Auteur/autrice : Abdoulaye YAHAYA

  • Évariste Ndayishimiye à la barre de l’UA

    Évariste Ndayishimiye à la barre de l’UA

    En prenant la présidence tournante de l’Union africaine (UA), Évariste Ndayishimiye s’avance sur une ligne de crête. C’est dire que les défis sont nombreux et délicats.

    Chef d’État d’un pays longtemps resté en marge des grands cercles diplomatiques, le président burundais arrive avec un profil de rassembleur discret, une parole mesurée et une promesse, celle de faire de l’UA un instrument plus utile aux Africains, moins prisonnier des rivalités et des lenteurs institutionnelles. La tâche s’annonce immense, les attentes élevées, et les défis pressants.

    Consensus

    À la tête de l’UA, Évariste Ndayishimiye devrait privilégier une méthode fondée sur le consensus. Peu porté sur les coups d’éclat, il sait que l’organisation panafricaine avance rarement par ruptures, mais par compromis successifs. Son style, marqué par la retenue et l’écoute, peut s’avérer un atout dans une institution où cohabitent des régimes, des intérêts économiques et des visions géopolitiques souvent contradictoires.

    Le président burundais entend également défendre un pragmatisme assumé : moins de déclarations symboliques, davantage de décisions applicables. Cela suppose de renforcer la coordination entre la Commission de l’UA, les États membres et les organisations régionales, souvent accusées de se chevaucher ou de se neutraliser. Pour lui, l’efficacité passera par une hiérarchisation claire des priorités et un suivi rigoureux des engagements pris lors des sommets.

    Test majeur

    Le premier défi est sécuritaire. L’Afrique fait face à une multiplication des crises : conflits persistants à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), instabilité au Soudan, menaces terroristes au Sahel et dans le bassin du lac Tchad. A cette liste s’ajoutent les transitions politiques fragiles dans plusieurs pays. L’UA est régulièrement critiquée pour son impuissance ou sa lenteur à agir sur les dossiers où on l’attend.

    Sous la présidence de M. Ndayishimiye, la question sera de redonner de la crédibilité au mécanisme africain de prévention et de gestion des conflits. Cela implique de renforcer les missions de médiation, mais aussi de poser la question sensible du financement des opérations de paix, encore largement dépendantes de partenaires extérieurs. Comment trouver un équilibre entre souveraineté des États et protection des populations civiles constituera un autre exercice délicat.

    Terrain miné

    Un autre défi central demeure la gouvernance. L’UA est tiraillée entre la défense des principes démocratiques et la réalité politique du continent, marquée par des coups d’État, des révisions constitutionnelles controversées et des tensions électorales récurrentes. M. Ndayishimiye devra arbitrer entre fermeté et réalisme.

    S’il veut éviter une UA perçue comme un simple club de chefs d’État solidaires entre eux, il lui faudra renforcer la cohérence du discours sur l’État de droit, tout en évitant les postures moralisatrices. La crédibilité de son leadership dépendra de sa capacité à encourager des transitions inclusives, sans donner l’impression d’une ingérence sélective.

    Urgence

    Sur le plan économique, la mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) reste un chantier prioritaire. Les infrastructures insuffisantes, les barrières non tarifaires, la lenteur administrative, les obstacles sont nombreux. La présidence Ndayishimiye pourrait miser sur une accélération concrète de l’intégration régionale, en mettant l’accent sur les corridors commerciaux, la mobilité des personnes et le soutien aux économies locales.

    Dans un contexte mondial instable, marqué par l’inflation, l’endettement et les chocs climatiques, l’Union africaine devra aussi parler d’une voix plus forte dans les négociations économiques internationales. Là encore, la capacité de M. Ndayishimiye à fédérer des positions communes sera déterminante.

    Attentes fortes

    Le changement climatique et la jeunesse africaine constituent deux enjeux transversaux. Les sécheresses, les inondations et l’insécurité alimentaire frappent durement plusieurs régions. Parallèlement, une jeunesse majoritaire, souvent marginalisée, réclame l’emploi, la formation et la participation politique.

    Le président burundais pourrait chercher à inscrire son mandat sous le signe de l’anticipation, c’est-à-dire promouvoir des politiques climatiques africaines adaptées aux réalités locales et renforcer les programmes en faveur de l’entrepreneuriat et de l’éducation des jeunes. Sur ces sujets, l’UA est attendue au-delà des slogans ou des discours pompeux.

