Catégorie : Actualités

  • Kerala à l’honneur : quand culture et affaires se rencontrent à Lomé

    Kerala à l’honneur : quand culture et affaires se rencontrent à Lomé

    L’ambition du Kerala est de se positionner comme une plateforme d’affaires compétitive, en facilitant l’accès au marché et en réduisant les obstacles à l’investissement.

    Le 14 février 2026, l’ambassade de l’Inde, dans le cadre de l’Initiative de Facilitation des États du ministère des Affaires extérieures de l’Inde, a organisé un événement de Facilitation de l’État mettant en lumière l’État du Kerala, aux côtés de la World Malayalee Federation (WMF).

    L’événement, tenu dans les locaux de l’ambassade, avait pour objectif de célébrer à la fois les richesses culturelles vibrantes et les opportunités d’affaires dynamiques que le Kerala offre aux investisseurs et aux communautés de la diaspora. Plus de 80 participants ont assisté au programme, parmi lesquels des invités de marque, des entrepreneurs, des acteurs d’affaires et des membres de la diaspora indienne.

    Dans ce cadre, les membres de la WMF ont présenté des performances classiques captivantes et une exposition de produits artisanaux qui reflètent le patrimoine culturel diversifié du Kerala — notamment ses textiles riches, sa tradition culinaire, ses arts et son artisanat. Ce type d’initiative souligne l’approche inclusive adoptée par l’Inde pour promouvoir le savoir-faire culturel, tout en créant des ponts avec les investisseurs intéressés par les atouts entrepreneuriaux du Kerala.

    Investissement

    Le Kerala est reconnu non seulement pour sa richesse culturelle mais également pour son potentiel économique croissant. L’État a développé une stratégie proactive pour attirer les investissements internationaux à travers des plateformes telles que le Invest Kerala Global Summit, un important forum d’investissement qui a permis de rassembler des milliers de participants et des dirigeants d’entreprises du monde entier.

    Lors de l’édition 2025, l’événement a réuni plus de 3 300 participants provenant de 26 pays, mettant en avant les opportunités dans des secteurs clés tels que l’IT, les énergies renouvelables, le tourisme, la logistique et la fabrication durable.

    L’ambition du Kerala est de se positionner comme une plateforme d’affaires compétitive, en facilitant l’accès au marché et en réduisant les obstacles à l’investissement. L’État a attiré des engagements de projets pour des milliards de roupies et développé des mécanismes pour renforcer les relations investisseurs grâce à des sessions de dialogue stratégique.

    Croissance

    L’événement organisé par l’ambassade souligne également l’importance de la diaspora dans la stratégie de développement de l’Inde et de ses États. Le Kerala dispose d’une diaspora mondiale significative, souvent mobilisée pour catalyser des investissements, des partenariats et des échanges culturels. Des plateformes comme la Loka Kerala Sabha ou des rencontres dédiées aux Keralites non résidents rassemblent régulièrement des acteurs de la diaspora afin d’encourager leur engagement dans des projets économiques, sociaux et culturels.

    La combinaison d’initiatives de facilitation d’État et d’engagement communautaire démontre une stratégie holistique cherchant à aligner patrimoine culturel, diaspora, entrepreneuriat local et opportunités d’affaires globales.

    Opportunités

    L’événement du 14 février a clairement illustré que la promotion du patrimoine culturel du Kerala peut être un moteur d’attraction pour les investisseurs. Les performances classiques et les expositions de produits artisanaux ont servi non seulement à célébrer la richesse culturelle, mais aussi à montrer comment les traditions peuvent être intégrées dans des chaînes de valeur créatives et économiques durables, notamment dans les secteurs du tourisme, de l’artisanat haut de gamme et des produits de marque régionale.

    Convergence

    À travers des initiatives comme celle de l’ambassade et des événements de promotion de l’État, le Kerala continue de se présenter comme une destination attrayante pour les affaires et l’investissement international. L’interaction entre culture, diaspora, entrepreneurs et institutions gouvernementales crée un environnement de collaboration favorisant l’innovation, la croissance inclusive et la diversification économique, tout en honorant les racines culturelles profondes qui font du Kerala un État unique dans le paysage indien.

  • Mario Attidokpo, passeur de traditions, bâtisseur de talents

    Mario Attidokpo, passeur de traditions, bâtisseur de talents

    Né sous le nom de Koffi Mawoutor Attidokpo à Hahotoé, au Togo, Mario Attidokpo est l’une des figures les plus marquantes de la création artistique et de la culture vivante en Afrique.

    Background

    Artiste pluridisciplinaire, dramaturge, metteur en scène, conteur, chorégraphe, maître de danses, percussionniste, comédien et animateur, Mario Attidokpo allie une profonde connaissance des traditions orales à une pratique engagée de l’art contemporain.

    Après des formations de base en théâtre, danse et conte dès les années 1980, il s’est affirmé dans les structures professionnelles de Lomé avant de fonder en 1998 l’Ensemble Culturel Les Griots Noirs du Togo, où coexistent des compagnies de théâtre, de danse, de musique, d’arts plastiques et de cinéma.

