intervention, le prélat s’est inquiété de la fragilité croissante des unions matrimoniales, qu’il attribue à une vision superficielle du mariage.

    Selon lui, de nombreux couples souhaitent profiter des joies de la vie conjugale sans être prêts à accepter les sacrifices et les difficultés qui l’accompagnent. « Aujourd’hui, beaucoup de couples se séparent rapidement parce qu’ils veulent la joie du mariage sans accepter ses sacrifices », a-t-il déclaré dans des propos rapportés.

    Pour l’archevêque, un mariage ne peut reposer uniquement sur les sentiments, l’attirance physique ou encore le confort matériel. Il estime qu’une véritable stabilité conjugale nécessite une profonde vie spirituelle et une capacité à affronter ensemble les épreuves de la vie.

    « Il faut une vie spirituelle profonde. Il n’existe pas de foyer sans croix, mais avec le Christ, la croix purifie, elle ne détruit pas », a insisté le chef de l’Église catholique à Lomé.

    Cette sortie intervient dans un contexte où les séparations conjugales semblent de plus en plus fréquentes, aussi bien dans les grandes villes que dans les zones rurales. Si certains fidèles partagent l’analyse de l’archevêque, d’autres estiment que les réalités économiques, les tensions sociales et les évolutions des mentalités expliquent également cette hausse des divorces.

    Les propos de Mgr Gaglo relancent ainsi le débat sur les valeurs du mariage et les défis auxquels font face les couples aujourd’hui.

  • Au Togo, des milliers de familles en danger alimentaire

    Au Togo, des milliers de familles en danger alimentaire

    Plus de 330 000 personnes risquent de sombrer dans l’insécurité alimentaire aiguë dans l’extrême nord du Togo, où la menace sécuritaire et la précarité aggravent une situation humanitaire déjà critique.

    Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une situation préoccupante dans l’extrême nord du Togo. Selon une projection récente publiée par l’institution onusienne, plus de 330 000 personnes pourraient basculer dans une situation d’insécurité alimentaire aiguë au cours des trois prochains mois si aucune aide humanitaire n’est apportée.

    Les régions les plus exposées sont celles des Savanes et des zones frontalières du nord du pays, déjà fragilisées par les tensions sécuritaires et les déplacements de populations. Le PAM souligne que les ménages vulnérables font face à une combinaison de facteurs aggravants : baisse des productions agricoles, hausse des prix des denrées alimentaires, pauvreté persistante et perturbations liées à l’insécurité.

    Depuis plusieurs années, l’extrême nord du Togo subit les conséquences de la menace terroriste qui secoue le Sahel. Cette situation a entraîné une pression accrue sur les ressources locales, limitant l’accès aux terres agricoles et perturbant les activités économiques des populations rurales.

    D’après les estimations du PAM, sans assistance rapide, de nombreuses familles risquent de réduire drastiquement leur consommation alimentaire ou de recourir à des stratégies de survie inquiétantes. L’organisation appelle ainsi à une mobilisation urgente des partenaires humanitaires et des autorités afin d’éviter une aggravation de la crise.

    Malgré les efforts engagés par le gouvernement togolais et plusieurs organisations internationales pour soutenir les communautés affectées, les besoins restent considérables. Le PAM insiste notamment sur l’importance d’un appui alimentaire immédiat, mais aussi de solutions durables capables de renforcer la résilience des populations face aux chocs sécuritaires et climatiques.

    Cette nouvelle alerte remet en lumière la vulnérabilité persistante du nord du Togo, devenu l’un des principaux foyers d’inquiétude humanitaire dans la sous-région ouest-africaine.

  • Agboyibo, le grand vide

    Agboyibo, le grand vide

    Six ans après la disparition de Me Yaovi Agboyibo, le CAR estime que le Togo peine toujours à combler le vide laissé par cette figure historique du dialogue politique et de la lutte démocratique.

    Une demi-douzaine d’années ans après la disparition de Maître Yaovi Agboyibo, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) continue de célébrer la mémoire d’un homme considéré comme l’une des figures majeures de la lutte démocratique au Togo. À l’occasion du « Jeudi politique » du 28 mai 2026, Honoré Komlan Adougo, délégué national de la jeunesse du parti, a livré une réflexion sur les impacts de cette disparition sur la vie sociopolitique togolaise.

    Pour le CAR, Me Agboyibo reste avant tout un défenseur infatigable de l’État de droit et des libertés fondamentales. Avocat et ancien bâtonnier, il s’est illustré par son engagement en faveur de la liberté de presse, de religion et d’association, mais aussi par ses combats pour les droits des paysans et la justice sociale. Son parcours politique demeure étroitement lié aux grandes avancées démocratiques du pays.