    Surveillance

    La présidence d’Évariste Ndayishimiye à la tête de l’UA sera jugée à l’aune d’un critère simple, celui de sa capacité à transformer les intentions en résultats visibles. Son style discret peut apaiser, mais il devra aussi savoir trancher. Dans une Afrique en quête de stabilité, d’unité et de crédibilité internationale, le temps n’est plus aux demi-mesures. Le défi est clair, s’employer à faire de l’Union africaine non seulement une tribune, mais un véritable levier d’action.

  • Chronique: quand l’art refuse un seul centre

    Chronique: quand l’art refuse un seul centre

    Il y a des moments où l’art cesse d’être un simple objet exposé pour devenir un langage collectif, un espace de respiration, une prise de position face au monde.

    Il y a des moments où l’art cesse d’être un simple objet exposé pour devenir un langage collectif, un espace de respiration, une prise de position face au monde. La clôture des Résidences internationales de créations artistiques et culturelles (RICAC) ART TO GO 2026 s’est inscrite dans cette dynamique. Plus qu’un événement de fin de parcours, elle a révélé une conviction forte : la création contemporaine ne se pense plus depuis un centre unique, mais depuis une pluralité de pôles qui coexistent, se confrontent et s’enrichissent.

    Durant près de deux semaines, artistes venus d’horizons différents ont partagé un même espace de travail, mais surtout des manières diverses de voir, de dire et de ressentir le monde. Le thème choisi cette année, « La métaphore multipolaire », n’avait rien d’anodin. Il ne promettait ni confort intellectuel ni consensus immédiat. Au contraire, il invitait à l’inconfort fertile, à la remise en question des certitudes, à l’acceptation des contradictions comme moteurs de création.

    Dans un contexte mondial marqué par les fragmentations – politiques, culturelles, identitaires – la métaphore multipolaire agit comme une réponse artistique. Elle refuse la domination d’un récit unique, d’une esthétique hégémonique ou d’une lecture imposée du réel. Aux RICAC, cette idée n’est pas restée théorique. Elle s’est incarnée dans les échanges entre disciplines, dans les frottements entre esthétiques, dans les discussions parfois rugueuses, parfois silencieuses, qui précèdent l’émergence d’une œuvre juste.

    Les œuvres présentées à l’issue de la résidence ne sont pas des productions isolées. Elles portent en elles les traces de rencontres humaines et artistiques. Elles racontent les langues échangées, les gestes observés, les références déplacées. Elles témoignent d’un processus où l’artiste accepte d’être transformé par l’autre, par le contexte, par le doute. Ici, la création devient un acte relationnel, presque politique : créer avec, plutôt que créer contre ou au-dessus.

    L’exposition de clôture n’a donc rien d’une simple vitrine finale. Elle s’apparente davantage à une cartographie sensible. Chaque œuvre y est un point de force, un pôle autonome, mais jamais dominateur. Aucune ne prétend résumer le monde. Ensemble, elles proposent une lecture éclatée, multiple, parfois déroutante, mais profondément honnête de notre époque. Elles invitent le regardeur à abandonner l’idée d’une interprétation unique, au profit d’une pluralité de sens assumée.

    Dans ce cadre, la remise des ART’ PLASTIC AWARDS prend une signification particulière. Il ne s’agit pas de classer ou de hiérarchiser de manière rigide. Le trophée devient un geste symbolique de reconnaissance : reconnaissance de l’engagement, de l’audace, de la rigueur, mais aussi de la générosité humaine dont les artistes ont fait preuve tout au long de la résidence. Récompenser, ici, c’est saluer un parcours, un risque pris, une posture artistique ouverte au dialogue.

    Cette aventure collective n’aurait toutefois pas été possible sans un écosystème souvent invisible. Derrière les œuvres, il y a le travail discret mais essentiel des équipes de coordination, de médiation et de production. Il y a aussi la confiance des partenaires et des institutions qui ont cru en la pertinence du projet, et bien sûr le public, sans lequel l’œuvre reste inachevée. Car l’art ne s’accomplit pleinement que dans la rencontre avec l’autre.

    À travers les RICAC ART TO GO 2026, une idée s’impose : l’art n’a pas vocation à simplifier le réel. Dans un monde en quête de réponses rapides et de vérités simplifiées, il ose au contraire la complexité. Il rend le monde plus habitable en acceptant sa diversité, ses tensions et ses zones d’ombre. Il ouvre des espaces où les pôles ne s’annulent pas, mais dialoguent.

    En cela, cette résidence laisse une trace durable. Les œuvres, les échanges et les liens tissés ne s’arrêtent pas à la clôture officielle. Ils continueront de circuler, de nourrir d’autres projets, d’autres regards. ART TO GO porte bien son nom : l’art y est en mouvement, prêt à voyager, à contaminer d’autres territoires et d’autres imaginaires.