    Attidokpo n’a cessé de travailler pour donner à l’oralité africaine la place qu’elle mérite, estimant que le continent, bien qu’empreint d’une riche tradition de récit, manquait d’événements phares consacrés aux arts de la parole. C’est ainsi qu’il a créé en 2005 le Festival International de Conte du Togo (FESCONTE) devenu l’un des rendez-vous culturels majeurs du pays et de la sous-région, réunissant conteurs, artistes et passionnés autour de la transmission des savoirs immatériels.

    En 2024 et en 2025, sous sa direction, les 20e et 21ᵉ éditions du FESCONTE se sont tenues entre août et novembre avec des ateliers et tournées de formation dans plusieurs cantons du Togo, visant à faire vivre le conte comme un outil de transmission des valeurs africaines auprès des jeunes générations.

    Transmission

    Durant ce festival, il a lui-même animé des formations pour de jeunes dont ceux d’Akoumapé, expliquant l’origine, les valeurs et la portée pédagogique du conte dans les sociétés africaines, un rappel fort de l’importance d’une tradition vivante transmise de génération en génération.

    En plus de son rôle de promoteur culturel, Mario Attidokpo distingué par ses engagements internationaux. En 2023, il a reçu un trophée de reconnaissance au Festival International de Théâtre d’Abidjan (FITHA) pour sa contribution artistique et son expertise dans l’organisation de festivals et d’événements culturels. Dans la même année, il fut sacré Baobab d’Or du Théâtre africain, option directeur artistique, dramaturge et metteur en scène dont les œuvres ont foulé les planches depuis 25 ans.

    Outre le FESCONTE, Mario Attidokpo est un habitué de tournées artistiques européennes depuis 1999 et en 2025, il en a effectué deux pour des spectacles artistiques, d’animation d’ateliers et d’échanges artistiques entre l’Allemagne, la Belgique, la France, la Hollande et la Suisse.

    Parallèlement à sa vie d’artiste, Attidokpo est Enseignant permanent de didactique, d’animation  et d’arts vivants à l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS), à la Faculté des lettres, langues et arts (FLLA) et à l’Institut national des sciences de l’éducation (INSE) de l’Université de Lomé, où il forme les nouvelles générations notamment en arts vivants, transmettant non seulement des techniques mais aussi une vision du spectacle comme outil d’éducation, de cohésion sociale et de dialogue interculturel.

    Au fil des décennies, Mario Attidokpo demeure un héritier et un passeur, un baobab solide enraciné dans la tradition qui, par son enseignement et ses festivals, continue d’irriguer les jeunes pousses de la culture vivante au Togo et ailleurs.

  • Évariste Ndayishimiye à la barre de l’UA

    Évariste Ndayishimiye à la barre de l’UA

    En prenant la présidence tournante de l’Union africaine (UA), Évariste Ndayishimiye s’avance sur une ligne de crête. C’est dire que les défis sont nombreux et délicats.

    Chef d’État d’un pays longtemps resté en marge des grands cercles diplomatiques, le président burundais arrive avec un profil de rassembleur discret, une parole mesurée et une promesse, celle de faire de l’UA un instrument plus utile aux Africains, moins prisonnier des rivalités et des lenteurs institutionnelles. La tâche s’annonce immense, les attentes élevées, et les défis pressants.

    Consensus

    À la tête de l’UA, Évariste Ndayishimiye devrait privilégier une méthode fondée sur le consensus. Peu porté sur les coups d’éclat, il sait que l’organisation panafricaine avance rarement par ruptures, mais par compromis successifs. Son style, marqué par la retenue et l’écoute, peut s’avérer un atout dans une institution où cohabitent des régimes, des intérêts économiques et des visions géopolitiques souvent contradictoires.

    Le président burundais entend également défendre un pragmatisme assumé : moins de déclarations symboliques, davantage de décisions applicables. Cela suppose de renforcer la coordination entre la Commission de l’UA, les États membres et les organisations régionales, souvent accusées de se chevaucher ou de se neutraliser. Pour lui, l’efficacité passera par une hiérarchisation claire des priorités et un suivi rigoureux des engagements pris lors des sommets.

    Test majeur

    Le premier défi est sécuritaire. L’Afrique fait face à une multiplication des crises : conflits persistants à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), instabilité au Soudan, menaces terroristes au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. A cette liste s’ajoutent les transitions politiques fragiles dans plusieurs pays. L’UA est régulièrement critiquée pour son impuissance ou sa lenteur à agir sur les dossiers où on l’attend.

    Sous la présidence de M. Ndayishimiye, la question sera de redonner de la crédibilité au mécanisme africain de prévention et de gestion des conflits. Cela implique de renforcer les missions de médiation, mais aussi de poser la question sensible du financement des opérations de paix, encore largement dépendantes de partenaires extérieurs. Comment trouver un équilibre entre souveraineté des États et protection des populations civiles constituera un autre exercice délicat.