    Le parti souligne également le rôle historique joué par l’ancien Premier ministre dans la structuration de l’opposition togolaise moderne. À travers le CAR, Agboyibo incarnait une opposition organisée, capable de proposer des alternatives crédibles. Surtout, il était reconnu comme « un homme du dialogue politique », présent dans presque toutes les grandes concertations ayant marqué l’histoire récente du Togo, de la Conférence nationale souveraine de 1991 à l’Accord politique global de 2006, en passant par les différents cadres de concertation entre pouvoir et opposition.

    Le CAR rappelle aussi un fait marquant : en 1994, le parti avait réussi à battre le RPT dans les urnes lors des élections législatives, obtenant 36 sièges contre 35 pour le parti au pouvoir. Une performance historique qui reste gravée dans la mémoire politique togolaise.

    Mais au-delà du parcours politique, c’est surtout le vide laissé par l’homme qui inquiète. Selon Honoré Komlan Adougo, la disparition de Me Agboyibo a entraîné « la disparition d’une certaine éthique politique », faite de modération, de sens de l’État et de recherche permanente du compromis.

    Le CAR estime également que son absence a favorisé les tensions politiques actuelles, notamment les réformes constitutionnelles contestées, les restrictions des libertés de manifestation et les arrestations arbitraires dénoncées par l’opposition.

    Six ans après, le débat reste entier : qui peut aujourd’hui porter l’héritage politique et moral de Me Agboyibo ? Pour le CAR, préserver sa mémoire revient aussi à relancer la réflexion sur la démocratie, le dialogue et l’avenir politique du Togo.

  • L’ANC refuse un « simulacre de dialogue »

    L’ANC refuse un « simulacre de dialogue »

    Dans une déclaration virulente publiée à Lomé, l’ANC rejette toute perspective de dialogue politique sur la Constitution de la Ve République, dénonçant une manœuvre destinée à pérenniser le pouvoir du régime RPT/UNIR.

    L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) durcit sa position face aux rumeurs persistantes d’un nouveau dialogue politique autour de la Constitution de la Ve République. Dans une déclaration rendue publique ce 28 mai à Lomé, le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre rejette catégoriquement « tout simulacre de dialogue » et toute révision constitutionnelle « au service du statu quo ».

    Alors que des informations circulent depuis plusieurs semaines sur une possible concertation politique visant à réécrire certains aspects de la Constitution adoptée le 6 mai 2024, l’ANC dénonce ce qu’elle considère comme une nouvelle manœuvre du pouvoir RPT/UNIR pour consolider son emprise sur l’État. Le parti estime que cette Constitution a été imposée « sans consultation préalable ni consensus national ».

    Dans son communiqué, l’ANC accuse également certains soutiens du régime de mener « une entreprise d’enfumage » destinée à tromper la population et la classe politique. Le parti rappelle avoir déjà dénoncé, à plusieurs reprises, les « insuffisances démocratiques » du texte constitutionnel ainsi que les risques de confiscation du pouvoir.

    L’ANC pointe notamment du doigt une récente tribune de Christian Eninam Trimua, perçue comme le signe d’une volonté de nouvelles modifications constitutionnelles « opportunistes » au profit du chef de l’État, Faure Gnassingbé. Le parti met en garde contre toute réforme qui viserait à « transformer, de fait, la République en un royaume ».

    Réaffirmant son attachement à l’alternance politique, à la séparation des pouvoirs et à des élections transparentes, l’ANC appelle le peuple togolais à rester « vigilant et mobilisé ». Le parti invite également les forces démocratiques et la société civile à maintenir un front uni face aux « dérives autoritaires » du régime en place.

    Enfin, l’ANC sollicite l’attention de la communauté internationale sur l’évolution de la situation politique au Togo.

  • Feuille de route 2031 : l’heure des consultations

    Feuille de route 2031 : l’heure des consultations

    Le gouvernement togolais a lancé à Lomé les premières consultations avec les acteurs de développement en vue de l’élaboration de la nouvelle feuille de route 2026-2031 destinée à orienter les priorités économiques et sociales du pays.

    Le gouvernement togolais accélère la préparation de la nouvelle feuille de route exécutive 2026-2031. Quelques semaines après l’annonce des grandes orientations par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, les consultations avec les acteurs du développement ont officiellement débuté le 12 mai dernier à Lomé.