    Plus qu’une fin, les RICAC 2026 auront été un point de départ. Un rappel salutaire que la création artistique, lorsqu’elle accepte la multipolarité, devient un espace rare : celui où la complexité du monde n’est pas une menace, mais une richesse.


    Chronique écrite à partir du discours de clôture de Kokou Ekouagou, Directeur artistique – Les RICAC 2026, Artiste plasticien | Consultant | Manager culturel

  • Togbe Agbodjan Jad Fozis, la voix togolaise qui s’exporte

    Togbe Agbodjan Jad Fozis, la voix togolaise qui s’exporte

    Dans un paysage musical togolais souvent tourné vers l’urgence locale, Togbe Agbodjan Jad Fozis fait figure d’exception. Artiste de reggae, musicien accompli et militant culturel, il est aujourd’hui l’un des rares artistes togolais à porter durablement et positivement l’image du Togo à l’international, sans tapage, mais avec constance, conviction et cohérence artistique.

    Naissance

    Né le 3 décembre 1971 à Lomé sous le nom de François Djadoo, Togbe Agbodjan Jad Fozis grandit dans un environnement musical marqué par la chorale et les grandes voix afro-américaines. Très jeune, il s’imprègne de l’univers de Ray Charles et surtout de Bob Marley, dont l’influence sera décisive. Mais chez lui, l’héritage ne se limite pas à l’imitation. Il devient rapidement un langage, une manière de dire le monde, de dénoncer l’injustice et de revendiquer la dignité.

    Autodidacte, il fait ses premiers pas dans le rock and roll avant de s’ancrer définitivement dans le reggae au cours des années 1980. Un choix artistique, mais aussi politique. À une époque où la parole libre est rare, l’artiste fait de la musique un espace de résistance, ce qui le contraint à l’exil en 1990. Loin de briser son élan, cette rupture géographique va paradoxalement élargir son horizon.

    Terre étrangère

    Installé en Allemagne après un passage par le Danemark, il s’intègre à la scène reggae européenne tout en restant profondément enraciné dans son identité togolaise. Contrairement à beaucoup d’artistes de la diaspora, Togbe Agbodjan Jad Fozis ne gomme jamais ses origines pour plaire. Il les revendique. Il chante en français, en anglais et en éwé, porte les réalités africaines sur des scènes européennes, et assume un discours panafricaniste sans folklore ni caricature.

    Son premier album SOS Africa marque un tournant. La chanson Gbékuia, devenue emblématique et remixée en 2020, le propulse sur le devant de la scène internationale. À Hambourg, Paris, Cotonou ou Lomé, Togbe Agbodjan Jad Fozis ne représente pas seulement un artiste. Il incarne une image crédible et respectée du Togo, loin des clichés misérabilistes ou purement festifs.

    Reconnaissance

    C’est là que réside sa singularité. Togbe Agbodjan Jad Fozis ne court pas après les tendances. Il bâtit une carrière sur le temps long, faite de tournées, de collaborations solides, de prestations scéniques maîtrisées. Membre du groupe jamaïcain The Lion, fondateur de formations comme Vanity System ou Jah Children, il s’impose comme un ambassadeur culturel informel, dont la musique parle souvent plus fort que les discours officiels.

    Ses distinctions, Heroes 228, All Music Awards, reconnaissance panafricaine, ne sont que la partie visible d’un parcours marqué par la rigueur et la fidélité à ses valeurs. Même dans l’épreuve, notamment la perte successive de ses parents, l’artiste transforme la douleur en mémoire musicale, rendant hommage à ceux qui l’ont façonné.

    Dans un contexte où beaucoup d’artistes peinent à franchir les frontières ou à y durer, Togbe Agbodjan Jad Fozis fait figure de repère. Le quinquagénaire prouve qu’on peut porter haut le drapeau togolais sans compromis artistique, en restant fidèle à une musique engagée, consciente et universelle.

    Plus qu’un chanteur de reggae, il est une voix qui traverse les frontières, et, avec elle, une certaine idée du Togo : digne, résistante et profondément humaine.

  • Habib Beye, un pari crédible pour l’OM, à l’épreuve de la pression marseillaise

    Habib Beye, un pari crédible pour l’OM, à l’épreuve de la pression marseillaise

    Depuis plusieurs semaines, le nom de Habib Beye revient avec insistance dans les couloirs de la Commanderie. À la recherche d’un nouvel entraîneur capable de stabiliser son projet sportif, Olympique de Marseille semble sérieusement envisager la piste menant au technicien sénégalais. Un choix qui divise, mais qui mérite une analyse dépassionnée, tant le profil de Beye présente des atouts réels… sans être exempt de risques.