    Terrain miné

    Un autre défi central demeure la gouvernance. L’UA est tiraillée entre la défense des principes démocratiques et la réalité politique du continent, marquée par des coups d’État, des révisions constitutionnelles controversées et des tensions électorales récurrentes. M. Ndayishimiye devra arbitrer entre fermeté et réalisme.

    S’il veut éviter une UA perçue comme un simple club de chefs d’État solidaires entre eux, il lui faudra renforcer la cohérence du discours sur l’État de droit, tout en évitant les postures moralisatrices. La crédibilité de son leadership dépendra de sa capacité à encourager des transitions inclusives, sans donner l’impression d’une ingérence sélective.

    Urgence

    Sur le plan économique, la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) reste un chantier prioritaire. Les infrastructures insuffisantes, les barrières non tarifaires, la lenteur administrative, les obstacles sont nombreux. La présidence Ndayishimiye pourrait miser sur une accélération concrète de l’intégration régionale, en mettant l’accent sur les corridors commerciaux, la mobilité des personnes et le soutien aux économies locales.

    Dans un contexte mondial instable, marqué par l’inflation, l’endettement et les chocs climatiques, l’Union africaine devra aussi parler d’une voix plus forte dans les négociations économiques internationales. Là encore, la capacité de M. Ndayishimiye à fédérer des positions communes sera déterminante.

    Attentes fortes

    Le changement climatique et la jeunesse africaine constituent deux enjeux transversaux. Les sécheresses, les inondations et l’insécurité alimentaire frappent durement plusieurs régions. Parallèlement, une jeunesse majoritaire, souvent marginalisée, réclame l’emploi, la formation et la participation politique.

    Le président burundais pourrait chercher à inscrire son mandat sous le signe de l’anticipation, c’est-à-dire promouvoir des politiques climatiques africaines adaptées aux réalités locales et renforcer les programmes en faveur de l’entrepreneuriat et de l’éducation des jeunes. Sur ces sujets, l’UA est attendue au-delà des slogans ou des discours pompeux.

    Surveillance

    La présidence d’Évariste Ndayishimiye à la tête de l’UA sera jugée à l’aune d’un critère simple, celui de sa capacité à transformer les intentions en résultats visibles. Son style discret peut apaiser, mais il devra aussi savoir trancher. Dans une Afrique en quête de stabilité, d’unité et de crédibilité internationale, le temps n’est plus aux demi-mesures. Le défi est clair, s’employer à faire de l’Union africaine non seulement une tribune, mais un véritable levier d’action.

  • Chronique: quand l’art refuse un seul centre

    Chronique: quand l’art refuse un seul centre

    Il y a des moments où l’art cesse d’être un simple objet exposé pour devenir un langage collectif, un espace de respiration, une prise de position face au monde.

    Il y a des moments où l’art cesse d’être un simple objet exposé pour devenir un langage collectif, un espace de respiration, une prise de position face au monde. La clôture des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (RICAC) ART TO GO 2026 s’est inscrite dans cette dynamique. Plus qu’un événement de fin de parcours, elle a révélé une conviction forte : la création contemporaine ne se pense plus depuis un centre unique, mais depuis une pluralité de pôles qui coexistent, se confrontent et s’enrichissent.

    Durant près de deux semaines, artistes venus d’horizons différents ont partagé un même espace de travail, mais surtout des manières diverses de voir, de dire et de ressentir le monde. Le thème choisi cette année, « La métaphore multipolaire », n’avait rien d’anodin. Il ne promettait ni confort intellectuel ni consensus immédiat. Au contraire, il invitait à l’inconfort fertile, à la remise en question des certitudes, à l’acceptation des contradictions comme moteurs de création.

    Dans un contexte mondial marqué par les fragmentations – politiques, culturelles, identitaires – la métaphore multipolaire agit comme une réponse artistique. Elle refuse la domination d’un récit unique, d’une esthétique hégémonique ou d’une lecture imposée du réel. Aux RICAC, cette idée n’est pas restée théorique. Elle s’est incarnée dans les échanges entre disciplines, dans les frottements entre esthétiques, dans les discussions parfois rugueuses, parfois silencieuses, qui précèdent l’émergence d’une œuvre juste.

    Les œuvres présentées à l’issue de la résidence ne sont pas des productions isolées. Elles portent en elles les traces de rencontres humaines et artistiques. Elles racontent les langues échangées, les gestes observés, les références déplacées. Elles témoignent d’un processus où l’artiste accepte d’être transformé par l’autre, par le contexte, par le doute. Ici, la création devient un acte relationnel, presque politique : créer avec, plutôt que créer contre ou au-dessus.