    Cette première phase de concertation a réuni les partenaires techniques et financiers (PTF) ainsi que les représentants du secteur privé autour des priorités du futur référentiel national. Les travaux ont été conduits par la ministre, Secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Sandra Ablamba Johnson.

    L’objectif affiché par les autorités est de bâtir une feuille de route adaptée aux nouveaux défis économiques et sociaux du pays. Au cours des échanges, les différents acteurs ont été invités à partager leurs analyses sur les opportunités à saisir, les contraintes à lever ainsi que les réformes nécessaires pour soutenir la transformation économique du Togo durant les cinq prochaines années.

    Ces consultations interviennent dans un contexte international marqué par plusieurs crises et turbulences économiques qui impactent les économies africaines. Pour le gouvernement, il devient donc indispensable d’identifier des mécanismes capables de renforcer la résilience du pays et de garantir une mise en œuvre efficace des futurs programmes.

    Au-delà des partenaires internationaux et du secteur privé, les autorités entendent également associer les organisations de la société civile ainsi que diverses institutions nationales au processus. Des consultations régionales sont d’ailleurs annoncées dans les prochaines semaines afin de recueillir les préoccupations des populations à la base.

    Selon le gouvernement, les contributions issues de ces échanges permettront d’alimenter la réflexion en cours sur la formulation des programmes prioritaires de la future feuille de route 2026-2031.

    Avec cette démarche participative, l’exécutif veut donner une nouvelle impulsion à sa stratégie de développement et renforcer l’adhésion des différents acteurs autour des ambitions économiques et sociales du pays.

  • Tempête sur le football togolais

    Tempête sur le football togolais

    Des enregistrements audio attribués à plusieurs acteurs du football togolais alimentent de graves soupçons de manipulations de matchs à l’approche de la dernière journée de D1 Lonato, plongeant le championnat dans une vive polémique.

    À une journée de la fin du championnat de D1 Lonato, le football togolais se retrouve au cœur d’une affaire présumée de manipulation de matchs qui suscite déjà de nombreuses réactions dans le milieu sportif. Des enregistrements audio, largement relayés ces derniers jours sur les réseaux sociaux et dans certains cercles footballistiques, évoqueraient des tentatives d’arrangements autour de rencontres décisives pour le maintien.

    Au centre des discussions figure notamment le FC Espoir, actuellement en difficulté au classement. Dans l’un des audios attribués au président du club, Kokou Toulassi, il serait question d’un supposé accord visant à influencer l’issue d’une rencontre impliquant l’AS Binah. Les conversations, dont l’authenticité n’a pas été officiellement établie par les autorités compétentes, mentionnent également plusieurs personnalités du football togolais.

    Parmi les noms cités figureraient Amah Aklisso, premier vice-président de la Fédération togolaise de football (FTF), ainsi que Firmin Ajavon, membre du Comité exécutif de la FTF et dirigeant de Gbohloe-Su. Selon les propos contenus dans ces échanges sonores, des discussions auraient porté sur des scores précis et des consignes supposées destinées à favoriser certains clubs dans la course au maintien.

    Pour l’heure, aucune preuve judiciaire ou décision disciplinaire ne permet toutefois de confirmer l’existence effective d’un système de matchs truqués. Contactée par plusieurs médias, la Fédération togolaise de football a indiqué ne pas souhaiter commenter des « allégations » en l’absence d’éléments officiellement établis ou de procédures abouties. Une position qui alimente néanmoins les interrogations d’une partie de l’opinion sportive.

    Cette affaire présumée intervient dans un contexte où la crédibilité des compétitions africaines est régulièrement questionnée sur les sujets liés à la gouvernance, à l’arbitrage et à l’intégrité sportive. Au Togo, ces révélations supposées pourraient accentuer la pression sur les instances dirigeantes, appelées par certains observateurs à faire toute la lumière sur ces accusations afin de préserver l’image du championnat national.

    En attendant d’éventuelles investigations ou clarifications officielles, cette polémique jette une ombre sur la fin de saison de D1 Lonato et nourrit un climat de suspicion rarement atteint ces dernières années dans le football togolais.

  • Un siècle nommé Wade

    Un siècle nommé Wade

    À 100 ans ce 28 mai 2026, Abdoulaye Wade demeure l’une des figures politiques les plus marquantes du Sénégal et de l’Afrique, symbole d’alternance démocratique et de longévité politique.

    Le Sénégal célèbre ce 28 mai 2026 les 100 ans de l’ancien président Abdoulaye Wade, figure majeure de la vie politique africaine et artisan de la première alternance démocratique au Sénégal en 2000. À travers Dakar et plusieurs capitales africaines, hommages, témoignages et messages de reconnaissance affluent pour saluer le parcours d’un homme qui a marqué durablement l’histoire contemporaine du continent.