    Un entraîneur moderne, préparé et ambitieux

    Ancien international sénégalais, passé par de grands clubs européens, Habib Beye s’est construit une solide crédibilité dans le monde du football après sa reconversion. Consultant respecté, puis entraîneur convaincant dans ses premières expériences, il incarne une nouvelle génération de techniciens : proche de ses joueurs, à l’aise dans la communication, et adepte d’un football structuré mais dynamique.

    À Marseille, son profil coche plusieurs cases. Beye connaît la maison, l’exigence populaire et la ferveur du Vélodrome pour y avoir évolué comme joueur. Il sait ce que représente l’OM, ce club à part où chaque match est un test, chaque mot scruté, chaque décision commentée. Cette connaissance intime de l’environnement marseillais constitue un avantage non négligeable dans un contexte souvent hostile aux entraîneurs venus de l’extérieur.

    Sur le plan sportif, Beye est reconnu pour sa capacité à instaurer une discipline collective et à responsabiliser ses joueurs. Dans un effectif parfois critiqué pour son irrégularité mentale, son autorité naturelle et son discours clair pourraient rapidement faire du bien.

    Un club malade de son instabilité

    Mais entraîner l’OM ne se résume pas à des compétences tactiques ou managériales. Comme l’a récemment souligné Bixente Lizarazu, le véritable problème marseillais dépasse largement le choix d’un homme. Dix entraîneurs se sont succédé depuis 2019, preuve d’une instabilité chronique qui finit par user même les profils les plus solides.

    Dans ce contexte, Habib Beye ne serait pas un magicien. Sans cadre clair, sans continuité dans la direction sportive et sans protection institutionnelle, son projet pourrait rapidement se heurter aux mêmes obstacles que ses prédécesseurs. La réussite à Marseille exige une structure forte autant qu’un entraîneur compétent.

    La pression, principal danger pour Beye

    C’est sans doute là que réside le principal point d’interrogation : la pression de l’OM. Marseille est un club où tout va très vite, parfois trop. Une série de mauvais résultats peut faire basculer l’opinion publique, les médias et même une partie du vestiaire.

    Habib Beye, malgré son intelligence et sa maturité, n’a pas encore connu un tel niveau d’exposition permanente. Gérer la pression populaire, les attentes démesurées, les critiques quotidiennes et l’instabilité émotionnelle propre au club phocéen représente un saut considérable dans sa carrière.

    Autre limite possible : son manque relatif d’expérience au très haut niveau en tant qu’entraîneur principal. À l’OM, le droit à l’erreur est quasi inexistant, surtout dans un championnat aussi disputé que la Ligue 1, où Marseille vise chaque saison le podium et la qualification européenne.

    Un pari raisonné, mais pas isolé

    Aujourd’hui 4ᵉ de Ligue 1, l’OM reste en course pour ses objectifs sportifs. Le choix du prochain entraîneur sera donc déterminant. Habib Beye peut entraîner l’Olympique de Marseille, c’est une évidence. Il a le profil, l’ambition et la compréhension du club.

    Mais pour que ce pari réussisse, il devra être accompagné : par une direction stable, une vision claire et un soutien sans ambiguïté. Sans cela, même les meilleures intentions risqueraient de se fracasser contre la réalité marseillaise.

    À Marseille plus qu’ailleurs, un entraîneur ne gagne jamais seul.

  • Au Togo, HopeMax fait parler l’art jusqu’au plus intime de l’être

    Au Togo, HopeMax fait parler l’art jusqu’au plus intime de l’être

    Maximilienne Misiratou Salawou, connue sous le nom d’artiste HopeMax, impose une vision profonde de la création artistique, celle d’un art qui ne se contente pas de séduire l’œil, mais qui dialogue avec l’âme humaine.

    Lors d’une conversation exclusive accordée à Renouveau228 dans la soirée de ce samedi 14 février, chez elle, dans son atelier, la jeune plasticienne a dévoilé les racines de son inspiration, les messages cachés derrière ses œuvres et ses ambitions pour l’avenir, révélant une maturité et une sensibilité qui dépassent largement son âge.

    Un art qui vient de l’intérieur

    Pour HopeMax, l’art n’est pas une simple activité esthétique ou récréative. C’est une démarche existentielle. Depuis son plus jeune âge, elle s’est tournée vers la création comme un langage intime, capable de traduire ce que les mots ne peuvent pas toujours dire.