    L’exposition de clôture n’a donc rien d’une simple vitrine finale. Elle s’apparente davantage à une cartographie sensible. Chaque œuvre y est un point de force, un pôle autonome, mais jamais dominateur. Aucune ne prétend résumer le monde. Ensemble, elles proposent une lecture éclatée, multiple, parfois déroutante, mais profondément honnête de notre époque. Elles invitent le regardeur à abandonner l’idée d’une interprétation unique, au profit d’une pluralité de sens assumée.

    Dans ce cadre, la remise des ART’ PLASTIC AWARDS prend une signification particulière. Il ne s’agit pas de classer ou de hiérarchiser de manière rigide. Le trophée devient un geste symbolique de reconnaissance : reconnaissance de l’engagement, de l’audace, de la rigueur, mais aussi de la générosité humaine dont les artistes ont fait preuve tout au long de la résidence. Récompenser, ici, c’est saluer un parcours, un risque pris, une posture artistique ouverte au dialogue.

    Cette aventure collective n’aurait toutefois pas été possible sans un écosystème souvent invisible. Derrière les œuvres, il y a le travail discret mais essentiel des équipes de coordination, de médiation et de production. Il y a aussi la confiance des partenaires et des institutions qui ont cru en la pertinence du projet, et bien sûr le public, sans lequel l’œuvre reste inachevée. Car l’art ne s’accomplit pleinement que dans la rencontre avec l’autre.

    À travers les RICAC ART TO GO 2026, une idée s’impose : l’art n’a pas vocation à simplifier le réel. Dans un monde en quête de réponses rapides et de vérités simplifiées, il ose au contraire la complexité. Il rend le monde plus habitable en acceptant sa diversité, ses tensions et ses zones d’ombre. Il ouvre des espaces où les pôles ne s’annulent pas, mais dialoguent.

    En cela, cette résidence laisse une trace durable. Les œuvres, les échanges et les liens tissés ne s’arrêtent pas à la clôture officielle. Ils continueront de circuler, de nourrir d’autres projets, d’autres regards. ART TO GO porte bien son nom : l’art y est en mouvement, prêt à voyager, à contaminer d’autres territoires et d’autres imaginaires.

    Plus qu’une fin, les RICAC 2026 auront été un point de départ. Un rappel salutaire que la création artistique, lorsqu’elle accepte la multipolarité, devient un espace rare : celui où la complexité du monde n’est pas une menace, mais une richesse.


    Chronique écrite à partir du discours de clôture de Kokou Ekouagou, Directeur artistique – Les RICAC 2026, Artiste plasticien | Consultant | Manager culturel

  • Togbe Agbodjan Jad Fozis, la voix togolaise qui s’exporte

    Togbe Agbodjan Jad Fozis, la voix togolaise qui s’exporte

    Dans un paysage musical togolais souvent tourné vers l’urgence locale, Togbe Agbodjan Jad Fozis fait figure d’exception. Artiste de reggae, musicien accompli et militant culturel, il est aujourd’hui l’un des rares artistes togolais à porter durablement et positivement l’image du Togo à l’international, sans tapage, mais avec constance, conviction et cohérence artistique.

    Naissance

    Né le 3 décembre 1971 à Lomé sous le nom de François Djadoo, Togbe Agbodjan Jad Fozis grandit dans un environnement musical marqué par la chorale et les grandes voix afro-américaines. Très jeune, il s’imprègne de l’univers de Ray Charles et surtout de Bob Marley, dont l’influence sera décisive. Mais chez lui, l’héritage ne se limite pas à l’imitation. Il devient rapidement un langage, une manière de dire le monde, de dénoncer l’injustice et de revendiquer la dignité.

    Autodidacte, il fait ses premiers pas dans le rock and roll avant de s’ancrer définitivement dans le reggae au cours des années 1980. Un choix artistique, mais aussi politique. À une époque où la parole libre est rare, l’artiste fait de la musique un espace de résistance, ce qui le contraint à l’exil en 1990. Loin de briser son élan, cette rupture géographique va paradoxalement élargir son horizon.

    Terre étrangère

    Installé en Allemagne après un passage par le Danemark, il s’intègre à la scène reggae européenne tout en restant profondément enraciné dans son identité togolaise. Contrairement à beaucoup d’artistes de la diaspora, Togbe Agbodjan Jad Fozis ne gomme jamais ses origines pour plaire. Il les revendique. Il chante en français, en anglais et en éwé, porte les réalités africaines sur des scènes européennes, et assume un discours panafricaniste sans folklore ni caricature.

    Son premier album SOS Africa marque un tournant. La chanson Gbékuia, devenue emblématique et remixée en 2020, le propulse sur le devant de la scène internationale. À Hambourg, Paris, Cotonou ou Lomé, Togbe Agbodjan Jad Fozis ne représente pas seulement un artiste. Il incarne une image crédible et respectée du Togo, loin des clichés misérabilistes ou purement festifs.

    Reconnaissance

    C’est là que réside sa singularité. Togbe Agbodjan Jad Fozis ne court pas après les tendances. Il bâtit une carrière sur le temps long, faite de tournées, de collaborations solides, de prestations scéniques maîtrisées. Membre du groupe jamaïcain The Lion, fondateur de formations comme Vanity System ou Jah Children, il s’impose comme un ambassadeur culturel informel, dont la musique parle souvent plus fort que les discours officiels.