    Né le 28 mai 1926 à Kébémer, Abdoulaye Wade s’est imposé pendant plusieurs décennies comme l’un des opposants les plus emblématiques d’Afrique francophone. Juriste de formation, il fonde en 1974 le Parti démocratique sénégalais (PDS), à une époque où le multipartisme restait limité dans plusieurs pays africains. Pendant plus de vingt-cinq ans, il mène un combat politique acharné face au Parti socialiste alors au pouvoir.

    Son accession à la présidence en mars 2000 constitue un tournant historique pour le Sénégal. En battant le président sortant Abdou Diouf au second tour, Wade incarne l’espoir du changement et consolide l’image démocratique du pays. Son slogan « Sopi », signifiant changement en wolof, devient alors le symbole d’une nouvelle ère politique.

    Durant ses douze années au pouvoir, Abdoulaye Wade lance plusieurs grands chantiers d’infrastructures, parmi lesquels l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, le Monument de la Renaissance africaine ou encore de nouvelles universités. Son mandat est toutefois marqué par des critiques liées à la gouvernance et à sa volonté controversée de briguer un troisième mandat en 2012.

    Malgré son retrait du pouvoir après sa défaite face à Macky Sall, Wade demeure une personnalité influente et respectée dans le paysage politique sénégalais et africain. À 100 ans, « le Pape du Sopi » continue de symboliser la longévité politique, la résilience et l’attachement au débat démocratique.

  • Après l’essai transformé, le devoir de durer

    Après l’essai transformé, le devoir de durer

    Le succès de cette première édition nous honore, mais il nous oblige davantage encore. Car un évènement réussi n’a de valeur durable que s’il ouvre une perspective.

    TRIBUNE DU COMMISSAIRE GENERAL DU FESTIVAL TOGO MEDIA FOOT

    Après l’essai transformé, le devoir de durer

    Presque un mois après la première édition du festival Togo Media Foot, une conviction s’impose à nous avec encore plus de force : ce que nous avons vécu le 2 mai dernier dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse n’était pas un simple rendez-vous sportif. C’était la démonstration, à ciel ouvert, qu’au-delà des rédactions, des lignes éditoriales et des différents supports, les professionnels des médias togolais peuvent encore se retrouver autour de l’essentiel : la convivialité, la fraternité, le respect mutuel, et le sentiment d’appartenir à une même corporation.

    Lorsque nous avons porté cette initiative, notre ambition était claire. Il ne s’agissait pas seulement d’organiser un tournoi de football. Il s’agissait de créer un espace de respiration pour une profession soumise à la pression permanente de l’actualité, à la fragilité économique des entreprises de presse et à l’usure quotidienne qu’imposent le rythme, l’exposition et les responsabilités du métier. Nous voulions offrir un moment de détente, certes, mais surtout un cadre de rapprochement humain. Presque un mois après, nous pouvons le dire avec humilité : cette ambition a trouvé un écho réel.

    Les chiffres, bien sûr, parlent d’eux-mêmes. Les 33 matchs disputés, la ponctualité et le fair-play des confrères, la mobilisation remarquable des médias publics et privés, les dizaines de buts inscrits, les 8 trophées soulevés et les 55 médailles remises témoignent d’une organisation vivante, suivie et pleinement investie par les participants. Le sacre de l’Association Togolaise des Organes de Presse Privée en Ligne (ATOPPEL) face à Radio Carré Jeunes (RCJ), de même que le trophée Fair-play remporté par l’équipe du Ministère de la Communication, ont donné à cette journée des images fortes et des repères symboliques. Mais, au fond, l’essentiel n’était pas dans le palmarès.

    Le plus grand trophée : une corporation qui se retrouve

    Le plus important s’est joué ailleurs : dans les poignées de main, dans les sourires échangés entre confrères qui se connaissent parfois sans vraiment se fréquenter, dans les encouragements venus d’une rédaction à une autre, dans cette impression rare de voir la corporation médiatique togolaise se parler autrement que dans l’urgence, la concurrence ou la distance. Pendant quelques heures, nous n’étions ni concurrents, ni « grandes » signatures, ni antennes distinctes. Nous étions un corps professionnel réuni, visible, vivant et solidaire.