    « À travers mes tableaux, je révèle ce qui habite mon âme », confie-t-elle avec sérieux et émotion. Son rapport à la peinture est avant tout intuitif. Elle laisse ses émotions guider ses coups de pinceau, ses choix de textures et de couleurs, dans une quête de sincérité expressive plutôt que de perfection formelle.

    HopeMax considère chaque toile comme une fenêtre ouverte sur son monde intérieur, un territoire où se mêlent amour, espoir, douleur, résilience et questionnements existentiels. Cette approche rappelle l’idée que l’art agit comme un langage de l’inconscient, permettant à l’artiste et au spectateur d’atteindre des zones de sens qui échappent à la logique ordinaire.

    L’exposition « Manifestation de l’Âme » : un pont entre artistes et spectateurs

    Son exposition la plus récente, HOPEMAX EXPO 2025, Manifestation de l’Âme, organisée à Lomé, a attiré un public nombreux et varié, enthousiaste à l’idée de découvrir une jeune voix artistique émergente.

    Pour l’artiste, ce vernissage n’a pas été un simple affichage de tableaux, mais bien un moment de partage émotionnel. Chaque visiteur a été invité à ressentir, interpréter et se reconnaître dans les œuvres, plutôt que de réduire celles-ci à de simples objets de contemplation.

    « L’art, pour moi, est un espace de rencontre », dit-elle. « Ce que je recherche, ce n’est pas l’admiration, mais la connexion. Que quelqu’un puisse voir dans mes couleurs et mes formes un reflet de ce qu’il porte lui-même à l’intérieur. »

    Cette vision rejoint une idée largement partagée par les théoriciens de l’art : loin d’être un divertissement superficiel, l’art est un miroir de l’âme humaine — un moyen de communication qui dépasse les mots, les cultures et les barrières sociales.

    Des thèmes universels, une voix personnelle

    À travers ses œuvres, HopeMax aborde des thèmes profondément humains : la quête d’identité, la résilience face à l’adversité, l’espoir malgré les blessures, et un appel à l’écoute intérieure. Son travail parle autant de vulnérabilité que de force, avec une capacité rare à conjuguer sensibilité et puissance expressive.

    « Je ne peins pas seulement ce que je vois », explique-t-elle. « Je peins ce que je ressens, ce qui me pousse à avancer dans la vie. »

    Cette démarche artistique est doublement significative : elle reflète à la fois un voyage intérieur — une exploration des émotions et des questionnements personnels — et une volonté d’ouverture vers les autres. Dans chaque composition, l’artiste tente d’ouvrir une porte vers une compréhension plus profonde de l’expérience humaine.

    Un engagement au-delà de la surface

    HopeMax ne considère pas l’art comme un simple hobby ou un passe-temps. Pour elle, créer, c’est résister, communiquer, transformer. Elle se bat pour que l’art soit perçu comme un vecteur de sens et d’émotion, capable de résonner avec les luttes individuelles et collectives.

    Dans des sociétés où la liberté d’expression artistique peut parfois être limitée ou mal comprise, la jeune artiste voit sa démarche comme un acte d’affirmation. Comme beaucoup d’artistes avant elle, elle pense que l’art a une dimension sociale et spirituelle qui dépasse la beauté visuelle.

    Son ambition ne s’arrête pas à exposer des toiles dans un salon. Elle souhaite que sa démarche inspire la jeunesse, particulièrement au Togo et en Afrique, à utiliser l’art comme un outil d’expression, de partage et de transformation personnelle.

    Regarder autrement, ressentir pleinement

    Le message central de HopeMax est limpide : l’art n’est pas seulement pour les yeux, il est pour l’âme. À travers sa peinture, elle veut inviter chacun à regarder autrement, à ressentir avec profondeur et à se connecter à cette partie essentielle de soi que beaucoup ignorent ou répriment.

    « L’art est une force vivante, un miroir de l’âme et un chemin vers la lumière », affirme-t-elle.

    En appliquant une telle philosophie, la jeune plasticienne se place déjà parmi les voix nouvelles les plus prometteuses de la scène artistique togolaise et africaine. Avec ses 22 ans, elle ne se contente pas de peindre — elle tisse un langage partagé, un pont entre les émotions humaines et l’expression artistique.

    Dans un monde où l’art est parfois réduit à des formes superficielles, HopeMax rappelle que la création est d’abord un acte profondément humain — un langage de l’âme, capable de résonner avec chacun de nous. À travers sa sensibilité, son engagement et sa vision, elle trace sa propre voie artistique — ambitieuse, sincère et essentielle.