    Ses distinctions, Heroes 228, All Music Awards, reconnaissance panafricaine, ne sont que la partie visible d’un parcours marqué par la rigueur et la fidélité à ses valeurs. Même dans l’épreuve, notamment la perte successive de ses parents, l’artiste transforme la douleur en mémoire musicale, rendant hommage à ceux qui l’ont façonné.

    Dans un contexte où beaucoup d’artistes peinent à franchir les frontières ou à y durer, Togbe Agbodjan Jad Fozis fait figure de repère. Le quinquagénaire prouve qu’on peut porter haut le drapeau togolais sans compromis artistique, en restant fidèle à une musique engagée, consciente et universelle.

    Plus qu’un chanteur de reggae, il est une voix qui traverse les frontières, et, avec elle, une certaine idée du Togo : digne, résistante et profondément humaine.

  • Habib Beye, un pari crédible pour l’OM, à l’épreuve de la pression marseillaise

    Habib Beye, un pari crédible pour l’OM, à l’épreuve de la pression marseillaise

    Depuis plusieurs semaines, le nom de Habib Beye revient avec insistance dans les couloirs de la Commanderie. À la recherche d’un nouvel entraîneur capable de stabiliser son projet sportif, Olympique de Marseille semble sérieusement envisager la piste menant au technicien sénégalais. Un choix qui divise, mais qui mérite une analyse dépassionnée, tant le profil de Beye présente des atouts réels… sans être exempt de risques.

    Un entraîneur moderne, préparé et ambitieux

    Ancien international sénégalais, passé par de grands clubs européens, Habib Beye s’est construit une solide crédibilité dans le monde du football après sa reconversion. Consultant respecté, puis entraîneur convaincant dans ses premières expériences, il incarne une nouvelle génération de techniciens : proche de ses joueurs, à l’aise dans la communication, et adepte d’un football structuré mais dynamique.

    À Marseille, son profil coche plusieurs cases. Beye connaît la maison, l’exigence populaire et la ferveur du Vélodrome pour y avoir évolué comme joueur. Il sait ce que représente l’OM, ce club à part où chaque match est un test, chaque mot scruté, chaque décision commentée. Cette connaissance intime de l’environnement marseillais constitue un avantage non négligeable dans un contexte souvent hostile aux entraîneurs venus de l’extérieur.

    Sur le plan sportif, Beye est reconnu pour sa capacité à instaurer une discipline collective et à responsabiliser ses joueurs. Dans un effectif parfois critiqué pour son irrégularité mentale, son autorité naturelle et son discours clair pourraient rapidement faire du bien.

    Un club malade de son instabilité

    Mais entraîner l’OM ne se résume pas à des compétences tactiques ou managériales. Comme l’a récemment souligné Bixente Lizarazu, le véritable problème marseillais dépasse largement le choix d’un homme. Dix entraîneurs se sont succédé depuis 2019, preuve d’une instabilité chronique qui finit par user même les profils les plus solides.

    Dans ce contexte, Habib Beye ne serait pas un magicien. Sans cadre clair, sans continuité dans la direction sportive et sans protection institutionnelle, son projet pourrait rapidement se heurter aux mêmes obstacles que ses prédécesseurs. La réussite à Marseille exige une structure forte autant qu’un entraîneur compétent.

    La pression, principal danger pour Beye

    C’est sans doute là que réside le principal point d’interrogation : la pression de l’OM. Marseille est un club où tout va très vite, parfois trop. Une série de mauvais résultats peut faire basculer l’opinion publique, les médias et même une partie du vestiaire.

    Habib Beye, malgré son intelligence et sa maturité, n’a pas encore connu un tel niveau d’exposition permanente. Gérer la pression populaire, les attentes démesurées, les critiques quotidiennes et l’instabilité émotionnelle propre au club phocéen représente un saut considérable dans sa carrière.

    Autre limite possible : son manque relatif d’expérience au très haut niveau en tant qu’entraîneur principal. À l’OM, le droit à l’erreur est quasi inexistant, surtout dans un championnat aussi disputé que la Ligue 1, où Marseille vise chaque saison le podium et la qualification européenne.

    Un pari raisonné, mais pas isolé

    Aujourd’hui 4ᵉ de Ligue 1, l’OM reste en course pour ses objectifs sportifs. Le choix du prochain entraîneur sera donc déterminant. Habib Beye peut entraîner l’Olympique de Marseille, c’est une évidence. Il a le profil, l’ambition et la compréhension du club.

    Mais pour que ce pari réussisse, il devra être accompagné : par une direction stable, une vision claire et un soutien sans ambiguïté. Sans cela, même les meilleures intentions risqueraient de se fracasser contre la réalité marseillaise.

    À Marseille plus qu’ailleurs, un entraîneur ne gagne jamais seul.