    C’est précisément là que réside, selon nous, la portée véritable de Togo Media Foot. La liberté de la presse ne se défend pas uniquement dans les discours, les textes ou les revendications institutionnelles. Elle se fortifie aussi dans la qualité du lien entre celles et ceux qui portent chaque jour l’information. Une presse isolée ou épuisée se fragilise. Une presse qui se connaît, se respecte et se retrouve se renforce. Le football, ce jour-là, n’était qu’un langage commun au service d’une ambition plus grande : retisser de la confiance entre les acteurs d’un même métier.

    Le succès de cette première édition nous honore, mais il nous oblige davantage encore. Car un évènement réussi n’a de valeur durable que s’il ouvre une perspective. C’est pourquoi l’heure n’est pas à l’autosatisfaction. Elle est à la consolidation. Nous devons faire de cette initiative un rendez-vous appelé à grandir, à s’élargir et à s’enraciner dans le paysage évènementiel national. Nous devons surtout en préserver l’esprit initial : l’inclusion, la convivialité, le respect, la cohésion, et la volonté constante de rapprocher les femmes et les hommes des médias.

    Faire de l’exception un rendez-vous attendu

    Cette dynamique n’aurait pas été possible sans l’engagement des rédactions participantes, la disponibilité des institutions qui ont accompagné l’initiative, la présence et le soutien des autorités, l’appui technique et financier des partenaires et sponsors, et la confiance de tous ceux qui ont compris qu’en soutenant Togo Media Foot, ils soutenaient bien plus qu’un tournoi : ils soutenaient une idée simple, mais essentielle, à savoir que le journalisme togolais a besoin de cadres de cohésion autant que de cadres d’expression.

    Pendant que se ferme, peu à peu, ce mois de mai bien occupé par les activités des hommes et femmes des médias cette année dans notre pays, notre gratitude est donc immense. Mais notre responsabilité l’est tout autant. Le vrai défi commence maintenant : transformer ce succès inaugural en tradition utile, faire de l’exception un rendez-vous attendu, et continuer à bâtir, loin des crispations et des cloisonnements, une corporation plus fraternelle, plus respirable et plus forte.

    Au fond, le premier trophée de Togo Media Foot n’a pas été soulevé au coup de sifflet final. Il s’est dessiné dans cette certitude nouvelle : oui, la presse togolaise peut encore faire corps. Et désormais, elle sait qu’elle en est capable.

    Le 2 mai, nous avons montré que cela était possible. L’édition 2 devra prouver que cela peut durer.

    Par Nephthali Messanh LEDY

    Commissaire général du Festival Togo Media Foot

  • Paul Biya inquiète le Cameroun

    Paul Biya inquiète le Cameroun

    Victime d’un malaise lors de la réception officielle de la Fête de l’Unité à Yaoundé, le président camerounais Paul Biya a suscité une vague d’inquiétudes et relancé les interrogations sur son état de santé.

    Le Cameroun a vécu un moment de grande inquiétude le 20 mai dernier à l’occasion de la célébration de la Fête de l’Unité. Alors qu’il présidait la traditionnelle réception organisée au palais présidentiel après le défilé officiel dans les rues de Yaoundé, le président camerounais Paul Biya aurait été victime d’un malaise devant plusieurs invités.

    Selon des informations relayées dans les coulisses de l’événement, l’incident serait survenu au cours de la réception offerte aux personnalités politiques, diplomatiques et militaires conviées au palais de l’Unité. Plusieurs centaines d’invités étaient présents lorsque le chef de l’État, âgé de 93 ans, aurait montré des signes de fatigue, suscitant une vive inquiétude parmi les convives.

    Quelques instants de tension auraient alors gagné l’assistance avant que les proches collaborateurs du président ne prennent rapidement la situation en main. Le protocole présidentiel aurait aussitôt renforcé le dispositif autour du chef de l’État afin d’éviter toute panique et de limiter la circulation d’informations sur l’incident.

    Aucune communication officielle détaillée n’a, pour l’heure, été faite sur l’état de santé du président camerounais. Toutefois, cette situation relance une nouvelle fois les interrogations autour de la capacité physique de Paul Biya à poursuivre ses fonctions à la tête du pays après plus de quatre décennies au pouvoir.

    Dans les milieux politiques comme au sein de l’opinion publique, les débats sur la succession présidentielle reviennent régulièrement, alimentés par les rares apparitions publiques du chef de l’État et les nombreuses spéculations sur son état de santé.

    Malgré cet épisode, les festivités de la Fête de l’Unité se sont poursuivies dans plusieurs villes du pays, dans une ambiance mêlant célébration patriotique et préoccupations autour de la santé du dirigeant camerounais.

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