  • Lomé décroche la direction future de l’Organisation ouest-africaine de la santé

    Lomé décroche la direction future de l’Organisation ouest-africaine de la santé

    La capitale togolaise a été désignée pour accueillir la future direction de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), a annoncé ce vendredi la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à l’issue de longues discussions entre États membres.

    Cet aboutissement intervient après des années de lobbying de la part des autorités togolaises, qui souhaitaient voir Lomé jouer un rôle central dans la coordination des politiques sanitaires en Afrique de l’Ouest. Le Togo avait déjà montré son engagement sur ces questions, en accueillant en 2025 des réunions régionales clés sur la santé publique, notamment une session de formation et d’harmonisation en épidémiologie organisée par l’OOAS.

    Le choix de Lomé s’inscrit dans un contexte où les États ouest-africains cherchent à renforcer leur coopération face à des défis sanitaires multiples, allant de la menace persistante de maladies endémiques comme la fièvre de Lassa à la nécessité d’une réponse coordonnée aux futures pandémies. Selon des diplomates impliqués dans les négociations, le Togo a convaincu ses pairs par sa politique proactive en matière de santé publique et par son rôle actif au sein des structures communautaires.

    Pour les autorités togolaises, cette victoire diplomatique est aussi un symbole de reconnaissance de l’investissement national dans le secteur. « Nous avons toujours soutenu l’intégration régionale dans tous ses aspects, et notamment dans celui de la santé, parce que la santé des citoyens est un capital pour le développement », a déclaré une source gouvernementale sous couvert d’anonymat. Lomé avait déjà été le théâtre de plusieurs initiatives sous-régionales visant à harmoniser les pratiques sanitaires et améliorer la surveillance des maladies transfrontalières.

    La future implantation de la direction de l’OOAS à Lomé devrait s’accompagner d’un renforcement des infrastructures et d’un accroissement des effectifs dédiés à la santé publique. Les autorités envisagent de mettre à niveau les installations existantes pour répondre aux exigences logistiques d’une agence régionale en pleine croissance. Elles ont également promis des cadres opérationnels robustes, en s’appuyant sur l’approche « Une seule santé » – favorisant une coopération multisectorielle entre santé humaine, animale et environnementale – déjà adoptée dans plusieurs pays de la région.

    Cette décision de la CEDEAO est perçue par plusieurs experts comme un signal fort pour le renforcement des mécanismes de santé collective en Afrique de l’Ouest, marquant un tournant dans la gouvernance régionale de la santé publique

  • SIAT 2026 : le Togo accélère vers l’avenir de la mobilité

    SIAT 2026 : le Togo accélère vers l’avenir de la mobilité

    Le Salon international de l’automobile du Togo (SIAT), un événement inédit qui ambitionne de structurer, dynamiser et projeter le secteur automobile togolais dans une nouvelle dimension régionale et internationale.

    Du 11 au 15 mars prochains, le Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF Togo 2000) accueillera la toute première édition du Salon International de l’Automobile du Togo (SIAT). Un événement inédit qui ambitionne de structurer, dynamiser et projeter le secteur automobile togolais dans une nouvelle dimension régionale et internationale.

    À l’origine de cette initiative, Steeven Amevor, un jeune promoteur à la vision claire et audacieuse. Partant d’un constat simple – l’absence d’un cadre fédérateur pour les acteurs de l’automobile au Togo – il a imaginé le SIAT comme une plateforme stratégique capable de réunir concessionnaires, institutions financières, assureurs, startups, investisseurs et grand public autour des enjeux de la mobilité moderne.

    Dans un contexte où le Togo renforce son positionnement logistique et économique en Afrique de l’Ouest, l’organisation d’un salon automobile international apparaît comme un levier pertinent. Le pays dispose d’atouts majeurs : une stabilité reconnue, un port autonome performant et une volonté politique affirmée de soutenir les secteurs porteurs. Le SIAT vient ainsi combler un vide, en offrant un espace professionnel de visibilité, de dialogue et de partenariats durables.

    Placée sous le thème évocateur « L’Afrique en mouvement, le Togo en pôle », cette première édition entend démontrer que la mobilité est au cœur du développement économique et technologique du continent. Concrètement, le salon ne se limitera pas à une exposition de véhicules. Il proposera des conférences de haut niveau sur la sécurité routière, l’innovation et les politiques de mobilité, des zones d’essais, un village dédié aux startups, ainsi qu’un espace emploi et formation, favorisant la montée en compétences des jeunes.