  • Au Togo, HopeMax fait parler l’art jusqu’au plus intime de l’être

    Au Togo, HopeMax fait parler l’art jusqu’au plus intime de l’être

    Maximilienne Misiratou Salawou, connue sous le nom d’artiste HopeMax, impose une vision profonde de la création artistique, celle d’un art qui ne se contente pas de séduire l’œil, mais qui dialogue avec l’âme humaine.

    Lors d’une conversation exclusive accordée à Renouveau228 dans la soirée de ce samedi 14 février, chez elle, dans son atelier, la jeune plasticienne a dévoilé les racines de son inspiration, les messages cachés derrière ses œuvres et ses ambitions pour l’avenir, révélant une maturité et une sensibilité qui dépassent largement son âge.

    Un art qui vient de l’intérieur

    Pour HopeMax, l’art n’est pas une simple activité esthétique ou récréative. C’est une démarche existentielle. Depuis son plus jeune âge, elle s’est tournée vers la création comme un langage intime, capable de traduire ce que les mots ne peuvent pas toujours dire.

    « À travers mes tableaux, je révèle ce qui habite mon âme », confie-t-elle avec sérieux et émotion. Son rapport à la peinture est avant tout intuitif. Elle laisse ses émotions guider ses coups de pinceau, ses choix de textures et de couleurs, dans une quête de sincérité expressive plutôt que de perfection formelle.

    HopeMax considère chaque toile comme une fenêtre ouverte sur son monde intérieur, un territoire où se mêlent amour, espoir, douleur, résilience et questionnements existentiels. Cette approche rappelle l’idée que l’art agit comme un langage de l’inconscient, permettant à l’artiste et au spectateur d’atteindre des zones de sens qui échappent à la logique ordinaire.

    L’exposition « Manifestation de l’Âme » : un pont entre artistes et spectateurs

    Son exposition la plus récente, HOPEMAX EXPO 2025, Manifestation de l’Âme, organisée à Lomé, a attiré un public nombreux et varié, enthousiaste à l’idée de découvrir une jeune voix artistique émergente.

    Pour l’artiste, ce vernissage n’a pas été un simple affichage de tableaux, mais bien un moment de partage émotionnel. Chaque visiteur a été invité à ressentir, interpréter et se reconnaître dans les œuvres, plutôt que de réduire celles-ci à de simples objets de contemplation.

    « L’art, pour moi, est un espace de rencontre », dit-elle. « Ce que je recherche, ce n’est pas l’admiration, mais la connexion. Que quelqu’un puisse voir dans mes couleurs et mes formes un reflet de ce qu’il porte lui-même à l’intérieur. »

    Cette vision rejoint une idée largement partagée par les théoriciens de l’art : loin d’être un divertissement superficiel, l’art est un miroir de l’âme humaine — un moyen de communication qui dépasse les mots, les cultures et les barrières sociales.

    Des thèmes universels, une voix personnelle

    À travers ses œuvres, HopeMax aborde des thèmes profondément humains : la quête d’identité, la résilience face à l’adversité, l’espoir malgré les blessures, et un appel à l’écoute intérieure. Son travail parle autant de vulnérabilité que de force, avec une capacité rare à conjuguer sensibilité et puissance expressive.

    « Je ne peins pas seulement ce que je vois », explique-t-elle. « Je peins ce que je ressens, ce qui me pousse à avancer dans la vie. »

    Cette démarche artistique est doublement significative : elle reflète à la fois un voyage intérieur — une exploration des émotions et des questionnements personnels — et une volonté d’ouverture vers les autres. Dans chaque composition, l’artiste tente d’ouvrir une porte vers une compréhension plus profonde de l’expérience humaine.

    Un engagement au-delà de la surface

    HopeMax ne considère pas l’art comme un simple hobby ou un passe-temps. Pour elle, créer, c’est résister, communiquer, transformer. Elle se bat pour que l’art soit perçu comme un vecteur de sens et d’émotion, capable de résonner avec les luttes individuelles et collectives.

    Dans des sociétés où la liberté d’expression artistique peut parfois être limitée ou mal comprise, la jeune artiste voit sa démarche comme un acte d’affirmation. Comme beaucoup d’artistes avant elle, elle pense que l’art a une dimension sociale et spirituelle qui dépasse la beauté visuelle.

    Son ambition ne s’arrête pas à exposer des toiles dans un salon. Elle souhaite que sa démarche inspire la jeunesse, particulièrement au Togo et en Afrique, à utiliser l’art comme un outil d’expression, de partage et de transformation personnelle.

    Regarder autrement, ressentir pleinement

    Le message central de HopeMax est limpide : l’art n’est pas seulement pour les yeux, il est pour l’âme. À travers sa peinture, elle veut inviter chacun à regarder autrement, à ressentir avec profondeur et à se connecter à cette partie essentielle de soi que beaucoup ignorent ou répriment.

    « L’art est une force vivante, un miroir de l’âme et un chemin vers la lumière », affirme-t-elle.

    En appliquant une telle philosophie, la jeune plasticienne se place déjà parmi les voix nouvelles les plus prometteuses de la scène artistique togolaise et africaine. Avec ses 22 ans, elle ne se contente pas de peindre — elle tisse un langage partagé, un pont entre les émotions humaines et l’expression artistique.

    Dans un monde où l’art est parfois réduit à des formes superficielles, HopeMax rappelle que la création est d’abord un acte profondément humain — un langage de l’âme, capable de résonner avec chacun de nous. À travers sa sensibilité, son engagement et sa vision, elle trace sa propre voie artistique — ambitieuse, sincère et essentielle.

  • Mafille Woedikou : de l’étoile togolaise à l’AS Cannes, un nouveau défi en France

    Mafille Woedikou : de l’étoile togolaise à l’AS Cannes, un nouveau défi en France

    Malgré son talent indéniable et ses nombreuses sélections avec l’équipe nationale féminine du Togo, les Éperviers dames, Woedikou n’a pas encore réussi à franchir le fameux “cap” qui lui permettrait de s’imposer durablement dans un club de très haut niveau en Europe.

    Dans le paysage du football féminin togolais, Mafille Woedikou s’est imposée comme l’une des figures les plus emblématiques de sa génération. Née à Lomé, Togo, Woedikou s’est d’abord forgée une réputation solide sur les pelouses de son pays natal où elle a été élue meilleure joueuse du championnat national avant de tenter l’aventure européenne.

    Depuis son arrivée en France en 2019, Woedikou a multiplié les clubs et les expériences, passant par l’ES Trois Cités Poitiers, l’AJ Auxerre, le FF Yzeure Allier Auvergne, puis le RC Strasbourg et le FC Nantes en Division 2 féminine. Ces années en France ont été marquées par des hauts et des bas, mais surtout par une persévérance hors du commun et une volonté de toujours progresser.

    Cette semaine, l’internationale togolaise a signé un nouveau contrat avec l’AS Cannes Football, club évoluant en Division 3 féminine française. La transaction a été officialisée par plusieurs sources sportives et sur les réseaux sociaux du club et de la joueuse elle-même, confirmant son arrivée dans l’équipe azuréenne pour la saison 2026.

    Pour Woedikou, ce transfert représente une nouvelle étape dans une carrière déjà bien remplie. À 31 ans, la Togolaise apporte non seulement son expérience, mais aussi sa capacité à faire la différence offensivement au sein d’un collectif en quête d’ambitions. L’AS Cannes, qui figure parmi les équipes leaders de son championnat, voit en elle une joueuse capable d’apporter de la profondeur au secteur offensif.

    Pourtant, malgré son talent indéniable et ses nombreuses sélections avec l’équipe nationale féminine du Togo, les Éperviers dames, Woedikou n’a pas encore réussi à franchir le fameux “cap” qui lui permettrait de s’imposer durablement dans un club de très haut niveau en Europe. En France, la majorité de ses expériences l’ont vue évoluer dans les divisions inférieures – D2 et désormais D3 – plutôt que dans l’élite du football féminin hexagonal. Ce constat soulève de nombreuses interrogations quant aux obstacles structurels et personnels auxquels les joueuses africaines doivent faire face pour intégrer les niveaux supérieurs du football européen.

    Le parcours de Woedikou illustre parfaitement cette réalité : une joueuse dotée d’un talent reconnu, régulièrement décisive avec son équipe nationale (elle compte plus de 14 buts en sélection), mais qui se heurte à un plafond de verre lorsqu’il s’agit de franchir un pas décisif vers les clubs les plus prestigieux.

    Les raisons de cette situation sont multiples. D’une part, la transition entre le football africain et européen exige une adaptation tactique et physique qui n’est pas toujours évidente. D’autre part, la visibilité moindre des joueuses évoluant en divisions inférieures rend plus ardues les opportunités de recrutement par les clubs de haut niveau. Enfin, les joueuses féminines africaines font souvent face à des défis culturels, linguistiques et logistiques qui peuvent freiner leur progression.

    Pour Mafille Woedikou, la signature à l’AS Cannes est l’occasion de relancer sa carrière et de démontrer que son talent ne se limite pas aux succès nationaux ou à l’échelon amateur/semiprofessionnel. En rejoignant un club ambitieux en D3 française, elle espère non seulement aider son équipe à atteindre ses objectifs de promotion, mais aussi attirer à nouveau l’attention de clubs plus importants.

    Alors que la saison bat son plein, tous les regards seront tournés vers cette joueuse togolaise qui, malgré les obstacles, continue de poursuivre son rêve, celui de briller au plus haut niveau du football féminin européen.