    Un accent particulier sera mis sur les véhicules électriques et hybrides. Espaces dédiés, démonstrations et panels thématiques permettront de sensibiliser le public et les professionnels aux enjeux de la transition énergétique, tout en explorant l’adaptabilité de ces technologies au contexte africain. Une démarche qui positionne le SIAT comme un salon résolument tourné vers l’avenir.

    Autre apport majeur : la présence annoncée de banques et de compagnies d’assurance. Des solutions de financement, de leasing et de crédit automobile seront proposées directement sur le site, facilitant l’acte d’achat et rapprochant l’offre des réalités du marché togolais.

    Au-delà des chiffres et des stands, le SIAT symbolise l’émergence d’une nouvelle génération d’initiatives portées par des jeunes leaders engagés. Avec ce projet novateur, AMEVOR Steeven démontre qu’il est possible de penser local tout en visant l’international. Le Salon International de l’Automobile du Togo s’annonce ainsi comme un rendez-vous structurant, appelé à devenir, au fil des éditions, un véritable pôle de référence pour la mobilité en Afrique de l’Ouest.

  • Le groupe culturel togolais ADEPOMA séduit à la 39ᵉ Surajkund International Crafts Mela à New Delhi

    Le groupe culturel togolais ADEPOMA séduit à la 39ᵉ Surajkund International Crafts Mela à New Delhi

    Le groupe culturel togolais ADEPOMA a brillé sur la scène internationale à l’occasion de la 39ᵉ édition du Surajkund International Crafts Mela, l’un des festivals les plus réputés au monde pour la promotion de l’artisanat et des traditions culturelles.

    Organisé du 31 janvier au 15 février 2026 près de New Delhi (Inde), cet événement annuel attire des délégations et artistes de nombreux pays, désireux de valoriser leur patrimoine culturel à une échelle planétaire.

    Invité d’honneur cette année, ADEPOMA a présenté une série de performances traditionnelles captivantes, mêlant danses, chants et rythmes enracinés dans la culture togolaise. Les prestations ont mis en lumière la richesse artistique et identitaire du Togo, soulignant l’importance de la transmission des savoirs ancestraux dans un contexte de mondialisation culturelle.

    Dans le cadre de cette participation, l’ambassadeur indien au Togo, S.R.H. Fahmi, a rencontré la troupe avant son départ pour l’Inde afin de leur adresser ses encouragements et de souligner l’impact positif de telles initiatives pour renforcer les liens culturels bilatéraux.

    Surajkund Mela offre une plateforme d’échanges privilégiée entre artisans, artistes et visiteurs du monde entier. En plus des spectacles vivants, le festival présente des métiers d’art traditionnels, des expositions artisanales, des ateliers et des échanges interculturels riches. Il s’agit d’une vitrine unique pour les expressions artistiques authentiques et la diplomatie culturelle.

    La participation de ADEPOMA à cet événement renforce non seulement la visibilité du patrimoine togolais, mais encourage aussi une nouvelle génération d’artistes à valoriser et préserver les traditions locales tout en dialoguant avec le monde

  • Avec HopeMax, l’art devient langage de l’âme

    Avec HopeMax, l’art devient langage de l’âme

    Maximilienne Misiratou Salawou alias HopeMax ne partage pas simplement des œuvres : elle livre des fragments de son monde intérieur. Artiste habitée par une profonde sensibilité, elle inscrit sa démarche dans une quête sincère où chaque création devient un espace de dialogue entre l’âme et la matière.

    À travers ses tableaux, elle dévoile une vision singulière de l’art, pensée comme un puissant moyen d’expression, de transmission et d’inspiration.

    Chez Maximilienne Misiratou Salawou, la création artistique naît d’une énergie intérieure intense. Formes, textures et couleurs s’entrelacent pour traduire des émotions profondes, parfois silencieuses, mais toujours vibrantes. Chaque œuvre est le reflet d’une recherche personnelle, d’un cheminement intime nourri par l’amour, la résilience et l’espoir. L’artiste ne peint pas seulement ce qu’il voit : il peint ce qu’il ressent, ce qui l’habite et ce qui le pousse à avancer.

    Présentée lors de HOPEMAX EXPO 2025, l’une de ses créations a marqué les esprits par la force de son message et la sincérité de sa démarche. Dans cet espace dédié à la créativité et à l’expression artistique, l’œuvre de HopeMax s’est imposée comme un langage universel, capable de connecter les âmes et de susciter une réflexion profonde chez le public. Loin d’une simple exposition, il s’agissait d’un véritable moment de partage, où l’émotion devenait le fil conducteur de la rencontre entre l’artiste et les visiteurs.

    « À travers mes tableaux, je révèle ce qui habite mon âme », confie l’artiste. Il explique puiser au plus profond de lui-même des énergies et des émotions pour créer des œuvres porteuses de sens, d’amour et de force. Son art se veut une invitation à l’évolution personnelle, à la résilience face aux épreuves et à l’avancée dans la vie. Chaque tableau transmet une énergie positive, un message d’espoir et de partage, permettant à chacun de s’y reconnaître et d’y trouver une source d’inspiration pour poursuivre sa propre lutte.

    Cette prise de parole artistique met en lumière l’importance de l’art comme outil de communion humaine. HopeMax invite le public à regarder autrement, à ressentir pleinement et à s’approprier le message porté par ses œuvres. Plus qu’une exposition, c’est une rencontre sincère, un moment d’échange authentique où l’émotion devient un langage commun.

    À travers son univers, HopeMax rappelle que l’art n’est pas seulement esthétique : il est une force vivante, un miroir de l’âme et un chemin vers la lumière. Une expérience artistique forte, appelée à marquer durablement celles et ceux qui s’y laissent toucher.

  • « Lettre d’une Africaine » : Kezita, quand le reggae devient prière et révolte

    « Lettre d’une Africaine » : Kezita, quand le reggae devient prière et révolte

    Avec « Lettre d’une Africaine », l’artiste togolaise de reggae Kezita signe l’un de ses titres les plus intimes et les plus bouleversants. Loin d’un simple morceau musical, cette nouvelle œuvre se présente comme une confession à cœur ouvert, née de la douleur, de la foi et d’un profond besoin de vérité.

    À travers cette chanson, la « Reggae Woman » du Togo, née Sandrine Ketoglo, transforme une épreuve personnelle en un cri universel, porté par la conscience et la spiritualité.

    Écrit dans la souffrance, « Lettre d’une Africaine » évoque la perte d’un être cher qui aurait pu être sauvé, les défaillances du système de santé, et plus largement les injustices qui frappent les plus vulnérables. Kezita y aborde, sans détour mais avec pudeur, la question des droits humains dans le milieu médical et les conditions de vie dans les hôpitaux africains. Le reggae, fidèle à sa tradition contestataire, devient ici un espace de dénonciation, mais aussi de guérison.

    Musicalement, le titre s’inscrit dans un reggae roots sobre et habité, laissant toute la place à la voix, aux mots et à l’émotion. Chaque phrase semble pesée, vécue, presque priée. Kezita ne cherche pas à séduire : elle témoigne. Elle écrit comme on survit, comme on se relève. Derrière la mélodie, on devine les brouillons, les silences, les larmes, mais aussi le lâcher-prise et la foi assumée en une force supérieure. « Le Saint-Esprit est puissant », confie-t-elle, rappelant que cette chanson est autant une offrande qu’un exutoire.

    Connue pour son engagement social et sa fidélité aux valeurs du reggae conscient, Kezita confirme avec ce nouveau titre son statut de voix singulière dans la musique togolaise. Depuis ses débuts, elle fait du reggae un outil d’éveil, de résistance et d’espérance, fidèle à la philosophie rastafari et aux idéaux de justice, de paix et de dignité humaine.

    « Lettre d’une Africaine » est dédiée à Dodo Adogli et à tous ceux qui sont partis trop tôt, injustement. En invitant le public à l’écouter « au calme », Kezita rappelle que certaines chansons ne s’entendent pas seulement avec les oreilles, mais avec l’âme. Une œuvre forte, nécessaire, qui confirme que lorsque la musique est sincère, elle devient mémoire, combat et prière.

    Kezita commence sa carrière très jeune, d’abord dans un groupe de danse à l’école, puis comme choriste au sein du collectif South Coast. Elle participe notamment au succès de « Une histoire banale », un titre populaire au Togo et dans la sous-région, avant de trouver sa voie en solo.

    Son premier album, So Real , sorti en 2010, est une déclaration d’intention. Composé de quatorze titres, il aborde les réalités sociales, politiques et économiques du Togo et de l’Afrique à travers un reggae ancré dans la conscience collective. Des chansons comme « Au carrefour », « Ghetto Girl » ou « Reggae Time » font écho aux défis quotidiens de la jeunesse togolaise- chômage, marginalisation, quête de sens- tout en les invitant à espérer et à persévérer.

Radio Renouveau228

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