  • Gestion concertée de l’eau : Séna Alipui prend les rênes du Conseil des ministres de l’ABM

    Gestion concertée de l’eau : Séna Alipui prend les rênes du Conseil des ministres de l’ABM

    La gestion concertée des ressources en eau transfrontalières s’impose aujourd’hui comme un levier majeur de stabilité, de développement et de paix. Ce message fort a marqué l’ouverture, à Lomé, de la 8ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Autorité du Bassin du Mono (ABM). À cette occasion, le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a rappelé l’enjeu stratégique que représentent le fleuve Mono et les aquifères partagés pour le Togo et le Bénin.

    Dans son intervention, nourrie par un diagnostic lucide et des perspectives d’action, le ministre a insisté sur la nécessité d’une gouvernance intégrée, équitable et durable. L’ABM, créée conjointement par Lomé et Cotonou, a précisément pour mission de prévenir les conflits liés à l’eau, d’harmoniser les usages, eau potable, agriculture, industrie et énergie, et de préserver les écosystèmes.

    Défis

    Le bassin du Mono couvre environ 24 300 km², dont près de 88 % se situent sur le territoire togolais, ce qui confère au Togo une responsabilité particulière dans la préservation de cette ressource vitale.

    Au terme des travaux, Séna Alipui a été porté à la présidence du Conseil des ministres de l’ABM, un mandat stratégique qui vient consacrer l’engagement du Togo en faveur de la coopération hydrique régionale. Cette nouvelle responsabilité l’expose toutefois à des défis majeurs. La pression démographique accrue sur les rives du Mono, les effets déjà perceptibles du changement climatique, alternance de crues et d’étiages sévères, ainsi que la concurrence entre usages productifs exigent des arbitrages éclairés et une coordination renforcée entre États et acteurs locaux.

    Parmi les acquis de cette coopération figure le barrage hydroélectrique de Nangbéto, mis en service en 1987 et géré par la Communauté électrique du Bénin (CEB). Symbole d’un partenariat gagnant-gagnant, l’ouvrage fournit de l’électricité aux deux pays tout en illustrant les bénéfices d’une gestion partagée des infrastructures hydrauliques.

    Urgence

    Pour le nouveau président du Conseil des ministres de l’ABM, l’urgence est désormais de consolider les mécanismes de financement, d’améliorer le partage des données hydrologiques et de renforcer la résilience des communautés riveraines. « Seule une gestion solidaire et coordonnée garantira la sécurité hydrique et un développement durable », a-t-il martelé en conclusion.

    À Lomé, la session de l’ABM aura ainsi consacré un leadership et tracé une feuille de route : faire de l’eau non pas un facteur de tension, mais un moteur de paix et de prospérité partagée dans le bassin du Mono.

  • Lomé décroche la direction future de l’Organisation ouest-africaine de la santé

    Lomé décroche la direction future de l’Organisation ouest-africaine de la santé

    La capitale togolaise a été désignée pour accueillir la future direction de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), a annoncé ce vendredi la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à l’issue de longues discussions entre États membres.

    Cet aboutissement intervient après des années de lobbying de la part des autorités togolaises, qui souhaitaient voir Lomé jouer un rôle central dans la coordination des politiques sanitaires en Afrique de l’Ouest. Le Togo avait déjà montré son engagement sur ces questions, en accueillant en 2025 des réunions régionales clés sur la santé publique, notamment une session de formation et d’harmonisation en épidémiologie organisée par l’OOAS.

    Le choix de Lomé s’inscrit dans un contexte où les États ouest-africains cherchent à renforcer leur coopération face à des défis sanitaires multiples, allant de la menace persistante de maladies endémiques comme la fièvre de Lassa à la nécessité d’une réponse coordonnée aux futures pandémies. Selon des diplomates impliqués dans les négociations, le Togo a convaincu ses pairs par sa politique proactive en matière de santé publique et par son rôle actif au sein des structures communautaires.

    Pour les autorités togolaises, cette victoire diplomatique est aussi un symbole de reconnaissance de l’investissement national dans le secteur. « Nous avons toujours soutenu l’intégration régionale dans tous ses aspects, et notamment dans celui de la santé, parce que la santé des citoyens est un capital pour le développement », a déclaré une source gouvernementale sous couvert d’anonymat. Lomé avait déjà été le théâtre de plusieurs initiatives sous-régionales visant à harmoniser les pratiques sanitaires et améliorer la surveillance des maladies transfrontalières.

    La future implantation de la direction de l’OOAS à Lomé devrait s’accompagner d’un renforcement des infrastructures et d’un accroissement des effectifs dédiés à la santé publique. Les autorités envisagent de mettre à niveau les installations existantes pour répondre aux exigences logistiques d’une agence régionale en pleine croissance. Elles ont également promis des cadres opérationnels robustes, en s’appuyant sur l’approche « Une seule santé » – favorisant une coopération multisectorielle entre santé humaine, animale et environnementale – déjà adoptée dans plusieurs pays de la région.

    Cette décision de la CEDEAO est perçue par plusieurs experts comme un signal fort pour le renforcement des mécanismes de santé collective en Afrique de l’Ouest, marquant un tournant dans la gouvernance régionale de la santé publique

Radio Renouveau228

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